‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 44 sur 86 · CHAPITRE XVm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVm

L'BlintB. * KEimi — LES INTISIinmBS.

L'Empire et l^lise étaient à la tête da système féodal, mais avec une souveraineté pIutM idéale qu'effective. Nous avons déjà vti la puissance ecclésiastique portée au comble par Grégoire VÔ, qui s'efforça de la soustraire à la dépendance des princes, et de réunir dans la main des pontifes l'autorité disséminée parmi les membres du haut clergé. Nous avons observé aussi les guerres que fit naître la mise à exécution de la première de ces pensées. L'empereur se trouva combattu par le pape^ qui voulait conserver et étendre ses prérogatives, et par les grands vassaux^ qui che^ chaient à restreindre la puissance impériale et à se rendre indépendants. Sous les Othon et les empereurs de la maison de Franconie, la politique à l'intérieur consistait à combattre les prétentioni des barons tant allemands qu'italiens; au dehors, à rassurer les frontières de l'Allemagne, en soumettant et en convertissant les Slaves et lesHongrois; àraffermirlappissanceimpérialedans Rome, à conquérir les provinces grecques de l'Italie. L'issue funeste de ces premières tentatives affaiblit la puissance germanique au delà des Alpes ; puis, rendus audacieux parla mort prématurée de Henri III, par la longue régence et le demi-siècle d'orages qui suivirent» les barons rendirent leurs fiefs héréditaires, usurpèrent les droits régaliens, consolidèrent leur indépendance territoriale, peu différente de la souveraineté, et ajoutèrent à leur nom celui du château ou du pays dans lequel ils dominaient. L'Allemagne put alors s'organiser. La couronne impériale resta élective, mais dépouillée de ses plus riches joyaux. Les archevêques deHayence^ de Trêves, de Cologne s'élevi^nt au niveau des ducs de Saxe , de Bavière, de Franconie, de Souabe, ainsi que le comte palatin. Les hauts prélats s'affranchirent des avoués; les ducs^ des comtes palatins, et, au lieu de lutter entre eux, comme se l'était imaginé Othon, ils se donnèrent la main pour s'agrandir aux dépens du pouvoir royal.

Le royaume de Bourgogne s'étendait de Bàle sur le territoire helvétique et le long du Rhône, à partir des montagnes où ce fleuve prend sa source jusqu'à son embouchure; du côté de l'Italie, il s'avançait dans la vallée d'Aoste jusqu'au-dessus de Carema, et avait pour limites^ quant au reste, les sommets des Alpes;

l'EHFIRE. — HENRI V.

Vienne en était la capitale. Cet État, formé par l'agrégation de peuples d'origine et de langage divers, avec des évéques et des bermis très-puissants, ne pouvait arriver à une vigoureuse unité. Quand il fit partie de l'empire d'Allemagne en 1033, sa population s'était déjà habituée à l'indépendance; des comtes souverains se formèrent en Provence, dans le Viennois, en Savoie, à Lyon, dans la Bourgogne et ailleurs, ou se fortifiaient au moyen delà protection de rds étrangers, dont ils reconnaissaient la suzeraineté.

Tant que les guerres avec les Slaves donnèrent de Timportanoe à la cavalerie, les nobles prévalurent, parce qu'ils pouvaient seols servir à cheval; ils exigeaient, en conséquence, des autres hommes libres de leur district une rétribution, qui se transforma en impôt permanent pour quiconque ne portait pas les armes.

Mais, lorsque la puissance royale se fut affaiblie, le tiers état se souleva aussi en Allemagne; Henri IV^ par reconnaissance pour les villes qui lui avaient été favorables dans sa querelle avec le pope , leur concéda certains privilèges, déclarant libres les artisans et les négociants, auxquels il conférait la plénitude des droits de cité. Ainsi allait se formant un contre-poids à la puissance des vassaux de la couronne , sans que les évéques s'agrandissent beaucoup, entravés qu'ils étaient par les privil^es des villes ; puis celles-ci, sous le titre de villes impéricdes, c'est-à-dire relevant immédiatement du chef de l'Empire, se constituèrent en républiques.

Ces villes n'étaient pas convoquées aux diètes, attendu qu'on ne connaissait point, hors de l'Italie, l'usage de se faire représenter par des députés; du reste, bien que tout citoyen eût le droit d'y intervenir, la dépense considérable d'un déplacement détournait du voyage. L'assemblée ne se composait donc presque uniquement que des princes et des grands, si bien qu'on lui donnait le nom de coar{k(^tag).

