‹ Histoire Universelle (volume 4)Chapitre 29 sur 46 · IX. Deinde...... (Le reste manque · texte numérisé non relu

IX. Deinde...... (Le reste manque

légal à cet état de choses qui a pour principe une espèce d’inimitié naturelle entre les différents peuples; à les faire vivre en paix, réconciliés, sous cette influence souveraine , et telle était en effet l'intention des pontifes.

La prééminence de l’empereur sur les rois devait encore résulter de ce que cette dignité n’était ni héréditaire ni divisible; les pontifes soutinrent donc des luttes répétées pour garantir aux peuples la libre élection du chef commun, pour ne pas l'abandonner au hasard de la naissance.

Charlemagne légitima la domination des barbares en les attachant au sol ; lorsqu'il y eut un émpereur d'Occident, ils cessérent d’être considérés comme usurpateurs des droits de celui d'Orient, ainsi qu’ils l’étaient auparavant. L'avénement d'un roi barbare au trône des Césars les associa à la nation romaine, attendu que vainqueurs et vaincus n’eurent plus qu'un seul chef. On peut dire que, dès ce moment, fut établi le système féodal, c’est-à-dire cette échelle de pouvoirs, supérieurs les uns aux autres, jusqu'au plus élevé, au pouvoir indivisible qui dérivait de Dieu, unique source de toute autorité, et du pontife, son représentant.

L'Église était affranchie du pouvoir de l’ancienne Rome, qui l'avait tenue sous sa dépendance, comme elle l'avait fait de la religion nationale; mais, chez les anciens Germains, les droits et les fonctions" ecclésiastiques étaient mêlés au pouvoir civil de telle sorte que, même depuis leur conversion, il y avait confusion des choses sacrées et profanes. Les évêques, de même que les ducs et les comtes, entraient dans le conseil du royaume ; les ducs, les comtes et les rois assistaient aux conciles de l'Église; ainsi le christianisme se confondait avec la nationalité, l'Église avec l’État. Charlemagne, désireux de ramener la noblesse et le sacerdoce à leur destination primitive, assigna, autant qu'il le pouvait, les limites respectives de l’ordre ecclésiastique et de l’ordre civil ; dans le conseil impérial, il divisa en deux branches la haute noblesse et le clergé, qui forma dès lors un État distinct, en partie rapproché, en partie séparé de la noblesse, tantôt se concertant avec elle, tantôt agissant tout seul.

La noblesse féodale, appui et instrument du pouvoir royal, l'a souvent mis en péril; il lui fallait donc un contre-poids. Les communes n'existaient pas encore; si la noblesse faisait la force de l'État, le développement intellectuel se renfermait tout entier dans le corps ecclésiastique, gardien de l’ancienne

culture romaine et chrétienne, qu’il favorisait au même degré que la noblesse était favorable aux éléments germaniques:

cette dernière, comme force de l'État, appartenait au gouvernement particulier de la nation; de sorte que, pour former une république européenne, il fallait, dans chaque État, adjoindre au pouvoir national de la noblesse une autre autorité reconnue dans l'assemblée générale des nations chrétiennes, et qui fût apte à maintenir le lien universel.

Charlemagne fonda sur ces deux classes la constitution de l'État. Ses institutions tendaient évidemment à soutenir le pouvoir royal; mais il respecta les lois de la noblesse, et comprit en même temps que l'élévation du clergé était un besoin de son temps. Étrangers à la jalousie, les forts songent moins à abaisser ce qui les entoure qu’à s’agrandir par l'extension vigoureuse de leurs facultés. L'éducation des peuples fut toujours un des premiers soins de l’Église, et pour accomplir cette tâche, il faut du pouvoir, de l'influence et des richesses. Les richesses alors consistaient principalement en biens-fonds; le clergé, comme propriétaire, se rattachait d'autant plus au gouvernement germanique fondé sur la propriété territoriale. Cette influence acquise par les évêques, leur chef entrait avec les États dans des relations qui, sans être essentielles à la vocation ecclésiastique, n’étaient point en opposition avec elles.

