LOUIS DE BAVIÈRE
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il se procurait de l'argent finirent par le déshonorer ; oubliant les services que lui avait rendus Castruccio , il vendit Lucques à François Castracane , parent et ennemi des fils de ce capitaine gibelin, qui se trouvèrent ainsi réduits au métier de chefs de bandes. Un grand nombre de Saxons de sa suite, qu'il ne payait pas, renoncèrent à l'obéissance , et se retirèrent sur la montagne de Céruglio , entre Lucques et Pise, où ils vivaient de rapines ; puis, guidés par Marco Visconti , qu'ils retenaient en otage pour le payement de leur solde, ils occupèrent Lucques, qu'ils donnèrent au plus offrant pour se couvrir de l'arriéré.
Azzon Visconti , après avoir succédé à son père, avait chassé de Milan le magistrat impérial, et acheté de Louis le vicariat impérial moyennant cent vingt-cinq mille florins ; mais il se remit dans les bonnes grâces du pape , pa/ce qu'il voyait l'empereur ébranlé, et voulait le frustrer de la somme qu'il lui devait encore. Louis fut donc obligé de se retirer laissant avilir l'autorité impériale, qu'il avait vendue en détail, et maudit des Italiens qui, à cause de lui, étaient restés longtemps privés des sacrements.
Le parti guelfe prend alors le dessus ; Marco Visconti est égorgé par ceux qui redoutaient son ambition. Azzon change son titre de vicaire impérial contre celui de vicaire pontifical ; le roi Robert l'emporte en Lombardie , et Brescia, qui se donne à lui , chasse les Gibelins, dont l'influence la dirigeait ; le cardinal du Poggetto , mauvais soldat et mauvais prêtre , sous prétexte de protéger !<>s intérêts du pape éloigné, vise à former pour lui-môme un beau domaine au milieu de l'Italie. Là les villes , profitant de l'absence du pontife, s'agitaient dans une orageuse indépendance. Les Polenta affermissaient leur autorité à Ravenne, les Malatesta à Rimini, les Montefeltro à lïrbin, les Varani à Gamerino; une vingtaine d'autres seigneuries s'étaient formées entre l'Apennin, l'Adriatique et la principauté de Bénévent , à peine réprimées de temps à autre par quelque légat pontifical , qui cherchait, par des alliances, par les armes, par. les interdits, à réintégrer l'autorité papale. Bologne, située au centre de l'Italie, populeuse, commerçante, fière de son université , disputait à Florence la direction suprême des Guelfes , et conservait sa liberté , bien qu'elle fût souvent divisée par des partis et des rivalités. Les Gozzadini et les Beccadelli favorisaient, sous le nom de Maltraversi , le gouvernement populaire, que combattaient les Scacchesi. A la tête de cette seconde faction était Romeo Pepoli, à qui ses biens héréditaires et ceux qu'il avait acquis personnellement donnaient un revenu de cent vingt mille florins ( un million et demi aujourd'hui ),
qu'il employait à dominer, à corrompre ou à éluder la justice.
lôVembre ^es ^ona*s avant ^ défaits à Monteveglio par les Gibelins de e' Lombardie, il leur persuada de se donner au cardinal du Poggetto, qui s'empressa d'y établir sa résidence comme au centre d'une grande principauté à venir ; déjà il avait soumis Parme, Reggio, Modène et d'autres villes de la Romagne , lorsqu'il est battu à
iih. Ferrare, et voit les seigneurs romagnols s'insurger de toutes parts ; chargé d'or et de honte , il est contraint de retourner à Avignon. A la mort de son père, il perd toute autorité; Bologne elle-même se révolte , et du régime de la liberté tombe sous la domination de Thaddée Pepoli , qui finit par s'en rendre seigneur sous la suzeraineté de l'Église, à laquelle il paye chaque année huit mille livres bolonaises. Faenza, résidence ordinaire du comte de Romagne et du légat, resta seule fidèle aux papes.
Dans les circonstances difficiles qu'ils venaient de traverser, les Florentins s'étaient donnés en seigneurie au duc de Calabre, Charles, fils du roi Robert. Ce prince était venu avec une belle armée de Provençaux et de Catalans ; mais, sans tenir compte des conventions arrêtées, il leur soutira quatre cent cinquante mille florins d'or par an , au lieu des deux cent mille stipulés ; il voulut exercer le droit de paix et de guerre, favorisé par les nobles , qui s'arrangeaient mieux d'une principauté que de la démocratie , d'autant plus qu'il laissait toute liberté à ses amis. De plus, par l'abrogation des loisqui réprimaient le luxe des femmes, il ajouta aux malheurs publics les querelles domestiques. Sa mort délivra les Florentins, qui, maîtres désormais chez eux, s'occupèrent de réformer leur gouvernement; ils réduisirent leurs conseils à deux, l'un de trois cents bourgeois sous la présidence du capitaine du peuple, l'autre de deux cent cinquante bourgeois et nobles sous celle du podestat; ces assemblées devaient se renouveler tous les quatre mois.
Les principaux chefs de Gibelins , Castruccio, Jean Galéas, Cane le Grand de la Scala, Passerino des Bonacossi, étaient morts; il importait donc d'avoir quelqu'un à opposer au cardinal du Poggetto. Comme alors ce Jean de Luxembourg, roi de Bohème , que nous avons vu jouer le rôle de pacificateur universel, se trouvait dans le Tyrol, les Brescianslui firent offrir la seigneurie, à la condition qu'il les secourrait contre leurs bannis gibelins et Mastin de la Scala, qui voulait les rappeler. « Pauvre d'argent et avide de seigneurie , » il vint, apaisa les factions, et força Mastiu à se désister de ses prétentions. La renommée de ses exploits romanesques, son noble esprit, son éloquence, sa générosité, fascinè-
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