‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 10 sur 86 · BLASON · texte numérisé non relu

BLASON

de lear mattre; en guerre, ils étaient revêtus de ooir, et parfois de mailles et de lames de fer; ils avaient la crinière et les oreilles coupées, pour ne pas donner prise à Tennemi. Les panaches, les poitrails , les rênes, les caparaçons, qui pendaient jusque sur les sidtK>ts, étaient aux couleurs du chevalier ; le long manteau descendant jusqu'aux talons était réservé aux membres de la che* Valérie.

Frapper le cheval était réputé manque de courtoisie , et certains coursiers sont restés aussi fameux que les héros qui les montaient. Qui ne connaît le Frontin de Roger, le Bride* d'or de Rcriand, le Batholde de Brandimart, le Rabican d'Astolphe, le Bayard de Renaud , le Babieca du Cid? Certaines épées sont aussi . demeurées célèbres , telles que la Durandal de Rotond, la Hauteclaire de Charlemagne , les Fiamberges et les Balisardes (l).

L'écu se portait d'abord carré, puis on le fit en cœur; ceux qui étaient ronds s'appelaient rondelles, et boucliers ceux au milieu desquels se dressait une pointe. Les targes étaient en gouttière , et assez grandes pour abriter non-seulement le chevalier, mais encore les arbalétriers postés derrière lui. L'écu en cuir ou en métal , ou bien couvert de lames métalliques et d'écaillés d'ivoire, se suspendait au cou par des courroies; quand le chevalier amt rompu sa lance, il l'embrassait en y passant son poing, couvert du gantelet de fer. Le gantelet était le symbole du défi, et Ton n'ai venait pas aux mains avec l'ennemi avan) de le lui avoir envoyé.

L'écu était la principale pièce de l'armure du chevalier, en ce qu'il portait sa devise et les insignes commémoratifs de ses exploits dans un langage qui forma ensuite le blason. Déjà les anciens avaient fait usage des insignes sur les drapeaux et sur les armes. Moise commande aux tribus de se ranger autour de l'ardie par troupes , signes et bannières ; chaque tribu avait un drapeau particulier, de laine, de lin ou de soie, et un autre commun à trois tribus à la fois. Nous avons vu ces insignes employés par les combattants de Thèbes et de Troie (2); le géographe Pausanias trouva un aigle ciselé sur le bouclier d'Âristomène ; Virgile fait mention des boucliers peints des Arcadiens (3). Beaucoup de personnes

(1) Le tSTaot M. de Reisfrenberg a communiqué h TAcadéaiie des sdencég de Bruxelles, le 2 août 1845 , une note sur les épées et les cbeTtux fameux dans les traditions du moyen Age.

(2) Voy. vol. I, p. 634.

(3) gf ffictii Arcadet amis.

adoplideiit des emUàmes puikidiers, oasune César im papiHoii

et une éorevisse^ afin d'exprimer la prcmapiiiude et la knteur qu'il faut réunir pour le succès des belles entreprises. Sur le sceau de Pompée était gravé un lion tenant une épée; les Corvious avaient le corbeau , les Torquatus le collier, Auguste un spbynx, Séleucw un taureau^ Épaminoadas un dragon^ Mécène une grenouille, Vespasien une Gorgone. Les villes et les nations elles-mêmes se distinguaient par un symbole ; celui de Thèbes était le qihinx, et la lune celui des Arcadiens. Les Babyloniens avaient oboi» la colombe , les Athéniens la chouette , les Perses l'aigle d'or et le soleil, les Parthes le dragon , comme aujourd'hui les Chinois, les Macédoniens la massue d'Hercule. Cet usage n'était pas inconnu aux Germains (i) ; on remarqua même dans la guerre de Blarius contre les Teutons et les Kymris, qu'ils portaiaat sur leurs armes diverses figures de bêtes féroces; il est probable que Talouette était représentée sur l'enseigne de la légion gauloise qui rendit tant de services à César durant les guerres civiles.

Mais les armoiries en usage parmi nous comme signe de no* blesse, avec une couleur détermmée, des empreintes ou devises héréditaires disposées par quartiers et appelées armes ou écussons, parce qu'elles étaient peintes ou gravées sur les armes et les écus , ne s'introduisirent guère avant le onzième siècle, et ce fut surtout à l'occasion des croisades. En effet , tant que les seigneurs restaient dans leurs domaines ou aux environs , il n'était besoin pour eux d'aucun signe distinctif; mais , lorsqu'ils se trouvèrent dans une contrée éloignée , confondus avec la foule des croisés, ils sentirent la nécessité d'avoir un insigne qui les fit reconnaître parmi tant d'autres, couverts comme eux de l'armure.

Chaque chevalier adopta donc une couleur en rapport avec ses sentiments et sa fortune , ou un emblème ex[Nrimanl quelque glorieux fait d'armes ou quelque accident personnel. Ustingué par cet emblème dans les tournois et les batailles , il mettait ses efforts à le rendre célèbre; puis il le rapportait dans sa patrie, où il le suspendait aux parois de la grande salle du manoir paternel ; là

Ët LccAiN, I :

Pugnaces piclis cohibebant Lingones armis.

Et Yal. Fuocos, I s

JnsequerU, casusque iuos expressa^ Phalere, Arma geris.

(1) SaUa lectissimis colotibus distinguunt. (Taor, Mom des Gcma^K.)

Versicoloribus armis

fies fils » en le eoDiempimit ^ dès leur en&Bee , ùomm» un tropMe de sa vateor, grandissaient eveo la pensée d'avoir à littasirer par de Donreftiiz exploits. Les écussons devinrent dme tout à la fois nn roonoment et un titre de noblesse; les seigneurs qui avaient penfa oa aUéoé leurs fiefs gardèrent avec jalousie ces vieux té- OKsins de Tandenne gloire^ poor les transmettre h leurs descendanta aTec nn nom qui devenait une propriété nouvelle consacrée par l'histoire.

