‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 42 sur 86 · COMMUNES · texte numérisé non relu

COMMUNES

s'élève à côté de la propriété foncière, et la féodalité , qui naguère était toute la société ^ est désormais restreinte à la seule noblesse. Ainsi se trouvait constituées les communes non pas en républiques, mais en associations partielles^ ayant pour but de se garantir des vexations féodales et du désordre politique; plus twl elles parvinrent à obtenir ou à conquérir une juri(Ûction particulière^ le droit de guerre , celui de battre monnaie , de se gouverner elles-mêmes.

La liberté des États-Unis d'Amérique , fondée sur le triple symbole de rÉglise , de l'École , de la Banque , n'eut à vaincre ni l'opposition d'une ancienne aristocratie , ni la routine d'habitudes enracinées. Il suffit à cette société nouvelle de secouer le joug de la métropole pour se trouver libre; elle put faire des lois inspirées uniquement par la pensée du bien général , sans être entravée par des partis, par des castes , par des intérêts privés. Uimmenseétendne du pays permit à chacun d'occuper autant de terrain qu'il voulut, et il ne resta dans son sein ni mendiants ni oisifs, ces pestes des républiques; n'ayant point de voisins puissants, elle fut dispensée d'entretenir des armé^ , qui sont toujours un danger pour la liberté. Voilà pourquoi les idées démocratiques acquirent dans ce pays une maturité unique dans l'histoire.

Tous ces obstacles , au contraire , entravaient les communes italiennes, nées d'une société constituée sous les auspices de la guerre et sous l'influence d'une superposition de conquêtes. L'élément germanique dominant encore , on ne savait pas se détacher des idées féodales , qui n'admettait pas d'existence indépendante. Les communes se considéraient donc comme vassales d'un sdgneur , et obligées envers lui aux mêmes devoirs qu'un homme lige: ce qui mettait dans la dépendance non plus les citoyens, mais la conunune elle-même. Les individus qui n'appartenaient pas à celles-ci restaient comme des ilotes; exclus des emplois, ils ne pouvaient porter les armes, ni jouir des franchises attribuées aux autres individus.

Il ne faut pas cependant confondre les communes et les.villes companuon du moyen âge avec les anciens municipes. Les derniers étaient ■nnieipês. formés par des colons venus de Rome, qui, soutenus par les armes de la métropole , s'établissaient sur le territoire conquis pour tenir les vaincus sous le joug. Dans le moyen âge, ce sont les vaincus eux-mêmes qui aspirent à conquérir des droits comme hommes d'abord, puis comme citoyens. Dans la commune romaine, le père de famille est dans sa demeure magistrat et prêtre; dans la nouvelle , le clergé constitue une classe distincte et indépendante,

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qui KiBiie' l'autorité paternelle. Dans la oité romailie, un petit nombre de riches en possession* de Ift^ plénitude de& droits 9(mt entouré» d'une foule d'esclaves aux mains desqueb ils aband^ neQt tous les genres de service ; dans la cité nouvelle y nndustrie, devenue 'libre* pour la première fois dans^le monde ^ enfurte des richesses et des libertés. Sous l'empire romain, les citoyens par e]Boeltettce((9>^tmt7iirî^) sont réunis dans ^intérieur de la ville, la campagne n'étant habitée que par des esclaves. Au moyen âge^ les personnages les plus puissants* résident hors des villes, où s'agglomère 1». population industrieuse » qui s'afRranohit peu à peu et à foroe de tiuivaih là, en>un moi, il y a< aristocratiè'; ici , démo* cratie. Dans l'ordre ancien , tout tend' à assurer la puissance po* litique* d'une -classe privilé^ée; dans le nouveau, à garantir les droit» de la> population entière : dans l-un , les privilèges cherchent à seraaintenirpar l'exolusioa des elasses intérieures ; dans l'autre) chacun' s'efforce d'atteindre k une condition meilleure. Ainsi le sentiment de la> personnalité se fortifie dan» la lutte; puislVm regarde avec envie les individus qui sont élevés , et avec défiance ceux qui se trouvenOen bas.

Ajoutez à cela qu'iltn'y avait, à proprement parler, que Yordo, c'est-à-dire les familles sénatoriales. inscrites sur Valbum, et dans lesquelles le pouvoir et l'administration se transmettaient héréditairement, qui' eussent pari ài la- communauté romaine. Si Tune d'elles s?éteignait, l'ordre luinaiéme* choisissait parmi les plus notablesrde la oité* celle qui. devait oombler le vide. Dans la plupart des i communes du moyen âge , quiconque récoltait sur son champ le pain et le vin* de* sa famille, exerçait un métier de quelque importance ou jouissait d'une certaine aisance, participait, indirectement du moins, l'autorité municipale. Les magistrats étaient élus par l'assemblée générale des habitants ; car, le droit de représentation n'étant pas^oonnu des anciens , ils intervenaient en personne aux jugements et aux assemblées. Gette plate des vieilles constitutions, à laquelle on tenta de remédier par des oombinaisona parfois tr軫ompliquées , finit par causer leur ruine.

