TOURNOIS
poiofe et de tranchant^ chacun d'eux ne cherchant qu'à faire vider lés étriers à son adversahre.
Les grandes sdennités de l'Église , surtout la Pentecôte, les couronnemmits des rois^ les l>aptémes ou les mariages des princes^ les traita de paix^ étaient autant d'occasions pour publier des toamois. Un héraut^ souvent accompagné de deux damoiselles^ allait de château en château portant des lettres et des cartels aux preux les plus en renom ^ en invitant sur leur passage tous les braves qu'il rencontrait. On accourait en foule ^ comme jadis aux fittes (Hympiques de la Grèce , à ces jeux guerriers^ où tout chevalier ou écuyer se disposait à faire ses preuves^ où dames ^ barons^ gens du peuple et de la bourgoisie venaient pour voir ou se montrer.
L'individu qui voulait entrer en lice devait se présenter devant les hérauts en faisant preuve de sa noblesse ^ et suspendre son écu sous le porche du château ou dans le clottre d'un monastère; un héraut indiquait à qui il appartenait. Une dame ou un chevalier pouvait-^l lui imputer un manque de courtoisie ou de courage , il touchait son écu ^ afin que les juges du tournoi lui fissent rendre justice. Si les juges trouvaient qu'il eût forfait aux lois de Thonneur, on démérité d'une dame , il était exclu ; si, malgré la sentence^ il osait se présenter dans le champ ctos, il était honni et expulsé violemment, jusqu'à ce qu'il eût imploré merci des darnes^ en promettant à l'avenir plus de respect pour elles et pour les lois de la chevalerie.
Des pavillons splendides , élevés dans la campagne, témoignaient de Fémniation qui s'établissait entre les concurrents pour se surpasser l'un l'autre en magnificence. Des baraques étaient construites pour abriter la foule ; autour de la lice on élevait des échafaudages en gradins de différente hauteur, parfois en forme de tours à plusieurs étages , et tendus de tapisseries. Des places dis* tinctes étaient réservées pour les dames , d'autres pour les vieux chevaliers expérimentés, qui devaient prononcer sur la bravoure des champions et sur le mérite des coups. Dans un lieu d'où aucune circonstance ne pouvait échapper au regard^ on installait les maréchaux de camp, chargés de mamtenir les lois de la chevalerie , de donner des avis, ou de porter secours où il en serait besoin. Des tapis , des banderoles^ des bannières, des écus, des draperies^ des guirlandes formuent un brillant coup d'oeil , que rehaussait encore leluxe des costumes, des pierreries^ des panaches, des fourrures, sans parler des nudités séduisantes^ delà variété prodigieuse des vêtements d'hommes, des. toilettes des femmes,
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des ajustements des aerviteun : les luit tratMient des queues d% douze pieds; les autres portaient le justaucorps avec des marnées qui tombaient jusqu'à terre ; eeux*ci étaient bigarrés de toutes sortes de figures d'animaux > ou de tôutes sortes d'écritures; ceuxlà avaient des costumes de musiciens, l'habit rayé.de lignes d'or avec des notes en perles , que l'on chantait devant ei derri^ eux. Ajoutez à cela des bisarreries encore plus risibles, comme dea cornes énormes sur . la téte , des souliers aux becs immenses , des échafoudages de coiffures sans fin.
On vit parfois des femmes paraître dans ces tournois, en tndk nant derrière elles leim amants enchaînés en qualité de chevaliers servants, fières de montrer la triomphe de la beauté sur la vaillance; plus souvent elles se contentaient de leur donner quelque signe distinotif, un bracelet, une écbarpe une boude de cheveux, un noeud de rubans, une bagatelle, ouvrage de leurs mains, ou détachée de leur parure. C'était, pour It obaaifûon qi» l'avait reçu , un mérite que de conserver ce gage dans la nsèlée; mais, s'il venait à le perdre, sa dame se hâtait de lui en envoyer un autre, comme pour l'encourager à prendra sa revanche sur ses adversaires.
Dans un tournoi donné en France, les fenunes se trouvèrent à la fin dépouillées de tout ornemeku, le sein et les bras nus, et les cheveux flottant sur leurs épaules ;'car elles avaient tout donné pour parer leurs champions. Au premier moment, elles rougirent de leur désordre; puis, s'apercevant que toutes étaient dans le même état, elles se mirent rire de Taventure qui leur avait fait donner tout ce qu'elles avaient, sans s'apercevoir qu'elles restaient à peine vêtues.
