ROYAUMES D*1SRAEL ET DE JUDA
glément aux conseils maternels et fidèle à l'exemple de son père, Ochozias fut enveloppé dans les iniquités comme dans le châtiment de la famille d*Âchab; car Jéhu le tua le même jour que Joram, roi dlsrael.
Athalie alors , par l'extermination de la maison royale , se fraya la route au tr6ne et affermit le culte des faux dieux. Mais Joas, fils d*Ochozias, avait échappé au massacre ; élevé en secret par les prêtres, il fut, au bout de sept ans, porté par eux sur le trône , et Athalie mise à mort. Le grand prêtre Jo!ada, sauveur de Joas, gouverna TÉtat pendant une partie de son règne, renouvelant la constitution entre le roi, le peuple et Dieu, renversant les idoles et rendant au temple sa splendeur. A sa mort, Joas prévariqua et fit lapider Zacharie, fils du pontife, qui le menaçait de la colère du Seigneur. Et le Seigneur fit marcher contre Juda et Jérusalem Hazaêl , roi de Syrie, qui leur imposa un tribut.
Joas ayant été tué par ses officiers, Amazias défit les Iduméens, mais rendit un culte aux idoles des vaincus ; il en fut puni par Joas , roi dlsraêl, qui saccagea Jérusalem et le fit prisonnier.
Ozias ou Azarias lui succéda, et voulut usurper les fonctions sacerdotales en offrant Tencens ; usurpation dont il fut puni par la lèpre. Joatham agit selon le Seigneur, et fit la guerre contre Damas. Afin de s'opposer à Talliance d'Israël avec cô royaume, son successeur Achaz appela Téglath-Phalasar, roi d'Assyrie, qui détruisit le royaume de Damas : triste secours acheté par la ruine de ses voisins et par Tor du temple I Opiniâtre, insupportable aux hommes, odieux au Seigneur, il ressuscita le culte de Baal et de Moloch, auquel il consacra son fils en le faisant passer par le feu; il introduisit de plus des innovations dans les rites de Jérusalem.
Ézéchias répara les désordres paternels ; il rouvrit le temple, rétablit les sacrifices, purifia la maison do Dieu, et invita à prendre part aux solennités les Israélites échappés à la servitude de Salmanasar. Sans lui fleurirent Isaïe, Osée, Amos^ avec lesquels commença une nouvelle série de prophètes qui ne fut plus interrompue durant trois cents ans. Ils lui inspirèrent du courage, quand Jérusalem fut assaillie par Sennachérib, roi d'Assyrie, dont l'armée fut détruite par la peste. Ce roi; de retour dans son pays, se vengea de la honte qu'il avait subie, en faisant égorger grand nombre des Hébreux qui s'y trouvaient esclaves. Ce fut alors que Tobie
AUiaUe.
Joas.
AmazUt.
Oxi&s.
Joatham.
Achaz.
Ézéchiaa.
DEUXIÈME ÉPOQUE
Amon.
JosiM.
Joachax.
Joachim.
GtO.
JéchonlM.
exerça sa charité en donnant des consolations aux vivants et la sépulture aux morts. Dieu Ten récompensa par la meilleure des bénédictions, un bon fils et une belle-fille digne de ce fils.
Bien différent d'Ézéchias, Manassès propagea le culte phénicien, et plaça une idole dans le temple de Jéhovah : profanation qu'il pleura lorsqu'il fut traîné en esclavage par les Assyriens. Durant sa captivité, Judith délivra Béthulie en tuant Holopherne , général babylonien , qui l'assiégeait. Lors de son retour à Jérusalem, Manassès, corrigé par l'infortune, rétablit le culte véritable, bien qu'il n'interdît pas aux Juifs d'ofi'rir des sacrifices sur les collines. Amon, son fils et son successeur, l'imita dans ses égarements , non dans son repentir, et périt bientôt de mort violente.