Les communes grandireni eui Italie plus que dans tout autre pays« Là, point de* ces. ducs ou de ces comtes indépradaots que leur puissance* rendait presque les égaux des rois. Le pouvoir royal était réuni à l'autorité impériale^ il ne s'exerçait dès lors que de loin et avec peine, tandis que les villes acquéraient' d'immenses richesses , et avaient sous les yeux l'exemple de» cités maritimes. Aussi ^ quandi ht maison salique est tombée , les communes de Lombardie fontla guerre • aux capitaines^, leur eshfvaiit

k» Kmm et le» taxes dont ils jouissaient , mosi que' tous les arires ditrits'des comtes, pour, le» exercer à leur place ^ ce qui «faitde'véritables lépuldiques ; mais^ en décomposant le pouvoir nos s^réanir, elles déclinèrent, et ne furent plus en ét^t de ré^ fiÊR ans ftmesl^ amitiés dé rëtt>anger, qui étoniAt lëur* natiouSté.

Du» le raidi' dte la RMce ^ lës^ forme» romaine»* qui' avaient airvéou , et lè» richesse» produites par lë commerce firent que les oommnne» s'y formèrent de bonne heure. Quelques villes étaient libre*, en vertu^ie Pancien' droit municipal' plus oumoins «wervé; d'autre» le devinrent, ou- se rachetèrent, ou furent «flhochier. Parmi les premières, on compte Arles, Auch) Bmifge», Glefmcmt , Marseille, Narbonne , Ntmes , Pbitiers , Pé^ ngaeox , 'Rhit», Toulouse, Vienne, vivant chacune dfe son existence propre. Péngueux soutint une longue lutte contre les «mntesdè Pértgord ; Toulouse triompha des Raymond', et soumit 6» bourgades voisines ; Narbonne avait ses assemblées de cittryens, et traitait avec Gêne» {V}; Bourges était fière di»' privilèges de sa curie, qu'elle tenait des Romains, et qui llii ftirént confirmés par Louis le Jeune; Arles, se souvenant d'avoir été la résidence d'empereurs, puis de rois, modéra toujours l'èxercice da pouvoir féodal par le coneour» de ses propres magistrats (2) , et l'on voit, vers 1150, Tarchevêque Raymond y installer le consulat, « après avoir consulté plusieurs chevaliërs et prud'hommes (3). a Les consuls s'obligeaient à maintenir les coûtâmes adoptée» et jurées, à punir tout délit commi»par' un che-» ^erou un citoyen dans les limites de leur juridiction , et leur administration était gratuite. Le consulàt d'Arles étaitcomposé de qoatre chevaliers, de quatre bourgeois, de deux marchands et de deux paysans. L'archevêque de cette ville obtint ensuite de Fréd^o Barberousse (11^ le droit de suzeraineté et ceh^i d'élire les oonsiils.

(1) En 1080, euncti affuere narbonenses cives fScilicet Raimundus Amaldi cumfilHs suis. — Preuves de THlst générale du Languedoc, t II, p. 308. — (y^i VffUMre du droit municipal^ de R4Ttfo0AiiD . )

(2) Jam^prMketoimttuie et comité esx^Untissimo hano netitkan, dé^i*tioniSy amsentiente ^usfilio Rothbaldo, atquô eonsiUatUibus Arelatensium principibus, in conspectu Bosonis atque in prœsentia omnium virorum Are-^ ^àtensium, (Goesnat, Provincia Massîliensis, p. 227.)

(*) in nomtne Domini /. C, ego Raimundus, Arelatensis archiepiscopus, eensiUo quorumdom mitétum et proborum virorum, quos nobiscum habere voluimus^ et voluntate et consensu aliorum, faeimusitt^civUaie Are» iotensi et Burgo oonsulatum bonum^ legalem et communem, etc. (Gallia Chriftiaiia, 1, 98.)

ONZIEME iPOQUE.

