ROMANS
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par les romanciers. Il semble que tous les peuples se soient accordés pour déposer aux pieds du héros le tribut de leurs légendes. L'Egypte lui donnait pour père le roi Nectanébus; suivant les Perses, il avait pour frère Darius; le Talmud mettait en avant les persoqnages d'Og et de Magog; l'Inde l'environnait de ses enchanlements; l'Europe l'anima deses sentiments chevaleresques^ et inventa les généalogies ambitieuses qui faisaient remonter les origioes de plusieurs peuples jusqu'aux compagnons du héros de Pella. Alexandre reparut donc dans les romans accoutré à la moderne. Le trouvère normand Alexandre, de Bernay, qui vivait à la cour de Philippe-Auguste, en fit le premier le héros d'un long poëme, qu'il remplit d'allusions aux faits contemporains. Cet auteur mérite d'autant plus d'être cité que son nom est resté au vers de douze sjllahes, adopté pour la poésie héroïque des Français (1).
Un écrivain inconnu publia sur ce modèle, vers l'an 4110, une • iusto'u*e de Gharlemagne et de Roland, en l'attribuant à l'arche- Téque Turpin, qui occupait, en 800, le siégede Reims (2). Après lui, Geoffroy de Montmouth, bénédictin du pays de Galles, composa, vers 4138, une histoire des Bretons, en latin, où il introduisit le fameux Arlhus ou Arthur, roi fabuleux d'Angleterre, et avec lui les héros de la Table ronde; on y voit figurer l'enchanteur Merlin, Lancelot du Lac et Yseult, sa belle amie, Tristan, Perceval et d'autres, qui, avec les paladins de Gharlemagne, « couvrirent le papier de rôves creux. » Il est parlé aussi de Rusticien de Pise , qui, en 1120, avait retracé en latin les aventures des héros bretons, telles qu'elles lui avaient été racontées par les Gallois Télésin et Melquin ; mais cette histoire n'avait probablement pas plus de réalité que celle du prétendu Turpin.
Les chroniques contemporaines ne font mention de Roland que pour dire qu'il périt à Roncevaux, quand l'armée française fut défaite par les Arabes et les Espagnols. Si Gharlemagne avait été malheureux dans cette expédition, il n'en avait pas moins op-
(I) Les vers les plus usités en France avant lui étaient de huit syllabes, rimant deux par deux, sans offrir alternativement, comme à présent, des rimes masculines et féminines. On ne se faisait pas d^abord scrupule de laisser dans le Ters alexandrin une syllabe muette après le premier hémistiche, comme on peut le voir dans le début du poème d^ Alexandre :
Qui vers de riche estoire veut entendre et oir, Pour prendre bon exemple de prouesse cueillir, la vie d'Alexandre si comme Vai trouvée. En plusieurs sens écrite , et de boche contée..,
(2) Voy. la note a^ldil. E , t. VIU.
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posé une barrière aux incursions des Arabes et combattu pour la foi. Les guerriers qui étaient tombés sous sa bannière méritaient bien, dans les idées de Tépoque^ une palme d'un plus haut prix que le laurier d'une victoire. Leur nom vécut donc dans les traditions et la poésie populaire. La chanson de Roland excitait le courage des Normands lorsqu'ils débarquèrent en Angleterre (i). Dès que les croisades eurent commencé , la sublime ignorance du onzième siècle reconnut qu'il en fallait reporter Torigine au grand roi Charles; Roland^ qu'on envoya combattre en Palestine, qu'on mit en rapport avec des califes et des sultans, devint le type des chevaliers. Ces Normands^ témoins de la fainéantbe desGarlovingiens, dont le territoire avait été longtemps ravagé par leurs corsaires, représentèrent Chartemagne, à peu de chose près, semblable à ses descendants : ombre fastueuse, sans vie réjelle, faisant tout par le bras des autres. Tel il parait dans tous les romans, jusqu'à rArioste(â). C'est aux moines qu'on attribue l'introduction de saint Jacques de Galice, et les éloges prodigués pour la fondation des couvents et des ^lises. Postérieurement aux voyages de Marco Polo, on ajoute à ces premières créations des aventuresqui avaient eu pourùiéâtre l'Orient, des courses jusqu'en Chine, et la princesse du Cathai devint la cause de la folie de Roland. C'était comme une mosaïque dans laquelle chaque âge incrustait des inventions et des sentiments;
(1) Voy. t. IX. Le poète 8axoD qui mit en vers Pbîstoire de Cbarlemagiie ft^ex prime ainsi :
Est quoque jam nolum yulg aru caem in a magnis . :
Laudilms ijus avoi et proavos célébrant, Pippifioi, Carolos, Hludovicoi et Theodoricos Et Carlomanos, Hlotariosque canunt, (Ap. BooQOBT, V, 174.)
