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son et de la lumière. Nous n'entrerons pas dans Texamen d*autres questions vivement débattues entre des savants du premier ordre avec des arguments d'un poids égal; nous nous sommes contenté d'en tirer^ non sans peine, cette esquisse des doctrines sacerdotales.
A côté de ces dernières subsistaient les croyances maté* "•JJgg; rielles, déplorable égarement des descendants de Gham. Diodore rapporte qu'un roi , tout exprès pour entretenir la discorde entre les Égyptiens, avait enseigné à une province le culte d'un dieu, à une autre celui d'une divinité différente. Les religions ne s'imposent pas de la sorte , mais il est vrai que cette diversité de dieux était une source perpétuelle de dissensions. Du temps des Romains, les habitants de Cynopolis combattaient pour les chiens sacrés contre les Oxyrinchites ; les Ombites firent pour les éperviers la guerre aux Tentyrites.
Avec le progrès des idées, l'on a cherché des motifs natu- ^^1^^ rels ou de gratitude au culte des différents animaux et de certaines plantes ; on a voulu y apercevoir des indications astronomiques ou des symboles ingénieux, confirmés quelquefois par leur application aux hiéroglyphes. Le singe cynocéphale signifiait la lune, parce que la femelle est sujette au flux menstruel, ou la caste sacerdotale, parce qu'il ne
Plus récemment, Wilkinson prétendit avoir découvert que le son était produit par une personne qui, cachée dans une niche, frappait contre une pierre sonore fixée sur la poitrine, pierre qui rend encore à présent le son métallique x^^^o^o tuicstôO entendu de son temps par Julie Balbilia. Mais le fait ne parait pas suffisamment prouvé. On peut croire, de plus, qu'existant dans la partie restaurée du corps, cette niche y fut placée plus tard pour suppléer artificiellement au phénomène qui avait cessé. On a présenté dernièrement à TAcadémie française un écrit dans lequel ce son était attribué à' un développement d'action électrique. M. Sellier revint sur cette question devant la même Académie, en la présentant non plus comme conjecture, mais comme théorie, à Taide de nombreuses expériences tendant à démontrer qu'il existe des relations entre la production du son et le développement de Télectricité. Nous rapporterons la suivante : Si Ton répand sur une plaque vibrante de la poudre de silex, elle se fixe sur les lignes nodales ; si à sa place on emploie la colophane réduite en poudre impalpable, il arrive au contraire que les lignes nodales se dépouillent et que les parties vibrantes se couvrent de résine. Or, les lignes nodales attirent le verre pulvérisé, qui s'y amasse en tourbillon ; elles se dépouillent en employant la colophane, qui fuit de même en tourbillonnant, tandis que les cavités intermédiaires l'arrêtent. Ces dernières possèdent l'électricité positive, les premières la négative ; d'où l'on déduit que dans un corps sonore rélectricité se divise en fractions.
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mange pas de poisson ; le scarabée, dont la figure se trouve par milliers sur les antiquités égyptiennes, exprimait la puissance créatrice; le lion, Tinondation du Nil, par suite de coïncidences astronomiques; le crocodile, Teau potable; le serpent, le temps indivisible; le chat détruit les rats, la gazelle fuit dans le désert à la crue du Nil, et, par la régularité d*un acte naturel, elle marque la division du jour en douze heures. De même, parmi les plantes, le palmier, dont les rameaux se renouvellent chaque année^ était le symbole de Tannée; Toignon de mer (xp(S[i.pov, scylla maritima) était vénéré comme remède contre Thydropisie (1); le lotos sur^ tout {nymphéa nelumbo) était considéré comme sacré; sur lui reposaient les dieux de TÉgypte, de même que ceux de llnde, et il leur servait d'ornement. Il devait cette vénération à sa ressemblance avec le phallus.
On croirait à tort que tous les animaux de la même espèce fussent sacrés, et que dès lors on ne s*en nourrit pas; quelques individus seulement étaient gardés avec soin aux frais de rÉtat, servis par les plus hauts personnages, et leurs obsèques se célébraient avec une pompe incroyable. L'ibis L'ibif. et le bœuf Apis recevaient les plus grands honneurs* Le pre^ mier, se nourrissant de serpents sur les bords du Nil, annou' çait par son apparition la crue de ce fleuve (2) ; on lui attribuait une pureté virginale, un inviolable attachement pour le pays natal, au point de se laisser mourir de faim quand on le transportait ailleurs ; il connaissait les phases de la lune, et réglait sa nourriture en proportion. Les Égyptiens rélevaient dans Tenceinte des temples, et le laissaient errer par la ville ; le tuer, même involontairement, était un crime capital, et Ton disait que si les dieux avaient pris une figure quelconque, c'eût été celle de Tibis. A sa mort, il était embaumé avec tout le soin que Ton mettait à préserver de la
(1) Les admirateurs de TÉgypte ont prétendu qu*on y révérait dans l'oignon la figure de la terre et sa stratification par couches. Il nous semble plus probable qu'il était en honneur aux environs de Péluse, parce qu'il était un remède contre une cruelle maladie du genre de la tympanite, oc' casionnëe par les exhalaisons du lac Serbonite, imprégné de soufre et de bitume.
