CHAPITRE XXIII
TR0I6IÈMB CROISADE (HS9-1193).
OMZIBJIS ÉPOQUE.
débmde la pokiancequî lui échappait étaient reotteiUm par aae foule d'émirs^ qui venaieat ensuite lui en demander la oonfiruation^ à laquelle il ne pouvait se refuser.
Dans le nonabce, Noureddin Maiunoudy fils de Onaad-Eddia- Zengbi , s^était surtout agrandi , et , maître d'Édesse , il y ifoulatt sans cesse de nouYoUes acquittions; comme les anciens héra mahométaas, il joignait k la valeur Tabn^tion personnelle et une extrême ferveur dans la prière. Il favorisait les lettres dam sa coup^ et maintenait une disciplinesévèreparmisessoklatSy dont il prenait^ ainsi que de leurs familles^ un très-grand soin; mais il ne permettait pas qu'ils possédassent de terres , leur camp devant être pour eux la patrie.
Son pidais ne resplendissait ni d'or ni de sme; il n'y avait pis de vin dans lé pays , et il n'assignait à l'entretien de sa table que la portion légale du butin fait sur l'ennemi. La sultane favorite lui ayant demandé un joyau ^ Je crains Dieu, lui répondit-il, et ne suis que le trésorier de$ musulmam* Il me reste pourtant trois boutiques à Hems , fais-en ce que tu voudras ;je ne puis te damer autre chose.
Il fit de ses propres mains une chaire qu'il se proposait de placer à Jérusalem. Son zèle religieux lui faisait du reste persécuter les dissidents^ qu'il s^agii d'Âlides, d'Assassins ou de sophistes (i); il ae faut donc pas s'étonner s'il opérait aussi des miracles.
Légiste habile, il discutait lui-même dans les questions litigieuses , et introduisit le premier une cour de justice où la preuve par témoins remplaça la t4H*ture« Quelques années après sa mort, un nmsulman à qui l'on refusait justice se mit à crier dans lei rues : Noweddin , Noiureddin, oU es-tu? Viens au secaurs de tm peuple/ Ei aussitôt on admit sa requête , dans la crainte qae Je nom seul de l'émir défunt ne causât un soulèvement.
Les musulmans avaient rencontré un adversaire vaillant et quelquefois heureux dans Baudouin III^ qui parvint même à les chasser d'Âscalon, ou ils s'étaient toujours maintenus. Noureddin, accusant la négligence du prince de Damas > envahit sesËtats, qui jusqu'alors avaient payé tribut à Jérusalem et lui servaisnt de barrière contre l'ennemi ; il établit sa résidence dans cette ville. De là, des combats sanglants; le roi des chrétiens étant mort empoisonné dans le cours de la guerre, Noureddin répondit à ceux qui l'exhortaient à profiter de la circonstance pour attaquer les
(1) Le texte dH phélasséfé, c'est-à-dire philoieplM*.
TROIftlÈlOS G&OiaADE.
Francs : // ne sera pa$ dit que f entrai troublé la douleur d'un peuple quiphure avec raisonun $ibonroi,m que j'aurai aitaqué un royaume donije riai plus riem à craindre,
A Bandonin succéda son frère Amalrici comte de Jaffia et d'Aacalon, que le peuple baissait pour son avarice, el qui ne se montrait pas plus habile à administrer qu'à tendre la justice. Q ne différa pas d'un moment à marcher sur TËgypté f pour la contraindre k payer W tribut stipulé de trente mille pièces d'or, et profiter de ses dissensions.
Le calife du Caire, peu différent de celui de Bagdad, se troiHvait réduit aux pratiques du culte » et ses vizirs ou soudais exerçaient le pouvoir véritable. Deux d'entre eux se le disputaient alors, et Scbaver, l'un des concurrents, réclama Tassisianee de Nonreddia, qui lui fit recouvrer son poste; mais, comme il refusa de lui doaner, conformément à leurs conventions, un tiers des ro* venus, Noiireddin lui déclara la guerre. L'atabek, qui connaissait la richesse de TÉgypte, avait oonçu Tespoir d'en faire sa proie; il cAvoya donc vers le calife sunnite de Bagdad ^ pour lui demander la permission de marcher contre l'odieux fatimite« Aussildt il fut ordonné aux imans de proclamer partout la guerre sainte contre les Égyptiens, et Fon envoya une armée considérable pour sou* tenir les anathèmes lancés contre eux.
