‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 41 sur 86 · SS · texte numérisé non relu

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de Béranger 11^ en 958> dte les usages et coutumes de Gènes; en 10S6, le marquis Albert jure d'observer ces coutumes^ dout voici la teneur :

c Eu cas de contestation sur la sincérité d'un titre entre Génois et étrangers, si le notaire et les témoins sont présents , il suffit que cdui qui présente le titre jure qu'il ne Ta altéré en rien ; en Tabsence du notaire et des témoins, celui qui présente le titre doit trouver quatre personnes qui fassent serment avec lui.

c La fename lombarde peut vendre ou donner sans le consente* ment de ses parents et sans l'autorisation du prince.

« De même les serfs , les aidions (censitaires) des églises et du roi pourront vendre ou donner librement les choses qui leur appartiennent en propriété, et même leurs censives.

ff Les métayers des Génois qui habitent sur les terres de leurs maîtres ne sont tenus ni de nourrir, ni d'héberger, ni de suivre les marquis et les vicomtes, ou leurs envoyés.

c Les fermiers de l'Église qui, par suite de cas graves, ne peuvent acquitter la rente annuelle , ne perdront pas le fonds affermé s'ils payent avant la dixième année les arrérages échus.

a Les hàbitants de Gènes ne seront pas appelés en justice hors delà ville, et n'obéiront pas aux sentences rendues ailleurs.

c Les recteurs de Saint- Ambroise pourront affermer des biens à renie.

c Les étrangers habitant Gènes doivent faire la garde avec les Génois contre les insultes des païens.

«r Celui qui fera serment avec quatre témoins d'avoir possédé on bien-fonds pendant trente années sera à l'abri de tout pouvoir ecclésiastique ou laïque, et, en cas de contestation, il n'y aura pas lieu au duel.

c Quand les marquis viendront tenir leur plaid à Gènes , le ban ne durera que quinze jours.

« Un laïque auquel un clerc aura cédé des biens ecclésiastiques les possédera paisiblement durant toute la vie de l'évèque.

ff Si un homme ou une femme possède, en payant une redevance, des biens ecclésiastiques par acquisition ou hérédité, nul autre que le seigneur n'a droit à un cens sur ces biens; s'il naît une contestation , celui qui est en possession jurera avec quatre témoins que lui ou ses prédécesseurs possèdent ces biens à redevance depuis dix années.

<r Les clercs investis légitimement de biens ecclésiastiques les: tiendront avec sécurité tant qu'ils vivront, et nul autre clerc ne pourra y acquérir de drcnts.

ONZIÈtol AfOQUE.

<r Les hommes de Gênes qui voudront résider sur les terres de leurs maîtres seront exempts de tout service puUic. »

Raguse,cité mixte , qui, par beaucoup de raisons^ peut être comprise dans Thistoire d'Italie . rivalisa , sous une constitution aristocratique ; avec la puissante Venise ^ et devint l'Athènes de la littérature slave-illyrique; plus digne d'attirer l'attention de l^istorien que les vastes empires qui la ruinèrent , elle fat bâtie par des fugitifs de l'ancienne Épidaure (659) ^ qui cherchaient à se mettre h l'abri des incursions des Slaves, dont ils se rachetèrait moyennant un tribut. Elle conserva les restes d'une brillante dvilisation y et les Dalmates comme les niyriens qui vinrent l'habiter, accrurent le nombre de ses édifices^ en protégeant le golfe par une citadelle. Gouvernée enrépublique sous les descendants de ses premiers fcMidateurs et sous quelques nobles bosniaques , elle se livra à l'industrie, donnant de la valeur par la main-d'œuvre aux matières premières qu'elle tirait de la Bosnie. Attaquée par les Arabes en 867 , elle soutint un siège d'une année, et finit par repousser les assaillants, qu'elle poursuivit jusqu'à Bénévent. Elle nous ofTre un exemple très-anden de gouvernement municipal; cat*, dans undiplôme'de iOAi, Pierre, dit Slabba (Slave), prieur, cum omnibus parUer nobUes, a^ue ignobUen meij tam senêi, juvmes, ùdotescentes , quam etiam pueri^ restitue certains biens à l'abbaye de Sainte-Marie de Lacroma, en présence de l'évéqne Vital (i).

