II
paix générale dans l'iie; ce fut la huitième année de la guerre du Péloponèse (4^^ avant J. C , prer mière année de l'olympiade 89). On renvoya les Athéniens, et le peuple ne manqua pas ^l'en. punir ses généraux.
Pendant la paix de Nicias, les Égestains implorèrent le secours -d'Athènes contre Sélinonte. Alcibiade représ^ita que cette circonstance était Ëtvorable pour attaquer Syracuse, cité dorienne, et qu'il fallait en profiter pour établir des démocraties dans toute la Sicile, ce qui sersât le premier pas vers la domination universelle. Sans^ ^ard pour les remontrances de Nicias, on fit d'immonses préparati& ^ : tous les trésors, toutes 'les- troupes y furent employées, et l'on nomma pour chefs Nicias, Lamachus et Alcibiade.- Alcibiade seul était capable de mei^er à bien une entreprise ^où il fallait moins des connaissances de tactique militaire, que la confiance de la flotte et de l'armée, jointe à l'habileté qui lie des négociations avec les difiërentes fiictions. Soutenu par le parti démocratique, il fit occuper Catane tandis qu'elle recevait les généraux qui haranguaient le peuple. Il fît aussi recevoir l'armée athénienne à Naxos, et il ^aît se conciUer les
'1 13^4 trirèmes, 60 yaisseaux de guerre, ^o de transpori (sans compter ce qu'y ajouta Chio), 5ioo hoplites, i5ao Athéaiens, appelés 6K x,aLTctXoyov ,700 thètes, 480 arche», dont 80 Cl^toisj 700 frondeurs Khodiens, etc.
habitans de Messène, quand parut tout à coup le vaisseau qui devait le ramener à Athènes en criminel d'état ^
Cependant la flotte bloquait Syracuse, et quoique Lamachus eût péri , Nicias , qui avait reçu d'Athènes de la cavalerie et plus de deux n^illions de notre monnaie, était sur le point de contraindre les assiégés à se rendre, lorsque Gylippe, que, d'après le conseil d'Alcibiade, les 3pdrtiates avaient envoyé à Corinthe, entra dans Syracuse avec trois mille hommes. Lés mesures qu'il prit changèrent la fiice des choses. Pressé par terre et par' mer, Nicias^ dès la fin de l'année , déclara aux Athéniens qu'il serait obligé de lever le siège, si on ne le renforçait d'une flotte et d'une nouvelle armée. En effet , au lieu de rappeler leurs forces dans un moment* où ils rallumaient la guerre par leurs dévastations en Laconie, les Athéniens envoyèrent, au commencement de Fannée suivante, Démosthène» leur meilleur général, soixante -quinze vaisseaux et cinq mille hommes pesamment armés. De leur côté, W Syracusains, qui déjS possédaient cent qoatre-vingtSL voiles, furent secourus encore par des hâtimens venus du Péloponèse. Une attaque tentée par les Athéniens fiit complètement repous-
1 Au mois d^Août de )a i.'* année de la 9.* oljrmpiade, 41 5 aT. J. C. Thucydide I liy. YI, chap. i5.
sée, leur flotte fut anéantie dans quatre combats, et Tannée de terre se vit obligée de se retirer vers l'intérieur de l'ile. Au milieu d'un pays dont l'ennemi connaissait tous les chemins , la résistance devint bientôt inutile : il Êdlut <]ue tes généraux se rendissent ^ Les Athéniens, au- nombre de six mille, furent réduits en servitude; il n'y avait. point de ville de Sicile où l'on ne vît des esclaves ; les Syracusains les plongèrent dans les carrières, où l'on ne faisait communément travailler qùfe' les criminels. Nicias et Démosthène devinrent les victimes de la fureur de ces Syracusains , qui venaient de se constituer en démocratie. 'Mais Athènes ressentit doublement la perte de sa jeunesse, de ses vaisseaux et de ses trésors; car les Spartiates, peu familiarisés jusqu'ici avec' une poUtique astucieuse, furent mis par Alcibiade en rapport d'aUiance avec les Perses et avec les alUés mécontens des Athéniens. D'abord ce chef s'était embarqué sans résistance, comme s'il avait dessein de paraître devant ses juges ; mais ensuite il s'était enfiii en Italie , e{ de là à Sparte , où il donna le conseil d'établir une place dans l'Attique , au lieu d'y faire des incursions annuelles. On choisit pour cela Décélie, éloignée de Thèbes et d'Athènes d'environ six lieues, et qui.
