‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 46 sur 86 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

prêtèrent hommage, en y joignant des dons^àPexceptiondePavie, Novare, Plaisance^ Brescia et Crémone. Mais la Toscane lui fut hostile, il tenta vainement d'occuper Rdme, et le pape Honorius II l'excommunia; enfin ceux-là même qui s'étaient montrés ses partisans dans l'intention de s'en faire nn appui l'abandonnèrent quand il fut devenu une occasion de guerre. Il partit donc, emportant contre les communes de Lombardie une haine qu'il transmit à son frère Frédéric, dont l'inimitié devait lui être si terrible. A peine 86 fut-il éloigné que la faction qui Im était hostile excommunia Ansehneet déclara la guerre à Crème.

Le pays était en proie à la plus grande confusion, quand Innocent II envoya saint Bernard afin de pacifier les esprits; il descendit donc en Lombardie, où les populations accouraient sur ses pas pour contempler ces nobles traits amaigris par la souffrance, ces yeux d'une pureté et d'une vivacité inexprimables, pour entendre cette voix encore pleine d'onction et d'énergie. U était reçu à genoux^ et bienheureux ceux qui pouvaient emporter un fil de ses vêtements ! Il réussit à rétablir la paix et à faire reconnaître partout le roi Lothaire. Les Milanais voulaient l'avoir pour archevêque; mais lui, pourquilesgrandeurset la représentation étaient un supplice, ne s'est pas plus tôt dérobé à leurs instances qu'il retourne à son cher Clairvaux, reconstruit sa hutte de feuillages, et 86 met à expliquer les cantiques sacrés en s'abandonnantavec déliées aux m&les voluptés de la solitude pénitente.

U n'était pas encore de retour dans sa retraite que les haines usb. se rallumèrent derrière lui. Crémone et Pavie prirent les armes contre Milan, et n'en devinrent que plus acharnées quand le roi Lothaire passa les Alpes, et qu'elles virent réconcilié avec lui et combattant parmi les siens ce même Conrad qui était venu prendre la couronne d'Italie. Le parti royal eut le dessus pour un moment; ainsi la prédominance appartenait tantôt à Tune, tantôt à l'autre des factions, sans que le sentiment national pût mûrir dans le pays, partagé entre les trois éléments : féodal, républicain et antique.

Dans l'Italie méridionale , les Grecs succombaient, et les villes qui s'étaient dérobées au pouvoir de leurs caiapans s'organisaient en républiques. Dans les guerres qu'elles soutenaient entre elles et contre les Normands , elles appelaient à leur secours tantôt les Grecs eux-mêmes , tantôt les Sarrasins , qui s'étaient maintenus encore sur le mont Gargan. Les Normands, qui acquéraient toujours des forces , finirent par être maîtres de toute cette partie du pays , à l'exception à» Bénévent ^ re&té au pouvoir des papes , et

ONZIÈIIB JteOOUE.

de Naples ^ que les GreoB contUiuaieiit de poMéder> au oioins uomiDalemeut.

Âu centre y le pape possédait Tanoien duché de Rome, Texarchatetla Pentapole; mais il était entouré de puissantes seigneuries y telles que le duché de Spolète , dans TOo^rie mériâionale^ le Picénum et unô partie du Samnium ; au midi^ le Ina^ quisat de Guarnerio, entre les Apennins et TAdriatique^ de Pesaro à Osimo; d'Osimo à la Pesoara^ le marquisat de Gamerino et de Ferme; celui de Teate , de la Pescara à Trivente : tous États qui devenaient indépendants dès que l'empereur était hors de l'Italie. Les villes à Test du Latium et au nord-ouest de la Toscane formaient autant de duohés sous des évéques ou des smgnean laïques. Ce qu'on appelait le royaume dltalie était partagé entre une foule de feudataires > conune le marquis de Moûtferrat y entre TApenniU) le P6 et le Tanaro ; cekû de Yasto» entre le Pô ^ les Alpes Maritimes; entre les deux, le comte d'Asti , eiy «uprès^ celai de BiandratCy qui dominait sur le Canavais entre les deux Doire; Riparia etBaltea.