B est protudile que la première des armoiries fut la croix que les guerriers venus en terre sainte dessinaient sur leurs écus^ et dont la forme et la couleur variaient selon les nations. Les Italiens la portcieni Meue , les Français blanche , les Espagnols rouge , les ÂieDiands orange ou noire , les Anglais jaune et rouge, les Saxons verte (I); elle demeurait dans la famille comme un témoignage de piété et de gloire tout à la fois. Mais déjà, en iiil , nous trouvons en France des insignes de rois, de peuples, de légions; en 1251, il est rapporté que Técu du doge Marin Morosini, avec ses armwies , a été suspendu dans Féglise de Saint-Marc à Venise (2) ; à cette époque , les armoiries devenaient héréditaires. Souvent les descaidants de familles illustres couvraient l'écusson pônt sur leur bouclier^ jusqu'à ce que les coups reçus dans une bataille ou dans un tournoi eussent déchiré le voile qui le cadiaît; ou bien encore ils le portaient blanc , jusqu'au moment où ils pouvaient y consigner le souvenir de quelque haut fait.

Lorsque les croisades et la chevalerie eurent cessé, il ne fut |dus possible d'acquérir des armoiries nouvelles; mais elles furent octroyées par les princes^ et tirées le plus souvent de quelque analogie de nom. Les Colonoa adoptèrent la colonne; les Orsini de Rome et les Orseoli de Venise, Tours ; les Canossi, un chien avec un os dans la gueule ; les del Caretto, un chariot ; les Moroni , un mûrier; les Duchesne, un chêne; les Nogaret, un noyer; les Fougers,

une fougère; lesPorceletti^ un pourceau; les Pignatelli, de Naples,

(1) Dans la croisade contre les Albigeois et lesMaares , on la portait sur la poitrine; dans la croisade contre Manfrod, elle était blanche et rouge; rouge contre 4es Sla?es avec un globe dessous. Les croisés de retour dans leur pairie se ratUchaient sar Pépaule ou la suspendaient à leur cou.

(2) Cétait encore U on usage chevaleresque, et il s'est consenré longtemps . « Nos ancêtres ont conservé cet usage de suspendre les écus dans les églises, ao-dessos de là sépoltoredes chevaliers. AujourdMiui cette coutume es^t presque tombée en oubli ; mais, dans mon enfance, il y avait peu des principales églises oà Von n'en vit queiqo^un avec les snreots des chevaliers, les Iioussca des clievaox, Jet liannières et pennons qni avaient servi pour la cérémonie funèbre. » BoncHim, Délie arme délie JàmigHe Fiorentine,

il2 ONZliME iPOOUE-

une iiiarmite; les Gambara de Brescia^ une écrevisse; les Yitelleschi, les Boselli^ les Cavalcabo, un bœuf; les Pascal^ un agneau pascal; les Teufel, im diable ; les Cïostanzo, des côtes, et ainsi beaucoup d'autres : ce fut ce qu'on appela des armes parlantes (i).

L'art du blason se perfectionna dans les tournois^ où chacun se parait , ainsi que son palefroi , ses écuyers et sa suite , des couleurs qu'il avait reçues de sa dame (2), ou de celles qui se rapportaient au sentiment qu'il voulait manifester. Le blanc exprimait foi; lenoir^ trbtesse^ désespoir ou constance; le vert^ joie, espérance^ jeunesse ; l'argenté^ passion , souffrance , crainte^ jalousie; le doré; richesse, amour, honneur ; le jaune, orgueil et domination ; rincarnat, plaisir amoureux ; le bigarré, bizarrerie et inconstance ; le brun, fermeté en amour; le rouge, vengeance, cruauté, courroux, fierté; le bleu^ magnanimité et amour parfait; leverdàtre, faible espoir (3).

(0 On peut ajouter encore : lesCardona, un cliardon; les Horn, des cornes; TranchelioD et Trancbemer, au lion percé d'une épée et une dague plantée dans la mer; les Scaliger, un aigle à deux tètes portant une échelle; les Ferrers, des fers de cheYal ; Colbcii, une couleuvre, etc.

(2) Quand Villars partit pour la guerre d^Italie, en 1733, la reine de France lui donna un nœud de rubans, celle d'£spagne lui en eoToya un autre, et celle de Sardaigne lui en attacha un troisième à Turin. La reine de Prusse euToyait des rubans et des couleurs aux jeunes gens qui s'armaient contre Napoléon.

(3) S tosto una divisa

Si fe sulV armi che volea itiferire JHsperazione o voglia di morire.

Era la sopravvesta del colore In che riman la foglia che tHmbianca Quando dal ramo è toUa.

£t bientôt sur ses armes Sa main a peint emblème qui fait voir Désir de mort ou sombre désespoir- Son vêlement, de la feuille flétrie Que vient l'automue enlever aux forêts , Lorsque la sève en l'écorce est tarie.

Prend la couleur.

( ARiosTE, XXXif , 46-47. E. A. Tr . inéd. )

E con colori accompagnad ad arte Letizia e doglia alla sua donna mostra ; Che nel cimier, chi nel dipinto scudo JHsegna amor se V ha benigno crudo.

