‹ Histoire universelleChapitre 32 sur 79 · RBU0ION DE L*INDE · texte numérisé non relu

RBU0ION DE L*INDE

les quatre Yédas , qui seuls jaillissent de Tarbre de vie placé sur la cime d'or du mont Mérou. A ces quatre fleuves de la parole correspondent dans le monde visible les quatre grands fleuves de la terre, Tlndus, le Gange, le Brahmapoutra et le Gomate (1), qui, sur le mont sacré, s'échappent de la bouche des quatre principaux animaux, le chameau, le cerf, le cheval, le bœuf. Le Mérou, soutenu au-dessus de leur source par quatre colonnes d'or, d'argent, d'airain, de fer, dresse dans les airs ses quatre flancs, dont chacun est teint d'une des couleurs distinctives des quatre castes, le blanc pour les Brahmanes, le rouge pour les Kchatrias, le jaune pour les Yalscias, le noir pour les Soudras.

Le Mérou, la montagne sacrée, que nous trouvons chez M«r»a. tous les peuples orientaux, indiquée comme le centre de leur pays et dès lors de toute la terre, était figurée sous la forme d'un grand disque ou d'un carré, entourée d'un océan inconnu, sur les rivages duquel on plaçait des peuples fantastiques, des pygmées, des géants, des palais enchantés, des jardins aux fruits d'or. « Sur la montagne d'or^ disent les poésies <c indiennes, habite le dieu Siva ; là est une plaine avec une « table carrée, ornée de neuf pierres précieuses, et au milieu <( le lotos, qui porte dans son sein le triangle, origine et « source de toutes choses, duquel éclôt le lingam (S) , dieu <c étemel, qui en fit son étemelle demeure. »

Les dieux, voulant inventer le breuvage d'immortalité, renversèrent le Mérou dans la mer, qui en fut bouleversée. Alors Yichnou, sous la forme d'une tortue, souleva le mont sur son dos ; mais les démons l'ayant enlacé dans les replis de l'énorme serpent Yasouki, que les uns prirent par la tête, les autres par la queue, le firent rouler comme une immense baratte dans la mer de lait, et composèrent ainsi l'ambroisie {amarita). Le ciel est une coupole soutenue par des cariatides gigantesques qui président aux douze signes de l'année. Notre terre est appuyée sur quatre ou huit éléphants qui reposent sur ht tortue (3).

(1) St fluvius egrediebatur de loeo voluptatis ad irrigandum paradinm, qui inde dividUur in quatuor capita, etc. Genèse.

(2) Les organes de la génération des deux sexes.

(3) La tortue, dont les Égyptiens firent la lyre ordonnatrice d^Hermès, symbole du Verbe, et les Grecs la lyre de Mercure* et d* Apollon, au son de laquelle les pierres formaient les murs de la cité. Bhaskara-Atcharya, sage qui mait en 1114 de Tère vulgaire, nie que la terre soit soutenue

DEUXIÈME ÉPOQUE

Le cinquième Sastra comprend le Dha9inat ou loi civile, et le sixième le Dkarsana, c*est-à-dire les six grands systèmes philosophiques. A Taide de tous ces livres, nous tâcherons d'indiquer les points culminants de la mythologie indienne.

Brahma, être mystérieux, retiré au fond du ciel, n'a point de temples ; il n*est représenté qu'en or, avec quatre têtes, et il opère extérieurement par le moyen de Vichnou, son Verbe. Il créa \es Manous primitifs, personnification de la civilisation; les sept Richis ou saints; les dix Brahmadicas: les huit Vassous, protecteurs des huit régions du monde ; les dix Saktis ou énergies de Brahma ; les sept Mounis, chefs des sept sphères célestes ; les douze Adityas, dieux solaires, avec les Dévas, bons génies; les Koudras; les cent trente-deux millions de divinités inférieures qui peuplent toute la nature; les Schoubdaras, ou habiles ouvriers; les Râginis, ou notes musicales personnifiées; les Gandarvas, ou musiciens; les six cents millions d'Apsaras, ou sylphes légers, dont les réunions et les chants réjouissent la cour dlndra.

Enorgueilli par d'aussi belles créations, Brahma se réputa régal du Dieu unique ; il voulut usurper une partie du monde, et, s'étant épris de sa sœur Sarrasouati, la poursuivit avec acharnement; Dieu le saisit alors, et le précipita dans le fond du Naraka, ou enfer. « Ne sais-tu pas qu'un de mes titres « est Vengeur de l'orgueil? C'est le seul crime que je ne « pardonne pas. Une voie te reste néanmoins pour obtenir « merci : t'incarner sur la terre et passer par quatre géné^ a rations successives, une à chaque âge. » Pour se réhabiliter, Brahma subit donc quatre incarnations : dans la première, il apparaît sous forme de Kakabousonda , corbeaupoète ; dans la seconde, sous celle du paria Valmiki, vivant mal sur la terre, et attirant dans sa cabane les voyageurs fatigués, qu'il vole et tue durant leur sommeil ; mais il est

par les éléphants et la tortue, parce que, dit-il, si ce monde avait un « appui matériel, celui-ci devrait en avoir un pour le soutenir, et ainsi de « suite. Mais enfin il doit y avoir quelque chose qui se soutienne par sa « propre force : or, comment ne pas attribuer cette force au monde lui- « même, Tune des huit formes visibles de la Divinité? » Il faut surtout faire bien attention à ce qu'il ajoute : u La terre a un pouvoir attractif « qui fait qa*elle attire à soi tout corps pesant qui existe dans Tair : ce « qui explique comment ne tombent pas les corps placés dans la parUe H inférieure ou sur les flancs de la terre. » Voilà Kepler et Newton devancés.

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