1 Septembre de la 4** année de la 9.* olympiade, 4^^ avant J. C.
de plus, était facile à défendre. Dès que les ouvrages furent construits, on y mit forte garnison, ee qui gêna tellement toutes les conununications des Athéniens, que, jusqu^au retour d'Alcibiade, ils furent obligés de faire par mer leurs processions solennelles à Eleusis. Bientôt cependant ils furent aussi serrés par merj car l'Eubée, Lesbos, Erythrée et Chio promirent dé les abandonner, dès que Sparte ferait paraître une.flotte dans ces parages. Pharnabaze, satrape de l'Hellespont, et Tissapheme, satrape d'Ionie et de Carie, offrirent leurs secours. La flotte vint eni^ à Chio, et avec elle Alcibiade, ce maître en fait de ruse et de négociation. Chio et Erythrée firent aussitôt leur défection , Clazomène les suivit , et peu de temps après il y eut à Rhodes un changement de gouvemen^ent , qui ramena cette île puissante, dans la Ugue de ses compatriotes doriens^ enfin pour pouvoir envoyer une flotte à Samôs, il fallut que les Athéniens <en vinssent aux mille talens qui étaient leur dernière ressource. Pendant que les deux flottes étaient en présence, les matelots de Sparte étaient payés avec l'argent des Perses. Il fut à ce sujet conclu deux traités oitre Tissapheme et les Spartiates; mais leurs clauses donnèrent bientôt lieu à des discussions qu'Alcibiade souhaitait beaucoup de voir naître. Il avait eu à Sparte des relations^ intimes avec la femme du roi Agb (ce qui était d'autant moins extraordinaire
(7o) qu'Aristote Iqî-méme blâme la vie libre des femmes de Sparte). Plus tard Finflluence d'Alcibiade dans les affaires avait encore accru la mésintelligence qui régnait entre Agis et lui, et il en était venu au point de craindr^ pour ses jotu%. Chalcideus, l'amiral qu'il acconipagnait , étant mort, leâ chefs de la flotte athénienne, à l'exception de Phrynichus, ne se montrèrent pas éloignés de négocier avec lui au sujet de son rappel. Alcibiade ieur fît espérer que, de même qu'il avait engagé Tissapheme à xliminuer la solde des Spartiates , il le déterminerait à la supprimer entièrement , ce qui ne leur permettrait plus de continuer la guerre sur mçr: Alcibiade cependant déclara qu'il n'écouterait aueune proposition, tant qu'on verrait gouverner à Athènes les démagogues qui l'en avaient chassé. On ne pouvait éloigner les démagogues sans changer la constitution existante : ce fut donc en ce sens qu'on négocia, et da^s cette Tue on dépécha à Athènes Pisandre^ D'abord le peuple ne voulut rien*écouter; mais Pisandre effraya les citoyens influons et les réccxiciUa peu à peu avec l'idée d'une oligarchie. Il fut enfin* chargé de négocier avec Alcibilide, et de sacrifier les deux che& démocratiques, Scironide et Phrynichus^. Les agré-
1 Première année de la 93.' olympiade, 4^* ayant J. C a ïhucydide , Ht. VIII , chap. 3 , racofrte comment tout supposa au projet de reorerser la démocratie, et. dit : « Les a Eumolpides et les Géiyces attestaient les mystères profanés,
(7> ) gaûons qui existaient déjà entre les riches citoyens, achevèrent après le départ de Pisandre ce qu'il avait commencé ; ces réunions étaient le seuT moyen de résistance quV>il ait pu jus£[u'alors opposer aux démagogues. Néanmoins , quand Pisandre revint à la flotte, les circonstances avaient changé : on avait compris . qu'Alcibiade ne menait pas entièrement Fesprit de Tissapheme; car il était intervenu un troisième traité ei|tre^les satrapes et les Spartiates. Aussi Pisandre et les siens , tout en persévérant dans leurs projets d'introduire l'oligarchie à Athènes el chez les alliés, se gardèrent bien de faire entrer Alcibiadfe dans l'exécution de leur plan. Athènes avait envQyé^*des commissaires avec Pisandre ; il en laissa la moitié à l'armée , et l'autre inoitié , dont il était le chef , tenta de changer 'les constitutions dans les îles. Ces essais ûreaat passer beaucoup d'états dans la ligue de Sparte. Dans Athènes on était pré-
« cause de son exil , et imploraient la religion pour s^oppottt « à son retour. PÎMndrey sans se laisser intimider ni par las K contradictions ,. ni par les complaintes , s*ayance au miliea « dn penple, fait approcher tons cenx qni le contredisent, c et demanda sépirrément à cfiacnn d^enx snr qnelle espérance n ils comptent jaurer la r^nbUqne. » — — — Gomme jcenx qnH intenogeait étaient forcés de répondre ^^ils n^aTsient pas d''espéiance ^ « Et noos n^en pourrons ayoir, reprii-il han- « tementy ^*en mettant dans notre politique plus de mo«
a destie , qtfen dennant fantoTité à un petit nombre de Gi«s^ a tojens, pour in^irtc'mu iol,de la confiancft*
paré au retour de Pisandre, il s'y commettait toute sorte de violences : le rhéteur Antiphon , l'ame du parti oligarchique, fit tper Androclès : quiconque essayait de parler contre tes chefs de la faction, périssait assassiné.
