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CHAPITRE XVI

CHARLENAGNE EMPEREUR.

L'autorité de Charlemagne se trouvait affermie sur toute la France, et s'étendait sur la plus grande partie des peuples occidentaux. L’Austrasie, centre de sa domination, embrassait les provinces situées sur l’Escaut, la Meuse et la Moselle, jusqu’au Rhin (4); puis la Hesse, la France rhénane (2), l'Alsace, l’Allemagne, la Souabe (3), la Bavière, la Carinthie, la Saxe, la Frise. À la Neustrie ou France occidentale, située entre l'Escaut, la Meuse et la Loire (4), se rattachaient l’Aquitaine,

(1) Avec Metz, Trèves, Coblentz, Aix-la-Chapelle, Nimègue, Anvers, Cambrai, Tournay, Reims, etc.

(2) Avec Mayence, Ingelheim, Worms, Spire, Francfort, Wurtzbourg, etc.

(3) Avec Constance, Zurich, Coire, Hambourg, Ulm, etc.

(4) Avec Paris, Soissons, Châlons, Troyes, Chartres, Orléans, Tours, le Mans, Angers, Nantes, Rennes, Brest, Rouen, Boulogne, etc. — Voici comment Éginhard désigne les confins du royaume des Francs : Regnum Francorur, quod, posl patrem Pipinum, magnum quidem el forte susceperat (Carolus), a n0biliter ampliavit, ut pene duplum illi adjecerit. Nam cum prius non awplius quam ea pars Galliæ quæ inter Rhenum el Ligerim, Oceanumque cl mare Balearicum jacet, el pars Germaniæ quæ, inter Saxzoniam et Daxwbium, Rhenumque et Salam fluvium qui Toringos el Sarabos dividit, pesila, a Francis qui Orientales dicuntur, incoleretur, et præter hæc Ale-

la Septimanie, la Bourgogne avec le Nivernaïs, la Franche-Comté, la Suisse bourguignonne, le Valais, Genève, Lyon, le Dauphiné et Avignon; en outre, la Savoie, la Provence et les Marches d'Espagne. Toute l'Italie lui obéissait, à l'exception de la Campanie, de la Calabre, d'une portion de la Lucanie, de la Sicile, encore grecques, du duché lombard de Bénévent et du patrimoine de l’Église. La Corse, la Sardaigne, les tles Baléares, lui étaient disputées par les Arabes.

I avait pour tributaires les peuples slaves établis à l’orient depuis la Baltique jusqu’à Venise, entre l’Elbe, l'Oder, les monts de la Bohême et les Krapacks, le Danube, la Theiss, le Raab et la Save. Tels étaient les Obotrites du Mecklembourg, les Sorabes et les Lusaciens de la Misnie, de la Saxe, d’Anhalt et de la basse Lusace ; les Tzèques et les Bohômes, les Moraves, les Avares et les Esclavons de la Pannonie; la Croatie des Francs autour de Zara, ainsi nommée pour la distinguer de la Croatie grecque, où se trouvaient Trau et Raguse.

Sa domination s’étendait donc au sud jusqu’à l’Ébre, à la Méditerranée et à Naples ; à l'occident jusqu’à l’Atlantique ; au nord, jusqu’à la mer Septentrionale, à l’Oder et à la Baltique ; à l’orient, jusqu’à la Theiss, aux monts de la Bohême, au Raab et à l’Adriatique. Les Arabes de la péninsule Ibérique l'avaient vu ennemi redoutable ; les Grecs observaient avec effroi son agrandissement; les Normands du Danemark et de la Scandinavie se liaient avec lui par des traités. Il écrivit à Offa, un des rois de l’Angleterre, en lui promettant protection pour les marchands anglo-saxons qui viendraient trafiquer en France, et accompagna sa lettre de présents pour toutes les cathédrales, d’un baudrier, d’une épée et de deux manteaux de soie pour l'heptarque.