(2) R Les romans carlovingiens, » dit Faoriel (Bist. de la poésie provençale), n furent écrits sous la protection et l'influence des teudatalres grands et petits, descendants des anciens chefs qui, vers la fin de la seconde race, aTsient ruiné Templre de Ciiarlemagne. L'esprit des pères avait passé aux enfants, et ceux-ci faisaient tous leurs efforts pour empêcher de se reconsUtoer Waàié monarchique détruite par ceux-là. Les poêles romanciers des douzième et treisième siècles, en célébrant les rébellions des ducs et des comtes carlovingiens, flattaient et secondaient réellement l'orgueilleuse obstination des ducs et des comtes de leurs temps à rester indépendants du pouTohr royal. En ce sens la poésie carloTingienne était, ci Ton peut ainsi dire, toute féodale, et le genre dMiéroisme qu'elle célébrait le plus volontiers était riiérofsme barbare et individuel, travaillant poar lui-même et sans autre bot que sa propre gloire, au contraire de Tliéroisme dvil, qui agit dans un but désintéressé d'ordre général. •
EOMAJiS.
de là vint ce cycle de romans qui vivra étemeUement^ grâce au i^rnséclatantdont TArioste a su le revêtir.
Les guerres d'Arthur contre les Saxons paï^s étaient moins poétkpies que les expéditions de Cbarlemagne contre les Maures ; mis elles eurent pour embellissement le raffinement d'un amour idéal et le généreux dévouement du dievalier chrétien.
EqH15^ Robert Wacenût en vers français Tbistoire des Bretons, en commençant par Brut, descendant d'Ënée, qui condui- Aea Bretagne une cdonie de Troyens, jusqu'à Calevastre, prince deGalles,mort en 700 ; c'est ce qu'on appelle le BnU (T Angleterre, oà Arthur, avec sa Table ronde, joue un des rôles principaux (i). PkB tard, le même Robert Wace ou Gasse^del'tle de Jersey, chapdtto de Henri n, ajouta à son premier roman les expéditions du doc de Normandie et de Guillaume le Conquérant, jusqu'à la prise de Jérusalem. Tel est le point de départ des romans du seoûod cycle, où Arthur, transplanté de la Bretagne insulaire dans celle da continent, part de Nantes pour des courses aventureuses.
Plus tard, vint le troisième cycle avec j^e roman d'Amadis de 6aii/e,oiidu Chevalier du Lion, attribué par quelques-uns à un Nonnabd, par d'autres à un Portugais du treizième siècle (3), pvcequ'Amadis figura principalementdans les poèmes castillans. L'allég^ie s'y introduisit ensuite avec l'ordre des chevaliers du SiiDt-Graal (3). On désignait sous ce nom le vase sacré dont le Christ s'était servi lors de la dernière cène, et dans lequel Joseph d'Arimathie recueillit le sang du Rédempteur. Le Saint-Graal éittt conservé dans un château mystérieux par un ordre mystique de chevaliers dits Messéniens, qui peut-être pratiquaient les rites
(1) ht roman de Brut commence «IbsI : f
Qui veuU oir et veult savoir.
De roi en roi et d'hoir en hoir, Qui cU furentlet dont ils vinrent.
Qui Engleterre primes tinrent, Quans rois ff a en ordre eu Qui ainçoU a^qui puisyfu, Mastre Gosse Va translaté, Q^ en conte la vérité Si queU livrent la devisent.
(1) Vasco de Lobein. L'noiqQê exemplaire lor kquA les Portugais fondaient Inr pf^lentiona péri avec la bibliothèque da duc d'Anrdro, lors du tremblement àb terre de Lisbonne. Cer? «ntès regardait comme un chef-d*œnvre lee quatre pfcmiers livre» de VAmadis,
(3) On piétend que ce mot signifie sang royal ; graal, en langue ibérique, Ttntdire coupe.
ONZIÈME ÉPOQUE
secrets des Templiers (i). Déjà Chrétien de Troyes avait fait un roman sur le Saint-Graal, après lequel vint le Joseph â'Arimaihk, le Bove d'Hampton (S) et plnsieuré autres.
