‹ Histoire Universelle (volume 4)Chapitre 43 sur 46 · ANCIENNE LITTÉRATURE ARABE · texte numérisé non relu

ANCIENNE LITTÉRATURE ARABE

AvantMahomet, les Arabes écrivaient fort peu; ils faisaient cas cepen-

dant de l’éloquence et de la poésie, et se réunissaient en assemblées solennelles à la foire d’Occad, pour lire leurs compositions et se disputer le

prix. Le meilleur ouvrage était suspendu, écrit en lettres d’or, aux portes de la Kaaba et dans le trésor du roi; les tribus étaient dans la joie quand il s'élevait dans leur sein un nouveau poëte ou un vrateur. Il ne s'agissait, du reste, que de courtes poésies, dont le but principal parait avoir été de montrer que le puête possédait à fond la connaissance de sa langue; car ce sont des descriptions de tempêtes, de déserts, d’un chameau, d'un onagre, d’une gazelle, d’une lance, d’une épée, avec grande profusion de synonymes.

Dans leurs histoires, les Arabe: ont inséré fréquemment des fragments de poésie comme empruntés à d'anciens auteurs, et plusieurs paraissent authentiques. Ainsi, Abou Adina, vers 460 de l’hégire, voulant dissuader Asvad, son cousin, fils d: Mendar, roi de Hira, de faire grâce de la vie au géneral prisonnier de l'armée de Gassan, lui adres*e la paro:e en ces mots : « L'homme n’obtint pas tous les jours ce qu’il « desire ; le destin n’est pas tous les jours à son égard si libéral de ses « faveurs. Celui-la est prudent qui n’attend pas, quand l’occasion se « presente, que la corde à laquelle il peut s'attacher vi-nne à se briser; « chez tous les habitants de la terre, le titre de juste convient à celui « qui fait avaler à ses ennemis la coupe où ils lui ont fait boire le pre- « mier. 1] n’y a pas d’injustice à frapper du tranchant de l'épée celui «a dont on a d’abord reçu les coups. L’indulgence est une vertu, mais « nun envers ses égaux ; celui-là ment qui dit le contraire. Tu as fait «a périr Amrou, et tu voudiais épargner Yézid. Si tu le fais, ce sera « uue source fécoude de guerres et de calamités. Garde toi de laisser « aller une vipère après lui avoir tranché la queue. Si tu es sage, tu «a feras subir le mème sort à la queue et à la tête. Lis ont tiré l'épée, « que l'épée les taille en pièces; ils ont allumé le feu, qu’ils lui servent « d’aliment. Si tu pardonnes à ceux-là, tu ne paraîtras pas clément, « mais pusillanime. Au lieu de leur accorder pareille :Impunité, mieux « aurait valu que la fuite les eût soustraits à ton pouvoir ; mais ils au- « raient eu honte de fuir devant toi. Ils sont la fleur de Gassan, les re- « jetons d’une illustre race; qu’y a-t-il d'étonnant à ce qu'ils aient « aspiré à l'empire ? Ils nous offrent une rançon, ils vantent leurs che- « vaux et leurs chameaux, dignes d’être admirés des Arabes et des bar- « bares. Eh quoi! ils auront sucé le plus pur de notre sang, et tu ne « suceras d'eux que des flots de lait? Certes leur fait n’est pas compa- « rable au nôtre. Pourquoi accepterais-tu d'eux une rançon ? Ils n’ont « accepté de nous ni or ni argent (1). »

Les monuments les plus remarquables du siècle où parut Mahomet sont les Moallakah, poëmes qui offrent une peinture des mœurs, de la nature, du caractère des Arabes, peu avant la révolution qui les rendit conquérants. Quelques-uns parlent de sanglantes batailles où

(1) Nous suivons Sylvestre de Sacy.

Voyez aussi :

Tuanarzs Moellakah cum scholiis Nahas, e mss. leidensibus arabics odtdit, vertit, iliustravit Jo. Ja Reiske; Leyden, 17465. Tous les sept ont été tra-

duits on anglais per Joss, 1782.

Er NOTES APDBITIONNELLES,

cout mélées la Krevité ctia noblesse, la générontté et les actes de ban. barie. On les appelle suspendus, dorés ou longs. Les trois premiers sont attribués à Armrou-ben-Keltourn, Aret-ben-Hilira, Tarapha-ben- Abd.

Tarapha vivait en éébanché!, se moquant de ceux qai le bimatent. Après avoir décrit le eameau, les plaisirs que procurent les belles et tes jeunes garcons édhevelés, à s'écrie: « C'est pour cela que je n‘xi « jamais cessé de boire et &e me hvrer aux délices, de vendre tout ve «que je possédais, de dissiper, pour me procurer des jouissanees , et « les biens acquis et ceux dont j'avais hérité; si bien que tous mes pa- «rents, évitant ma société, s'éloignèrent de moi, et que je me suis vu « mbandonné comme un chameau atteint d’une maladie contagieuse. « Toi qui me reproches amèrement mon goût pour les querelles, pour « les plaisirs et la joe, pourrais-tn m'asstrer l'immortaïñité ici-bas ? Si « tu ne sais éloigner le terme de mon destin, laîsse-moi aller gaiement « au-devant de 1n mort, en jouissant des biens que je possède. Certes, «fe ne me soncierai puère de savoir f’heure où les consoiations de mes

« amis viendront entourer îe Kit sur Yequel je tatterai avec la mort, si u trois choses n’adoucissent ma vie humaine : prévenir les reproches « des femmes austères, en avalant te suc de le vigne qui écunre lors- « que l'eau vient Faffaibir; voter en aide à celui qui réclame mon « assistance, sur un toursier dont lagilité impétueuse égale cafe du « loup habitant des forèts épaisses et se réveïflant à limproviste quand «il entend les pas du voyageur qui cherthe une citerne; passer rapi- « dement sous ane tente, auprès d’une jeune et belle araie, tes heures « trop fugitires d’une journée pluvieuse, qui réjouit l’âme comme une « doute espérance.

« Celui qui soutient, par une nranière d'agir généreute, là noblesse « de son origine, abandonne son âme à Tivrresse des plaisirs et jouit de « ta vie. Si la mort nous tue demain, tu saaras ators lequel de nous deux « éprouvera du regret de ne pasavoirétanthé aujourd'hui sa soif ardente. «Je ne vois pas de différente entre la sépulture de l'avare, follement « économe de ses richesses, et ceîle du libertin qui les prodigua en « s'amusant. Une motte de terre couvre l’un et l’autre, et de larges « pierres forment leur tombeau.

« La vie est À mes yeux un trésor dont chaque nüit nous détube üne & partie, un trésor que les jours diminuent sans ceste, et qui bientôt « sera réduit à rien. Les délais que la mort atcorde à homme jusqu'à * ce qu'elle le frappe du coup fatal, sont comme Îla longe qui tient le « chameno À la pâture; si la mott lxisse une ombre de liberté aux hommes en leur chant la corde qui tes le, elfe w’èn laïsse pas pour & cela échappet les bouts de sh main. »

Tarapha était convenu avec son frère Mabed de faire paitre leurs chameaux un jour; mais, ne songeant qu’à la poésie, 1 les laissait à l'ebanden, et répondait à Mabed, quand il lui en adrecrnait des repro- Chez, que, sion les l'ai dérobai, à les receuvrerait à l'aide de ses vers. Ou les lui prit en effet; or il avait dit dans 14 MNllaRa, en par-

NOTES ADDITIONNELLES, Ti

lant d’Amrou-ben-Morfed : « S'il avait plu à mon Seigneur, je serais « semblable à Kaïs, fils de Kaled ; j'aurais joui d’une riche fortune, « et les plus nobles fils des plus nobles pères seraient venus me vi- « siter. »

Amrou-ben-Morfed, qui était cousin germain de Tarapha, en ayant été instruit, lui fit dire: « Dieu seul peut te donner autant de fils que «jen ai; mais, quant aux richesses, je veux te rendre égal à moi. » Ayant donc appelé ses sept fils, il leur ordonna de donner chaeun sept chevaux à Tarapha; il fit la même injonction à trois de ses petit-fils, qui, fiers de eet honneur, s’en allaient disant : « Notre aïeul nous a « mis aujourd’hui au nombre de ses fils. »

Quant à Amrou-ben-Keltoum et à Aret-ben-Iiliza, leurs deux Moallaka peuvent être considérées comme deux harangues récitées devant l'arbitre chargé de terminer les différends qui, depuis quarante ans, divisaient les tribus descendant de Bekr et de Tagleb, fils de Vaïelben- Kaset. De la tribu de Tagleb était né Rebia-ben-Aret, qui s'était acquis un nom dans les guerres soutenues par les descendants de Maad contre les tribus confédérées de l'Yémen. Rebia avait été élu, d'une voix unanime, chef des troupes de Maad, et il fut vainqueur des Arabes dé Yémen. Koléib, son fils, put aussi commander les forces des descendants de Maab, et il défit de nouveau les Arabes de l’Yémen. Après cette victoire, les différents cheiks se soumirent à lui et l’élurent pour roi. Alors Koléib se livra à une tyrannie odieuse, s'arrogeant les pâturages les plus fertiles et les mieux arrosés, dont il excluait tout autre troupeau que les siens; il défendait de chasser sur les territoires qu’it se réservait, d’abreuver les chameaux à ses puits, ou de prendre du feu à ses foyers.

Koléib avait épousé Olaïlah, fille de Morrah, de la race de Schéiban, qui babitait le même territoire, et descendait ausei de Bekr. Djassa, frère d'Olaïlah, avait pris sous sa proteetion une femme du nom de Bassou, qui avait une chamelle chérie appelée Sérab ; cette ehamelle était Hée par une bride à l'entrée de La tente de Bassou. Les chameaux de Koléib ayant passé, elle rompit sa longe et se mêla au troupeau. Koléib se trouvait alors près de la citerne, aves 80n arc et son carquois. À la vue d’un animal étranger parmi les siens, il perça la chamelle, qui s'enfuit en gémissant. Alors Bassou jeta le voile qui couvrait sa têle, et se mit À erier : « Au secours, voisins, au secours!»

Djassa en conçut une grande colère, et, montant sur un de es ehevaux sans le seller, et suivi par Amrou-ben-Aret, armé aussi de:sa lanes, fl entra avec lui dans le camp réservé de Koléib. D’en coup Djassa lui brisa l’épine dorsale ; Amrou le blesse entre les deux cuisses d'un antré coup. Koléib, renversé, dit à Djassa : « Fais-moi grâce, donne-moi uns « goutte d’eau. s Mais Djassa lui répondit : « Tu «s dépassé en tyrannie « Sthabib et Alnkass. »

Quand Kolëib fut tué, les fils de Schéiban se retirèrent auprès d’une eau appelée Nahi. Moalel, frère du mort, ainsi nommé pour avoir le

premier, introduit une poésie plus légère, se disposa à tirer vengeance des fils de Bekr, et, renonçant aux femmes, à l'amour, aux jcux de dés, aux plaisirs de la table, il reunit autour de lui les guerriers de sa tribu, et envoya quelques-uns de ses fils à ceux de Schéiban, pour leur proposer les moyens de réparer le mal qui s'était fait. Les envoyés, ayant trouvé Morrah entouré de ceux de sa tribu , lui dirent: « Vous avez commis une grave injustice en « tuant Koléib pour venger une vieille chamelle ; vous avez rompu « les liens du sang et manqué à tous les égards. Nous ne voulons pas « cependant user de surprise ni vous attaquer, avant de vous avoir « offert un moyen de conciliation. Choisissez entre quatre satisfactions « qui vous rendront votre tranquillité, et dont nous nous tiendrons « contents.

— « Et quelles sont vos propositions ? demanda Morrah.

— « Rendez la vie à Koléib, reprirent les envoyés, ou livrez-nous « Djassa, son meurtrier, afin que son sang expie le meurtre de Kolëb ; «ou, si vous l'aimez mieux, donnez-nous à sa place Amam (frère de « Djassa), ou livrez-vous vous-même entre nos mains, pour que votre « sang tienne lieu de celui du coupable. »

Morrah répondit : — « Rendre la vie à Koléib est impossible; Djassa «a porté dans sa fureur un coup mortel: son coursier a disparu de « nos yeux, et j'ignore où il s’est caché. Amam est entouré de dix fils « et d'autant de frères et de neveux, les cavaliers les plus vaillants de « leur tribu; ils ne voudraient jamais que je vous le livrasse pour « expier par son sang la faute d’un autre. Quant à moi, je n’ignore « pas que les premiers ravages de la guerre tomberont sur moi, et « que j'en serai la première victime; mais je ne veux pas prévenir « l'heure de ma mort. Je vous donne, en conséquence, le choix de « ces deux partis. Vous voyez ces fils qui me restent, et qui tous sont « suspendus au cou de leur père ; emmenez ce jeune Tisa, si cela vous « convient, et égorgez-le comme un agneau; ou bien acceptez mille « chameaux aux yeux noirs, en expiation du crime des fils de Bekr. »

Les envoyés montrèrent un grand courroux, disant : « Tu nous insul- « tes en nous offrant parmi tes fils le plus jeune; tu nous donnes tout, « mais non le sang de Koléib ! »

La guerre fut donc résolue. Cependant, Olaïlah, veuve de Koléib, vint rejoindre son père et sa famille; mais la plupart des familles descendues de Bekr trouvèrent si blâmable l'assassinat de Koléib, tué pour venger une chamelle, qu’elles refusèrent de joindre leurs armes à celles des fils de Schéiban. Aret-ben-Abad, un des plus illustres guerriers de cette tribu, ne voulut pas non plus prendre part à la querelle; dès lors, abandonnés par le plus grand nombre de leurs proches, les fils de Schéiban furent défaits dans plusieurs rencontres sanglantes. Dans unes d'elles périt Aman, frère de Djassa, et Molael, qui commandait les

“Arabes de Tagleb, s’écria, en passant auprès de lui : « Depuis la mort « de Kojéib, il n’est pas tombé de brave que j'aie regretté autant que «toi! » £

Molael, fier des victoires qu’il chantait lui-même, et poussé par un désir insatiable de vengeance, attaquait sans distinction toutes les familles du sang de B-kr, quoique la plupart n’eussent pas voulu prendre part à la guerre souteuue par les fils de Schéiban. Le fils d’Aret-ben-Abad lui-mème fut tué aussi; alors le père s'écria : « Heu- « reuse mort, puisqu'elle mettra un terme aux hostilités, et sera «un gage de réconciliation sincère entre les tribus descendues de «a Vaiel! »

1] s’imaginait que Moalel considérait ce sang comme équivalent à celui de Koleib, et que son courroux en serait satisfait; mais, quand il eut entendu dire que ce sang ne valait pas un cordon des chaussures de Koléib, il fut saisi de fureur, et se mit à la tète des hommes armés de Bekr, pour assaillir ceux de Tagleb. Dès lors la chance tourna, et Moalel fut mis en fuite avec les siens. Aret montait une cavale appelée Noama, et, dans un poëme où il chante ses victoires, on lit ces vers :

« Pendant que mes mains tiennent la bride de Noama, la guerre des « fils de Vaïel a consumé mes forces, et j'ai vu mon corps s’affaiblir par « les années.

« Tandis que mes mains tiennent la bride de Noama, mes cheveux « ont blanchi, et ceux de ma maison ne me reconnaissent plus.

« Je ne fus pas, Dieu le sait, au nombre des coupables dont le méfait « a suscité cette guerre funeste; cependant l’incendie qu'ils ont al- « lumé me consume à cette heure. »

Cinquante vers ramènent ce refrain : Pendant que mes mains tiennent la bride de Noama. L

En se mettant à la tète des troupes de Bekr, Aret-ben-Abad dit à ses gens : « Prenez les femmes avec vous, et qu’elles se tiennent derrière. « Quand elles trouveront quelque ennemi blessé, qu'elles l’achèvent; si « c'est au contraire un des nôtres, qu’elles l’assistent, le pansent, et lui « donnent des aliments.

— « Mais comment les distinguer ? » lui demandèrent-elles.

Aret ordonna à ses guerriers de se raser les cheveux, ce qui fit appeler cette journée la journée des cheveux ras. Djabur-ben Dobaïa ne voulut pas se laisser couper les cheveux, et promit detuer de sa main le premier cavalier qui s'avancerait à la tète des ennemis. Il tua en effet Amrou et Amer , l’un avec le fer de sa lance, l’autre avec l’extréwmité opposée: puis, ayant été lui-mème abattu, il fut trouvé par les femmes de Bekr, qui se jeterent sur lui en voyant sa chevelure entière. Le mème jour, Aret fit prisonnier Molaël sans le connaitre, et lui dit : « Montre-moi Molaël, et je te laisserai en liberté.

— « Me promets-tu vraiment de me laisser aller, si je te le montre? » lui demanda le prisonnier.

Et Aret ayant promis, Molaël lui dit : « Eh bien ! c'est moi-même! » Aret se contenta de lui couper les cheveux du front et le laissa partir, en s'écriant « Malheureux que je fus, Moalel était entre mes mains, et a je ne l’ai pas reconnu quand je l’avaisen mon pouvoir ! »

Aret avait fait vœu de ne pas consentir à traiter avec les fils de Tagleb, et de ne pas déposer les armes, à moins que la terre ne le lutordonnät. Quand les fils de Tagleb, mis en déroute dans un grand nombre de rencontres, virent qu'ils ne pouvaient résister, ils eurent recours à un stratagème pour éluder son serment. Ils firent cacher dans un trou un des leurs, qui s’écria, au moment où Aret passait : « Abou-Mondar, tu nous « as exterminés. Conserve quelques restes de notre famille, et que ta « vengeance fasse place à la pitié. Parmi beaucoup de maux, il yen a « de moindres! » |

Cet expédient obtint l'effet désiré, et la paix fut conclue. Alors Moalel s'enfuit, et fixa sa résidence sur le territoire de Modaadi, où il ne voulut pas donner sa sœur à l'un des Arabes au milieu desquels il vivait. Il acheta ensuite deux esclaves pour l'accompagner dans ses expéditions; mais ceux-ci, ennuyés de ce genre de vie, rétolurent de Île tuer. Assailli par eux dans un lieu désert, et ne voyant pas de moyen de leur échapper, il les chargea de porter à sa famille ces vers: « Vous à quiil « sera rapporté de ma part que Moalel. que Dieu vous soit propice et « vous comble de faveurs ! »

Les esclaves, dont le crime fut ainsi découvert, subirent la mort.

