SCIENCES NATUUUES ET OCCULTES
en donnaient cinquante; il en toucha dix mille la cure terminée.
Barthélémy de Varignana reçut pour une cure deux cent soixante florins d'or du marquis d'Ëste.
Simon deCordo^ Génois^ médecin de Nicolas IV ^ chercha , dans la Clavis sanationis , à débrouiller la confusion produite par la variété de nomenclature. U commença par voyager trente ans^ dans un but scientifique, en Grèce et en Orient; mais, au lieu de déterminer les corps selon leur nature , il s*en tint à leurs qualités médicinales, indiquées non d*après les leçons de l'expé* rience , mais d'après des vertus élémentaires supposées.
Les juifs furent toujours très-renommés comme médecins et chirurgiens, et Ton trouve dans les livres talmudiques des idées très-avancées sur l'anatomie. On lit même ce qui suit dans le Zohar, qui est pour le moins antérieur au quatorzième siècle, dans le traité Idra Raba : a A l'intérieur du cràne, le cerveau se « divise en trois parties, chacune placée dans un lieu distinct, a recouverte d'un voile très-délié, puis d^un autre plus solide. Au a moyen de trente-deux canaux, ces trois parties du cerveau c se répandent dans tous le corps, en se dirigeant de deux côtés ; a elles embrassent ainsi le corps sur tous les points, et se répana dent dans toutes ses parties. »
L'observation à laquelle les contraignaient les prescriptions minutieuses de leur cidte put leur faire découvrir les trois organes dont se compose l'encéphale et ses principaux téguments, avec les trente-deux pairesdenerfs qui s'en détachent symétriquement, pour donner à la machine du corps le mouvement et la vie.
Abenzoar, juif de Séville, ne s'adonna pas seulement à la pratique de la médecine , mais encore aux préparations pharmaceutiques et aux opérations chirurgicales , ce dont il s'excuse en présence des préjugés de son temps. Il exerçait son art à la cour des Almoravides. On a de lui un traité d'hygiène et de médecine (Theisir dahalmodana vahaltabir) , dans lequel il suit les traces de Galien , sans jamais faire mention des auteurs arabes. Il indique contre la dyssenterie la poudre d'émeraude jusqu'à la dose de six grains, jMirc^ que lui-même en a été guéri une foison portant cette pierre sur le ventre. Cependant il est le premier qui conseille les clystères nutritifs quand la déglutition devient impossible ; il indique Tincision de la trachée-artère dans les cas désespérés de sufTocation, et signale le premier Tinfiammation du péricarde, en montrant qu'il l'a observée sur les cadavres.
Mais les doctrines qui touchent de plus près à la santé s'é^- S^tZ
ONZIÈME ÉPOOTIE.
raient à la poursuite de chimères, et cédaient le bas aux sciences occultes , lesquelles avaient pour objet de connaître ^avenir, de découvrir des trésors, de transmuer les métaux, d'obtenir le remède universel et l^élixir d'immortalité. Qiielle fatigue pouvait paraître excessive potir atteindre de pareilles résultats î aussi on mettait à contribdtidd les anciennes sciences, et Ton en inventait denotivëlles.
La reine dé ces nouvelles sciences était l'astrologie, fille foDe d'une sage mère, bomme rappelle Képler, et Pepreur la plus universelle; càr elle se trodvë au berceau du genre humain aosâi bien que chez les sociétés décrépites, chez lés doctes Bomains de tnéme quechet les simples Océaniens , tant lè besoin de connaître ce qu^on désire et craint de savoir est enraciné dans le cœur humain. L'homme est le centre et le but de la création ; tout se rapporté donc à lui ; or, si l'on ne peut douter de l'influence du soleil et des autres astres sur les saisons, sur la végétation y sur les animaux, à combien plus forte raisonne doivent-ils pas en exercer unesur l'homme, la créature élue parmi toutes les autres? Les histoires des différents peuples (disent les astrologues ) et l'opinion uhanime des anciens philosophes s'accordent pour reconnaître une relation entre les années de notre existence et les dégrés parcourus par chaque signe sur l'écliptique. Pour arriver à la découvrir, il faut bien connaître l'effet des astres sur les verses parties de la nature, les combinaisons des mouvements et certaines formules mystérieuses àu moyen desquelles on parvient soit à accroître les forces de la nature , soit à déterminer l'influence des |>lanètes , soit à contraindre à l'obéissance les esprits et ks morts.
L'astrologie ne considère que les sept planètes et les douze constellations du zodiaque; les mondes et les empires, comme le plus petit des membres du corps , sont soumis à leur influence. Saturne préside à la vie, aux fabriques, aux sciences; Jupiter,» l'honneur, aux richesses, à l'ambition; Mars, aux guerres, aoi prisons, aux haines, aux mariages; le Soleil sourit aux espérances, aux prospérités, aux bénéfices, comme Vénus aux amours et anx amitiés; de Mercure émanent les maladies, les dettes, les chances du commerce et les frayeurs ; la Lune envoie les songes, les plaies, les larcins. Sa nature est mélancolique , celle de Saturne triste et froide, celle de Jupiter tempérée et bénigne , celle de Mercure inconstante y celle de Vénus féconde et bienfaisante, celle du Soleil joyeuse.
Pour calculer les influences de ces planètes, les astrcdognes pa^
SCIENCES NATURELLES Ëf OCCULTES.
tagftrent le jour en quatre points angulaires : ascendant du âoleil, milieu du ciel , ot;cldent et extrémité du ciel; puis ils subdivisé* rent ces quatre points en douais cases; Le point décisif de Texistcnce étant cdui où Thomitie vient au ihonde, on doit observer avec une attention particulière quel astre avait ^ascendant à oe moment. Les qualités de l'homme sont exprimées par les noms des astres , et quiconque naît sous l'ascendant de Vénus sera Vo* luptUeux^ sanguinaire s'il naît sous celui de Mars; Tinfluence de Saturne le rendra mélancolique , heureux celle de Jupiter^ et ainsi de suite. Puis il est certaines herbes et certains métaux qui» dépendant de ces planètes^ doivent en aider les effets. Dans les vies des troubadours provençaux, il est fait mention de Pierre Bo« nifece , qui; après avoir essayé de tous les procédés magictues pour gagner le cœur d'une dame de Montpèllier, a laissa Famour, et s'adonna à l'alchimie; il s'y appliqua avec constance^ et trouva enfin une pierre qui avait la vertu de convértit* les métaux en or. Curieux Investigateur des vertus des pierres précieuses et des perles orientales ^ il composa sur cette matière un chant dans lequel il met au premier rang le diamant, qui rend l'homme invincible. L'agate de l'Inde ou celle de Crète rend l'homme bon parleur^ prudent ^ aimable et agréable; l'améthiste empêche l'ivre^; lacomaline apaise la colère et les contestations judiciaires; l'hyacinthfe provoque le sommeil; la perle procure au cœur l'allégresse; le camée est efficace contre l'hypocondrie quand il est taillé; le lapis- lazuli^ attaché au cou des enfants t les rendhar* dis; l'onyx d'Arabie et de l'Inde abat la colère; le rubis, suspendu au cou pendant le sommeil, chasse toutes les pensées fontastiques et pénibles; le saphir rend chaste, la sardoine de même ; Témeraude donne une bonne mémoire ; la topaze réprime la colère et la luxure ; la turquoise nous préserve des chutes; l'hélitrople nous fait devenir invisibles ; Paigue-marine est une sauvegarde contré les dangers; le corail , contre les coups de foudre; l'asbeste, contre le feu. Le bérii inspire l'amour; le cristal éteint la soif des fiévreux ; l'aimant attire le fer; enfin le grenat procure contentement et joie. » Le savant qui, en suivant cette voie, parviendra à connaître les propriétés occultes des choses , non-seulement devinera l'avenir, mais encore influera sur les événements, en excitant la haine ou l'amour, en découvrant les desseins secrets, les trésors enfouis, les crimes cachés , les remèdefe des maladies , et, ce qui est le non plus ultra de la science , l'art de faire de l'or.
Les phénomènes de la nature reçoivent surtout des nombres un grand accroissement d'énergie; car c'est d'après leur oombi-
ONZIÈME iPOOUE.
naisons que Tunivers est disposé y et ils possèdent une efficacité mystérieuse. L'échelle des nombres est^ dans le monde archétype, l'essence divine ; dans le noonde mtellectuel, l'intelligence suprême ; dans le monde céleste, le soleil ; dans le monde élémentaire, la pierre philosophale; dans l'homme, le cœur.