Les chevaliers s'avançaient couverts de pied en cap d'armes éclatantes, damasquinées d'or et d'argent , portant la lance une banderole , ou sur la poitrine une écbarpe, aux couleurs et avec les emblèmes de leurs dames, vêtus d'une soubreveste aux éoussons armoriés , et montés sur des genêts adniiri^ment ornés. Les varlets contenaient la foule tunmittteuse , ou enhamachaient les coursiers, ou couvraient les chevaliers de leur armure. Des jongleurs et des ménestrels se préparaient k célébrer les vain* queurs dans leurs chants. Les dames choisissaient p m gemàe cérémonie, un juge de paix qui, tenant à la main une pique de bois surmontée d'une coiffe de fenune, devait toucher le casque des chevaliers pour leur ei^indre la démence quand il arrivait que, par quelque manque de courtoisie , un chevalier avait attiré contre lui les armes de plusieurs adversaires. Les héraul^ d'armes
npp«iaieiit à iou00i à chacun tes lofe de Ia bmm dMVftlerie , qtti conflisteîaitànepaafrapperde pointe, mais datrancbani de Té* pée ; à ne pas oombattre hors des rangs ^ à oe pas viser au eheval > à ne porter de eoups à son adversaire qn'ad visage et entre les quatre membres^ c'est-à dire au plastron; à ne pas finf^ier le chefvaUer qui avait levé sa visière; k ne pas se mettre plusieurs contre un seul.
Le eort on le rang formait les quadrilles^ qui entraient pompeusement dans la Kœ^ iand» que le héraut proclamait à haute voix les noms de chacun de ceux qui les composaient^ à moins qm l'un d'eux ne voulftt rester inoenou à lens^ eneepté au juge dn tournoi.
Les trompettes sonnent ^ les chevaliers s'élancent : honn&ir amx preux! C'est d'i^inaire par la joule que le tournoi com« menoe. Deux champions, la lance en arrêt ^ se précipitent au gar lop l'on contre l'autre. Au choc > les bois voient en éclats juaqu'an del ) les coursiefs plient sur leurs jarrets. Mauvus dierva* lieroehn qui a frappé son rival au bras ou àla cuisse; vilain celui qui a atteint son dieval. S'il se passe quelque chose de déloyal « les hérauts étendent leurs masses entre les combattants y en leur enîmgnant de sedésister. Heureux celui qui y ajustant son oo«p entre Fépaide et la cemture^ renverse son émide sans le blesser I on appfanH&t au preux, au vigoureux champion. La victoire lui est restée dttM trois joutes; il a vaincu encoredans la lunée des dames, où l'on omnbvttait en leur honneur avec l'épée, la hache et la d^gue, ens'efforçant de déployer encore plus de prouesses que dans les joutes précédentes, et les hérauts répètent : Hcmnem" <m preux, hotmewr ùmx fUs dmpreuxf U est f amour des dames et la terreur des chevaUers* Le prix du conriwt lui est donné au mîHen des acclamations et des battements de mains; les ménestrels redisent son nom sur le luth^ et les dames lui envoient des témoignages de bienveHifmee. On le voit courir à celle qu'il aime, en abaissant sa kmce devant eUe; quand les officiers d'armes Font invitée à lui remettre le prix pour lequel il a combattu» un ruban , une guir* lande, une armure , ou des auneaux , des colliers , des joyaux , il en Mi hommage à sa bien-aimée, dont il reçoit en retour un bris^ sur le front.
hA redoublent les applaudissements, que la nature humaine accorde facilement au courage heureux; le vainqueur, entouré de trofriiées formés des armes de ses rivaux d^attus , est conduit en pooqpenx cortège an pnMs^ ou, désarmé par les dames ei les damoiaeUes^ il s'assied pewr le banquet à la ptac» d'homeur. Les
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dames les plus channantes lui verseut à boire ei lui servent des mets délicats , tandis que , par des propos courtois , il cherche à consoler les vaincus de leur défaite ; puis lui-même^ ou d'autres chevaliers y ou bien encore un jongleur^ raconte les exploits tentés ou accomplis par quelque anden paladin.
