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BEAUX-ARTS DANS L'INDB ET DANS L'ÉGYPTE

s'étendre autour d*enceintes carrées ou circulaires, destinées probablement à un usage guerrier ou à des solennités politiques et religieuses, en tout conformes aux constructions appelées, en Grèce et en Italie, cyclopéennes ou pélasgiques. Walter en a vu parmi les Gosséahs de THindoustan et dans les îles de Tinian et de Rota. Dans Tarchipel des Mariannes, on trouve des rangées de gros piliers massifs surmontés d*une espèce de chapiteau ; on aperçoit au milieu un cercle de pierres enfoncées en terre et à distance l'une de l'autre La Gondamine et Humboldt admirèrent les constructions de Gagnar au Pérou, formées de très grosses pierres, dans le genre du mur de Nerva à Rome (1), et dont il paraît que les blocs énormes furent élevés à la hauteur où on les voit placés, au moyen d'un plan incliné fait avec des terres que l'on amoncelait à mesure. Acosta et Gieça de Léon mesurèrent, dans celles de Tiahuanaco, de grosses pierres de 12 mètres de long sur 5",8 de large et 1"*,9 d'épaisseur, disposées comme dans les murs cyclopéens (2). La grande île de Laocoo, dans la mer du Japon, sur la côte occidentale de Gorée, a un pont d'une construction semblable.

Il y a dans la Thessalie et dans la Thrace des murailles polygones d'une haute antiquité ; on en voit d'autres à Pylos, à Modon, à Messène et dans les îles (3). En Italie, celles de Terracine, Fondi, Gircello, Arpino, Gossa, Anagni, Norba, immenses ruines d'énormes polygones liés sans ciment, montrent que dans ces lieux on ne les employa que comme défense et pour sépultures, non pour servir de temples; tandis que les Phéniciens s'en servirent aussi pour cet usage, comme nous le voyons dans le temple des Géants à Gozzo, décrit par Mazzara, qui le répute antédiluvien. Dans l'Esthonie et l'île d'CKsel, on voit des murailles cyclopéennes, hautes de 10 mètres, épaisses de 5, et construites avec des blocs énormes de granit; quelques-unes forment des cercles de 30 mètres de diamètre. On trouve de ces constructions même en Grimée.

Nous comprenons dans cette classe de monuments les ter- Tammi. ires qui couvrent les restes de quelques héros, et qui tous offrent un type commun. En Thessalie, vers Thessalonique,

(1) La Condaminb, Mémoires de l'Académie de Berlin, 1746, p. 443. ^ Humboldt, Vtte des Cordillères, t. I, p. 310.

(2) Pedro Cieçâ, Chroniqxie du Pérou (Anveps, 1554), p. 254.

(3) Bloukt les a dessinées (Expédition scientifique de Morée).

HIST. ONiv. — T. i. 30

DEUXIÈME ÉPOQUE

sur les rives de THellespont, et partout où dominèrent les Pélasges, les vallées sont pleines de ces tumuli, seconde forme solennelle de sépultures (1). Aux Thermopyles, à Cbéronée, à Marathon, à Pharsale, on en rencontre un grand nombre (2). Le Caucase, de même que la Golchide et la Grimée, en offre de très anciens. Les rives du fleuve Hylas (Dmester) conservent les tombes des princes cimmériens et des rois Scythes qui les subjuguèrent. Pallas remarqua dans la Russie méridionale ceux des Eschondes^ et Meyer ceux des steppes Kirghises, sur les deux rives du fleuve Ablakilla. On y trouve, au milieu des cendres, de petits bronzes ciselés en forme de fleurs et de feuilles, et sur des pierres tumulaires des visages humains. On découvre une infinité de ces tombeaux, érigés par les Germains et les Slaves, entre le Rhin et le Danube, ainsi que dans les prairies de TElbe et de TOder, où dorment les héros teutons et vendes. Ceux des Chinois et des Thibétains s*élèvent à peine de quelques mètres (3). Celui d'Alyatte, père de Crésus, roi de Lydie, avait 6 stades de tour (4). Les tumnli du roi Scandinave Gormus et de la reine Daneboda ont 300 mètres de largeur et 30 de hauteur; près de Pella, capitale de la Macédoine, on en voit un qui est formé de trois chambres avec de longues galeries. On en conserve encore un grand nombre dans TArmorique ; il en existe un, non loin de Vannes, haut de 3â mètres, et large au moins du triple à sa base.

(1) VmoiLB dit :

... et ingens Aggeritur tumuio tellus, (^neid., m, 52.)

Ët dans Homère, Andromaque, en parlant de son père : « Alors il prit toutes ses armes, dont il couvrit le corps sur le bûcher, et il lui ëlera on tertre que les Oréades compatissantes, filles de Jupiter, coun>nnërent d*ormes touffus. » Nous trouvons .un exemple des sépultures troglodytes dans Abraham, qui achète une grotte pour ensevelir Sara.