Ce n'était donc pas à tort qu'Alcuin le célébrait comme le roi de l’Europe. La grandeur romaine, telle qu’eHe avait été sous les successeurs de Constantin, revivant en lui par le fait, . ne tarda guëre à revivre aussi de nom, mais avec un caractère nouveau ; car il fut le chef suprême des chrétiens dans l’ordre temporel, comme le pontife l’était dans l’ordre spirituel.

Le titre de patrice, que Charlemagne portait, exprimait l'idée de protecteur de l’Église, des pauvres et des opprimés,

mani aîque Bajoari ad regem Francorum potestaiem pertinerent, ipse primo Aguilaniam e{ Wasconiam, loiwmque Pyrenæi monlis juyum.…. {um Saxontiam... subjugavit.

mais sans lui donner aucune autorité sur Rome: les attributions de patrice apparaissaient dans la formule par laquelle ce titre était conféré, Le pape, en revêtant le candidat du manteau, et en lui mettant l’anneau au doigt, lui disait : Vous te concédons cel honneur afin que lu fasses justice aux églises de Dieu, et que tu rendes compte au juge supréme. Il ajoutait, en lui remettant le diplôme écrit de sa main : Sois patrice, misé. ricordieux et juste ; puis il lui posait sur la tôte le cercle d'or. L'élu recevait du peuple le serment, non de vasselage, mais de clientèle subordonnée à la fidélité promise au pape (4).

A ce titre, Charlemagne 86 trouva le protecteur de l’Église, ce qui fit qu’il y eut entre lui et les papes un échange empressé de bons offices. Adrien, qui était en outre l'ami particulier de Charlemagne, eut sans cesse les yeux ouverts pour veiller à ce que la domination des Francs prit racine en Italie. Charlemagne témoigna dans toute circonstance le plus profond respect pour le pontife, dont la mort fut pleurée par lui comme celle d’un père ; il répandit des aurmônes en son honneur, st composa en vers son épitaphe, qu’il fit graver en lettres d’or sur le marbre (2).

Adrien eut pour successeur au trône pontifical Eéon IU, qui fit remettre au roi des Francs, déjà patrice, les clefs du tombeau de saint Pierre, l’étendard de l’Église romaine, en y joignant des paroles d'affection et de soumission. Charlemagne, en revanche, envoya à Rome le savant Angilberg pour assister à la consécration du pontife ; il était chargé, en outre, de renouveler avec lui le traité fait avec Adrien, et de s'entendre « sur ce qui paraîtrait convenable pour confirmer son psa triciat, et le rendre efficace à la protection de l’Église. Ma « mission, ajoutait-il, est de défendre, avec l’aide de la misé- « ricorde divine, la sainte Église du Christ : à l'extérieur, par « les armes contre toute attaque des païens et tout dommage e de la part des infidèles ; à l’intérieur, en l'affermissant par la « profession de la foi catholique. Votre obligation, à vous, est

(1) MABILLON, Ann. Bened., XXII, 3.

(9) Post pairem leerymans Carolus kxo carmina scripei : Tu mihi dulcis arnor : te modo plango pater… Nomina jungo simul lilulis clarissima nostra: ddrianus, Garolus, rex sge, iuqua pater...

Tum memer asia iui nat, paler apiime, pasca, Cum paire dic, nalus pergal el ipse tuus,

« d’élsver les mains vers Dieu comme Moïse ot de soutenir « mor service de guerrier par des prières (4). »

Cependant les papes n'avaient pas cessé de rendre quelques honneurs aux empereurs de Constantinople ; bien plus, ce même Léon fit placer dans le palais de Latran une mossïque représentant l’empereur qui recevait l'étendard de la main du Christ, et Charlemagne de celle du pape (2). Néanmoins, si le pape professait pour les monarques bygantins un reste de res pect eanvenable au chef da Ja chrétienté, il ne pouvait en espérer aucun appui, et, dans les circonstances eritiques, il avait Fesours au roi des Francs. L'ocgasion ne tarda point à s'en pré senter.

