‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 82 sur 153 · DESCENTE DE HENHI VII · texte numérisé non relu

DESCENTE DE HENHI VII

impérial de Lombardie au nom d'Adolphe de Nassau. A la mort de son oncle, il fut proclamé seigneur de Milan et de plusieurs autres villes ; puis il s'allia par des mariages avec les Scaligeri de Vérone et les seigneurs d'Esté , de Ferrare , les premiers chefs des gibelins, et les seconds des Guelfes.

La faction des Torriani se maintenait encore, et se recrutait même des membres du parti contraire, qui prenaient ombrage de l'autorité croissante des Viscontiw Albert Scotto, seigneur de Plaisance , forma donc une ligue, sous la foi du serment, avec les Langosco, tyrans de Pavie ; les Fisiraga, de Lodi ; les Rusca, de Corne ; les Benzoni, de Crème ; les Calvalcabo, de Crémone ; les Brusati, de Novare ; les Avogadri, de Verceil. Soutenu;par ces alliés, Guido de la Torre recouvra la puissance de Milan, au milieu des applaudissements du peuple, tandis que Matthieu fut contraint de s'exiler, après avoir tenté vainement de se relever avec l'aide des Gibelins.

Comme des envoyés de Guido lui demandaient quand il pensait se rétablir à Milan, il leur répondit : Quand les péchés des Torriani dépasseront ceux dont j'étais chargé lors de mon expulsion. En effet Guido eut bientôt pour ennemis Albert Scotto et les autres tyrans; le peuple était mécontent, et la discorde s'introduisit dans sa famille.

Dans ce temps, a un juste jugement tombait du ciel sur le sang de l'Allemand Alber (1), » qui avait négligé l'Italie ; Henri VII de Luxembourg lui succédait. François de Garbagnate, noble milanais, du parti gibelin, forcé de quitter sa patrie à la chute des Visconti, et vivant à Parme des leçons qu'il donnait, vend ses livres, achète des armes, et va trouver le nouveau César, qu'il excite à descendre en Italie pour y relever l'influence gibeline ; il lui donne l'assurance qu'il aura pour auxiliaires d'abord les hommes de ce parti, puis les Guelfes eux-mêmes, peu satisfaits du roi Robert. Avec son caractère chevaleresque, Henri se complut à l'idée d'aller déployer en Italie une autorité à laquelle il prétendait que, de droit divin et humain, toute âme vivante avait à se soumettre (2) ; il vint donc, sans armes ni trésors, dans un pays qui avait

(1) Dante.

(2) Dans le Corpus juris civilis, on lit sa constitution, où il s'exprime ainsi : Ad reprimendum multorum factnora, qui, ruptls lotius fidelilatis habenis, advenus romanum imperium, incujus tranquillitate totiusotbis reyulariias requtescit, hostilï animo armati, conantur nedum humana, verum etiam diciua prxcepta, quibus jibetur ouod omnis anima romasori m i>hikcipi sir sibjecta, démolir t.. . Cette étrange prétention n'appartenait donc pas seulement au* papes !

nos.

83 novembre.

résisté un siècle et demi à ses prédécesseurs. Mais, vers cette époque, les jalousies républicaines s'étaient amorties ; aux inspirations hardies de la liberté germanique avaient succédé les réminiscences romaines. De plus, la haine jurée 'à la maison de Souabe ne pesait pas sur lui, et il n'avait pas à subir l'obligation de vengeances héréditaires. Quoique chef des Gibelins par son rang, il était appelé par le pape, qui, désireux de contrarier la France, dont il se sentait le prisonnier dans Avignon, envoya ses légats pour l'escorter, lui faire accueil dans les cités guelfes, et ceindre son front de la couronne d'or.

Il fut encore plus encouragé par les petits seigneurs, qui lui promettaient de le conduire à travers l'Italie, le faucon sur le poing, sans qu'il eût besoin de soldats. Il descendit à Turin par la Savoie et Suze, substitua ses vicaires à ceux de Robert de Naples, et dans Asti eut une entrevue avec des seigneurs lombards auxquels il promit de no plus faire, à l'avenir, aucune distinction entre les Guelfes et les Gibelins; il assurait n'être venu que pour rétablir la paix, faire cesser l'exil des bannis, et ramener les villes, devenues seigneuries privées, sous sa suzeraineté immédiate.

Ce dernier projet ne pouvait convenir à Guido de la Torre, qui chercha vainement à former une ligue de Guelfes pour s'y opposer par la force : cédant alors à la volonté du peuple, il sortit désarmé de la ville pour aller à la rencontre de l'empereur. Henri un. entra dans Milan, où il se fit couronner à Saint- Ambroise, en présence des députés de toutes les villes de la Lombardie et de la Marche. A la sollicitation de Garbagnate, il réconcilia les Torriani avec les Visconti, les Fisiragaavec lesLangosco, et les autres partis ; il rappela les bannis, et fut proclamé le restaurateur de la justice, de la paix et de la liberté.

Il eut bientôt mécontenté les Milanais; en effet, il voulait entrer dans la ville avec des hommes armés, et leur demandait, pour subvenir à ses besoins, cent mille florins à titre de don (I). Sur la révélation ou le soupçon d'un projet, conçu par les Visconti et les Torriani, de chasser les étrangers, il envoya faire une perquisition dans leurs demeures, et proscrivit les derniers. Il rendit le

La descente de Henri VII en Italie est bien racontée par un prélat allemand, évéque in partions de Butronto, ami de cet empereur, mais aussi du pape* auquel il adresse le récit de l'expédition, avec une noble franchise unie a la simplicité.

(!) Hic etenim rex noster magnanimus eratet omnium virtutum dites, pecunia et auro niminm pauper, nihil nisi itnlicU adjutus proposai omnino valebat. Jo. de Cervekvtf., Hist., c. 20.

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