Josias s,'occupa d'effacer les traces de tant d'impiétés, préjudiciables à l'existence nationale ; car l'Ëuphrate et le Nil menaçaient d'absorber Israël. Pendant qu'on reconstruisait le temple, on trouva un exemplaire des lois de Moïse échappé à la destruction ordonnée par Manassès. Le roi, comme il en entendait la lecture, se mit à pleurer sur les énormes violations des préceptes du Seigneur, et entreprit de les faire exécuter rigoureusement. Temples, bosquets, hauts lieux dédiés aux dieux étrangers, furent détruits par ses ordres, et l'on célébra la pâque avec une solennité telle qu'il n'y en avait pas eu d'exemple depuis Samuel (1). De son temps, Nabuchodonosor, roi des Chaldéens, et Cyaxare, roi des Mèdes, s'emparèrent de Ninive; alors Néchao, roi d'Égypte, afin de s'opposer à leurs progrès , s'avança vers l'Ëuphrate avec une puissante armée, en traversant la Palestine. Josias voulut lui défendre le passage ; mais il périt dans le combat. Joachaz, son fils, fut dépossédé par Néchao, qui, au lieu d'avoir les Hébreux pour amis et de les secourir contre les Babyloniens, mit le frère du vaincu, Joachim, sur le trône, comme prince tributaire; mais, quand la bataille de Gircesium eut dépouillé Néchao de ses conquêtes en Asie, Joachim devint tributaire de Nabuchodonosor. Plus malheureux que lui, son fils Joachim, ou Jéchonias, ayant refusé le tribut, fut, après trois mois de règne , transporté par Nabuchodonosor au centre de l'Asie, avec la majeure partie de sa nation (2).
(1) Dans les particularités de cette réforme, on aperçoit rintroduction da culte assyrien, avec les bois et les cellules de prostitution, les feux et les sépulcres sur les hauteurs, avec le culte des étoiles et des sphères.
(2) Quelques écrivains ont pensé que les Géorgiens sont issus de cette
ROYAUMES d'iSRAEL ET DE JUDA.
Sédécias, fils de Josias, lui fut substitué par le roi chai- séd^^a». déen ; mais ce roi de Juda s'étant allié avec TÉgypte pour recouvrer son indépendance, Nabuchodonosor revint pour la troisième fois, prit et détruisit Jérusalem, fit arracher les yeux à Sédécias , après que ses fils eurent été massacrés en sa présence, et Temmena à Babylone avec le reste de sa nation, emportant les dépouilles et les vases sacrés du temple. s«rTiiud*
Tous ses malheurs avaient été prédits par Isaïe, Michée, Jérémie, Sophonie, Ézéchiel et autres prophètes, lorsqu'ils rappelaient rois et peuples à cette religion qui les avait réunis par le triomphe et la prospérité. Ils ne les écoutèrent pas, et Dieu les frappa. Ils n'avaient plus de patrie; mais une nation ne périt pas par la servitude; ses droits ne se prescrivent pas par la longueur de la tyrannie, et Theure enfin arrive oîi elle se relève. Durant la captivité, les prophètes
émigràtion juive. Il existe parmi les Juifs d'Espagne une tradition qui veut que Nabuchodonosor ait fait transporter dans la péninsule ibérique les principales familles de la tribu de Juda, de laquelle ils prétendent descendre, sans s'être jamais mêlés avec les autres Juifs. Aujourd'hui encore, bien que dispersés en divers États, les Juifs espagnols forment un corps distinct du reste de la nation, avec ses usages propres, ses synagogues distinctes et ses mariages à part. MoIsb de Khorène rapporte ce passage d'Abidëne : « Le puissant Nabuchodonosor alla avec son armée contre les « Veriatri, en triompha par force et en conduisit une partie sur la droite « de TEuxin, où il leur assigna leur demeure. Le pays des Veri est à l'ex- « trémité occidentale de la terre. » (P. 128 de l'édition d'Amsterdam.) Ces Veri ou Viri seraient les Hébreux. Les Arméniens appellent encore Yir les habitants de la Géorgie ou de l'antique Ibérie, que les Grecs nomment Iviria. Les traditions mêmes du pays rapportent que les Curopalates ibériens se croyaient issus de David et de l'épouse d'Uri. Le roi de Géorgie s'intitule Davithian Salomonien, Voir l'introduction à VArt libéral, ou Grammaire géorgienne^ par Brossbt jeune (Paris, 1834).