Peu de temps après la guerre de Bassou, il s’en éleva une autre entre les tribus de Tagleb et de Bekr, pour cause d’un refus d’eau, et Amrou, roi d'Hira, fut pris pour arbitre. Ce fut alors que Amrouben-Keltoum et Aret-ben-Illiza récitèrent devant lui leurs Moallakas. Il est rapporté qu’Aret, étant lépreux, avait chargé d’autres Arabes de réciter son poëme en présence du roi, maïs que, voyant combien ils s'en acquittaient mal, il s'écria : « Bien qu’il me soit pénible d’avoir À « parler devant un cheik qui ne m’adressera la parolé que derrière sept « rideaux, et fera purifier et laver les traces de mes pas quand je me « serai retiré, je me résignerai à tout pour que votre cause aille bien. »

Aret débita donc le commencement de sa Moallaka, séparé du lieu où se tenait le roi par sept draperies. A peine la reine l’eut-elle entendu qu’elle s’écria : « Jamais homme aussi éloquent ne porta la parole der-

a rière sept portières. » Le roi, ému, en fit lever une. La reine répéta sept fois la même exclamation, et chaque fois un voile fut enlevé ; si bien qu’Aret se trouva en présence du roi sur le même tapis, mangea

. dans la mème assiette, et, lorsqu'il se retira, le roi ne fit pas purifier ses traces avec de l’eau.

Le roi d’Hira n’avait accepté l'arbitrage entre les deux tribus qu’à la condition que celle de Bekr lui donnerait, comme otages, soixantedix des plus nobles parmi les siens ; que, si elle gagnait sa cause, les otages lui seraient rendus; qu’au cas contraire, il les remettrait aux mains des fils de Tagleb. Quand Aret eut fini de parler, Île roi fit tailler les cheveux du front aux soixante-dix otages de Bekr, et remit ces chevelures à Aret, qui les conserva toujourt, Le roi en leur faisant taïller les cheveux, exprimait qu'il les regardait comme adjugés aux fils de Tagleb, mais rendus spontanément à la liberté, et, en donnant ces cheveux à Arèt, qu'il eh agissait ainsi à sa considération.

NOTES ADBITIONNELLES, as

Chacun des deux poëtes, dans sa Mosllaka, a pour objet d'enalier m tribu, et de reprocher à la tribu ndverse ses violenves et ses injestices. Amreu, qui parlait pour celle de Tagleb, rappelle ka valear et la générosibé de ses ancêtres, l'indépendance qu'elle conserva toujours, tandis que ses rivaux subirent une domination étrangère.

« O Gls de Djoud (Aarou, roi d'Hira) ! ne te hâte pes de reger contre “ aous ; diffère quelque peu, et nous te prouverons que nos étendards, « d’une blancheur éclatante quand nous partions pour le combat, ne « rentraient dans notre camp que baignés de sang. Nous te rappelierous « des jours illustres, les jours de aotre gloire, quand noes résistimes « à la puissance d'un roi et refusèmes de plier sous le joug. Nous iavo- « querons le souvenir de ces princes dont le front était ceint du dis « dème, dont la vaillance et l’iatrépidité étatent le refuge des faibles, « l'espoir des onprimés, Nous les avons étendus dans la poussière, et « n0s chevaux sont restés tranquilles auprès de leurs cadavres, la bride « sur le cou et le pied dans les entraves... Quand nous portons dans « l'habitation d’une tribu la meule de ka guerre, à peine s’est-eile « mise en jeu que nos ennemis sont broyés et réduits en poussière, « Les contrées orientales des montagmes de Nedjid sont le blutoir « par lequels ils doivent passer, et la trémie est remplie des fils de « Codis. »

Il dit ailleurs : « n’est pas de nation qui puisse se souvenir de nous « avoir vu doaner signe de faiblesse, ou céder aux efforts de nos rivaux: « que personne n'ose s'élever follement contre nous, car nous pemrions « sa fureur avec ne fureur plus grande. Sous quel prétexte, à Amrou, « prétendrais-tu que nous dussions reconnaitre l'autorité de ceux qu'il « te plairait de aous donner pour maitres ? Pourquoi, Amrou, prèterais- « tu l'oreille aux calomnies de nos ennemis? Pourquoi nous traiterais-tu « avec mépris? Tu nous menaces et prétends nous épouvanter, Va plus « doucement; dis-moi : Quauati est-ce que nous fümes esclaves de ta « mère ?

« Avant toi, Amrou, nos lances refusèrent de s'indiner devant « les ennemis qui nous attaquèrent ; elles se tournent contre qaicon- «que veut les redresser. Inflexibles, intraitables, elles repoussent « tout effort. S'arrachant durement aux mains ennemies, clés font « résoaner l'air de siflements aigus, et blessent ceux qui voulaient « les violenter , en leur imprimont sur le front et la nuque en sillon « sanglant. Aurais-tu oui dire que, dans les siècles passés, Djoscham « eût jamais éprouvé une tléfaite ! Nous avons hérité de la gloire d’AI- « kama, Gls de Séif, qui & soumis à noire ermpire les forteresses de a pioire.

« Et moi j'ai hérité de Moalel et de Zoéir , plus illustre que Monlel : # Wésot prétioux et sans pareil. Nous sermmes les héritiers d’Atab, de « Keltoun et d'Amrou; nous âvons recueilli d'eux le patrimoine d'une « noblesse illustre. Nous avons une sûre protection dans le nom de « Doulborre, dont tu as entendu raconter les exploits, et, à l’abri de sa « gloire, nous défendons celui qui recourt à aoire preleiion, Avant

« lui, c’est de nous que sortit Koléib. Quelle est la gloire dont nous ne « puissions revendiquer la possession?

« Toutes les tribus descendues de Maad savent que, quand leurs pa- « villons sont dressés dans les vallées, nous répandons autant de bien- « faits que nous pouvons, en exterminant celui qui provoque notre « vengeance. Nous interdisons aux autres tribus les lieux dont nous « nous réservons la jouissance, et fixons notre demeure où il nous « plait. Nous témoignons notre colère en refusant les présents qui nous « sont offerts; nous agréons les dons de ceux que nous honorons de « notre bienveillance. Celui qui nous ohéit trouve en nous une protec- « tion solide, mais les rebelles éprouvent notre vengeance. Les eaux « pures des citernes nous servent de boisson, et quand nous les avons « trouhlées, les autres houimes s’y désaltérent. Nous remplissons la « terre ; elle est mème petite pour nous. Nos vaisseaux couvrent la face « des mers (1). Le monde est à nous; tout ce qui l’habite est à nous, et « aucune force n'égale celle de nos attaques. À peine chez nous les en- « fants ont-ils oublié de s'attacher à la mamelle, que les héros les plus « puissants se prosternent respectueusement à leur aspect! »

Aret met moins de feu à vanter la gloire et les vertus de Mondar, Gls de Ma-Asséma , roi d’Hira, un des ancêtres de l'arbitre auquel il parle. Il rappelle que les descendants de Bekr ont vengé la mort de Mondar sur les troupes du roi de Gassan, qui avaient causé sa perte. Il fait mention d’une guerre entre les Arabes de l’Yémen et toutes les tribus descendues d’Adnan, dans laquelle ses aïeux se signalèreut par leur valeur. Enfin :l repousse les inculpations injurieuses d’Amrou-ben -Keltoun, avec moins d'emphase et plus de dignité.

« Le malheur et les revers tombèrent sur nous, répandant l’amertume « et le chagrin sur notre vie. Nos frères, famille d’Arakem, descendants « de Tagleb, nous imputèrent des méfaits dont nous étions purs; ils « confondirent l’innocent avec le coupable, et la pureté de notre con- « duite ne nous servit à rien. Ils prétendirent que tous ceux qui habi- « aient sous nos tentes étaient unis d’intérèts, et avaient participé à « l’offense. Au coucher du soleil, ils prirent la résolution de nous at- « taquer, et à l’aube un horrible fracas retentit dans le camp. On en- « tendit les guerriers s'exciter l’un l’autre au combat, et leurs voix tu- « multueuses se mélérent aux hennissements des coursiers et aux cris « des chameaux. Toi qui cherchas à nous rendre odieux aux yeux x d’Amrou par des discours étudiés et trompeurs, crois-tu que tes im- « postures puissent subsister longtemps? Ne pense pas que tes cen- « sures injustes altèrent notre gloire. Avant toi, nous avons été en « butte aux calomnies de nos ennemis. Malgré leur rage jalouse, notre « mérite et nos vertus nous furent toujours un rempart plus assuré. « Plus d’une fois nos rivaux envieux furent éblouis par l'éclat de notre « gloire; plus d’une fois elle excita dans leur cœur la colère et le dépit.»

(1) Quelque exagérée que soit l'expression, elle atteste que les Arabes faisalent alors un grand oummerce.

LeS poëmes d’'Antar-ben-Sceddad et de Zoéir-ben-Abi-Soma, qui chantent la Guerre de Daës et de Gabra, paraissent postérieurs à ceux dont nous venons de parler. Abs et Dobyan, chefs de deux trihus du même nom, étaient fils de Baghid, fils de Réik. Le cheval de Kaïs, fils de Zoëéir, de la tribu d’Abs, s'appelait Daës, et une cavale d’Amal, fils de Bedr, de la tribu de Dobyan, avait nom Gabra. Les deux maitres s’entendirent pour faire faire à leurs chevaux une course de cent galioa ou stades ; ils durent les préparer durant quarante jours au moyen d’une nourriture convenable, et le prix du vainqueur fut fixé à cent chameaux. Au jour déterminé, ils se trouvéerent au rendez-vous; mais Amal avait posté près du but, où se trouvaient des rochers, de jeunes garçons qui avaient ordre de s’élancer soudain au-devant de Daës, si le hasard voulait qu’il devançât Gabra, et de lui faire rebrousser chemin ; ce qui fut fait. Alors Kaïs composa ces vers :

« Voici ce que j'ai souffert d’Amal, fils de Bedr, et de ses frères au « lieu dit Dat-Alasad :

« Ils se sont vantés de l'emporter sur moi, sans en avoir le droit. « lis ont repoussé mon coursier pour m'empêcher d'atteindre le but. »

De là une guerre de quarante ans, sans que cavale ou chamelle eussent le temps d’engendrer. Odaïfa , fils de Bedr. envoie son fils Malek pour demander à Kaïs le prix de la course; mais celui-ci, non content de refuser, lui porte dans les reins un coup mortel. Le cheval de Malek retourne seul. Les parents de Kaïs se réunirent et donnèrent cent cha. meaux en expiation du meurtre de Malek. Odaïfa accepta la répara-. tion; mais il surprit ensuite Malek, fils de Djcéir, et le tua. Les Arabes de la tribu d’Abs exigèrent alors qu'on rendit l'amende, et la guerre.

fut déclarée.

"Après des chances diverses, les fils d’Abs donnèrent pour otages, du-rant les pourparlers pour en venir à un accommodement, huit enfants des plus illustres familles, qu'ils consignèrent à Sémi-ben-Amrou ; ce-lui-ci, sentant les approches de la mort, dit à Malek, son fils : « Je te: « laisse une position insigne, une gloire qui ne périra jamais, si tu: « prends soin de la conserver ; ce sont ces jeunes otages. 11 me semble- « voir ton oncle Odaïfa venir te trouver des que me: yeux seront fer « més, verser des larmes hypocrites, et te dire en soupirant : Notre- « seigneur est donc mort ! puis te séduire au point de t’amener à les: « lui livrer, pour qu'il es fasse mourir. Si tu le faisais, tu ne pourrais « pus prétendre à aucune gluire. »

En effet, Sémi étant mort, Odaïfa fit tant qu’il obtint de Male: lès huit otages. Chaque jour il en prenait un, le plaçait comme paint de mire, puis lui disait : #ppelle ton pére, et, ‘quand le jeune homme ler ” wait fait, il le tuait.

A l2 nouvelle de ces horreurs, les fils d’Abs accoururent à Kamaria, et vainquirent ceux d'Odaïfa, en donnant aussi la mort à Malek; peu après ils tuèrent Odaïfa lu-mème, Rébi-ben-Ziad et Hankas-ben-Bedr. La mort de ce dernier fut déplorée, dans les vers suivants, par Kaïs-ben Zoëir :

« Nous savons que l'homme ls plus noble git ans vie sur la margelle « de la citerne d’Abat; il n’est plus d'espérence.

« N'était l'énorme injustice dont. il se rendit coupeble, sa perte me 4 donnerait à pleurer tant que les astres brilleraiemt à la voûte des cieux.

« Mais Amal-hen-Bedr eomnait une injustice; À dressa ses teutes au « milieu de la tyrannie et de l'oppression,

« La douceur, je le crois, aurait été un opprobse nour la tribu à le- « quelle j'appartiens, car l'homme doux et patient passs pour insonsé.

« J'ai donc pris les armes contre les hommes qui employèvent le « armes contre moi; mais, des deux partis ennemis, l'un se conduit « tortueusement, l'autre a de som cÔté ba justice. »

Les vainqueurs traitèrent Odaifa, fils de Bedr, comme à avait traité leurs otages, lui arrachant la langue et les parties viriles, puis mettast celles-ci à la place de l’autre. |

Les file d’Abs cherchèrent ensuite lsur sécurité dans le paya de Galfan, mais ne purent mème l’habiter tranquillement: ils finwent par demander la paix, qu'ils obtierent. Lorsqu'elle eut été conebse, Hosaïin, de la tribu de Dobyan, égosgea par vengeance un fils des Makssumben-Malek, ce qui St de nouveau reprendre les armes; puis en les dépesa ençore.

Ces événements furomt chantés par Zoéir et par Antar. Le style da second 3e rapproche, pour la ferté des sentiments et de l'expression, de celui d’Amrow-ben-Keltouar.

« O fille. de Malek! si tu ignores quelles preuves j'ai données de me « valeur, iateproge les braves qui en furent témoins; ils te diront com « ment je resto isérépide ser le dos due coursier impétueux, quand, « assailli de toutes parts, il est déjà couvert de blessures. Taatôt 5 « avapee sut au combat et renverse l'ennemi; tantôt il ohersime au « mikeu d'une troupe de généreux archers. Hs te diront que je me paé- « cipite au fort de la mèlée et dédnigne les dépouilles de l'ennemi a vaincu. Souvent us vaillant guesries couvent d'une armure de fer, se « piquant de générosité, ne cherchant pas son salué dans la feite ou « dans une humble soumission, un guerrier, la terreur de tous les com- * « battan®s tomba sous les coups de ma main. Ma lance solide et in- « fexible V’atteignit d’une large et profonde blessure. Au miheu du s- « lence de la nuit, le bouillonnement du sang qui coulait abondam- « ment de la plaie rassémbla autour de son cadavre les loups affamés > « l'armure dont il était couvert n’avait pu résister à ma lance. Gloire. et « noblesse ne préservent pas: de ses coups. » |

IL dit ailleurs: « Plus d’une fbis mon épée rompit les. mailles d’une « amplo cuirassæ couvrant la poitrine d'un bras armé pour le défenss « de ses droits, signalé dans les combats, mais qui, au fort de.l’hiver, « motinit généreusement sou avoir au hasard dés jeux, et s'abendonnait “aux. caprises de ia fortuse;. insensible aux neproches d'une censure « austère, H prodiguait ses nichocses en amours, ct vidait.les caves des. «vondeurs.de vin Quand il me vit mettra. pic à terne. et m'amancer « contre lui, il ouvrit la bouche et montra ses dents, mais non peus

« laisser voir un sourire gracieux. Tout le jour, à l'aspect de son corps « ensanglanté, on aurait dit que sa tête et ses doigts avaient été teints « de suc d’id/am. Je le renversai enfin d’un coup de lance, et je levai « sur lui le tranchant de mon épée. C'était pourtant un géant terrible; « on aurait dit que ses vêtements enveloppaient le tronc d’un grand « arbre, et un cuir entier formait sa chaussure. Il n'avait pas partagé le « lait de sa mère avec un frère jumeau qui lui eût enlevé une portion « de sa nourriture, pour diminuer la vigueur de son tempérament. »

La Moallaka de Zoëir (1), consacrée à célébrer la générosité des princes arabes qui réconcilièrent deux tribus unies par le sang et épuisées par une guerre meurtrière, se distingue par les nombreuses sentences et par les réflexions philosophiques dont elle est semée, Il dépeint les maux de la guerre, et maudit la perfidie d’Osaïn , fils de Demden, qui, en pleine paix, avait tué un Arabe de la tribu d’Abs, en protestant que sa tribu n’a pris aucune part à ce parjure :

« Salut à l’illustre tribu dont l'honneur fut injustement obscyrci par « le crime de oelui qui refusa tout accord, par le crime d’Osain, fils de « Demden. I] cacha dans les replis de son cœur une pensée secrète, « qu'il ne mit pas en lumière, et dont il ne hâta point l’exécution. Il se « dit : J’accomplirai mon dessein; les bras de mille cavaliers ar- « nés pour ma défense me couvrironf contre la vengeance de l'en- «a nemë, Sans redouter les tentes nombreuses , 11 s’approcha audacieu- « sement du lieu où la mort s'était arrètée, où elle avait déposée ses « bagages, où reposait un lion couvert de ses armes, accoutymé an « combat; voilé d’une riche draperie, dont les ongles terribles n’a- « vaient pas éié rognés, plein d’une vaillance audacieuse, prompt à se « venger et à repousser les attaques, toujours prèt à se faire agresseur. »

Le poëme se termine par plusieurs sentences n'ayant qué peu de liaison entre elles, ce qui fait qu’elles varient dans les différents manuscrits.