Les plus bcÂux coups ^ les prouesses , les actes de générosité, étaient consignés dans des registres par les officiers d'armes , et se trouvaient répétés de château en château par le ménestrel , le jongleur, le troubadour, pour attester aiix fils la glohre de leurs pères , et pour les encourager à les imiter.
D'autres récompenses étaient encore distribuées^ en proportion du mérite ou du bonheur des combattants , à ceux qui avaient rompu plus de lances, frappé les meilleurs coups, 8*ét«ent tenus le plus longtemps sur les arçons ou de pied ferme au milieu de la mêlée du tournoi , sans lever leur visière ponr reprendre haleine. La déposition des officiers d'armes et les suffrages des spectateurs, constituaient les éléments 4e la décision des juges ; parfois , on en appelait aux dames , qui, lorsque leur sentiment différait de celui des chevaliers, donnaient à un autre combattant un prix non moins estimé et plus cher.
Dans un tournoi qui se fit à Carignan, le chevalier Bayard refusa le prix en disant qu'il était redevable de la victoire au manchon qu'il avait reçu de sa dame. Ce manchon fut alors, avec un rubis décent ducats, rendu à la dame en présence de son mari, qui, n connaissant l'honnêteté du chevalier, n'en prit aucune jaa lousie. » La dame fit don de la pierre précieuse au chevalier qui , après Bayard , s'était le plus signalé dans la joute , en i^utant : Quant au manohm^ puisque monseigneur Bayard me fait la courtoisie de dire que &est ce qui fa rendu vainqueur, je le couserverai toute la vie pour V amour de lui.
Les combats variaient de genre et de nom. Le carrousel était une fête militaire avec chars et décorations , dans laquelle on représentait des faits d'anciens héros ou de paladins; parfois aussi ou courait la bague, exercice sans danger, où les jouteurs, lancés au grand galop, cherchaient à enfiler avec leur dague un anneau suspendu. Dans le jeu qu'on appelait la quintaine, ils dirigeaient leurs coups contre un mannequin mobile, disposé sur pivot de telle sorte qu'atteint ailleurs qu'au front, il tournait, et frappait d'un grand bâton le maladroit assaillant. Dans le pas d'armes f un ou plusieurs chevaliers se portaient en pleine cam* pagne pour défendre un passage contre quiconque prétendrait le
franchir armé; en conséquence^ ils le fermaient d'une barrière , et à côté ils suspendaient leurs écus , sur lesquds frappaient ceux qui étaient dans l'intention de les d^Ser.
Void comment Boceaoe fait parler la Piammetta^ au sujet de ce qui se faisait à Naples : a U est d'anden usage chez nous^ ff quand sont passés les jours fangeux de Thi^er^ et que le prinff temps, avec les flairs et les gazons nouveaux, a rendu au ff monde les beautés disparues, de convoquer, dans des jours de ff grande solennité , les'nobles dames aux loges dés chevaliers, ff Elles se réunissent, parées de leurs plus riches bijoux y et nos ff priflces y viennent aussi sur des chevaux très-rapides... Rs ff paraissent , ainsi que leurs chevaux , revêtus de pourpre et d'éff tofites tissées par des mains indignes, et où se mêlent Por, les ff perles et les pierres précieuses. Leurs blonds dieveux , flottant ff sur leurs blanches épaules ^ sont retenus par un cercle d'or, ou ff par une mince guirlande de fleurs nouvelles. Un léger bouclier ff an bras gauche , la main droite armée d^une lance, ils s'avancent ff au son des trompettes toscanes, Tun après l'autre, et tous dans ff le m^e équipage. Alors ils commencent devant les dames un ff jeu dans lequel celui-là est le plus loué qui reste, en courant, ff le mieux couvert sous son écu , et qui , en tenant la pointe de ff sa lance le plus près de terre^ ne se meut pas de mauvaise grftcc ff sur son cheval. »
Amédée Vil de Savoie, dit le comte Rouge , faisant une expédition avec le roi de France contre les Flamands, vît se présenter dans le camp le comte d'Hedington , qui combattait dans les rangs ennemis. Ce seigneur portait sur son cœur deux colombes brodées en perles, dont le bec soutenait une chaînette à laquelle était suspendu un ruUs entouré de douze diamants; il disait que ce joyau lui avait été donné pour étrenne, au jour de l'an, par une princesse de grande vertu , à condition de ne le mettre à son doigt que lorsqu'il serait en mesure de lui amener, pour le premier jour de l'année suivante , douze jeunes gens d'aussi grande fitmille que* lui, vaincus à la lance; en conséquence, il avait demandé un sauf-conduit pour venir dans le camp , où se trouvait k fleur de la chevalerie. Mais lui-même et les comtes de Pembroke et d'Arundel , venus avec lui en quête d'aventures , furent vaincus par le comte Rouge , à la lance , à l'épée et à la hache.