Henri Y, qui , sous le prétexte de Texcommunication , s'était révolté contre son père , et avait été un terrible instrument de la punition infligée aux fautes de ce prince, dut, lorsqu'il se trouva roi, continuer la guerre contre les feudataires; mais la chance des armes ne lui fut pas plus favorable en Allemagne qu'en Pologne et en Hongrie, où il voulut soutenir les prétentions impériales. Puis, après avoir feint par ambition une extrême docilité envers le saint-siége, il recommença la lutte avec lui, en prétendant, conmie par le passé, au droit de donner l'investiture aux prélats et d'exiger d'eux l'hommage lige. qoereiie des

Pascal n, désirant terminer à l'amiable cette contestation scan- investuarc».'

lllîiT. UMV. - T. X. 23

OlftfÈIDS ÉPOO0B.

daleuse^ s'apprêtait à se rendre lui-^méme en Allemagne; nm, informé de Tobstination de Henri ^ il se dirigea vers la France) et convoqua à Troyes un concile > dans lequel les investitum laïques furent interdites de nouveau. Les ambassadeurs de Henri déclarèrent que leur maître ne soirfnrirait jamais qu'une quettioQ ^ d'une tellé importance fût traitéé sur un territoire étranger^ et '* que l'empereur se re&drait à Rome. En effet, il passa les Alp« accompagné de trente imlie hiMnmes> et fut accttettli avec honneor par toutes les villes de Lbmfoardie^ à l'exception de Milan et de Novare. Cette dernière fitt détruite^ et Pempereur> après aïoir reçu des autres des dons et des renforts de troupes, s'avança jusqu'à Sutri. lÂy il déclara sonreftis de se désister d'aucun des droits exercés par ses prédécesseurs ; Pascal, au contraire, qui délirait la paix à tout prix, proposa la cession par. les ecclésiasticpies de tous les domaines tettlporék, avec les vassaux et les châteaux qu'ils avaient reçus des empereurs, se contentât, pour les églises;des dîmes études terres données par des particullen, pourvu que l'empereuf renonçât au droit immoral des investitures.

Les pontifes, dans ce différend, mettaient bien à l'écart les idées d'ambition > puisqulls renonçaient à tous les biens temporels pour obtenir la liberté des Sections; mais, dans »on tèle à extirper le mauvais grain, et plein du souvenir de la pauvreté apostolique, Pascal ne songeait pas à l'imposBibitité de dépouiller de leurs domaines un si grand nombre de seigneurs ecclésiastiques^ ai à l'opposition que cette mesure rencontrerait de la part de la oo- ^ blesse, dont le^ cadets sé trouvek*aient privés de riches étabfissements. Henri ne laissa poitit échapper une si belle occasion de faire revenir à la couronne tant de flefs concédés par les roi^ aux ecclésiastiques; l'accoird Alt donc signé, sauf l'approbtlkm de l'Ëglise et des prince^ de l'EiHpife.

La chose n'est pas plutôt divulguée que les nobles murmurait et manii\^tent leur opposition. Les évéques tiennent à conserver les droits qu'ils possédaient ; le pape presse Henri de nenotioer aux investitures , et l'empei^ur s'y reftise avant que la oonditton stipulée soit remplie. De là irritatioti et tumultes : le peuple, mé> content des Allemands) grossiers et ivrognes ^ se soulève contre eux et se met à les égoi^r; le saUg coule dan» Rome. Alois Henri s'empare du pape et des cardinaux, qull retient comme otages , et, quoique blessé tèt déisarçonné, il les traîne hors de la ville dépouillés de leurs ornements et liés; puis il met le siège devant Rome.

Le pape, découragé, aprèéétre resté soixante*^ jours pri-

LIS iNYBsrrnrass.

soonier^ se détermine à souscrire un privilège par lequd iljest convenu que les évêques et les abbés seraient élus librement et sans simonie , mais du oonsentement du roi, qui leur donnerait ^investiture avec Tanneau et la crosse; après quoi^ ils seraient consacrés. De son côté, Henri promet de rendre et de conserver tous 868 biens à TÉglise romainei Alors Pascal rentre à Rome^ oà il ttcre Benri à portes doses; mais à peine l'empereur fut-il parti que les catdinanx^ qui n'avaient pas adhéré à l'arrangement , cherchèrent à le faire révoquer au pape; or, comme 11 ne voulut pas déelirer qu'il lui eùi été extorqué par la violence^ ils se réunirent dans le palais de Latran, et annulèrent ce qui avait été fait. L'archevéque de Vienne prononça la sentence d'excommunication contre Tempereur.