On voit comme se.compliquaient entre elles des erreurs qui s'étaient transmises de la superstition païenne à travers les écoles néo-platoniciennes et les doctrines des gnostiques. Nous avons vu les magiciennes de la Thessalie inspirer l'épouvante et la vé* nération; Circé, Médée , Canidie devenues célèbres tour à tour; Rome croyant aux fantômes, aux follets, aux orques, aux vampires, aux transformations immortalisées par Apulée (1). Plioe ra* conte que les peuples celtiques attribuaient à la lune une grande ia« fluence sur toutes les parties de la terre : le sixième jour de son premier quartier, ils passaient toute la nuit dehors, chantant et jouant des instruments pour lui rendre honneur, et formaient des assemblées religieuses auprès d'un arbre illuminé. Cet usage se maintint malgré le christianisme; Charlemagne défendit ces promenades nocturnes, en déclarant sacrilège le curé qui ne s'y opposerait pas. La prohibition engendra le mystère, et Voa
(i) Un grand nombre de saperstitions modenieB, tUribnées d'ordinnire à rigB0rance du moyen âge, nous sontyettoes des anciens : ainsi Topinion qoe le tintement d'oreilles annonce que Ton parle de tous, et qu'après avoir mangé on ceuf il faut en briser la coque (Ovide, P<utês ) ; Tusage de manger des p<ns lors de la commémoratfon des morts, que célébraient les Romains an mois de mal, pendant les fêtes lémnrales, époque où Ton s'abstenait de se narkr {FasteSf V); celui de s'adresser des vœux de bonbeur au commencement de tannée ; de dire Dieu vous bénisse quand on étemue (Pline, liv. H, ch. ii, $ il); de clouer sur les portes des hiboux et des chats-buants : Quid quod istas Rocternos avesy cum peneiraverint larem quempiam^ sollicite prehmuat, fih ribus videmus i^j(^?( Apulée, Metam., liv. III), etc. S'il faut d'antres pream de TanUquitédes niaiseries reprochées au moyen âge, on peut prendre les x^rcat du Julius Africanus, qui vivait sous Alexandre Sévère , et, parmi tant d'antres folies, on y trouvera le moyen de se défaire de ses ennemis : « Prépares des pains de cette manière ; prenei, vers la fin du jonr, les animaux suivants : wmb grenouille des champs ou crapaud et une vipère, tels que vons les voyen dessinés dans le pentagone parfait, à Tendroit de la figure où se trouvent les signes de la proslambanoroène du trope lydien, c'est-à-dire un Cfjra sans queue et na tor» couché ( c'est la note musicale qui pour nous serait la fa dièse ); renfermes ces deux animaux ensemble dans un vase de terre en la boocfaant bermétlqteBnBt avec de l'argile, afin qu'ils ne reçoivent ni air ni lumière ; cela fkK, après on temps convenable brisex le vase, et délayes les restes que vous y tronvereidaM l'eau, avec laquelle vous pétri rei le pain ; de plus, oignez de cette coraposHîM» dangereuse même pour celui qui l'emploie, les tourtières dans lesquelles vons cuirez ce pain. Cet aliment ainsi 'préparé, donnez-le à vos ennemis comme vans le pourrez. »,
SGIBNGES NÀTUIUBLLES £t OCCULTES.
choiât pour ces cérémonies des lieux déserts; alors le vulgaire slmagina qu'il s'y consommait des méfaits terribles.
Quant aux erreurs de l'astrologie^ on leur attribuait une haute antiquité ; car on faisait remonter leur origine au Chaldéen Bérose et à l'Égyptien Trismégiste (1). De ces deux sources étaient dérivées deux manières différentes d'observer les astres et d'interpréter leur langage ; elles s'introduisirent dans les écoles néoplatoniciennes, que nous avons vues » par leur manie d'abolir le christianisme^ se laisser entraîner à la superstition^ et chercher la vérité dans le mysticisme et dans des rapports mystérieux entre le monde visible et le monde invisible. Ces doctrines séduisirent les Arabes^ qui bientôt devinrent de grands maîtres^ et firent de ¥Almageste de Ptolémée un texte de songes et d'absurdités. Aboul-Nasar se rendit célèbre au temps d'Haroun-al-Raschid ; il avait calculé que» d'après les périodes de Saturne ^ le christianisme ne pouvait durer plus de quatorze cent soixante ans; à l'en croire, celui qui adresse une prière à Dieu au moment de la conjonction de la lune avec Jupiter dans la téte du Dragon, est exaucé mfailliblement. Plusieurs de ses compatriotes l'imitèrent : Al-Kabizi , qui brilla sous les princes Armanides, et dont le Traité ttasirologie judiciaire fut traduit par Jean de Séville ; Al-Kindi y habile médecin qui vivait vers l'an 1000, composa une Théorie des arts magiques; puis^ après Aboul-Farag^ l'astrologie se combina avec la cabale et l'alchhnie, formant un ensemble qui constitua le comble des absurdités.
L'astrologie fut honorée de chaires publiques, et l'université de Pologne décréta qu'elle aurait un professeur pour l'enseigner^ quem tanquamnecessarissimum haberi omnino volumus. En 1179, les astrologues les plus renommés de l'Orient, chrétiens, arabes et juifs ^ tinrent un congrès, dans lequel ils demeurèrent d'accord qu'en septembre 1186 une conjonction extraordinaire des planètes supérieures et inférieures entraînerait la ruine de la création^ au milieu de tempêtes épouvantables. Le mois de septembre si redouté arriva, et rien ne fut détruit, pas même le crédit de l'astrologie.
L'astrologue ne devait donc pas se borner à interroger les étoiles; mais il fallait qu'il connût leur influence sur toutes choses, c'està-dir^les vertus mystérieuses au moyen desquelles il croyait ex-
(1) ChttBpoQion a trooté, dtns la tombe de Rbamsès V» des fables astrologiques de la correspondance entre le lever des constellations à chaque heure du mois et les ékmaes parties du corps. Les numismates modernes signalent rbo« rosope sur les médailles des empereurs romahis.
pliquer les fidmirables résultats obtenus par tes rech^rdies dei grands maîtres qui étudiaient dans )a solitude la chimie et les mathématiques. Peut-être mèoii^ les savants > dans leurs veiUes studieuses ) se laissaient-ils dominer par ces superstitions qus produit l'isolement, par ces émotions qui emportent hors de la nature, ou font trembler en présence de ses mystères.
Parmi ceux qui s'illustrèrent dans ces vaines élucubrations, oa cite Guy Bonatto de Forli. Après avoir recueilli dans sas voyages tout ce que les Arabes avaient écrit sur cette matière, il en donna la (fuintessence dans untraité qui s'est conservé (4). Ayecrakle de Dieu et de saint Yalérien, patron de sa ville natale , il expose dans ce travail l'utilité de la science, la nature des planètes ^ leurs oonjonc' tiens et leurs influences, les jugements qu'il faut en déduire et les différentes questions que l'on peut résoudre au moyen de la science astrologiquci U pose pour axiome que les principes ne doivent pas être prouvés > mais supposés: or personne ne doute que le mouvement des astres n'influe sur le monde, et qu'on ae puisse, grâce à cett^ doctrine , connaître les pensées des individus présents, passés et à venir, prémisses qui, une fois accordées, entraînent d'elles-mêmes leurs conséquences.
D'une habileté admirable dans la pratique de cette impostiue, Bonatto découvrit à Frédéric II une conspiration ourdie à Grosseto. Il fabriqua une statue qui rendait des oracles. Dirigeant les opérations de Guy de Montefelto > il montait au haut du clocha de San Mercuriale quand ce capitaine se mettait en campagne, et lui indiquait par un cpup de cloche le moment de revêtir l'armurp, par un autre celui de nooqter à cheval, par un troisième calai de se mettre en marche. Il prétendait que Jésus-Ghrist lui-môme faisait usage de l'astrologie, et s'irritait contre les porte-tuoiques (tunk^) qui s'élevaimit contre ses prédictions (2).
(i)GuiDO ÈoNiT^sde iForlivio^ decem continens irackiius asinmoma Venise,
(t) Litige e'oppDsa eonstannoeût à Psstrologle : le coadto d'Afde, « Ml* eao. 4t, refusa I9 o(Mvmiviic# ai;u^ astrologues ; te premier eoBoile dX)rléiiii» «a 611, can. 30, excommunie ceux qui croient aux sorts ou aux «psives; (faolres
conciles continuèrent dans le même esprit. Frédéric 11 crût pouvoir recoonr î l'astrologie pour intimider la iioor de Rome, et Ûi circuler ces vers :
Fata monent, sUltêsque doeentaviumque tolohtf, Quod Federicuè egà màWm erMâ ero. •
Borna diu titubant, varUs erroribtu acte, Concidet, ei mtmdik degin§i eê$e cofut.
Hais on loi répondit en Tbonneur de la raison :
Fata sUenl itellxque iacent; nil pr^déaU ai«|*
SGSNGES NAmSLLSS KT OCCULTES.
Pierre d'Abaiip et Cecco d'ÂficoU apquirent axj^, malheureu- nme semeDt pour eux^ une certame nsppmmée. {«e pr^ipier, élevé ^ iii^'m!;; Ck)nstantmo{rfe fut asse^ heureux pour saisir l'instant oji les astres étaient dans la position indiquée par Àboul-Nasar, et pi| , selon lui, Dieu ne peut refuser aucune demande; il en profita pour demander la science , et une illumination soudaine lui fit connaître l'avenir. Il professa ^ Padoue et à Paris, où il fut accusé ^ie magie pour les cures médicale^ qu'il avait menées à oien; plus tard^ incriminé d'hérésie à Rome , il fut renvoyé abspus par décision pontificale, fl rapportait au cours des astres les périodes des fièvres. Dans le palais de Padoue, il fit peindre les figures des planètes; il croyait si fermement à l'astrologie qu'il chercha à persuader aux Padouans de raser leur ville pour la instruire sous une conjonction de planètes qui venait de s'effectuer dans les conditions les plus favorables.
Peut-être ne faut-il voir dans ces récits que des t)avardage9 inventés par Pierre de Reggio, qui, vaincu en doctrine ps^r Pierre d'Abano , chercha à le perdre dans (^opinion. De là, les acciisations contradictoires dirigées contre ce dernier, à qui l'on imputait d'un côté de ne pas croire au diable; de Tautre^ d'en tenir s^pt renfermés dans un bocal , dociles à ses moiadres signes. Ces accusations et d'autres plus sérieuses lui valurent 4'élre condaqiné par les inquisiteurs. Il mourut avant l'exécution de la sentence^ et, i son doroier nooment , il disait à ses amis : Je me suis ^Uqué à trois noblf^ sciences : l*me d'elles m'a rendu subfH^ i a\itre riche ^ la ' troisième menteur: la philosophie, la médecine^ l'astj;ologie» Dans son t^iament^ il se proclame bon cathoUque, et il avait demandé à être inhumé chez les dominicains; mais l'inquisition continua à procéder pontre lui et dispersa ses os. Gentiie de Foligno. médecin célèbre, étant entré dans Técole où d'Abano avait professé, s'agenouilla, et s'écria, 1^ maiq$ levées : Salut, temple saint! puis, ayant aperçu quelques écrits de sa majn^ i) les plaça sur sa poitrine et les baisa avec respect (i).
