‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 11 sur 86 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

nÉBoas, aoMS ns riaiu^ titres.

Tandis (pie les nobles acquéraient les insignes destinés à annoncer leur rang, les plébéiens sentirent le besoin d'exprimer leur personnalité d'une manière plus individuelle. On sait que, chez les Romains ^ l'esclave était désigné par un seul nom, indiquant sa nation ou quelque qualité, tandis que les hommes libres en portaient trois: le prénom^ indiquant l'individu; le nom,

leurs des habits de fête; 5*" les modti ifog^), qai sont les modes nonvélles tes les ^êtewêfttot e* les emèSèmeê, figares avec une ^gBiAeMSen monAe ; 7* les revers des médailles , qui rappelleiit qoelqae fMt iBSl^e ; S"" les ehtffreS , earaelètss ée ceavsnllM ; Jm hi^rè^phes, flgares dVtnlaunix oa hnsgesmyslérieotes.

(l}Tay. lansis addit C.

ONZIEME iPOQUE.

désigoant la gens, et le surnom {cognometij , indiquant la famille. Lorsque y au déclin deTempire , la vanité all^ croissant, les noms se multiplièrent; ainsi l'auteur des Saturnales fut appelé Théodosius Âmbiosius Macrobius Sicetinus, et le conseiller de Théo* doriCy Flavius Anicius Manlius Torquatus Sévérinus Boétius.

Lors de Tinvasion des barbares , presque tous les patrtciens s'enfuirent de Tltalie^ ou furent exterminés; il n'y resta que des esclaves ou des individus obscurs^ ne portant qu'un seul nom. Comme les barbares eux-mêmes étaient habitués à n'en avoir qu'un , l'usage du surnom se perdit (i).

Les barbares employaient des appeliatifs d'un son rude^ comme Âgilulf, Rotpert, Adalaït , Potelfrit, Auduald/et les indigènes les adoptèraiit quelquefois , en les adoucissant dans la traduction latine; mais plus souvent^ soit par sentiment national, soit pour la satisfaction de l'oreille , soit aussi par respect pour les saints et pour les aïeux , ils conservèrent les anciens noms » ou ceux d'origine hébraïque introduits avec la religion. Cependant on entendit bientôt, dans les parties de l'Italie occupées par les étrangers des noms empruntés à leur langue^ à moins que Ton ne veuille dire que ceux qui nous ont été conservés dans de nombreux documents, appartenaient tous aux seigneurs et aux propriétaires, c'est-à-dire à la race conquérante.

L'usage général étant de faire baptiser à l'ftge d'honune^ on imposait le nom bien avant celte cérémonie (2); mais, d'ordinaire, les parains le remplaçaient par le leur, à titre de patrons, comme ayant arraché à Satan l'individu qu'ils avaient tenu sur les fonts. On pouvait aussi changer de nom lors de la confirmation , et quelquefois les femmes en se mariant quittaient le leur, afin d'en prendre un en rapport avec la nation de l'époux; c'est ce qui se pratiquait surtout à Constantinople , où Athénaïs , en épousant Théodose II, prit le nom d'Eudoxie , et Irène celui d'Anne Cornnène. Les moines et les religieuses faisaient souvent de même lors deleur profession, parcequ'ilsallaient commencer une vie nouvelle.

Quand les hommes se furent rapprochés, et qu'ils eurent multiplié leurs relations, une confusion extrême dut résulter de l'usage d'indiquer tout individu par un nom seulement (3), et de

(1) Voy. MvRATOBi, Antiq. iial.. Dissert 57.

pB La Roque, TraUé de Porigim des noms ei surnoms, CiistAt suite à sob Traité de la noblesse; Roiiea, 1736.

(2) BéroMi dit que» dans V6^\ae de Milan, on clieroliiit.iKwr le baptéaM SOleonel trois eoCants portant les noms de Pierre, Paul et Jean.

(3) Muratori rapporte la liste des membres d'anc confrérie, où i*on tromresix

VKtSCm, SUB50M8» BTG.

raKération que ce nom sobissaU. On peut en juger dans les chro* niques , où les noms sont raccourcis ^ allongés^ exprimés en diminutifs ou estropiés psûr le copiste^ quelquefois aussi corrompus en passant d'une langue dans une autre (I).