La Géorgie s'appelait anciennement Ibërie comme l'Espagne ; la tradition aurait-elle confondu une contrée avec l'autre?
Bernard Dova publia, en 1829, une traduction anglaise de l'histoire des Afghans, tiré du persan (History of the Afghans, translated from the per* sian of Neamet- Allah), dans laqueUe il est dit que ceux-ci sont descendants des Israélites captifs de Nabuchodonosor. Selon Nimet- Allah, Nabuchodonosor transporta ses prisonniers dans les pays montagneux de Ghor» Gaznin, Kandahar, Koh-Firuz, et autres, entre le cinquième et le sixième climat. « Là, dit-il, les descendants d'Asif et d'Afghana fixèrent leur de- « meure ; ils multiplièrent, et ne cessèrent jamais de faire la guerre aux « nations infidèles, jusqu'au temps du sultan Mahmoud-Gazni. » D'autres errèrent dans l'Arabie, et, ne pouvant plus visiter le temple de Salomon, ils visitèrent celui qu'éleva Abraham à la Mecque. Ils établirent leur de' meure alentour, et furent désignés par les Arabes sous le nom tantôt d'/«raélites, tantôt de fils cTAfghana,
DEUXIÈME ÉPOQUE
s'appliquèrent à réformer le peuple par les leçons du malheur; les poètes maintenaient vivante Tardeur nationale, et, au lieu de chants d'amour, on entendait les Juifs répéter tristiBment en chœur:
a Près des fleuves de Babylone, nous nous sommes assis « et nous avons pleuré en pensant à toi , 6 Sion ! Au milieu « de la terre d'exil, nous avons suspendu nos cithares aux « saules. Ceux qui nous ont emmenés en esclavage nous dece mandaient de chanter; ceux qui nous faisaient jeter des « cris de douleur exigeaient de nous des chants d'allégresse. « Eh/ chantez-nous, disaient-ils, ks cantiques de Sion, — Com- « ment chanter dans un pays étranger? Si jamais je t'oublie, <( 6 Jérusalem, que ma vie soit oubliée; que ma langue se « sèche si je ne me souviens de toi, si je ne mets pas Jéru- « salem au-dessus de toutes mes joies ! 0 Seigneur, rappelle- « toi les fils d'Édom, qui, dans le deuil de Jérusalem, disaient : « Renversez, renversez jusqu'aux: fondements, — 0 fille de Ba- « bylone, et toi aussi tu seras détruite ! Béni celui qui te « payera le mal que tu nous as fait, qui brisera tes enfants « contre la pierre I » (Ps. cxxxvi.)
Les Babyloniens, cependant, n'avaient pas enlevé tous droits aux Hébreux; ils leur permirent môme d'être leurs propres juges, comme le prouve l'aventure de Suzanne, qui fut conduite devant les anciens de son peuple et absoute par eux. Ils pouvaient aussi acheter des terres et participer aux emplois. Tobie fut pourvoyeur du roi (4), qui le laissa maître d'aller où il voudrait, ce dont profitait cet homme pieux pour secourir ses frères dans le besoin. Sa descendance demeura vertueuse et fidèle à Dieu. Les enfants des principales familles étaient élevés à la cour et instruits dans toutes les Danid. sciences aux frais du trésor royal. Daniel, qui garda l'abstinence au milieu des délices et resta fidèle au milieu de l'idolâtrie, se fit remarquer parmi eux. Aussi Nabuchodonosor en fit-il l'objet particulier de sa faveur; il obtint de lui l'explication de songes inintelligibles à ses mages chaldéens, et le mit à la tête des savants de Babylone. Mais Daniel ne flattait pas pour cela les injustes prétentions de l'orgueil de Nabuchodonosor ; il conservait la foi de ses pères et un vif désir de revoir sa patrie. Se mettant trois fois par jour au balcon
(1) Ainsi, dans le texte grec. Il paraîtrait que le livre de Tobie aurait été d*abord écrit en chaldéen et traduit très anciennement en grec.