‹ Histoire Universelle (volume 4)Chapitre 18 sur 46 · CHARLES MARTEL ET SES FILS · texte numérisé non relu

CHARLES MARTEL ET SES FILS

pin, sauf quelques domaines réservés pour Grifon, le plus jeune de ses fils; il mourut à Kiersy sur l’Oise (1).

Les Mérovingiens étaient tellement oubliés qu'il ne fut pas fait mention d'eux dans ce partage; mais, des dissensions s'étant ” élevées entre les deux fils de Charles, ils s’entendirent pour déférer de leur chef, et sans avoir consulté ni les évêques ni les grands, le ütre de roi à un enfant imbécile, rejeton prétendu de Chilpéric IL, et qu'ils intitulèrent Childéric IL. Pépin et Carloman gouvernèrent sous son nom, comme préfets par la grâce de Dieu, ou plutôt ils régnèrent, comme ils le disaient eux-mémes. Dans le partage du territoire, le premier eut la Neustrie, la Provence et la Bourgogne ; l’autre, l’Austrasie, la Souabe et la Thuringe. Mais Grifon, mécontent de se voir exclu, fomenta les dispositions hostiles des leudes et du clergé, désireux d'échapper à l’oppression dans laquelle les avait tenus le bras puissant de Charles. Il souleva aussi en sa faveur les Saxons, les Bavarois et les Alemans; mais ses frères s’emparèrent de lui dans la ville de Laon, le jetèrent au fond d’une prison, enfermèrent sa mère dans l’abbaye de Chelles, et soumirent les révoltés. Odilon, duc de Bavière, beau-frère des deux maires du palais, fut vaincu et repoussé au delà de l’Inn; il n’obtint la paix qu’en promettant obéissance. Hunold, duc d'Aquitaine, qui, pénétrant dans la Neustrie, s'était avancé jusqu’à Chartres, reconnut l'impossibilité de relever une dynastie dont il avait été jusque-là le soutien, et sc fit moine dans l'ile de Ré ; son fils Waïffre fut réduit à rendre hommage pour son duché. Les Bourguignons furent privés de leurs patrices, et tenus de se soumettre aux comtes ordinaires.

” Après avoir aidé son frère à pacifier le royaume, Carloman, se sentant fatigué de la vie tumultueuse des camps, résolut d’embrasser Ja vie religieuse ; ayant donc renoncé à sa dignité en faveur de Pépin, il se rendit à Rome avec une suite magnifique, offrit des présents splendides au pape, tant en son nom qu'en celui de son frère, se fit couper les cheveux, et se renferma dans un couvent qu'il fonda sur le mont Soracte. Ennuyé ensuite des visites d’une foule de Francs, qui venaient chaque année en pêlerinage à Rome, il se retira dans le monastère du

(1) 11 laissa en outre trois fils naturels : Remi, qui fut par la suite évêque de Rouen ; Jérôme, père de Fuldrade, fondatrice de l’ahbaye de Saint-Quentin; Bernard, qui, devenu veuf, prit l'habit monastique à Corbie. Hildetrude, sa fille légitime, épousa le duc de Bavière ; ses deux filles naturelles, Gontrude et Théodrade, prirent le voile.

21 octobre

Saint Bonifste,

ob NEUVIÈME ÉPOQUE.

motif Chésin. Il 4vait laissé dans lé monde deux fils, Drogôn ét

Pépin, en les recommandant à leut oncle; Mais celui-ci, äftf de rester tmattre absolu de la Neustrie et de l’Austrasie, leu fit revêtir l’habit monastique.

* Les monastères étaient ainsi le refuge des grands déctius où des cœurs affligés, et en fnême temps l'asile du peu de savoir qui avait survécu à tant de bouleversements, le centré de l’attivité intellectuelle et le foyer d’où la civilisatitn se répandait sur l’Europe. Les esprits se foftiflaient en effet dans cette pietise solitude, où l’on s’häbituait à l’abniégätion de Sa prüpre volonté, à l’obéissarice absolue, au sacrifice de soi:niême. At moindre signe du pontife ou de leur abbé, des homfnes pleins de foi prenaient le bâton de voyageur, et s’en allaient à travers monts et mers, chez des nations barbares et ënnetnies, tecrutet de nouvéaux serviteurs aù Christ, dé notiveaux prosélytes à la vérité, se troutant bien récompensés s'ils avaient obtertti le sa-

… Jut d’une seule âme au prix de leur ptopfe vie.

Les monastères fondés en Angleterre se proposèrent stürtout pour tâche la conversion des Gerthains; l’Anglo-Saxon Wilfrid, connu sous le nom de saint Boniface, apôtre de la Gerrnanie, mérite plus qu’un conquérant l’attention de l’histoire.

En treize ans de fatigues sans relâche, il convértit les peuples de la Hesse et de la Thuringe; ainsi ces Saxons ihsulaires tépandaiënt avec effott, parmi leurs compatriotes du cottinent, le christianisme catholique romain, qui plus tard devait recevoir d'eux-mêmes le coup le plus rude dont il ait été alteint. À

Les conversions tournaient au grand profit de la civilisation : ear ces indomptables tribus germaines, entraînées pat leurs gympathies, se mettaient en rapport avéc les Francs et ävec Roms, dont ils vénéraient le nom. Des hordes errantes $’établissaient à demeure autour de l’église et du cimetière; les villes de Mayence et de Cologne acquéraient de la vie, et la propageaient alentour. L'école de Fulde, que saint Boniface fonda avec le-Bavarois Sturm, dans la partie la plus solitaire de la vallée de Faggis, entre la Hesse et la Thuringe, instruisait la Jeunesse, qui, de retour dans son pys après avoit revêtti le ministère de la parole, répandait au loin les idées de morale et les institutions civiles.

Charles Martel scconda l’œuvre de Boniface; la politique des rois francs était favorable aux missionnaires qui adoucissaient la férocité de leurs voisins les Germains. De cette association

‘PAPES. —= LOMBARÊS. 3

de l'Église avec la préfecture des Gaules, néé dé l'accord qui 4 caractérisé les premiers cotimèncements fé la notiarchie éh France, devait sortir le renotvellement dé l'empire.

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