En i08i , Pise obtenait de l'empereur Henri IV des concessioBS très-honorables , celle-ci entre autres : qu'il n'enverrait en Toscane aucun marquis qu'autant qu'il aurait Tapprobation de douie notables élus par les citoyens de Pise, assemblés au son de la cloche (2). Le documeut qui mentionne ce feit nous apprend que cette ville avait dès lors ses statuts maritimes particuliers (3)* En il 61 , elle rédigeait par écrit ses institutions , qui nous révèlent l'organisation intérieure de la cité , et attestent Pexisteoce de la loi romaine (4). Déjà, en iiOÎ, les habitants de Brescàa

(1) Ant. ital. med, xvi, diss. LIL

(2) Nec marchionem aliquem in Tuseia nUttemus sine laudatione hminum dîtodedm, eleet<Mim in eolloquio facto sonantibut eampanis, (Antiqtal.,dit8ert.XLy.)

(8) Constilutiones guas habent de tnari sic eas oktermibivmt ûmt ilierm est consuetudo.

(4) fncipit prologus constitutionum Pisanm civitatis. Nobis Pisanonm consttlibus, constitua facientibus^ xquUas hortando suasit, onMibmm sdre atque intelligere volentibus^ originem ipeenm et cùmeaii^aifme mmm

GOlfMirNES*

âTaient promulgué une loi contre les usuriers (4). Les statuts la ville de Pistoiesont du même siècle.

Une charte avec d'amples privilèges ftit accordée par le roî Roger à la ville de Messine, en récortipense des secours qu'il eû en avait reçus pour l'expulsion des Normands (2). Voici quelles en étaient les principales dispositions : Hors les cas de crimes contre HÉtat, les Messinois ne pouvaient être jugés , tant au civil qu'au criminel, que par des juges dont l'élection leur appartenait; il en était de môme à l'égard des contestations avec le fisc. Le roi

exponere, ne, utita dixerimus, quasi illotis manibuSf nulla prœfatione facto f ex improtisn ad ipsa perveniant.

Pisana Uaque cMtOi, a muHis rdtro terafMribos vîtaimIo lege romaila , tyienUs quisbmdam de lege Um§obarda, sub judide legiê , proptm- conversaiionem diversarum gentivm per diversas mundi partes suas consuetudinee non scriptas habere meruit , super quas annuaiim judices possint quos provisores appetlavit ; ut e^t acquitate, pro salute justitiœ et honore et salvamnto dvitaHs , tam eivihue qftam advenis et peregrinis et omnièue nniverselUer in cemsmtudKnilme providerent. Qui e» diversiiate soientiœ atqné intellectus , pro diversa temporaeadem negotia atque sïmilia^ aliter alterï^ et omnino e contra quant alii judicaverunt ; unde Pisani, qui fereprœ omnibus aliis ctvibus justitiam et xquitatem semper observare cupierunf^ contmiudines suas, quas pnfpter eamifersationemquam oum diversis gen tibus ha* buerunt, et hucusque in memeria rt4inwrunt, in t^r^tis statmerunt redigtj^daty pro cpgniiùme eorum ea seire volentium. Qua de eaïua et nas^ et ante nos quant plurimos alios sapientes civitqtis elegerunt, qui hoc sub sacramentofaceremus^ et corrigendo corrigeremus ; atque causas et quœstiones wnsuetuéArmn a tausis et qumgtianî^ legum êiscemendo, reéigeremns in scriptis. Qmnm ekUuêa in eeripéis redaeta,$9mt appellata etm^titniia^ pmiapittri^ st^uta et etiam a civitate recepta, et confirmata. qui* bus hec volumen compositum a nobis et confirmatum consulibus justitia ^ scilicet, RainerU) de Parlascio, et Lanfranco, pro se et suis sociis scilicet^ LembertoCtasêo de Saneto Cdesiano, BeccioCoceOf ffenrieo Priderici Bulso, ohm Pêtti ÂlàithmiÊ^ et Siemondo quodam Henrigtià Nitlumis^ per pnbU* eetienem obti^tinme ef dedimus. Ànno incarnationis Demini MÊCJLXI, tndietione nona, pridie ialendas januarii^ régnante domino Friderico,/eliciS' Hmo atque invictissimo imperatore nostro, et semper Àugusto.

Extra qHùdvohmen fi quodaliud amstiiuttm de mibus scriptum invexliter, gmBùtFUaUtn non babere constiiuimut ^ nisi super faetis eecun^wm HW tempérai servata et in eis constitutione hoc : Sicat legoi et eonsUttiti»- Des, etc. ; non tamen occasione hujus constitutionis in factis Juturis ab Une in antea vel ex quo illud constitutum emendatum vel sublatum fuerit prok-aMur.