Un autre cycle tout entier a trait à la guerre de Troie, interprétée et décrite à la mode du temps. Les écrivains empruntèrent d'autres créations à la poésie orientale, comme les sylphes et les péris, qui assistent, invisibles, et insolent les belles dans la captivité, au milieu des ennuis du harem ou des peines de l'amour; plus tard ils furent transformées en fées, amies ou ennemies des chevaliers. Leur intervention amena une nouvelle espèce de romans, dont le plus célèbre est intitulé les Aventnres de Parthénopex de Etais y histoire du mariage d'un mortel avec la fée Mélior. L'auteur de ce livre edt Incertain.
L'imitation, qui parait convenir si peu à Ténei^e de jeunes imaginations, ne fait pas perdre à ces auteurs le cachet original; ils prêtent au héros qu'ils chantent leurs propres idées et celles de leurs contemporains ; néanmoins il est curieux de les voir aller chercher dans l'antjqnité des exploits imaginaires, sans songer aux expéditions présentes et si pleines de grandeur des croisés. Peut-être la cause en est-elle dans ce que le résultat des croisades n'était pas encore complet, ou dans le penchant de Thomme à se transporter dans les champs de l'imagination, ou même dans cet esprit d'imitation qui fetit que cent se précipitent dans la voie qu'un premier a ouverte. Grégoire de Bechade, chevalier tourangeau, composa, vers4i30, un poëme français sur Godefroi de Bouillon, luttant durant douze ans contre les difficultés que lui opposait une langue neuve, et non écrite encore; il est à regretter que cette vieille épopée ait péri. Le Chevalier du Cygne, poëme en trente mille vers, eômnoencé par Renaud et fini par Gauder de Douai, roule aussi sur la conquête de Jérusalem. Une autre entreprise, qui diffère des sujets ordinaires , fait le sujet d'un poëme qui a été publié ert iS39, sous le titre de Chanson des Saxons y par M. Michel, qui l'attribue à Jean Bodel, trouvère artésien ; il célèbre la guerre des Saxons, causée par les préten-
(1) Le roman du Saint-Graal appartient en propre à la Frasce méridionale. En effet ce nom n'a jamais été employé que dans la lango^ d*oe ; le temple où e^t déposé le vase sacré est placé sur le Mont-Sauteur, dans la forôt de Sauveterre, sur les frontières de PAraftoo ; la milice qui le défend se eompMe de eberaHeri aqvilainfty et toutes les aventures onl Wtu en Provence.Toiit cela est démontré |wr Fauriel; de même rabi>6 de Larue et M. de la Yillemarqué ont démontré Tarigine bretonne des romans de la Table ronde.
(2) Villani , et il n*est pas le seul, le croit d'Antona ea Romagae, de même que Bernardo Tasso crut Amadis gaulois.
EOMAKS.
tioiis de JodUimon) ledr roi^ ûn trône de Prdnce^ ôomme épout d'flelnii, sœur de ClodoVée. L'action finit à la mort de \Vitîkiad^ tué fmt Bandoaio, amant de Sibylle, sa femme, tl n'y a ni fées m prodiges^ et Ymimr s'est renfermé ddtis les limites du itionde réel.
he» poèmes de Gératd de Nevers, ou ta Vîotette, pat Glbert de Montreuil, et de Oarin le LoheriH, par Jean de Plagy, sont moins étendus, mais plus gracieux. Les auteurs de ces ouvrage^, dont le nombre est inthii , sont inconnus souvent, bien qu'ils aient M une Togue immeïBe. On est porté à les croire en grande partié composés dans des couvents, à cadse de cette foule d'épisodes qu roulent sur les choses sacrées et de letir ressemblance avec ks légendes pieuses, tous débutant généràlemënt par line invocation à te DiTifiité.
