‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 85 sur 153 · ROBERT DE NAPLES · texte numérisé non relu

ROBERT DE NAPLES

Raymond de (lardon a, aventurier catalan, appelé en Italie par le cardinal del Poggetto ; mais ce général, qui pour faire de Targpnt ne songeait qu'à vendre aux riches marchands la dispense du service militaire, les conduisit par les M are mm es insalubres de Bientina ; là, atteints de frayeur ou de fièvre, ils payèrent pour obtenir la permission de s'en retourner. Castruccio alors les attaqua près <T Altopascio. les défit, prit Cardonna et le Caroccio, ts septembre, et mit le territoire à sac pour s'indemniser des frais de la guerre (1). Il tenta même, favorisé qu'il était par la fortune, de surprendre Florence ; pour la narguer, il fit courir le pallio à ses portes, tandis que les citoyens se tenaient renfermés dans leurs murailles encore imparfaites. Certes ils n'auraient pas échappé à la honte qui les menaçait, si une Frescobaldi n'eût dissuadé son fils Guido des Tarlati, évêque d'Arezzo, de réunir ses forces à celles de Castruccio.

Le parti contraire secondait l'agrandissement de Robert de sut. Naples, qui joignait à son royaume de Pouitle la seigneurie de plusieurs villes du Piémont et la Provence; il gagnait, en outre, l'alliance des Guelfes et la protection du pape Jean XXII, qui le nommait vicaire pendant la vacance de l'Empire. Une expédition qui lui fit alors le plus grand honneur, ce fut la délivrance de Sié*e<ic Gênes, que les Gibelins assiégeaient. Cette ville, tiraillée entre les G*ne*' Dorta et les Spinola Gibelins, les Grimaldi et les Fieschi Guelfes, avait converti ses palais en autant de forteresses destinées à l'attaque comme à la défense. Au lieu de rester dans leurs magasins pour attendre les acheteurs, les nobles couraient les mers comme capitaines de vaisseaux, habituaient les marins à les respecter et à leur obéir. Comme il était rare de ne pas voir les fils de famille commander un navire, des milliers de personnes se trouvaient à la solde d'une seule maison, à laquelle elles étaient sou-

(1) « Au 10 de novembre (132S), Castruccio retourna à Lucques pour faire la fête de saint Martin avec grand triomphe et gloire. Tous ceux de la ville , hommes et femmes, vinrent à sa rencontre en grande procession ; comme pour marquer plus de mépris envers les Florentins, on fit marcher en avant le char ave c la cloche que les Florentin» avaient dans leur armée ; les bœufs étaient couverts de branches d'olivier avec les armes de Florence, et l'on faisait sonner la cloche. Derrière le char venaient les meilleurs prisonniers de Florence et monseigneur Raymond de Cardona, avec des cierges allumés à la main, pour les offrir à saint Martin ; l'écusson royal de la commune de Florence était pracé à rebours sur le char. Castruccio donna ensuite à dîner à tous ces prisonniers , au nombre d'environ cinquante des meilleur! de Florence ; puis il les fit mettre en prison, en les grevant «le rançons exorbitantes... Certainement Castruccio tira de nos prisonniers, des Français et des étrangers près de cent mille florins d'or , ce qui lui paya les Irais de la guerre. » Jean Villani, IX, 319.

mises par habitude, par besoin, par reconnaissance; il y avait donc de grosses bandes des deux parts, et les batailles étaient sanglantes.

tais. Les Gibelins, chassés de Gênes, vinrent l'assiéger par mer, pendant que Marco Visconti, fils de Matthieu, vaillant capitaine milanais, s'avançait contre elle par les vallées du Bisagno et de la Polcevera, pour la resserrer par terre. Toute l'Italie prit parti dans cette occasion. Pise, Castruccio, le marquis de Montserrat, le roi de Sicile, l'empereur de Constantinople lui-même se déclarèrent en faveur des assiégeants; les Florentins et les Bolonais donnaient la main au roi Robert. Ce prince entra dans le port avec sa Hotte, et obtint du pape la souveraineté de Gênes, dont il se proposait de faire le centre des opérations des Guelfes dans

mi. la haute Italie. Les Gibelins, après dix mois d'attaques infructueuses, furent obligés de se retirer; les Génois démolirent les palais et les maisons de campagne de leurs adversaires, saccagèrent leurs magasins et portèrent en procession les reliques de saint Jean-Baptiste, pour le remercier de leur victoire.

Le menu peuple, s'étant vu négligé malgré l'abbé qui le représentait, avait institué une ligue, dite Mottaâu peuple, avec dix capitaines adjoints à l'abbé, dans l'intention de contraindre le vicaire à rendre justice; lorsqu'il refusait, on sonnait le tocsin. Cette association fut dissoute par Robert, qui conserva l'autorité suprême pendant douze ans. Il fut chassé; pour le remplacer on créa deux capitaines du peuple avec un podestat, outre l'abbé.

l3l5 Les Gibelins, après s'être réunis à Soncino sur le territoire crémonais, formèrent une ligue, choisirent pour chef Cane de la Scala, et soutinrent la guerre de différents côtés. Le cardinal légat Bertrand du Pogetto marcha contre eux ; mais, bien qu'il réunit aux armes terrestres les foudres spirituelles, il ne put triompher de leur résistance.

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