CHAPITRE VL
BLASON, ARaOtRin, BKYlftBS (l).
ONZliHÉ ÉFOOXTS*
d'un collet de fer, d'un casque avec une bonne calotte, d*ane épée^ d'une lance, d*une targe et d'une dague. Le heaume, la visière et la partie qui couvrait le nez étaient parfois d'une seule pièce, toute remplie de ciselures et de rubans qui flottaient au gré du vent. On surmontait le cimier de cornes , d'ailes d'animaux ou de monstres, d'où les titres de chevaliers du Lion, du Dragon, de la Cigogne. Dans la suite , il acquit des former plus légères, et enfin on se contenta de l'orner de plumes. Les rois portaient le heaume doré; les comtes et les ducs, argenté; les guerriers de race ancienne, en acier poli ; les autres, en fer. La calotte (cervelliera) fut inventée par Michel Scot, au temps de Frédéric II.
Le buste était abrité par la cotte de mailles, par la cuirasse en lames de fer ou en anneaux , dite chemise , par des plastrons de cuir bouilli et par des corselets; par-dessus l'armure on portait le surcot, sorte de petit manteau fendu sur les côtés, qui se blasonnait de couleurs variées, à raies, à losanges, en échiquier^ et se doublait de vair ou d'hermine.
Les longues lances ne pouvaient servir qu'à distance , et c'était s'avouer vaincu que de hausser la sienne. Parfois elles étaient faites d'un tronc de pin ; il fallait donc , afin de pouvoir les manier, y faire une entaille près de l'extrémité inférieure; elles se tenaient fermes sous l'aiselle, ou s'appuyaient sur l'arrêt fixé à la cuirasse ou à la selle.
Parmi une variété infinies d'épées, il yen avait en forme de scie; d'autres étaient très-longues et demandaient l'emploi des deux mains; pour manier ces dernières d'estoc ou de taille, il fallait un bras des plus vigoureux. Lorsqu'on se prenait corps à corps , ou que l'adversaire était renversé, on tirait le poignard , et, par un étrange euphémisme, oh appelait miséricorde le stylet ou dague acérée dont on se servait pour dépécher son ennemi. Mais, comme il était très-difficile de traverser avec la pointe du fer ces armures de trempe très-fine , on avait recours à des masses ferrées, terminées par une grosse pomme garnie de pointes, ou par une boule de fer suspendue à une chaîne; c'était avec cet instrument qu'on martelait les casques et les haubert^ pour étourdir ou briser celui que l'on ne pouvait percer. Les prêtres en faisaient particulièrement usage , comme pour se conformer au précepte qui leur défend de verser le sang. La hache à deux tranchants devait aussi , dans des mains exercées , faire d'affreux ravage parmi la tourbe sans armure des piétons.
Les chevaux étaient l'objet d'une attention particulière. Dans les tournois , ils paraissaient couv^ts de soie, avec les armoiries