Les surnoms remédiaient en partie k cet inconvénient; ils étaient déjà en usage chez les Romains^ qui les employaient tantôt à titre d'honneur^ comme ceux d'Africain , de Ck)riolan y tantôt et plus souvent par plaisanterie , ce qui fait qu'Ausone les appelle jVxrti/arûi. En faveur au moyen âge y ils étaient dérivés de quafités personnelles, du lieu d'habitation ou d'origine, de la profession. De là les noms de Jean Pelu^ de maître Guillaume > de Martin Diacre^ de Loup de la Rue et autres semblables qui étaient mentionnés dans les actes (3). Les villes étant divisées en portes, on ajoutait parfois à son nom celui du quartier, comme à Rome celui de la tribu , et Ton disait Ambroise de la Porte romaine, Hugues de la Porte de Ravenne, ainsi de suite (3).

Postérieurement à Tan 1000, il s'introduisit des surnoms si étranges qu'il y aurait de l'inconvenance à les transcrire (4).

Dans les temps anciens, les Indiens tiraient leurs noms des parents, des lieux, des vertus, des qualités physiques; mais,

Pierre^ six Marie, trois André, deux Cbristiae, deux In^elbergoc, quatre Martia, dis Jèaa, etc., sans aucun surnom pour les distinguer entre eux.

(1) Atèle, Adèle, Adelise, Adélagide, Adélasie, Athelasie, Aldie, ne sont que des formes diverses du nom de Timpératrice Adélaïde; Adelquis , Adelgise, Algise, de celui d*Adelchise, fils de Didier ; Feban, Paya, Felettée, de celui d*nn roi des Rbuglens i Obixo, Otort, Adalbert, de celui d*Albert ; CloTis, ClodoTic; Ludofic, de celui de Louis. Conixe et Cunégonde, Adam et Amixot, etc., sont des noms identiques.

(2) On lit dans une ancienne charte (Arcliiv. Casauriens.) : Ideo constat me Artaberto qui supranomen Fratello vocatur. Dans une autre ( ap Ughelli, Ylll, 43) : Joannes qui iupranomine Waltebii voeaiur* Dans un autre de 954 ( Ib., V, ill9) : Petro viro magni/Uo qui et êupranomem vocatur PAzn, tcu Gbsgoiui. Dans un acte de 382 (ap. Muratori, Ant. it., III, 747) : Joannes qui vocatur Clasio, Léo qui vocatur Pipino, Joannes qui vocatur Peu)so, Joannes Rosso, Vrzulo qui Mazuco vocatur, Lupus qui dicitur Bonbllus , Bonellui qui dicitur Macnamo.

(3) Dans la Uste des maîtres écbevins de Metz, kuAitoés ea 1170 (Metz 1773), on troufe Grosnez, Betlebarbe, de la Poterne, de Porte- Moselle, de Port- SaiUy.

(4) En Italie, par exemple : Bragacorta, SofAainpugno, Rubacastella, Animanigra, Boccadecane, BelleboBO, Bragadelana, Ranacotta, Scannabecoo, Pekfioiniy Manf^atroia, Brasamonega, Cafaiocco, Codeporco, Coalonga , Ristoradaronus, Dalusdiabolo, Capodasino, Cagatossico, Cagaiaos, Mattosa? io, MalfiUoccio, Moscaincenrello, Passamontapie, Castracani, Tosabue, Calsabigia, Cayalasella, Aiutamiscrîsto, Bardellooe, Taino, BottéselU, Butirone , PeUacco , Passeriuo, Scarpetta, CarnevariOy Cane Mastino, etc., etc.

depaU fue kur ftc^de fer est oommencé, Ht le» fomeni d*iprès letobMfVttliomeélesies. Les astiidogues ont un échiqmer à cent €8869, dftA» cbacmie desquelles est une ceBatoUatîen lunaire sous un aspect particulier, accompagnée d'uoe syllabe en sanskrit. Quand un en&at aatt^ l'astiologue lui applique m nera qui commenoe par la syllabe inscrite daas le carré oorrespondani à l'aitre ascendant* Ces noms oesottl toutefois en usage que dans certaines cérémonies > et il y en a d'autres pour les halrilodes ordinaires de la vie (1).