« Celui qui, par ses exploits, met sa réputation à l'abri des censu- « res, accroit sa renommée, ei celui qui ne les craint pas en deviendra u l’objet.

« Il verra sa gloire couverte en iguominie, et celui-là se repentira de « ses bienfaits qui les aura répandus sur des gens indignes.

« Celui qui n’a pas les armes à la main pour défendre sa citerne en

‘u verra les bords renversés, et celui qui s’abstient de toute violence

s sera victime de l'injustice.

« La langue de l'homme est La moitié de son être, l’autre moitié est u le cœur; sans eux il n'a que l'aspect de l’homme; il est composé « seulement de chair et de sang.

« Le délire de la vieillesse n’est pas suivi d’un âge plus raisonna- « ble, comme l’enfance, dont la folie fait place à l'adolescence, »

(1) Zonasm1 Cormen, tompli Meccani foribus appensum, nunc primeum ex codice Leidens arabice editum, latine conversusm of nolis illuslr'atun, ele. F. Roscnmüler; Leipzig, 1792.

Enfin viennent les Moallakas d’Amria’l Kaïs et de Lébid. Lébid, qui composait au temps d’Amrou-ben-Djoud, était surnommé le Sage, ct l'on venait le trouver pour s’instruire dans son entretien. Sa Moallakaà était suspendue au milieu des rideaux de la Kaaba; au temps du paganisre, les Arabes la chantaient après avoir tourné sept fois autour du sanctuaire, exercice de dévotion qui continua jusqu’à l’établissement de l’Islam. Lébid se convertit à ce nouveau culte, après avoir lu la seconde Soura du Coran.

« J'existais, dit-il, longtemps avant la course de Daës; si la vie peut « paraître longue à l'âme, dont les désirs sont insatiables et toujours « renaissants, l'existence m'est à charge, et je m'ennuie d'entendre tou- « jours les hommes se demander comment va Lébid. »

Le poëme de Lébid dépeint admirablement l’Arabe dans le désert, « qui, sans demeure fixe, erre parmi des soliludes incultes, selon le « besoin de ses troupeaux. Le poëte compare ensuite la rapidité de son « chameau à celle de l’onagre ou d’une gazelle :

« La femelle de l'onagre, qui porte déjà dans ses flancs le fruit de « ses amours, garde le silence; elle s’est retirée à l’écart avec le mâle « vainqueur de ses rivaux. Epuisé par Îles combats qu’il a livrés contre « eux, couvert du sang de ses blessures, il est monté avec elle au som- « met des collines; il l’a vue avec étonnement se soustraire à ses ca- « resses, auxquelles elle s’abandonnait naguère avec ardeur. Du haut « des collines de Taibout, il a jeté ses regards sur toute la plaine; il « craint que quelque chasseur ne se soit mis aux aguets derrière les « pierres qui dirigent le voyageur le long du sentier. Ils ont habité « six mois entiers dans ces lieux solitaires. Là, aucun ruisseau n’étan- « cha leur soif; ils n’eurert pour se désaitérer que la fraicheur des « herbes dont i:s se nourrissaient. Apres une si longue privation , ils « prennent l’audacieux parti d'abandonner l’aride séjour. Un heureux « succès ne peut faillir à une résolution ferme et généreuse. Ils cou- « rurent au milieu des arbustes épineux, dont les dards déchirent leurs « jambes, et malgré les vents d’été qui commencent à faire sentir leur « souffle embrasé. Sur leurs traces se soulève un nuage de poussière, « dont l’ombre immense s'étend et vole. Elle vole , semblable à la fu- « mée qui monte d’une pile de bois allumée, quand la flamme, agitée « par le souffle des aquilons, consume les branchages encore verts, ou « comme la sombre colonne qui s’élance d'un bûcher dont la flamme « jaillit dans l’air. Amant jaloux, l’onagre, dans sa course rapide, se « met devant sa femelle, et, craignant qu'elle ne s’arrèle, se tient in- « quiet derrière elle. Arrivés sur le bord d’un rufsseau, ils s’élancent « et fendent les eaux d'une source abondante, cachée sous l’ombre de « roseaux épais et entrelacés.

« Comparerai-je à l’agilité de cette Anesse sauvage la course préci- « pitée de mon chameau, ou plutôt à l’impétuosité d’une gazelle qui a « perdu son petit, devoré loin d’elle par une bète féroce, au moment « où eile l'avait confié au soin du mâle qui marche à ia téte du trou- « peau ? Privée de l’objet de sa tendresse, la gazelle a franchi sans

« repos les collines sablonneuses, redemandant avec des hurlements « épouvantables le petit qu'elle a perdu. Son petit au poiltout blane, « renversé dans la poussière, a servi de pâture aux loups affamés, qui « l'ont dechiré en morceaux, sans qu'une alerte subite interrompit leur « funeste repas. Les cruels ravisseurs saisirent l'instant où sa mere « était absente, pour l’immoler à leur fureur : c’est ainsi qu’on ne peut « fuir lé destin.

« Exposée à la violence d'une tempète furieuse qui inonde les ter- « rains les plus arides, elle a passé toute La nuit sans autre abri que le « tronc d'un arbre isolé et tordu ; au pied d’une colline dont le sable « mobile fuyait sous ses pas. Tandis qu’elle s’agitait dans l’obscurité, « la biancheur de son poil reluisait au milieu des tenebres, comme une « grosse perle qui tr-mble sur la soie à laquelle elle est enfilée. A « peine aperçut-elle les premiers rayons de l'aurore, qu'elle reprit sa « course ; ses pieds glissaient sur la terre inondee par l'orage. Dans li- « vresse de sa douleur, elle erra six jours, elle erra six nuits entières « dans les marais de Soaïd. Enfin elle perdit tout espoir ; ses mame les, « gonflées de lait, devinrent flasques et arides; hélas! helas! elles ne « se dessechèrent pas en allaitant le fruit de ses amours. Un effroi « subit vient la saisir : ele a entendu la voix des chasseurs; elle ne « peut les découvrir, mais leur voisinage la remplit de terreur. Elle « craint que le peril menaçant ne soit prèt à tomber sur elle et à l’en- « velopper de toutes parts. Elle fuit; les chasseurs désesptrent de l’at- « teindre de leurs traits, et ils lancent contre elle leurs chiens aux « oreilles pendautes, aux flancs décharnés, dociles à la voix du maitre. « lis courent sur ses traces , dejà ils l'ont rejointe. Serrée de près, elle « leur oppose ses cornes pointues comme une lance longue, inflexible, « armée d’un fer aigu. Elle sait que, si elle ne repousse pas vigouieu- « sement leurs as-auts, elle ne peut échapper à une mort imnrinente. « Cusab, teint de son propre sang, tombe sous les coups dont elle l’a « frappe, et, au mème instant, elle se tourne contre Gokam, et le « laisse etendu dans la puussiere. »

À la fiu du poëme, Lebid chante les plaisirs qu’il goûte, et termine en céébrant ses vertus, sa générusité, la nublesse de su faunille :

« Combien de fuis le vuyageur a trouvé sous ma tente un asile contre « la rigueur du matin, quand l’aquilou tenait entre ses maius les rènes « des vents et dirigeait leur souffle! Je-veille à la défense de ma tribu ; « un agile coursier porte mes armes; sa bride, mème lorsque je suis « descendu à terre, entoure mes reins et me sert de ceinture. Je monte « sur une colline puur découvrir les mouvements de l’ennemi ; un court « intervalle we separe de leurs bandes, et la poussiere qui s’éleve au- « tour de moi atteint leurs etendaurds. Je reste à ce poste périlleux jus- « qu à ce que le soleil rejoigne et prenne par la maiu la sumbre nuit, « jusqu'à ce qu’elle euv. loppe de son voile tenebreux les lieux par où « les ennemis pourraient nous attaquer avec avantage. Alurs je r«mène « on cheval dans la plaine. 11 cuemine la tête haute, semulable au « palmier dont les rameaux, s'élançant d'un tronc élevé, ravissent ses

« fruits à l'avidité de ceux qui voudraient les cueillir. Je le fais mar- « cher avec une rapidité qui égale et dépasse mème celle de l'autru- «che. Quand la chaleur est grande, et qu'il vole avec une extrême « légèreté, la selle s'agite sur ses reins, un torrent d’eau coule sur son « poitrail, et les courroies sont baignées de la sueur écumante dont il « est couvert. 11 dresse la tête, et semble vouloir se soustraire à la bride « qui modére son ardeur; il poursuit sa course avec la rapidité d’une « colombe qui, dévorée de soif, précipite son vol du milieu de ses com- « pagnes vers le ruisseau où elle va s'abreuver.

« Quand l'étranger vient chercher asile chez moi, À se croit trans- & porté au milieu de la fertile vallée de Tebala (1). La mère réduite à a Ja mendicité par des revers fixe sa demeure auprès des cordes qui « soutiennent mon pavillon. Couverte de haillons, elle ressemble at « cheval voué à la mémoire d’un mort et attaché auprès de son tom- « beau (2). Quand l'ouragan d'hiver rugit dans la plaine , les orphelins « entourent ma table couverte de viandes abondantes, et se plongent à « l’envi dans les canaux de ma bienfaisance. Quand un mème lien « réunit les familles assemblées, on voit souvent surgir parmi elles « quelque illustre rejeton de notre sang, dont le courage et la force « triomphent de tout obstacle, dont la justice rend à chacun ce qui lui « est dû avec ane exacte intégrité; il peut renoncer à ses propres droits, « mais ne peut souffrir que d’autres éprouvent le moindre tort. Parmi « nous, on trouve toujours des hoinmes généreux qui se plaisent à ré- « pandre les bienfaits et à signaler leur libéralité, qui regardent les « actions nobles et généreuses comme le seul gain digne d'eux et de « leur ambition. Chaque peuple reconnait un législateur et des lois; « quant à ent, l'exemple de leurs aïeux est l’unique règle de leur con- « duite. Aucune tache ne ternira la splendeur de leur gloire ; leur vertu « n'éprouvera jamais aucun revers, car les passions ne corrompent pas « leur jeunesse. »

.Amria’l Kaïs-ben-Odjir écrivit des satires contre Mahomet. Son père, tyran de la tribu des Benou Asad, n’aimant point la poésie, le chassa; alors il s’en alla fusitif de tribu en tribu, et finit par expirer pres du tombeau de la fille d’un Grec. Les mahométans disent qu’au jour de la résurrection , il portera l’étendard des poëtes du paganisme, qu'il eonduira à sa suite dans les brasiers de l'enfer.

La Moallaka d’Amria’l Kaïs ne traite d'aucun fait historique, ce en quoi elle differe des précédentes; c’est une série de tableaux dans lesquels le poëte peint successivement les plaisirs qu'il a goûtes dans la société des belles, les charmes de celles qu'il a aimées , son intrépidité av milieu des dangers ou dans les tenèbres d'une nuit obscure. Les cour$iers, les orages, les riants jardins, lui fournissent des sujets de descriptions. Nous en choisirons une, comme échantillon de son style :

« Avant que les oiseaux ne soient encore sortis de leur nid, je m’é-

(1) Entre l'Hedjaz et l’Yémen.

(2) Les Arabes païens étaient dans l'usage de laisser mourir de faim un chaeau près de la tombe de son maître.

« lante sur un coursier agile et de grande taille, au poi. ras et luisant, « qui devance les animaux les plus légers et les arrête dans leur fuite.

« Plein de force et de vigueur, il se détourne, fuit, avance et recule en

« ün moment avec la rapidité du bloc qu’un torrent impétueux détache

« et précipite du haut d’un rocher. Sun poil bai et brillant repousse la « sueur qui coule sur son dos comme des gouttes d’eau tombant sur on

« marbre poli. Ses flancs sont minces et allongés. 11 brûle d’une noble

« impatience, et, dans l’ardeur qui l’anime, sa voix entrecoupée imité « le frémissement de l’eau qui bouillonne dans uï vase d’airain. Quand « les coursiers les plus généreux, une fois fatigués, impriment profon- « dément dans la poussière la trace de leurs pas, celui-ci précipite en- « tore s4 marthe rapide. Le cavalier jeune et léger est bientôt renversé a par la violence de son essor, et il fait voltiger au gré de ses rmouve- « ments impétueux les vêtements du vieillard que l’âge 4ppesantit, Lui- « thème ressemble à cette rondelle que l'enfant fait tournuyer enfilée à « une cotde. Il a les reins d’une gatelle, les jambes d’une autruche; « il trotte comme un loup, galope comme un renard. Ses hanches sont « larges et robustes ; si vous le regardez par derrière, sa queue touffue, « traïnant jusqu’à terre, remplit tout l'intervalle entre les jambes, sans « incliner plus d’un côté que de l’autre. Quand il se tient près de ma « tente, le brillant de son dos est pareil à celui du marbre sur lequel on = « broie des parfums pour la jeune épouse le jour de ses noces, ou à la « picrre avec laquelle on pulvérise la coloquinte imprégnée de l'huile « qui en jaillit. Le sang des bêtes sauvages qu’il a prises à la chasse, et « dont son cou est iaché, imite la couleur d’une chevelure blanchie « par l'âge et teinte du suc de l’inna. »

Athria’l Kaïs se peint lui-mème dans un seul vers : « Les insensés se « dégoûtent des plaisirs de la jeunesse et de amour; mais mon cœur, « esclave de leurs charmes, ne cherche pas à s’en affranchir. »

Nous avons une Vie de cet Amria’l Kaïs, qui nous révèle beaucoup de détails de mœurs arabes (1). Odjir, son père, en outrageant les hommes et les femmes, s’attira le courroux des Beñou Asad, auxquels il commandait. Percé mortellement , il dit à un messager, au moment d’expirer : « Va trouver Nafé, mon fils aîné, et, s’il pleure et se désole, « laisse-le pour trouver successivement Îles autres, jusqu’à ce que tu « sois arrivé à Amria'l Kaïs (le plus jeune), et donue mes armes, mes « chevaux, ma vaisselle à celui qui ne se montrera pas affligé. » II lui remit en même temps Île récit de la manière dont il avait été blessé, avec le nom de son assassin.

Le messager obéit à l’ordre qu'il a reçu; mais, à la nouvelle qu'il ap-porte, chacun des fils d'Odjir s'abandonne aux pleurs et couvre sa tête de cendres, à l’éxception toutefois d'Amria”l Kaïs. Le messager le trouva buvant du vinet jouant au nard avec un compagnon de débauche; lorsqu'il lui eut appris la mort de son père, il ne parut pas en tenir

(1) Voyezle Divan d’ Amro’l Kaïs, précédé de la vie de ce poète, par l'an- Letr de Kilab et Aghäni, accompagné d’une traduction et de notes, par le baron MAc GUCKIN DE SLANE. Paris, 1837.

compte, car, son compagnon ayant suspendu la partie, il l’invita à continuer. Quand elle fut finie, il dit à son camarade : « Je ne voulais pas « remettre indéfiniment ta partie. » Puis, s'étant fait raconter la fiu tragique de son père, il s’ecria : « Ta sévérité m'a perdu enfant; « adulte, elle m’impose de venger ton sang. Point de tempérance au- « jourd’hui, mais demain plus d'ivresse ; aujourd'hui le vin, demain « les autels. » Il jura, en conséquence, de s’abstenir du vin et des femmes jusqu’à ce qu’il eût immolé à sa vengeance cent des Benou- Asad, et coupé à cent d’entre eux les cheveux du front, cérémonie que l’on pratiquait à l'égard des prisonniers auxquels on rendait la liberté.

Amria’l Kaïs, chassé de la maison paternelle, comme nous l'avons dit, parce qu'il faisait des vers, occupation considérée comme indigne de son rang, s'était mis à errer de tribu en tribu avec une troupe de gens de toute espèce. Lorsqu'il trouvait une citerne, une prairie, un lieu favorable à la chasse, il s'arrètait, et tuait chaque jour des chameaux pour ceux qui le suivaient. Il allait chasser, et, à son retour, se mettait à manger avec ses camarades, à boire du vin et à leur en verser au milieu des chants des musiciens; il ne quittait cette halte que lorsque la citerne était tarie.

Changeant alors de manière de vivre, il se consacra tout entier à venger son pere, Sans pouvoir jamais y réussir entièrement, et punissant par erreur une tribu innocente. Mondar, roi d’Hira, ayant obtenu des chevaux du roi de Perse, le poursuivit si vivement qu'il le furça à s’exiler. 1l reçut alors l'hospitalité de Samuel, fils d'Adia, juif génereux, à qui Aria’ i Kaïs demanda des lettres de recommanuiatiun pour se présenter à l’empereur grec. 1] partit, lui laissant en dépôt sa fille Hind et tout ce qu’il possédait, notamment cinq cuirasses celebres dans l’histoire heroïque des Arabes. |

L'empereur grec lui donna une troupe d'hommes pour l'aider à rentrer en Arabie; mais, averti secrèlemnent qu’il entretenait des intrigues avec sa fille, il ini envoya un vêtement empoisonné. Amria 1 Kais, bientôt couvert d’ulcères par son contact vénéneux , rendit le dernier soupir auprès du tombeau de celle qu’il aimait.

Voici une autre de ses Moallakas :

« J'arrivai au milieu des habitations des tribus voisines de Bikérat, « d'Aharama et du désert des onagres.

« De là on voit Gaoul, et Hillit, et Néphi, et Manidji, et le mont Aakil, «et le Djobb, où sont les signaux qui indiquent la route.

« Je restai un jour assis, le manteau sur la tête, comptant les pier- « res, sans cesser de pleurer.

