‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 96 sur 153 · J . CORIO · texte numérisé non relu

J . CORIO

de

412 TREIZIÈME ÉPOUUE.

à une servitude tranquille furent ramenées, Tune après l'autre, à l'obéissance. Côme et Bellinzona furent soumises les dernières. Il commença, avec une politique nouvelle, une nouvelle dynastie, qui , au milieu de meurtres et d'événements tragiques , devait à peine atteindre la sixième génération. Comme la Plèbe habituée aux armes se souvenait parfois de sa liberté, Sforza forma le projet de bâtir une citadelle; mais, dans la crainte de montrer de la défiance , il chargea ses créatures de se répandre au milieu de la foule et de lui persuader que c'était une construction nécessaire pour l'ornement et la sécurité de la ville. Quoi que les mieux avisés pussent dire pour s'y opposer, les autres l'emportèrent, et les paroisses supplièrent le duc d'édifier le château , le plus fort de tous ceux qui furent élevés en plaine dans l'Italie.

Quelques obstacles étaient à craindre de la part de l'empereur. En effet, à cette même époque , Frédéric III descendait en Italie ; mais il fit bon marché des anciennes prétentions impériales. Il venait au-devant d'Éléonore de Portugal, sa fiancée, et le journal de ce voyage montre combien, même après tous leurs malheurs, les Italiens avaient d'avance sur les étrangers en fait de civilisation. Nicolas Lanckman , chapelain de Frédéric, fut obligé, pour gagner le Portugal, de se travestir en pèlerin avec sa suite; malgré ces précautions, ils furent dépouillés de temps à autre par des bandes ou par les commandants des villes (I), heureux lorsqu'ils trouvaient quelque banquier florentin pour regarnir leur bourse. A Sienne, Frédéric vit venir au-devant de lui quatre cents dames de cette ville. A son entrée à Florence , Charles Marzuppini , secrétaire de la république, lui débita une harangue latine remplie de phrases et vide de choses, selon l'usage des érudits d'alors; mais iEnéas-Sylvius Piccolomini répondit, au nom de l'empereur son maître , par des phrases positives, en y ajoutant quelques demandes auxquelles Marzuppini ne sut pas répondre faute de s'être préparé.

Frédéric amenait avec lui son neveu Ladislas le Posthume , qu'il tenait dans une espèce de captivité. Les Hongrois ourdirent

(1) Historia desponsat . et coronat. Feder. Ilf,ct conjugis ipsius,auctore ISicolao Lankmano de Falkenstein, ap. Pezium, II, 569-602. Les roules n'étaient pas, du reste, plus sûres en Italie. Quand Pétrarque fit pour la première fois le voyage de Rome, il fut obligé de se réfugier dans le château de Capranica jusqu'à ce que léveque de Lombes fût venu le prendre avec cent chevaliers. Jean Barile, envoyé par Robert de Naples pour assister au couronnement du poète, fut dévalisé en chemin et obligé de s'en retourner. Jean VHIani ( III, 80 ) cite comme un granil fait l'arrivée à Paris en onze jours , par courriers de marchands, d'une dépèche envoyée par le conclave de Pérouse.

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