Amalric de Jérusalem , sur la demmde de secours venue de rÉgypte, envoya des ambassadeurs latins, qui furent introduits dans le palais , où le calife déguisait son esclavage sous un appareil pompeux. Ils traversèrent une longue suite de corridors obscurs et de portiques resplendissants , récréés par le gazouillement des oiseaux , par le murmure des fontaines , par le spectacle d'animaux rares et de trésors inexprimables , entre autres des perles grosses consme un œuf de pigeon, un rubis pesant 17 drachmes, une éoieraude d'une longueur extraordinaire , des cristaux et des porcelaines sans nombre. Après avoir franchi des portes gardées par des Maures et des eimuques, ils arrivèrent à la saHe du trône, et le vizir se prosterna jusqu'à terre devant le ridemi qui cachait le mahre dont il avait fait un esclave ; puis on tira le voile , et apparut alors cette divinité asservie y qui ratifia les conventions arrêtées avec le vizir.
Amalric, étant donc venu envahir l'Égypie, défit Schirkou, «lea. émir de Noureddin, et, après s'être emparé d'Alexandrie, il accepta cinquante mille pièces d'oi* pour sortir du pays, sauf échange de prisonniers. Lestrésorsdont il revint chargéexdtèrent l'étonnément des Francs , et lui firent naître l'idée de se rendre maître de im.
ONZIÈME ÉPOQUE
TÉgypte; s'étani enféndu avec Manuel Comnène , son beao-përe; et Gerbert d'Assaly ^ grand maître des hospitaliers y il passa Tisthme en ennemi. Alors le calife Adhed Ledinillah envoya à Noureddia les cheveux des femmes de son sérail, en signe de détresse; Schirkou y changeant à son tour de partie accourut en toute hftte, tandis que le retard de la flotte grecque obligeait Amalric à battre en retraite. Schirkou contraignit le calife à le nommer son vior, 1169. et ne tarda point à le déposer ; si bien que la couleur verte des fib du prophète disparut de TÉgypte , ce qui mit fin aux schismes des fatimites (1171).
saïadin. Un jeune Kurde nommé Saladin {Salah-Eddyn), qui avait fiit ses premières armes sous Schirkou et donné des preuves éclatantes de valeur, lui succéda dans le poste de vizir^ et devint ruo des héros les plus renommés de l'islamisme. Libéral envers les soldats^ rigoureux avec les émirs ^ cher aux dévots pour avoir contribué à extirper le schisme, chanté par les poètes^ à peine le nouveau Joseph se fut-il assuré la domination de l'Ëgypte quil appela du Kurdistan son père et tous ses parents ^ dont Fappui Taida à tenir en bride les indomptables émirs. Bien qu'il protêt de son dévouement pour Noureddin , Tatabek en prit ombrage , et lui ordonna de tourner toutes ses forces contre les chrétiens. Le j^^^ Kurde, moins docile en faits qu'en paroles^ refusa d'obéir^ et la guerre allait s'ensuivre quand Noureddin mourut.
Amalric y voyant son royaume gravement menacé par l'union de ces chefs puissants , avait demandé des secours en Europe ; mais il mourut avant d'avoir reçu une réponse décisive, laissant un trtae chancelant à un enfant de treize ans , atteint de la lèpre. Noureddin n*avait laissé aussi qu*un fils &gé de dix ans à peine y et sa puissance était près de s^écrouler, quand Saladin arrive et s'en empare. Il épouse la veuve, prend la tutelle de l'orphelin^ se fait atabek d'Alep, et se propose d'exécuter les projets de son prédécesseur.
Un chef aussi résolu manquait aux chrétiens y qui , au lieu de se réunir pour faire face au péril y se disputaient la régence dorant la minorité de Baudouin lY ; elle fut donnée d'abord à Raymond, comte de Tripoli , puis à Renaud de Chfltillon. Il eût été utile alors d'attaquer les émirs de Syrie , divisés et mécontents; mais on voulut tenter de nouveau^ par avidité , l'expédition d'Égypte, et on laissa ainsi s'affermir la domination de Saladin ^ qui , à la mort du 1171. fils de Noureddin, se trouva maître d'Alep, d'Édesse, de Nisibé et d'une grande parUe de la Mésopotamie.