(1) ib*fite ree»rdatia»i$ de àrdicie de Aimonibus, Mais {• ne loia pas aai^ 9iek|iM)a d^iitea sur l'authenticité de ce document.

(2} Le diplôme est do 15 mai 1129. L'orifpnal dot périr, comme tant d'au^ tne monuments, lors du (ameux soulèvement de 167S ; mais tous les historiens en font mention et le reconnatseent pour véritable , sauf quelques points oontrovenéi.

ONZIÂMS ÉPOQUE.

ne pouvait agir despotiquement à leur égard, mats devait observer les lois; s'il portait quelque décret qui leur fiki contraire, il était sans effet et comme non avenu. Il ne pouvait nommer aux différents offices publics que des Messinois, citoyens bien fomés, ^ le roi lui-même était réputé citoyen couronné de Messine. Les députés de cette ville avaient droit au premier rang dans les assemblées convoquées par le roi ; toutes les monnaies du royaume devraient être frappées dans ses murs. Il était institué^ pour délibérer sur les affaires maritimes, un consulat composé de Uemnois nommés par les patrons des navires et par les négociaots. Les habitants étaient exempts de droits de douane dans tout le royaume; ils pouvaient prendre sans rétribution dans les forêts royales tout le bois nécessaire pour construire et radouber leurs bfttiments. Personne ne pouvait être enrôlé par force pour le service militaire, et tous étaient admissibles à quelque office rojd que ce fût. La galère de Messine arborait l'étendard royal. Dans les assemblées convoquées par le roi pour traiter des intérêts de la ville» il ne pouvait être délibéré qu'en présence du des juges et d*autres officiers de la cité; les juifs jouissaient des mêmes droits et immunités que les chrétiens.

Ce privilège, qui fut confirmé depuis etoiême accru , rendait la commune de Messine presque souvenùne.

Les villes et bourgs du lac de Côme jouissaient plus anciennement encore de droits particuliers; car Otbon le Grand confirmait en 962, aux habitants de 111e Comacine et de Menagio, les privi« léges que déjà ils avaient obtenus de ses prédécesseurs, les exemptant de différentes charges, et les autorisant à ne venir que trois fois chaque année au plaid à Milan (3).

Nous avons rapporté plus haut le diplôme que Lucques, ancienne résidence des marquis de Toscane , obtint^ en 1081 , de Tempereur Henri IV, et qui fut confirmée en 1100; R porte qu'en récompense de sa fidélité et des services qu'elle lui a rendus, défense est faite à quelque autorité que ce soit, ecclésiastique ou laïque, de démolir ses murailles ou d'édifier des châteaux à six milles alentour. Les coutumes perverses introduites par la éurtU

(i) Ce nom délire den stratèges grecs, fonctionnaires qui, d'alMrd cnBèrwwiC militaires, furent ensuite investis de Faotorité supérieure admtnlstratiTe «4 judiciaire. Sous la domination espagnole, le siraiigo, gouverneur en?<i]ré par le roi, était considéré comme investi de la première cliarge de la mooarclrie en BaSe, après les deui vice>rois de Naples et de Sicile, le gouverneur de Bfilfla et Itebassadeur à Rome.

m Voyei Camto, IHeria Mla città e dioeesidi Cmo, 1. 1*', p. MS.

Af«iiar)griiiiBeHi(fac6 sont exemptés de

se rendre aux plaids et aux mâls des juges lombards, du droit riverain {ripaiico ) de Pise, du fodrum, de la chevauchée de Pavie à Rome et de tous gttes; ils pourront se rendre, pour acheter et vendre, aux marchés de Saiûlonnino et de Parme, d'où seront exclus les Florentins. Us navigueront librement sur le Serchio ; l'empereur lui-même ne bâtira aucun palais dans l'intérieur de la ville ni dans les faubourgs (i). Tel fut le fondement de cette liberté d<Hit Lucques se montra gardienne si jalouse, ei qui mai ntenant n'est qu'une parole muette dans ses amunries.