De mène les nous attribués à nos lâeux élaieuA particuliers à rindividu , et ne se transmettatMit pas aux enfants et i la parettté, pour désigner la famille k laquelle ils appartenaient. Un orgitei aveugle et une adulation absurde peuvent seuls &ire remonter les généalogies jusqu'aux premiers siècles de la barbarie. Les ooflasde faiBiUe attribués aux premiers évèques , dans piesque tous les catalogues, sont d'invention moderne. Parmi ceux de Milao, le premier dont la famille soit certaine est Landolf de Carcaao , à la fin du neuvième siècle. Dans le cours du dixième siècle , les noms de famille tirés du fief devinrent un peu plus fréquents dans les maisons illustres; ils tardèrent davantaj^ à être usités dans la bourgeoisie et parmi les gens vulgaires, tellement que, dans le qmnième siècle , beaucoup micore n'en avaient pas.

On prétend que les Vénitiens conservèrent sans interruption les anciens surnoms en usage chez les Romains, et Ton cite à l'appui les familles des Crassi, des Memmi, des Ck>rnelii , des Qnirini, de Baibi, des Gurxii. Il est certain que nous trouvons, dès Tan 800, des doges indiqués par les surnoms ée Partieiaci, de Candiani, de Giustiniani et autres semblables. Muratori cite un acte vénitien de l'an 1090 (2), revêtu des signatures de cinquante personnes, dont.pas une n'est sans surnom : Gomuinda Mcdino, SCefanoLogavessi, Bonfllio Pepo, Giovanni de Arbore, Sebasiiano Cancanino, Manifiredo Mauroceni, Stadio Praciolani, Domenico Contareno , et ainsi de suite.

En France on ne trouve , selon Ducbesne, aucun nom pa« tronymique avant 967, époque à laquelle on commença à les tirer des fiefs. L'Église conservant avec ténacité ses anciens usages, aujourd'hui encore les évêques ne signent que leur nom de baptême, et les religieux ne se distinguent que par celui de leur patrie> ' comme il était d'usage au temps de leur institution.

(1) Voyes nn Mémoirt de Maja Kali Kritna Bakadour è la Socèété ««latique dt Ltmdres t iUi.

(2) Aniiq. Ual., Dissert. 16.

nÉmm, mMWy xtg. iST

Ainal dose )m pcMaien aonis de CiqûU# Airent tiréi du fief OttdekiMgiiewiê; delà, eeui de Boailkm^ de.llooliiUNrencyyde BourtoOt d*EiteY deltomaoa, de MoaieciicttUi, de Cariyio; or^ taamo û s'agissail perfois de noois todesques. Us subirei^ une iHiSratiOQ DoteUe en pessaul daas m autre idiome^ eileur éty- Bwlogic adispern (i). NétaiBoiiie H ue faudrak peecaiisidérer m mm de torte f OBMnn iadiqwiDt une aaeieoiie profMiMé ; car oq le imit soBYent d» Kettd'oè ie premier kidÎYidii d'oae tàv^Ue s'était Il MM|w U dans un autre.

H était dPosage parmi la noblesse de donner an petît^-fils le leai de Taleul, parfois nAoïe au fils œlni du pàre^ soit en le terminant par un diminutif, soit en y ajoutant jeune , csAei, jmêore, nardtfa/de là Quy eu Guido NoveUo de Polenta , Maiatestino^ iBeiiao, dimnntif d'Etui. Un nom imposé de préférence dans nae ligne défini ainsi eehridela fannUe;delè lesPieri, lesLudo- Un, les Carlî, les Matlei , les Agnesi ; on bien on adoptait le nom d'aï persomiage qui s'était distingué, comme les de Giorgî^ les del ftelio ; parfms aossi on le insaît précéder du mot figlio syncopé^ coMie les Figiovanni ( fils de Jean ), les Fighinelli^ les Firidolfi ; ou bien du ttee, comme les Serangeii, les Serristori. Les Grées fornateatdelamêflBe manière les noms patronymiqnes : le Pélide, les Héradtdes» les Atrides. Les Hébreux ajoutaient àleur nom celui de lear père, ce ipî se pratique encore parmi les Arabes, ei ce que faiaaiattt aussi les anci^ Normands , disant par exemple , Jean Fttz-Etobert, comme en Irlande Mac-Donnel, Mac-Carty, ou (yCmoel, WMem , noms de tribu. Au dire de Cambden, les AngWaaTUtÉdouardll ne se distinguaient que par le nom de leur père, en y ajoutant le mol êon* Qnelqu^bia en Italie même, à Il Fexemple des Arabes, oo faisait l'énuméralion de toute Faseendance (S).