Pourtant, lorsque Baudouin se détermina à sortir des remparts d'Ascalon , la valeur des chrétiens ne resta point au-dessous de oe
TROlSlilIB GBOISABE.
qu'elle avttiéié dans ses temps les plus glorieux; Saladiu^ vyocu àRamlfty s'aifnit sur un chameau ^ pour gagner à travers le n«T«Bi>re. désert l'Égypte, où il arriva seul. Il leva des troupes^ et, profitant de la témérité de ses ennemis y il les fit tomber souvent dans des embuscades. Cependant la lèpre continuait à dévorer Bau* dooin, et il fallut confier la régence à Guy de Lusignan. Bien qu^ilfût mari de Sibylle, sœur du roi et veuve de Guillaume Y de Montferraty la jalousie des grands réussit à le faire prendre en défaveur par le roi , qui le destitua , et désigna pour son héritier Baudouin né du premier mariage de Sibylle y en donnant la régence à Raymond H, comte de Tripoli.
Chacun désormais, dans le royaume de Jérusalem^ se gouvernait comme il l'entendait; lès sujets refusaient d^obéir, et le roi ^g,^ n'avait la force nécessaire ni pour les y contraindre , ni pour maintenir la justice. Souvent aocore on y combattait pour les querelles de rOccident : ceux de Milan contre ceux de Pavie, ou les Yénitiens contre les Génois, parce que leurs compatriotes se faisaient la guerre en Europe. D'autres , courant la campagne et exerçant leur valeur pour leur compte^ ne cessaient d'assaillir les musulmans , en dépit des traités de paix ; Saladin , qui de temps à autre se jetait sur eux pour les châtier^ était appelé le fléau des chrétiens.
Lorsque Baudouin Y mourut, après cinq mois de règne, Raymond réunit les états pour délibérer sur le parti à prendre. Renaud de CbfttiUon, prince d'Antioche^ renommé par sa valeur et ses aventures romanesques, se déclara hautement pour Sbylle, qui, appuyée par le patriarche et les templiers, fut proclamée reine; aussitôt elle couronna à son tour Guy de Lusignan^ son époux, qui monta ainsi, sans l'assentiment des grands^ sur un trône où il n'était pas capable de se soutenir.
Déjà, plusieurs fois, Renaud de Châtillon avait attaqué les ea* ravanes qui se rendaient à la Mecque, et violé le territoire musulman en pleine paix; aussi Saladin avait-il juré de le tuer de sa main. L'intrépide chevalier riait de ses menaces^ et un jour qu'il s'était encore élancé de son donjon pour tomber sur un convoi nombreux, il ressentit une joie extrême en y trouvant la mère de Saladin lui-même. Le prince musulman demanda la restitution des prisonniers^ et, ne pouvant l'obtenir, il réunit une armée de quatre-vingt-dix mille hommes , tant Arabes que Turcs^ Égyptiens et Kurdes ; passant alors le Jourdain à Tibériade, il mit les chrétiens en pleine déroute , et fit prisonniers le roi , Boniface III de Montferrât, Renaud de Ch&tillon , Humfroy, grand maître des templiers et beaucoup d'autres chefs; il s'empara aussi du bois de la vraie
eroii 9 que Ton avttt ippoHé, comaie e'étnt d'oM^pe constances graves^ pour anioier le courage des piens gaanieiBy et pour la défasse duquel les templiers avaient montré un héroisoM <ygae d'un meilleur succès. Le nombre des prisonniers était tel que les cordes des tentes ne suffisaient pas pour les lier, ^ que plus d'un chevalier bit étiiangé contre une paire de chaussures^ Baladin accueillit généreusement le eoi et les principaux oheb, auxquels il offrit , en signe de gràœ , la coupe bospitalièM ; mail il égorgea Renaud de sa main , fit massacrer les hospitaliers et les templiers^ et donna à chacun de ses émirs la permission de tuer un chevalier chrétien . .