Nous avons déjà pu voir Milan s'agiter durant les guerres qui éclatèrent au sujet des investitures et du mariage des prêtres. En 1148, les princes d'Allemagne et Frédéric, archev^ue de Cologne, écrivaient aux consuls, ci^ntaines, chevaliers et au peuple milanais tout entier comme à une commune indépendante ; ils les excitaient à défendre leur liberté contre Henri V, et à se confier dans l'assistance du Christ (3). Ën iiil, les Lombards, effrayés par des phénomènes extraordinaires, tels que pluies de sang, naissances de monstres, bruits souterrains, résolurent de pourvdr à la justice, à Tordre intérieur, et de faire pénitence. En conséquence, on vit s» réunir à Milan, d'une part, tous les évéques; de l'autre, tous les ccmsuls et un peuple immense pour traiter des moyens propres à rétablir la paix. Cette assemblée, composée des hommes libres préoccupés de leurs intérêts, ne chercha probablement qu'à remédi<^ au désordre que la juridiction royale trop déchue laissait sans répression; mais il est à croire qu'il ne s'agissait alors que de la conmiune des conquérants* et non de

(1) n existe sons le portail 4e la eathédrale, édifiée si Intéressant, nne inscriftionsiogalière, mentionnant, à la date de 1111, qoe le» changeurs et les BMrchands, dont les bouUqoes éUieni alors dans la ooor Saint-Martin, ainsi que Im aoberges pour les étrangers, s^engagèrent par serment à ne point (aire de fraude:

Ul omnes komines posaent cum fidueia cambiare et vendere et emere, jw rmrunt anuus cambUirH et speeiarH , qui ad cambium vel speeias store •steerial, gmod ab iOa kora in antea nm/urtum fackmt^ née treeeamen^ tm, autfaUHeUem^ infra eurtem SancH Martini^ née in domibus illU in

guiius homines kosfHtantur Sunt etiam insuper qui curtem istam eustO'

diioU, et quiequid wuUe factum fuerit emendare ftwiunt. Ànno DM MCXi

(3) ConsulibuSf capitaneis , oifuii militi» , universoque mediotanensi popèlo, CMtas Del inelyta^ conserva libertatem , ut pariter retineas naminis tui dignitaiem^ q^ quandiu potestatibus Ecelesia inimieis resistere niteris^ verx Mfertatis auctore Christo Domino adjuiore perfrueris, Mastèicc, Col» veienmscriptorum et monumentortmf t f, p. 640. Il n'est UH aocone Mllon ni de rarehevéqoe ni da elergé.

OMZIÉHB ÉPOQUE.

celte des vaincus. Dans la Vie du bienheureux Lanfranc, on Ht qu'en l'année 1030, le père de ce prélat était de ceux qui gardaient les lois et les droits de la cité de Milan (iV

Voyons maintenant les villes du Piémont. En l'an 1090, Othon, dit Riso, et Bénédicte, sa femme, vendent une maison et une métairie omnibus vicinis de Sugella; cette acquisition, faite en commun, annonce une administration commune des Biellois, bien qu'il puisse encore n'être ici question que des conquérants. Deux ans après, les habitants de Saorgio, hommes et femmes, font une donation à Saint-Honoré de Lérino. L'année suivante, ott trouve déjà une commune établie dans Biandrate, avec douze consuls, et les comtes do pays font un traité avec les milites^ c'est-à-dire avec les valvassins (S). En 1098, Asti faisaient alliance avec Humbert de Savoie ; Amédée IH, mort en 1148, accordait des fhmchises communales à Suse; le comte Thomas, à la ville d'Aoste, en 1188.

En se livrant à quelques recherches, on acquerrait la certitude que toutes les villes italiennes étaient eonistituées en communes vers cette époque; mais il serait difficile d*en déterminer le moment précis; car longtemps fétat du pays fut semblable à celui de l'Irlande actuelle, avec ce qu'O'Connell -appelait son a^Uatim consttMionelle : système indécis entre la paix et la guerre, entre la soumission et la révolte, entre l'opposition légale et rinsurrec- Uon.

Les choses avaient marché d'un autre pas dans les pays de la Romagne; n'ayant pas subi l'invasion des barbares, les villes avaient conservé la forme des muntcipes byzantins^ avec des consuls chargés de l'administration et de la justice, et des tribuns pour commander aux bourgeois, organiséâen écoles ou compagnies militaires. Lorsqu'elles furent détachées de l'empire d'Orient, la défense fût confiée aux vassaux, et les chefs, conformément aux idées du temps, devinrent des seigneurs féodaux héréditaires, prenant leurs titres 4u nom des terres qui relevaient d'eux.