(2) SiBouTZ, Beitrage Èur Geschichte der Baukunst — RrrrKR s'en est occupé spécialement dans son Vorhalle,

(3) DuHALDB, Description de la Chine^ t. H, p. 126.

(4) C'est-à-dire 633 mètres. Hbrodotb, liv. I, c. 93. ^ B est bien remarquable qu'HéRonoTB, en nous donnant la description du tombeau d'Alyatte en Lydie, ait observé que ce monument était couronné à son sommet par cinq pyramides de pierre. Or, le tombeatl de Porsenna i Chiusi se terminait aussi, d'après ce que nous en ont dit Varron et Pline, par cinq pyramides, et il est de môme de celui que Piranesi, d'Hancar- ViLLE, NiBBY, attribuent à Aruns, fils de Porsenna, et dont on voit encore les ruines à l'extrémité orientale d'Albano, près de l'église de Santa-Maria délia Stella. Ne peut-oh pas voir dans ce^ rapprochement un nouvel arguinent en faveur de l'origine lydienne des Étrusques ?

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Si Ton traverse rAtlantique, les rives de TOhio et du lac Ontario, New-York, la Pennsylvanie occidentale, nous offrent par milliers de ces collines funéraires, on ne peut plus semblables à celles de la Sibérie ; ce qui pourrait indiquer que les peuples de ce pays passèrent en Amérique par le détroit de Behring (4). Au Pérou, de longues galeries, communiquant entre elles au moyen de puits, forment l'intérieur de ces collines artificielles, appelées kuacas. Des amas de terre et de cailloux se voient aussi de la chaîne des Andes à celle des Alleghanys, et des lacs du Canada au golfe du Mexique, d*au^ tant plus nombreux qu'on s'avance vers le midi, et toujours de la môme forme. Dans le voisinage de Saint-Louis en Amériquo; l'Italien Beltrami reconnut beaucoup de puits sépulcraux, rectangulaires, circulaires ou pyramidaux; l'un d'eux avait 20 mètres de profondeur et 10 de circuit à sa base, avec un contre-fort triangulaire du côté du levant, semblable à celui de la tour des Géants à Gozzo. On en dit autant des morah ou sépulcres de l'Océanie (2).

Quelques voyageurs visitent près de Smyme, sur le penchant du mont Sipyle, les ruines de la ville où régnait Tantale^ père de Pélops et bisaïeul d'Agamemnon, cent cinquante ans avant la guerre de Troie. Elle s'appela d'abord Tantalis, puis Sipyle, et il y a deux mille ans qu'elle fut détruite par un tremblement de terre. Un lac prit sa place ; mais la citadelle subsiste encore. Les murs, presque entièrement conservés,

(i} Nous en parlerons de nouveau, liv. lY.

(2) Dans Timportante relation sur l'Algérie méridionale publiée p&t M. Carrbttb, en 1845, nous lisons un fait relatif aux nza ou tombeaux des Arabes : « Voyageant un jour avec plusieurs Arabes, je m^étonnai dé « les voir ramasser successivement une pierre ; Tun d'eux vint m'en offrir « une, et je lui demandai pourquoi ils agissaient ainsi* Nous devons passer^ « me répondit-il, devant le nxa de Bel Gassen, Je ne compris pas, mais « je pris la pierre ; nous arrivâmes bientôt auprès d'un amas informe de « cailloux, de la hauteur d'un mètre et demi. Chacun de mes compagnons « y jeta celui qu^il tenait & la main, en disant : Au nza de Bel Gassen; et moi je fis comme eux. » Ces usa indiquent le lieu oii s'est commis un assassinat non encore vengé. Dans les provinces du Pérou et de Bolivie, on trouve partout des monuments semblables, mais qui ont une autre sigpaiflcation ; ils sont formés par les Indiens qui, après avoir, chargés de poids énormes, traversé les cimes des Cordillères, offrent à Dieu, pour les avoir soutenus, ce témoignage matériel de leur reconnaissance. Ils s'arrêtent un instant pour respirer, jettent au vent quelques poils de leurs sourcils, ajoutent une pierre au pieux monument et y déposent l'herbe {la oca), à moitié mastiquée, qu'ils ont l'habitude de rouler dans leur bouche.

DEUXIÈME ÉPOQUE

s*élèvent aa sommet du mont; le fossé est creusé dans le roc, et Ton voit la porte de Tacropole qui conduisait sur le plateau oh le temple était assis. Beaucoup de décombres sont épars au pied de la colline, et Ton distingue les talus qui soutenaient les chemins : le tout est fait de pierres taillées, mais sans ciment. On voit à cet endroit la tombe dite de Tantale, Tun des tumuli dont nous parlons. Son soubassement circulaire, de construction pélasgique, renferme au centre une chambre dans laquelle est le cadavre; les pierres en sont taillées, et vont se rétrécissant graduellement. A Tentour est la nécropole de Sipyle , où l'on compte encore diineuf tumuli plus ou moins entiers , mais qui furent fouillés par les Romains (1).