,La formation des communes avait été aidée aussi par les ecclésiastiques, qui avaient habitué leurs paroissiens au maniement des armes , en les conduisant à la guerre sous la bannière du roi. En France, il est vrai, les communes n'acquirent januds une existence brillante ; mais elles survécurent dans le tiers état , dont le concours aida le monarque à triompher de la féodalité et à concentrer les pouvoirs disséminés dans les mains des grands vassaux. Lorsque le tiers état eut ainsi contribué pour sa part à fonder Tunité nationale, il dut travailler à mettre des bornes à la prérogative royale, t&che qui amena la révolution de 4789.

En Allemagne, les communes surgirent un peu plus tard, parce qu'il y avait moins de sécurité, principalement sur la frontière orientale , dans les Marches de Brandebourg , en Bohème, en Autriche; les habitants de ces pays, contraints, par le voisinage menaçant des Slaves, des Polonais et des Hongrois, à se tenir sans cesse sous les armes, ne purent guère songer à se donner un gouvernement r^ulier. Les cités situées sur le Rhin et au centre de l'Allemagne devinrent villes libres, ne dépendant que de Tempereur; mais la féodalité se maintint assez vigoureuse pour triompher de Tautorité souveraine, et s'assurer la suprématie territoriale. Jusqu'en 1848, des juridictions féodales ont subsisté dans beaucoup d'États allemands : tribunaux d'exception pour les nobles, dans lesquels un seul magistrat était revêtu de l'autorité civile , criminelle et administrative. Les cités , ainsi appelées non parce qu'elles avaient des murailles, une forte population , des richesses, mais à cause du droit de haute législation dont elles jouissaient, renfermaient des habitants qui , considérés en masse comme un gentilhomme , étaient exempts , à ce titne, de la justice seigneuriale; ils élisaient leurs magistrats, et se faisaient représenter aux conseils généraux et provinciaux de l'État.

Dans les Pays-Bas , auxquels le conmierce donna l'existence, toutes les révolutions se firent par les communes , notaounent celle qui les arracha à la tyrannie espagnole; les institutions municipales devinrent le fondement des institutions politiques. En Angleterre, les conununesse liguèrent avec l'aristocratie pour limiter l'autorité royale, et formèrent la chambre prépondérante. En Espagne, entravées dans leur développement par la domination maure, elles survécurentà l'oppression tranquille de la maison d'Autriche , et aujourd'hui encore elles entretiennent dans le pays ces guerres intestines où des gens à courte vue ne savent apercevoir qu^une querelle de personnes ou de dynasties. Les souffrances passées avaient régénéré les bourgeois et re-

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trempé leur caractère, au point de leur inspirer Thorreur de tout ce qui était servitude ; mais pouvaient-ils immédiatement avoir aquis l'expérience politique? Ils furent donc obligés d'aller en tâtonnant, de suivre Tesprit des anciennes institutions municipales, et d'imiter en partie la hiérarchie ecclésiastique ^ puis d'innover à mesure que le besoin s'en faisait sentir. S'ils ne réussirent pas à metti'e la dernière pierre à l'éditice de leur liberté , il ne faut pas se hâter de leur en faire un crime^ avant de se rappeler qu'ils n'étaient qu'une poignée de marchands , sans armes ni organisation, étrangers à la guerre comme à la politique, entourés de paysans trop grossiers encore et endurcis à l'esclavage, et qu'ils avaient à se défendre à la fois contre l'autorité royale, contre la puissance des seigneurs et contre celle du clergé ; on devrait donc plutôt éprouver pour eux un sentiment de reconnaissance , et s'étonner de ce qu'ils osèrent répudier la servitude et ouvrir l'ère nouvelle du peuple.

Les éléments mêmes dont se formaient les communes , durent Défont* <im contribuer à leur ruine. Le caractère de la commune était la confusion et le mélange des droits; car, soit par usurpation, soit par cession volontaire, soit par sentiment religieux , ceux-ci étaient exercés par l'un , ceux-là par l'autre. Le seigneur féodal ou l'évéqne, à l'obéissance duquel les bourgeois s'étaient soustraits , conservait le droit à certaines taxes ou à certains privilèges, ou bien celui de nommer le magistrat avec l'assistance des députés communaux. Il arrivait donc parfois que, dans la même commune^ le comte avait juridiction sur certains délits, révèque sqr d'autres ; que l'on payait à celui-ci une taille , une taxe d'entrée à celui-là; un cens spécial à telle église, un autre à la commune , un troisième à l'empereur, un quatrième peut-être à un particulier ou à une commune voisine. A Paris, les abbés de Saint-Germain, de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor étaient seigneurs eensuels chacun d'un quartier de la ville. L'évêque d'Auch partageait la seigneurie de cette ville avec le comte d'Armagnac; celui de Narbonne avait la moitié de la ville et la suprématie sur le vicomte , qui administrait l'autre moitié (1).