En 4434, l'Espagnol Snerro de Quinones, s'étant posté sur la route de Saint- Jacques de Compostelle , se déclara prêt à rompre une lance avec quiconque se présenterait, conformément au vœu qa% avait fait d'en rompre trois cents en trente jours. Il envoya
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en conséqnenoe un défi portant : « Tout c^alier étranger troua vera des destriers et des armes > sans que mes compagnons là a moi nous nous donnions aucun avantage*
a Trois lances seront brisées avec tout chevalier qui se présen- (X tera , et celle qui désarmera un cbevidier et fera couler le sang a sera considérée comme rompue.
« Toute honorable dame passant ici ou dans le voisinage sans a avoir de chevalier qu puisse combattre pour elle , perdrale gant <x de la main droite^
« Quand deux ou plusieurs chevaliers viendront pour dégager « le gant d'une dame , le premier seul sera admis à l'épreuve.
a Gomme beaucoup n'aiment pas véritablement , et qu'ils pour- « raient voidoir dégager le gant de plus d'ime dame ^ cela ne leur c sera point permis, et l'on ne rompra pas plus de trois lances avec a chacun*
« Trois dames de ce royaume seront désignées par les hérauts a d'armes pour assister comme tém<»ns aux combats, et ténm* a gner de tout ce qui arrivera. J'affirme que la dame à laquelle a jesuisdévouéne sera point noaunée^quel que soit mon respect a pour sa vertu noagnanine.
c Le premier chevalier qui se présentera pour délivrer le gant « d'une dame recevra un diamant. »
a Si un chevalier^ comme il arrive trop souvent y recevait une a blessure^ il sera sœgné comme moi-même. »
Ce cartel se terminait ainsi : « Qu'il soit manifeste à tous las a seigneurs du monde, à tous les chevaliers et gentilshommes a qui entendront parler des conditions de cette bataille y que, si a la dame que je sers vient à passer sur cette route, eUe devra a marcher librement, sans que sa main perde son gant; aucun a autre chevalier que moi n'aura à combattre pour elle, cela me a convenant plus qu'à tout autre, d
Snerro envoya ce défi à la cour de CastiUe, représentant que, vu le voeu de trœs cents lances, il avait besoin de beaucoup d'ad* versaires; il priait donc qu'on voulût bien venir à son aide. De sou côté , il fit ses préparatifs avec ardeur, et sa mère lui envoya une dame pour l'aider à disposer tout ce qui était nécessaire; tout se passa au mieux, sauf que l'un des combattants fut tué et n'obtint point la sépulture sacrée.
Il serait impossible de dire tous les incidents divers de ce pas d'armes. Deux dames, passant avjsc deux chevaliers, furent invitées i déposer leurs gants; mais leurs chevaliers peu généreux les excusèrent, en disant qu'elles allaient en pèlerisage à Saîntr
TOUBROIS*
teqnes, ét qa'eUes n'araieiit pa pfévoff oett6 rencontre. Les gante forent donc resittoés ; mais <m dft aux cheTaUen , de leur coodaile^ qu'il ne manquait point de chaospions prêts à combMre , méoM pour dea dames inconnues. Un noUe castillan demanda à recevoir de Snerro l'ordre de chevalerie , pour être (figne de faire ses preuves avec lui ; celui-ci l'arme et le combat. Mendoze , descendant du Cid^ après avoir couru ses trois lances,^ imploFe la faveur d'en rompre d'autres , afin d'attendrir la dame pour qui, dans le seul désir de lui plaire, il était entré en Uce. Snerro lui répond : Dites-moi seulement qui elle est , et j'irai lui attester combien vous êtes un homme rempli de prouesse ; mais la loi ne peut être transgressée. Un trompette de Lombardie vint avec son instrument pour faire preuve d'habileté , et fut vaincu. A la fin do mois^ soixante-huit chevaliers avaient couru sept cent TÎngt-sept fois; mais Snerro n'avait rompu que cent soixante lances. Cependant les juges du camp le dégagèrent de son vœu ^ et lui firent déposer le collier de fer qu'il devait porter jusqu'à ce qu'il eût satisfSût à sa promesse.