De leur couleurs l'éloquent artifice Au doux objet dont leur coeur fut vainca Dit leur espoir, leur joie on leur supplice; Qui sur son casque, et qui sur son écu,

BienlAt œfteiaes finmlles adoptèrent des couleurs propres, oomnie les comtes de Flandre^ le vertfonoé ; ceax d'Anjou^ le vert pré; 4e8 ducs defiourgogne, le rouge ; ceux de Lorraine^ le jaune ; ceux de Bretagne^ le blanc et le noir mi-partis ; les rois de France, le Ueo. Les vassaux prirent les mêmes nuances distinctives , ce fû fut le ooRunmioemait des couleurs nationales sur les cocardes et les bannières. Les pierres précieuses eurent aussi une signification : la turquoise indiqua revers de fortune sans en être accablé; le rubis, ardeur ; le diamant, loyauté; lliméthyste, pudeur.

Les arbres séculaires des parcs seigneuriaux attestaient Tancieoiieté de la possesskm , comme les longues chevelures des MélOvingieDs leur antique origine. Lorsqu'on voulait dégrader un noble , oo abattait ces vieux arbres , ou la tour ou les créneaux de soa castel. Seize oiseaux , dans les armes des Montmorency, indiquaient autant de drapeaux quils avaient pris à Fennemi. Dans celles des marquis espagnols du nom de Comanès, un roi maure enchaîné rappelait leurs triomphes à Cordoue. Les Michiel de Venise portaient vingt et un besants d'or sur fasce d'argent, parce que le doge Dominique Michiel, étant chef d'une croisade et se trouvant à court d'argent, paya ses soldats en monnaie de cuir^ qu'il remboursa à son retour contre espèces sonnantes. Le cardinal Giovanni , étant allé à la terre sainte comme légat, en rapporta la colonne de la flagellation; de là, le nom de la famiUe Colonna, qui adopta pour armes la colonne d'argent sur champ d'azur; plus tard on la surmonta d'une couronne quand Étienne Colonna eut couronné l'empereur Louis de Bavière; on y ajouta les quatorze étendards enlevés aux Turcs de Marc-Antoine à la bataille de Lépante. Les descendants de Pierre l'Ermite portaient sur chanip de sînople un rosaire d'or et trois roses d'argent. Les fils des croisés adoptèrent la croix , et ensuite le croissant mahométan. Christophe Colomb prit pour cimier un globe d'or surmonté de la croix, pour indiquer sa découverte , les richesses qu'elle produisit et le christianisme implanté dans le nouveau monde.

n serait impossible de dire la variété à laquelle on arriva avec le peu d'éléments que fournit le Uason (i). Par exemple, en

(1) Ceai qui aurue&t le temps de jeter un ooop «Tceil sur le lirre de la Ck)' iombièffe leraieat étonnés de la variété infioie à laquelle on arriva arec des éléments aussi bornés; noais qui pourrait avoir cette paUence si ce n'est le pauvre Jiislerieuy qui se oondanme à cet enaul pour répargner aux autres ?

Par quelque emblème indique si sa belle A son ardeur est sensible ou rebelle.

(/d., XVII,72,<<<. )

mST, UMV.

ONZiiMB iS«OU£.

pFeBaDi «ettleifiôDi le lion^ et aaus parier des cantenri, tentôi il est rampant I tantôt tournaat la téte, tantôt levant les jantes, tantôt montant 9 suspendu par une fime, décapité^ sail ou avec d'autres, ou bien avec des aoimaui différents. Tantôt il porte une cour(»ine, ou un chapeau, ou un casque, ou un capuce; tantôt il a deux ou trois têtes , deux ou tffoia (fueues, ou il est ailé , ou il n'a qu'une téle pour deux ou trois corps. Il tient entre ses gifles ou l'épée, ou le sceptre, ou la masse d'armes f ou la croix, ou le caducée, une clef, un Hs, un château, une hache, une fleufr Ici il est vétu* en pèlerin; là, assis dans un fauteuil; aiUeuis, c'est sa tète seulement avec ses quatre griffes aux coins, ou bien une griffe seule tenant une épée. Quelquefois il est; séparé en deux, la partie inférieure placée en haut, ou bien transpercé d'une épée; il est en échiquier, ondé f à fleurs de lis; ici derrière une grille, là avec im enfant; tantôt il sort d'une forêt, tantôt il se termine en poisson, en setpent, en dragon.

Une histoire naturelle toute particulière au blason exprimait les idées diverses à l'aide de monstres et de chimères d'une espèce nouvelle : c'étaient des aigles à plusieurs têtes, des griffons, des cerfs ailés, des licornes, des sirènes, des centaures, des Poiypbèmes, des cerbères. Ici c'est la panthère, dont la peau attire par son odeur les autres animaux, taudis que son regard les épouvante , ce qui fait que pour les saisir elle cache sa partie antérieure; là, le castor, qui, pour se sauver du chasseur, coupe ses parties génitales; ailleurs, des dragons gardant des trésors , des salamandres qui vivent dans le feu ; la rémore, petit poisson qui arrête en «ner les plus ^os vaisseaux ; l'hyène , dont l'ombre rend les chiens muets; la vipère, qui, frappée d'un roseau ou d'un ram^u de hêtre, reste dans la stupeur; puis ce sont encore des porcs-épics qui hérissent leurs dards, des crocodiles qui pleurent, des cygnes qui chantent, des pélicans qui s'ouvrent la poitrine par amour paternel.

Simples comme emblèmes de fiefs, les armoiries se compliquèrent quand elles devinrent des insignes de fanûUe; eUes durent alors embrasser l'histoire des mariages, des hérédités, des généalogies vraies ou supposées. De là sortit ce langage hiéroglyphique, composé de deux métaux, de cinq couleurs, de deux draperies ou fourrures , dont se formaient neuf champs ou fonds qui recevaient les armes, combinées avec ces mêmes méaux et couleurs. Cette science ennuyeuse , et qui n'est rien de plus aujourd'hui, formait, il n'y a guère plus d'un deaoû-siècle,

WLkSÊ».