Les mosquées retentirent des actions de grâces readues à AOaby et Tibériade , Sidon , Biblos, Naiaretii, Rama , Hébron , BetUéen, Lidda, Jaffa, Napoli, Béryte, Carac, Saint*Jean d'Acre^ capitulé* rent ou se rendirent k discrétion» Aacalon même ouvrit ses portes i Saladin^ et fut la rançon de Lusignan et des autres seigneurs, qui tous firent serment de ne plus porter les armes contre Saladte. pri^e Enorgueilli de ses victoires, il vint mettre le siège devant Jéde rusalem , qu'il réduisit bientôt à capituler. Les habitants eureot
t octobre. |g faculté de se retirer sur les terres des chrMens> avec promesse, pour ceux qui voudraient rester, de ne pas être inquiétés, à la seule condition de payer dix besants pour un homme , einq pour une femme , un pour chaque enfant , et tr^te mille pour sept miBs pauvres. Du reste, le vainqueur s'engagea à respecter le tombetu du Christ, et à permettre aux chrétiens de le visiter moyennant la taxe d'un besant.
1117. Ces conditions asses larges n'adoucissaient pas la douleur de ces infortunés, réduits à voir les infidèles mettre k sac une ville qui , chérie d'eux conmie une patrie , était en outre , comme cité sainte , l'objet de leur vénération, et qu'ils avaient ééfendue avec un courage inexprimable. Après avoir vu trdner dans la fange la croix d'or qui resplendissait sur l'église du Saint- Sépulcre, ils sortirent p»r la porte de David : les prêtres emportaient les vases sacrés; les femmes, leurs eniai^; beaucoup , leurs vieux parents ou leurs frères infirmes. Saladin, touché de ce spectacle, répandit généreusement ses aumênes parmi cette foule désolée , et permit aux hospitaliers de rester pour soigner les malades. Sur les cent mille habitants de Jérusalem, quatorae mille seulement furaol hors d^état de payer leur rançon , et, dans le nombre , cinq mflle enfants. Les collines de Sion retentirent de nouveau du cri d'Allah; les temples saints furent convertis en mosquées , et Ton plaça dans celle d'Omar, purifiée avec de Teau de roses de Dama^? diaiie
TBOlgrtn CBOItADE.
ooDsIffuîta d6 la nuda de Noureddiii. Le pnemier iman y monta^ pour remeroier Dieu d'avoir délivré la cité sainte y « demeure de Dieo^ séjour des saints et des prophètes; » puis, il exhorta les croyants à ne pas cesser hi guerre sainte^ tant qu'il resterait trace deTimpiété.
Les malheureux ehrétiens sortis de Jérusalem erraient sans arile, repoasséspar leurs fipëres, qui lesaceusaient de Ifteheté pour avoir pcdpdu la cité du Christ, ou d# grands crimes pour avoiv provoqué la colère divine. On leur refusait Jusqu'à du pain^ et beaucoup périrent d'inanition ; une fémme jeta son nourrisson dans la mer^ en maudissant les chrétiens. Quelques-une» gagnèrent l^urope, (m ik apportèrent la funeste nouvelle que la ville sainte était au pouvoir des musulmans. Urbain IH en mourut de douleur, et toute la chrétienté s'en émut comme d'un désastre personnel. Les prêtres parcouraient les villes , montrant des peintures où l^on voyait le Christ foulé aux pieds par Mahomet , et un ca/valier arabe fiiisant flfilir le saint sépulcre par son cheval. A oe spectacle, la foule se battait la poitrine, en s'éeriant : Maihâur à nom! Les églises et ks mai6<»8 retentissaient des lamentations de lérémie sur la ruhie des nations réduites en servitude : tous voyaient^ dans ce coup ioattemihi^ un châtiment et un avis de Dieu; les haines étaient suspendues, on renonçait aux habitudes vicieuses, on réparait les injustices commises, et c'était à qui s'imposerait les plus grandes nortifieations de la pénitence.