Vers le même temps les Spartiates* envoyèrent à Phamabaze dans rHeUespont des troupes sous le commandement de DercylUdas ^ et -plus tard ils y ajoutèrent une flotte. Abydos, Sesto^, Lampsaque, furent enlevés aux Athéniens, et les villes' de l'Eubéc firent défection. Ce fut . dans ces circonstances et
ausisitôt l'arrivée de Pisandre^ qvt'Antipl^on, de concert avec Phrynichus,' Alexiclès çt Arjistarque, crut pouvoir remettre le gouvernement entre les mains de quatre cents personnes , et cela^ sous pirétexte de réduire la. démocratie à cinq mille citoyens. L'ancien conseil fut dissQus : on établit une force armée pour protéger la nouvelle oligarchie, qui signala ses commencemens par une grande dureté envers ses subordonnés. Quand la flotte devant Sàmos apprit cette révolution^ elle s'en indigna, et l'armée déclara qu'elle ne recevrait aucun ordre de ce gouvernement : elle se 4onna pooir chefs Thrasyllus et Thrasybule. Ces «généraux, tout en faisant jureir haine à l'oligarchie , reçurent aussi le serment de bien servir la patrie et de combattre vigoureusiement les Spartiates. Pans le même mois (Avril), Byzance se sépara d'Athènes; l'opinion
(75) qu'on avait d'Alcibiade était si grande, même chez les hommes tels qae Thrasybule , que Ton ne crut pouvoir parer à la perte totale de Tétat qu'en le rappelant Alors le peuple athjénien était réellement dans la flotte et dans l'armée ; elles reçurent Alcibiade, le prirent pour chef, et le sucées répondit à leur attente. Son prçpaier soin fut d'empêcher Felécution du funeste projet de faire voile vers Athènes pour y détruire et l'oligarchie et les oligarques. La nouvelle de ces événemens étant parvenue dans cette viUe (en Mai), Théramène se -mit à la tête des affaires. . Phrynjchus fut assassiné sur la place publique, et l'on donna* à entendre que ce meurtre était l'eflTet d'une conjuration contre lui et contre les tyrans qui gouvernaient avec lui. Peu après Alexidès fut enfermé; mais Aristocrate et Aristarque s'armèrent, et, pour éviter une guerre civile, il fallut Im rendre la liberté. A la fin de Juin le conseil des quatre cents fut formellement anéanti, et Ton révoqua la sentence d^exil portée contre Âlcibiade. Pisandre , Alexiclès et d'autres membres de ce conspil, s'enfuirent chez les Spartiates à Décélie; Aristarque occupa OEnoë, petit fort sur les confins de la Béotie, qu'ensuite il livra à l'ennemi. La nouvelle constitution fut une démocratie teinpérée, entièrement du go^ût de Thucydide ^ Il était
\ Voici ses proprev paroles, liy. VIII, «chap. 97. «^Les « Athémens , malgré la consternation où les jetait le mal-
(74) temps que le calme se rétablît : les Athéniens venaient d'être battus à Érétrie, et de toute FEubée ils ne possédaient plus qu*Oréum. Mais vers le .milieu de Juillet, Thrasyllus et Thrasybule se signalèrent, entre Siestos et Abydos, par une victoire sur mer, et, dès le mois de Septembre suivant, Âlcibiade en remporta une seconde à Abydos. Il pressa tellement les vaisseaux ennemis, que Phamabaze accoXirut pour les faire retirer sur le /ivage et les entoura de palissades-, mais il ne put empêcher que trente d'entre eux ne fussent perdus. Peu de temps après, Alcibiade fut arrêté par suite des embûches de Tissapheme. Dès qu'il se fot échappé , il engagea les Athéniens .à tout oser pour terminer la guerre
(( heur qui leur était anii<Wicé , ne laissèrent pas d^équiper « Tiogt navires, et ils formèrent une assemblée, la première (c qui fut alors convoquée dans. le Pnyx, où Ton. avait couce tume de s^assembler auparavant. Là ils déposèrent les Quatren cents , et décrétèrent que It gouvernement serait confié ans « Cinq-mille ^ que tous ceux qui portaient les armes sériaient c de ce nombre; que personne ne recevrait d^ salaire pour o aucune fonction , et que ceux qui en recevraient seraient « notés d^infamie. Il y eut dans la suite d^autres assemblées , a elles furent même fréquentes; on. y établit des nomotbètes, ic on y fit divers réglemens touchant Fadministratîon de Tétat. n Ce# premiers temps sont Tépoque oq, de m^es jours-, les « Athéniens me semblent sVtte le mieux conduits en politi<jpie : « ils surent tenir un juste tempérament entre la puissance « àfis riches et celle du peuple : et c^'est ce qui d^abord remit te la république de Tétat fâcheux où elle était tombée. ^