(1) Paêer t^uide ôrdm» ièhrmm ^fttrû tt U^ea tivUatiM tMmrwabtmifuii' BoLLARD., 18 mai. Dms me cbarté de 721 eMftervée anft trefatreè de SM- Ambroiie» le toot-diiore Vitale est aoniiiié mepior oiPiiMU pSattiÊtimm^c^^ à-dire notaire. Dans im dipMmede 1100, d'ABsebne IV, arcbêfèqne de Mttai, le elertt de VepoeU i^ole :

Hoc y Vercetlarum^ clerus, decus ecelesianm^ Landat cum populo laudibus egregio.

(PtBicELLi, Jfoa. amb., 289.)

(2) Bistorix palriœ manumentOf tl,ool fsa.

Gamiuns.

L'organtsation civile fut ensuite modifiée, quand les différents évéqoes, qui se prétendaient indépendants^ rendirent homnaage au pontife après le règne d'Othon P^ La souveraineté sur la Ro^ magne resta donc au pape, tandis que la juridiction fut attribuée aux évéques, qui nommèrent les magistrats, rétribués^ selon l'usage du temps, par des concessions de terres féodales. Chaque comté avait dcMSc à sa tète un viccmite, sous lequel étaient les capitaines épiscopaux, puis les difierents feudataires et la population libre, qui élisait le conseil municipal^ conjointement avec les vaasaux de Pévéque*

Dans quelques villes, notamment à Ravenne et dans celles qui relevaient d'eUe, comme Bologne, subsistèrent des traoes des ins* tituttons byzantines; elleaétaieat oiipuAisées par tribus, ou, comme on les appdait, par écoles d'arts, qui constituaient en même tempe des divisions militaires; tant que dura Tanoienne constitution romaine, elles eurent à leur tête des décuriojis, avec des magis^ trats particuliers pour statuer sur leurs différends, sous le nom de consuls des marchands, des pêcheurs, des cordonniers, etc. A la téte de chaque corporation était un ccLpitulaire chargé de veiller au maintien des statuts (capitula) on droits spéciaux, de régulariser les marchés, et de résoudre les difficultés qui pourrment s'élever.

La campagne ne songea que plus tard à s'affranchir. La con- campagne, quête des barbares avait empêché, comme nous Tavons dit, qu'elle resUt tout à fait dépeuplée par l'affluence de ses habitants dans les villes. L^établissement des fiefs, plus tard, fit passer des villes à la campagne la suprématie politique. Une population laborieuse, manufedurière , commerçante, venait s'agglomérer autour du château du baron ou des mura révérés de l'Église, et ne tardait pas à former un bourg plus ou moins considérable. Les seigneurs, s'étant aperçus qu'ils n'avaient qu'à gagner à ce mouvement sous le rapport des revenus et de la force matérielle, accordèrent à ces colonies oertiûns privilèges qui ne les rendaient pas indépeut daiiles,mai0 contribuaient à accroître leura richesses et le nombre des habitants ; de là, nécessité de nouveaux privilèges qui, maot* quant, à ta vérité, de garanties , étaient souvent violés par un despotisme brutaU Quelques seigoeurs les vendaient dans un momeut de gène , et les sujets trouvaient toujours de l'argent pour pareille acquisition, dussent-ils se priver du nécessaire.

Ailleurs ces privilèges n'étaient pas implorés à titre de concessions, mais réclamés comme droits^ l'exemple des villes ins-

ONZISMS ÉVOQUE.

pirait aux paysans le désir de secouer le joug et la confiance de réussir. Comme les nègres marrons des colonies^ ils se réfugiaient dans les bois, sur une montagne, derrière un retranchement, et bravaient de là le courroux de leur seigneur jusqu^au moment oii il se décidait à souscrire à un arrangement raisonnable.

Un document remarquable nous montre comment se formaient les bourgs autour des églises. La collégiale d'Empoli, Tune des plus anciennes de la Toscane^ ayant été terminée en 1093^ le prêtre Roland en fut nommé gardien et prévôt. Le 10 décembre iii9, la comtesse Émilielui promit et jura de maintenir ce que Guido Guerra^ seigneur d'Empdi, son époux^ avait juré précédemment^ savoir^ qu'elle enjoindrait à tous les hommes du district empditain^ soit qu^ils vécussent disséminés ou réunis dans les viU li^es et hameaux^ de s'établir autour de Tég^ise de Saint-André, en donnant à chaque famille une portion de terrain pour construire son habitation ; plus^ remplacement pour Térection d'un château. En outre elle s'engageait à défendre les maisons qui s'élèveraient^ de telle sorte que si jamais, par suite de guerre ou de violences de la part des officiers royaux ou de toute autre manière, elles venaient à être abattues, eUe et son époux les fenûeot réédifier à leurs frais (i). En 1182 les Florentins obligèrent les habitants d'Empolî à leur jurer obéissance et fidélité contre qui que ce fût^ à l'exception des comtes Guidi, leurs anciens seigneurs; à leur payer annuellement cinquante livres, et à offirir, le jour de Saint-Jean-Baptiste, un cierge plus gros que celui qui était donné par les hommes de Pontorme, lorsqu'ils étaient vassaux du comte Guido Borgognone de Gapraia.