On voit revenir continuellement les mêmes héros dans ces romans^ comme certains masques dans le^ comédies ; les aventures seules variaient, et s'accumulaient ainsi sur un seul personnage. Les romans cartovingiens ont toujours l'air d'être racontés devant une assemblée; TArioste a conservé cette forme. Souvent aussi l'auteur prétend s'appuyer sur un texte trou\é avee des dreonstances qu'il décrit de point en point, et qu'il doime pour rmm. L'hisioire de Fierabras/uf découf^erte à Paris por m moine appelé Rieher, dans le monastère de Saint-Denis, sous le grand auteL La très-élégante, délieieuse, melliflue et tfk'pbOiemte Moire du très^noble Perce for est y {ni trouvée, aiee un diadème royal, dans un cabinet découvert sous les mitrailles d'une vieille tour, dépendante d'nne abbaye de l'île de Bretagne. Cette abbaye était située sur les rives de l'Htimber, et è'appdiit Burthlmer, parce que le roi de ce nom vainquit, non loin de Fendroit où elle s'élevait, les idolâtres de Gérmanie. Ouilldutne, comte de Hainant, passa dans l'fle en 1286, pour assister au mariage du roi Édouard ; ayant logé dans cet abbaye , il obtînt la couronne pour le roi> et pour lui le manuscrit, qtl'il fit traduire da grec en latin par un nH>ine de Saint-Laudelain; il fut ensuite publié en français, en f honneur de la très-sainte Vierge, et pôur ^édifleation des nobléê éi des ehevalieri. L'auteur du Saint-Graal nliésHe pas à attribuer ce poème à la seconde personne de la tite-saiDte Trinité.
Quelques-uns des écrivains dont nous parlons s'élèvent, dans leorsTédts^ à des sentiments chevaleresques ; d'autres ne se repaissent que de balivernes , et la plupart se jettent dans des exagérations. RnigtoB ëépeintdes daiqes dehairtenaiseaiiceetdebeauté
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rare, mais dont la réputation ne brille pas d'un éclat aussi pur, qui s'en vont chevauchant en jupes bigarrées de couleurs diverses^ avec un courte écharpe, de tout petits bonnets liés au cou par des cordons; elles portent la ceinture et la bourse en ai^^ent ou en or, la dague au côté, montent palefrois de prix^ richement anbamachés ; cherchant çà et là des fétes^ des tournois, elles dissipent follement leurs revenus en même temps que leur bonne renommée.
Parfois l'auteur prend le ton burlesque et parodie la chevalerie. Dans la Chasse au lièvre, par exemple, un vilain invite les gens de sa parenté à courre le lièvre qu'il a fait lever du gtte, et tous les roquets du pays prennent la place des meutes fameuses de lévriers. Dans le tournoi de Totienham, les vilains font ensemble une passe d'armes, jurant sur le cygne, sur le paon, par les dames, courant sur des rosses, s'escrimant l'un contre l'autre avec le couteau et le fléau, et couverts, pour armure, d'auges et de vans d'osier [i).
On peut dire de la poésie chevaleresque, comme de celle des troubadours, qu'elle n'arriva point à maturité. Les idées dont elle se nourrissait n'existant plus, elle se mêla et se confondit en Allemagne avec les allégories; en France, elle se délayai longueurs prosaïques; elle s'employa, en Italie, à revêtir d'ornements splendides des compositions insipides ; en Angleterre, où le sentiment chevaleresque était - plus vivace, elle se perpétua dans les chants et les traditions populaires, jusqu'au moment où l'invasion en France et les guerres des deux Roses vinrent altérer le progrès spontané de la langue et de la poésie.
Bien que tirés d'un fonds commun, les romans se ressentirent du génie des différents pays où ils avaient été composés. Dans la Scandinavie, ils s'enrichissaient|des nombreux matériaux transmis par les chants des scaldes.En Espagne, oùiesexploitsétaient plus communs et plus voisins, on y trouve plus d'unité et plus de liaisons dans les faits partiels qui s'acheminent vers un dénoûment, et les caractères sont plus distincts, conmie dans l'Amadis. Chez les Allemands, les événements sont plus terribles, et les auteurs prennent les héros dans l'histoire nationale. La France fut le pays où ces ouvrages eurent le plus de vogue et de variété, jusqu'au moment où les protestants se déchaînèrent contre les romans de chevalerie.
L'Italie en compte aussi beaucoup; mais aucun d'eux ne se
(1) Ces deux oomfKMitions anglaises ont^ poMUes par Perej.
IKMIANS.
rapporte à des faits Dati<maux. Les expéditions d'Âttila emi racontées^ dans la Chronique Novalaise^ de mani^ à produire le roman de Gauthier. Le Ciriffo Galvaneo, qui parut en 1303^ est tellement obscur qu'on ne saurait le lire. Guido délie Colonne, jurisconsulte de Messine, tira du poème de Dictys de Crète et de Touvrage de Darès de Phrygie, sur la guerre de Troie (1), un roman dans le goût du temps, c'est-à-dire tout rempli de combats singuliers et de tournois; il y mêla Tbistoire des Sept Chefs devant Thèbes et celle des Argonautes, faisant parler des héros grecs comme les Arabes ou les chrétiens, et les montrant versés dans l'astrologie, Talchimie, dans les sciences du trimum et du quadrivhim. Ce livre obtint pourtant beaucoup de succès^ et fut traduit dans toutes les langues de TEurope.