par un cioup décisif; car ils ne pourraient, disait-il, lutter long-temps contre l'or des Perses. Dans le mois de Juillet de la troisième année de la 92.^ olympiade , l'amiral, dç Sparte perdit à Cyzique et sa flotte et U vie; et Çjzique, ailin bien que Proconnèsé,' tomberai au pouvoir des Athéniens. Le parti de Sparte, succomba aussi à Thâsos. U s'écoula ensuite une année sans événemens importans ; puis Alcibiade prit Chalcédoine , Sélymbria, Byzance^, et vers le nnlieu de l'année suivante, la première de lagS."" olympiade^ il rentra dans sa patrie. Comme on lui attribuait à lui «eul la restauration de la puissance athénieniDs , son triomply n'eut pas plus de bornes que la jpie dû peuple. Ce qui augmenta encore cette ivressci générale, c'est que, pour la première fois dépuis que Décélie était occupée par les Spartiates > la procession d'Eleusis fut célébrée par terre, Alcibiade la faisant protéger par un coips de tÎH>upes. Cependant ces sentimens d'allégresse, causés par la présence d'un homnpie qu'cua croyait pouvoir tout ce qu'il voulait, ne durèrent que fort peu.* Oh le mit à la tét^t d'une expédition , pour, laquelle x>n n'épargna rien , on lui donna une puissance illimitée ; mais- il s'aperçut bientôt que les choses' létaient entièrement changées. Lé jeune Cy rus, maintenant gouverneur des provinces mé-
lidionales de l'Asie mineure, désirait intéresser à
1 4^9 ayant J. C.
sourit alors aux Athéniens pour la dernière fois. Eux-mêmes s'ôtèrent les chefs heureux , qui désormais avaient la confiance de la flotte, et cela précisément dans le moment où l'astucieux Lysdndre reparaissait sur la scène. Les huits stratèges qui avaient remporté la victoire des îles Arginuses, furent condamnés à la plus dui*e des peines, pour une petite négligence que nous li'appellerions pas même de ce nom. Condh resta presque seul. Ces sortes de condamnations contre des généraux qui avaient bien mérité delà patrie, si>nt l'une des choses les plus âcheuses de la constitution athénienne; mais quiconque a lu le Ménexénus de Platon,
plaindra les chefs , sans cependant condamner le peuple.
Peu avant Cette défaite, les alliés des Spartiates avaient tenu une assemblée à Éphèse^ les habitans de Ghio y avaient beaucoup insisté pour qu'on ren^ dît le commai^dement à Lysandre ; mais les lois de Sparte s'opposaient à ce que le pouvoir suprême fût deux fois conféré au même homme :' on prit donc le parti de les éluder, et l'on nomma pour Nauarque , Aracus , qui savait bien qu'il ii'était là que de nom; Lysandre fut son epistoleus où son second. Dès le mois de Décembre (4o5 avant J. C), Lysandre smprit les Athéniens à JEgos Potamos dans THellespont , et il détruisit si complètement leur flotte et leur armée, que Coi;ion lui-même,
(77) complètement innocent de la fâcheuse issue du dernier combat, Âlcibiade perdît le commandement, et se sauva par la fuite dans ses terres de Hirace, où il avait bâti un petit château fort Heureusement pour Athènes que les Spartiates rappelèrent Lysandre presque dans le même temps, ou plutôt, le temps de son pouvoir s'était écoulé* CaUicratidas, son successeur, dédaigna de faire sa cour aux satrapes persans x il ne voulait point obtenir par là flatterie '<:e qui ne pouvait se faire par les voies directes. Il ne fut donc que faiblement appuyé; cependant il prit Méthymne dans File de Lesbos, et bloqua étrpitement Conon et sa flotte. Diomédon, amiral athénien, qui était venu pout dégager Conon, fut aussi battu. Les Athéniens alors armèrent à la fois , et par terre et par mer, levant tous les hommes capables de porter les armes, libres et enclaves. Ils agirent avec tant de promptitude, qu'en moins de trente jours ils purent offnr la bataille aux Spartiates entre le continent et Lesbos. Pour cette fois, leurs chefs étaient excellais : les huit stratèges se trouvaient sur la flotte; chacun commandait une division de quinze vaissèaox. L'issue du combat fut brillante : les Spartiates perdirent soixante-dix vaisseaux et dix ;mille honunes, et leur amiral fut tué^ MJI la fortune