Les bourgs étaient secondés dans leur émancipation par les villes elles-mêmes , qui trouvaient de l'avantage à voir auprès d'elles de la sympathie et des populations libres , au lieu de tyrans menaçants. Les fugitifs se rassemblaient donc autour des villes, sur les terres de la banlieue, qui anciennement avaient appartenu à l'évôque, ou, comme on le disait, au saint patron (S); là ils étaient soumis aux lois de la ville et obéissai^t au méine podestat. Si les communes avaient proclamé l'abolition des fieft, tous les paysans seraient accourus dans les villes; mais elles n'avaient nullement songé à fonder un droit nouveau en démolissant l'ancien. Elles ne tentèrent donc point de briser les liens qui at*

(1) La«, Monum. eeeLJIor., t. IV.

(I) On les appelait par ce motif corpi tanti en Lombardie, appodiato k Bologne et campmie eo Toacane.

Mmeai Fhonune à la tene et aa mattre du sol j mais elles ou- Traient avec bienveiUaDce un asile aux fugitifs y et soutenaient les insurgés des campagnes contre leurs comtes.

Les communes firent la guerre à quelques-uns de ces seigneurs ; car le droit de voigeance personnelle, généralement reconnu ûm, bisait que les villes croyaient pouvoir impunément guerlojer contre les barons, qui avaient élevé des forts jusque sous leurs murailles. C'était donc paix aux chaumières et guerre aux châteaux. entra en lutte avec les ducs de Montferrat; Chierl, avec les archevêques de Turin ; les habitants de Bourg-Saint- Sépulcre enjoignirent aux nombreux ch&telains de la vallée du Tibre d'abandonner leurs petites forteresses, et employèrent la tme contre les récalcitrants; ayant démoli le château de Mansciaio, ils emportèrent les pierres pour les employer à la construction de leurs remparts, ainsi qu'une cloche, qu'ils mirent dans la tour de Berthe (i). Les bourgeois de Pavie repoussèrent le comte rural, qui fut réduit à se réfugier dans Lomello; mais, poursuivi dans cet asile , il fut contraint de se démettre de ses fûoctions et de se faire citoyen de leur ville (2). D'autres fois on traitait, au lieu de recourir à la force. Ainsi les comtes Guidi cédèrent leurs châteaux à Florence moyennant cinq mille flonos (3). Quelques seigneurs embrassèrent spontanément la con-

(1) Brève Utoria dtlV ùrigine efonda%ione délia cUtà del Borgo di San S^olcro, di ALESSAimo Oaracci, eittadino di quella ; 1636.

LnUitorieaf de cette époque nous fouraissent souvent des reaseignenieots fort iatérestauts sur des chartes qa'Us ne citent pas , mais que sans doute ils svaieDt sons les yeux. Ils parlent toujours de villes qui se rachètent, de privilèges qa^eUes obtiennent , de châteaux qu'elles démolissent, de seigneurs qui se voient obligés de quitter la campsgne pour aller habiter les villes , où ils apportent la discorde, etc.

(2) El Ntmc isle emetf comori et conscius ante, IIU poUns princeps, suà quo romana secmis ItaHmpunire reos, de tnore vettulo, DebM injuêlUim, vieirici cogilur nrbi.

Et modicus servire clienSf mtlloque reUclo, /tare «iM, doménx meluU numdala superbte.

