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INSTITUTIONS DE L'ÉGYPTE

transportait à Tautre bord, pour faire son entrée dans le palais (1). En sa qualité de descendant des^^dieux, il recevaitjdes dénominations et des honneurs presque divins. Son titre le plus ordinaire était celui de fih du soleil; le muid d'Osiris ornait son front, et sa statue était placée parmi celles des dieux. C'est ce qui fit confondre quelquefois les hommes et les divinités. Les conquérants grecs et romains obtinrent eux-mêmes le titre d'immortels et le culte qui en était la suite.

Mais si le roi était despote par rapport aux classes infimes de la société, il devait avec les castes privilégiées rester dans les termes de la loi. Les prêtres surtout mettaient un frein à son autorité par des prescriptions qui s'étendaient aux actions les plus indifférentes, aux repas, à la distribution du temps. Les seules personnes d'un mérite reconnu devaient composer sa cour. Chaque matin il se rendait au temple, où le grand prêtre lui adressait un discours sur les vertus d'un souverain, lui exposant à quels maux entraînent les vices opposés à ces vertus, et maudissant ceux qui égaraient les rois. Après le sacrifice, on lui lisait des maximes de morale et les faits historiques les plus propres à inspirer les vertus royales. Qui pourrait ne pas louer un tel usage de la religion, enseignant la morale aux princes, et proclamant la vérité dans des lieux où elle pénètre si difficilement?

A la mort du roi, toute affaire cessait; on prenait le deuil pour soixante jours, durant lesquels on se livrait à des actes de satisfactions pieuses ; on s'abstenait de viandes, d'œufs, de fromage, de vin. Puis, comme si les droits de la postérité avaient déjà commencé , le roi défunt était appelé à rendre compte de sa conduite à ceux qui avaient cessé de le craindre, j^^^^^. Voilà ces jugements des morts dont parlent tant les anciens, et ^«^ dans lesquels princes et magistrats étaient l'objet d'une enquête avant d'obtenir la sépulture. Un lac sépare la terre des vivants du dernier séjour des morts ; un héraut intime au cadavre arrêté sur le rivage l'ordre de rendre compte de l'usage qu'il a fait de la vie. La frayeur, l'intérêt, l'envie, se taisent désormais, et devant les quarante juges apparaissent des vices ou des vertus ignorées jusqu'alors. A-t-il fidèlement accompli les devoirs de son rang, il obtient les honneurs funèbres; sinon, ils lui sont refùsés. C'était ainsi que les

(i) C*e8t ce que dit Tévéque Synésius, témoin tardif sans doute, mais qui n^avait, à ce qu*ii semble, aucun motif pour mentir.

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Égyptiens substituaient les peines idéales aux châtiments réels, rignominie aux supplices (1). Le nom des rois condamnés par ce jugement était effacé des monuments (2); les restes des autres étaient déposés dans des tombeaux révérés. Adœinutr». Daus Ics drconstancos les plus importantes, les rois convoquaient les députés dès différents nomes (S), et il est probable que le labyrinthe était destiné à leurs assemblées. Cette merveille de l'antiquité consistait dans la réunion de douze palais resplendissants de tant de beautés qu'ils effaçaient, au dire d'Hérodote, tous les édifices de la Grèce et de l'Asie.

L'impôt était détérminé chaque année , en raison de la hauteur du Nil, commevon le pratique aujourd'hui encore (4) ; mais nous ignorons^dçns quelle proportion. Le fisc percevait aussi des droits sur le>Çoduit des mines et de la pêche.

Loi.pénaiei. Huit livrcs de Thaut, c'est-à-dire^ trois fois très grand (5), formaient le code égyptien; m2W^ les lois citées par les historiens doivent appartenir à des telBPs très différents, les unes étant tout à fait barbares, quanc^es autres témoignent d'un grand développement social (6). L*bomme coupable d'adultère recevait mille coups de fouet, ^ la femme avait le nez coupé. Celui qui avait porté un faur\té-

(1) n y a dans la forme des jugements des morts un vestige de la con«v naissance que les Égyptiens avaient d^une autre vie et des rémunérations^ qu*il fallait en attendre. Les Qrecs tirèrent des circonstances qui accom- ▼ pagnaient ce rite solennel la fable de Caron, de Minos, du Styz, etc. Ce qui ferait croire que les Hébreux avaient adopté cet usage, c'est cette expression qui revient souvent à propos des bons princes : // fut pUici à côté

de ses pères, Flavius Josëphe dit que cette coutume durait encore chez les Asmonéens (XIII, 230, des Antiquités judaïques).