1 Joint t de la 4'' ^^née de la 93/ ol|rmpiade.
qui , avant et après l'exercice de leurs charges , étaient soumis à un examen- |)ublic '. On a vu aussi que ; pour mettre un contre -poids dans sa démor cratie, il avait revêtu de plus de considération qœ jamais le tribunal de Taréopage, qu'il avait entoure d'une apparence de sainteté religieuse ^ et que les membres de ce tribunal, n'étant point soumis à une réélection annuelle, siégeaient pendant toute leur vie. U était surtout composé d'archontes irréprochables dans leur gestion ; il Surveillait les mœurs, il exerçait Une partie de la juridiction criminelle^» et même en certains cas étendait son autorité sur ,
tout le peuple , et particulièrement sur ses résolutions précipitées et sur ses injustices ^ Barmi les
1 Voyez Tittmann , dans ce qu'ail a écrit sut les çonstitatioiii grecques, et Bœckh, Economie politique des Athéniens, eo quatre llyres^ Berlin, 1817. Ils ont traité ce sujet à fond. H suffit ici d^indiquer quelques points essentiels à la knarche des affaires publiques.
3 Démosthène dans Aristote , éd. Bekker, p. 563. « L*aréo- , « page doit connaître du meurtre, des blessures yolontaires , (c de Fempoisonnenfent, quand celui qui a pris le poison en -^ « est mort. '
3 Liasse rtion que quelquefois, quand le peuple était ^nr It point de rendre une décision injuste, Taréopage paraissait en corps dans rassemblée, n^est fondée que sur un passage du I^hocîon de Plutarque. Un autre passage du discours de la couronne . nons montre encore Taréopage corrigeant les bémes du peaple. Pour comprendre ce que dit Démosthène , il faut saydir q«e Faréopage n^était yraiment juge que des meurtres de certain
neuf archontes il en élait trois qui avaient des fonctions déterminées, c'étaient Véponyme^ le BasiUus^ le Pùlémarquê; le*s six autres étaient appelés thésmotètes, et formaient un tribunal de première instance, de commerce, et un corps chargé de la pohce générale. Ces archontes présidaient tous les autres tribunaux, dont les juges étaient pris parmi les citoyens sans distinction de classe. Les assemblées du peuple et cette multitude de tribunaux firent bientôt de tous les Athéniens une fotde d'avocats et de sophistes. On ne tarda pas à les rendre juges de toutes les contestations des alliés; le sort désignait chaque année six mille assesseurs ^ , dont
genre ^ fit que dans les affaires ciimineUes qui intéressaient i^état et ia religion, il ne faisait qne Tinstruction de la procédure , tantôt d^office et tantôt sur la proposition du peuple. On Ht dans le discoars pour la couronne , pag. 3 1 4 » édit. de Harles. « Antiphon Toulait brûler tos chantiers : je Tappris « et je le 6s détenir an Pirée, puis je Taccusai derant « rassemblée du peuple j mais Escbine , par ses cris , fit c tant 9 qu^Antiphon fut remis en liberté sans que le pauple « prononçât sur luL f^raiment , si le conseil qui siège dans « Varéopage iCen avait pris connaissance , s'il fCavait remarqué c votre insouciance dans un temps où vous n'aurie* pas dd « are insoucians f s*il tCavait point fait reparaître devant vous « cet homme tel quil était , etc. " Cest ainsi , ajoute Démosthène, qull fut conyenablement puni. Page 3i6 Torateur cite Qa cas semblable \ le sénat répare aussi une erreur populaire. 1 Les tribunaux étaient,' i.® rassemblée du peuple pour les crimes d'éut; a.* le conseil {fUvXi)^ B."" Taréopage; 4*'' 1<*