Le Sicilien aventureux, écrit par Bosson de Gubbio, ami de Dante, endSii, n'a été publié qu'en 1832. Dans ce roman, cinq barons qui se sont enfuis de la Sicile après le massacre des fameuses Vêpres, vont en quête d'aventures, qui sont racontées pour « Tenseigement de tous ceux qui seront atteints des coups de la « fortune dans le monde, et pour les encourager à ne pas déses- € pérer ; » mais, au lieu d'un développement en rapport avec le fait qui donne occasion à ces aventures, on n'y trouve qu'un tissu de fables orientales, avec des raisonnementsempruntés aux classiques.
A en juger par le style, c'est au treizième siècle que furent traduits en italien les Reali di Franza, ne' quali si eoniienne la generazione di tutti i re, duchi, principi^ baroni di Franza, et de lipaiadini colle battaglie da loro faite, commenzando da Constaniino imperatore fino ad Orlando eonte d'Anglante.
Sur le même sujet fut ensuite composé le Buovo d' Anima, de vingt-deux chants en octaves; puis vint la Spagna istoriata, par Sostegno Zanobi de Florence, qui célébra en quarante cantari la guerre de Charlemagne dans la péninsule ibérique. De la même époque est la Regina Ancroja che narra i mirandi fatti d'arme de li paladini di Franza, e massimamenie contre Raldo di Fiore imperatore di tutta Paganla , al castello Soro. Ce poème a trente-quatre chants, qui finissent tous en demandant[l'aum6ne aux auditeurs (2).
(1) On disait que rouvrage original de ce 'prêtre troyen s'était perdu» et qu'il n'en restait qu'une traduction par Cornélius Népos. C'est, en réalité» le résumé d'un poème de Bella trojano, de Josepli d*Exeter, poète anglais de la fln du dooiième siècle.
(2) Ch' cra vi piaecia alquanio por la mono
A voitrt borse, e/arwU donc alquanio ; •
ONZIÈME ÉPOQUE
Le Paum Gitérin ou Gnerinô Mésehino, d'origiiie itâliedfie peut-^re^ tuais à coup sûr importé très*flndennément en Italie^ signale le passage du genre chevaleresque au genre mystique ; on y trouve les prodiges accoutumés^ mais ils sont racontés pour rédification des fidèles.
Le roman^ dans le meilleur sens du mot^ est une forme toute moderne de la littérature ; laissant de côté les événements bruyants de la politique, il descend dans le coeur de Thomme pour en étudier tous les replis, ét pour montrer comment les passions intérieures se manifestent au dehors. Ces compositions doivent beaucoup aux légendes des saints, qui souvent ne font que retracer la vie intérieure d'une femme pieuse ou d'un ermite. Dante^ dans sa Vie nouvelle y et Pétrarque, dans le M^ris dumonde, rivalisèrent avec saint Augustin et les autres contemplateurs ou révélateurs du sentiment intime. Mais Tintasion des idées orientales poussa les romanciers à ne rechercher que les aventures extérieures ; aussi voit-on apparaître très-faiblement, dans les œuvres du moyen âge, l'élément moderne de Findividuallté, qui permet d'observer dans chaque personnage ses impressions personnelles, et montre l'homme passif plus encore que celui qui agit.
La chevalerie , les cours d'amour, les tournois , les ordres militaires, les œuvres des troubadours et des trouvères représentent des idées qui se reproduiront si souvent en parlant des croisades , que nous ne pouvions continuer le récit de ces expéditions sans nous y arrêter quelque peu. Si nous avons trop insiste, la nature d'un pareil sujet nous servira peut-être d'excuse.
Nous avons laissé sur le trône de Jérusalem Baudouin du Bourg, homme juste et pieux , dont les genoux et les mains s'étaient endurcis , tant il s'était prosterné de fois pour la prière ; il ne voulait pas être surpassé en cela par les mahométaos. Il ex-
Che qui e già finiio il quinio canto.
Ores vous plaise un peu mettre la main A votre bourse, et domier quelque Chose; Car du citant cinq voici d^à la (In.