Elle était donc à la fois morale et politique dans sa grandeur, l’idée de l'empire telle que la concevait le moyen âge ; et l'on aurait tort d'attribuer à Charlemagne et à Léon les maux quien résultèrent, quand l’unité due à la combinaison des deux principes périt dans une discorde également fatale à l’un et à l'autre, quoique pleine d’enseignements pour l'humanité.

Si la seconde dynastie franque eut pour mission de combattre le paganisme et l’Islam, comme la première avait dû terrasser l’arianisme, cet ordre nouveau de l’État répudiait entièrement les idées de l'idolâtrie, mais surtout celles des mahométans, qui mettaient dans la même main les pouvoirs temporel et spirituel, c’est-à-dire la justice et la raison là où se trouvait la force ; les chrétiens, au contraire, faisaient consister ces vertus ‘dans le sacrifice. Ainsi là on proclamait le fatalisme, ici la

âce.

Le saint empire romain avait conservé et réuni tous les éléments communs aux peuples de l'Europe : Dieu, foi, loi, droit ecclésiastique, langue latine; en outre, il établissait une réti-

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procité d’action entre le Nord et le Sud, salutaire à tous deux, et qui, comme un courant électrique entre deux pôles opposés, produisait la vigueur et la vie, calmant d’un côté pour exciter de l’autre.

L'empire chrétien devient ainsi le second élément de l’histoire moderne. En effet, parce qu'il est chrétien, il se fonde sur la justice, et rend impossible la tyrannie d’un despote ou d’une faction, sans que la voix du pasteur et la communion des fidèles soient reniées ; au lieu de se soutenir au moyen des contre-poids compliqués d’une constitution politique, l'autorité repose sur le caractère personnel, et prend pour guide l’amour plutôt que le droit strict. Voilà pourquoi la puissance des empereurs, ayant pour appui l'opinion et non l'étendue des possessions, était tout à fait populaire; ce qui fit que Frédéric Barberousse, avec un patrimoine très-resserré, put exercer une autorité des plus rigoureuses, et que François [I, qui en avait de très-vastes, dut laisser l'empire lui échapper dès qu'on n’eut plus foi dans sa grandeur et sa dignité. Quand Napoléon voulut élever sur les ruines de la république française une domination qui ne pouvait être légitimée que par Pélection populaire, il évoqua, pour s’attribuer une sorte de légitimité, le fantôme de Charlemagne, dont on porta devant lui la couronne, l'épée, le sceptre, et se fit sacrer par le pape: |

Charlemagne mérite donc plus de reconnaissance de la postérité comme le fondateur de la constitution qui, jusqu’à nos jours, a réuni l’Europe centrale, qu'il ne mérite de gloire pour ses conquêtes. Cet empire, dans le sens chrétien d'union religieuse de tous les peuples de l'Occident, produisait l’intime aceord de la foi avec le droit ; puis il créait une légitimité sacrée, en effectuant dans l’ordre des choses temporelles l’unité existant dans l’ordre des choses spirituelles, et en facilitant, eomme dans une même famille, la diffusion des améliorations apportées dans la vie sociale et les idées. Tous les princes les plus puissants de l’Europe s'employèrent pour obtenir le couronnement qui conférait ce droit suprême, ce qui fut une cause &e mouvement et de civilisation. De teur côté, les papes, comme tuteurs de ceux qu’ils couronnaient, en même temps que dépositaires de leur serment et du vœu des peuples, prêtaient leur appui aux barons, aux princes ecclésiasiiques, aux communes, pour qu'ils opposassent des barrières aux empiétements des empereurs, favorisant ainsi la liberté politique, qui devait fimir par 1e tourner contre eux-mêmes.

Gouvernement.

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