« Aide-moi, ami, à supporter les chagrins et les souvenirs qui pas- « sent les nuits avec moi, misérable, en in’assaillant en foule.

« Chaque nuit est plus longue que l’année; elle est suivie d’une nuit « semblable et de jours non moins douioureux.

« Quand je fus monte à cheval, on aurait dit que moi et celui que « j'avais en croupe, et le fourreau de l'épée et le coussin, nous fussions

« portés sur le dos d’un onagre qui court se désaltérer aux lieux où « croissent les joncs,

« Excitant les jeunes onagresses qui n’ont pas encore conçu et sont « mû es pour le mâle, semblables à une bande de quatre chameaux « indociles à leur guide.

« Il vient à elles rudement, comme la pointe d’une lance, criant sou- «a vent sur elles,

« Tandis qu’elles rongent l'herbe que sa vigueur rend noire, et boi- « vent l’eau glacée par le froid matinal.

« ll les conduit vers l’eau que les hommes visitent rarement, pour « être en sûreté contre le chasseur Amr, terrible du fond des cachettes « où il a coutume de se mettre aux aguets,

« Tandis qu’elles brisent le gravier de leurs pieds noirâtres, pesants « et durs, qui ne sont ni courts ni dépouillés de poils,

« Trainant leurs queues, dont les crins ressemblent au manche de « l’étui, peints et repliés.

« D’autres fois, assis sur une robuste chamelle, solide comme les « planches d'un cercueil, je Fai poussée sur une route variée comme « une étoffe de l’'Yémen,

e Et je la laissai, de grasse qu’elle était, devenue maigre, mais bonne « coureuse, appuyée sur des jambes encore charnues.

« D’autres fois j'essayai le tranchant d’une épée légère comme le bâ- « ton qui sert aux jeux, et je vis jusqu’à quel point elle était bonne à

« tailler jambes et cous. »

= Nousavons déjà parlé dans le texte du poënie national d'Antar. Ceux qui voudront en p'endre connaissance peuvent lire les deux fragments que M. de Lamartine a insérés dans son Voyage en Orient.

Nous ajouterons quelques pièces de vers tirées de la Chrestomathie arabe de J. G. L. KosecarTEN; Leipzig, 1828. |

« Tournez-vous, amis, pour offrir un salut à celle qui est signalée « pour la blancheur de ses dents et pour la fraicheur parfumée de son « vêtement. Si pour l'amour de moi vous sortez une heure seulement de « votre route, je vous en saurai gré jusqu’à ce que la tombe me dérobe « à tous les regards; mais, si vous rejetez ma prière, je porteraiailleurs « mon amitié, et dès lurs recevez de moi un éternel adieu. Quand le «ramier fait entendre dans la forèt ses gémissements, pourquoi étouf- « ferais-je mes lamentations, puisque la fortune m'a séparé de celle « dont la personne était si élégante et délicate ? Le tourtereau habitant « des bois répétera ses gémissements pour la perte de sa compagne, et « moi je devrai supporter en paix l’absence de la mienne? Non, l’ab- « sence de Botéina n’est pas un mal que je puisse endurer en paix. On «dit: 1} est donc fasciné, puisque le nom seul de son amante le fait « tomber dans des accès de folie? — 11 n’y a pour moi ni folic ni fasci- « nation, je le jure, oui je le jure ; mais je ne t’oublic rai pas taut que « lorient étinceliera des feux du soleil à son lever, et que la trompeuse « vapeur s’agitera dans les vastes espaces du désert; tant qu'un astre « brillera suspendu à la voûte céleste, et que les tiges des lotos se cou-

« vriront d’un nouveau feuillage. Ta pensée, à Botéina, s'est ensparée « de mon âme comme le vin soumet à son pouvoir celui qui s'y aban- « donne sans mesure. Je me rappelle cette nuit pas:ée auprès du saule, « quand je pressais la main d’une beauté aux yeux muirs, rivale de « l’astre de la nuit; quand, hors de moi-même par la force de l'amour « qu’elle m'inspirait, je sentis ma raison prèle à s'égarer, tandis qu'un « torrent de larmes inondait ma poitrine. Oh! qui me dira si je goùte- « rai jamais encore les douceurs d’yne nuït pareille à celle que nous « passâmes près du saule, jusqu'à l'instant où les clartés de l'aurore « vinrent jaillir à nos regards? Tantôt je lui prodiguais des mots « d'amour qui s’épanchaient de mon cœur ouvert; tantôt elle m'’açcor- « dait généreusement quelques goulies d’eau pour me maintenir les lè- « vres fraiches, Plüt à Dieu que je fusse réservé à jouir encore de tant de « félicité ! Le Seigneur que je sers sait quelle serait ma reconnaissance. « Si Botéina me demandait le sacrifice de ma vie, je la donnerais vo- « lontiers ; je l’abandonnerais généreusement, si un te] sacrifice pou- « vait m'être accordé. » |

Cette élégie est de Gémil. 1l mourut en Égypte, et Botéina, en apprenant sa fin, composa ces vers :

« L'heure où je perdis le souvenir de Gémil n’a jamais été amenée par « le temps; puisse-t-jl ne l'amener jamais! O Gémil, à fils de Marmar, « si la mort t'a frappé, que m'importe de souffrir Jes tourments de la « vie ou d'en goûter les douceurs? »

Saïd, fils d'Hamid, fit cette réponse aux reproches que lui adressajt un ami ;

« Épargne-moi tes reproches, car l’existence dure peu ; tantôt le « temps nous est propice, gt tantôt contraire. Jamais yn revers ne m'a « fait verser des larmes, que je n’aie eu plus tard à regretter amère- « ment le temps qui m'avait paru si malheureux, Tous les malheurs «que nous éprouvons n'ont qu’un temps; tous les états par les- « quels nous passons sont sujets au changement. Bien des personnes « se revètent des couleurs de l'amitié; mais à peine a-t-on acquis « leur affection que déjà l'on commence à la perdre. Peyt-ètre ua a jour les coups du temps et la mort viendront nous séparer et briser 4 Les liens qui nous unissent. Si je meurs le premier, tu yerseras des 4 larmes sur moi, et tu exbaleras ta douleur en cris répétés ; lu recevras une blessure cruelle de la perte d’un ami affectueux et sincère, 4 d’un ami auquel tu étais attaché par des aœuds que rien ne pourait « TOMPTre, ? e

D, — PAGE 62, DE CORAN, Le mot Kour’ann dérive de karaa, lire, et signifie lecture qu £e qui

doit ètre lu. Sous ce nom lés musulmans désignent non-seulement Le hvre entier, mais chaque chapitre ou scchion du Goran. Les Juifs ap-

pellent de même toute l’Écriture sainte et chacune de ses parties du nom de Karak ou Mikrak, mot dont la racine et la signification sont les mèmes.

On donne quelquefois au Coran le titre de Forkan, de faraka, diviser, comme les Juifs emploient Pere, qui a la mème racine, pour indiquer une section ou une partie de la Bible. Il est parfois aussi nommé par antonomase al-Molschaf, le volume ; al-Kkitab, le livre par excellence ; al-Dhikr, l'admonition. Quelques-uns veulent que le mot forkan signifie distinction, comme pour exprimer que le Coran distingue le vrai du faux, le licite de ce qui ne l’est pas (f).

Les écrivains mah«métans vantent beaucoup le style du Coran, qui est plein de charme, en effet, dans les passages où il imite les modes et les phrases poétiques ; il einploie alternativement et l’un pour l’autre les temps du prétérit parfait et du futur, et passe de la troisième personne à la-première ou à la seconde, puis de la première à la troisième, comme les prophètes hébreux. Concis, orné de figures, à l’orientale, souvent embelli par des expressions fleuries et sentencieuses, il g'élève au sublime et devient magnifique en décrivant la majesté et les attributs de Dieu.

Les mahométans croient et les Arabes assurent que la langue du Coran, et par conséquent le dialccie usité à la Mecque au temps de Mahomet, est tout ce qu’il y a de plus pur et de plus parfait. Ce dialeete diffère pourtant à tel point du moderne que la langue du Coran est enseignée aujourd’hui dans les colléges de la Mecque, comme le latin l’est à Rome.

Bien que le livre soit en prose, les sentences finissent en général par une rime; le sens est quelquefois interrompu à cause d'elle, et souyent aussi l’on rencontre des répétitions, qui ne sont point néces. saires. Mais les Arabes, qui ont tant de goût pour les consonnances, en font usage dans leurs compositions les plus travaillées, qu’ils embel. lissent en outre de fréquents passages du Coran et d’allusions à son conlepu.

L'admiraion que ce livre leur inspire dérive principalement de la beauté du style et du soju avec lequel Mahomet s’étudia à embellir sa prose du charme de la poésie, en lui donnant une allure harmonieuge, et en faisant rimer les versets et les périodes. Parfois, laissant le lan-

gage ordinaire, il peint en vers harmonieux et sublimes le Dieu éter- ‘ nei siégeant sur le trône des mondes, donnant des lois à J’univers, faisagt mouvoir les planètes d’un signe, et anéantissant les cités populeyses, ou créant un jardin au milieu des déserts. Ses expressions sonf hermonieuses et élevées quand il déerit les éternels plaisirs du para-

(4) Dans son ordre extérieur, le Coran ressemble beaucoup à nos livres sacrés. On l'appelle parfois al-Khitab, c'est-à-dire le Livre, la Bible. Les Hébreux donnent au Testament le nom de Karah ou Mikra. Les Sowar (pluriel de Soura) arabes correspondent aux Soura ou Toura des Hébreux, qui appellent Sédarim les cinquante-trois divisions du Pentateuque. Le nom d’Ayat, donné par les Arabes aux versets, exprime la même idée que Oéhoth en hébreu.

dis; terribles et énergiques lorsqu'il trace la peinture des flammes dévorantes. Versé comme il l’était dans la connaissance de la langue la plus riche, la plus élégante, la plus sonore, la plus harmonieuse parmi toutes celles qui sont connues; d’une langue qui, par la composition de ses verbes, peut suivre le vol de la pensée et la peindre avec précision; qui, par l’harmonie de ses sons, imite le cri des animaux, le murmure de l’onde fugitive, le mugissement des vents, le fracas du tonnerre ; d'une langue dans laquelle s'étaient illustrés tant de poëtes, Mahomet s’appliqua à donner à sa doctrine tout le prestige de l’élocution, à sa morale la majesté qui lui convenait, et aux fables de son temps une tournure originale qui pôt les rendre à la fois intéressantes et agréables.

Ali avait coutume de dire : « Le Coran contient l’histoire du « passé, les prédictions de l’avenir et les lois du présent. » Mahomet disait à ses disciples : « Lisez le Coran, et pleurez. Si vous ne pleu- « rez pas à présent, vous serez contraints un jour de pleurer bien da- « vantage. »

Le Coran a pour unique dogme l'unffé de Dieu, dont Mahomet est le prophète; pour principes fondamentaux, la prière, l’aumône , le jeûne, le pèlerinage. La morale qu'on y trouve repose sur la loi naturelle et sur ce qui convient aux habitants des climats chauds. Mabomet a composé son livre en y entassant besucoup d'articles empruntés à la Bible, beaucoup de fictions ou de fahles tirées du Talmud, et mèlées à d’autres que lui fournit son ardente imagination. Ïl y a peu de méthode

et de richesse réelle.

Dans la chaleur de l'enthousiasme ou de la vanité, Mahomet fit conmister la vérité de sa mission dans le mérite de son livre. 1l défie audacieusement les hommes et les anges d'atteindre aux beautés contenues duns une seule de ses pages, et il a la présomption d’assurer que Dieu seul put dicter ce chef-d'œuvre incomparable.

Un pareil argument a de la force quand il s'adresse à un Arabe dévot, disposé à la foi, dont l'oreille reste charmée par la belle harmonie des sons, et qui est incapable de comparer ce prétendu chef-d'œuvre avec les autres productions de l'esprit humain.

1! ne faut donc pas s'étonner que les musulmans appellent le Coran l'Écriture excellente ou le Livre glorieux, ou encore simplement le Lirre, comme les chrétiens grecs désignent l’Évangile. Le Coran est, par conséquent, si respecté parmi eux qu'ils ne se hasarderaient pas à le lire sans avoir accompli au moins l'ablution prescrite avant la prière; si un infidèle y touchait, il n’éviterait la mort qu’en embrassant l’islamisme. Le calife Omar ordonna qu’au temps des deux fètes al- Aid fitr et al-Aid adha chaque déami, qui contient six mille deux cent quarante-trois ver-ets ou périvdes, fût lu, malgré son étendue, du commencement à la fin. Re/ando et Marracci nous ont appris à ce propos que les mahométans, à limitation des Masorèts juifs, ont numéroté non-seulement les chapitres et les versets, mais mème les mots et les lettres du Coran, et cela, afin d'empècher toute

espèce de corruption, de déplacement ou d’altération du texte. Les docteurs musulmans font observer en effet que, dans ses différentes éditions, le Coran, par un privilége miraculeux, a toujours conservé un texte unifo’ me.

1 fut publié entièrement par Mahomet, dans l'espace de dix-sept ou dix-huit ans, soit à la Mecque, soit à Médine, à mesure qu’il lui était révéle, c’est-à-dire selon que le législateur avait besoin de faire parler Dieu. Chaque révélation se rapportait aux necessités du moment, aux exigences des passions et de la politique. Bien qu’on y trouve souvent des contradictions, toute discussion est évitée par cette maxime préliminaire, que le texte de l’Écriture est abrégé ou modifié par les explications subséquentes.

Ces prétendues révélations étaient écrites par des ÆAodaïŸ ou secrétaires, sur des feuilles de palmier ou sur parchemin, aussitôt qu’elles sortaient de la bouche du prophète. Ses di-ciples les apprenaient ensuite; puis tous les fragments sur parchemin ou sur feuilles étaient renfermés pêle-mèle dans un coffre. Le Coran fut mis dans l'état où il se trouve actuellement par le calife Abou-Bekr, qui n’eut point égard au temps dans lequel avaient été dictés soit les chapitres, soit les versets. Celui qui devrait ètre le premier se trouve au numéro XCVI, et Île dernier publié est le 1X°.

Les divisions du Coran sont appelées, par les Arabes, sotwar, au singulier soura, qui s'gnifie écrilure ou série, continuation régulière. C’est ainsi que les Juifs appellent tora ou loura chacune des cinqrantetrois sections du Pentateuque. Chaque soura ou chapitre est distingué par des noms ou titres particuliers, qui souvent n'ont de rapport qu'à un verset ou deux, tandis que le reste du chapitre traite de choses étrangères au titre lui-nème. Les chapitres du Coran sont au nombre de cent quatorze, d’inégale longueur, quelques-uns n'ayant pas plus de trois ou quatre versets, d’autres en contenant plus de deux cents.

Chaque chapitre, à l'exception du 1Xe, est précédé d’une formule s0lennelle, appelée par les mahométans Bisméllah, parce qu'elle commence par les mots B’issim #! lah-ir rahhkmann-ir racktim, c'est-àdire, uw nom de Dieu pieux et miséricordieux. Cette formule figure constamment en tète de tous leurs livres et de tous leurs écrits, comme sceau de leur rel:gion. lis se font aussi un devoir de la prononcer au commencement de tuutes leurs actions : avant la prière, avant de se mettre à table, en quittant le lit, avant d'entreprendre un travail, en sortant de leur demeure, lors même qu’ils tuent un animal. ll semble, dit Abou’1 Féda, que Mahomet ait tiré cette formule de celle dont les anciens Perses faisaient précéder leurs livres, et qu’on trouve surtout dans ceux de la plus haute antiquité : Bènan yezdam jakkaïsger dadar, ce qui signifie : 4u nom du Dieu très-juste et très-misérirordieux.

Le premier chapitre, intitulé al-Fatéhak, ouverture ou introduction, est en très-grande vénération; on lui dunne des titres honvrifi-

ques, comme chapitre de la prière, de la louange, du remerciment, du trésor. est considéré comme la quintessence de tout le livre, et les musulmans le répètent aussi souvent que les chrétiens disent l’oraison dominicale, dans les dévotions publiques et privées. Il est répété dans le Salath al-djouma, c’est-à-dire dans la prière publique du vendredi, à chaque rikat ou inclination de tête. Le doeteur Abou'l Saddat a écrit un ouvrage intitulé Dawat al-fatéhah, dans lequel il traite de l'excellence de la première soura du Goran.

Ce code de lois et de préceptes contient, comme nous l'avons dit, cent quatorze chapitres et six mille deux eent quarante-trois verseis, où l’on a compté soixante-dix-sept mille six cent trente-neuf mots et trois cent vingt-trois mille quinze lettres.

En tête de quelques chapitres se trouvent des caractères que les commentateurs expliquent diversement. Les plus sages prétendent que ce sont des signes mystérieux, dont Vintellizence est réservée à Dieu sul. Quelques-uns soutiennent que leur signification a été révélée au prophète, et le sera aussi aux justes quand ils jouiront de la béatitude du paradis. Geladeddin s’en tire le plus souvent en disant : « Dieu sait ce que ces lettres signifient. » L'abbé Laci assure en avoir trouve la sigaification, et en déduit des règles exégétiques , non pour le Coran ‘ seulement, mais aussi pour nos livres saints.

