‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 60 sur 86 · LA SGOLÀSDQUS ET THÉOLOGIE · texte numérisé non relu

LA SGOLÀSDQUS ET THÉOLOGIE

Cette opkiioQ eut beaucoup de crédit psirmi 1^ Ambea. Ba om^ séquence, la philosophie s'éteignit , et Ym prêcha contre Àristote. Al-Far^ibi, Avicennej on brûla leurs œuvres. Aujourd'hui les ouvrages ()e philosophie arabe parvenus jusqu'à nous sont trèssra»ea^ sauf ceux que la tradition hébraïque a conservés.

Les doctrines d'Averroes furent cultivées par lea Juifs , qui les appliquèrent à la cabale {\) et aux livres cabalistiques. Sans admettre que ces livres soient révélés ni d'une antiquité très-reoulée, on ne saurait toutefois les considérer comuie une imposture fri* vole^ mais bien comnoe le travail de plusieurs générations^ tr^ivail qui atteste les efforts patients de la liberté intellectuelle chex un peuple malheureux, U renfeifR^ un système complet sur les choses de Tordre spirituel et moral , sans cmstituer pourtant ni une philosophie ni une religion , c'est-Mire qu'il ne s'appuie strictement ni sur la raison ni sur l'inspii^ation ou l'autorité; il n'est pas non plus, comme les autres systèmes du moyen âge, le résultat d'une alliance entre ces puissances intellectuelles L'unité et le développement de l'univers sont expliqués par eux au moyen d'une inunens^ circulation de la substance incompréhensible (or hf^n-soph), en faisant intervenir au besoin des mondes^ des puissances, des personnes, des lunûères, des rayons» des portes, des vases ^ des canaux des dédales et autres choses semblables («^ phirot].

Le plus célèbre parmi les cabalistes fut Moïse Maimonide de Malmoolde.

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Cîordoue, disciple de Tophaïl et d'Averroës. Il s'adonna à l'étude d'Aristote avec un zèle si ardent que ses coreligionnaires l'accusèrent d'impiété j ^-éduit à quitter l'Espagne, il alla s'étafclir près du Caire, où il exerça m^ecipe sous la protection du cadi. ûans le livre des Préceptes y il explique les six cent treize commandements positifs et négatifs de la loi judaïque. Dans la Mainforle^ il résume et éclaircit toute la doctrine du Talmud , c'est-à-dire la jurisprudence civile et canonique. Dans le Guide des perplexes { More Nevokim ), il explique d'une manière judicieuse et indépendante les dogmes et les passages difficiles de l'Écriture, en distinguant le sens httéral , métaphorique , anagogique et allégorique , à Taide de saines maximes de philosophie. U ne craint pas de contredire les doctrines péripatéticiennes des Arabes, par exemple, relativement à l'hypothèse de l'intelligence des sphères et de l'in-

(1) Voy. t. V. '

(2) Voyez, dans les Mémoires de l'Académie des sc^^ees morales 04 politiques de V Institut de France , 1842, un aperçj^ sur la cabale et sur aes deux Ihrrcâ fondamentaux, le Zohar et Ue la Création^ par M* f^>^^'

ONZIÈME iPOQUE.

fluence universelle; il réprouve ceux qui^ comprenant Dieu matériellement, se le figuraient comme corporel.

Il est beau de voir ce grand homme , à une époque où ses frères étaient égorgés par les croisés, qui pensaient faire ainsi œuvre méritoire aux yeux de Dieu, proclamer la sociabilité naturelle de l'homme, et en déduire la sanction des lois d'une manière si supérieure au philosophe de Genève : a L'homme est , de sa nature, un animal sociable et civil ; c'est là précisément ce qui le distingue des autres animaux. Seul il ne peut rien ; il peut tout par Tasseciation. La variété infinie de son organisation apporte une différence correspondante entre les individus, à tel point qu'on les prendrait pour des êtres d'une nature diverse. L'un jettera son enfant dans le feu sans frémir; l'autre s'évanouira en écrasant on ver. Par ce motif, il est nécessaire qu'il y ait dans la société des lois pour ramener à l'état normal ce qui est excessif ou insuffisant. Les TùOi&jiMte ei justice ne signifient souvent autre chose qu'équilibre (1). B

Ce dernier ouvrage fut traduit sous ses yeux de l'arabe en hébreu, ce qui le fit connaître de tous les Israélites de l'Europe. Toutefois ils virent avec déplaisir qu'il expliquait la religion à l'aide de b philosophie d'Aristote; mais, après des discussions qui durèrent quarante ans, les partisans de Maimonide l'emportèrent, et il fot proclamé le plus grand homme qu'aient eu les Hébreux depuis Moïse.

Tels étaient les éléments qui venaient développer ou altérer la scolastique , laquelle fut encore modifiée par le caractère particulier des différentes nations. Les Français et les Anglais s'y révèlent comme penseurs, mais se montrent souvent pyrrhoniens et sophistes; les Italiens s'y font remarquer, dit Schlegel, « par un a attachement particulier aux vérités de la foi , inclinant , comme

(1) Suffidentissime demonstratum est hactenus hominem naiura eue animal poUticum et civile, et natura societatem amare et quxrere, non sicut alia animantia qtUB tali societate non egent. Propter antem variam compositionem istius speciei, maxima quoque inter individua ejus est d^fjtrentia, ita ut nequeant vel duo inveniri homines qui eisdem motilms sint prxditit sicut nec duo forma externa convenientes et sequales reperih pos' sunt... Talis autem et tanta in individuis differentia in nuUaaUa aidmantium specie reperilur. . . /n hominum specie duo individua tam discrepantia sxpe inveniuntur, ac si penUus e duobus essent specibus.., Jdcirco hœc conjunctio et sodetas sine rectore et gubematore per/ecta esse nequit , qui actiones ipsorum ad regulam xquet^ d^ectus suppléât, exeetsus eotrigat , omniaque opéra ad eertam normam eertumque modum exigat.., Inde lexjusta : nosH enimjustum s«pe idem valere quod a^uaU proportionatum, Mobe Mebokin; p. Il, c. xxxix et xl.

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