Puisque nous en sommes aux tombeaux de FAsie Mineure, nous rappellerons la vallée d'Urgub , qui , dans sa longueur de sept lieues, est pleine de cônes réguliers blancs, dont les habitants du pays font aujourd'hui leurs demeures, et qui devait être autrefois la nécropole de plusieurs villes. A mesure que le torrent ronge le sol, on en voit sortir ces tombeaux coniques qui s'élèvent de 1 à 100 mètres, et sont toujours taillés dans le roc; il en est quelques-uns décorés de colonnes doriques avec un fronton. Les gens du pays les appellent Bm bir kiksia, c'est-à-dire les mille et une églises, dans la croyance que ce sont des chapelles (â).

Les curieux débris de Mycènes et de Tyrintbe offrent des restes de constructions cyclopéennes plus avancées ; ^ouve^ ture des portes est faite de pierres oblongues taillées à angles aigus, qui en s'élevant Tune sur l'autre forment un encadrement triangulaire. La porte des Lions à Mycènes est pratiquée au moyen de deux murs qui surplombent de 9 mètres pour se joindre du haut, en laissant au-dessous une entrée pyramidale à travers un bastion de 6 mètres d'épaisseur; elle est surmontée de deux lions grimpant contre un autel, l'une des sculptures les plus antiques de la Grèce. Au même endroit, le tombeau d'Agamemnon , appelé encore la chambre d'Atrée, est extrêmement remarquable. La porte est aussi pyramidale, avec un vide triangulaire au-dessus, qui devait contenir quelques sculptures. L'intérieur consiste en une salle circulaire dont le mur est en pierres parallélipipèdes ; elle a plus de IT mè-

(1) Voir la relation de la dernière expédition française en Morée.

(2) Ch. Tbxier, Journal de Smyme, 1837.

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très de hauteur sur 16 de circonférence, et se termine en coupole par des lits de pierres graduellement saillantes, jusqu'à ne laisser qu'une ouverture de 66 centimètres, fermée par une seule pierre enchâssée dans les autres. La façade offre quelques ornements, et de chaque côté de la porte sont deux colonnes avec chapiteaux.

Des monuments du même genre existent à Orchomène, près d'Amyclée, aux environs de Sparte. Les eucumelles^ dont on exhume chaque jour tant de remarquables restes de Tart étrusque, ne sont pas d'une autre nature.

Les nuraghes de la Sardaigne sont dignes de remarque (1) ; les voûtes se rapprochent de manière à former des cônes ; d'une hauteur de 13 à 13 mètres, terminés en rond, ils sont construits avec des pierres tirées des carrières voisines, d'un mètre cube, au plus, dans les assises les moins élevées. Dans l'ensemble, aucune régularité ; entre les pierres, point de ciment. Bâtis sur des hauteurs, un terre-plein de 120 mètres de circonférence, fortifié par un mur de 3",33 de haut et d'égale construction, les entoure quelquefois; on en voit quelques-uns au milieu d'autres cônes semblables, mais plus petits. La muraille est double; mais l'une et l'autre, quoique rapprochées, ne sont unies ni par le ciment ni par des pierres d'attente. Au milieu se trouve une pente , plus ou moins douce, qui sert de communication entre les étages composés de trois chambres , superposées l'une à l'autre, et dont la forme représente la moitié d'un œuf. On y entre par une porte à fleur de terre, plus ou moins basse, et qui s'ouvre au levant, de manière que les premiers rayons du soleil tombaient sur les pieds du cadavre. D'après les érudits, dont l'opinion paraît unanime, les nuraghes, dès la plus haute antiquité, auraient servi de tombeaux et seraient peutêtre l'œuvre des premiers habitants (2).

(1) Voir le Mémoire présenté par Peyron ATAcadémie de Turin; Petit- Radbl, Notices sur les nuraghes de la Sardaigne, considérés dans leurs rapports avec les résultats des recherches sur les monuments cyclopéens et pélasgiques^ Paris, 1826; les recherches du chevalier la Marmora, et Marmo, Storia délia Sardegna^ Turin, 1825.

(2) Le meilleur descripteur de ces monuments croit quMls në sont ni des édifices cyclopéens, ni des trophées, ni des vedettes, comme on Ta prétendu, mais des pyrées ; c*est pour cela qu'ils étaient construits sur des collines et surmontés d*une terrasse, avec un escalier intérieur pour y monter. Peut-être encore servaient-ils à la sépulture des prêtres et des prétresses ; ce qui le ferait croire, c'est qu'on n'y trouve jamais d'armes, mais des parures de

Petit-Radel, se fondant sur quelque ressemblance ayec les murs cyclopéens, les attribue aux Pélasges; un autre, aux Étrusques; mais, quoiqu'on y trouve quelque forme polygone, c'est la construction dite barbare qui prédomine. Aussi les attribue-t-on soit aux Phéniciens, soit m^me à des Ibères ou à des Celtes ; d'autant plus qu'on suppose qu'il en existe de semblables dans TÉcosse septentrionale et llrlande. Le chevalier de La Marmora les trouve conformes aux telayot des îles Baléares, quoiqu'ils n'aient qu'un étage à l'intérieur. La tour des Géants, dans l'île de Gozzo, composée dedeni monuments joints à l'intérieur, et qui diffèrent peu des chambres sépulcrales des Romains, ressemble pourtant aux nuraghes.