Chapitre 1er, de 7 paragraphes. Iwraopucrion. Louanges de l'Éternel. Le prophète commence par les paroles suivantes : « Au nom de Dieu « pieur, bienfaisant et miséricordieux. Louange à Dieu, seigneur de « l'univers , clément et juste. Juge suprême, nous te vénérons, et « nous implorons ta protection Accompagne-nous dans la voie «a droite, dans la voie de ceux envers lesquels tu fus toujours bienfai- « sant, etc. »

JL, de 288 paragraphes. La vacux. Ge chapitre, le plus long de tous, tire son nom de la génisse sacrifiée par Éléazar, fils d’Aaron, dont il est fait mention au $ 147. Il contient divers préceptes négatifs, à l’imitet‘on du Deutéronome. Le jeûne y est prescrit dans le mois de Ramadan, l’aumône commandée, l'usure prohibée, ets. H commence ainsi : « À. L. M. il n'y a aucun doute au sujet de ce livre ; c'est la rè- « gle de ceux qui craignent Dieu, de ceux qui font fréquemment la « prière, de ceux qui font part aux pauvres des biens qu'ils reçurent « de la libéralité de Dieu.» Dans le 8 93 il est parlé du paradis, ou plutôt du Korkam, dans lequel se trouvent les hour al oyoun, ou femmes aux yeux noirs, qui sont exemptes des besoins qu'éprourent les beautés terrestres, hormis de celui d'aimer, |

JL, de 200 paragraphes. La raie p’asrou. Cette soure commence par une profession de foi : « A. L. M. Dieu n’est Dieu qu’en lui-même. « il a fait descendre sur toi (Mahomet) le livre de la vérité. 11 e envoyé « le livre qui contient le vrai, afin de confirmer les Écritures qui l'ont « précédé. Avant lui, il fit descendre le Pentateuque et l'Érangile, pour « servir de guide aux hommes; puis il envoya des cieux le Coran. » Le

dogiue de la prédestination y est établi, et, dans Le 8 37, il est parlé de

NOTES ADDITIONNELLES. Mi

Marie, mère de Jésus : « L'ange dit à Marie : — Dieu t'a ehoisie, il l’a « purifiée, tu es l’élue entre toutes les femmes, ton fils sera digne de « respect en ce monde et dans l’autre. » L’usure est prohibée de nouveau, ainsi que tout bénéfice illicite.

IV, de 175 paragraphes. Les Feuues, Il traite du nombre de femmes qu’il est permis d’épouser. On lit ay 83 : « N’épousez que quatre fem- # mes, et si vous n'êtes pas en état de les entretenir, n’en épouse “ qu'une.» Quand Mahomet pubiia ce chapitre, la plus grande partie des Arabes avaient huit et dix femmes, qu'ils négligeaient souvent pour une esclave favorite. La polygamie, établie en tout temps dans l'Orient, fut renfermée par le législateur arabe dans des limites plus étroites ; il ajouta pour les hommes l'obligation de bien traiter leurs femmes, et de répartir également entre elles les preuves de leur affeetion. 11 est fait mention, entre autres choses, dans ce chapitre, de la naissanee de Marie, fille de Joachim, et de celle de Jean, fils de Zacharie. Dans le $ 93, il'est parlé du prix que l'on doit payer pour se spusiraire à la peine du talion.

V, de 120 paragraphes. La Tapis. Il est relatif ayx aliments dent il esi permis d’user. Il est dit au $ 6%, au sujet des Juifs : « Que pour- « rai-je retracer jamais de plus terrible que la vengeance de Dieu «contre vous? 1] yous a maudits dans sa colère, il vous a transformée « en singes et en pourgeaux, non poyr autre chose que parce que vous « avez voulu brûler de l’encens aux idoles et manger des chairs imspu- « res. » Au $ 93 vient Ja défense du boire de vin et des liqueurs fortes. Dans le 8 43, il est parlé de la peine à infliger aux voleurs : e Coupez les mains aux larrons, qu’ils soient hommes ou femmes, en « punition de leur crime, x

VI, de 165 paragraphes. Las Baems. Il débute ainsi : s Louange à a l'Eternel ! Il créa le ciel et la terre, il forma les ténèbres et la lymière; a et l’impie Jyi donue des égaux ! Périssent les infâmes.» Dieu beait les troupeaux, promet le salut aux personnes pieuses et bienfaisantes, et urdonne d’être circonspect en faisant la guerre.

Y1], de 206 paragraghes. Lu pe PUMTION. Le mot 4/araf, qui, en arabe, est le titre de ce chapitre, signifie un empèchement, ur mur de bronze entre .le paradis et l’enfer, Raf derive du verke araf, connaitre. Le mur est ainsi nommé, parce que ceux qui seront exclus du paradis connaîtront les élus et les réprouvés, 8 1. « A. L. M.S. Le Coran t'a « été envoyé par le ciel. Ne crains pas de t'en servir pour memarer les « méchants et pour fortifier les fidèles.» Il y est ordonné d’aimer ses femmes, de respecter leur faiblesse; l’hospitalité est recommandée envers les étrangers.

Vill, de 76 paragraphes, PARTAGE Des DéPouiLzes. ]l traite de Le ma hière de répartir le butin, et il fut publié pour les Médinois après la bataille de Bedr. 1] commence par ce verset : 4« Ils t'inierrogeront au « sujet du butin; réponds-leur : ]l appartient à Dieg, à son apôtre, aux « orphelins, aux veuves et aux voyageurs. Que l'amitié soit la mesure de u vos partages, £t,si vous êtes fideles, obéissez à Dieu ptà 0 prophète.»

IX, de 130 paragraphes. Pémrrence. Le titre de ce chapitre, en arabe al-Barat, indique la conversion des nations et leur pénitenre. C’est le seul qui n’ait pas le Bésmillak ; il commence par ces mots : « A. L.R. Un ordre sage et régulier règne dans ce livre. Il est l’œuvre de « celui qui po-sède la sagesse, la doctrine. — L'unité de Dieu est tout « ce que je vous recommande de croire. Je suis le ministre chargé d'an- « noncer ses châtiments et ses récompenses. — Si vous persistez dans « l'incrédulité, sachez que vous ne pourrez plus suspendre les célestes « vengeances. » La récompense qni attend le fidèles est annoncée au $ 113: « Dieu acheta Ja vie et les biens des fidèles; le paradis en est « le prix. Réjouissez-vous de ce marché; il est le sceau de la félicité. » Le $ 123 dit: « Dieu est le principe et la fin de toute chose. Adore la « majesté suprême. Mets ta confiance en lui; mais pense qu'il a l'œil « ouvert sur tes actions. »

X, de 109 paragraphes. Jonas. Il y est fait mention du prophète de ce nom ; ceux qui suivront ses enseignements et imiteront ses actions sont assurés d'une récompense. Le chapitre commence par les menaces suivantes : « A. L. R. Ces caractères sont les signes du livre qui « contient la sagesse. Malheur aux incrédules! 1] en est qui seront « étonnés de voir qne je t'ai favorisé de ma confiance, et t'ai choisi « pour annoncer les peines aux méchants et les récompenses aux hom- «mes vertueux. Or les incrédules ont dit: Mahomet est un impos- «a teur, etc.n

XI, de 123 paragraphes. Hou». Il est parlé dans cette soura du prophète dont elle porte le nom, et qui est l’Héber des Juifs. En tète figurent les lettres inintelligibles A. L. R 11 y est aussi parlé honorablement de plusieurs projhètes, et, pour menacer les incrédules, un mot de Moïse est rapporté au $ 40 : « Vous vous raillez de moi, mais « je me rirai bien de vous. Bientôt vous saurez sur qui tombera la « vengeance céleste, qui confondra les coupables, et leur fera subir « d’eternels supylires. » Mahomet ne cherche d'autre récompense que la bienveillance de Dieu, 852: « O mon peuple, je vous demande le « prix de mes fatigues, ma récompense est dans les mains de Dieu ! » Îl déclare qu'il est à l'abri de toute frayeur en prèchant l’islamisme, &$ 57 et 68: « Entouré de vos cmbüches, ne croyez pas que je vous « craigne. J'ai pour appui le bras du Très Haut, mon seigneur et le « vôtre. »

XI1, de 111 paragraphes. Josera. Il y est rapporté différents traits de l’histoire de Joseph, fils de Jacoh, et quelques miracles de Jésus- Christ. Il commence ainsi : « A. !.. R. Ce sont là les signes de l’évi- « dence. Nous avons fait descendre le Coran en langue arabe, afin que « tous l’entendissent. » Le dernier $ se termine ainsi: « L'histoire des « pronhètes est pleine d'exemples que les hommes sensés doivent sæ « rappeler. Cette soura n'est pas une fable inventée à plaisir; elle est « la lumière, et la lumière est la grâce des croyants. »

XIli, de 45 paragraphes. Tonnerre. Il commence ainsi : « A. L. M.R. « Ce sont là les signes du Coran. La doctrine qu’il contient dérive de

« Dieu, et pourtant beaucoup de gens n’y croient pas.» Mahomet fait donc savoir que Dieu donna le Pentateuque aux Hébreux, au milieu des foudres et des fonnerres ; aux chrétiens l'Evangile, en se manifestant par des miracles, et le Coran aux Arabes, au moyen de la foi. Le prophète demande à Dieu de ne pas ètre contraint de faire des miracles, parce qu'il suffit aux hommes d'avoir le Coran pour se sauver. Il dit à ce sujet, $ 43 : « Les incredules nieront la vérité de ta mis-ion; ré- « ponds-leur : Le témoignage de Dieu et de ceux qui savent les Ecritu- « res est une preuve suffisante en ma faveur, »

XIV, de 52 paragraphes. Asranam. Voici le début de cette soura : a A. L. R. Nous t’avons envoyé ce livre pour tirer les hommes des «ténèbres, pour les illuminer et les conduire dans la voie droite « et glorieuse.» Il est cnsuite question. de la foi que manifesta Abiaham lors du sacrifice d’isaac. Il est ordunné de ne pas discuter avec les infideles ; voici la fin, $ 52: « J’annonce ces vérités aux hommes « pour qu'elles leur servent d'avertissement, et qu’ils sachent qu'il «n’y a qu'un Dieu. Vous tous qui avez un cœur sincère, souvenez- « VOUS-EN. »

XV, de 99 paragraphes. AL-mecr, c’est-à-dire de la Vallée, Il commence ainsi : « A. L. R. Ce sont les signes du livre qui enseigne la vé- « rité. Un jour les infidèles regretteront de ne pas avoir eu la foi.» Et il est dit, $ 16 : « N’avons nous donc placé des signes dans le firma- « ment que pour la satisfaction des eat En toute chose apparaît « la divine puissance. »

XVI, de 128 paragraphes. L'ABrILLE. Cette soura ne contient que des louanges sublimes et d’humbles prières au Tout-Puissant, dispensateur de tous biens. Dieu y est représenté comme l’abeille donnant son miel à qui la respecte, et touruaut son aiguillon contre qui l'irrite. $ 1: « La « céleste venzeance s'approche : ne la hâtez pas. Louange au Tres- « Haut, anatheme aux idules. » $ 4: « L'homme est petri de fange, et «il veut discuter!» $ 116: « Ceux qui nient l’i-lamisme ajoutent un « blasphème au mensonge. » $ 119 : « Dieu ssella les cœurs et les oreil- « les des infideles ; ils sont ensevelis dans le sommeil de l’insuuciance, « Leur réprobation est certaine. » Elle finit par ces mots : « Sois cons- « tant dans le bien, Dieu t'aidera. 11 demeure avec ceux qui ie crai- « gnent, et qui sont bienfaisants et miséricurdieux. »

XVIL, de 110 paragraphes. Le voyace. Le titre arabe de cette soura est Esra, qui signifie éransport, parce que Mahomet fut transporté de la Mecque à Jerusalem par le cheval Borak, comme on le dit dans le 1: « Louange à Dieu, qui a transporté durant la nuit son serviteur « du temple de la Mecque a celui de Jerusalem. » 8 9 : « Le Coran con- « duit dans la vuie la plus sùe; il promet la féncité aux fideles. » Le S 15 ec les suivants parlent de la prédestinatiou, et le $ 110 s'exprime ainsi : « Louange à Dieu, qui n’a point de fils ; 11 ne partage pas l'em- « pire de l’univers; il n'a pas besoin d aucune assistance. »

XVIIL, de 110 paragraphes. La cavenne. Le titre arabe de cette soura est Xahaf, et se rayporte à la grotte dans laquelle reposerent vivants,

durant trois cents ans, les jeunes garçons désignés sous le nom des Sept dormants, sur lesquels on fit une légende merveilleuse. D'autres interprètes svutiennent néanmoins que a{-Kahaf signifie le salut des fidèles, dont les Sept dormants sont l’image. Ce chapitre doit être considéré comme une épitre adressée par Dieu aux incrédules qui, faute de se convertir, seront détruits par Gog et Magog. Le 8 1° est ainsi conçu : « Louange à Dieu, qui envoya à son serviteur le livte qui ne trompe a pas.» $ 23 : « Ne dites jamais : Je ferai cela demain, sans ajoutet : « Si telle est la volonté de Dieu. » 8 106: « Quant aux infidèles qui « firent de ma religion et de més ministres l'objet de leur tisée, l’enfer « sera leur récornpense. #

XIX, de 98 paragraphes. Mae. 1l rappotte le prodige de la naissance de Jean, dont le père, selon les docteurs musulmans, était âgé de cent vingt ans; et la mère de qüatte-vingt-dix. 8 1: « K. H. I. À. S. Le « Seigneur se montra miséricordieux envers son serviteur Zacharie, « quand il l’invoqua secrètemetit. » Le & 36 célbbre les louanges de Dieu en disant : « Dieu n’a point de fils; loué soit son hom!Il « commande, et le néant s’anime à sa voix. Dieu est mon Seigneur « et le vôtre; adorez-lé. » Il est dit dans le $ 57, où sont célébrées les louanges d’Hénoeh : « il fut juste et prophète; imitez ses « aclions. »

XX, de 135 paragraphes. T. H. Les lettres qui figurent en tête dé cette soura signifient, O Romme. D'autres cotnmentateurs prétendent qu’elles sont inintelligibles comme toutes celles qui précèdent les différents chapitres. Les prières y sont ordonhées, mais leur nombre est réduit à einq par jour. & 1%: « T. H. Nous he l'avons pas envoyé le Co- « ran pour rendre les hommes malheureux, mais pour rappeler à Dieu « celui qui le craint. » Il est patlé, dans le $ 102, du jugement universel : « Le jour où retentira la trompette, les scélérats se réuniront, « et leurs yeux #e couvriront de confusion.» & 107 : « Lorsqu'ilsseront « appelés, c’est à peine s'ils pourront parler; faible sera leur voix, on « n’entendra que le bruit sourd de leurs pas.»

XXI, de 112 paragraphes. Les proPñéTEs. Il y est parlé de la vie méritante et sainte de plusieurs prophètes, parmi lésquels on trouve Loth, Ismaël, Moïse, Salomon, Jean et Jésus. Mahomet y tonne contre lidolâtrie. $ 21: « Les divinités qu’ils se sont choisies pourront-elles res- « susciter les morts ? » $ 22: « Si dans l'univers il y avait plusieurs « dieux, teur ruine serait inévitable. Louange à Dieu, qui cst assis « sur le trône des mondes malgré les blasphèmes des hommes. » fl condamne, dans le $ 23, les chrétiens et les Juifs, en disant : « Les « Juifs et les chrétiens ont leurs livres sacrés: mais la majeure partié « d’entre eux ne sait pas y discerner Fa vérité, et fuit la lumière. » 8 28: « Les infideles disent : Dieu eut un fils par le Commerce des « anges Loin de nous ce blasphète ! les anges sont ses serviteurs. Îls « ne parlent que d’après lui, et exécutent ses volontés. » Marie et Jésus sem eelébrés dans ke 6 90 : « Ghante les louanges de Marie, qui con- « ser va sa virginité ; elle et son fils furent l'admiration de l'univers. »

XXII, de 78 paragraphes. Le piirninace. 1] traite du pèlerinage de la Meeëque et de quelques rites qui s’y rattachent. $& 27 : « Nous avons « accordé pour asile à Abraham le lieu où est placé le temple de la « Mecque, en lui ordonnant en même temps d’exhorter les fidèles à en « faire le tour. » $ 28 : « Annonce au peuple le saint pèlerinage qu’il « doit entreprendre, soit à pied, soit sur des chameaux. Voisins ou «éloignés, qu'ils aient à l’accomplir. » Un heureux voyage est promis aux pèlerins. $ 39 : « Ne eraignez pas ; Dieu détruira les embà- « ches tendues au musulman. Il haït le fourbe et l’infidèle. = H est permis aux mahométans de propager la religion à l’aide des armes. & 57 : « Ceux-là seront martyrs de l'Islam qui mourront sous ses éten- « dards; ils obtiendront des biens infinis. La magnificence de Dion est e sans limites. 5

XXIII, de 118 paragraphes. Las rBèzes. Ce chapitre commence ainsi: « Heureux furent toujours ceux qui sont fidèles à Dieu très-grand et « unique. » $ 97: « Celui qui fait le bien et reste fidèle à Dieu « acquiert salut et félicité. » $ 117;: « Celui qai donne un égal à l’Eter- «nel re peut justifier sa croyance, et un jour il rendra compte de son « impiété, Jamais la félicité ne sera pour les idolâtres. » S 118 : « Pat- « donne, à Seigneur! Aie compassion de nous, puisque ta PAMPEREE « est sans fin. »

XXI, de 64 paragraphes. La Lumène. Cette soura commence pa ces paroles : « Celuià ne chemine pas dans les ténèbres, qui sw mes tra- « ces, » et finit amsi : « Dans ce livre on trouve la vérité et la umiéére.r Aischa se trouve disculpée dans le $ 12 et darrs les suivants. Le prophète attaque l’idolàtrie dans le & 39 : « Les actions des infidèles ressemblent « aux vapeurs qui s'élèvent dans ke désert; k voyageur altéré y court « pour chercher de Feau, mais dès qu’il s’en approche l'illusion dispa- « rait. Dieu punira les pervers comme ils ke méritent. Î] est exact dans e ses comptes.» Les $$ 57 et suivants font eonnaître les devoirs des enfants envers leurs parents.