(2) tt Les ibis, dit Hérodote, ont la téte et le cou déplumés sur le devantf des plumes blanches, excepté sur la téte, à la nuque^ à l'extrémité des ailes èt au croupion, où elles sont noires. » On débattit le point de safoir de quelle variété il était question ; Cuvier décida qu'il t'àgissait du Numenius tbis»
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corruption le corps de ses parents : aussi en trouve-t-on un grand nombre dans les tombeaux, et en existe-t-il des représentations à rinfini.
Le bœuf Apis naissait d'une génisse fécondée par un rayon Apu. céleste ; il devait être noir, sauf un triangle sur le front et un croissant au flanc droit, avoir de plus sous la langue une excroissance de la forme d*un scarabée. Dès qu'un Apis était découvert, on allait le chercher en grande pompe; il était nourri durant quatre mois dans un vaste édifice ouvert au levant; puis on annonçait une grande fête, après laquelle on le conduisait à Héliopolis, où il était nourri pendant qua* rante jours par les prêtres dans le temple. Amené enfin à Mempbis, dans le sanctuaire de Phta, il y recevait les adorations de toute l'Égypte. Mouraitril, le deuil était général, jusqu'à ce que Ton en trouvât un nouveau ; on Tensevelissait dans le temple de Sérapis ou dans le tombeau des rois.
Comme chaque animal était spécialement consacré à un dieu, les formes de Tun et de l'autre se confondaient dans la représentation : de là les sphinx, les canopes, les bizarres figures des dieux et les accouplements étranges, caractère distinctif de l'art égyptien.
Le culte d'Osiris devait porter les Égyptiens à imiter ce Prauqa< dieu en répandant l'agriculture et les arts, en combattant Tjrphon, c'est-à-dire en empêchant l'envahissement de la mer d'un côté, des sables du désert de l'autre. Leur croyance les conduisait cependant à des pratiques étranges; ils ne mangeaient jamais de froment, faisaient leur pain avec Volyra, espèce de seigle (1), et réputaient immondes certains animaux, surtout les porcs. Un soldat romain, ayant tué par hasard un chat, fut massacré par le peuple en furie, malgré l'intervention du roi et le nom formidable de Rome. On dit que Gambyse fit placer au-devant de son armée une rangée d'animaux sacrés, et que les Égyptiens se laissèrent mettre en déroute pour ne pas diriger leurs armes contre eux. Sous Adrien, Alexandrie fut dans le trouble et la désolation parce qu'on ne trouvait pas de bœuf Apis. Lors des fêtes dlsis , hommes et femmes se battaient et commettaient mille obscénités. On accourait en foule aux oracles des animaux érigés
(1) Cest ce qne croit Galien. D^autres ont dit que c^ëtait le riz; mais il parait que ce grain, qui est aujourd'hui le principal produit du pays, n*y a été introduit de Tlnde que sous les califes.
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en dieux, et il est presque hors de doute qu'on alla jusqu'à leur sacrifier des hommes.
La religion égyptienne est donc un tel mélange de ce qu'il y a de plus sublime et de plus abject, que Ton croirait impossible d'y introduire jamais un parfait accord (1). Les prêtres devaient pourtant y être parvenus, puisque les institutions religieuses jetèrent de si profondes racines. Deux fois les Perses envahirent l'Égypte et l'opprimèrent; le despotisme des Grecs y dura trois siècles ; puis vint Tadministration romaine, et néanmoins ces institutions résistèrent à l'influence étrangère. Au moment même où ils perdaient leur indépen* dance nationale, les Égyptiens triomphaient par la religion, et non seulement ils conservaient intacts leurs autels et leurs dieux, mais ils étendaient sur les vainqueurs le mystérieux empire des âmes. Les Ptolémées et les empereurs romains révérèrent, tout aussi bien que les Pharaons, le roi Osiris et le prêtre Hermès, érigèrent des temples et des obélisques à leur divinité, dont ils briguèrent la parenté dans des titres fastueux; la langue grecque et la latine, à l'imitation des hiéroglyphes, exprimèrent l'adoration et les offrandes.
Sur les pyramides, sur les temples, dans les hypogées, sur les obélisques, sur les caisses et les enveloppes des momies, on voit dessinées par milliers des figures d'un aspect aussi riche que bizarre ; les astres s'y mêlent aux animaux domestiques et sauvages; on y trouve des hommes entiers ou des' membres du corps humain, dans toutes sortes d'accoutrements, avec tout ce qui naît dans les champs ou sert à l'habillement, à la défense, à la commodité delà vie; joignez-y un assemblage de lignes droites, coufbes, brisées, réunies en figures de toutes sortes; puis, comme si la nature ne suffisait pas, viennent les produits de l'imagination, et des ailes sont attachées au quadrupède, des têtes d'animaux au buste de l'homme, des visages humains accouplés à des monstres inconnus.
(1} Consultez Champoluon, Panthéon égyptien; Paris, 1823, in*4. — ScHWARTZE, Ge^A., Mythologie, etc., des altens jEgypiens; Leiipzig^ 1836, 2 ?ol. in-4.