Cecco Stabiii, n^Ut d'Ascoli» professa, jeune enpor^, l^astrologîe ^ Bologne. Daqs un commentaire sqr |a sp][|èr^ 4^ J^an d^ iw-tni.
SoUus est proprium scire/atura Dei, SUeris \nc(àsum nav&fn submerg&e Pétri ; • jnnctttût, tt nunqùam fmiitv^ ista ratis, QuU Mm nmims poMi| Méamtu i $¥eceém 0i; Jis km M.
(Ex* JoBDÀia Chron.f 221.)
(i) SAVONluiOLA, De laud^ Patao.y p. 115S.
ONZIÈME ÉPOQUE
Sacroboseo^ il avança quil existait dans les sphères supérieures des générations d'esprits malins que l'on peut contraindre^ au moyen d'enchantements , à opérer des prodiges. Ces folies et (faotrès doctrines le rendirent suspect à l'inquiatioU; qui l'envoya au bûcher.
dSfîteîL ^^^^ citerons encore le Génois Ândalon dal Nero, qui amassa des connaissances dans ses voyages, et dont il reste un traité decféSSiie, l&tin sur la composition de l'astrolabe. Ghérard de Crémone, na*
iiu-87. sabîonetta, traduisit VAlmageste de Ptolémée et le TraM
des crépuscules de Al-Hazen; il écrivit aussi une Theoria plane» tarum, sur laquelle se faisaient les leçons dans les universités. On conserve dans la bibliothèque du Vatican les réponsesqu'il faisait aux consultations que lui adressaient Ezzelin de Romano^ Boson de Dovara, Hubert Pelavicino y tyrans redoutés^ mais qui pourtant tremblaient devant des puissances inconnues, etsoumettaiait les calculs de leur prudence ou de leur ambition à la décision des astres et de leurs interprètes.
Frédéric U était sans cesse entouré de l'élite des astrcdognes, dont les conseils modifiaient ses desseins (1). En iiSd, lùtsip^'A apprit la rébellion de Trévise, il fit observer l'ascendant par maître Théodore, du haut de la tour dePadoue; mais l'astrologue ne fit pas attention (remarque Rolandino) que dans la trdâème case se trouvait alors le Scorpion, qui, ayant le venin dans U queue, indiquait que l'armée aurait à souffrir vers la fin de cette expédition. Le même empereur, se trouvant à Vicenoe, voulut qu'un astrologue devinât par quelle porte il sorticait le lendemain ; le docteur consulté écrivit sa réponse^ et la remit cadietéeà Frédéric, pour qu'il n'ouvrit le billet que hors de la ville. L'empereur fit pratiquer une brèche dans la muraille, et sortit par là ; ayant ouvert alors le billet, il y trouva ces mots : per porta nuova. La porte était neuve en effet.
L'astrologue était devenu un personnage indispensable dans les cours et les palais des communes ; les évéques même et les prélats ne surent pas toujours se préserver de cette contagion. Pétrarque prononçait dans la cathédrale de Biilan l'oraison pour l'événement des neveux de Jean Yisconti, quand l'astrologue l'inte^ rompit, attendu qu'en ce moment même s'opérait, d'après ce qu'il avait découvert, la conjonction la plus favorable d^s planètes. On observait les astres pour jeter les fondements d'une citadelle, conmie on fit, en 1470, pour celle de Pesaro; en
(1) SABAMALfcSpmA, SloHa, cii. tt.
SGISNGBS OGGOLTKS.
poar les bastions de Femre; en 1499^ pour la forteresse de la Mirandole. En 1494^ les Florentins conférèrent le bâton de capitaine général à Paul Yitelli à Theure désignée propice par les étoiles. Le cardinal Pierre d'AiUy^ qui avait proposé la réforme du calendrier^ soutint devant le concile de Constance que les signes astrologiques indiquaient la lutte de l'empire avec l'Église , et déploya sa grande érudition pour défendre l'astrologie, qu'il tâchait de faire concorder avec la théologie, la chronologie et l'histoire*
Dans le grand siècle de Léon X et de Luther y Tastrolc^e allemand StofSet prédit un déluge qui devait arriver en 1524, et causa une grande anxiété parmi les peuples et les princes : beaucoup d'hommes s'enfuirent sur les montagnes ; Auriel, médecin de Toulouse, vendit tout ce qu'il possédait pour faire construire une arche, et le duc Urbin dut faire publier un livre,, par le philosophe Paul de Middelbourg, pour démontrer la vanité de cette crainte. Lorsqu'on 1572 un nouvel astre apparut dans la constellation de Cassiopée, tous les astronomes y reconnurent un sij^de graves changements; un philosophe italien, Guilandini, osa seul rire de leur frayeur. Jusqu'au temps de Louis XIY, les princes et les seigneurs avaient auprès d eux un astrologue, dont ils prenaient les thèmes et les horoscopes , et il fut proposé dlnstituer une chaire pour le fameux Morin. Qui ne se rappelle Waldstein? mais, chose plus étonnante, c'est que Tycho-Brahé , astronome d^un mérite incontesté, prononça en 1574, dans l'université de Copenhague, un discours pour démontrer que l'astrologie était d'accord avec la raison et la religion, et pour plaindre les philosophes qui se refusûent à y croire par ignorance de cet art.
Cependant Pierre de Blois (1), archevéqne de Bath, près de Londres, s'était élevé contre ces erreurs, et avait combattu l'astrologie comme les magiciens dans les Illusions de la fortune. c Ce qu'on appelle Fortune ou Destin n'existe pas, et il faut ré- « pudier l'opinion des doctes, qui attribuent les événements du « monde à ces caprices ou à la fatalité, au lieu de reconnaître c une volonté suprême qui règle inaltérablement les vicissitudes c humaines... J'appelle pour cela mon livre Illusion de la for^ c iune^ non que la fortune soit quelque chose en elle-même, mais «
(1) C'est un des hommes les pins remarquables de sou temps (1200). W fut puissant ea Sicile, à la cour normande, puis en en Angleterre sous Henri II et Henri UI, an nom desquels, comme au sien propre, il écrifit beaucoup de lettres d*nn style facile, et qui sont fort importantes pour l^istoire. Nous avons aussi de lai divers traités et des discours.
HiST. imiv. — T. X. 35
nu*
01t2nSMÈ éPOOtTB.
« pour démmitr^ cfue, dail^ l^éléTation cotnMc dans l'abaisse- A dememdes mortête^ tobt vieitt hoù du hasard^ mais de ta Arine d Prcyfidefice. n
L0é chhtièfea de Faairotogie eurent pouf ëômiéquc^ de propflgéf la croyance éùx esprits follets, aux spectres^ aux fantômes, am VMdpirâs) C6aeh>yances énergiques , eonihie toutes ceHes de rép€k]ue f itnpritaiè^^ un caractère grandiose plus déplorables superstitions, ël détinrent Fobjel d*une foi plus vite ifaaiMi elles furent soumises à des procès réguliers. L'imagination y paisa une figdear prodigieuse poùr eréer des événements qt^eUe-méme finissàttpar croire véritables ^ des hommes à FesprH ardefitse retirèrent à l'écart pour se Jieter dans un monde fantastique en haine du nionde réel, et mêlant l'imposture à fbalhiclflalion et aa 6natisme. La législation sa hftia de réprimer des gens qoi eidtaieot les tëmpèfÊêy faisaient ehangef de forma aax choses et aat hotnmes, engendraient des mahidies; enAn dei procès absordes égarèrent lodgiempa la jurttiee, comme n^ aurons à le déplorer à une époque que l'on a appelée le Hèek â'et.
D'un atrtre côté^ les savants, avides de tout ce qui fêtait noaveau dans un temt)so(l tout était à Créer, appliquèrent les occultes à toutes les branches de l'arbre scientiSqae* La méderioe n'y recourait pas seulement pour la distillation des médicaments, et poHr reconnaître les vertna les plus efficaces des substances, mais faisait desewciifinteroeBts, préparait des amulettes^ se Hmit à des recherches coritiDneHet afin de trouver l'élixir de longue vie; à cet effet, elle évoqMit les esprits , tandis que de nos joars eUe se contente de fcsèqœv les tadavres. Les naathématiqUes se fourvoyaient à la suite de la cabale. L'hornuK reste naturellement étonné devant la eontem^dation des nombres» barrière entre nous et la brute, miroiv de rintelHgeooe qtai seeomplalt dans tout ce qui tend à la déknootref à elle-même. De là Tancien respect pofar lés nesnbre», professé dans les éooles pythagoriciennes, etqt^ se révéHa dahs eiÀles des néo-platoniciens et chez les ooah mëntateurs hébraïques» De œa derniers vint le nom de cabale , dohné à hi science à Faàte de laquelle on croyait deviner, par la eembiiiaison (tes nbmbres^ les choses oceuMea, et acquérir le pouvoir décommander aux puissances infernales.
Tels étaient les éléments dont se composait la magie née du désir d'acquérir la science^ et de l'acerottre en s'alliant aux puissances supérieures au moyen desquelles on espérait recevoir l'influence dividë. Pout peu que l'on observe les opmions sur lesquelles se fondaient le genre de vie et les croyances du temps, ta
rrtëgiië n'eti l^Hl ûcmlAéféê que eoitimè oflë <^ifeiion logit)iie.