(1) L'archevèqae de Gênes prenait part a^ec les consals au goayemement de ka cité. En 1151 : Nos Sirus, arcMepiscopui et consuUi Januœ, prxdpimui tibi, PhkUppo LamberHt ut ab hac die in aniea non sic consul Janum, nec guida ostœ Januw, nec conciliator Janua, nec legatus Janux; et prxe^nm tihi ut, per sacramenta qux homines Hassx adversus te fece* rant , non reddas eis vel alicui eorum ullum malum meritum, L^arche-

JMarseiUe . était divisée en trois .parties : ia ville haute, qui relevait de révéque,; la cité ^ dépendant de l'abbaye de Saint-Yidor; la cité basse , qui^ s'étendant sur le rivage de la mer depuis les Présentines et la rue Sainte-JBarbe jusqu'à la jnie.des Forgeronset au Petit-Mazeau., appartenait aux citoyens régis ,par des consuls qu'élisaient des assemblées convoquées au son de la cloche de Sainte-Marie des Accoules. Avant la fin du onzième siècle, les citoyens avaient acquis l'exercice de la liberté , et préteadaient recouvrer ce qui avait été enlevé à leurs pères ^ :c'e0t-àdire à l'ancienne république phocéenne. Cette ville s'accrut beaucoup avec les croisades; elle obtint des rois de Jérusalem des privilèges, des exemptions etimôme un tribut (4). La partie Uinre de la ville avait été jadis soumise assez longtemps à l'auteiité du vicomte.^ dont quelques droits étaiei^ même restés à li maison de Baux. Les Marseillais les rachetèrent, et, libres chez eux désormais , ils s'administrèrent à leur ^é.

Partout les personnes étaient libres à un degré différent ; il restait encore quelques anciens ahrimans. Dans quelques communes , bien que d^à affranchies , il existait des bourgeois du roi et des bourgeois des seigneurs : les premiers plus altiers et flu riches, les derniers émancipés, ilest vxai ,.mais vivant au oÂieu de parents et d'amis jplacés dans une condition servile.; ipuis venaient les nobles., les hommes libres de la commune, du baron, des particuliers ,les ecclésiastiques privilégiés, les giœrriers amcenaires régis par Ja loi de leur pays ; enfin on reneontnût encore des vestiges de la loi lombarde, franque et romaine, an moins dans les contrats. Les corporations de métiers entravaient le commerce, la vente et .l'achat de certains objets étant prohibés s'ils .n'étaient marqués «par les gardes de la maîtrise ou pesés par les officiers de la commune. D'autres r^ements déterminaient l'heure du souper^ la manière de se vêtir, le nombte des chevaux et des serviteurs,, l'instant auquel chacun était toiu d'éteindre feu et lumière, ou de se mettre au Ut. Quelques éobevinages se réservaient certaines fonotions; ainsi >oelui d'Arras

Téque de Milan était seigneur de la partie de la Tille appelé le Brogfio, possédait en outre les péages des portes. A Limoges, la Tille et lecbàtefto Alétaient pas dans ies niéines«iaiiiB;^e niêine à Kéfigieoi ot <ïareasiaae; obiqae partie aTait ses^mora parUaaIins, «t^^nelqoefois TîBe et 'diâten en ^etre. Goire eonsetfe encore la 8épanili»n%ien marquée ^utro 4a ville ép»* cQpale ai la TÎUe populoiro ; la dernière était lemiée tout les aoîrs.

(1) Voyez un acte de FookitiM, en tt^6. Miit de Provence^ par Pams; pieu\es du t. Il, p. 14.

GOMMONBS.

avançait le notariat pour les contrats et les obligations entre particuliers. A Bordeaux, le père émancipé pouvait vendre ou tuer m fils, ses serviteurs,» la populace insolente (1).

NéaS'du besoin de se soustraire à des exigences intolérables, moins déterminéesipar une confiance mutuelle que par une crainte lécipvoque'y'C^ associations, dont les pouvoirs ne se trouvaient iléfinis nulle paît., de même qu'elles s'étaient d'abord conjurées pour leur propre défense , se cocgurèrent plus tard soit pour soutenir une faction, soit par simple caprice. Les corporations de mét)ers<et les universités en firent autant pour s'affranchir de certaines charges, ou pour détruire des abus. Il n'y avait -pas de lien assez fort pour réunir tant d'intérêts partiels; C'était ^une lutte perpétuelle des feudataires avec les comnuines entre elles, et, dans rintérieur des communes, entre les diverses corporations. Gomme il n'existait aucun pouvoir central capable de les diriger tous, ils se faisaient la guerre à main armée, se tenant sur le quivive au milieu de la paix, construisant leurs mrâons en forme détours. L'administration , exercée au milieu d'un état de guerre ioeessant , empruntait au désordre an caractère violent.