Le nom de famille , pour beaueoup, fut dérivé de celui de la natioD : ainsi le Normand, le Picaid y FAngevin, Franeeschi , Lombard!, Hilanesi ; pour d'autres, d'un surnom attribué à un indivis et de^renu héréditaire: de là les le Gros, les le Gras, les

(1) Ainsi du capitaine Baumgarten , les Italiens firent Anicliino [di Bongardo, cl (TAwewood , GioTanni Acnto. Jean ViHani appelle rétdqne d'Aoxerne révôqiie #A»ir {itA^wmrê). Et réeifMqacoMUt Ips Arrigiielli de FlerenM devinrent ea Ftmm é» BAq/oM* tes Qmomtlfd des jacqatuM» etc.

(2) Subrogaium (comme préret d'Amalfi ) Ursum marini comiiis de Panta^ letme eomiiejiiimn Canacci, Marci, pott $ex menses quoque ejecerunt. SueetêêU Vrsus CaàoêUnêU, Charnus Salvuh Bmnanif. VHiUU /Uhu. (Pansa, isiaria delP anUca repuàlica d*Àmaifi,)

omxÈMM ipogms.

le Bègue^ les le Bossu; les Yillani^ les Malatesta, le8Balbi;oa bien encore d'une profession ou d'une dignité : ainsi lesOievalier, les le Gomte^ les l'Avocat^ les Gavalieri, les Barattieri, lesFabri^ les Sartori^ les Ferrari, les Yisconti, les Avvocati, et les nombreux Gonfalonieri,Gapitanei ou Gatauei. En France, beaucoup de noms rappellent des professions. Mercier ^ Meunier, Barbier y Beuianger, Couvreur y Tourneur^ Serrurier, etc.; quelques-uns en Angleterre, Smilhy Goldsmiihy bien que les premiers bourgeois fiissait fermiers plutôt qu'artisans. Il y en a très-peu en Suède; la plupart y rappellent des noms de propriété , de métairie» de forêt, la classe qui les choisissait dierchant à se rapprocher de la noblesse en l'imitant.

Certaines familles durent aux charmes d*une femme le nom de de la Belle; d'autres furent appelées de la Croix, problablement en mémoire d'un croisé, comme un pèlerinage à Rome donna origine au nom de famille des Romei et des Bonromei. L'amour du roi Enzio, prisonnier, pour une jeune fille de Bdogne, donna leur nom aux Ben-ti-Voglio ; une invention précieuse fit ajouter au nom des Dondi le surnom de TOrologio, devenu patronynaique. Le chariot, le chêne, le tison, la colonne, Tépée, k lune, l'étoile, pris pour devise dans un tournoi ou pour armoiries dansuneexpédition militaire, devenaient autant de noms de famille ; il en était de même des couleurs blanche, rouge, vei*te, noire et autres que l'on adoptait dans certaines solennités, ou qui distinguaient telle ou telle faction.

Il y a donc des noms de famille aristocratiques, comme ceux qui sont empruntés à une terre; d'autres populaires, provenant d'un sobriquet ; beaucoup de noms rustiques tirés de la localité ou du genre de culture, comme ceux de du Mont, de la Vallée, du Pré, de la Vigne , de la Pommeraie, de la Chàteigneraie , etc.

a devint ensuite à la mode, particulièrement en ïtaUe, d'adopter capricieusement des noms en consonnance ou en contraste avec le surnom ; delà ceux de Castruccio Castracani, Spinello Spinelli, Nero Neri, Buontraverso des Maltraversi, et autres semblables.