Il y âtëlt quatre sortes dé mâgles: îa tttagle mtvfëUi^, qal, coniMIdsont miétlS: cjne le vulgaire lës forces de la naiure, ses ôym- {Mhieâ et atltipathies*, obtenait des effets [Mdigteu^, comme les fantasrildgorieâ, les phénomènes de tenIriloqtiTe; la ma^e mathématique , qui , mettëflt h profit tes toië de la tnécartiqUe, poatait Gonstraife des machifiedi des autotnaies dont te jeu etcilait radmiratkm^ M obtendtdes soliHiotts inaccesstMe^ an eomition des caieuiatéurs * la magie êmpùisûnnen^e, (}ni cotnpotôit des bHsttvages^ deâ pfaiRres merveHlenx^ cépaMe^, comme eeuit de Gireé oo d'Atmide, de changer les hommes «ti potrrceàtit ou en poissons; enfin la magie eétémoniale, plus aiigusie et pins puissante que les attires; se suMvisait en tfûêHé, qui communiquait atee les esprits maHàisants , et eu tkêurgiey qui mettait en relation avee les génies pars. La magie èlanche fbt introduite par dés jongieufs à une époque pluë récente.
Nètisderonséire d'alitant mohis surpris qne, dans deâ temps ^ignorance et de créduWé, oA rêputàt mh^acle toot ce qui sortait de Tordre ordinaire que nous-mêmes, au milieu dé tant de lumières disséminées par la science , notts restons étonnés en présence des phénomènes inexpliqués dîe la catalepsie, de Télectricité, du niagnétisme , de la rhahdomancie , de la galvano-plastiqué, de la photographie. La raison, derenue adulte, nous a enseigné à vérifier les faits , et à en attendre l'explication du temps et de la scietlce ; mais alors on voulait trouter les Causes, et Fon recourait ft des puissances supérieures. On së figurait que l'homme pouvait ou fairedes pactes avec le génié du mal , et par son assistance commander à la nature, ou évoquer les morts, afin qUIls révélassent les séttrets de la tombe ; il y avait même, à Tolède et à Bévîlle, des professeurs qui enseignaient publiquement la nécromancie. Ces extravagances dégénéraient parfois en méfàits, et des fanatiques allaient jusqu'àégorger des enfants pour assouvir de leur sang les spectres qu'ils évoquaient aU moyen de caractères magiques.
Tout astrologue ou alchimiste se vantait d'avohr quelque esprit familier à ses ordres. Michel Seot invitait ses amis à un banquet sans avoir rien de préparé; ptris soudain apparaissaient les mets les plus déliéats ; il disait : Cette friandise i^ient de la cuisine du roi S Angleterre; cette liqueur vient de la bouteitlerie du rtH dé Franee(i).
On tirait des présages sur l'avenir des signes fortuits , des lignes
(1) E!<ffE»os8ER, Geschichtf der magie. I^eipzig. i84/i.
ONZiiiCE iPOQUS.
de la main, des étoiles^ des songes , dont,l'iQter(MrétatioQ constituait une grande partie des doctrines occultes^ qu'on n^aurait osé mettre en doute , puisque Hippocrate l'avait admise ; et parfois Ton devinait, parce qu'il est difficile de ne pas rencontrer juste quelquefois quand on parle un peu de tout et vaguement, comme il arrive à nos diseurs de bonne aventure.
Les sciences occultes offraient deux voies pour s'enrichir : trouver des trésors et transmuer les métaux. Quant aux trésors, les chroniques racontent des choses merveilleuses. Dans laPouiUe, il y avait une statue de marbre avec une couronne d*or, portant cette inscription : Aux calendes de maij au soleil naissasU, foi la tète d*or. Personne ne comprit le sens de ces mots , jusqu'au moment où Robert Guiscard en arracha le secret à un prisonnier sarrasin; ayant creusé la terre à l'endroit où tombait l'ombre de la téte au mai, il trouva un trésor (i). Le moine Gerbert vit une statue qui, l'index étendu, portait cette inscription sur sa téte : Frappe là. Plusieurs fois on avait frappé cette téte sans aucun résultat, quand le moine plus avisé remarqua l'endroit où l'ombre projetée parle doigt indicateur venait tomber à midi; puis, durant la nuit, il vint fouiller avec un seul compagnon en cet endroit, et y trouva un vaste palais tout en or. Des soldats jouaient aux dés; le roi et la reine étaient assis à table; auprès d'eux, un damoisel tenait son arc tendu : tout cela était en or, et brillamment éclairé par un tison qui brûlait au milieu. Lorsqu'on voulait toucher à l'archer, de belles et jeunes filles se mettaient à danser. Comme Gerbert ne se fiait pas beaucoup en son compagnon, il prit seulement sur li table un couteau d'un travail admirable; tout à coup , les danseuses s'élancèrent frémissantes , et l'archer tira sur la lumière, qui s'éteignit. Gerbert, resté dans les ténèbres , fut donc obligé de laisser toute chose intacte ; mais il entendit diverses prédictions, qui toutes se vérifièrent par la suite (2).
Sans parler de la pistole volante , qui, une fois dépensée, re* venait constanmient dans la bourse d'où elle était sortie, nous AtaUiye. passerons immédiatement à l'art de faire de l'or, qui était alors le but suprême et constituait une science distincte. On veut reporter l'origine de la chimie à Pythagore, qui, supposant dans le nombre une harmonie parfaite , lui donna par ce motif le nom d'ordre, de beauté ( x<{9(ao<; ) , et exprima par les nombres les diverses compositions des éléments. Vint ensuite une école qui produisit
(1) JoBDANi, CAfon., c. 222.
(2) Id.f €. 220.
SCIENCES OGCULTBSJ
la doctrine des qualités élémentaires, résultant, selon Ocellus, des formes matérielles des molécules. De là le système atomiste. Hmée de Locres y reconnut une multitude de qualités différentes, qu'Empédocle fixa à quatre éléments, c'est-à-dire Tair, le feu, la terre et Feau. Ce philosophe prétendit que les corps euxmêmes ne tombaient pas sous nos sens , mais senlement leur essence. Étudiant la manière dont les molécules s'unissent et se séparent, il en déduisit une ressemblance avec les sympathies et les répulsions humaines, première lueur des solutions les plus récentes ; mais sa théorie ne fut pas adoptée, et Aristote trouva plus de créditen admettant un cinquième élément sidéral, dont la présence unissait, et dont l'absence décomposait.
En conséquence, la chimie des anciens tenait pour constant que les corps résultent de la combinaison deséléments^ et que de leur harmonie nait la santé dans les corps humains. Celui qui découvrirait ces combinaisons pourrait donc non-seulement rendre la santé et prolonger indéfiniment la vie> mais encore transformer les corpset lesmétaux. Sentiment sublime, bien que fourvoyé, delà puissance de l'homme et de la perfectibilité de la création entière, et qui, dans la supposition que certains corps étaient moins parfaits, s'appliquait à trouver l'élément qui leur manquait, et s'élevait même jusqu'à la Divinité, dans l'espoir non de créer comme elle la matière, mais de lui donner la forme de l'oi^anisation.
Cependant, comme on voyait dans l'or le représentant universel des jouissances terrestres, la science s'ingénia d'une manière spéciale à trouver la pierre pfUlosophale, qui devait lui servir à faire de l'or avec de l'étain et du mercure.
Roger Bacon, plus précis et moins énigmatique que les alchimistes qui vinrent après lui , indique clairement , dans son Spéculum alchymix^ le but et les moyens de cet art. Le feu, s'élançant du centre de la terre (i) , rencontre deux autres éléments, la terre et l'eau ; ils dessèche et coagule les molécules de l'eau, ce qui produit le mercure, et, raffinant la terre , il en produit le soufre. Tous les métaux et minéraux sont composés de soufre et de mercure , combinés à des degrés divers. Ces données admises, il était permis d'espérer qu'on pourrait modifier ces combi- Biûsons de manière à transmuer un métal imparfait en celui qui était le plus parfait, c'est-à-dire en or. Afin d'y parvenir, les alchimistes auraient dù raffiner ces deux substances au
(1) 11 dit réellement du fond des mines ; mais on peut voir combien il approche des théories modernes de la chaleur centrale^
moyen do té^ciih, pui3 les traiter ^recL&m^^ et ratioa l^ur eit (#it reoonQftttre prompteinent riiB|m8U>itité é» la véussit^; mais^ cpfïuae s'il^t été lodispensaMa que l'aiprH humain acquît de la force danj^ »q long et in&neUieHx wmim, ils sondant, au Ueu de reeou^f à ^ trouver un eoifn
qui, combiné avec les inétjmx,p0t les tômamerw oi^* Bacoa croit qu'un métal se»l peut être employé pei afiGst^ et qu'il n'y ^ p$|s d'au^procé^lé que U feu^ eu renonçant k toute ventioQ superstitieuse ; luai^ l'opérateur qui a entrepris cette tÂebe avec une ardente e^févsme p'a pas pûitût vu les sîif4>les ressources de l'art lui f^ire défaut qu'il a recours à tour les meyeos possibles pour s'empfu*er de la (orce oréf^ioe^ dite e^VN^ uuHfarsel, de râine géoéffde du uumde^deljt natt cette ^den^seer^et ténébreuse qui oeeup$i tant d'e^ts.