Architocttm Nous reucontrous une progression semblable chez les Inindieimo. luspirés par le spectacle d'une nature gigantesque

et multipliée à l'infini dans le temps et l'espace par leurs croyances, ils creusèrent dans le roc des édifices immenses et très riches d'ornements, qui durent réclamer le concours de plusieurs générations. Ces édifices étaient dessinés d'après un système arrêté et symbolique; en effet, dans le Matsya (le plus important des dix-huit Pouranas, celui qui guide à b vertu, au bonheur, à la science), les chapitres XXVI et XXTII contiennent la liturgie artistique, dans laquelle des règles en rapport avec leur ciel sont assignées à l'architecture et i la sculpture (2).

Première Dans ce pays encore, la première époque de l'art est cefle des troglodytes, et il paraît que l'on commença par creuser le granit et le porphyre de l'Himalaya et du Kachemyr sans le déplacer. Les temples de cette nature abondent partent vers les frontières de la Perse, dans le haut Hindoustan,

femmes et de petites idoles. Du reste, ces édifices sont postérieurs aux pierres levées qu'on rencontre dans la même île, et témoignent d'une phw grande connaissance dans l'art de bâtir. On pourrait même, à cause de leur ressemblance avec les telayot des lies Baléares, soutenir l'opinion <iu'ils furent destinés au culte du feu.

(1) Pbrousson, Picturesqtie illustration of anment architecture in Stndostan; Londres, 1847, gr. in-fol.

(2) Voy. Asiatic Researches, t. L On n'a pas encore donné connaissance à l'Europe de ce Pourana. — Rbinaud a fait connaître, dans son Mémoire sur l'Inde, un passage d'Albyrouny, extrait du Sanhita, passage relatif aux formes et aux attributs que les artistes de l'Inde doivent donner aux images des dieux du panthéon indien. Voy. Mém, de VAcad, des inserip' lions, t. XVIII, p. ii9 et suiv.

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dans les montagnes de Kachemyr, berceau des Brahmanes. Aboul-Pazel, qui parcourut souvent ces contrées avec le fameux conquérant Akbar, en compta jusqu'à 2,000, tous souterrains, couverts de sculptures; chacun d'eux, selon lui, contient trois divinités colo^aatesit im lioiiiisiH^i imê femme, on enfant. Les naturels prétendent fjti^s %ml V&mm^B ûm génîus et des f^éanls, ce que les Ef^yp Liens disent ûv leurs pyramides (1), et nos gens du j^apla des monuments qui les êtoiiiiÉiït le p\m. L'homme in^tnitf MÂùAve la prédominanee de rîntelligence ^\iv la force , et 1g pouvoir ex*^cs!^if d'une théocratie qui condamnait à un travail forcé des millions de bra>; mais, précitémeftt parce quB rièn n'était accordé h rimagtnationt p^tit à peine y distinguer le progrès^ Kî (Aeatbâ ni descriptions ne sauraient aider à àébermltier1*tgt| mAttia fôlâtif , de ces monuments; il faut donc nous contem* m traçant leur histoire, de les diviser en excavations stmterraines, en constructions au niveau du sol, et en véd«* ■hlble:^ fdîfires.

Le plus remarquable entre tous est le rocher de Mahabaii- m^haniiRUf 0iil^; m Am SepIrP&g&déii à 4f âîlles de PondkAâfr^ ^ ^ ijpouvent accumulés tant de colosses* ^ petits ternple^ et de palais en ru m es, qa on le prendrait pour une ville pèLnûée- Sept temples s'enfoncent soos la montagne ; un long vestibnle y conduit, et ses parois, en roc vif, sant couvertes d'animant gcolptés en creux comme réléphanf ét Rama et de Ganesa, \i\ torture fie Vitiinoii, la génis^st^ de Parv:iti, cf bien d'autres de grandeur naturelle. On arrive bientôt à une petite glaça ^reolâîre, tonjourir creusée AmB % fo^ôF, â^dft f'^ maîttâ par un doiilde p(*rrnn en pierre et par deux ÇfJtTÎdnrs pratiqués de 3a môme manière; erifiD. on parvient aux temple* contigiiH» qui communiquent par une porte pereée auêifStl^^ 1^ s'oltrent des portiques, des enfilades de colonnes, nne în^ dÈ* statues de Krîctina, Vichnon, Sîva, Rama, Oanesa» 0t des in iif ffrqtarson incarnations do Vichnoii, adhérentes Éii rocher dont elles sont formées (2). Les inscriptiop^i ej^^ caractères antédeui^aq ^âcfif^ ttlésterafenYIaltirâtê an^^ qui des Sept-Pagoaes,Jïaand môme cette anlî^fuit^ no s^^rait pas prouvée par 1© style des voûtes, qui ne sont pas cintrées

i^l £Ue est aïoel d^critâ par le P« Pauun d£ ^Saznt-Bakto^lsmï climi

DEUXIÈME ÉPOQUE

ni terminées en pointe, mais formées de deux segments de cercle se rejoignant presque en triangle à leur sommet.