Ht

partie faïUgranie de Féducatio* de k jeune noUesee (4). Les éeunooe révéhrient les havts faits oii les forfiiituras du cbevaiîer^ ses illustres parentèles et ses mésalliances; beaucoup de gens s'abatenaîent de niai faire dans la craiole d'entacher hràr blason.

La eommune^ q«i iomiaît une personne avec ses privilèges et m représentatioDy prit aussi êtes armoiries, et parfois eut ï soutenir de longs débato pour les conserver. Ces différends éUnent moins puérils qu'ils ne paraissent; car c'était un symbole de drcnts et de franebises, et l'on sait combien l'association des figures aux choses igvrées a d'influence sur les hommes. Notre siècle d'égalité se rit des formes , et peat-étre un jour H regrettera d'avoir détruit eettt dernière barrière*

Le Tulgaire même Toahit avoir ses symboles, et ce fut l'enseigne qne le marchand ou le tisserand suspendait à sa porte , et que te père transmettait à son fils, en apportant le plus grand soin à la conserver sans tache. Les confréries religieuses eurent aaaeî leurs armes ; car on peut considérer comme tettes les torches aflamées des dominicains, les bras en croix des franciscains, la devise des minimes, ChariUts, et le monogramme des jésuites.

Les nations une fois constituées, chacune actopta un écnsson, qai souvent fut celui des princes appelés à régner sur elles; à mesure que d'autres pays Âirent rétmis au royaume, leurs armes furent éêartelëes avec les siennes , de telle sorte qu'un œil exercé pot lire l'histoire d'un pays sur son écusson.

Lorsque Alfriionse-Henri eut délivré le Portugal de la crainte de l'étranger, il forma les armes dNi royaume des écos de cinq scheiks tués à la bataille d'Orico , en les disposant en croix, avec cinq besants d'or dans le champ d'azur de chacun. Le peuj^e se complut à y voir une allusion aux cinq plaies du Christ et aux deniers au prix desquels il fut vendu.

On ne saurait déterminer avec certitude l*époque à laquelle la France adopta les fleurs de lis. Quelques-uns voudraient les retrouver dans des monuments très-anciens^ et jusque sur le tombeau des rois de la première race; d'autres y reconnaissent la lance de l'infanterie française; mais il ne paraît pas qu'elles aient été arborées avant Louis VII , et il n'est fait mention de la bannière aux fleurs de lis qu'à la bataille de Bouvioes (1214). On a même prétendu que la devise, LiHa non nent, faisait alhision à la loi salique, qui ne permettait pas que la couronne tombât en quenouille. Phis anciennement ^ les Français avaient

(t}T0T. laiMHeaâdR. B.

il6

ONZIÈME tPOQTJE'

roriOamtne^ que les moines de Saint-Denis portaient dans les processions et les guerres, et que les kms, après leur couronnement, allaient prendre à cette abbaye.

Dans l'écussoi) britannique se combinent le lion d'or et la licorne d'argent d'Écosse , le léopard d'or d'Angleterre , le dragon de saint George, patron de l'ordre de la Jarretière, et le cheval sans ;9^rhanovrien. Le chevalier foulant aux pieds un dragon, anciennes armes de Moscou , fut adopté par Ivan III Wasiiiévitz avec l'aigle à deux têtes, comme écusson impérial de la Russie, autour duquel de nouvelles conquêtes n'ont cessé depuis de grouper d'autres armes*

L'aigle était pour les Romains le signe de la souveraineté; les Lagides en firent graver sur leurs médailles , souvent deux à la fois, l'une couvrant l'autre, de façon qu'elles semblaient n'en former qu'une à deux têtes. On en voit encore une de cette espèce sur le bouclier d'un guerrier de la colonne Trajane, et Juste Lipse pense que Ck)nstantin l'adopta pour indiquer l'union des deux empires d'Orient et d'Occident. C'est là un songe; il parait plutôt qu'à l'époque où Tempire germanique échut à Henri Yll de Luxembourg, il réunit à l'aigle impériale celle que portait l'écusson de sa famille , ce qui fut accepté par ses successeurs et conservé par l'Autriche, même lorsqu'elle eut érigé en empire ses pays héréditaires. Un empereur d* Allemagne demandait à l'ambassadeur de Venise dans quelles forêts ses compatriotes avaient pris leur lion ailé : Dans celles, répondit-il, oU les aigles à deux becs font leur nid (i).

(I) Les moDDaies byzantines oiïrent on exemple de l'aigle à deux têtes. Dans les armes d'Autriche, Talgle Impériale porle au milieu de la poitrine l'écusson de la famille régnante , c'est-à-dire une barre d'argent en cliamp de gueules , ayant à droite le lion rampant couronné de la maison de Habsbourg, de gueules en cliamp d'or, et à gauche les armes de Lorraine ; à savoir, une barre de gueules en champ d'or, a?ec^ trois ailerons d*ar^ent. Autour de cet écusson primitif sont disposées en huit champs distincts les armes des divers États réunis à l'Autriche. Ainsi la croix patriarcale sur la triple colline de sinople, pour la Hongrie; la martre grimpante entre deux fleuves d'argent avec l'étoile d'or, pour TEsclavonie; les sept châteaux de gueules, pour la Transylvanie; les couronnes de Gallicie, la panthère rampante de la Styrie, l'aigle avec la verge au trèfle du Tyrol, les lions de sable passants de Carintiiie, la hure de sanglier de sable de la Servie et d'autres encore sans oublier les prétentions aux pays possédés quelque temps , comme l'Espagne, la Sicile, les Indes, et ceux sur lesquels l'Autrîebe conserve quelques droits, comme Jérusalem.

