‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 37 sur 86 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

LÉPBEUX, CAGOTS, BTC.

ONZIEME ÉPOOUE*

au temps des croisades, et aussitôt on lui applicpia les rigueurs à l'aide desquelles la loi de Moïse cherchait à empêcher sa propagation, en séquestrant les malades loin des lieux habités , et ea défendant toute communication avec eux. L^Ë^ise vint en aide à tant de misères, et les fit du moins tourner en expiation, à l'aide de cérémonies mêlées de tristesse et d'espérance , quand elle intervenait pour isoler un lépreux de la société.

Elle célébrait en sa présence Toffice des morts ^ après l'avoir exhorté à être bon chrétien et à se confier dans la charité de ses firères^ dont il n'était séparé que corporellement. Il lui était défendu de s'approcher de l'habitation des vivants^ de se laver dans la rivière ou dans la fontaine , de nitettre la main aux choses qu'il marchandait, d'aller dans des chemins étroits , de toucher la corde des puits ou les enfants, de boire en d'autres vases que dans son écuelle; on bénissait ensuite les ustensiles qui devaient lui servir dans sa solitude, et^ après que chaque assistant avait donné son aumône , le clergé le conduisait avec la croix , acconi' pagné de tous les fidèles , dans une cabane isolée , destinée à être sa demeure. Le prêtre mettait sur son lit de la terre du cimetière en disant : S%% mortuus mundo , vivens iterum Deo ; puis il adressait à l'infortuné quelques paroles de consolation, et, plantant une croix de bois à la porte de la cabane, il y suspendait un tronc pour recevoir les aumônes des passants.

Un vêtement particulier distinguait le malheureux banni; il devait avoir les mains couvertes de gants, et, au lieu de parier, faire sonner une espèce de crécelle (1). A Pâques seulement, il pouvait sortir de son tombeau anticipé, et entrer durant quelques jours dans la ville et les villages, pour prendre part à la joie générale de la chrétienté.

Mais les femmes devaient-elles conserver la faculté de suivre leur époux, ou rester libres de contracter de nouveaux liens? L'Église, fidèle à ses enseignements , soutint l'indissolubilité da mariage, et ces infortunés purent au moins recevoir les consolations de l'amour et de la famille. Celles de la charité ne leur faisaient pas non plus défaut. Le concile de Lavaur recoomuindede prendre un soin particulier de ces malades; le troisième coneOe de Latran, en désapprouvant la rigueur avec laquelle ils étaient parfois traités, déclara que l'Église était la mère commune des fidèles; que dès lors les lépreux , isolés du commerce de leurs semblables à cause de leur maladie, ne devaient pas être consi-

(1) Voyez les rituels. II est inutile d'avertir qo^ilu variaient selon les

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