Voy. E. DE RouoB, Rituel funéraire des anciens Égyptiens; Paris, 1861-68, in-fol.

(2) Tel devrait être celui que représente le magnifique colosse du musée égyptien de Turin.

(3) Le nombre des nomes varia à différentes époques ; sous Sésostris, il était de trente-six.

(4) Les variations continuelles résultant de la crue du fleuve font que l'impôt se répartit aujourd'hui par cantons et non par têtes. (V oy. Reynikr, Économie politique de VÉgypte,) Au sujet des vicissitudes de la propriété en Égypte jusqu'à nos jours, consultez les Mémoires de Silvbstre db Sact dans les Mémoires de V Institut de France^ t. IV et V.

(5) Mercure Trismégiste.

(6) Thonissen^ Études sur ^organisation judiciaire^ les lois pénales et la procédure criminelle de VÉgypte ancienne; Bruxelles, 1868, in-8.

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moignage subissait la peîûe que l'innocent calomnié aurait encourue ; on coupait la main à ceux qui ftilsiiaient les écritures ou les monnaies. I/homlëîÔè; toéme commis sur un esclave, était puni de toôtt^. ei^Éi assimilait a« meurtrier celui qui, pouvant sabvek* lin Homme en péril, ne le faisait pas. Celui qui avait ^^ïïftàïsâaiïcé d-un assassinat devait le dénoncer, sous peine de flagellation, et la ville la plus wisine était tenue de fàire à la personne assassinée de pompeuses obsèques (I), afin qu'elle eût intérêt à maintenir la sûreté des routes. Le père qùi tuait son fils était condamné à tenir son cadavre embrassé trois Joulps durant : châtiment qui prouve combien cette législation* était éloignée d'accorder le droit de vie et de mort aux parents, ei combien elle tenait compte de la force dés afféctiôns naturelles. La femme enceinte ne subissait le supplice qu'après avoir donné le jour à son enfant. Le soldat coupable de lâcheté était noté d'infamie. Chacun était obligé de rendre compte de la manière dont il gagnait sa vie, et l'oisiveté était punie de mort : peine exorbitante avec un but louable ; mais il faudrait la révoquer en doute, s'il était vrai que Sabacon eût aboli la peine de mort et fait construire pour les condamnés une vilk des malfaiteurs; fâcheuse appellation qui pourrait diminuer le mérite d'une institution aussi belle que digne d'être imitée. Le débiteur donnait sûreté sur ses biens, jamais sur sa personne. Asychis, afin d'obliger le débiteur à la bonne foi, imagina de lui faire donner pour gage du prêt le cadavre de son père ; c'était là un grand lien pour un peuple chez lequel la religion des morts était aussi sacrée.

Diodore raconte que les voleurs étaient organisés, en Egypte, de manière que tous les objets dérobés se déposaient dans les mains d'un chef auquel s^adressaient les personnes volées, qui pouvaient recouvrer leur bien moyennant un qaart de sa valeur. Peut-être s'agissait-il de quelque convention que les Égyptiens auraient conclue avec les Arabes Bédouins, brigands rapaces et étrangers à tout droit des gens.

La justice était administrée par les prêtres. Trente d'entre ^agw. eux, choisis par Thèbes, Héliopolis etMemphis, capitales des trois parties de l'Égypte, et largement rénumérés, formaient un tribunal supérieur. En entrant en charge, ils juraient de ne pas obéir au roi toutes les fois qu'il leur commanderait

(i) Usage conservé dans la législation hébraïque.

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une chose injuste; ils élisaient parmi eux un président, qui portait au cou une chaîne d'or avec l'image de la déesse Saté, ou Vérité. Les plaidoiries se faisaient par écrit, afin d'obvier aux prestiges de l'éloquence; puis, après mûr examen des moyens allégués de part et d'autre, le président tournait vers celui qui gagnait son procès l'effigie suspendue à son cou.