(3) Void, pour ces cessions de droits seigneuriaux aux villes, un exemple qui 9»i se rapporte à Lucqnes ( Documenli per servire alP istoria , etc., vol., f, p. 174) :

in noMine sanetœ el individum Trinitatis. Ve\fo dux Spoleli^ tnarehio Tksdx^ prineepi SardMx^ dominms dmn» comitissx Matkildis. Ma jMstum et ralicni comentaneum vidttwr impereterem , iin magnoi

(GuRTiER, lib. m.)

sa4

ONZlilU teOQUf.

dttioo civile > soit pour plus de séeurité, soit pour jouir de FiDfluenoe que là richesse > l'exerdce du pouvoir et les ancieiiDes relations procurent toujours dans une communauté d'individus. Alors desc^dant de leurs donjons menaçants, ils juraietU la commune fidélité aux magistrats citoyens, promettaient de soumettre leurs terres aux impôts, de servir leur patrie de leur personne et de leurs vassaux, et de fixer leur résidence dans la ville au moins pendant une partie de Tannée (i). Au treizième siècle, les abbés de Sant' Antimo, dans la vallée d'Orcia, comtes du Saint^Ëmpire romain, suzerains du territoire de Montalcino, durent plier devant Florence. A la même époque , Tabbé d'Agoano, dans levai d'Ambra,afin d'obtenir sûrété et de se rendre indépendant, mit son monastère sous la protection de cette républi-

principes imperii fidelium petHionibus condescendere stiorum; idcirco ei ego, petitionibus fidelium et dilectissimorum meorum tucensium condescendere volenSf Lucanœ civitati totoque êjtu popuh do,conce€lo, atqueconfirmo omnem ejtu aetionem, jttrisdictionemf et omnes res qtus quoquomed» mihi pertinent, vel ad jus tnarchix pertinere videniur, vel 'ad jus qwmd. comitissœ Mathiïdis, vel quond. comiCis UgoHni pertinuerunt, tam i^fn Bechariam civitatem ejusque burgos quam extra injra quinque proxUM milUaria prxdictm civitati, ab omni parte tjusdem civitatis, eaxeptis fodris meorum vassallorum ex parte tnarchi«f vel prxdicU çamitis Ugolini, Prmterea infra prstfata quinque milliaria proxima Lucane civitati ab omM parte non xdificabo aliquod castellum^ nec eedificare faciam. Pro qua mes datione et concessione consules vel redores qui pro tempore in dicta civitate fuerint, vel aliqua persona pro subscripta civitate dore debeant miki, vel meis successoribtu aut misso noslro, infra prxdictam civitaiem omni ommê in quadragesima infra proximot octo dies postquam a nobis vel a nostru nunlio literas sigillatus ostendendo prxdictis consulibus, vel rectoribus aut populo denunciatum fuerit, solides mille Itâcensium denariorum expendibilium,et sic debeant facere et obsermre prxdicti consules, vel redores oui aliqua persona pro ctvitate dehinc ad nonaginta annos, El Ucd ego sctm quod hase mea concessio annuatim majorem redditum quam sit dictum et etiam ullra duplum promittat, tamen illam plenissima audoritale corroboratam per me et meos successores Jirmiter d incorrupte, sicut dktum est, permanere conslituo. Si qua vero persona contra hujus nostrœ concesskmis et dationis paginam ventre prxsumpserit , statuiwius ut Ubras centum auris componat, medietatem camerss nostrss, d medietatem prxdieta civitati. Ut autem fiasc scriptura immutabili veritate et stabilUate permaneat, sigilli nostri impressione insigniri jussimus, d propria mtmu confirmantes subscripsimus ,

Àcla sunt hxc in civitate Lucensi, anno incarncUionis Domini hcul octavo idus aprilis^ prxsentibus vero lestibus his^ etc.

(1) Exquofil ut tota illa terra (Lombardia) intra dvitates ferme divisa^ singulx ad commanendos secum diœcesanos compulerint; vixque aliquis nobilis vel vir magnus tam magno ambitu inveniri queat qui cipitatis sum non sequalur in^perium. (Othon de FasftiNG, U?. 11, ch. m, daos le l. VI des Rer. itaL script.)

OOMMONSS.

que. Sieone combattit les Scalenghi, et Aofaeta^ en iSiS, les dépendances d'Asciano. Dès 1151 ^ Palteniero Fortiguerra lui avait remis Saint-Jean d'Asso et une autre place fortifiée dont il était seigneur. Les comtes Aldobrandeschi^ dominaient sur le» Maremmes de Grosseto et de Savane; mais^ quand la bataille de Montaperti les eut ouvertes aux Siennois ^ les Yifôsaux de ce territoire profitèrent de l'occasion pour secouer le joug. Ën conséquence , les habitants de Batignano^ réunis sur la plaee de Saint- Martin > élurent un syndic, qu'ils chargèrent de mettre le pays sous la dépendance de la république de Sienne^ en promettant untributannuel (i). Il faudrait faire l'histoire de chaque ^bourgade si Ton voulait connaître en détail ce que les ruines de la féodalité dans les campagnes procurèrent d'accroissement à la puissance des villes.