On se figura donc que les qu^t^ occultes de la imtière et l'iaduence favorable des étoiles étaient nécessaire pour exécuter k grand œuvre, ç'est*à-dire pour obtenir la poudre de iwrojeciioo, dont le mélaxige p^rfeetionmaBait les niétaux. Pour faife dff Tor, il fautiniiter rar( diviUi et par conséquent étudier ce que Itoifiiit. Or le^ métaux sont composés de trois esprits ou prÎDoipes ; le soufflée, le vif-argent et l'arsenip ou sel, qui, naoyenpaot la chaleur souterraine, formeot le^ métaux parfait*. Il s'agit donc d'imiter au fourneau Topération de; la natuce, en élinwwmt lespria^ cipes corruptit^lei^ unis h aeuj( qui sont purs. U faut doiu:;^ par la sublitncttion, iM^vl^récipUationy par la (Ustitlafio» » par la d^dnation, les délivrer du principe sulfureux, etpar Ij» sçl»timi l> fusion, la coagulation, la cératim, les Fendre aptes ^ se ixm' former, et à donner du meroufe philoaopl^l pour merçwis^ for- Les recettes indiquées étftiejQt positives, mais on efpU^H^t le mystère en termes occulteçu Voulez-vous ^ dis$ùait-ila . /aûv r élixir des serges? pr^^ le mercure des philosophefi, trm^ formez-le successivement, P^T iQçalçin^tm, enHon vert et cafto» rouge; faites-le diçérer dansmbmde SjableavecdeVesf^^itrdi-m àcre, et disfille^ le prodt^f. H<ns que ValamUiic soit com^t ombres cimmériennes, et il se tromera au fond m drçigm no» qui dévore sa prqpre queue f.. Nous connaissons certaines seiauces de nos jours, qui parlent un langage à peu prte au^ iuteU^k, et qui sont pourtaut d'une application plus immédiate que l'art de faire l'or et le lireuvage d'immortalité,
La Tabula Smaragdina d'Hermès, sur laquelle on a composé des volumes de commentaires^ est à peine de la longueur d'une dantt-page. Enavoirl'intelligence a toujours été considéré copune
bol
im éi|uivalaat à posséder le secret de faire l'or; on peut ep faire l^as^i ;
a Le vrai saos mepsQnge est certain et très-vpuif Ce qui e^ e^i ft baiiest(H>W9eç9 4ui ^ m ïmt, et ce qui eal ea haut ccmm « ce qui est en bas^ pour accomplir les miracles 4e la pbose uni- 0 que. DeoiAme q^ tputes les 0)10^ furent c^^ééas d'une seule, c p^ la fnéditAtion d*ua seul^ ajpsi toutes les choses naquirent « de cette cbose unique p^r appropriation. Son père est |e Soleil, « ia lune sd mère; le ventre 1^ porta dans son sein; la terre la « nourrit. C'est le père de toute rharmooie d^ monde. Sa vert^i « est entière quand on la dépose daps )a terre. Tu si^pareras avec « soin et habileté la terre du feu^ le sobtil 4» dense ; il monte de « la terre aux cieux, redescend sur la terre^ et puise sa force dans « le supérieur comme dans l'inférieur. Ainsi, tu posséderas la ff gloire du monde entier; topte obscurité s'éloigpora de toi. C'est p la vertu forte d^ tqute vertu., parce qu'elle dompte (opte f chose subtile^ pénètre toute chose solide. Ainsi fut créé le monde, a ainsi se produiront lea appropriations adpiirables , ceci en étant « la OMPière. Et pour cela Je fus appelé Herpiàs, trois fois très- % grand { Trismégiste ) , possédant le^ trois parties de la philqsoa phie du monde. Ce que j*ai dit de l'opération du soleil est
qoi^chi* I»
Quand hiea même on voudrait voir indiquées (|aps cette Apocalyp^ la pujsa^nce de l'esprit et l'unité des choses créées , pour peu que l'on ait 1# fantaisie de descendre aux détails , on pourra y 4P{ûiquer tous le^ systèmes ipiaginables.
JLea alohiipistes avaient ^ leur servipe les très-an( iens livrer de Moïse, de Marie ^ sa sœur, de Mercure Trismégiste, de Job, d'Énoch , le Sé/er d'Adam et principalement la Clavicule de Salomon. D'autres croyaient que la grande science était indiquée à sens couvert dans le Coran , dans l'Évangile et l'Appc^lypse. Upe infinité d'ouvr«ges, sous les titres les plus bigarres (i), furent composés dans un langage particulier aux adeptes, rempli d'diéroglyphes, dont Tinvention est attribuée à Alphonse X , et qui en rendent la lectpre très-difficile lorsqu'on y veut chercl^er quelqpe parcelle de vérité. Les explications secrètes n'étaisint confias qu'aoK adeptes , parmi lesquels on ne pouvait être compté qu'après de longues études, et en associant la cabale^ l'astrologie , la nécromancie. Pour faciliter ses opérations , la science hermé-
(I) Par exemple, les Symboles delà Table d'or des dauzes nations ^ par Mayer.
ONZIÂHE ÉPOQUE.
tique 86 servait aussi de la verge de Moïse» de la pierre de syphe^ de la toison de Jason , du vase de Pandore, de la table d'émeraude d'Hermès, du fémur d'or de Pythagore; si rien ne réussissait, on recourait au diable barbu, chargé spédalenientde ce genre d'offices.
Quelques alchimistes s'abandonnaient de bonne foiàcedâire d'origine classique (i), qui continua durant des siècles. Le témoignage des autres , des apparences illusoires leur persuadèrent qu'il était possible de trouver cette fameuse poudre de projection (2); ils s'y appliquèrent avec passion, etentreprirent de longs voyages, surtout au Sinaî, au mont Horeb et au mont Athos, dont on croyait les moines possesseurs du grand secret. Plus souvent c'était un appât jeté aux gens crédules , afin de leur soutirer l'or nécessaire pour faire de l'or; puis, lorsque ces habiles mal* très étaient parvenus, par un tour d'adresse, k faire trouver quelques grains d'or au fond du creuset , les hiilleurs de fonds ne leur manquaient pas pour les dépenses nécessaires à des résultats plus abondants. On vit de la sorte de grandes fortunes s'en aller en fumée; aussi Harry définissait l'alchimie : ors sine orfe, cujus principium ut metUiri, médium laborare, finis memU* care (3).
Un alchimiste, passant par Sedan , enseigne généreusement à Henri de Bouillon le secret de faire de l'or ; il en fait même en sa présence, et ne lui demande, pour prix d'un tel service, que vingt mille écus pour se rendre jusqu'à Venise, au congrès général des adeptes. Le prince , certain d'avoir en poche trois cent mille onces d'or et autant de grains de poudre de projectioo,
(1) On sait que Caligula dépensa des sommes considérables pour IroaTcr le secret de faire de Tor; sous DiocléUen, il y eut une espèce de persécalin contre les alchimistes.
(3) Peut-être Pun d'eux, ayant, dans le cours de ses essais, dissoos du boitt et de la crème de tartre avec du sublimé de mercure, et fait évaporer le né* lange sous la superficie d*un yase d'argent, aura trouvé celui-ci doré. U pot donc croire avoir trouvé la pierre philosophale, et se remit à tenter ces oombfnaisoas, dans lesquelles nous voyons en effet revenir constamment , sous les noms étranges d'alors, le borax, le lartre, le mercure, le sel marin. On sait qnecti substances donnent à l'argent une teinte jaune, mais qn*un simple laTafls avec de Tacide nitrique étendu d*eau suffit pour faire disparaître. Du reste, les procédés étaient secrets, vu l'importance qu'il y avait à tenir caché l'art de s'enichtr.
(3) Le premier Tolume de V Histoire de la chimie depuis les temps les pba reculés Jusqu*à notre époque , par Faéo. Hobfbr, contient ranalfw des nnscrits akhhniques de la BiblioUièque impériale de Paris, uneexposition des dictrines cabalisUqnes sur la pierre philosophale, l'histoire de la pbamaaeolQ^» de la métallurgie et des outres sciences et arts qui se rattachent à la clifmif
SGIENGSS OCCULTES.
lui fit présent du double de la somme demandée; mais le fourbe était déjà loin quand le prince reconnut qu'il avait été pris pour dupe. Charles IX donna cent vingt mille livres à Jacob Gauthier^ baron de PlumeroUes^ afin de préparer la transmutation; or^ dès que celui-ci les tint^ il prit la fuite. Henri IV d'Angleterre, se trouvant en grande pénurie d'argent , promit des récompenses à celui qui trouverait le secret de la transmutation ; enfin il annonça cette heureuse découverte y et son intention d'éteindre prochainement les dettes de l'État ; mais cet édit, comme tant d'autres , resta k Tétat de simple promesse. Jacques Gceur^ devenu ministre de Charles VH^ avait acquis de grandes richesses^ que l'on attribuait à Palcbimie. Au seiâème siècle , lorsque Jean Augurello présenta k Léon X un poëme sur Tart de faire de l'or (Chrysopée)9\e pontife lui donna pour tout cadeau une bourse vide^ afin qu'il pût la remplir; mais l'empereur Rodolphe II dépensa des trésors dans ces expériences , et^ quand il mourut, on trouva dans son laboratoire dix-sept barils d'or très-pur^ destinés à être consumés en essais. On vit un de ses successeurs briser nombre de diamants , dans la persuasion où il était de pouvoir^ au moyen de la fusion^ en former un très-gros; chose qui paraîtra moins déraisonnable, aujourd'hui que les andennes recherches des alchimistes se sont converties en essais afin de parvenir à solidifier le carbone pur en diamant.
Parmi les alchimistes les plus renommés , on cite Basile Va- isti-isik lentin , sous le nom duquel on a mis des actions et des écrits de personnages différents (1) et d'époque incertaine entre le douzième et le treizième siècle.