Grégoire VOI , animé du désir de ttàte entreprendre une nou* vetle croisade (1 ), se rendit à Pise pour réconcilier cette république
(1) « A toas ceax qui , (l*un cœur contrit et d'un esprit humilié, ne craindront PM d'entreprendre le périllenx passage, mus par ane foi sincère, a?ec l'espoir d*«bteiiir la rémiasion de tours pédiés, n#aâ promettons indoigeBee plénière paur leurs pécbés, et par suite la vie étemeltou
« Qu'ils périssent ou reviennent» nous leur annonçons que» par |a miséricorda de Dieu tout-puissant et par rautorité des saints apôtres Pierre et Paul et par la Ddtre, ils sont dispensés de tonte antre pénitence ayant pu leur être imposée, poarra qu'ils aient fait ooafeaston entière de foors péehés.
« ItfsUiens des elirétteas et de toors liuailtot resterMt soat la prstaolioa spé* ciale des archeyèques , évéques et antres prélats de TÉslise de J>tou.
^ Il ne sera point fait d*enquète sur la validité des droits dp propriété d'un eroisé. Jusqu'à ee qne fou ait aoqnis la certitude de son retour ou de sa mort, et sas Mens serool protégés el «espedés.
« AncuB eroisé ne sera mtraint à pa^ fa» intérêts qo'U devra.
« croisés n*lront pas vêtus d'haUts précieux, n'emmèneront ai ehieni, ni oiseaux, ni rien de semblable, point de superfluités; mais ils seront vêtus simplement, de manière à ressemblerîplatét à des hommes pénitents qu'a des gens ateit à to resiMidie d'ans gWra BMndaiae. »
ONZIÈME ÉPOQUE
avec celle de Gênes, et obtenir de toutes deux les bâtiments nécessaires pour le passage ; en effet , les Pisans coururent au secours de Ptolémaïs, où leur archevêque et celui de Ravenne conduisireot des troupes. Plus d'une fois leur flotte défit celle des musulmaDs; les Génois^ de leur côté, se chargeaient de conduire des ambassadeurs de Rome à tous les souverains de la chrétienté.
Grégoire mourut après avoir occupé deux mois à peine ladiaire de saint Pierre; mais Clément IH, qui hérita de son 2ële, envoya des légats dans toute la chrétienté, et ordonna des prières pour la paix de TOccident et la délivrance de la terre sainte. £n même temps Guillaume , év^ue de Tyr^ allait prêchant la croisade; les clercs, les troubadours^ les trouvères excitaient les riches ^ les pauvres à prendre la croix.
Frédéric Barberousse , bien qu'âgé de soixante-sept ans ^ prit It croix avec ses principaux seigneurs. L'empereur, qui avait suivi, quarante ans auparavant, Conrad , son oncle, en Palestine, et vo de près les causes du mauvais succès de cette expédition , ordonoa de n'admettre que des hommes dressés au métier des armes et pouvant s'entretenir durant deux campagnes; les autres devaient rester dans leurs foyers et piiyer la dtme.
Après avoir envoyé des ambassadeurs au roi de Hongrie, à l'empereur de Constantinople et au sultan dlconium, pour obtenir le libre passage et des vivres , il partit de Ratisbonne avec vingt mille hommes; mais Isaac TAnge, qui occupait le trône de Constantinople, craignit qu'il ne vint pour le renverser, parce qu'il avait fait alliance avec Sialadin, et parce qu'on savait que, dans son orgueil , il affectait d'ignorer les plus grands noms de l'Europe, sans compter qu'il avait fondé, dans la capitale, une mosquée pour les musulmans. Il laissa donc manquer les vivres aux crdsés, qui furent contraints de s'en procurer les armes à la main, et menacèrent de déclarer la guerre à un peuple à qui l'on prêchait , dn haut de la chaire, le meurtre des Latins.
Ils obtinrent enfin des bâtiments pour leur passage; mais, i peine entrés sur le territoire des Seldjoucides, ils se virent hi^ celés par les Turcs , et réduits à égorger les chevaux pour ea boire le sang et en manger la chair, tant les promesses dn sultan dlconium avaient été mensongères. Kilidje Arslan n lui-même vint ensuite attaquer avec des forces considéraMes l'armée des croisés; quoique vainquefurs, ils souffrirent du manque de vivres, et ne purent jouir de quelque tranquillité qu'après s'être emparés dlconium , d'où ils gagnèrent la Cilicie.
Ce pays était gouverné par une famille chrétienne, originaiit