D'autres seigneurs se maintenaient encore dans leurs châteaux, surtout dans les montagnes^ où ils étaient défendds par la difficulté des abords. Là , entourés d'hommes d'armes et d'écuyers> ils conservaient quelque ombre de leur ancienne puissance ; mais, bien qu'indépendants des communes^ ils ne purent jamais constituer une aristocratie forte , contrariés qu*ils étaient par les autres classes. Il ne leur restait donc qu'à faire étalage de luxe, et à simuler des prouesses guerrières en attaquant une ferme ou une grange, en s'escrimant dans les tournois; à perdre leur temps en jouant aux boules, à la paume, aux osselets , en s'entourant de bouffons , de nains , de chanteurs , de joueurs de luth et de rebec.

Lorsque les comoHines eurent conquis la liberté, elles entrèrent dans la société féodale^ attirant à elles les droits dont jouissaient les seigneurs , droits de lever des impôts, de battre monnaie, de faire la guerre , etc. Elles obtenaient un rang dans la hiérarchie, relevaient du roi ou de l'empereur, et avaient sous elles des vassaux et d'autres corporations. Tels étaient surtout les corps de métiers ; dans certaines villes , comme à Utrecht ou à Florence ^ nul n'était admis à jouir des droits de citoyen s'il ne se trouvait inscrit au rôle d'un métier. Ces maîtrises, qui gênent l'industrie par le monopole et éteignent l'émulation , étaient nécessaires quand la commune avait à pourvoir à Tobjet de sa propre formation , c'est-à-dire à s'affranchir des vexations , sans songer à l'intérêt des individus, qui n'était pas son but.

(1) Le 10 juillet 1261. Arch, dipL Senese.

ONZIÈME iPOOUE-

La commune aspirait à des distinctîoiis, à des titres; elle avut ses armes ^ son sceaa y où le plus souvent était gravée TefBgie du saint qu'elle avait choisi pour patron , avec quelques vers à la louai)gedela cité.

Le nom de consuls désignait les principaux magistrats de la ville, qu'on appelait d'abord ^u^e^ onscabins^ et qui des fonctions judiciaires passèrent aux fonctions administratives. Deve* nus conseillers du gouvernement y ils formaient une assemblée composée généralement de dix-huit ou vingt et un membres, pris sans doute en proportion égale parmi les capitaines, les vavasseurs et les citoyens(i), ou parmi ces derniers et les nobles lorsque les deux premières classes ne formaient qu'un ordre, ou bien encore dans une seule classe quand la bourgeoisie l'eut emporté sur les autres classes.

La ressemblance dans les conditions propagea rapidement, chez les autres nations , l'exemple donné par lltalie. Avec le mot communes , elles adoptèrent parfois aussi celui de consuls ; seulement elles se trouvèrent modifiées diversement par une quantité plus grande d'éléments germaniques et par une action moins puissante de la part des pontifes. Si nous les voyons s'étendre d'abord dans le midi de la France, puis dans toute l'Europe , où avaient existé des municipes romains, nous reconnaîtrons aisément l'influence que les restes des anciennes institutions , ou du moins les souvenirs qu'elles avaient laissés , exercèrent sur les nouvelles.

La classe des hommes libres se composa donc d'habitants des villes municipales, toujours restés indépendants; de ceux qui le devinrent par l'insurrection des communes; de bourgeois affranchis du joug féodal , de serfs émancipés de la campagne. La protection du roi leur vint en aide , et bientôt les officiers royaux, au lieu d'être désignés parmi les vassaux, furent choisis dans les rangs des simples citoyens, qui acquirent ainsi l'habitude des affaires. Selon qu'ils sont sujets d'un royaume ou citoyens d'une république , ils fournissent des magistrats capables de tenir téte au pouvoir; des jurisconsultes qui , dans les parlements , sauront abaisser Torgueil des chefs de la féodalité; des docteurs qui brilleront dans la chaire , et des clercs qui monteront sur le si^ épiscopal, ou porteront même la tiare.

La classe des prolétaires devient un ordre, la richesse mobilière

(1) Cumque très ordines^ id est capitaneoruniy valvassorum etplebis, este noscuntur^ ad reprimendam superbiam , non de «iio, sed de sinpUiSfprw dicti consuleseliçunturé (Oraoïf ncFaEis., U| 13.)

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