Anciennement les comtes de Savoie portaient l'aigle noire en champ d*or. Victor-Amédée H, en prenant les armes des rois de Sardaigne, les plaça au centre des siennes, écartelées de celles de Chypre et de Jérusalem, du duché

BLASOff.

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Oo sait que oe symbole de la reine de l'Adriatique est emfnoAé an saint sous la protection duquel elle a prospéré si

)0DgteiIl{l6.

Qoelqoefois^ pour honorer ime famille, les grands et les rois W oopcédaient d'emprunter leurs armes, comme les lis, les deb, Faigle. PliKieurs États prirent pour armes soit leur patron, mt la Vierge; la plupart des communes, la croix diversement tisposée et nuancée. Mais, s'il fallait rechercher les motifs de ces différents insignes et des devises qui les accompagnent, ce serait k n'en pas finir (1).

ée Gènes et de U principauté de Piémont. Cliaries-Albert s'en est tenu à la CMis Uandie en ehamp de gnenles ; mais le grand écosson embrasse les dlflé- Midft drotti y savoir, outre Paigle de Savoie, la eroix d*or, avec quatre pe* tites croix aussi é^or en champ d'argent, armes du royaume de Jérusalem; fécu barré d'argent et axur, aiec le lion d'or des Lusignans; l'autre barré d'or et de sable, arec une guirlande Terte en traTers, de la maison de Saxe ; le cheval d^argent fMBfMit en champ de gueules de la Westplialie ; les trois gardes d'épée en or tf'Aiîgrif; les trois lita d*or en champ d'axnr et le bâton rouge de Soissons; fécosson d'Arménie et de Luxembourg, d'or dans la première partie, aiec le lioa de gueules, d'argent dans Pautre, aussi arec le lion de gueules; le lion d'argent en champ de sable pour le duché d'Aoste; la croix rouge en diarop d'argent poor Gèoes; les cinq points d'or et quatre d'azur pour le Geneyois; la croix d'argent en champ de gueules, et en liaot de l'écusson le râteau d'axur, pour le Piémont; le chef de gueules et champ d'argent pour le Montferrat; le lion de sable en champ d'argent semé de billettes pour le Chabelais ; l'aigle de gueules en champ d'argent pour le comté de Nice ; l'écusson d'argent au chef d'azur pour le marqvisat de Saluées; la croix rouge accompagnée de quatre têtes de Maures povIaSardalgne.

(1) Monza, qui possède la couronne de fer, l'a gravée sur son sceau , où se lisait déjà très-andenaement : Est sêdes Hcdix regni Modoeiia nuignù Après les Yépres sicSiennes, Messhie arbora sur son étendard la croix portée par un ioo, avec ces mots : Fert leo vexiUum Messana ctim cntee sigumn, Pisloie laaerivtt auloar de son écnsson en édiiquier *. Qux volo tantUio PMoria eeia $igiUo. Florenee eut d'abord sa bannière roipartie blandie et rouge; elle y joignit CBiaile la kine rouge de Fiesole, puis la fleur de lis ou plutôt la fleur de juiobe (<r0ot florentina). Quand les GueUes remportèrent, la fleur de lis fut range en champ blanc, tandis que les Gibelins avaient déployé le lis blanc, ca y joignant faigle noire de l'Empire. Les Florentins arboraient aussi le lion, qoi se vatroave dans le sceau de Gortone, afec l'exergue : SU tuior Car tome, sis semper Marcs patrone ; Naples, la sirène; la Sicile, les trois jambes rappelant la forme triangulaire de l*lle; Kmpoli, le porUil de l'église de Saint-André, aotoor de laquelle se forma la ville nouvelle. Souvent les armes étaient priantes : Turia avait un taureau rampant ; Monsumano avait un mont suraaoalé d'âne nsahi (wumo ), et Montecatino, un mont surmonté d'une coupe (caiiMO); Barga, nne barque; Piscia, un daupliin couronné ( pesée ^ poisson ). On MNUTtasait même dans la ville les animaux qui figuraient dans les armes ; des lions à Venise et k Florence; des ours à Bem, k Appenzel, à Saint-Gall. Voir à ce atiiel Mabhi, Si^i anticM. Quand Louis XI eut enlevé Amiens aux

La ville de Ifilu avftit la Itanaière rouge avec la emx Manche, au ooQiraire de Gàme, qui l'avait blaache avec laemiîx rouge; elle y ajouta ensuite la vipère des Visconti, adoptée» dit-on, j)ar ua Othon, fils d'Aliprand, vieoRit« de Tarehevéque de Milan , qui portait en terre sainte un écu avec sept petiiei guirlandes y pour signifier que^ seul, il suffisait pour reoveiMr sept ennemis. £n étant venu aux mains avec un Sarrasin qui pof» tait sur son cimier un serpent dévorant ua boounâ , 'û s'm mb* para, et l'adopta pour sadevise et celle de sa fawitk. Cet eiiiblèQi6| destiné à orner plus tard l'écusson milanais , devait par la suite figurer avec tant d'autres au sein de l'aigle autrichienne (i).

Chaque quartier de Milan avait même son enseigne particu* lièvre : la porte de Ronie, un étendard rouge ; cdle du Tésin, ua étendard blanc; celle de C6aie, un étendard à carreaux rooges et blancs; celle de Veirceil, an étendard rouge en dessus, blanc en dessous; la Porte-Neuve, un lion à carreaux rouges et blancs; rOrientale, un lion noir; bien plus, chaque paroisse se distinguait par sa bannière, avec laqueUe elle se réunissait en farkmmt aa marchait au combat (i).