XXV, de 77 paragraphes. Ai-Koran. On lit pourtant, dans quelques textes, Al-Forfan, et alors le titre de cette sowra serait Disfinction, te à quoi peut s'appliquer le 8 45 : « Lis le livre, et tu distingueras le vrai « du faux.» Le & 1° commence cependant aimsi : « Béni soit Dieu, qui « envoya du ciel le Coran à son serviteur pour éclairer les hommes. » #2: « L'empire des cieux et de la terre est dans ses mains. 1l n’a pas « de fils, et ne partage pas avec d’autres le gouvernerment de l'univers. « li tra du néant tout ce qui existe, et il le fait subsister avec ordre et « symétrie.» Apres avoir proclamé de l4 surte les lowanges dè Dieu, le chapitre se termine par le 8 77, qui dit : « Peu importe à Dieu d'être « invoqué par les infideles. lis ont ab,uré la vraie doctrine, une peni- « ence eternelle les attend. » |

XXVE, de 227 paragraphes. Les poËTEs. Ce chapitre est intitulé ainsi parce qu’un poête satirique y est condamné, et avec lui tous les détracteurs. H commence par les lettres ininteliigibles suivantes : « T. S. « M. Ces caractères sont les signes qui manifestent l’incrédulité.» Sui-

vent des anathèmes contre les méchants et les incrédules. : « Les « avertissements que Dieu leur envoie ne servent qu’à eloigner davan- « tage leur croyance.» 87 : « Notre magnificence brille de toutes parts, « mais la majeure partie des hommes n’a pas de foi.» $ 184 : « Les in- « fidèles m’accusent d’imposture; mais au grand jour ils subiront le « châtiment mérité, le supplice des ténèbres. »

XXVII, de 93 paragraphes. La Fourmi. Ce titre est pris de la vallée des Fourmis, en Syrie, où Moïse fut, dit-on, transporté en songe. & 497 : « T. S. Ces caractères sont les signes du Coran, qui enseigne la « vraie doctrine. » $ 2 : « Il est le flambeau des croyants et le gage de « leur felicité. » I] y est parlé de la reine Balkis, souveraine de Saba, région de l’Yemen, au $ 23 : « Une femme la possede ; elle est assise sur « Un trône magnifique. » $ 24 : « Elle et sun peuple adorent le soleil. « Satan rendit ce culte agréable, et les détourna du droit sentier. »

XXVIIL, de 87 paragraphes. L'æisroie. Le titre de cette soura est tiré du & 26, où il est fait allusion à l'histoire ou vie de Moïse ; il y est aussi parle de l’origine des Arabes. $ 1°° : « T.S. M. Ces caractères sout les « signes du livre de l’evidence. » 11 y est fait mention de la fuite de Mahumet et de son retour à la Mecque, $ 85 : « Celui qui t'enseigna le « Coran amènera ton retour desire; Dieu connaît ceux qui suivent la « lumière et ceux qui cheminent dans les ténèbres.»

XXIX, de 69 paragraphes. L’anacnée. Ce titre est emprunté au $ 40, dans lequel il est dit: « Ceux qui mettent leur appui daus les idoles « ressemblent à l’araignée se construisant une demeure si légère qu'un « souffle de vent la détruit. » Les discus-ions avec les infidèles y sont prohibees. $ 45 ; « Ne discutez ni avec les Juifs ni avec les chrétiens. « Coufondez les impies en leur disant : Nous croyons au Livre et aussi « à vos Ecritures; notre Dieu et le vôtre ne sont qu’un, mais uous « soumes les viais fidèles. »

XXX, de 60 paragraphes. Les Romans. Il est parlé dans ce chapitre des Grecs sujets de l’empereur romain, qui duivent ètre vaincus par les Arabes. $ 1° : « A. L. M. Les Romains furent vaincus, quoiqu’ils com- « battissent avec les 1idolâtres (les Peises). » $ 2: « Dans l’espace de dix « aus, leur defaite sera rachetée par la vicwire (des Arabes). » $ 59 : -« Dieu scilla leur cœur d’une iguorance aveugle. » $ 60: « La pro- « messe de Dieu est infaillible. »

XXXL, de 34 paragraphes. Loxman. Quelques commentateurs veulent ‘que Lokman ne soit autre que le tils de Baour, qui vivait au temps de David. Les auteurs grecs le croient le mème qu'Esope. L’un et l’autre æ'ont fait que raconter des fables uiorales. Sir: « A. L. M. Ces carac- -« tères indiquent le livre du sage. » 8 2 : « Il est le gage des faveurs ‘« divines et la porte des bienfaits. Rappelle-tui ce que dit Lokman à son ‘a fils. » 1l est ensuite paile de la ciéaiiun, quand Dieu, en prononçant le mot Aoun, Qu'il soit! créa le genre humain, qu'il ressuscitera un jour avec la mème parole. $ 27: « Dieu créa tout le genre humain en « un seul homme, d'une seule parvle. La résurrection uuiverselle ne lui “« coûtera pas davantage. »

XXXIL, de 30 paragraphes. L’anosarTion. « A. L. M. Le souverain de « l'univers fit descendre du ciel le Coran. Ce livre ne laisse aucun « doute, » Tel est le début de ce chapitre. Dans le & 4, la durée du mond? est fixée à six mille ans. Dans le reste, il est enjoint de respecter le Coran comme la parole de Dieu : « Celui qui méprise ce livre méprise « Dieu mème. » Il y est aussi parlé du dernier moment de la vie, où tout homme doit arriver : « L’ange de la mort, qui veille sur chacune « de nos actions, conpera la trame de vos jours, et vous comparaîtrez « en présence de l'Éternel. »

XXXIIL, de 73 paragraphes. Les consuRés. Les Juifs et les idolâtres, conjurés contre Mahomet. blâämèrent son mariage avec Zéinab, répudiée par Zéid, fils adoptif da prophète. ]l est, en conséquence, déc aré dans cette soura que tels mariages sont permis, et qu’un fils adoptif n’a pas les droits d’un fils naturel. Dans le $ 40, il est dit que Mahomet est lPenvoyé de Dieu et le sceau des prophètes (Khatem-al-Nabiin), c’està-dire le dernier. La soura se termine par ce verset : « Dieu punira les « impies et les idofâtres; les péchés des fideles seront pardonnés, parce « qu'il est clément et miséricordieux. »

XXXIV, de 54 paragraphes. Sasa. Ce chapitre prend son nom d’une région de l’Arabie d’où la reine Balkis vint pour visiter Salomon; il tonne contre les méchants, et se termine ainsi, $S 52 : « Ils vécurent dans l’impiété, et ils se moquèrent de notre sublime doctrine. » 8 53: « Un intervalle immense les séparera de l'objet de leurs désirs. » $ 54 : « lis subiront le sort de chacun de ceux qui vécurent dans le doute jus- « qu'à la fin. »

XXXV, de 46 paragraphes. Les ANGES. « Louange à Dieu, architecte « des cieux et de la terre ; les anges sont ses messagers. » C’est ainsi que commence ce chapitre. Dans les & 9 et suivants, il est parlé des anges qui construisirent les huit portes du paradis. Cette soura finit en louant la clemence et La justice divines : « S'il punissait sur-le-champ « les coupables, il ne resterait pas âme vivante sur la terre. 1l retarde les achätiments jusqu’au moment qu’il a établi. » $ 40 : « Quand le mo- « ment est venu, 1! sait distinguer les actions de ses serviteurs. »

XXXVI, de 83 paragraphes. las. Ce chapitre n’a pas de titre, bien qu’il soit appelé as par quelques-uns, en réunissant les deux lettres initiales du $ 1+", que les Arabes prononcent avec l’interposition de l’a. « L. S. Je le jure par le Coran, qui contient la sagesse. » S 2 : «Tu es « l'envoyé du Tres-Haut.» $ 3: « Ta voix appelle les hommes sur le « sentier du salut. » Ce chapitre, appelé aussi par les mahométans le Cœur humain, est lu lors des funérailles. La tradition veut que, quand on le lit à un moribond, dix anges descendent du paradis à chaque parole prononcée, se rangent autour du patient, et prient pour lui ; après sa aort, ils as-istent aux ablutiuns du cadavre et suivent ses vbseques.

XXXVIL, de 182 paragrap:es. LES oRDRES. Ce chapitre est un poëme très-el. gant. $ 1er : « J'en jure par les ordres et par les hiérarchies des « anges. » $ 2: « J'en jure par ceux qui menacent. » $ 3 : « J'en jure « par ceux qui lisent. » $ 4 : « Votre Dieu est un Dieu unique. » $ ©:

HIAT. UNIV. — 7. VII. . 32

« ]1 est le roi et le maître de l’univers, etc. » Après avoir décrit les hiérarchies des anges, qui tous sont prêts à exécuter les ordres de Dieu, et parlé de l’obéissance due aux supérieurs, il finit ainsi, $ 180 : « Louanges au Dieu puissant; loin de nous les mensonges. » $ 181 : « La paix soit avec les serviteurs du Seigneur. » $ 182 : « Gloire à Dieu, « souverain des mondes, »

XXXVIIL, de 88 paragraphes. San. Ce chapitre est appelé ainsi, parce qu'en tète figure la lettre mystérieuse S, qui est la quatorzième de l'alphabet arabe. Quelques interprètes veulent qu'elle signifie cérités; d'autres, résistances. $ 1° : « S. Je le jure par le Coran, il est le cen- «tre de la vraie foi; mais les infidèles vivent dans l'erreur. » On y lit l’histoire de Bethsabée, la prévarication et la pénitence de David, sur l'avertissement de deux génies qui lui racontent, sous forme de nouvelle, le vol d’une brebis. Il se termine ainsi, $ 87 : « Ce livre est un «a avertissement pour les mortels. » $ 88 : « Vous verrez un jour si sa doc- « trine est la véritable. »

XXXIX, de 75 paragraphes. LES MULTITUDES. « Dieu sage et miséricor- « dieux t’a envoyé le Coran pour te diriger. » Tel est le commencement de ce chapitre. $ 2 : « La vérité t'a élé apportée du ciel; offre à Dieu « de sincères actions de grâce. » $ 28 : Le Coran te fournit différents « exemples, afin de t'instruire, » $ 29 : « La doctrine en est simple et « claire ; elle prèche la crainte de Dieu. » ]l continue en disant : « Les « infidèles et les impies tomberont par mutitudes dans l’enfer ; les « musulmans, les hommes pieux et miséricordieux, monteront par mul- « titudes au paradis. »

XL, de 85 paragraphes. Le rinèe. Le titre de ce chapitre dérive d’un oncle de Pharaon, nommé 44 4min, qui se couvertit en écoutant les discours de Moïse, exaltant, la puissance du Dieu unique. 8 1œ : « H. « M. Dieu puissant et sage t'a envoyé le Coran. » $ 2 : « (C’est lui qui « pardonne les péchés, qui accueille les cœurs repentants et qui exerce « contre les méchants une vengeance terrible. » 8 3 : « ]l est le Dieu s infini et unique; il est le principe et la fin de toute chose. » Il est parlé, dans les $$ 78 et suivants, des vingt-quatre mille prophètes envoyés par Dieu aux hommes; quatre mille furent choisis parmi les Hébreux et le reste parmi les autres nations. « Beaucoup de prophètes l’ont « précédé. Nous t'avons fait savoir l’histoire de quelquesuns, nous te lais- « sons ignorer celle des autres. Tous les prodiges qu'ils opérèrent furent « des effets de nos ordres. Quand Dieu commandera, toutes les contro- « verses se termineront. Ceux qui auront voulu abolir l’Islam périront.s

XLI, de 54 paragraphes. La nisnincrion. Le-fidèle et le sage savent distinguer le bien du mal. Cette soura débute par l'éloge du Coran. $ 1% : « H, M. Dieu clément et miséricordieux t'a envoyé le Coran. » 8 2: « C’est le recuéil de la doctrine; il instruit les sages. » $3 : «1 « promet et menace ; mais la majeure partie s’en éloigne, et ne veut « pas entendre, » Il y est parlé de la justice divine et de la résurrection. $ 46: « L'homme vertueux et le méchant travaillent également pour ç eux mêmes; mais Dieu ne fera point d’injustice. » $ 55 : « Ne doutez

« pas de la résurrection; la science dû Tout-Puissant n’embrasse-t-elle « pas l’univers entier ? »

XLIT, de 35 paragraphes. La coxsuzrarion. Ce chapitre est un deceux en tête desquels figurent en grand nombre les lettres initiales, dont le sens est inintelligible aux mortels. 11 y en a cinq : H. M. A. S.K.Il a pour objet de prouver la supériorité de l’islamisme sur les autres religions. $ 13 : « La prédication de l’unité de Dieu fit naître de fortes « opposilions. Si le décret qui diffère le châtiment des incrédules n’a- « vait pas été prononcé, le ciel aurait terminé toute contestation, Les Juifs et les chrétiens doutent en consultant sur ta vérité. » Le détachement des biens mondains y est recommandé, ainsi que l’obéissance aux préceptes réligieux et la foi en un Dieu. S 34 : « Les biens terrestres « sont transitoires, les trésors du ciel sont éternels ; Dieu les destine « aux fidèles qui se confient en lui. » $ 46 : « Sois obéissant envers « Dieu avant le jour où tu ne pourras te refuser à comparaitre en sa « présence. Le méchant ne trouvera point d'asile qui le sauve, il ne « pourra nier ses méfaits, » S 53 : « Le terme de toutes choses n'est-il « pas dans la voie de Dieu, souverain de l'univers ? »

XL, de 89 paragraphes. L'oRNEMENT. « Le Coran est l’ornement de a la-terre, comme la parole de Dieu qui instruit. » Telles sont les paroles du $ 1°". « Il est de mèmel'ornement du ciel, » où son texte original est conservé sur la fable préservée, » comme il est dit au $ 3.11 est parlé aussi des châtiments des impies et de la félicité des justes, dans le $ 67 : « Amis entre eux sur la terre, les méchants seront en- « nemis dans l’autre monde; mais la tendre amitié suivra les justes. » Îl est aussi j'arlé des tourments qu’ils auront à souffrir, au $ 74: « Les « scélérats seront toujours en proie aux tourments. » 8 75: « Ces ri- « gueurs ne s'adouciront jamais. » $ 76: « Leur sort ne sera pas im- « méritt, car iis furent injustes envers eux-mèmes. » $ 77 : « Ilsdiront « à leur gardien: Prie Dieu qu’il nous détruise, et il répondra : Vous « vivrez éternellement. »

XLIV, de 58 paragraphes. La FuuÉE. Ce chapitre traite de la fin du monde, quand la fumée du ciel, c’est-à-dire les ténèbres, annoneeront le jour de la résurrection. $ 8 : « Errant dans le doute, les infideles se « railent de uotre doctrine. » $ 9: « Mais tu verras leur contenance em- « barrassée dans ce jour où une noire fumée couvrira le firmament. » Il y est parlé des délices que goûteront les élus. $ 51 : « Les justes habi- « teront un séjour de paix. » 8 52: «Les jardins etles fontaines seront « leur héritage. » S 53 : « Ils seront vètus de soie, et converseront entre « eux avec bienveillance. » 8 54 : « Les hour a/ oyoun, au sein d’al- « bâtre, seront leurs épouses, etc. »

XLV, de 37 paragraphes. La cÉNUFLEXON. Tout ce qui nous vient de Dieu doit ètre accepté, soit bien, soit mal, et en pliant les genoux, comme si nous l’avions désiré nOUS-MÊMES. Ce chapitre se termine par ces trois versets : « Louange à Dicu , souverain du ciel et de la terre, « roi de l'univers, — A lui seul appartient d’être exalté dans le cicl et « sur la terre. — Il est le Tout-Puissant; sa sagesse est infinie. »

XLVI, de 35 paragraphes. A-Auwar. Le titre de ce chapitre indique un pays cité dans le $ 21 : « Souvenez-vous de Houd, quand il alla « prêcher au peuple d'Ahkaf. Quelqries apôtresle précédèrent, d’autres « le suivirent. » Quelques-uns croient que ce pays est le même que Aden, district de l’Yémen; d’autres commentateurs veulent que le titre de cette soura signifie poussière ou sable. 11 y est parlé de nouveau de la résurrection. 8 32 : « Ignorent-ils que Dieu, qui sans effort « créa le ciel et la terre, peut aussi bien faire revivre les morts? Sa « puissance est sans bornes. »

XLVII, de 38 paragraphes. La GuERRE. « Dieu combattra (1) les ac- « tions des infidèles qui éloignent leurs semblables de la route du sa- « lut. » Voici d’autres passages de ce chapitre. $ 3 : « Les incrédules « ontle mensonge pour guide, les musulmans cheminent avec le flam- « beau de la vraie foi. Dieu offre ce contraste évident aux hommes, » $ 13 : « La récompense de ceux qui mourrunt en combattant pour la « foi sera éternelle. Dieu sera leur guide, et les introduira dans un jar- « din de délices. » $8 : « O croyants, combattez pour la cause de Dieu; il « vous aidera, et ne permettra pas que vous fuyiez. + 89 : «Dieu a envoyé « sur le prophète et les fidèles sa miséricorde, en faisant descendre du « ciel un esprit avec des troupes invisibles d'anges, qui affligèrent de « peines très-sévères les infidèles, parce que telle est la rétribution que « les uns et les autres doivent attendre. » Mahomet menace ses compatriotes de la Mecque, en disant, au $ 14 : « Combien de villes plus « puissantes que celle qui te chassa de son sein furent détruites ! Rien « ne peut arrèter notre vengeance. »

XLVIII, de 29 paragraphes. LA vicrome. « Nous t’avons accordé une « lumineuse victoire, » celle de Budr. Mahomet y remercie ses trois cent treize disciples, qui lui avaient juré de se laisser plutôt tuer que de fuir durant le combat. 818 : « Dieu contempla d’un œil bienveillant « les fidèles quand ils te jurèrent fidélité. fl lisait au fond de leur cœur. « Une lumineuse victoire couronna leur attachement. »

XLIX, de 18 paragraphes. LE SanCTUAIRE. « L'intérieur de ta demeure est un sanctuaire ; » dit-il dans le $ 4, ce qui s'entend du harem ou *arram, dont la signification en arabe est lieu Sacré, lieu prohibé. Le maitre seul de la maison peut y pénétrer pour jouir de la compagnie de ses femmes ou de sesenfants. Les mahoniétans y pa-sent d'ordinaire l’après-dinée, et rarement la nuit. Les princes sont avertis de se garder des délateurs. $ 1 « Si on te dit quelque choée, soumets la dénon- « ciation à un rigoureux examen. Trembie de nuire à ton prochain et « de te préparer un amer repentir. » $ 12 : « O fidèles, soyez circons- « pects dans vos jugements; limitez votre curiosité ; ne déchirez pas la « réputation des absents. Qui de vous voudrait manger les chairs de son « frère murt? » Le prophete excite à combattre puur la religion. $ 15: a Les vrais fideles sont ceux qui, exempts ie doute, croient en Dieu et « en son apôtre, et sacnifient pour les defendre existence et richesses. »

(1) Ærrare faciet opera eorum, id est, inutilia reddet. Mannacc!.