Les empereurs, pour s'assurer la souveraineté de Tltalie^ avaient assujetti les deux versants des Alpes à des ducs allemands. La Bavière s'étendait jusqu'à Boleano ; les Guelfes et l'Allemagne proprement dite, jusqu'à Belliniona ; le duché de Frioul^ jusqu'à Mantoue« Le comté de Trente, avec les marches de Vérone, d'Aquilée et d'Istrie , fut rattaché au duché de Garinthie y pour teatf en respect, d'un côté» la Lombardie> de l'autre les Hongrois, et * assurer en même temps le passage aux Allemands lorscpi'il leur convenait de pénétrer dans la Péninsule.

Mais, plus tard> les monarques allemands» voulant affaiblir la Garinthie (i), se montrèrent prodigues de concenoos en favear

(1) La cérémonie dans laquelle les comtes de^la OeriaUiie slave recetaM

rinvestiture mérite une mention particulière : a On aperçoit près de Saint- VoH, dans une belle vallée, les ruines d^une ville antique , dont le nom a péri. Là est un bloc de marbre sur lequel se place un membre de la temille qui eft a le drofl héréditaire; à sa droite est un boeuf maigre, à sa gauche une génlM m^tt également; autour se presse une fouie de paysane et d'autrea yersoaaas. Le nouveau prince» entouré de ses officiers , s'avance avec les étendards et les bannières, habfllé en pâtre. Il est précédé du comte de Goritz, qui est marédul à» la cour, avec doute penuonceaux, et suivi par tons les magistrats, en costume de oéréinoaie. Dès que le pa^fsaa l*laperçoit de son estrade de ttiartire, il denMwle .* Qui i'eti vient avec un cortège $i magnifique? On lui répMid : is prime is pays. Il demande alors : Est-il bon justicier, zélé pour ù bien du pa$Sf ditposé à faire largesses ? Mérite-t-il qu'on lui fasse honneur ? Observe-i-H et saura-t4l défendre la religion catholique P « Lorsqu'on lui a^i^&poidu affinttativenHBty il wfiKoà i it wuârBiê smif

j do YéroiMâs^ qui ea ftit entièretfieBt défachéquand les patriâft^bes (PAqtdlée devinrent smerains du Prkml^ puis de l'btrie entière. AbfB YéroM^ redevwiie italienne^ se eonstitoa aussi en répubyqite tous un évéque qui ^ tenant dans ses mains les clefls de Htdie du oMé de rAttamagoO) devait k cette position une certaine nqxirtance.

APocetdent) ta maison savoyarde de Maurienne Portait de ses nUées aUobrogea pour s'étendit de plus en plus au delà des Alpes, occupant les marquisats d'ivrée et de Suse » qui allaient des Alpes

' Cottienoes à Gênes, et de Mondovi à Asti; mats^ trop souvent subdivisée > elle était h>in d'avoit* l'importance que sa position

I devait lui fiidre acquMr pitis tard.

! Il restait dans l'Apennin toscan des comtes et des marquis, ainsi que des terres privilégiées appartenant à des nobles , ou bien eooore des monastères , des abbayes > des biens épiscopaui isolés, que n'atteignait pas le mouv(»nent républicain.

En Toscane , la puissance des marquis, puis celle de la com- ToMane. tesse MatMIde, avaient contenu les factions et aBsuré^la prédomi*naaee papale : aussi avait^m vu bien rarement deux compétiteurs s'y partager un évécbé» Les gouvernements Hbres s'y dévetoppèreot donc beaucoup plus tard ; mais, lorsr|ue la donation faite au saintreiége eut soulevé la querelle avec l'empereur, l'incertitude dans laquelle se trouvaient les populations, au milieu de ces droits oontestés, relativemettt à l'autorité à laquelle elles devaient obéir, relâcha les liens de leur sujétion à l'égard des deux compétiteurs; or, comme ils négligeaient leurs intérêts, eSes songèrent à s'organiser elles-mêmes.

Pise, Gônes, Amalfi, Venise, avaient pris part aux crtNsades, moins par enthousiasme religieux que par calcul et lucre ; se laissant trop entraîner à leurs rivalités, elles rougirent du sang fraternel les naers de Byrie et d'ÉgypIe.

