‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 71 sur 153 · CONCILE DE BALS · texte numérisé non relu

CONCILE DE BALS

avec lui, saisi d'effroi, rétracta ses erreurs; puis, honteux de sa faiblesse, il les professa de nouveau; enfin, poursuivi comme hérétique relaps, il fut envoyé aussi au bûcher. Au moment du supplice, il aperçut un paysan qui se bâtait d'ajouter du bois au feu : Sainte MimpUciUftttemi-XA, celui-là pécherait milU fois qui l'abaserait.

Triste remède que la violence ! Sigismond en fut puni, ou plutôt ce furent les peuples, qui expient toujours les méfaits des rois.

Afin d'accomplir l'œuvre de la réforme qui était restée inachevée, le pape Martin V convoqua un concile à Bàle ; mais à peine 1 eut-il ouvert qu'il mourut. Lorsqu'on lui donna pour successeur le Vénitien Eugène IV (Gabriel Gondulmiero) , les conclavistes établirent une espèce de constitution qui, en certains points, concernait aussi le gouvernement civil. Ils décidèrent que l'hommage dont les feudataires et les employés se trouvaient tenus envers le pape n'était pas exclusif, mais qu'il regardait encore le collège des cardinaux, auquel ils devaient être soumis pendant la vacance du saint-siége ; que moitié des revenus de l'Église serait réservée aux cardinaux ; que le pape, en conséquence, ne pouvait se permettre aucun acte important sans le consentement du sacré collège, comme de faire la guerre ou la paix, d'asseoir des taxes, ou de changer de résidence ; qu'il devait, en outre, réformer la cour pontificale et convoquer des conciles périodiques. Eugène s'y engagea. Ce fut, au jugement de l'un de ses successeurs (I), un pontife d'une âme élevée, mais sans mesure dans aucune chose, et qui entreprit toujours ce qu'il voulait et non ce qu'il pouvait. Il fit ouvrir le concile de Bàle avec le projet d'extirper l'hérésie, de mettre une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, de faire cesser le long schisme des Grecs, el de réformer l'Église. Mais les Pères se mirent à l'œuvre avec tant d'ardeur qu'il s'en effraya et les ajourna ; ils passèrent outre , citèrent le pontife lui-même, l'accusèrent de désobéissance, et, prenant leur essor, ils se déclarèrent supérieurs à lui.

S'appliquant désormais à la réforme de l'Église, ils suppri-

telil rrrocare, non credatis sibi, quia ego tait non crederem. Et nec permitfatîs eum omplius prudicare, quamdiu vivit, nec ad regnum ventre, quia ventent ad suos fanfares Jaaet novissimos errores, pejores prioribus. Et si qui inventi fuerint ejus faulores, quod cum eis fiât justifia, ut rami cum radice evellantur. Et concilium scribat principibus quod sint prxlatis Jacorabtles qui pro illorum errorum exltrpatione hic laborarunt. El /attatis finem cum aliis occultis ejus d t. s ci put is... Ap. Eccard , II, 18G2. (1) Oratio I\L\w Svi.vh , de Morte Eugenii pap.v.

Ï3 juillet-

Concile de Florence.

16 lévrier.

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mèrent beaucoup de droits curiaux, déterminèrent la forme de l'élection du pape et le serment qu'il devait prêter; ils limitèrent les concessions qu'il pouvait faire à ses parents, en excluant ses neveux du nombre des cardinaux, qu'ils restreignirent à vingtquatre. Sous le prétexte que le désordre et le tumulte s'étaient introduits dans le concile, le pape le déclara dissous, et en convoqua un autre à Ferrare ; le choix de cette ville convenait mieux aux Grecs venus pour se réconcilier. Mais les Pères, à l'exception de deux et du légat, restèrent à leur poste, et continuèrent à restreindre la juridiction romaine; ils déclarèrent même le pape suspendu et l'assemblée de Ferrare schismatique; sans écouter les souverains qui voulaient éviter un nouveau schisme, ils condamnèrent le pape comme hérétique, et lui substituèrent Amédée VIII, duc de Savoie, qui, après avoir renoncé aux affaires et s'être retiré à Ripaille, ne sut pas décliner le rôle d'antipape sous le nom de Félix V.

Des personnages insignes assistèrent au concile qui fut transféré de Ferrare à Florence : le cardinal Julien Cesarini, qui, pour soutenir le concile, avait eu le courage d'adresser des reproches au pape, et qui désormais défendait la .cause de la vérité avec une argumentation pressante ; Jean de Montenero, provincial des dominicains de Lombardie, très-versé dans la science théologique; parmi les Grecs, Gémiste Pléthon, grand académicien ; George de Trébizonde; George Scolari us, encore laïque, et bientôt patriarche de Constantinople; Marc-Eugène , évêque d'Éphèse, très -ferme dans les doctrines schismatiques, et, le plus illustre de tous, le cardinal Bessarion, plein de zèle pour la vérité.. Dans cette assemblée, le pape excommunia le concile de Bâle, et, après de longs débats avec le patriarche de Constantinople, il déclara la réunion de l'Église d'Orient à l'Église latine.

L'élection de Félix V avait fait perdre de son crédit au concile de Bâle, qui enfin, par décision de son pape, suspendit ses séances. Alors Frédéric III, le nouvel empereur, qui avait cherché à concilier les esprits, envoya à Eugène son secrétaire particulier, iEneas Sylvius Piccolomini, de Sienne, pour l'amener à tenir un nouveau concile en Allemagne. Après de longues négociations, le pape consentit, sur son lit de mort, à sa demande et à un concordat avec l'Allemagne, à la condition que les droits du sainlsiége n'offriraient aucun préjudice.

Nicolas V (Thomas de Sarzane), qui lui succéda, confirma le concordat, et montra de si bonnes dispositions qu'il parvint à concilier l'Allemagne et la France; le concile de Bâle dut alors se

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dissoudre; Félix V abdiqua, et lu paix fut rendue à rÉglise. iwi.

Si le concile de Bâle se fût employé à réformer l'Église avec prudence et charité, il aurait pu conjurer les grands malheurs qui éclatèrent dans le siècle suivant ; mais , guidé par la passion , il ne songea pas seulement à limiter la puissance papale , comme l'avait fait celui de Constance, mais à y substituer la sienne propre; c'est ainsi qu'il prépara la révolte ouverte de l'Allemagne et la rébellion dissimulée de la France. La supériorité des conciles sur le pape fut reconnue en Allemagne et en France ; mais, comme il était convenu que le pape seul pouvait les réunir, rien ne fut changé. Les pragmatiques sanctions faites alors avec ces deux nations infirmèrent quelques-unes des prérogatives du saint-siége, mais elles laissèrent entières les principales.

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