Bira plus, tandis que les tyrans opprimaient l'homme , ces républiques exoluaie&t parfois des classes entières de la vie civile; ainsi un statut milanais, émané de la commune aristocratique, n'imposait au noble qu'une faible amende pour ie.meurtre d'un .plébéien. A Flovence»,<au •contraire, «tout était dirigé contre lesgrimds^ la Idi r^ardttt comme chose ignominieuse d'être inscrit parmi les nobles, et portait que Ton pouvait être déclaré noble infrawipiiê maUfieUs et camis tanimi : ,pro homioidiOypro mneno-, fro^fopina sm robaria , profurta, pro incest u.

Régis &par un petit nombre de bourgeois^, il seodtlait que ious cberchas^tà battre en brèche la loi de 'leur citéiplutôt qu'à la eoQsolider.; les magistrats municipaux n'agissai6&t4)as avec moins 4'arrogaDce que les seigneurs féodaux. Les hoflHiiesqui avaient'le ^voir cherchaient à exploiter les autres», lesquels s'en dédommageaient sur oeux qui n'avaient pas le droit de bourgeoisie; l'oligarchie 'renouvelait les 'scènes de rancienne aristocratie : 'de ià , une défianee réciproque, un égoisme effréné, une jalousie qui, à défout de lien mori^ , faisak recourir à des associations particutières de métiers^ de classes, de partis; ceHe&K}i engendraient r^^prkde eoi;ps si ftmeste au sentiment de pairie, et 4e choc des

•Cl) Bmêtte m mwimmmi 4t kt ecmfiiuMt de 'Lùm, ë,*cm»i^ 1nr4êhi$e.

ONZIÈME ÈBOQVE.

intérêts 9 les oppressions partielles en étaient le résultat inévitable.

On chercherait donc à tort au sein de ces communes des exemples de liberté politique comme nous retendons aujourd'hui. Rien n'y est plus opposé que l'esprit de famille et de docher; mais les communes prospèrent très-bien sous la tyrannie , témoins les municipes qui florissaient sous Fancien empire romain , et les communes modernes de la Prusse.

Il ne faut pas demander s'il y avait hostilité entre les communes. Dans un état de choses fondé non sur la liberté générale^ mais sur des privilèges exclusifs^ inégaux^ sur la jalousie réciproque^ Tune cherchait son avantage au détriment de l'autre. Les communes faisaient ce que les feudataires avaient pratiqué avant elles, imposant des péages ^ des taxes arbitraires , des corvées pénibles et ignominieuses. Dordrecht et Bruges s'attribuaient le droit d'^ tapie y en vertu duquel toutes les marchandises descendant ou remontant le fleuve devaient être exposées en vente dans la ville, et payer la taxe de douane.

Comment aurait-il pu se former un esprit national alors que chaque commune ne songeait qu'à elle^ et, formant un petit État indépendant, ne se préoccupait en rien du bien générait Lors même que , dans un péril commun , les villes s'alliaient entre elles, comme au temps des ligues lombardes ou toscanes, le lien était trop faible; il y avait trop peu d'expérience civile pour qu'elles pussent organiser une confédération régulière. Assez fortes pour briser un joug odieux, elles l'emportaient facilement sur le baron et sur l'évêque; mais lorsque ces seigneurs se réunissùent^ ou qu'elles avaient affaire soit au roi , soit à l'empereur, la chance était trop inégale entre des armées aguerries et des bourgeois', des marchands armés à la hâte, malgré leur élan volontaire.

Afin de se soustrave aux turbulences du peuple, les propriétaires fonciers cherchaient à établir quelque ordre, quelques garanties de paix , et , dans ce but , ils s'entendaient soit avec le roi, soit avec l'ancien feudataire; de là, des partis intérieurs qui faisaient naître des dissensions nouvelles. D'autres fois ik demandaient secours à ces châtelains eux-mêmes dont ils avaient secoué le joug; or ces nobles, qui réunissaient la force à l'habileté, réussissaient à se constituer tyrans de la cité^ comme ii advint à tant de petites républiques italiennes. D'autres communes, conuneen France, furent dépouillées violemment de leurs privilèges par les rois, ou y renoncèrent spontanément, plus avides de tranquillité que de franchises. Celles qui ne jouissaient pas de

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