Les Latins employaient comme les Grecs le mot toi, et disaient simplement : César salue Mécène. Auguste refusa obstinément le titre de Dominus (i), et trouva mauvais qu'on voulût le donner à ses neveux. Bientôt , cependant, il fut accepté par ses suoces-

(l)i)ans r Anthologie , on tronre une épigramme contre na flilteur qui, poor âToir quelque chose, disait : dô{ievc, et auquel on répondait : oOx <^Xm S^juvflit*

seors {i), et on le trouve tnAoïe substitué sur les médailles à celui de Dkms (2). Vinrent ensuite les titres plus pompeux de très-no^ ble, très-heureux y très^pieux (3) ; C(mstant fut appelé très-relù gienx par un concile^ après la conversion des donatistes d'Afrique. C'était dans le sénat à qui prodiguerait , lors des acclamations^ les adjecti& les plus élogieux pour les empereurs. Alors prévalut ans» la mode de ne plus leur adresser la parole directement^ mais à leur eléwienee, à leur grandeur, à leur éternité. Dans TorganisalioQ du Bas-Empire , la hiérarchie des charges était aussi distinguée par les titres d'ilUaire, û'iUuHrissime, de grand et de noble.

Avec les barbares revint Tancienne simplicité, seulement le vans fut substitué au iu ; le titre de Dominus, contracté depuis en Dam et Dan en France et en Espagne, appartint aux évéques, aux abbés et aux rois, puis devint commun à tous les religieux; plus tard les laïques se l'appliquèrent aussi. Le nom de clerc, qui équivalait à celui d'homme de lettres aujourd'hui, en opposition à celui de laïques et d'illettré (4), était honorable et recherché; ce qui révèle l'état delà société dans ce temps, où la science ne sortait pas de Tenceintedu sanctuaire et du clottre.

Au quatorzième siècle , un prince de l'Église était appelé monseigneur , un chevalier et un gentilhomme messire, et sa femme madame; l'avocat, le magistrat, le montre, comme font encore les Aurais. Dans les légations du seizième siècle , on voit que les républiques et les princes disaient encore tu et toi aux ambassadeurs. » Il est d'usage communément, dit Yarchi en « parlant de Florence à cette époque (5), à moins qu'il n'y ait

(1) Là Bleitbiib ( Hist. de JoDien, II. 99-102 } a tAché de retracer l'histoire mol domimu soot les empereurs romains.

(2) Les momiaies de MarUnieii sont les premières oÉ l'on troQ?e : DN. If. MARTUOANUS P. F. AVG. Pline commenee une lettre (97, liv. X) à Tnjan par ces mots: Solemne est mihi , Domine, <mnia de quibus dubito ad te referre»

(S) Ainsi, JuL Crisput^ nob. Cxs. nobilissimo, /ortiuimOf piissimo, fe- Uckssimo,

(4) OnoBiuo Vital (c. 3) dit que Modolphuê, quintui /rater, clericus eogwh ^ minatus est , qui peritia litterarum aliarumque rerum opprime imbutus est. Ctericus signifiait aussi un secrétaire, comme dans rèpitapUe de George d'Aratxrfse (ap. Moreri ): Clericus angelicifuit Me régis Ludovici, Cette accepUon est reitée en Franee au mot clerc. Dans une clironiqQe milanaise (ap. Moratori, Rer. It. Script. , IU, 60 ), on lit, à propos d'Étienne Vimereato : Il ic fuit in seeulo valde honorabilis clericus. Dans Jean Yillani, IV, 3 : iT fa molto ehierieo in serittura.

{i) Star. Fièrent., IX.

HWT. OTIT. ~ T. X. 9

n raog djiiiagué oo âigeavancé, de dîM tu, ci mmvouê, à an seul ; a on ne traite de mewires que les chevaliers et les chaooinei^ « comme on traite les médecins de maîtres et les religieux de pères. 9

Les Aragonais et les Catalans, qui vinrent dans les Denx-Siciles avec Alphonse et Ferdinand ^ puis les Castillans^ qui a'éta^ blirent aussi dans la haute Italie avec Cbarles^Quint, babitoèrent les Italiens aux titres ambitieux. Cet empereur et d'autres avant lui , notamment Frédéric 111^ prodiguèr«aty pour fiiire de Furgent, les titres de chevaUerê^ de docieur$, de notatres^de comUSy qu'ils donnèrent en pâture à la vanité bourgeoise.