Mais, en dépit des louanges prodiguées aux Égyptiens, que penser d'un gouvernement dans lequel un Pharaon médite sur les moyens d'opprimer savamment un peuple réfugié, et qui, ne pouvant le décimer en lui imposant d'énormes travaux, ordonne d'égorger tous les enfants noùveau-nés? d'un pays où se trouvent (ce qui est pire que des vainqueurs et des vaincus) d'un côté des maîtres éclairés , de l'autre des serfs ignorants et abrutis?

AtttTM oatiM. Ainsi les lois, môme en ce qu'elles avaient de bien, ne profitaient qu'au petit nombre, aux castes dominantes; le reste de la population n'avait pas de propriété, et, par suite, pas de droits civils. Peut-être aussi les artisans et les négociants ne travaillaientrils que dans l'intérêt des classes privilégiées. Les Grecs ont dit qu'aux bords du Nil chacun était tenu de continuer la profession de son père; mais peut-être, appliquant aux autres leurs propres idées, ils auront expliqué de cette manière la défense de sortir de sa caste, dont la condition immuable était la pierre angulaire de l'État (1).

commerc*. L'Égyptc avait assurément un commerce très actif (2) ; toutes ses calamités ne le lui enlevèrent jamais, tant il est naturel à sa position. De là les immenses richesses de ses temples, oti le peuple entier se réunissait pour les panégyrk$, ce qui devenait l'occasion d'une multitude d'affaires. Des routes conduisaient en Éthiopie et à Méroé ; d'autres descen-

(1) Cependant nous trouvons déjà dans la société patriarcale les professions conservées héréditairement. Dans le ch. vf de la Genèse, Jahel est K père de ceux qui habitent les tentes et sont gardiens de troupeaux » ; Jubal, « de ceux qui jouaient de la lyre et de Torgue » ; Tubalcain « fut maître dans tous les ouvrages de cuivre et de fer ». Strabon (1. 15) dit qae dans TArabie Heureuse, le peuple est divisé en cinq classes : dans l*nne, les combattants ; dans Tautre, les agriculteurs et ceux qui conduisent le gain aux autres ; dans la troisième, les manouvriers et les artistes ; dans la quatrième, les conducteurs de la myrrhe ; dans la cinquième, ceux qui transportent Tencens, la casse, le cinnamome, le nard.

(2) Ambilhon, Hist, du commerce et de la navigation des Égyptiens sous le règne des Ptolémées; Paris, 1766, in-12.

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daient à la mer, où les navires attendaient leur cargaison ; d*autres encore s'étendaient jusqu'au Niger, ou conduisaient dans TArménie, au Caucase, à Babylone, à Carthage, dans la Phénicie, à Bactres et à Palmyre. Les étoffes et les pierres précieuses de l'Inde, que nous retrouvons dans leurs tombeaux, quelques petits vases ou bijoux venus évidemment de la Chine, nous feraient même présumer qu'ils allaient les chercher à une aussi grande distance. Le roi Amasis ouvrit le Nil aux Grecs ; il leur assigna des terrains où ils bâtirent un temple, et donnèrent un nouvel essor au commerce; mais ce fut au détriment du pays. En effet, la constitution de rÉg}'pte, comme celle des plus anciens États, était fondée sur un système de vie tout particulier, que les législateurs cherchaient à perpétuer en inspirant aux naturels la haine de l'étranger. Par des motifs d'hygiène, non moins que pour se distinguer des autres peuples,ils avaient adopté l'usage de la circoncision ; ils ne se seraient jamais assis à table avec Haine de* des gens d'une autre nation, et n'auraient voulu rien couper ^* avec un couteau dont un étranger se serait servi. De là leur éloignement pour les tribus Israélites errantes parmi eux, et toujours distinctes du peuple au milieu duquel elles vivaient.

Attentifs qu'ils étaient à repousser les flots de la Méditerranée, les Égyptiens la regardaient comme une ennemie. Ils plaçaient à l'occident les pays consacrés à la mort et à l'éternel repos; c'était là que se trouvaient les enfers, et plus loin, dans les sables de la Libye, les génies malfaisants et Typhon. Au lieu de trafiquer directement, ils employaient les bordes nomades, qu'ils transformaient en caravanes. Mais l'histoire et les monuments démentent également l'assertion très erronée de leur aversion pour la .mer ; nous voyons môme les Alexandrins, qui devaient leur existence et leur prospérité au commerce, mettre dans les mains d'Isis le sceptre de la mer.