Plus tard encore , lord Surrey^ qui périt victime de Henri VIII, défia quiconque traverserait le pont de l'Arno, afin de prouver que sa Géraldina était la belle des belles.
Les tournois et les joutes ne se terminaient pas toujours d'une manière heureuse ; plusieurs fois les rivalités nationales^ la jalousie^ l'ambition , les haines et l'amour^ qui était un motif de haine des plus fréquents , convertirent le jeu en véritable bataille , et le coun rage en fureur. Alors la voix des hérauts d'armes était méconnue, on restait sourd aux ordres des princes et des maréchaux , et les dames épouvantées conjuraient en vain.
Ëo 1175, seize chevaliers périrent dans divers tournois donnés en Saxe^ quarante-deux chevaliers et autant d'écuyers, dans un antre à Neuss, en 4403. Il y en eut un plus tard^ à Darmstadt, où il s'éleva, entre les champions hessois et ceux de la Franconie, une rixe qui amena l'effusion de beaucoup de sang avant qu'on pût les séparer. Parfois encore le hasard causait des blessures sérieuses et pis encore , comme il advint à GeoCTroy Plantagenet , fils de Henri II, roi d'Angleterre, qui fut tué à Paris en 4186; à Jean , marquis de Brandebourg, en 1269 ; à un prince de la maison de Misnîe, en 1175. Frédéric II, comte palatin du Rh'm, se brisa les reins en tombant de cheval. Lorsque , plus tard, Henri H de France fut renversé sous les yeux de sa femme, de ses parents, cle ses sujets, frappé au fi-ont d'un éclat de lance , et mourut de sa blessure, en 1559, l'usage des tournois alla se perdant peu à
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peu; mais déjà la décadence de la chevalerie et ^introduction des nouvelles armes l'avaient rendu moins fréquent.
L'Église , dans la prévoyance de ces accidents sinistres^ s'était om)Osée à ces rudes exercices^ jusqu'à refuser la sépulture chré« tienne à ceux qui périssaient en s'y livrant
Par ce qui vient d'être dit de la chevalerie ^ on a pu juger combien les femmes avaient acquis d'importance, l'amour chevaleresque s'étant associé dans l'opinion et la poésie à tout ce qu'il y a de pur et de généreux. Honneur au beau sexe! était le cri des combattants comme des poètes. Manquer à la probité déshonorait moins que de placer son cœur en bas lieu ^ comme Ton disait ; c'était surtout aux dames que revenait la gloire des exploits accomplis par leurs adorateurs^ ce qui leur inspirait souvent un orgueil vertueux. La femme , en un mot, était l'être idéal dont l'influence dominait la poésie , les batailles, les cours, les tournois.
On prétend faire dériver du caractère germanique cette vénération pour les femmes; il paraît, à la vérité, qu'elles n'étaient pas réduites parmi les Germains à l'état d'abaissement qui avait fait d'elles en Grèce des objets d'amusement, à Rome rien de plus que des mères de guerriers et de citoyens. Dans les Niebelungen^ la femme ne subit pas l'amour; elle ne le demande même pas, elle l'accorde, et c'est pour l'homme un travail continuel que de le mériter. Cependant , en général , on n'aperçoit aucun indice d'une pareille vénération dans les traditions allemandes, et l'on ne trouve pas de trace écrite de la vraie galanterie avant VHistoire d* Arthur, de Geoffroy de Monmouth.
Une religion dans laquelle figuraient les femmes au nombre des premiers héros, et comme associées à l'œuvre de la rédemption et de l'apostolat (1), ne pouvait qu'inspirer du respect pour cette moitié du genre humain que la doctrine du Christ déclarait égale en droits à l'autre; on s'occupa donc de l'éducation des femmes, et le type offert pour modèle à leurs regards fut Marie, comme vierge et comme mère. La plupart furent exercées dan3
(I) Voy. t. V.