Mahabalipour fut Touvrage des géants, premiers maîtres du monde. Banâceren aux mille bras fut assiégé dans cette ville par Krichna, qui la prit d*assaut, coupa toutes les mains du monarque, à Fexception de deux, avec lesquelles il l'obligea à lui rendre bommage lige. Dès ce moment Krictma fut adoré de cette race. Mais Tun de ces géants fut aimé d'une nymphe céleste; enlevé par elle au ciel dans une vision, il en revint riche de connaissances dans les sciences et dans les arts, disposa le plan de la ville sur le modèle de celle des dieux, et la remplit de palais aux lits d*or et d'argent; il la rendit enfin si belle, que la cour d'Indra en devint jalouse, et que celui-ci ordonna au dieu de la mer de l'engloutir. Tel est le récit des brahmanes.

Éuphaata. Lcs gTottcs de Karly, sur la chaîne des Gates occidentales, entre Bombay et Pouna, renferment un temple qui a 200 mètres de haut; à côté, on trouve beaucoup d'excavations riches de sculptures, et qu'on attribue à Pandou, le héros du Mababarata. Le portique couvre 30 mètres carrés, et l'excavation du temple est de 37 mètres 1/2 de longueur sur 14 de largeur, avec 50 pilastres couronnés de chapiteaux qui représentent des éléphants. D'autres grottes s'enfoncent à 46 mètres dans la montagne; pour l'examen seul, il fallut plusieurs jours à lord Yalentia. A Dumnar, au nord de la province de Malva, le colonel Tod compta jusqu'à 170 souterrains qui donnent accès dans des temples et des habitations, et forment une véritable cité troglodytique.

La grotte d'Éléphanta indique une architecture plus avancée ; elle est située dans une île sacrée voisine de Bombay, peu éloignée aussi des bouches de l'Indus, et sur la frontière du pays oti Brahma est adoré. Cette île a pris son nom d'un rocher qui dominait le port, taillé en forme d'éléphant avec un tigre sur le dos : monument que les Portugais trouvèrent intact, lorsqu'ils y abordèrent pour la première fois. La haute antiquité de ces travaux se reconnaît à une grande simplicité jointe à une rare perfection; en outite, il n'est resté aucun souvenir de leur construction, et, quoiqu'ils soient d'un porphyre très dur, qui ne pouvait être entamé que par le fameux acier indien voudz, les parois en sont tout effeuillées.

En s'enfonçant dans la vallée, on arrive à la catacombe

BBAUX-ABTS DANS L*INDB ET DANS L*É6YPTE. 473

d'Éléphanta (1)^ où, sous une montagne conique, s'ouvre un grand espace quadrangulaire de 44 sur 45 mètres. Sept nefs symboliques se dirigent parallèlement, soutenues par cinquante piliers parfaitement alignés et distants Tun de Tautre de 5 mètres (2) ; ils sont massifs , et diffèrent entre eux dans la forme et les ornements, qui n'ont rien de disgracieux. Sur un piédestal carré pose un large pied-droit, couronné d'un bel astragale circulaire et de deux rebords polygones, que supporte le fût rond et cannelé, haut de deux mètres et demi, se tordant vers la sommité, et ceint d'une rangée de perles et de pétales renversés. Une guirlande de ces mêmes fleurs est surmontée du chapiteau, en forme de coussin arrondi, que presse une plinthe , au-dessus de laquelle s'étend l'architrave. Des têtes de dieux, de lions, d'éléphants, de chevaux en relief, sont semées partout comme ornements. Diego de Gouto, entrant dans ce temple, peu après Tarrivée des Portugais dans l'Inde, y admira une porte en mosaïque, des idoles assises avec un rosaire en main, un enduit de chaux et de bitume fondu, aux couleurs d'un éclat étonnant, qui couvrait l'intérieur (3) ; sur la voûte il aperçut les cosmogonies brahmaniques avec les génies du ciel en adoration, représentées en peinture. Dans les nefs principales s'ouvraient de nombreuses chapelles remplies de sculptures, chacune avec une idole ayant jusqu'à 7 mètres de hauteur ; puis des têtes, des bras, des symboles, et tout autour des divinités secondaires et des moines pieux. Souvent le lingam était représenté dans sa forme naturelle sur les autels de ces chapelles, désormais détruites, à l'exception de deux. Dans le sanctuaire, au fond du temple , on voyait se dresser le buste de la Trimourti avec ses trois têtes de 5 mètres et demi de hauteur sur 7"*, 33 de largeur; une cloison dérobait la face du dieu aux profanes, excepté les jours solennels.