Amalfi avait été prise par Guaimar tV de Saleme ^ elle déclina Amaïa.

de»fma droU il iHèni ptêtêàn W poêk? Oe à ^ol l« toittlé àt Oerilfe imMl : Il te isnl psyë joéMMle «Ceaien pomr eette/ai>eur ; ta Mtos HToni à Mi tu aurai les habîU q%e porte le prince en ce momemti et ta maison restera exempte de taxes.

« tt prince 8*approche alors, et reçoit sur la joue un coup du paysan, qui reslMite à «Ire boa Justicier, puis loi cède 96û poste, et se relire arec le bœuf «I la séaisse. Le priaee imtite luf la pierre, «t, tirant son épée , qall brandit ea t'air« promet bonne justice à tons, pois va entendre la messe après avoir quitté son habit de p^^tre pour en revêtir un plus convenable. Il revient ensuite an bloc de marbre pour entendre plaider quelques causes et recevoir l'hommage des OeGi vaMts. i» <JË!ifeAS SvtMM, De êMU Bufopâe.)

ONZIÈME ÈfOOm.

bientôt sous des princes étrangers , et vit périr son commerce. Les Guiscards ne furent occupés qu'à restreindre ses franchises, et, quand Roger fut couronné roi , il la sonuna de renoncer à ses privilèges, comme faisant obstacle au pouvoir monarchique; sur son refus ^ il eut recours aux armes, et ^,000 boomies, Normands et Sarrasins^ vinrent Tassiéger. Le ducbé^ qui embrassait le territoire des environs], avec les îles de Galli et de Gapri , subit la loi de Roger ; enfin Amalti se vit obligée de joindre sa flotte à celle du roi , pour réduire les autres places sous la dominatioa de rheureux prince normand.

U lui arriva pire encore : les Pisans^ vers cette époque, afin de se r^dre agréablejs à Lotbaire et à Innocent II , avaient expédié une flotte de cent voiles pour soutenir Naples, la seule ville qai , sous prétexte d'appartenir aux Grecs ^ se fût conservée indépendante depuis que Roger avait assujetti les barons; profitant de Toccasion pour se défaire d'une rivale odieuse , ils attaquèrent iiw. et mirent à sac Amalfi^ qui depuis ce montent resta sans aucune importance. Les ^iormes républicaines^ qu'elle avait conservées à l'intérieur^ furent aussi abolies par les rois de Naples en 1350^ et ses comptoirs se virent entièrement abandonnés. Dès lors, Amalfi ne reçut plus que les dévots qui venaient visiter le corps de saint André, enlevé en 1207 à l'Église de Constantinople par le cardinal Capuano.

Les voyageurs qui, attirés par le souvenir de sa puissance ou par le charme de sa position au bord de la mer^ entre Naples et Saleme, se rendent aujourd'hui dans la patrie de Fiavio Gioia et de Masaniello, se sentent l'âme oppressée en voyant les rares et misérables masures qui couvrent l'emplacement de cette ancienne législatrice des mers. Assis tout pensifs sur quelque barque de pécheur dans ce port où abordèrent jadis les richesses de l'Orient, ils n'aperçoivent^ au lieu de l'activité tumultueuse de quatrevingt mille habitants, que la triste nonchalance de quelques pécheurs, du milieu desquels s'élève de temps à autre une voix gémissante, qui demande l'aumône au nom de Dieu, pfee. Pise profitait de l'afifaiblissemaat de ses rivales^ bien que l'insalubre Maremme ne lui fournît point d'hommes robustes et de marins aguerris^ comme la Rivière de Gènes, et qu'elle eût auprès d'elle Lucques^ sa Rivale. Dans ses murs accouraient les Gibelins, qui se dérobaient à l'obéissance des comtes de Toscane ; de grands seigneurs avaient des palais dans son enceinte, des châteaux aux environs , et la noblesse exerçait son intelligence en gouvernant la patrie ou les pays conquis. La côte depuis Lerici jusqu'à Piom-

Page 1