Henri se trouva donc enveloppé dans les mêmes difflcultés que son père; car les archevêques de Bfayence et de Cologne^ à la téte de beaucoup de prélats mécontents de son orgueil^ menaçaient de renouveler les scènes passées, excitaient les princes de Saxe, et faisaient des incursions sur les terres impériales, pour se venger des dégâts exercés par Henri sur celles des confédérés.

La mort de la comtesse Mathiide vint encore compliquer la Donation & Situation. Cette femme, que nous avons vue jouer un rôle impor* ^^^If}}^tant dans la querelle de Grégoiie VII avec Henri IV , possédait, sans parler du marquisat de Toscane , du duché de Lucques et dlmmeoses domaines , Parme, Modène , Reggio, Ferrare, Cré- BK)ne, Spolète et pluneurs autres villes; l'année précédente, elle avait encore rangé Mantoue sous sa]dépendance. Elle laissa par son testament (i) ce splendide héritage au saint'^iége ; mais Henri prétendit aux fiefs comme devant; faire retour à l'Empire, et aux biens tUodiaox en sa qualité de plus proche parent de la comtesse.

(1) Pro remedio aninus mem et parenium meorum , dedi et obtuli Eccle^ t\x tancti Pétri, per interventum domini Gregorii papx F//, omnia hona mMjurepfoprietariOftam quas tum habueram quam ea qux in antea acquiiilura eram, sive jure successionis, sive alio quocumque jure ad me pertinent, et tam ea qum ex hoc parte montium habebam quam iila qux in ultroinontanis partibus ad me pertinere videbantur, .

U parait que la comtesse Mathiide avait déjà tait cette donatioa sous le pontificst de Grégoire Vil ; mais, la charte s'en étant perdue , elle la renouvela en ItOl ea faveur de Pmeal II. Oette charte est iniprim(^e à la fin du poëme de DoBinom ( Script. Rer, ItaLy V, 3S4 ) ; il se pourrait bien qu'elle fût fausse. Toatefois on ne saurait nier raisonnablement Texistence de la donation elle- Oléine, car elle fut produite immédiatement après la mort de Mathiide ; si l'on disputa sur Textensiou qu^il convenait de lui donner, personne ne songea à en cottlester l'toiheatkité. (Voyes Thuboschi, Memotie Modenesi, !, 140.)

ONZIEME ÉPOQUE

Il D'étaii pas facile d'éclaircir la véritable nature de possessions qui^ depuis plusieurs générations , se trouvaient réunies dans les mêmes mains; d'ailleurs, des décrets impériaux avaient parfob joint des fiefs aux alleux , ou bien des propriétés allodiales étaient venues s'ajouter à des fiefs. Mais Henri^ tranchant en roi la qoes- ^^^^ tion, descend en Italie , et s'empare de l'héritage en menaçant d'aller de nouveau faire le pontire prisonnier. Dans un nouveau concile de Latran, Pascal casse le privilège de Sutri, confirme tout ce qui avait été fait précédemment par ses légats y ei, à l'i^prodie de l'empereur, s'enfuit au mont Cassin , sous la protection des Normands*

Henri; ayant fait son entrée à Rome, demande à être couronné de nouveau^ ce qui eut lieu; or^ comme le pape avait fait beaucoup de mécontents à Rome en nommant aux fonctions de préfet de la ville Pierre-Léon, issu de parents juifs, une faction soutint vivement l'empereur. Lorsque Pascal tenta de rentrer, il fut retj jViuier. poussé, ct mourut bientôt après, hors de son siège.

Il eut pour successeur Gélasell de Gaête , à qui Henri proposa de i^enouveler le privilège de liii ; conmie il remit Tafifaire à la décision d'un concile, rempereurrevintsurRome,et Cencio Frangipani, chef de la faction impériale, renouvelant la scène de l'autre Cencio, traîna le pontife par les cheveux, de l'église dans son palais. Le peuple, conduit par Pierre-Léon ^ l'arracha de ses mains; mais Henri, ayant fait déclarer nulle, par des jurisconsultes, l'élection de Gélase n, choisit pour pape Maurice Bourdin , arche v.êque de Braga, qui prit le nom de Grégoire VIR. Gélase s'enfuit en France, où il mourut, et les cardinaux nommèrent à sa place Calixte U, qui, zélé pour la défense des droits ecclésiastiques, mais plus adroit que ses prédécesseurs, négocia unarrangement avec Henri, sans réussir toutefois à le conclure. L'empereur ayant tenté de s'emparer de lui , il l'excommunia avec l'antipape; ce dernier, qui s'était enfui de Rome à l'approche de Calixte, fut iiis. arrêté, ramené au milieu des huées, et renfermé dans un couvent.