Les grottes d'Amboli, dans l'île de Salsette (4), ne sont pas moins curieuses ; on y remarque de longues enfilades de salles souterraines, des corridors, des nefs précédées portiques

(1) EUe est décrite dans le voyage d'ÀNQUBTiL et dans VInde des HajcJis de RoussBLBT (Paris, 1874, in4).

(2) Stieoutz, Gesch, des Baukumt der Alten,

(3) De Àsia, t. IV, dec. VII, liv. III, c. 1, et Marlàs, déjà cité. ;

(4) Elles furent d*abord décrites par Gbmbl ; Carrieri, Giro intomo al mondo, U III, p. 36 ; puis par Anqubtil-Dupbrron, IniroductUm au Zend- Àvesta, mais plus exactement par les voyageurs récents.

DEUXIÈKB ÉPOQUE.

et de monstres vomissant la flamme, chevauchés par des hommes qui parfois lancent des flèches de leur bouche béante. Au fond est une divinité dont chaque épaule, aux sept bras, soutient une voûte formée, comme toutes celles des souterrains indiens , de pierres avançant graduellement jusqu*à la dernière, qui sert de piédestal à un groupe de dieux. Des nains bizarres par le mélange de leurs membres, un Siva prêt à pourfendre un enfant suspendu tandis que d'autres le supplient à genoux de l'épargner, un labyrinthe d'escaliers qui montent et redescendent, complètent l'étrange architecture de cet hypogée que fréquentent des milliers de pèlerins. Les inscriptions qui couvrent les pilastres carrés sont en caractères indéchiffrables.

EUoMu Le souterrain d'Ellora, dans le Deccan , l'emporte sur tous ceux de llnde. Il s'étend sous une montagne d'un granit rouge très dur, percé de main d'homme dans un espace de 6 milles et plus ; il contient des temples disposés en amphithéâtre, ou superposés l'un à l'autre, des obélisques, des ponts, des chapelles , des salles , des cellules, des colosses, des portiques, des galeries sans fin, le tout creusé dans le roc vif, et, chose prodigieuse, appuyé sur le dos d'une rangée d'énormes éléphants. Chaque divinité a, au moins, un sanctuaire dans ce vaste panthéon (1); Siva en a vingt, et partout des bas-reliefs offrent sur les parois des sujets tirés des Védas. Le plus beau de ces temples, où l'antique le plas reculé s'unit au moderne et même au moresque, s'éloigne de la forme constante, qui est quadrangulaire, pour se déployer en croix grecque. « Pour construire (dit un voyageur) « le Panthéon, le Parthénon, Saint-Pierre, Saint-Paul, l'ab- « baye de Fonthill, il faut certainement de la s^ence et de « grands efiTorts; cependant nous concevons comment ils « furent projetés, poursuivis, achevés. Mais personne ne (( peut se figurer comment des hommes , nombreux et tenace ces autant qu'on voudra , et pourvus môme de tous les

(1) Krichna a dit : a Ceux qui servent arec foi d*autre8 dieux que moi in*adorent aussi involontairement. » Ce précepte de tolérance universelle, consigné dans le Bhagavat-ghitâ, apprend aux pèlerins que leurs cultes divers doivent être confondus dans le culte d*un seul Dieu, dont les apparences sont variées. Les artistes hindous, pénétrés de ce précepte, réunissent dans un même lieu consacré, et comme dans Tasîle de la paix, les images symboliques des chefs divins sous les drapeaux desquels les hommes peuvent se faire la guerre. Voy. Lanolois, Description du Kelaça (temple de Siva) à Eilora.

BEAUX^ARTS DANS L'iNDB ET DANS L*£6TPTE.

H moyens nécessaires à raccomplissement de leur tâche, se a sont attaqués à un rocher naturel, haut de 33 mètres quelu quefois, pour le creuser peu à peu avec le ciseau , et pro- <c duire un temple pareil. Non ; cette œuvre surpasse Timagicc nation, et Tesprit se perd dans le merveilleux (1). »

Ces immenses hypogées, que Ton croirait une fiction orientale si on ne les voyait encore debout, et dans les ténèbres mystérieuses desquels les Brahmanes venaient méditer ou initier leurs néophytes, sont conformes aux hypogées de rÉgypte et à ceux des Étrusques ; ils ont les mêmes plans symboliques, les mêmes portes carrées et basses, les mêmes dessins cosmogoniques sur les voûtes, les mêmes niches pour les dieux.