Campulus et Paseal, neveux du pape Adrien, l’un sacristain, l'autre primicier de l’Église, mécontents de se voir privés de la puissance dont ils jouissaient du vivant de leur oncle, tirent, avec d’autres familles influentes de Rome, un de ces complots qui menaçaient souvent l'autorité des papes, depuis qu'ils étaient devenus princes temporels. Au moment où le pontife ss transportait processionnellement. pour la fête des Raga- . tions, de l’église de Latran à celle de Saint-Laurent, il fut asaailli par une troupe armée qui, après l’avoir maltraité jusqu'à vouloir lui arracher les yeux (3), le jeta prisonnier dans ie couvent de Saint-Sylvestre. Vinigise, duc de Spolète, accourut au secours da Léon, qui, délivré par lui, instruisit Charlemagne de l’attentat et passa les Alpes. Il se dirigea sur Paderborn, eù se trouvait réuni un champ de mai; les seigneurs germains, nouvellement convertis, rivalisèrent à qui rendrait plus d'honpeurs au chef de l’autarité pontificale, Le roi, après avoir entendu Jes plaintes de Léon, promit d'y faire droit, puis le ren-

« VOya accompagné de seigneurs et de prélats, auxquels s9 joignirent huit «ommissaires chargés d'instruire sur la tantative d'assassinat dont le saint-père avait été l’objet, et de pourvair à sa sûreté,

Léon fit son entrée triomphale dans Rome au milieu des

hallebardes des Saxona, des Frisons, des Lomherds, des

(1) Fp. Coroki Magni, X, p. 616.

(2) On voit, sur une aütre mosaïque, saint Pierre donnant de la main éraite ua manteau au pape agenauillé, et de la gauche un étenderd à un prinœ, et Pinscription porte : Beate Petre, dona vitam Leoni pp. et vicioriam Carolo dona.

(4) Zomans, HV, |A. La légende raconte qu'on les lui arpache, mais qu'il les FecOuvrg par rairage.

Francs, et des applaudissements du clergé, du sénat, du peu-

M novembre. ple. Quand il eut repris son autorité, Charlemagne lui-même se disposa à faire le voyage de Rome, où il arriva au commencement de l’hiver. Son premier soin fut de s’éclairer sur le différend qui existait entre le pape et ses ennemis; ayant donc convoqué un concile composé de laïques et d’évêques, de Francs et de Romains, il fit examiner les accusations portées contre le pontife; mais, de même qu’au temps de Constantin le Grand, un concile réuni pour juger le pape Marcellin, accusé d’idolâtrie, s'était déclaré incompétent à juger le chef de l'Église, et l'avait invité à prononcer lui-même la sentence, l'assemblée déclara qu'elle s’en rapportait au serment du pontife. Léon, mettant donc sur sa tête l'Évangile et la croix, jura qu’il était innocent, et ses accusateurs furent condamnés à mort comme coupables de calomnie et d'homicide; mais leur peine fut commuée, à la prière du pape, en exil perpétuel.

Sur ces entrefaites, arriva la solennité de Noël. Charlemagne assistait aux magnifiques cérémonies de cette fête, une des plus grandes du christianisme, le front incliné devant le tombeau des saints apôtres, quand le pontife, comme par une inspiration subite, s’approcha de lui, et posa sur sa tête un diadème d’or. Alors le peuple de s’écrier tout d’une voix : Vie et victoire à Charles, grand et pacifique empereur romain, couronné par la volonté de Dieu (1) !