Les moissons, si abondantes que celle d'une année suffisait pour trois, étaient leur principal moyen d'échange. Us avaient peu de forêts, et la vigne y fut plantée tard ; ils élevaient des chevaux, savaient faire éclore les œufs artificiellement, tisser leur lin, et fabriquer, pour faire rafraîchir l'eau du Nil, des vases de terre très légers, de formes très élégantes, avec un brillant vernis (1). Une production particulière

(1) Ils les appellent qouleh. Le secret de cette fabrication consiste à

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-à rÉgypte était celle du papyrus, dont les anciens se ser^ valent le plus ordinairement pour écrire (1).

Les Égyptiens ont peint sur leurs tombeaux leurs occupations domestiques, de sorte que nous pouvons retracer leur existence intérieure, et parler des arts et des métiers auxquels ils s'exerçaient. Les hommes du peuple portaient une courte tunique de lin, dite calasiris, avec une ceinture et quelquefois! des manches garnies de franges ; leur chaussure était de papyrus et de cuir ; ils allaient nu-tête avec les cheveux frisés, quelquefois les épaules couvertes d'un manteau de laine qu'ils déposaient en entrant dans les temples. Les femmes portaient d'amples vêtements de lin ou de coton, aux larges manches et d'une seule couleur; leurs cheveux étaient disposés avec art; elles avaient pour ornements des bandeaux, des anneaux et des pendants d'oreilles, sortaient de chez elles le visage découvert, et se faisaient {suivre par des esclaves vêtus de IwtgQs habits rayés^. Les riches allaient en palanquin et en char à deux 'chevaux, précédés de coureurs et suivis de gens portant un siège, ainsi que les objets dont le maitre pouvait avoir besoin én route. Ils jouaient aux dames, et les enfants à la mourre, à la balle, à divers exercices de gymnastique. Les amusements du peuple étaient les combats de taureaux, la chasse aux hyènes, les boufiTons et les nains. Des peintures à fresques, des meubles de bois étrangers, des dorures, des marqueteries, des nattes et des tapis, des vases du travail le plus élégant, et des verres de couleur ornaient les habitations dès riches, qui avaient plusieurs étages et un jardin carré entouré d'une palissade; des palmiers, des* treilles, des pièces d'eau et des pavillons à jour les embellissaient, et l'on y prenait le divertissement des danses, de la musique et des bateleurs. Quand les convives entraient dans la salle du banquet, des esclaves leur ôtaient leurs sandales,fet d'autres apportaient l'eau et les parftims.

môler dans Targile du sel comman^ qui se dissout par son contact avec Teau et laisse le vase poreux.

(1) Voy. Bartbls, Briefe ûber Kalabrxen und Sici/tew, III, 50, Guuj^ndino. Papyrus, etc. (Venise, 1572, in-4), et Dureau de la Malle, dans Tlnstitut de France (1833), ont traité amplement du papyrus. Les Égyptiens tiraient de ses racines ime boisson , de la partie succulente un aliment, et ils faisaient de petits ustensiles et môme des naceUes avec son écorce. Ce roseau, du reste, n*est pas propre seulement à l'Egypte : on en trouve dans l'Abyssinie, la Nubie, la Chaldée, les Indes ; en Sicile, notamment sur les bords du Ciano, ruisseau voisin de Syracuse.*

INSTRVTHmS BB 1*ÉQYPTE.

Ils s'â^seyaieAl jdorsisépanfojdeslfemiQASv'^, Tabhittoii'^flAie, ils rocevaient une fleur de lotos ou de guirla»âe$; iU oe faisaient pa& usage:^ du^'cAhitm romain». XQai$! de obaises, de tabourets^dfi ^àntenik à btaa; de^fi9ts4M)mm6 les n6tiM^, et s'asseyaient deto: paiT^obAqne On y semilp.du ?inj, des rafraichissemedits, du bœilfftdes oi^^rrdU: poiâson, chi gibier, des légumes, des fruiis» èt ilè divisateat les^ portionB avec les doigts, Tosage du couteau de table oEie leur étant pas connu.

En général, la race qui habitait TÉgypte a'était |>as belle.; lueei. mais c'est à tort que quelques-uns Tout crue noire.. Quoique les basses classes eussent le teint très brun (1), les. classes supérieures étaient blanches ; ce fait, réuni aux obserrations craniologiques, confirme Topinion que les diverses castes provenaient de peuples différents survenus dans le pays.