Arnaud de Villeneuve s'écartait de l'esprit religieux de ses contemporains , jusqu'à dire que les œuvres de charité et les bienfaits de la médecine sont plus agréables à Dieu que le sacrifice de l'autel ; il fit faire des progrès à l'art de distiller, et en démontra l'importance. On lui doit la découverte de l'essence de térébenthine, et peut-être trouverait-on encore autre chose dans ses livres si le ^ jai^on en était plus intelligible*
Il inspira l'amour de la science à Raymon Luile, dont nous avons parlé précédemment , et qui fit des expériences dans les-
(i)De tnierocosmo, deque magno mundi mpsUrio et medMna hominis, — Mani/esta%ione degli arUfizi délie tinlure essemUUi dei sette metalli^ e délie loro virlû medidnali. — Trattato chlmico-JUasofico délie proprielà naiuraU e toprannaturaii de* melalU e de* minerali, — Haliographia, délia preparatione t u$i e virtà di tulV i ioli animali^ minerali, vegetali, — PraHka con dodici cMavi délia JlUncfia, etc., etc.
554 ONZIÉMIQ JSFÛOUE*
quelleii, s'il est difficile aujourd'hui d'en pénétrer le sens , od petit au moias sôupQonD^r quelques idées générales. La quiot«&seoce, espèce de principe subtil sans mélange , archétype presque du corps dont elle contient les vertu$ dans son intensité absolue, était l'objet de toutes les recherches scientifiques. Raymond Lulle s'efforça donc de trouver la quinte«senqe ontologique non seul^ mentdes minéraux, mais encore des végétaux: travail qui, jusqu'à un certain point , se rapproche de celui auquel se livre aujourd'hui La chimie thérapeutique , en recherchant les esseDces, les sels du quinquina i de l'opium, comme l'archétype où sont contenues leurs propriétés les plus efficaces. Raymond Lulle enseigne en outre qi^ la forme est la qualité la plus essentielle de la matière 4 et qu'elle influe sur la composition chimique ^ de même que, dans l'opinion deçi physiologistes modernes, l'élément de la forme a plus d'importance que celui de la composition.
Nous reviendrons ailleurs, ^vec plus d'élepdue^^ sur ces égarements de la raison humaine, héritage de l'antiquité. Après ub temps d'arrêt durant les plus beau^ siècles du christianisme, ils se renouvelèrent au temps qu'on a appelé l'époque de l'énoancipation delà pensée^ de la Uberté du jugement, au siècle de la riforme ^nfin ; qe secontent^n^ pas du théâtre restreint des écoles, b influèrent d'une mf^Pière déplorable sur la société. Mais notre siècle n'a-t-il pas aussi ses sciences occultes? n'enfanle-t-il tous les jours des livres et des systèmes? Il est vrai que la phOosophie nous a enseigné à vérifier les faits av^nt de scruter lescan* ses j ^ multiplier et à varier les expériences , et à croire qu'il y a, dans le règne intellectuel non moins que dans le règne physique, des mystères que l'homme s'obstine en vain à pier où à vouloir expliquer; tQutefois il n'est janiais superflu de montrer à ta raison ses erreurs , apn qu'elle en conçoive cette humilité qui sei4e peul la retenir dans le droit chemin .
D est sans doute à déplprer que l'intelligence humaine se soit abandonnée à un pareil délire (i) ; mais il n'en faut pas moins remarquer que les sciences occultes devaient aussi avoir leur woaaA de règne dans Tâge de l'imagination , et pousser par elle tes esprits à une activité dont la simple raison n'aurait pas été capable.
(1) Ceux qui seraient ciirieax de se procurer d'amples reoseignemeats sur cei* inaUère peiiTent consulter un recueil périodique aUemand uDiquemeot ooaacit à la magie, et dirigé par le conseiller ecclésiastique du duc de Hoase, G. rad Horsl : Zanber-bibliotheh oder von Zauberei^ Theurgie^ uné Mantit, Zaubereren, Hexen und Hexen-pracessen , Dxmonen, Ge$penUrn 10^ GeUterersheinungen, Municb, 1829.
SGISKGICS QCaiULT£S.
ûqel|e$ longues veilles ne dev^iit pt^s consacrer à Tétude ces homiQds énergiques j lorsqu'ils se croyaient à rinstant de découvrir le remède uniVei^el ou la pierre philosopbalel 14» réputation de devins et de noagiciens qui pèse sur les alchimistes empêche aujourd'hui d'apprécier leur n^érite , et Ton abandonne aux alm^nachs des noms di^es peut-être de fi^rer h la tête des encyclopédies; en effet, c'^t 4e leurs essais qu'est née la chimie , science d£8tiQée peut-être à servir de point de départ , de centre et de lien à toutes les autres (1). Ce fut seulement aprN Raymond Lulle que des friponç firent de l'alchimie uu instrument de fourberies , ce qui la fit abandonner par les hommes de mérite; depuis Lulle jusqu'à Beruard de Palissy , elle ne fit auçun progrès.
Lulle avait déposé dans son Ars magna les germes d'une classification encyclppédicjue. Arnaud de Villeneuve trouva, en s'occupant d'alchimie, les acides sqlfurique, muriatique et nitrique; il fit aussi les premiers essais de distillation, qui nous donnèrent ensuit^ l'alcool. Albert le Grand reçut Tempereur au milieu d'arhres couverts de leurs fruits au cœur de l'hiver, ce qui indique des procédés utiles à l'agriculture; il dut même avoir beaucoup médité sur les lois mécaniques pour construire son androtde (2]> bien qu'il l'appliquât à un but imaginaire. Paracelse, tout en délirant^ donna une nouvelle impulsion à la médecine , et introduisit l'usage des préparations antimoniales, salines, ferrugineuses. Brandt, en se livr^int à des recherches du même genre, trouva le phosphore, comipe aussi Rodolphe Glauber le sulfate de soude, qui porta son nom [sel de Glauber). Michel Scot traça les premières lignes de la phrénologie (3), science à laquelle notre époque
(1) Les iBaYres de ces prenMers chimistes se (rouTeat 4aas 1» Bibliothèque chimique curieuse de Mancet.
(2) C'était un automate qui se mouvait et prononçait quelques mots. Les contemporains, exagérant un fait possible, dirent qu'il ayalt, à fprce d'observations célestes et d'influences surnatu relies, fabriqué un liomme de chair et d'os, qui répondait des oracles et babillait tant que saint Thomas le brisa pour le délivrer decetemraS.
(3) Caput magnum et bene'rotundum ex omni parte iignijicat hominem seereium, sagacem in agendis, ingeniasum, magnm imaginationis^ laboriosum, stahilem et legalem. Cujus caput est longum significat hominem fatuumf malitiasum, vel valde simplicem, vanum, cito credentem, nocigermimm, ae etiam invidum, Cujus caput est grossum^ habens latam /aciem, Hgnifieat hominem suspidosum, valde animosum , cupidum pulchrorum, grossi nuirimenti et non bene verecundum. Cujus caput est parvum siçnUteat hominem valde debilem, insipientem^ pauci cibi , doclrinalem et non hene/ortunatum. M. Scon libellus de secretis naturx; Amsterdam,
ONZliME ÉPOQUE.
n'a pas encore su assigner un rang entre Tenthou^asme de ses prosélytes et le mépris de ses détracteurs y qui souvent blasphèment pour se dispenser d'examiner. C'est peut-être à un moine occupé de vaines recherches que le hasard révéla la poudre détonante. On trouve indiqués , dans les ouvrages de Basile ValeDtîo^ une foule de préparations d'antimoine et Talcali volatil ou sel ammoniac^ ainsi que de nouveaux procédés pour obtenir le bismuth, le foie de soufre^ le sucre de saturne^ l'acide nitrique^ l'acide sulfurique^ Teau régale, le tartre vitriolé. Cardan lui-même, au milieu des égarements de la cabale , rencontra la formule qui t gardé son nom, ou du moins il aperçut des propriétés nouvelles dans les nombres^ comme le cas irréductible ; il indiqua la multiplicité des équations^ le degré supérieur, Texistence des radoes négatives^ et il essaya d'appliquer la géométrie à la physique. Ce fut aussi aux astrologues que l'on dut cette coDunodité précieuse des almanachs , dont on n'a pas encore éliminé certaines intrusions qui en révèlent l'origine > comme les prédictions sur le temps, et, en certains pays, à Rome^ par exemple^ les numéros de la loterie (1).
Mais le savant de ce temps qui mérite le plus haut renom , pour avoir proclamé la nécessité de l'expérience^ c'est celui dont nous avons déjà cité le nom avec éloge , Roger Bacon. Ce mome, origin^iire du comté de Sommerset en Angleterre , montra que l'explication des phénomènes devait être demandée simplement à l'observation et à l'expérience^ et qu'il fallait donner pour bases à la philosophie les mathématiques et l'étude des langues.
Il contribua à opérer cette réforme par la pratique > et acquit ainsi tant de connaissances qu'elles le firent regarder comme magicien. Ses livres lui attirèrent des persécutions inévitables; mais
(1) On dit que dès le troisième siècle un Breton pablitit, chaque année, «a peàt Uvre sur le cours du soleil et de la lune, liTret qui, dans la langue dn pays, était inUtulé Dragonon al Monaeh Guinelan, et, par abréviation. Al MimadL Il est plus yraiseoiblable que ce nom est dérivé de Tarabe, non pas probablement é'Àl'Mienachf le comput, mais plutôt d'Àl'Menha^ le cadeau, parce quece ea« leodrier se donnait au commencement de Tannée. Du reste, les Anbes Tappelaisat Takuin. Les premiers almanaç^s européens que Ton connaisse avec ceriitnde sont ceux que Samuel larcUus publiait à la moitié du douiième siècle, pals ceax de Purbacb, postérieurement à 1450. Ils se multiplièrent ensuite quand Repa* montanus (Jean Muller de Koenigsberg ) eut imprimé le premier après Pan l47i. Ces almanachs ne contenaient que les éclipses et les positions des plaaèlei, et se vendaient dix couronnes d'or. En 1589, le roi de France Henri II! défendit de faire, dans les aUnanachs, des prédictions directes ou indirectes sur les a^ms d'Etat, de même que sur les particuliers.
lOOn BACON.
il acquit promptement une grande renommée, et à peine Qémmi IV fut-il pape qu'il lui demanda une copie de ses ouvrages : c'est le recueil qui nous a été conservé sous le titre de Opus majus. Dans ce livre , il proclame pour première cause de l'ignorance humaine, l'autorité , ou, si l'on aime mieux, le préjugé de l'autorité, qui fait croire à tout ce qu'ont dit les anciens. Il poursuit en démontrant que toutes les sciences se donnent la main, et qu'aucune d'elles n'est parfaite , voulant ainsi rattacher la théologie aux autres sciences, dont plusieurs prétendaient la séparer. Clément mourut promptement , et les doctrines de Bacon , qui contenaient des nouveautés suspectes, déplurent aux moines et aux prélats, et lai valurent un long emprisonnement.