Peut-être Charlemagne ne s'attendait pas à cet acte; il est certain qu’il s'en montra frappé d’étonnement. Il se plaignit à Léon de ce que, malgré son insuffisance, il lui imposait ce nouveau fardeau, et des devoirs dont il aurait à rendre compte à Dieu. Que ce fussent des paroles sincères, ou de ces démonstrations dont tous sont prodigues et auxquelles personne ne croit, le fait est que Charlemagne céda au vœu public, dont il se trouva l'élu avec non moins de droit que tant d’autres qui avaient été proclamés Césars à Rome et à Constantinople par une tourbe vénale ou par une soldatesque turbulente. Il fut donc sacré solennellement comme chef suprême temporel de la chrétienté, et il fit serment de protéger l'Église de Rome de tout son pouvoir. |

Lorsque les Germains envahirent l’ancien empire, ils appor-

(1) L'année commençait alors à Noël : c’est pourquoi il fut dit que le couronnement avait lieu en 800; mais, selon le comput moderne, il est de 799.

CHARLES EMPFREUR. 301

tèrent l’idée d’une monarchie, d'origine à la fois guerrière et religieuse : guerrière, en tant que les compagnons d'armes se serraient autour du plus vaillant ; religieuse, parce que le roi était choisi dans une famille descendant des dieux ou demidieux ; libre dans le preinier sens, héréditaire dans l’autre. Arrivés sur le sol romain, ils y trouvèrent un monarque régnant comme représentant du peuple, et une religion qui imposait de lui obéir comme au représentant de la Divinité : c'était un monarque dont les droits ne s’appuyaient ni sur la connaissance, ni sur le mérite personnel.

Lorsqu'ils eurent abattu l'empire, sa grandeur éblouit toujours leur imagination, et ils cherchèrent à égaler la pompe qui l'entourait, à s'approprier son administration compliquée, son système de finances, sa vaste unité. De là vient que, dans les institutions des peuples envahisseurs, se reproduit sans cesse le contraste de la grossièreté native et des souvenirs de la civilisation romaine. Bien que leur autorité fût différente, et que les Mérovingiens, par exemple, régnassent en France, les Goths en Italie et en Espagne, comme descendants de héros, ils adoptaient également l’idée romaine, c’est-à-dire qu'ils voulaient se donner comme les représentants de l'État et de l'image de Dieu. Les Lombards en Italie et les Pépins en France s’écartèrent de la tradition germanique en se constituant, non plus sur un droit héréditaire, mais uniquement sur la force, ou bien sur le choix de leurs compagnons disposés à les soutenir par l'épée.

Les Lombards échouèrent dans cette tentative ; les Pépins, mieux inspirés, s’attribuèrent le caractère religieux chrétien, en se faisant oindre par le clergé; ce que fit surtout Charlemagne, en ressuscitant le symbole politique de l'empire, et en régnant par la grâce de Dieu. |

L'admiration qui saisit Charlemagne à la vue de Rome lui révéla que, bien que maître de tant de vastes pays, il lui manquait une capitale comparable à celle de l'ancien empire. L’évêque de Rome n'’avait-il pas une autorité entière sur tous ceux de l'Occident, et cette autorité ne s’étendait-elle pas sur ceux de l'Orient? Pourquoi, lui, roi de Rome, n’aurait-il pas le même rang parmi les rois de l’Europe? C'était au nom de l'unité chrétienne que le monde religieux obéissait au pape : or, comment donner un nom unique aux diverses nations soumises à Charlemagne? ce ne pouvait être ni l'empire des Francs, ni celui des Lombards, des Bavarois, de tout autre peuple; le

802 NAUVIÈME ÉPOQUE.

seul qui n’éveillât point de jalousie était celui d’empire romain. Une femme, Irène, occupait par la violence le trône d'Orient ; Charlemagne se reconnaitrait-il comme inférieur à cette princesse ? Il est donc vraisemblable qu’il eut l’idée de restaurer l'empire romain, et qu'après avoir réussi dans le dessein 6ù échouèrent ses prédécesseurs de greffer la puissance septentrionale sur l’administration latine, il reprenait l'œuvre des Césars, laquelle avait pour but de repousser les invasions de l'extérieur, et de soumettre l’intérieur à l’unité de gouvernement.