Les remarques faites sur les momies sont venues à l'appui Mœurt. de l'assertion d'Hérodote,. lequel dit que les Égyptiens jouissaient d'une santé parfaite, due probablecuentà leur, grande sobriété, qui les distinguait chez les anciens et que sanctionnait la religion (2). Les prêtres surtout devaient donner l'exemple de la tempérance, et ils ne dormaient que sur des ccmches faites de feuilles de palmier tressées, quoique Rome tirât de l'Égypte d'excellents lits de plume d'oie. Il en est pourtant qui prétendent qu'au milieu de leurs banquets on apportait un cercueil, ou plutôt une de ces caisses dans lesquelles sont renfermées les momies, et qu'ils lui faisaient faire le tour de l'assemblée, en disant à chacun : Bois et Jouis avant que tu en sots là.

Us attribuaient à Ménès l'institution du mariage; ce qui veut dire que la colonie dont il fut le chef commença la civilisation du pays en y établissant le fondement de toute société, les unions légitimes. Ils épousaient leurs cousines et leurs belles-sœurs restées veuves sans enfants, comme firent les Hébreux et comme font encore les Gophtes. Ce fut plus tard que la dynastie macédonienne y introduisit les mariages

(1) EusTATHE, dans ses Commentaires sur POdyssée, à, vs. 84, assare qa*on employait la locution cdyMnxtàtna Tfjv X9^t P^"^ signifier être hàlé par le soleil. Aristote ajoute que les Égyptiens avaient Tos des jambes un peu courbé et plié en dehors (Probl, sect. XIV). Pausanias les dit de stature élevée. La momie de Tlnstitut de Bologne ait palmes de hauteur.

(2) Radzivill a observé un grand nombre de momies, et aucune d*elles n'avait les dents gâtées {Pérégrinations, p. 190).

AU

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entre frères et sœurs (1). La polygamie était tolérée, non toutefois parmi les prêtres, chez lesquels les traditions primitives avaient dû conserver des idées plus justes de ce lien sacré. Les femmes étaient gardées dans des sérails ; il y avait des gens chargés d'en pourvoir le harem du roi, et les euaoques parvenaient à un grand pouvoir. Putiphar^ le maître de Joseph, était eunuque de Pharaon ; à peine Abraham arriyat-il en Égypte, qu'on annonça au roi qu'il amenait avec lui une très belle femme, qui fut conduite au sérail, en même temps qu'on usait d'une grande courtoisie envers son frère supposé.

On nous représente les Égyptiens comme des modèles de gratitude et de respect filial, bien que les filles seules fussent obligées par les lois à soutenir leurs parents âgés. La défense du pays étant confiée à la caste des guerriers, les autres s'amollissaient dans des occupations efféminées, et, si nous en croyons Hérodote, passaient la journée à filer, abandonnant aux femmes les soins de l'économie domestique.

Mais l'extravagance des usages égyptiens, cet alliage perpétuel du sublime et du mesquin, nous confirme de plus en plus dans l'opinion que ce peuple fut formé du mélange de plusieurs autres, différents de croyances et de civilisation. La politique égyptienne consistait à maintenir obstinément chacun dans ses habitudes propres : destinée commune à plusieurs peuples de l'Asie, qui conservent et ne perfectionnent pas, qui montrent dès l'origine de précieux germes de vérité et ne les font jamais mûrir.

Ce mélange devient encore plus apparent lorsqu'on examine la religion et la doctrine des Égyptiens.

(1) En épousant leurs sœurs, les Ptolémées suivaient Tezemple des rois de Perse, dont ils se regardaient comme les successeurs. Cambyse fut le premier, selon Hérodote (1. m, c. 31), qui ait épousé sa sœur. Les juges consultés par lui sur la légitimité d*une semblable union lui répondirent qu*ils n*avaient trouvé aucune loi qui permit à un frère d*épouser sa sœur, mais qu^ils en avaient trouvé une qui permettait au roi de Perse de faire tout ce qu*il voulait. D*après ce récit, il est probable que les mariages entre frères et sœurs restèrent limités à la famille royale.

SCIBNCBS ANTIQUES.

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