Notre époque doit le considérer comme le véritable fondateur de la méthode expérimentale , sur la nécessité de laquelle il ne cesse d'insister (i). En l'appliquant à l'optique, il signala des phénomènes encore inobservés sur la structure de l'œil (3); sur la cause qui fait scintiller les étoiles, et non les planètes (3) ; sur l'agrandi^ment produit par la lentille (4), grâce à laquelle il devina qu'on pourrait construire des lunettes qui feraient paraître un enfant grand comme un géant, et rapprochendent les étoiles (5); sur les phénomènes de l'arc-en-ciel , des halos, des zones colorées autour du soleil, des nuances diverses dont se teignent les nuages, du passage des rayons du soleil à travers le cristal, de l'ordre des couleurs produites sur les surfaces striées (6) . U n'ignora pas non plus la détonation produite par un mélange où entre le nitrate de potasse; il connut doncla poudre à canon centcinquante ans avant la prétendue invention de Sch wartz ; néanmoins il ne s'en
(1) Seienlia expertmentalis , a vulgo siudeniium penihu negleeta; duo tamen tmnt modi cognotcendi^ icUicet per argumentwn et experientianié Sin9 experieniia lUhU ti^flUientur tciri poiesi. àrfitmentwn concludH,sed non cerUfieat neque removet dubitaiionem , ut quiescai animus in intuitu veritatîs , nisi eam inveniat via experientix. Opus majus, p. VI, c. I.
(3) p. aai.
(4) p. tb2,
(5) p. 357. Pe vitione fracta majora sunt, Nam de facili patet, per canwes supradictos , quod maxima possunt apparere minima, et e contra; et tonge éHstantia videbuntur propinquissime, et e conversa. Nam possumus tic /igurare perspicua, et taliter ea ordinare respectu natri vinu et rerum^ guod frangenlwr radH, et fiectenttar quortuscumque voluerimus, et ut, sub quocumque ançulo votuerimus, videHmus rem prope vel longe. Et sic ex incrediMii diêtantia legeremui Uteras minutissimaSf etpulveres ae arenas numeraremus,
OîfttÈÈA IM^E.
attribue psié là déôonvme. PetMîfe It ewMMMicé M en vitit-efle pàr les Atdbes, et H en donne la teceltfi efiéiii^e(lh mais il dit clatretnent : v Si , en prenant gros comme le ponce & <t cette substance^ on produit pka de clarté et de fracas qne h « poudre , que serait-ce si oû savtdt remployer eit (}uaBtité et t matière convenable (î)? *
Baeoti sacrifie au goftt du temps loi^qne , dttns son Optu Md^, il se tante à Clément lY de poutoff ensei^(ner en six tAôis^ à m homme de botme Volonté èt d'une aptitude suffisanté, ce qni hi a coûté quarante ans d^étude : Pafabe en trois joui^; le gre6 dm le même espace de temps; en une semmne la géométrie^ et en deux l'arithmétique. Mais, quand ils crutela puissance de la natnre et la nullité de la magie ^ il signale tes progrès possibles de Tindostrie èn dâ termes qui devancentjes dèconrertes modernes : c Jln- « diqueraiy dii-il> quelques merveiKes de la nature ou derart,alin t que l'on voie combietl elles Femportetit sur les inventions deb et magie. On peut construire pour la navigation des machines telles a que les plus grands vaisseaut^ gouvernés par un seul bonne , a parcourent les fleutes et les mers avec plus dé rapidité que sUs « étaient remplis de rameuts; il est encore po^bte de iUre des a chars qui^ sans le secours d^aucun attelage^ courrotit acvee une a vitesse incommensurable. On peut créer un appareil au moyen Cl duquel un homme assis , en faisftht mouvoir avec nU levier ee^ <t laines ailes artificielles, voyftge^ait dans l'air comme an oittffii. « Un instrument lohg de trois doigts et d^nne égale la^ur sofB- <t rait pour soulever des poids énormes à toutes leH haotenn a possibles. Au moyen d'un autre inst^tnent , Une seule naiB a pourrait attirer à soi des poids considérables, malgré la résis- € tance de mille bras* On imagine aussi des appareils pour cbeff miner, sans péril, au fond de la mer et des fleuves.... Dm a choses semblables se sont vues, soK chet les anciens, soit de et nos jours , excepté le mécanisme pour voler, découvei*t par un et sage qui m'est oien connu. On peut encore inventer beùicoop a d'autres choses , cqmme des ponts qui traversent les fleuves les
(1) Sed tamen BoUspetrx ujw voro GàH cLaiev itUpkmUt ^ étf9àn tonitrum et eoruscationem, si sdot «rfijidifm. hm mots ea lettres wi»cules signiflent carbonlum pulvere,
(2) Sorti velut tonitrus et coruscaiiones pouuntfieri iti oere, «mm Majore horrore quam illa ^wb fiunt per naturam ; nom modicm nuOerim «rfiftata^ scilicet ad ^udntiiBtwm nnim poHieU, $Mum faeit koriMim,ii e»" ruscationem ostendit vehementem. Mira sunt hxe ti guis nUrei uH êâ plénum in débita quantitateet materia.
BÛOER BACON.
tf plus larges, stité piles ni dppois ititermédîaifes. Mois, parmi t toiHâl ôès fnei^tles , led jen^ de la Itinrière mérUm une attenff titm partienlière. Nous poovot» côtnbitM dev verres transpaf renfs et des miroirs de telle manière que fanité semble se é multiplier^ et qu'un seul homitle semfele mie armée; qu'il apf paraisse autant de luties et de soleils qiie fén toudrtt , puisque a les vapeurs répandbes d«ns Ptif se (fisposent quelqttéfeîs de façon 4 à doubler et m^e t tripier^ par une réfle&ioti Mnrre de la « Itimièrë^ te disque de ces astres. On pourrait tthisl^ par des ap- 8 paHtîonssotidàines^ jeter l'épouvante daf»fme ville où dans une É ahnéë. Cet ttrtiflce semblera plus faeile si l'ôn eùmiSèhi qu'on « peut construire uti système de verres tlmspai^ts qui rappro- « chent de Fœil les objets ékngnés, en écartent les objets plus c voisins , ou les montrent de quelque cOté que Ton veuille. Ainsi t on Hfa d'ane grande distance des caractères trës-fibs^ et Pon t cmnptera des choses f ttiperceplibles , eomme on dH que César, « dn hatlt des cAtes de la QMie, voyait, à VtMë dimmenses « miroirs, plusieurs villes de là Grande-Bretagne. On pourrait^ « par des moyens analogues , grossir, rapetisser ou renverser les «r formes des corps^ et abuser ainsi les regards par des illusions t inftties. Les ttiyons soMiles, adroitement conduits et réunis en € faisceaux par l'effet de la réfraction , peuvent enflammer à une « certaine distance les objets soumis à leur activité (1). d
Ce ne sont là que des lueisrs, sans doute ^ mais elles montrent que dès lors on observait , on réfléchissait , on expérimentait. C^est beaucoup certainement que de trouver, ail treiilètlie siècle , un moine méditant sur ces découvertes dont se moquèrent Ninorl, Tartarotti, Napoléon, et qui changent aujourd'hui l'aspect du commerce et celui des royaumes. U n^«st pas jusqu'aux phénomènes de l'affinité i aujourd'hui l'objet de toute l'attention des chimistes , qui n'aient frappé les regards de Bacon ; car il reconnut dans tes métaux l'attraction de l'aimant pour le fer, puis celle des acides pour leurs bases , et enfin des (^tes entre elles* Aussi s'éérîe-t-ll que WBlui qtii a observé ces merveilles ne doit trouver rien d'incroyable dans les œuvres de la nature, ni d&ns celles de rbonune (2]. Qui sait même ce qu'on ne pourrait pas découvrir
{l) DesËcretik operUm artis et naturse et nullitate mngi», cap. I, 8.