Calixte fit son entrée à Rome avec une pompe .qui était en rapport avec l'accroissement des richesses du samt-siége. Les nations diverses, qui occupaient différents quartiers de la ville étemelle, rivalisèrent de luxe ; mais les Amalfitains l'emportèrent sur tous en ornant les places et les rues d'étoffes et de tentures de soie, avec des cassolettes d'argent et d'or, exhalant des parfums. Guillaume, duc de Fouille, et Jourdain, prince de Gapoue, vinrent promettre au pape hommage et fidélité contre tout homme, et il

LIS INTESTITUBES*

les investit avec le gonfaion. Le pape se trouva de la sorte entouré de forces normandes, pour soutenir la guerre de la liberté.

Cette assistance effraya moins Henri que l'excommunication , qui lui faisait pressentir tous les malheurs éprouvés par son père ; fl négoda donc un accord avec les barons confédérés^ et Ton con- concordat, dut à Wurtzbourg une paix que suivit bientôt celle avec le pape. Uoe diète convoquée à Worms confirma le concordat par lequel Tempereur^ absous de l'excommunication ^ renonçait à investir avec l'anneau et la crosse , laissait aux églises la liberté d'élection, ets'eogageait à leur restituer les régales usurpées lorsque la guerre avait éclaté. De son cdté, le pape voulut bien que les prélats d'Allemagne fussent élus en présence de Tempereur, sans violences ni simonie ; qu'ils reçussent de l'empereur^ après leur élection, les régales , ou, comme on le dirait aujourd'hui^ les avantages temporels qu'il leur conférerait avec le sceptre ; qu'ils s'acquittassent envers lui des services qui lui étaient dus^ à la différence de lltalie^ où l'investiture ne venait qu'après la consécration. En même temps^ le premier concile œcuménique de Latran était confirmé dans son entier.

Ici se termine le premier acte de la guerre des investitures^ qui s'étaitprolongée quarante ans^ aumilieudu sang etd'intriguesignobles. Toute la gloire de cet arrangement fut pour Galixte^ à cause de l'amour de la paix qu'il ne cessa de montrer : mais tout l'avantage resta au pouvoir séculier; car l'empereur ne céda sur aucune de ses prétentions , et sa présence dans les élections lui permettait d'exercer en Allemagne une espèce de suprématie, et de diriger les suffrages à son gré. L'Église ne voulait pas acquérir, mais rester libre dans les choses spirituelles. Plus tard^ Lothaire II se laissa persuader de renoncer au droit d'assister aux élections , et celui de décider sur les différends qu'elles pouvaient faire naître fut transféréau pape. Seulement les revenus des abbayes et des évéchés vacants étaient réservés aux princes^ de même que les dépouilles des évéques et des abbés; mais ils en furent aussi privés peu à peu.

Les papes ne s'efforcèrent pas seulement en Allemagne de soustraire les élections à l'influence directe des souverains : Urbain II défendit, dans le fameux concile de Clermont, tout serment d*hommage lige prêté à un prince par un écclésiastique (1). En conséquence, saint Anselme , archevêque de Cantorbéry , le refusa à Henri P**, usurpateur du trône d'Angleterre. On séquestra

(1) Neepiscojnu vel sacerdos régi tel alicul laico in tnaniàus ligiamfide' liUUem faciat. (Gan. 17.)

son siège, et lui-même fut exilé ; enfin Pascal II mît un terme aa différend en convenant avec le roi que les évêques et abbésluipréteraient serment avant leur consécrations, mai sans qu'il pùt leur donner l'investiture avec la crosse et l'anneau.

Cette cérémonie n'avait jamais été trèfr-usitée en France, et, sous les premiers Capétiens , elle était même tombée en oubli; ! mais, lorsque le canon du concile de Clermont fut promulgué, les évêques normands en étendirent la portée en établissant que a aucun prêtre ne pouvait devenir l'homme d'un laïque », comme s'ils eussent trouvé inconvenant que des mains consacrées à Diea et sanctifiées par l'onction vinssent se placer dans des mains profanes, dans celles d'un meurtrier peut-être ou d'un adultère. Cependant les rois s'opposèrent à ce que ces prescriptions ecclésiastiques eussent leur effet, et là encore les choses furent arrangées à Taroiable.