L, de 45 paragraphes. Cette soura est appelée Kuos, de la vingt et unième lettre de l’alphabet arabe, et commence ainsi : « K. Surpris de « voir un prophète de leur nation, les idolâtres crièrent au prodige. » ‘ $ 4 : « La vérité fut traitée de mensonge; l'esprit de confusion s'em- « para d'eux. » $ 39 : « Publie les louanges du Seigneur au commen- « cement de la nuit et accomplis la prière. »

Li, de 60 paragraphes. Le SOUFFLE DES vents. Marracci traduit en latin le titre de ce chapitre par Spargentes sparsione. C’est un morceau très-élégant qui débute ainsi, $ 4er : « Je le jure par le souffle « des vents impétueux ; » $2 : « par les nuages qui port nt la pluie ; » $ 3: « par les vaisseaux qui fendent les flots ; » $ 4: « parles angesqui « exécutent les volontés de Dieu ;» 8 5 : # Les promesses que je vous fais « seront remplies. » $ 40 : « Les vents qui portèrent la stérilité dans « les campagnes d'Ohod manifestèrent notre puissance. » L’imprécation se termine par ces mots, & 60 : « Malheur à ceux qui ne croient « pas au jour des vengeancrs! »

LII, de 49 paragraphes. LA MONTAGNE. $ lier : « J’en jure par la « montagne, » celle de Mise, c'est-à-dire le Sinaï. $ 2 « J’en jure par « le livre écrit sur le parchemin. » 8 3 : « J'en jure par le temple visité «et par son toit sublime. Ce temple est la maison al/-Mamour. » $ 4 : « J'en jure par la vengeance céleste, qui viendra bientôt. » Il est ensuite parlé de nouveau des délices du paradis. $ 16 : « Les justes « babiteront les jardins de la volupté. » $ 17 : « En sûreté contre les pei- « nes de l'enfer, ils jouiront des faveurs du ciel. » $ 18 : « Rassasiez- « vous, leur sera-t-il dit, rassasiez-vous des dons qui vous sont offerts: « c'est la récompense de la vertu. »

LIL, de 62 paragraphes. L’érous. Ce fut d’une étoile, c’est-à-dire d’une planète, que, selon les interprètes, Gabriel parla pour la première fois à Mahomet. $ 1er : « Je le jure par cette étoile. » $ 2: « Je « n’ai pas été abusé. » $ 3 : « Je ne suis pas mes propres sentiments. » 8 4 : « Tout ce que je dis est parole divine. » 11 se loue de la justice divine envers les gens de bien. $ 38 : « Chacun recevra le prix de ses « actions. » $ 40 : « Les actions des mortels apparaîtront sans voile.» 8 #1 : « Tous recevront une juste récompense. » $ 42 : « Dieu est le « terme de toute chose. »

LIV, de 55 paragraphes. La Lune. $ 1er : « L’heure s'approche, etla « lune se partage. » Ce sera un des signes qui annonceront le jour de la résurrection universelle. $ 2 : « Les infidèles, à la vue de ce prodige, « tourneront la tête et diront : C’est un enchantement puissant. » $ 3 : « Entrainés par leurs passions, ils nieront le miracle. » Suit l'annonce des châtiments contre les incredules et les méchants. $ 30 : « Quel chàa timent me poursuit? » $ 31 : « Un seul cri 8e fait entendre, et tous « sont réduits en poussière. » $ 33 : « Les concitoyens de Loth se rail- « lèrent de ses avertissements. » $ 34 : « Nous lançâmes contre eux le « vent et le feu, qui les détruisirent. »

LV, de 78 paragraphes. La msériconne. Ce chapitre traite des attributs divins : Dieu miséricordieux est occupé à écouter ceux qui l’im-

plorent, à exaucer ceux qui lui adressent des vœux, à gouverner l’univers, et en même temps à accomplir ses éternels et immuables décrets. 8 29 : « Tous ceux qui sont dans le ciel et sur la terre lui adressent des « vœux. Les soins de l'univers l’occupent incessamment. »

LVI, de 96 paragraphes. LE UGEMENT. « Quand sera arrivé le jour du « jugement universel, » ainsi commence ce chapitre, $ 2 : « personne « ne pourra nier la réalité de ce que je dis. » Après avoir parlé du jugement et de la résurrection, il rappelle encore les délices du Korkan, où les élus, couchés sousles arbres verdoyants de Nabk, auront à leurs côtés des beautés toujours vierges et amoureuses. Le chapitre se termine par ces mots, & 96 : « Exalte le nom de Dieu, du Dicu grand et mi- « séricordieux. »

LVII, de 99 paragraphes. La PÉMTENCE. Dieu aime que l'on fasse pénitence de ses fautes. 8 4er : « Le ciel et la terre louent l’Éternel. N est « puissant et sage. » 8 2 : « L'univers est son domaine; il donne à son « gré la vie et la mort.» $ 3 : «il est le principe et la fin, et sa science « embrasse toute chose. » $ 19 : « Dicu dispense ses faveurs à qui lui « plaît; sa bienfaisance est sans bornes. »

LVILIE, de 29 paragraphes. LE 1rriée. Ce chapitre retrace le diffcrend entre Mahomet et Kaoula, au sujet du divorce, et il excite les musulmans à être fidèles. $ 21 : « Ceux qui lèveront lPétendard de la rébel- « lion contre Dieu et son prophète seront couverts d’opprobre. »

LIX, de 25 paragraphes. La RÉu=xIoN. Il y est dit comment les Juifs chassés de la Mecque sc réunirent avec d'autres de leur nation et avec des idolâtres pour faire la guerre à Mahomet. Il y célèbre les louanges de Dieu. $ 24: «Il n’y a qu’un Dieu ; it est le roi, il est le sauveur, il est «le gardien du monde. Louange à Dieu et anathème aux idoles. » $ 25 : « Les plus beaux noms sont les attributs de Dieu ; tous les êtres « créés dans le ciel et sur la terre publient ses louanges. »

LX, de 13 paragraphes. L'ÉPreuve. Îl faut éprouver les femmes qui ont fui au milieu des infidèles, pour savoir si le seul désir d’embrasset Y'islamisme leur fait quitter leurs époux, ou si elles n’agissent pas ainsi soit par haine envers eux, soit par amour pour quelque musulman. 810 : « O fidèles! quand les femmes demanderont asile parmi vous, « éprouvez-les pour savoir si elles professent sincèrement la vraie foi. » * LXI, de 44 paragraphes. L’orpke. Ce chapitre vante l'ordre et la régularité avec laquelle surgirent les prophètes antérieurs à Mahomet, parmi lesquels figurent au premier rang Moise et Jésus. 8 5 : «Pourquoi « m'affligez-vous ? disait Moïse aux Israélites; je suis l'interprète des « volontés de Dieu, vous ne lignorez pas. Mais ils abjurèrent la vérité, « 6t Dieu écarta leurs cœuts. » $ 6 : « Je suis l’apôtre de Dieu, répétait « aux Juifs Jésus, fils de Marie, je viens confirmer l'autorité du Penta- « teuque qui me prétéda ; je vous annonce l’heureuse venue de Ahmet, « qui me suivra. »

LXII, de 44 paragraphes. L’assemstér, C'est-à-dire la réunion des mu- sulmans le jour d'Arouba, ou sixième jour férié de chaque semaine. Dans ee chapitre, les Juifs sont comparés aux ânes, qui portent les livres

et ne savent pas en profiter. 1] finit ainsi, S 14 : «Quand l'intérèt se fait « entendre, ils abandonnent le ministre du Seigneur. Mais dites-leur : « Les trésors que Dieu offre sont bien plus précieux que les avantages « momentanés. Dieu en est le plus magnifique dispensateur. »

LXUT, de {1 paragraphes. Les iwpies. Il traite des ennemis de l'Islam, parmi lesquels figurent au premier rang les Juifs £mnpies. S 11 : « Dieu a ne différera pas plus longtemps le terme prescrit pour leur punition. « 1] voit chaque action. »

LXIV, de 18 paragraphes. La MAUVAISE Foi. Il loue la puissance divine, $ 1 : «Les cieux et la terre louent Dieu. A lui appartiennent la domina- « tion et la louange. Sa puissance est grande. » Le prophète s'irrite contre ceux qui n’embrassent pas sincèrement l'Islam. $ 12 : « Obéissez à « Dieu et à son prophète. Son ministère sc borne à prècher la vérité; « mais vous êtes de mauvaise foi, » $13: «Il n’y a qu’un Dieu; queles « fidèles se confient en lui. »

LXV, de 13 paragraphes. La RÉPUDATION. $ 1 : « Ne répudiez vos « femmes qu’au temps fixé, » c’est-à-dire quatre mois après la déclaration prescrite. On dit ensuite ce qu’il faut donner à la femme répudiée.

LXVI, de {2 paragraphes. La PRometriox. Dans ce chapitre se trouve la défense faïte à Mahomet de répudier Hafsa, $ 3 : « Le prophète ayant «confié un secret à une de ses femmes, elle le publia. » Viennent ensüite les louanges de Marie. $ 12 : « Dieu offrit à l'admiration univer- « selle Marie, fille d’'Amran, qui conserva sa virginité. Gabriel lui infusa « le souffle divin. Elle crut à la parole du Seigneur, et fut obéissante. »

LXVII, de 30 paragraphes. LE ROYAUME. $ Ar : « Béni soit celui aux « mains de qui sont les rènes de l'univers, et dont le royaume est sans « borne. » 816 : « Soyez sûrs que celui qui règne dans les cieux peut « secouer la terre et vous ensevelir dans ses abimes. »

LXVIIL, de 50 paragraphes. La PLUME. Il y est fait mention de la plume avec laquelle Dieu fait inscrire le nom des élus. 81 :« N. Je le jare par « [a plume avec laquelle écrivent les anges. » $ 2: « Ce n’est pas Satan, « mais le ciel qui m’inspire. » 8 3 : « Unerécompense éternelle m'attend. , $ 52 : « Le Coran est le dépôt de la foi ; il fut.écrit pour les hommes fin « de les instruire. »

LXIX, de 52 paragraphes. L'ixévrrase. Le jour {tévitable de but rection sera fatal pour les incrédules. $ {°° : « Le jour mévitable. » $ 2: « Combien ce jour sera terrible! » 83 : « Qui pourraiten fairela pein- « ture ? Personne ne peut suspendre la céleste vengeance. »

LXX, de 44 paragraphes. Les DEGRÉS. 8 3 : « Dieu est l’auteur ét le « dispensateur des récompenses et des châtiments; il fixe les degrés a les rangs) célestes. » IL est ensuite parlé de la résurrection des corps « et des âmes. » $ 43 : « Dans ce jour, les hommes s’élanceront de leuts « sépulcres avec autant de promptitude que des soldats courant butiner « après la victoire. » Bét:« Leurs yeux seront humbles et baissés ; « l’opprobre les couvrita. Tel est le jour qui leur est annoncé. »

LXXI, de 28 paragraphes. Noé. $ 1er : « Nous avons invésti Noé du ca-

904 NUTES ADLITIONNELLES.

« ractère d'apôtre, en lui disant : Annonce nos menaces aux pcuples « avant que n'arrive le jour des vengeances. » $ 25 : « Le déluge vengea leurs crimes ; ils les expièrent ensuite dans les flammes. »

LXXII, de 28 paragraphes. Les céMEs. Dans ce chapitre, on parle de ces êtres qui ne sont ni anges ni hommes, et qui sont dans ce monde les gardiens de ces derniers. 8 1°: « Déclare, Mahomet, tout ce que « le ciel t'a révélé. La réunion des génies ayant ouï la lecture du Coran, «ils s’écrièrent : Voilà une doctrine merveilleuse! »

LXXIIL, de 20 paragraphes. L’enveLoPPé. 8 1: « O loi qui es enve- « loppé de tes vêtements, » 82 :«lève-toi pour prier, bien qu’il soit nuit. » Ceci est relatif à la première révélation que Mahomet eut de nuit dans la caverne du mont Harah. $ 8 : « Souviens-toi souvent du nom de Dieu ; « abandonne tout pour penser à lui. »

LXXIV, de 55 paragraphes. LE MANTEAU. « Lève-toi, courre-loi, « prèche et exalte le Seigneur ton Dieu. » Telles sont les premières paroles de ce chapitre, fragment d’éloquence pindarique qui se ter- . Mine ainsi, 88 : « Les élus du Seigneur écouteront les inspirations « divines. Dieu mérite d'être craint; la miséricorde est son plus pré- « cieux attribut. »

LXXV, de 40 paragraphes. La résurnecrion. $ 4° : « Je ne jurerai « pas par le jour de la résurrection. » & 35 : « Mortels, je vous le ré- « pète: la mort vous suit, elle s’apprète à vous frapper.» $ 40 : « Le « Créateur du genre humain manquerait-il de pouvoir pour faire revi- « vre les morts P »

LXXVI, de 30 paragraphes. L’#omMe. « L’homme exista longtemps « sans avoir les preuves de notre puissance. » Tel est le début de ce chapitre. $ 29 : « Le Coran vous offre l'instruction ; hâtez-vous, si vous « voulez profiter du volume.» & 30 : « La volonté de Dieu peut seule- « ment déterminer la vôtre. Il sera miséricordieux. Il prépare pour les « impies d’horribles supplices. »

LXXVII, de 50 paragraphes. Les messacers, & 1 : « Par les messa- « gers qui se suivent (les anges). » $ 2 : « Par les vents qui portent la « fécondité. » $ 4: « Par les vers du Coran. » $ 5 : « Par les messa- « ges qui avertissent. » $ 6 : « Les peines que je vous annonce arrive- « ront bientôt. » $ 36 : « Malheur en ce jour à qui aura traité la vérité « d'imposture. » & 50 : « À quel autre livre croiront-ils après le Coran? »

LXXVIII, de 41 paragraphes. LA GRANDE NOUVELLE. & 1er : « De quoi « parle-t-on! » 82 : « Est ce une grande nourelle? » $ 3: « Quel est « l’ohjet de vos discussions? » $4: « Ils sauront la vérité. » $ 5 : « Ils « la sauront infailliblement. » Le poëte éloquent continue ainsi à décrire le grand jour de la résurrection.

LXXIX, de 47 paragraphes. Les mmisrres. Il s’agit des anges, ministres de Dieu qui arrachent violemment les âmes des corps moribonds des infidèles, tandis qu’ils en extraient doucement celles des musulmans. $ 1°: « Par les ministres qui assaillent violemment les âmes. » $2: « Par ceux qui les enlèvent doucement. » $ 3 : « Par ceux qui tra- * versent l'air avec rapidité. » $ 4 « Par ceux qui précèdent les justes. »

S5: « Par ceux qui président au destin de l'univers.» 66: « Un « jour, le premier son de la trompette jettera partout l’épouvante. » & 42 : « Mais quand arrivera ce moment fatal?» & #4 : « Dieu le sait, «il en a fixé le terme. »

LXXX, de 42 paragraphes. LA FACE DÉTOURNÉE. Dans ce chapitre, Mabomet se plaint de lui mème, pour avoir négligé de donner l’ensrignement à un khoureysch aveugle qui demandait à ètre instruit dans l'islam. & 1° : « Le prophète a montré un front sévère. » $2 : « Parce « qu’un aveugle s’est présenté. » $ 3: « Et qui t’assura qu'il n'était pas « vertueux? » Il est parlé ensuite d’Abd-Allah, un des secrétaires du prophète, qui altéra selon qu’il lui plut quelques vers du Coran, $ 15: « Écrit par une main fidele et juste. » $ 16 : « Périsse celui qui le ren- « dit apostat ! »

LXXXI, de 28 paragraphes. Les TÉNÈBREs. $ 1°r : « Quand le soleil se « couvrira de fénèbres. » $ 2: « Quand les étriles se détacheront du « firmament, etc. » Cette soura annonce les signes qui précéderont le jour de la résurrection. Elle abolit l’usage barbare qu’avaient les Arabes d’enterrer les filles aussitôt après leur naissance, quand ils D'avaient pas le moyen de les nourrir. 8 8 : « On demandera quel crime « commit la pauvre enfant. »

LXXXII, de 49 paragraphes. La RUPTURE. Quand le ciel sera rompu et déchiré, l'instant sera venu pour l’homme d’ètre jugé ; c’est sur ce thème que roule ce chapitre. Les justes ne doivent rien craindre, parce que, $ 10 : « au-desæus de leur tête il y aura d’honorables gardiens. »

LXXXIIE, de 36 paragraphes. LA wesuns muusre. 1l est traité, dans ce chapitre, des larcins, de l'usure et des meurtres, comme d’actions injustes. On y parle des livres où seront enregistrées les actions humaines. $ 7 : « Vous ne pourrez en douter; le livre des pervers « sera le Sedjin. » $ 18: « Ces menaces sont vraies : le livre des justes « est l’Aliin. »

LXXXIV, de 25 paragraphes. L'ouvenTuRE. « Quand le ciel sera « outert, de manière à laisser voir la majesté divine, l’homme devra « rendre compte de ce qu’il aura fait. » Ainsi commence ce chapitre. On y parle aussi de la résurrection. $ 19: « Quand vous changerez « d'état, c’est-à-dire quand l’homme passera de la vie à la mort, et de « la mort à la vie. » $ 25 : « Les hommes vertueux jouiront de l'éter- « nelle félicité. »

LXXXV, de 22 paragraphes. Les sicnes cécestes. $ {or : « Par les s$- « gnes qui sont dans Îles cieux (ceux du zodiaque). » 8 2 : « Par le jour « dela résurrection. » $ 3 : « Par celui qui en fit le témoignage (Maho- « met.» $ 21: « Ce livre est le glorieux Coran.» 822 : « 1] est sur la « table préservée.»