L'art sort ensuite du sein de la terre, mais sans oser s*en détacher; il s'empare des rocs qui se présentent à lui, comme nou3 le voyons dans les milliers de pagodes et dans les hautes pyramides de Kamate, Ramisseram, Déoghir, Tandjore, Bénarès, Jagrenat, Tripettas, et dans les palais épars, au milieu des forêts de la délicieuse Geylan, autrefois le séjour de peuples très civilisés et maintenant l'asile de pauvres sauvages. Les types sacerdotaux vivent encore; mais sur la forme carrée, aux côtés tournés vers les quatre points cardinaux, s'élève la pyramide au quadruple triangle, image de la Trimourti, ou le sphéroïde allongé vers le ciel, figure de l'œuf primitif; dans l'intérieur, les ténèbres sacrées sont, comme dans les hypogées, traversées par la seule lumière des lampes, qui éclairent faiblement les longues rangées de colonnes à chapiteaux symboliques (2). Ge sont maintenant des pyramides faites d'énormes morceaux de granit sans ciment; une porte étroite donne entrée dans la salle, où une lampe descend de la voûte sur le lingam prolifique, devant lequel les prêtres offrent le sacrifice. De même que ces pyramides nous rappellent l'Égypte^ ainsi les temples ronds consacrés à Yesta dans le Latium nous sont représentés par d'autres petits temples qui s'élèvent sur un perron circulaire entouré de portiques et de colonnades, et où des dragons, des dauphins, des monstres bizarres semblent se jouer sur les toiles et s'enlacer aux canaux par où s'écoulent les eaux

(1) Sbllt, Wonders of EUora, p. 127. D'autres grottes se voient à Bamian dans Tlndou-Kouch, sur la route entre Balk et le Caboul; d'autres dans le Caboul.

(S) bn Toir les dessins dans les Views of Indostan du peintre Hodobs.

DBUXIÈME ÉPOQUB.

pluviales. On remarque toujours au milieu la cellule réservée au Brahmane , éclairée par une seule lampe ou par une ouverture dans la voûte. Des nefs basses, précédées ellesmêmes de portiques, s'étendent tout autour, et c'est là que le peuple se réunit sous les regards des dieux secondaires. Le tout est enceint d'un mur qui parfois n'a pas moins d'une demi-lieue de circuit, et dont l'approche est annoncée par des obélisques et des colonnes monolithes.

Dans les catacombes d'Ellora dont nous venons de parler, on voit pour ainsi dire l'art sortir du souterrain pour apparaître à ciel ouvert. En s'approchant de la montagne sous laquelle s'enfoncent ces grottes, on rencontre d'abord un monument sombre, isolé, des portiques affaissés et sans ornement conduisant au sanctuaire d'un Bouddha étranger, aux oreilles pendantes, aux cheveux crépus. Ce sont lés Dehrwaras, ou séjour des impurs ; c'est là que s'arrêtent les parias pour adorer un dieu réprouvé comme eux. Vient ensuite le Djagannata, temple de l'assemblée des fidèles, dont la façade repose sur quatre énormes piliers soutenus par des éléphants, et les chapiteaux par des lions. Il a 11 mètres de profondeur sur 19 de largeur; un escalier mène au sanctuaire; les marches en sont gardées par deux statues, dites portiers de Vichnou, et autour se trouvent un grand nombre de figures dans l'attitude de l'adoration.

En descendant par un étroit soupirail dans une autre grotte carrée, soutenue par douze piliers, un corridor aboutit au temple de Rama, d'une profondeur de 12 mètres, avec deux rangées de colonnes , dont les fûts sont couverts de feuillages ; sur la base, on voit des figures nues, qui se tiennent embrassées à la manière des Grâces.

Mais le temple d'Indra, dieu du firmament, abandonne les formes antiques ; c'est une véritable pagode, pyramide carrée à plusieurs étages, se terminant en coupole, et taillée en entier dans le roc. Nous ne tenterons point de décrire les me^ veilleuses et bizarres sculptures qui ornent ce ciel (Tlndra, où les proportions sont agrandies et améliorées, car le temple a 28 mètres de long sur 32 ; les colonnes ont 7 mètres de haut, à l'exception de douze autour de l'autel , qui figurent le lingam (1).

(i) Voy. Lanqlàs, Monuments de l'Inde; Didot, 1824. — Danibl, Àntir quities of Indicé et lea auteara déjà cités.

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A 400 mètres de là, un corridor long de 33 mètres , creusé dans la môme roche, aboutit au Doumar Leynay autre merveille souterraine. A l'entrée sont deux lions tenant chacun sous ses griffes un jeune éléphant abattu ; du côté du péristyle, un groupe représente Siva avec le bœuf, paraissant danser en compagnie de différents dieux ; de Tautre, Dharma Raja, juge des enfers, assis, la massue en main, le cordon brahmanique sur Tépaule, et près de lui la belle Sita, d'une stature non moins gigantesque.