Lorsqu'en France et en Angleterre le pouvoir royal l'eut emporté sur celui des barons, le clergé aida à ce changement dans le droit public, en se rapprochant du trône ; il n'en fut pas de même en Allemagne, où les évêques se maintinrent au rang des grands vassaux, qui, on peut le dire, étaient devenus de véritables souverains, jusqu'au moment où Rodolphe de Habsbourg assura à perpétuité le trône à sa famille. Dans les royaumes de Hongrie et de Pologne, ainsi que dans les U*ois États de la Scandinavie, les rois prirent peu de part aux afTaires ecclésiastiques , et lè Hongrob Coloman renonça librement aux investitures.

Les Normands, bien qu'ils se fissent les défenseurs du pontife contre ses ennemis, se sentaient peu disposés à lui céder qudque chose de leurs droits dans l'intérieur de leurs possessions, et à recevoir ses légats dans des pays que leurs armes avaient arrachés ' aux infidèles et rendus à l'Église. En conséquence, Urbain If, pour apaiser Roger, lui accorda (^098) ce que l'on appela depuis le tribunal de la monarchie de Sicile y c'e^à-dire que ce prince ei ses î successeurs furent investis du titre de légats perpétuels et hénédi* .! taires du saint-stége; en cette qualité , ils portèrent les sandales, j l'anneau, la crosse^ la mitre, la dalmatique, et sc^ paraient de œs m-- | nements dans les solennités {i). Jusqu'à Philippe 11, les suppliques pour affaires ecclésiastiques étaient adressées au roi, avec le litre dg très-saint père. Les comtes d'Averse portèrent aussi Je titre

(1) Le roi Roger est représenté dans réglise de Montréal, GiiillaoïDe dans fa Martorana, à Palerme, avec ces insignes ; et le cadavre de Frédéric D M trotfr revéta d^habits pontificaux.

LOTHAIBl in.

de prises de Gapouepor ia grâce de Dieu, que leur avait eûa* féré Nieolas 1 ï, jusqu'au moment où l'antipape Anaclet II aooorda à Robert Guiscard le litre de roi de Sicile, Hnvestiturede la Fouille^ de la Oalabre, de Salerne, aveo la suzeraineté sur le duché de Hwpk^ fit la principauté de ûapoue ; oe fut làTorigina du royaume des Deux-Siciles. Le pape Innocent déclara la guerre à Roger^ mais il eut le mémeaort que son prédécesseur Léon IX : fait prisonmer avec plusieurs cardinaux, il conclut la paix avec Roger, tm, en eoDfinpant rinvestiture, à la condition de l'hommage au pon^ tife et d'un tribut annuel de six cents pièces d'or {âehifati). La suieraineté du saint-siége sur ce royaume, acquise depuis un demittède déjà , se trouva ainsi fermement établie.

Henri prince ambitieux et avide, mais actif, rusé et qui se ms. joaait de l'opinion publique, survécut peu à Faecord conclu avec le pape. Avec lui s'éteignit la maison de Franconie, qui durant un ttèele avait dominé sur TAUemagne.

Les Bavarois, les Saxons, les Francs et les Souabes, avec lesquels se trouvaient sans doute mêlés et confondus les Fris(His,les Lorrains et les Thuringiens, se réunirent pour nommer un successeur à Henri. Les nobles s'assemblèrent à Mayence, sur le$ deux rives du Rhin, au nombre de soixante mille hommes, y compris leur suite. Lorsque le choix eut été discuté séparément par lesprinees, il fut remis à dix personnes, dont les suffrages se portèrent sur Lothaire, duc de Saxe, de la maison de Supplimbooi^. Le légat pontifical prit part à l'élection, et le pape, sur la (tenumde qui lui en fut faite, confirma le choix des Allemands. De 80Bc6té, le prince élu promit de n'apporter par sa présence ou par celle de ses commissaires , aueun obstacle au libre choix des prélats.

Lothaire résigna le duché de Saxe et ses autres possessions àaon gendre Henri, duc de Bavière, de la maison Guelfe (Welfen), qui devint la plus riche de l'Europe et la plus puissante de l'Allemagne. Ces domaines lui furent disputés par Frédéric le Borgne de H(dMnstaufen, duc de Souabe, l'un des aspirants au

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