Les contemporains ne virent dañs la cérémonie de son sacre qu'une résurrection de l’empire d'Occident ; mais on trouve une sorte de divination dans ces vers inspirés par une autre pensée à un annaliste du Bas-Empire : Ainsi fut brisd le lien qui unissait deux cités souveraines ; ainsi l'épée sépara la filke de la mère, la Rome nouvelle, pleine de jeunesse ot de beauté, de la vieille Rome, couverte de rides et détrépite.

En effet, la civilisation antique demeurait alors séparée de la civilisation à venir : celle-là représentée par les empereurs dégénérés de Byzance, celle-ci guidée par le pontife, qui se mettait à sa tête, en conférant au roi franc le pouvoir temporel suprême. Si toute autorité vient de Dieu, nül autre que le ehef visible de l'Église ne pouvait se eonsidérer comtne investi im: médiatement de la puissance d'en haut ; il se” trouvait doné virtuellement le chef de l'humanité entière, réunie dan l'Église universelle. Cette puissance donnée par le ciel au pontife fat considérée comme étant d’une double nature, temgorelle et spirituelle ; or, de même qu'il confère une portion de eette dernière aux évêques, qui l’exercent sous sa dépendance, il confie l’autorité temporelle à l’empereur cossacré par lui, pour l'exercer sous la dépendance et la direction du pape, tout en deveñlant chef visible de l’Église dans les intérêts tempoporels. Les deux pouvoirs sont done inséparables, l’un devant servir d'appui à l’autre, et ils ne sauraient se détruire pour la raisoh que l'essence de leur juridiction diffère.

Naturellement l'autorité prédominante est celle du pape, qui prononce comme arbitre sur les différends des princes, soit entre eux, soit avec leurs peuples. Pensée admirable, qui devança par le fait même les utopies de certains philosophes plus humains que pratiques, et qui pouvait apporter aux massacres de la guerre le rernède que l'on demande aujourd'hm aux protecoles de la diplomatie. ;

L'empereur élant non-seulement le chef de l'empire, mais de l'Italie et de toute la chrétienté, la raison voulait que l'on s'adressât au pontife pour qu’il donnât son consentement et son approbation à son élection. L'élu jaraït entre les mains du clergé d'observer les règles de la justice et les lois positives: or, comme le evuronrrement était subordonné à cette condition, si l'empereur la violait, et surtout s’il portait atteinte à la foi dont il devait être le défenseur, il perdait tout titre & l'obéissance. C’est là ce qu'il est nécessaire d’avoir bien présent à la pensée, si l’on veut comprendre l'histoire du moyent âge, et trouver le motif d’actes qui, vus d’une autre manière, ont paru arbitraires ét entachés d’asarpation.

L'empereur, à son tour, comme admimistrateur temporel de la chrétienté, exergait là suprématie sur tous les royaumes et sur Rome même, qui recouvrait son premier lustre comté capitale du monde. Pent-être transmmit-il alors son titre dé patrice au pape, teqnel sactifa les intéréfs de sa propre domrmation à ce qu'il crüt être l'avantage de fa chrétienté ; car il sentait bren qu'en faisant Rome capitale et presque siége de lempire, il élevait à côté dé Hut un pouvoir dont le sien devait souffrir, ét qu'il subordommiait sa juridiction À celle du roi franc. Mais peut-on supposer que, laissé à sa liberté, il se " füt décidé à se donmer volontairement un maître (1} 1

St, par suite, l’Rañe eut si craellement à souffrir de lin-

(1) Caamroguen-Picec trotrva er 1836, danis la Stbliothèqué royale de Püris, une lettre enveyée avec des dons pe Charlermagne au pose Adrien. Nôts simon à La reproduire ici, avée les instræctions qui l'accompagmient, comme preuve du respect que l'empereur portait au ecbef de l’Église.