LXXXVI, de 47 paragraphes. L’ASTRE NOCTURNE. $ 1°": « Par le ciel « et l’etuile nocturne. » $ 2 : « Q ite fera la description. » 63 : « Cette « lumière dont les étincelles pénètrent partout. » Etc.

LXXXVIL, de 19 paragraphes. Le Trés-Haur. $ 1°" : « Loue le nom du

« Seigneur Dieu Très-Haut. » $ 2: «Il créa toutes choses, et donna la « perfection à ses œuvres.»

LXXXVIIL, de 27 paragraphes. LE voire o8scur. $ 1er: « T’a-t-on fait la description du roële ténébreux? » On y parle des vengeances célestes. $ 24 : « L’apostat, l’impie, l’incrédule,» $ 25 : « seront victimes des « célestes vengcances.» $ 26 : « Îls comparaitront à notre tribunal, » « 27: « et nous leur ferons rendre compte de tout.»

LXXXIX , de 30 paragraphes. L’AuRORE. 8 {°° : « Par l'aurote et dix « nuits. » $ 2 « Par la réunion et Ja séparation.» $ 3 : « Par l’arrivée « de Ja nuit. » $ 4 : « N’est-ce pas là une sentence pout qui a de l’in- « telligence? Toutes choses ont été par nous crééesen double; Dieu seul « est unique. »

XC, de 20 paragraphes. La vise. On y parle de la Mecque, comparée au pays délicieux où habiteront les justes dans la vie future. & 4er : « Je ne jurerai pas par cette ville. » $ 2 : « Elle est son asile, » Ensuite le chapitre traite de quelques devoirs des musulmans. $ 41 : « Ne t'avons-nous pas soumis à la dernière épreuve ? » $ 42 : » Quelle « est cette épreuve ? » $ 13 : « Celle de racheter l’esclave, » 8 14 : a de « nourrir celui qui a faim,» $ 15: « d'embrasser la foi et de prècher « Ja persévérance.»

XCI, de 16 paragraphes. Le souu. Dans tout ce chapitre, à la différence des autres, on trouve continuellement la mème rime. 8 1er: « Par le soleil et ses rayons étincelants. » $ 2: « Par la « lune qui le suit. » $ 3: « Par la lumière qui se montre grande « clarté, etc. »

XCII, de 21 paragraphes. La num osscure. 8 1° : « Par le nu qui « étend ses ailes lénébreuses. n & 19 : « Dieu ne laisse jamais un bies- « fait sans récompense. » & 20 : « Plaire à Dieu duit être motre unique « désir. » $ 21: « La possession du paradis fera ta félicité. »

XCIIL, de 41 paragraphes. LE soLeiz HAUT. « Par le soleil au plus Aawt « de son cours: » 82 : « Par les ténèbres de la nuit » $3:» Le Sei- « gneur ne t'a pas abandonné; tu n’es pas haï de lui.» Ce chapitre est relatif aux quinze jours écoulés sans que Mahomet eût ses prétendues révélatians célestes.

XCIV, de 8 paragraphes. La piLaATATioN. $ 1°: « Nous avons dilaté « ton cœur, » c’est-à-dire illuminé, en le guérissant de l’aveuglement de l'ignorance, $ 2 : « Nous t’avons déchargé du fardeau de l'idolätrie.s $ 8 : « Élève vers Dieu un cœur plein d'amour. »

XCV, de 8 paragraphes. Le ricuiEr. $ 1°" : « Parle fguier et l'olivier.» $ 2 : « Par le mont de Moïse. » $ 3 : « Par tout ce pays fidèle « (VArabie).» $ 4: « Nous avons créé l’homme dans ses admirables « proportions. »

XCVI, de 19 paragraphes. L’Errroi. Mahomet s'effraya la première fois qu'il entendit la voix de l'Esprit Gabriel ; c'était la première parole qui lui fût apportée dans le ciel. Dans le $ 4, il est fait mention d’Hénoch, qui le premier se servit de la plume pour écrire. S19: « N’écoute pas l’impie; adore le Seigneur; élève-toi vers sun trône.»

XCVII, de 5 paragraphes. Ar Kapaar. Le titre de ce chapitre signifie noblesse et sagesse. Il est relatif à la nuit où le Coran fut révélé pour la première fois à Mahomet.

XCVII, de 8 paragraphes. L’Évinexce. $ 1° : « Les idolâtres, les « chrétiens et les Juifs ne se sont éloignés de {oi qu'après avoir vu « l'évidence, » c'est-à-dire que la doctrine du Coran prouve jusqu'à l'évidence l'existence d’un Dieu unique.

XCIX, de 8 paragraphes. LE TREMBLEMENT DE TERRE. & te": « Quand « la terre sera ébranlée par un violent fremblement ; » 82: « quand « elle aura rejeté de son £ein les cadavres qu’elle y tenait enfermés, » 83: « l’homme dira : Quel spectacle ! » etc.

C, de 11 paragraphes. Les cmevaut. $ 4: « Certainement l’hommg «est ingrat envers Dieu comme un cheral indompté.» 87 : « Lui- « mème est un témoignage de *on ingratitude. » 8 {1 : « Ignoré-t-il «a donc que Dieu connait ses actions ? »

CL, de 8 paragraphes. La cazawrré. Il y est parlé de nouveau du jour redoutable de la résurrection. $ 4 : « Jour de calamité! jour épou- « väntable! » S2 : « Qui pourra en faire la description?»

CII, de 8 paragraphes. La copmiré. & 1° : « La cupidtté d’amasser « doit-elle vous occuper jusqu’à ce que vous descendiez dans le tom- « beau?» 62: « Hélas! un jour vous vous apercevrez combien vous «a vous êtes abusés ! »

CHI, de 3 paragraphes. Le som. $ 17: « J'en jure par le soir, « l'homme court à sa perte.» $2 : « Priez, et exhortez-vous réciproque- « ment à être justes.» 8 3 : « Celui qui se fait un devoir de prier sera « sauvé. »

CIV, de 9 paragraphes. LES CALOMNIATEURS, $ 1er : « Malheur au mé- « chant et au calomniateur ! » Il termine ainsi, $ 9 : « Pour eux, il « n'y aura point de rémission au jout redoutable. »

CY, deS paragraphes. L’'ÉLÉPaanT. 8 {er : « Ignores-tu comment Diett « traita le conducteur des éléphants? »n Cc paragraphe est relatif 4 « Abrahah et à la guerre dite de FEléphant. »

CVI, de 4 paragraphes. Les Kaoureysc#. & 4er : « À l’ution des AAou- « reysch. » 82 : « Ils font avec sécurité le commerce en été et en hi- « ver. » & 3: « Qu'ils adorent Dieu, qui les délivra de la disette,» $ 4: « et qui les délivra de la crainte d’Abrahah. »

CVIL, de 7 paragraphes. La maIx GÉNÉREUSE. $ 197 : « As-tu vu le mé- « chant qui nie le jugement? » $ 2: « C’est le même qui dévore le patri- « moine de l’orphelin, » & 3 : « et qui ne pense pas à nourrir le pau- « vre, » & 4: « Maïheur aux hypocrites! » $ 5: « Ils prient avec rié- « gligence, » & 6 : « et seulement par ostentation. » $ 7 : « Ils refusent « de secourir ceux qui sont dans le besoin. »

CVHNII, de 3 paragraphes. Le Kauovsrer. Le titre de ce cotrt chapitre dérive du fleuve du Paradis.

CIX, de 8 paragraphes. Les ixrmÈLes. 8 1% : « Ecoutez, /n/idèles ! » 8 2: « Je n'adorerai pas vos simulacres, etc. » Ce passage est relatif à une invitation adressée à Mahomet; on lui avait dit: « Adôté

« nos dieux pendant un »n, et nous adorerous le tien aussi long- « temps. »

CX, de 3 paragraphes. L'ASSISTANCE. $ 1% : « Quand Dieu enverra a le secours et la victoire ( pour la conquête de la Mecque), » $ 2: « vous verrez les hommes courir en foule pour embrasser l’islamisme.® $ 3: « Exalte le nom du Seigneur, implore sa clénience ; il est miséricor- « dieux. »

CXI, de 5 paragraphes. Asou GÉue. Cette soura est relative au fils de Motaleb, ennemi declaré du prophète.

CXII, de 4 paragraphes. L’unrré. Cette courte soura est une profession de foi que les musulmans se plaisent à répéter : « Parle. — Dieu « est unique. — Il est éternel. — Il n’a pas engendre de fils et n’a pas « étéengendré. — Il n'a pas d’egaux. »

CXIH, de 5 paragraphes. Le Dieu pu marin. Ce chapitre, de même que le suivant, est considéré comme un préservatif contre les enchantements; Mahomet l’avait employé, dit-on, avec succès. Les mu-° sulmans Jui donnent le nom de Maoudhat , qui signifie préservatif, et quelques-uns ne manquent pas de le réciter matin et suir. $ {er : «a Je mets ma confiance dans le Dieu du matin, — afin qu'il « me délivre des maux dont je me trouve accablé ; — de l'influence « de la lune couverte de ténèbres ; — des maléfices de ceux qui « soulflent sur les nœuds ; — et des noirs desseins que médite l’en- « Vieux. »

CXIV, de 6 paragraphes. Les aoMMES. « Je mets ma confiance dans le « Seigneur, — roi des hommes, — Dieu des hommes; — afin qu’il « me délivre des tentations de Satan, — qui souffle le mal dans les « cœurs, —et afin qu’il me défende contre les insultes des génies mal- « faisants. »

Ce livre se fait remarquer par les termes respectueux dans lesquels il mentionne à diverses reprises Jésus-Christ et Marie. Mahomet, ainsi que l’observe Pierre Damien, est un des plus anciens écrivains qui aient parlé de la conception de la Vierge, mère de Jésus. Il y fait al lusion dans les chapitres II, $ 37, XXI, 8 90, et LXVI, $ 12. Peut-être Mahomet avait-il puisé cette notion dans ses rapports avec quelquesuns des-chrétiens qui, perséculés en Syrie et en Egypte pour leur croyance à l’immaculée conception, s'étaient réfugiés en Arabie. De Mahomet jusqu’à saint Bernard, continue le même cardinal, il ne se trouve plus aucun écrivain qui en ait parlé, ce qui fait conjecturer que cette croyance fut rapportée en Occident par les croisés dans le douzième siècle. On voit l’histoire prodigieuse de Moïse et la vie miraculeuse de Jésus consacrées et embellies dans plusieurs passages du Coran ; les Juifs, ainsi que les chrétiens, se vantent d’avoir inculqué leur foi aux musulmans. En effet, Mahomet recommande à ses disciples un re<pect mystérieux tant pour le législateur des Hébreux que pour auteur du christianisme. Les musulmans disent que les ennemis du Christ, dans leur perversité, conspirèrent contre sa vie, mais que leur intention seule fut coupable, attendu qu’un être fantastique,

ou plutôt un scélérat, le traître Judas lui-même, fut substitué sur la croix au saint, au juste, à l’innocent, qui fut enlevé au ciel. La sagesse de Muise et la piété de Jésus étaient, disent-ils, illuminées de Dieu, et ces sages législateurs annoncent aux générations futures la venue d'un prophète, plus illustre qu’eux-mêmes. La promesse évangélique du Paraclet fut figurée par avance dans Mahomet , le dernier apôtre de Dieu.

On aura remarqué que Mahomet comprit la substance de sa doctrine sous ces deux propositions ou articles de fui, savoir : unité de Dieu, Mahomrt est son apôtre. En vertu du second de ces articles, toutes les prescriptions qu'il jugea à propos de formuler furent reçues et adoptées par ses sectateurs, comme étant d'institution divine.

L'observation des pratiques énoncées dans le Coran vaudra en récompense aux musulmans d’obtenir le Jennafh ou paradis, où ils jouiront des délices du Xorkan, lieu enchanteur qui, comme on l’a vu dans les chapitres 11, XLIV, LIV, est la demeure de beautés toujours jeunes. Elles s’y baignent dans des fontaines d’eau de rose, habitent des palais de diamants et de perles, et constituent une des principales félicités des fidèles.

Les mahométans matérialistes supposent que l'heureux séjour habité par ces resplendissantes houris doit être également la demeure de tous les vrais croyants. On l’appelle au-si a/-Jennath, ou le Jardin, en y ajoutant quelquefvis le mot ferdaas, de délices; ou bien l’épithete af mawah, c’est-à-dire de la demeure, et aussi af noïm, du plaisir. Il y aura dans ce lieu différents degrés de felicité, dont le moindre procurera de telles délices, que nul au monde ne pourrait y suftire, à moins. d'être doué de la furce de cent hommes. Telle sera la vigueur dont Die pourvoira les bienheureux dans l’autre monde. Afin donc que les plai sirs du paradis puissent se goûter dans leur plénitude, les nitérialistes: assurent que ses heureux habitants jouiront d’une perpétuelle jeunesse,, et auront la force que possède d'ordinaire une personne d’une trentaine: d'années.

Dans les idées de ce matérialisme, le fleuve Khaouster est considéré: comme ayant un cours d’un mois de marche. Ses rives sont de l'or le: plus pur, et les cailloux que roulent ses flots sont de perles et de rubis > son sable est aussi odorant que le musc et l’aloës ; ses eaux sont plus blanches que le lait et plus douces que le miel; son écume est plus brillante que les étoiles, et celui qui en goûte une seule fois n’éprouve jarnais la soif et devient immortel. Cependant les docteurs mystiques, et surtout le commentaire intitulé Thatoilat, veulent que ce fleuve aux richesses abondantes soit le symbole de la multitude des notions surnaturelles, allant toutes se perdre dans l’unité de Dieu , d’où prueëède la muluplication de toute espèce de biens. Ce fleuve jailht, selon eux, du jardin «ie l'Esprit divin, suurce de tuute science et de tout ben.

Le Coran est surtout digne d'attention comme ayant toujours été, depuis Mahomet jusqu’à présent, le code avil et religieux des num- . breuses nations qui professent llslam. 1l est considéré comme le

510 NOTES APDITIONNELLES.

fondement non-seulement de la théologie , mais aussi de la jurisprudence civile et criminelle. Les lois qui, dans l'Orient , règlent les nations et les droits de l’espèce humaine, sont partout envisagées comme une sanction infaillible et immuable de la volonté de Dieu. Cette servilité religieuse est parfois préjudiciable au bien de l'État. Le législateur peu instruit se laissa entrainer souvent aux préjugés de son pays et même aux siens propres ; car des institutions, bonnes peut-être paur l'Arabie, ne conviennent certainement pas à de riches contrées comme celles où s'élèvent Dehli, Ispahan et Constantinople, que le prophète avait la prétention de subjuguer. Cependant, toutes Jes fois que le cade sacré se trouve en opposition avec les principes d'équité et de justice, eu égard au pays, aux personnes, aux circonstances, le cadi ou juge, quelque peu savant qu'il soit, place sur sa tête le volume saint, après l’avoir baisé avec respect, et substitue au texte une interprétation plus confurme aux mœurs et à la politique du temps.

Les principales éditions ou anciennes copies authentiques du Coran peuvent se réduire à scpt, dont deux furent publiées à Médine, la troisième à la Mecque, la quatrième à Coufa, la cinquième à Bassora, la sixième à Damas; la septième fut appelée l’édition commune ou vulgaire. La première de ces éditions fait monter le nombre total des périodes ou versets à 6,060 ; la seconde et la cinquième en comptent 6,214; la troisième, 6,219 ; la quatrième, 6,230 ; la sixième, 6,236 ; et la septième, 6,243. On dit cependant que toutes ces éditions contiennent le même nombre de mots et de lettres (1),

Je ne connais aucune traduction italienne du Coran. Celle Du Ryer, en français, est toujours triviale ; jamais il ne se risque à reproduire Jes hardiesses arabes. Substituant au verset la forme du discours continu, il les enchaine au moyen de liaisons basses et communes. Je me suis servi du discours préliminaire sur le mahométisme, imprimé en tête de la traduction anglaise de George Sale. Marracci mit quarante ans à en faire une en latin, très-littérale, c'est-à-dire barbare; mais il l'enrichit de notes précieuses et de passages d'auteurs arabes, bien que, visant à faire une réfutation, il ait fait choix de ceux qui lui offraient la partie plus belle. Celle de Savary est meilleure : Le Coran traduit de l'arabe, accompagné de notes et précédé d'ur abrégé de la rie de Mahomet, tiré des écrivains orientaux les plus estimés ; Paris, 1783. Nous nous sommes aussi servi de la traduction faite sur le texte arabe par M. Kazimirski, interprète de la légation française en Perse, et de l'introduction de M. Pauthier : Les livres sacrés de l'Orient ; Paris, 1840.

(1) Garon DE Tassx, Fæposiion de la foi musulmans; Paris, 1815. CLUDIUSs, Mahomeds Religion aus dem Koran dargelegt.

Wii. TAYLOR, The history of mahommedanism and its sects ; Londres,

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