Les armoiries étaient sous la surveilhmce des hérauts (3), offi* ciers d'armes attachés à la personne d'un seigneur ou au chef d'un ordre de chevalerie : messagers invivables, ils réunissaient le peuple quand il en était besoin , annonçaient publiquement le cours plénières, négociaient les traités de paix et les mariages

BoarguignoDS, il lui douu pour devise : lÀUii Unad vMmjmmfmr, MroMe, qnl n^aTMt jamaig étéprige, eiit celle-ci : Urb$ nescia vind.

(1) Otifier de U Marche raconte» aa contraire, qu'an Ronifaoe, comte de Pavie. époosa une fiiie d« «eignenr de Milan. TaadUqa'il fidsait la guerre en Palestine, un serpent toa son iHs ainé dans son berceau, etetnsa de grands man an paya. Lorsque le comte fat de retoor, il le combattit, et resta Tainqoeor, el au grsînd péril de sa fie. Pétrarque vent qœ Aian Visconli, jeune eaeore, traversant les Alpes , ait mis bas son casque pour ae re|H>ser, et que, Tayant repris mns s*aper* ceToir qu^nn serpent s'y était glissé, il l*en vit s*éehapper sans lui fairs aocmi mal. Apercevant là un augura favorable, il anralc adopté ce reptile pour cimi«^ mais nous avons des vêtements de Galéaa , son père , d^à blasonsés ^ la vl* père.

(2) Parmi les quartiers de Rome, ceint des Monts a pour armes trois monts sur champ blanc; Trévi, trois épées sur champ de gueules ; Oelona, la cokwne de Marc Anrèie sur diamp de gueules ; le Champ de Mars, la deml-lmic sur ehsmp de gueules ; Ponte, le pont Saint- Ange sur champ de gueules; Parione, Itilppo* griffe snr champ blanc; Regolo, un cerf sur champ d*acnr; 8alnt-l£«staolie, «ne tèie de cerf portant la croix ; Pigna, une pomme de pin (piçna). Et de même à Gênes et dans les autres villes dltalie«

(3) Hm^-aldf iiommes d'aroMs» on féêrr'fmêd^ idèleaa aetgaenr.

entre les prâices, portaient le gsnt et les carteh de défi y diri^ gewBt les coariMts réek oa stmolés sans faeomer mem pmHif et imoissaietti te déloyeaté. Os revétaioit les armoiries d« pays ou de l'ordre qii^ représentsieiit^ et en premiefit même le tobi, «'appelant Bretagne ^ Sicile, Savoie, Le hérairt de Franee avait iom Memàfcie , da cri de guerre de sa nation; eelai de BoBrgogne, IbftSM «Tôt, de l'ordre célèbre instîtaé éum ce pays.

Us passaient par trois classes , chevaucbeurs , aspirants , héraats d^armes; les principmx s'appelaient n>£f d'eurwies. Le chevauchenr qoi devenait aspirant, était présenté par m héraut au seîgaenr, q» loi tnposait on nom. Le béraut, le tenant par la main dr(»le, rappelait alors de ce nom nouveau, et, de la main fauche, M wrsBil s&t ia tMe «e eoupe de Tin; prenant ensuite la tunique du seigneiir, â lapassait'an cou de Paspirant, de façon qu'une des manches lui tombât sur la poitrine, l'autre snr le dos; il restint ainsi sccoatré jssqn'à œ cpiil devint liérasi. Les chevaucheurs portaieirt Fécosson an armes du seigneur sur le bras droit ; les mapiffants, enr le bras gauche; les hénnits, sur la poitrine.

Le premier roi d'artnes représentât le rot. Le jour de son ins<taHi^ion, il se transportait au palais, où les chambellans l'attendaient dans on appartement préparé exprès pour lui , et l'faabil- Went oosnne le roi lui*méme. Lorsqoe le roi Téritable devait se rendre à la messe, le ooonétable on le marécbid conduisait le roi d'âmes tioovelleaient élu près du grand autel, sur un siège coavertde velours. Là il prétait, à genoux, serment au roi , qui lui eonférait la cavalerie avec l'épée , M passait le surcot blas(mné, et Ini imposait un nom qve répétaient les autres hérauts. Venait ensoite le banqœt, où il était servi par deux écuyers, et buvait dans une coupe dorée, qui était ensuite portée au roi et remplie Itti de pièces d'or; enfin il était reconduit dans son apparte- OMt » où on chambellan kû présentait l'habit royal et la couronne.

Les hérautsse transportaient avec solennité dans les cours pour messages et ambassades; ils corrigeaient les abus qui s'introduisaient dans les armoiries, reconnaissaient les degrés de noblesse. Quand les rm donnaient de grands banquets, les hérauts invitâent tes grands digmtaires à y faire le service de bouteiller, d'éçuy^ tranchant, de pannetier, de grand maître. A ia mort du roi , les hérauts renfermaient dans le tombeau la main de justice, ia couronne et les autres insignes honorifiques ; on aurait considéré eomme une violation du droit des gens de foire la fpierre sans Favoir lait dédarer personnellement par «s héraut. Ën , UnisXill eovoyiM ewcere me dédaratîea de ce genre au car-

ONZliMB iPOQUE.

dmal infant^ gouverneur des Pays-Bas ; mais^ avec les progrès de la civilisation ^ on mit à l'écart de pareilles cérémontes , et Ton jugea suffisant de déclarer la guerre sans messages; on trouva inéme plus conunode de tenir la déclaration secrète , pour surprendre l'ennemi au dépourvu.