On n'avait donné jusqu'alors aux rois que le titre A'AUeêse ; Charles^uint mit en usage celui de Mqjesié, qui précédemment n'était donné que par flatterie* Bien que, d'abord, il semblât ridicule de dire, non pas seulement en s'adreasant aux rois, mais encore en parlant d'eux. Sa MqfeHé a faU ou dit telle chose (I), on s'y fit peu à peu, et les Français probablement furent les premiers qui adoptèrent cet usage. Le titre d'Altesse tomba alors au second rang. Philippe II l'étendit à toute la famille royale d*Espagne,et l'offrit au duc de Mantoue moyennant le prêt de trois cent mille écus ; Philippe V le conféra aux ducs de Toscane et de Parme en 1703. Afin de ne pas être confondu avec ces nouveaux venus , le cardinal infant prit, lorsqu'il voyagea en Italie en i633, le titre d'altesse royale; bientôt il fut imité par Gaston de France, duc d'Orléans , et le prince de Condé renchérit sur eux par le titre ^'altesse séréUssime.

Alorfiles seigneurs moint^ élevés en rang adoptèrent le titre de Grâce et d'Excellence; mais, comme il fut prodigué à tous les nobles, notamment dans le royaume deNapleset ^ Venise, le pape Urbain YIII^ dans l'intention de distinguer les cardinaux at les électeurs ecclésiastiques de l'empire romain, ainsi que le grand maître de Tordre de Malte, leur attribua, en 1631, la qualité d'Éminence au lieu de celle de Seigneuries illustrissimes qnWem était donnée antérieurement.

On trouvera peut-être que ce sont là des formalités insigni- ^ fiantes; mais, si elles ne sont pas telles, même aujourd'hui, quelle importance ne devait-on pas y attacher quand elles étaient récentes? aussi ne contribuèrent-elles que trop à rendre plus saillantes 1^ difTérences entre les diverses dasaes, et à faire disparaître la simplicité républicaine. Nous voudrions donc que l'on pût

(1) On trouve dans Pasquier un sonnet où il raille ee( «sage.

fOUMOIS*

trooTcrBopccflu C6 qae nous Tenons ds dire des titres» auxquels œrtainee personnes attachent encore une extrénie importance, afanrs que le sens commun ne leur en reconnaît aucune.

Afin de se préparer à la guerre quand les combats avaient cessé, ks chevaliers s'exerçaient à des jeux militaires, dont les plus solennels étaient les tournois. De même que les individus qui s'étudient à perfectionner leur esprit préfèrent les divertissements où peuvent briller Tart et Tintelligence, ceux pour qui le principal mérite consiste dans la vigueur du corps se complaisent aux amusements où se déploient l'adresse et la force des membres. La Grèce, tout en suivant son goût pour les premiers, y associa les jeux gyomastiques, par suite de cet heureux équilibre de forces qui resta le caractère des institutions et des ouvrages de ce pays privilégié. Nous autres modernes, nous avons abai^onné entièrement ces derniers depuis le moment où l'invention des armes à feu fit négliger aux législateurs le soin de donner de la vigueur aux soldats, devenus désormais des machines exécutant un petit nombre de mouvements réguliers, et destinés à donner et à recevoir la mort froidement et sans pitié.

Nous avons vu avec quelle fureur les Romains se précipitaient en foule aux fêtes du Cirque , et combien l'Église eut de peine à faire cesser ces amusements sanguinaires, où c'était une jouissance que de r^rder tuer, un art que de savoir mourir. Ce goût pas- ^<Hiné ne finit pas avec la chute de l'empire i car Théodoric fournit encore des sommes considérables pour récréer de spectacles les Romains asservis, dont il secondait la manie afin de leur faire oublier les intérêts publics et la honte de l'esclavage.

Lorsque lltalîe, accablée de malheurs , fut démembrée , on ne vit plus de ces spectacles solennels, ou du moins il n'en est plus fait mention; mais ils reparurent dès que le pays put reprendre

haleine, et surtout aux beaux jours de la chevalerie. On veut que les tournois soient nés en France, où le premier

aurait ^ donné , en 4066 , par Godefroi II , seigneur de Preuiily ;

mais* conune nous trouvons des jeux guerriers beaucoup plus

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