(?) Dé atio vero generë snnt mulia tniranda, ^ux, licet in mundo , sensiBiiem nHMatem non httèeant, habent taftteH speetacutnm inetfabile sa^ pê^niUtj et posfunt âpptiettri ad probatkmeni omnium occultortm , qnihus vulçus inexpertuHn contttOtMt ; et Mitt/ èimHkt nttraenoni per magnetem,
am guis crederethvjusmodi attractUmi, niêi vident? Et mnm miraiula
ONZI&ICK É^US.
dans ses écrits si, à l'époque de la réforme religieuse, les novateurs n'eussent pas cru les progrès de la liberté intéreasés à la destruction de ses manuscrits , parce qu'il était moine? mais combien ne doit-on pas s'étonner plus encore lorsqu'on voit ce premier Bacon devancer de si loin le Bacon du seizième siècle ea combattant l'autorité, Vipse dixU du maître, et recommander sans cesse l'examen, l'observation, l'expérience (2) 1
Il l'emporte même en un point sur Bacon de Vérulam, et c'est par sa croyance au progrès continu de l'espèce humaine, n exprime formellement sa pensée k cet égard : « Arbtote et ses contemporains durent ignorer, dit-il, une foule de vérités physiques et de propriétés naturelles ; aujourd'hui même les savants ignorât beaucoup de choses que les moindres écoliers sauront un jour (i). Ceux qui viennent après les autres ont toujours ajouté aux oeuvres de leurs devanciers , et redressé beaucoup d'erreurs ; il ne faut donc pas s'en tenir k tout ce que nous entendons ou liscms , mais examiner les ofmiions des anciens pour lyouter là où ils ont fuUi,
naiwrm tunt in hae/èrri attractUme, qum non iàlMntwr a vulgo^ giaU e»> pêrientia doeet sollicitum. Sed plura sunt fuec et m^fora. liam iMttler per lapidera M auri attractio, et argentit et omnium metallonm. Idem lapis currit ad acetum, et plantx ad invicem, et partes animalhm,dMus, localUer^ naturaiiter coneurrunt.Stpostea quam h%jusmodi perspexi^ wM mihi difficile est ad eredendum^ quando bene considéra^ nec in ditims, sictf / née in hwnanis.
(1) A la 0D do second volome de VExamen critique de F Histoire de Ugésgraphie du nouveau continent pir Alex, de Humboldt, on trouve une êmaet^ lion sur Roger Baeoo, où sont mit au Jour tous ses mérites, notammeit ea ce qui concerne l'optique ; on y prouve quil n'est redevable de ses déeouverteiiï à Ptoléméeni à Al-Haien» mais à ses propres obsenrationt.
Voltaire s'exprime ainsi dans le Dictionnaire phiiosophique : « Roger Bioaa fut persécuté et condamné dans Rome à la prison par des ignorants. Ceit so grand préjugé en sa faveur, Je l'avoue ; mais n'arrive- t-il pas tous les Joon ^ des charlatans condamnent gravement d'autres charlatans, et que des fom foal payer l'amende à d'antres fous?... Parmi les choses qui le rendirent iimwiwa dable, il fiiut premièrement compter sa prison, ensuite la noble hanUesie aiee laqudle il dit que tous les livres d'Aristote n'étaient bons qn'à brûler, et ok dans un temps où les scolasfiques respectaient Aristote beaucoup i^us q« bi jansénistes ne respectent saint Augustin. . . Roger Bacon ne parle en aocon droit de la poudre à canon. Cependant, malgré ce nombre effiroyable d'absofitti et de chimères, il faut avouer qoe ce Bacon était un homme adnirable pour fia siècle. Quel siècle? me dires-vous. C'était celui du gouTememeot féodal et du seolastiqucs. Figures- vous les Samoyèdes et les Ostiaques qui auraient ta Aris* tote et Avicenne : voilà ce que nous étions... Transportai ce Bacon m où nous viTons, il serait sansdoote un très-grand bomme, etc.»
(S) De secniis operilmSf etc. eh. 7.
MÀÎHÊiATIOOJSS.
corriger bù ils ont erré, et cela toujours avec modeetie et indnlgoDce (i). »
Les véritables mathématiques ne manquèrent pas d'être culti* lutiiéaavées avec ardeur dans les siècles dont nous parions. Bacon les déclarait rinstrûment le plus puissant pour pénétrer dans les sciences^ la science qui précède toutes les autres et nous dispose à les comprendre* Saint Thomas les possédait à fond^ et Ton sait qu'il écrivit sur les aqtieducs et les machines hydrauliques. Le Novarais Campano^ qui vivait postérieurement à Pannée 1200, commenta Euclide, (2) et étudia la théorie des planètes et la quadrature du cerde. Hiklebert du îAàm , poète d'un grand renom à cette époque, composa un poème en quinze chants^ intitulé le Mc^hématicim, poui^ tourner en ridicule l'astronomie et les astronomes.
Léonard Fibonacci, de Pise^ passe pour avoir, en i202, enseigné ou plutôt propagé l'usage des chiffres arabes^ qu'il appelle nombre indiens , et dont il indique la valeur relative ou de position. Employé à la douane de Bougie, en Barbarie, il recueillit tout ce que Ton savait d'arithmétique en Égypte, en Grèce, en Syrie, en Sicile » et il en composa un traité (3). Zéro^ selon ]ui^ dérive du
(1) Smper posteriores addiderunt ad opéra priorum, et multa correxefunt. Puis il établit cette règle : Quoniam igitur hxc itaiehabent, non aportet nos adherere omnihtu qum audimus et legimus, sed examinare debemus distinctisêime sententicu moiorum^ ut addamm gux ei$ d^fueruntf et c(nngamus qux errata sunt^ cum omni tatnen modestia et exctuatione. Opas Majos, c. 7.
(3) C*e8t à tort qu'on loi attribue aussi la traduction; elle est d'Adélard le Gotb,de Bath.
(3) ImeipU liber Àbaci^ compositus a Le(mardoJlUo\Bonacci Piumo, in anno J202.
Cum genitor meus a patria publicut scriba in duana Bugea pro Pisanis mercatoribuê ad eam coî^uentibus eonstitutut prdBessetf me in pueriiia mea ad se venire faeiens^ inspecta uiiUtate etconmoditate/utura^ ibi me studio Abaei per ali^t dies ita esse voluU et doceri, Ubi ex mirabiU magestario in arte, per novem figuras Indorum introductus , sdentia artis in tantum mijii prss cxleris placuit, et intellexi ad iUam^ quod quidquid stuàebatur ex ea apud JEgyptum , Syriam^ Grssciam SiciUam et Provindam, cum suis variis modiis, ad qum loca negotiationis, cama prius ea peragravi^ per muUum studium et disputationis didici confiictum. Sed hoc totum etiam et algorithmum atque Pythagorx^ quasi errorem computavi, respectu modi Indorum. Quareampleetens stricOus ipsum modum Indorum, et attentius studens in eo, ex pnprio sensu quœdam addms^ et qusedam etiam ex subtilitatibus Suclidis geometrix artis apponens, summam àti^us libri, quam intelligibihus potui^ in quindedm capitulis distinctam componere laboravi, /ère omnia qu» inseruA certa probatione ostendens, ut ex causa perfecta prse cxteris modo hanc scientiam appetenies instruantur^ et gens latina de cxtero^ sicut hactenus^ absque illa minime inveniatur. Si
HIST. UMIY. — T. X. 36
premier^ parmi les chrétiens , écrit sur l'algèbre , el la^
^ j(f /br/e minus, aut plus justo vel necessario ii^termisi , nUM deprecm' Ènéulj/eaiurf £um neme sU qui viHo earéat, et in àmnibut ttndique lél cir-
^î^^^tlM^^^ ^f^^^if ^fl^lM^P^ ^i^M^^i 9^^$4fi§ SffÊl^ffM p^ài^f^r
phfit ui librum dê numéro, qum dudum i^iompofui^ no^it ^m»cr#^i[m, unde vestras obsecundans postulationi , ipsum subtjliori per^cruians indagine, ad vesimm honorent et aliorum multorum uiHUatem eorrexi. H ciijfMi em'eeiiBHt qumdëm nece^iwria adâkéi, U qwôdam smpetfJbM ntê'
quem modum id ip^Q saie^Uéa pr^9t(^n(*orm ^Ut^i- B4 gifla arilkmetka H geometriûp scieniia sunt connexx et svjfraçatçrm sibi ad $rwicem , wm potest de mmero ptena tradidoctrina, nisi intersecantur çeametriea qUM' dam ^ Md qeomêtfiam speoiémtia, qum hiô <a«|M Ju^ifta modmi nw/uri op0rwU$tr, qui mo^ta m4 mmUUki exmum$ pnMimibm H émmint tum^ qeomctr^JiHnt- Venm m akU) librp çnm dfjfroëa
geometria' composui, ea qux ad geometriam perfineni et alia plura eopéom explicavi singuta figuris et probationibiu geometricis demonstranio. Stme hie Ubm*, mtUfit quam «d tk^prieam, ipecM e4 prétieam, Unde qwi per eum hujus scientUe praticam bene icire voluerini, oportet «os eoii<iiitfo usu et exercHio diutvmo in (jus praticis perstudere, quod scienUa per pnticam versa in habitum, memoria et intellectus adeo concordent cum «mnibus et signis, ^uod quasi uno impulsu et cuîhelitu in uno et eodem stâMii, circa idem per omnia naturaliter consonent, et tune cum fuerit dUciputus latitudinemconsecutus, gradatim poterit ad perfectionem hujus /aeUe pervenire. Et ut faeilior pateret doctrina, hune librum per XVdistinxi capitula. Unde quidquid de his lector voluerit possit levius invenire, Porro à in hoc opère reperitur insufftcientia vel defectus, Ulud emendationi vesirx subjicio,
Void quels sont tes Mjets des diapitres :
I. De cognitione noveni figurarum Indorum, et qualiter cum eisemMis numerus ser^aiur, et qui numeri et qualiter retineri debeflnt in manihs, et de ffUrodueUêne Àbaei,
De multipticatianeintegrorumnumerorum, * 8. BeaddUiene ipsorum ad invieem.
4. De ejUraotieneminorum numerorum est majoribus. h. De éiviêiûne integromm numerorum per integros. e. De muUiplietaioneintegrêrumkumerorum cum rupds, atque rrtptt fmm sine semis.
7. De additime et extractione et divisione numer&rum inteçrormn am rupis, atque partium numerorum in singulis pattibus redwtione.