Les hérauts nous ont laissé les premiers écrits rotatifs à la science héraldique ^ dans laquelle ils étaient maîtres, et dont ils devaient résoudre les difficultés. En effets quand un chevalier se présentait pour combattre dans un tournoi y ou pour courir laUoice dans une joute y le héraut examinait son écusson ; puis y s'il le trou* vait sans tache, il le proclamait au son du cornet, cooune sonner du cor se dit blasen en allemand, de ce mot est dérivé le terme de blason. Ces cimiers à double corne dont wmi décorés notamment les écussons àes] Allemands signifient que leur noblesse a Bubi deux fois l'examen du héraut.

Un plus grand raffinement fut cdui des devises : pensées caractéristiques , exprimées en peu de mots, ou par une image , que l'on peut comparer au langage muet des temps héroïques et aux énigmes dont s'amusent les sociétés décrépites. Les devises étaient individuelles, rarement héréditaires; on les portait inscrites sur Tarmure , sur l'écu , sur le harnais du cheval , comme indication d'un caractère^ d'un sentiment particulier. Quelques-unes étaient idéographiques , comme le bœuf pour la fatigue , les abeilles pour Findustrie , la lampe pour la vigilance! On frappa pour Brutus et Gassius des médailles avec deux poignards et le bonnet phrygien^ parce qu'ils avaient reconquis avec le fer la liberté, indiquée par le bonnet. Plus souvent elles se composaient d'une figure , qui était comme le corps , et d'une légende, qui était comme l'àme , et qui donnait l'explication du type. Ainsi , un rayon avec ces mots^ Je m'élève en brûlant; une palme se desséchant, avec ceux-ci , Donec longinqua^ pour exprimer le regret de l'absence; une mer agitée par les vents, avec Turbanty sed extollunty indiquait la force à endurer les revers. Un ver à soie renfermé dans sa coque, et ces mots, Ut purus evolem; une cigale exposée au soleil^ et ceux-ci , SUet dum non ardet; une salamandre dans le feu, disant, Morerer extra ^ exprimaient les différents états de l'amour. Un chevalier avait pris un sceptre avec un joug en travers^ et pour légende : Serviendo regno.

Panni les premiers Normands qui envahirent l'Irlande^ il y an avait un qui portait sur son écu : J'aime mon Dieu y mon roi, mon paye; un autre : Un dieu , un roi; un troisième : Duetus non coacfus. Le seigneur de Ck>ucy exprimait son orgueil indépendant par

ctt YMm^nmésiRoinendi, prince ne comte au$si;je iuislesire ie Comey. Le cri guerre était Coucy à merveille ! Celui de la maison deCréquy était : A Créquy, Créquy le haut baron,nMlne$'y frotte* La funiUe française de Broglie avait pour devise : A nul autre, dont la significatioD se rapportait à Dksu , au prince j ou au pays. Les BeAamaDoir inscrivaient sur leur écusson : J'aime qui m'aime; les Saint-Martin d'Agliè : Jus in armi$; les Balbi de Gbieri : Fait deffoir; les Trotti Bentivoglio : Qu^ me susti$ient porto ^ avec une ancre. Le cri de guerre de la maison de Toumon était : Au plus dru; celui des princes de Lorraine : Place à la bannière, pour indiquer qu'ils voulaient le premier rang à la cour comme sur le âamp de bataille. Alphonse^ seigneur de Goulaine^ fut envoyé par le duc de Bretagne au roi d'Angleterre y puis au roi de France, pour négocier un arrangement entre eux ; ayant réussi dans cette mission , il refusa les dons des deux souverains* Chacun d'eux en conséquence lui accorda} moitié de son écusson. Il cbmbina ces deux moitiés avec deux A couronnés et réunis par un troisième plus petit y accompagné de ces mots : Je mets d'accord l'une et Vautre couronne. Godefroy de Bouillon , pendant le »ége de Jérusalem, perça d'une flèche trois oiseaux perchés sur la tour de David ; ils figurent sur une bande rouge dans l'écusson de la maison de Lorraine, avec la devise : Casusne, Deusne ?

Quand saint Louis épousa Marguerite de Provence , il lui donna on anneau formé de marguerites et de lis alternés, avec un crucifix au milieu de cette inscription : Hors cet anel^ pourions-nous trouver amorT Cette reine avait pour devise une marguerite des champs, avec ces niots : Reine de la terrcy servante du ciel, Nicolas de Rienzi exposa différents symboles aux regards du peuple de Rome, quand il voulut a prendre l'Italie aux cheveux , c pour la faire sortir de son indolent sommeil (i). »

(I) Void la description d'an tableau quMl 0t peindre sur la façade du Capitole, devant le marclié :

« An milieu d*une mer orageuse, on Toit une barque* sans yoiles, sans gou- ■ Temail, près de sombrer. Sur celte l>arque, une femme à genoux, habillée en « deoil, les mains croisées sur la poitrine, tes cbeveux en désordre, les yeux lar- « mojaots, semble Touloir, par la prière, conjurer le danger. Un écriteau dit : « Voici Rome. Au-dessous de cette barque, on en aperçoit quatre autres déjà « coulées, et chacune avec une femme morte. Six écriteaux disent : Babylone^ « — TVole, — Carihage, ~ Jérusalem, — Ces dUs tombèrent à ca%m de m leurs injustices — Tu Vélewu au-dessus de toutes les jouissances de la « terre, et à V heure qu'il est nous attendons ici ta chute, — A gauche, on m Toit deux lies. Dans la première est assise une femme qui parait avoir lionte « de fM oisiveté ; deox écriteanx disent : Voici l'Italie. — Tu imposeras tan m joug àtous tes pofs du momde; mais pour moi tu as to^ours été une

ONZliHB ApOQUB.