En avançant, on trouve le temple partagé en sept rangées de piliers, avec des cariatides debout; puis, on monte aux étages supérieurs, où sont, dans de petites chambres, d'autres divinités. Du plus élevé, on descend par le flanc de la montagne en face d'une cascade qui se précipite de 33 mètres de hauteur. De là, on arrive à la grotte de Djenuassa, ou des cérémonies nuptiales; elle est précédée d'un long vestibule orné de statues des diverses divinités qu'on y révère : l'Amour, l'Hyménée, la Génération, entourés de jeunes garçons tenant le schtoriy c'est-à-dire un chasse-mouches, fait d'une queue de bœuf. Sourya, dieu hermaphrodite du Soleil, est traîné par sept chevaux; des jeunes filles demi-nues, comme les Heures, le schiori en main , le cordon d'hyménée au cou, et de petits Amours jouant à leurs pieds, couvrent les piliers de leurs vastes corps. La porte du temple proprement dit est gardée par deux colosses mâles avec leurs femmes très petites. A l'intérieur des nefs, les plafonds à corniches rectilignes sont bas, soutenus par des lions et appuyés sur des colonnes striées ; leurs chapiteaux sont enveloppés dans les immenses feuilles des plantes nées sous le climat des tropiques, renversées et pendantes vers la terre, au lieu de se dresser comme le gracieux acanthe corinthien. C'est avec une intention profonde qu'à la grotte des mariages fait suite celle de Siva, dans laquelle l'art essaye de s'émanciper des types sacerdotaux. L'espace extérieur où est le bœuf Nandi , sculpté dans le rocher, ne diffère pas des autres; mais la nef unique, avec ses quatre galeries latérales étroites , a un caractère particulier.

Le merveilleux temple de Bamischouer, ou de Rama-Isouara, incarnation de Vichnou, semble un appendice des grottes nuptiales. Deux statues de femme sont à l'extrémité du vestibule qui sépare la cour du bœuf Nandi du portique carré environnant le sanctuaire; des niches et des bas-reliefs pré-

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sentent des groupes allégoriques en grand nombre : ici, c'est Tavare avec sa famille criant après les voleurs qui l'ont dépouillé, tandis que Siva danse à la face de ces misérables affamés ; là, ce sont les querelles de ce dieu avec sa femme Parvati; ailleurs, un couple venu pour se marier, et le prêtre offrant aux époux la noix de coco rituelle, en deux parties, qu'il les invite à réunir; puis Ravana, ravisseur de l'Hélène indienne, servant de point d'appui à Rama, qui le rend témoin de ses caresses à Sita recouvrée. La finesse du travail dans les sculptures tient tellement du style grec, qu'on les croirait postérieures à Alexandre; mais la voûte proprement dite ne parait pas encore dans l'architecture (1).

Le Ramischouer le cède, pour la majesté de l'ensemble et pour la délicatesse des détails, au Kêlaça, palais de Siva, quj occupe presque le centre des excavations infinies pratiquées dans cette montagne. Siva habite l'une des trois cimes mythologiques de l'Himalaya ; le printemps y est étemel, et sur des tapis de fleurs, qui recouvrent les neiges perpétuelles et les abîmes sans fond, dansent continuellement les laitières toujours jeunes , au gazouillement des oiseaux de toutes les couleurs. Le palais dont nous parlons , qui n'offre plus dé«

(i) « Sir Charles Malet, dit M. Lanolois, rapporte deux traditions biea différentes sur Torigine des monuments d'EUora. Les musulmans les attribuent au radja El, qui vivait il y a neuf cents ans. Les Indiens les font re« monter ju8qu*à Élou qui aurait régné dans le Dwaparà'^Youga, c^est-à-dire il y a plus de sept mille neuf cents ans. LesPouranas parlent d'un roi Éla, autrement appelé Pourouravas, qui date du commencement de la monarchie indienne ; nous ne pouvons pas raisonnablement adopter une pareille antiquité. Les sculptures gravées sur le monument donneraient un démenti formel à cette prétention désordonnée. La présence de Krichna et des Pandous parmi les personnages représentés nous donne déjà une date postérieure à la grande guerre décrite par le Mahabàrata, et qui peut avoir eu lieu de mille deux cents à mille ans avant notre ère. Le culte de Krichna n'a dû être adopté qu'à une époque assez éloignée de son existence réelle ; et si même il faut reconnaître parmi toutes les sculptures d'EUora quelques figures bouddhiques, nous serons obligés de descendre à une date Voisine de notre ère, au moment où se balançait l'influence des Brahmanes et des réformateurs fatigués de leur joug. Une antiquité de deux miUe ans me parait tout ce que l'on doit accorder à ces belles ruines, et, dans cette supposition, je ne voudrais pas nier absolument les rapports qui ont pu avoir lieu, pour le perfectionnement des arts* entre Tlnde et l'Occident. Les belles médailles indobactriennes, qu'un heureux destin nous a révélées dernièrement, peuvent nous indiquer le chemin que l'art grec aurait suivi | mais, en tous cas, s'il faut dépouiller l'Inde de son originalité, on sera contraint d'avouer que cet art grec s'est transformé pour se faire indien. »

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