‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 18 sur 86 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

Noiis avons déjà dit que la chasse formait le divertissement fa- ch«sse. vori de la noblesse; le droit de chasse lui était réservé dans le principe, ainsi que l'usage du faucon , qui devint alors une marque distinctive de haute naissance. On voyait donc les seigneurs et châtelains chevaucher avec cet oiseau sur le poing; ils en ornaient leors cimiers ; et il figurait comme signe d'illustre origine dans les armoiries et sur les tombeaux. Il était particulièrement cher aux dames, et les chevaliers juraient par lui; ils faisaient preuve de zèle envers elles en se montrant pleins d'attention pour l'oiseau chasseur, en déployant leur habileté à lui mettre le jet ou le chaperon, à le lancer, à le rappeler, à l'exciter, à le diriger sur la proie ou à la lui enlever lorsqu'elle était à peine tombée entre ses serrfô. On le portait dans les réunions et les voyages. A Milan, il fut ordonné que des perchoirs, afin d'y placer des faucons, des autours et des éperviers, seraient disposés dans le Brolet neuf, où s'assemblaient les nobles et les marchands. Eugène II exhorta à ne point porterà la croisade de chiens ni d'oiseaux; cependant Philippe- Auguste attirait tous les regards, à Ptolémaïde, par l'extrême beauté de ses faucons, que chacun admirait. L'un d'eux , qui s'était enfui, alla se poser sur les remparts de la ville, et toute l'armée se mit en mouvement pour le ressaisir. Un musulman l'ayant porté à Saladin , le roi donna pour le ravoir autant que lui eût coûté la rançon de plusieurs chrétiens. Le même roi entoura de murs le bois de Vincennes pour le peupler de gibier; Henri d'Angleterre, afin de lui être agréable, fit réunir en Normandie et en Aquitaine force cerfîs, daims , chevreuils , qui, embarqués sur un grand navire avec les provisions nécessaires, remontèrent la Seine jusqu'à Paris; des gardes veillaient jour et nuit dans le parc royal à leur conservation.

L'empereur Frédéric II composa un traité de fauconnerie ; Charles IX de France , un discours sur la chasse, dans lequel il raconte que saint Louis, étant prisonnier des Mamelouks , eut connaissance d'une race de chiens excellents, dont les Tartares se ser- ^ vaient pour la chasse du cerf ; il en obtint une meute, qu'il amena en France et qu'on appelait les jrm; ces chiens avaient en outre ce mérite qu'ils n'étaient pas sujets à la rage. Les Français virent aussi en Orient la chasse au lion, qu'ils essayèrent quelquefois dimiter dans leur patrie.

fit arracher une dent qai était gâtée. Tout les autres contives furent contraints ' de subir la même opération.

M. BcDgnot a In à Tacadémie de Dijon ooe dissertation sur tes santés.

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ONZIÈME ÉPOQUE

Le clergé lui-même avait un goiit excessif pour la chasse. Un archevêque d'York menait à sa suite deux cents personnes, entretenues aux frais des abbayes par où passait le prélat, et qui allaient chassant de paroisse en paroisse avec une nombreuse troupe de chiens (1). Le troisième concile de Latran défendit ces divertissements durant les visites pastorales du diocèse ^ voulant que les évéques n'eussent pas à leur suite plus de quarante à cinquante palefrois.

La chasse étant la plus grande récréation des seigneurs et feudataireS; ils défendaient avec une extrême rigueur aux vilains de tuer le gibier, qui dès lors dévastait impunément les récoltes, et le timide lièvre devenait lui-même un fléau. Lambert, archevêché de Milan, accorda comme faveur spéciale à Burkard, général du roi Rodolphe, de courre un cerf dans son bois (2). La loi forestière en An^leievre (forest-laws) prononçait des châtiments si terribles contre ceux qui mettaient le pied dans les bois réservés que nous avons dû y chercher un motif politique, (3) ; les stipulations et réserves relatives à la chasse figurent au premier rang dans le pacte fondamental des libertés anglaises.

Dans les statuts même des villes, la possession des animaux de vénerie est protégée avec un soin particuher. Le statut de Milan prescrit la restitution des faucons, défend de voler les chiens et de prendre les pigeons, les hirondelles ou les cigognes. Ces derniers oiseaux, maintenant étrangers à Tltalie, s'y montraient alors souvent, faisaient leur nid sur les tours, et purgeaient les environs d'insectes venimeux (4).

Florence avait deux compagnies de chasseurs dits les Piacevoliei les Piatelli, qui allaient à l'envi en quête du gibier ; ceux qui avaient eu meilleure chance revenaient en triomphe avec des torches^ des chariots^ et faisaient grand étalage de leur succès.

Après les chasses véritables, vinrent celles qui n'en étaient qu'une imitation, ce\le du taureau principalement. Le cirque d'Auguste vit souvent et voit même encore de ces sortes d'exercices gymnastiques. Alphonse de Naples offrit à l'empereur Frédéric III, dans l'enceinte de la Solfatare, le spectacle d'une chasse

( 1 ) WniTÂKER, His t. qf Craven .

(2) LUITPRAND, in, 4.

f3) Voy. t. IX.

{A)Tota regio illa (de Pavie) mundatur a venenosis aninialibus, et maxime serpentibus^ per ciconias^ qux illic toio tempore veris' et wstatis morantur, (Aul. TiciN.,ap. Rei\ It. Script,,

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