Viiflhrio Orstari prit pour devise un diameau tecmbbnt une source, eipour Ame : // me plaU la iiméler; alknion Macto à ces capitaines d'aveoture qui ne vivaient que de désordres. Oaatruccio parut, au eouroanemeni du duc de Bavière, avec im vêtement cramoisi; et ces mots tracés sur la poitrine : IltneMcs queiHeu veut ; par derrière : // eu sera ee^ Dieuwmdra. Quand Pierre de Bourfcon épousa Aime de France , fille de Louis XI, les courtisans prirent pour blason un P et un A, lettres ioHiales de leurs nomS; enlacés à un disrdon ; rébus destiné à exprimer «Aer (foU) d'aprte la prononciation du temps. A la bataile 4e Gréey , le roi deBobéme^quioombattaità la solde des Anglais ^ avatt sur son cimier trois plumes d'autruche , et pour légende : lek éiern , Je sers. Le prince Noir Payant adoptée dans cette journée, éS» devint la devise propM de la principauté de Galles.

Au seiziènie siècle, les devises devinrent une manie de luxe, et l'esprit des honunes de lettres les plus en renom Ait nus à la torture pour satisfaire la vanité ou le caprice de leurs Mé^ oèoes^.(l). L'un prit l'Etna couvert de neige , avec ces mote : Un

« Mnr. DaMla éumàèmt se traoTeat qaaipe Ibnunes qui , àjtai les aisiiift e|

« leB joues appuyées sur les gonoux, semblent livrées k une tristesse prolbiid«« n D*aprèft leurs emblèmes, on reconnaît que ce sont les quatre vertus cardinales, n Un écriteau dit : Nous étions jadis tes fidèles compagnes ; maintenant iu tt e$ seule au milieu dé la mer en courroux. — A droite, on TOit une petite « lie, avec une femow toute vétye de btanc, agsaoï^lée , et teadeat tes uiaiae « vers Je cîel. Deux écriteaux dirent : Foi chréliemne.^ Mon Père^ mom guide, « mon Seigneur, où irai-je si Rome périt ? ^ Du côté droit, dans la partie su- « périeure, on découvre quatre rangs d^animaux qui, ayant tous des ailes aux « flancs et des cornes à la bouche, paraissent souffler, comme des vents, pour « aider la tempête à submerger la barque. Le premier rang est composé 4ê « lions, de loups et d'ours, sfec eet écriteau : Voki les puissoMis barons et «( les gouverneurs du pays, — Le second, de chiens, de porcs et de boucs, « avec cet écriteau : Voici les mauvais ministres, leurs conseillers, et les n partisans des nobles, — Le troisième, de dragons, de renards et de montons, « avec cet écriteau : KoicI les faux officiers publics. Juges et notaires, — « Le quatrième, de cliats, de lièvres et de singes, avec cet écriteau : l'oict les « bourgeois adulateurs, faussaires, voleurs, meurtriers. — Dans la partie « supérieure du tableau, on voit la Majèsté divine se montrant du haut du ciel ; « deux épées sortent de sa bouche, prête à prononcer un jugement terrible ; « mais saint Pierre, d^un côté, saint Paul, de Tautre, semblent le susiiendre par M leurs prières. »

( Vita di Cola d'un contemporaneo, écrite en dialecte napolitain .)

(I) LoGA CoRTiLB ( Hagionamento sopra la proprieià délie imprese ; Pavie, 1S74 ) disttngue neuf sortes dinventions : I* les enseignes, signes dIsliacUfo des dtgaltés, oenuae taeeuroune^ les bandeaux, la tiare; 2* les armes de famille, qui téms4gtent de té noblesse des femllleB, et sent héréditaires, k la dffffàreoeB éek Hekléwm (êmprese ); S* les ileHiSf eu eotleurs; r (st Krrtfas, ou ooa«

^KÈmm, ijin— Il ETC. Itl

MHT ée fm mm des formes ylaeéet; «a antre» on boutai de m», Mec VimÊeriftim: Midms elle m mamlreypkueiU est àeile; eeàil-ci ^ «mœod, Mee rinsoripUon : JammU il ne se dénatsera; ocha^là 9 im wtàéX voilé de muiges y avec cette légende : TVmdb fiieje mseoaeheauxmÊtreSy je brille pitur moi-même. Madame de fléfîntné ftvait adopté poor devise ane hirondelle^ avec ces mc^ : If/ritêd «ledkmff^eàedoiM an chevalier de Grignm rayon avec la légende : Qu'il dure pemy powvu qu'U m'élèi^; et à la belle nMUfaune de Lesdtgmèrea^qiri entra au cornent à vingt^huii ans» un oranger^ et ces mots : Ls fruit déêruiipsts la fleur. Gfaariaa-Qnint, fiûaant «dksion à la déemiverte de FAœériqae, adopta poor devise les oo4onne$ d'Bercule , avec cee mots, Plus uUrm ; Lnuii Xfl, nn bérison disant ComitHM eminms; EmuMunel- Pfaiiibnrt de Savoie, un éléphant , infestue émfesUs. Le comte Vert, ainsî appelé de U conleur de ses armes, avait pour emblème les lacsd'amoor^ qnîpassfemtdaasl'écnssonde lamMSon de 8a^ voie. Laurant de Médicis donna pour insigne à l'oidre du Diamant i'aign^ mmsÊBilé^, et Semperreoim ; Alexandre, due de Florence^ avait pris pour emblème le rhinocéros avec les mots : Ne vueho ssn vèmety je ne guerroie que pour vaincre. Qt)and FAutriche éleva ses prétentions , eHe adopta pour chiffre les vojfelles AEIOU, qui s'interpréUient ainsi : Amtrim Est Imperare Orbi Vninerso, et en allemand : AUes Erdreich ht Oesterreich IhUerikem(i).

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