IL. Salutat vos dominus noster filius vester Carolus et filia vestra domina nosira Fastrada, filii et fliæ domini rostri, simul el ômnis domus sua.

I. Salutant vos cuncii sacerdoles, episcopi el abbates, atque omnis congregatio illorum in Dei servilio constilula, eliam el universus generalis populus Francorum.

I. Grattas agit vobis dominus noster filius vester, quia dignali fuislis élli mandare, per decorabiles missos et melliflua epistola ves(ra, de vestra a Dev conservata santtate, quia tunc illi gaudium ef salus ac prosperilas esse cernitur gmando de vestra sanitate vel PoPULI vVESTRI salule audire et cerius esse meruerit:

IV. Simiiier multes vobis agit gratias dominus noster filius vester de sacris sanctis orattonibus vestris, quibus adsidue pro illo et fidelibus sanctæ Ecclesiæ el vestris atque suis decertatis, non solum pro vivis, sed eliam pro defunclis ; el si domino placueritf, vestrum bonum certamen dominus noster Alius véster cum omnt bonitate in omnibus retribuere desiderat.

V. Mandavit vobis filius vester, dominus videlicet noster, quia Deo gratias el vestras sanclas orationes, cum 10 et fllid oestra ejus conjuge et

tervention continuelle des Césars dans ses affaires, élément hétérogène qui embarrassa sa marche et finit par amener sa chute, nous ne croyons pas qu'il faille en accuser les papes ni l'institution de l'empire; mais personne ne peut révoquer en doute que le concours des Septentrionaux à ce sanctuaire du savoir et des institutions sociales aida puissamment à faire dépouiller aux barbares la rudesse native. Du reste, si l'Italie était une victime nécessaire au salut de l'Europe, l’Iphigénie dont le sacrifice devait rendre favorable l’expédition contre Troie, que ses fils supportent donc avec dignité l’infortune à laquelle leur patrie fut vouée, et que ceux qui en ont recueilli tout le profit cessent enfin de les insulter!

La chrétienté devint alors une vaste monarchie, les princes révérant Charlemagne comme leur supérieur, les infidèles traitant avec lui comme avec le chef des croyants; mais ce chef était électif, c'est-à-dire de confiance, et toute autre autre forme de gouvernement pouvait subsister sous sa suprématie, même la république la plus libre. Une semblable unité n’était donc pas la monarchie universelle rêvée tour à tour par Charles V, par Louis XIV, par Napoléon, cette monarchie où toutes les nations seraient tenues d’obéir à une seule volonté, soumises à des lois faites pour d’autres coutumes que les leurs, et sacrifiées aux avantages d'un pays prédominant. Il y avait là influence, et non pas, domination; on respectait l’individualité des nations, mais on introduisait l'harmonie dans le développement de leur civilisation ; les institutions de chacune étaient conservées, parce qu'elles dé-rivaient du caractère, des usages, de l’histoire.

Le titre de saint-empire atteste que ce pouvoir aspirait à une supériorité morale; à façonner la société laïque sur le modèle de la hiérarchie ecclésiastique ; à substituer un ordre

prole sibi a Deo datis, vel omni domo sua, sive cum omnibus fidelibus suis, prospera esse videntlur.

VI. Postea vero danda est episiola dicentibus hoc modo : Presentem epistolam misit vobis dominus nosler filius vester postulando scilicet SANCTITATI VESTRE U{ ALMITAS VESTRA GMIAndO eam recipial.

VII. Deinde dicendum est : Misil vobis nunc dominus nosier flius vester talia munera qualia in Saxonia preparare poluil, el quando placet sancri- TATI VESTRE Os{endamus ea.

VIII. Deinde dicendum eril : Dominus nosler Âlius vesiter hkæc parva munuscula PATERNITATI VESTRE destinavil, inducias postulans interim dum meliora 8ANCTITATI VESTRE preparare poiueril

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