‹ Histoire Universelle (volume 4)Chapitre 23 sur 46 · PAPES. =— LOMBARDS · texte numérisé non relu

PAPES. =— LOMBARDS

deux ans de la pentapole et de Pexarehat, il transporta le siége de son royaume de Pavie dans la ville impériale de Ravenne.

L’exarque Eutychius se réfugia à Naples, et fut le dernier qui gouverna l'Italié grecque, où les possessions restées à l'empire se réduisirent aux deux {hémes (provinces) de Sicile et Calabre, D'autre part, les ducs de Naples, de Gaëte, de Bari et d’autres villes restèrent presque indépendants, sous là >HDIeanS nominale du stratége de Sicile.

La possession de l’exarchat parut à Astolphe un motif suffisant pour s’en attribuer toutes les dépendances et Rome ellemême; il enjoignit donc au sénat et au peuple romain de lui rendre obéissance comme au maître de Ravenne, sommation qu'il appuya d’yne armée nombreuse. Étienne II, qui avait succédé au pape Zacharie, l'amena, par des présents et des prières, à consentir à une paix de quarante années; mais quatre mois s'étaient à peine écoulés qu'il la rompit, et imposa aux Romains un tribut annuel, jusqu’au moment où il lui plai-

rait de réunir ce duché à son royaume. Le pape eut d'abord

recours aux prières et conduisit dans Rome une procession où lui-même, marchant pieds nus, portait une de ces images du Christ qui n'étaient point faites de main d'homme. Le peuple, couvert de cendres, suivait, en gémissant, une croix à laquelle était suspendu le traité de paix violé par les Lombards. Étienne envoya ensuite l'abbé du mont Cassin.et d'autres prôtres vers Astolphe pour le ramener à de meilleures dispositions; mais ce prince les traita avec dédain, leur enjoignant de retourner dans leurs couvents sans même revoir le pontife. L'empereur Constantin Copronyme, qui, dans son entêtement à abolir les images, n’avait cessé de tourmenter le pontife par les bons offices duquel son autorité s'était conservée en Italie, ne prit alors d'autre mesure que d’envoyer le silenciaire Jean avec des lettres. Le pape fit conduire l’envoyé à Ravenne par son propre frère, en le chargeant de supplier de nouveau Astolphe de consentir à restituer l’exarchat aux Grecs ; mais ce fut en vain. Les armements et les menaces redoublèrent (1). Étienne écrivit à l’empereur pour le décider à venir défendre l'Italie (2); mais il était bien plus occupé d’argumenter contre le culte des ima-

(1) Fremens ui leo, pesliferas minas Romanis dirigere non desinebat, asserens omnes uno gladio jugulari, nisi suæ sese subderent dilioni. (ANAST, Buez., Vit. Steph., II)

) Deprecans imperialem clementiam, ut, juxta id quod el sæpius scripserat, cum exercilu ad tuendas has Ilaliæ parles modis omnibus

ges et de tuer les moines qui les défendaient, que de tenir tête aux Lombards et aux Sarrasins.

Que pouvait faire de plus le pape? Se souvenant de Grégoire II, il eut recours à Pépin, duc des Francs, qui, l'écoutant plus volontiers que n’avait fait Charles Martel, envoya le duc Autharis et Crodegang , évêque de Metz, pour l’inviter à passer les Alpes. Le pape, tentant un dernier effort, se rendit avec leg ambassadeurs francs et le silenciaire Jean à la cour lombarde ; mais Astolphe resta inébranlable dans sa résolution. Jean repartit une seconde fois pour l'Orient sans avoir rien obtenu, et le pape s’achemina vers la France, où il fut accueilli avec ce respect sincère que le peuple accorde tou-

jours à la vertu persécutée. :

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