‹ Histoire universelle de l'antiquité, trChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dynasties grecques antérieures aux relations qui s'établirent entre Rome et t Orient.

Démétrius et Lysiniaque.

( Échappé au désastre dlpsus avec enyiron neuf

mille hommes , Démétrius cherchait à. rétabUr sa puissance sur terre et sur mer. Séteucus n'avait pas encore de flotte,. il ne possédait pas même im port; car les villes de Phénicie a]:^artenaient à Démétrius, Plistarque occupait la Cilicie, et quant à Séleucie, qui fut depuis le port d'Antioche, il ne pouvait pas en être question, pas plus que de cette capitale , qui ne fut fondée que- dans les années suivantes. Ântigone avait récemment construit une ville qui de son nom s'appelait Antîgonie} Séleucus la rasa , et il en employa les matériaux pour élever une nouvelle ville à peu de distance de la cité détruite. Ântioche, à laquelle il donna le nom de son père, fut, jusqu'à la conquête du pays par les Arabes, l'une des principales villes du monde. Ses habitans ne se signalèrent pas moins par leur légèreté que par le goût des plaisirs et des voluptés , et par leur esprit et leur penchant pour les arts et pour les

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lettres; ils conservèrent toujours le dialecte attique dans toute sa pureté; car une partie notable de la population primitive s'était formée de ces douze mille Athéniois qu'Antipater avait emmenés en Thrace^ Antigone à Antigonie^ et Séleucus dans sa nouvelle capitale.

Le soin de cette fondation retenait Séleucus de toute autre entreprise, et Lysimaque n'avait point de vaisseaux pour protéger ses côtes; il fallait donc, pour obtenir des forces navales, que celui-ci se liguât avec Ptolémée. Voyant s'allier les deux rois dont les frontières touchaient son empire, frappé d'ailleurs de la grande réputation de beauté qu'avait aoquise Stralonice, fille de Démétrius, Séleucus résolut de contracter une union avec ce prince; il offrit d'épouser sa fille. Démétrius accepta cette proposition - avec empressement, c'était pour lui un coup de fortune. Il possédait encore Cypre, Tyr, Sidon, et conservait- l'empire de la mer. Les Athéniens , il est vrai , lui avaient interdît leur villes mais ses soldats tenaient Mégare, Gorinthe , Sicyone et une grande partie du^Péloponèse» Lorsqu'il amena sa fille en Syrie avec une

I Ils* sayaient trop bien quMl n'y avait rien de r^el dant ion enthousiasme poar leur liberté. Les déclamatioBS de Pintar^e contre Pingratitnde des Athéniens sont d^antant plus ridiciiles , ^e lui-même distingue fort justement entre les dcYoirs des particuliers et la règle de conduite des états.

suite pompeuse, de nombreux vaisseaux l'accompagnèrent; en passant, il chassa Plistarque de la Gilicie (299) et pilla ce qui restait des trésors* de Quinda. Eln vain Séleucus voulut -le déterminer à lui céder, pour des sommes considérables, Tyr, Sidon ou la Gilicie : Démétrius ne voyait , ne craignait d!autre ennemi, que Ptolémée ; aussi chercha-t-il à traiter ^avec lui, et, quoiqu'il eût déjà deux femmes, ce roi lui promit «a fille. Démétrius, de son -côté, donna des otages pour garantie de l'engagement qu'il contractait de ne point troubler la navigation des Égyptiens, et de ne point ravager leurs côtes; il livra même le fi*ère de Deidamie^ princesse d'Épire, qu'il avait épousée et qu'il perdit vers cette époque.*

Pyrrhus, qui succéda à Démétrius dans le métier d'aventurier, était alors si lié avec lui, qu'il avait été chargé de gouverner en son absence' les affaires de la G^èce. Au retour de' Dénlétrius , les circonstances parurent favorables à un 'ç6up dé main sur Athènes. Classand're , qui en voulait à ses citoyens depuis l'expulsion de sa garnison , avait fait quelques excursions sm' le territoire de PAttique. Olympiodore , ce noble Athénien , le même qui plus tard chassa la garnison de Démétrius»,

f De plos , il avait épousé Phila , Lanassa , filU d^Agathi de , et rAthénienne Ëlpinice.

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avait rendu vaines toutes ces tentatives de Gassandre ^; mais un démagogue avait fait obtenir à celuici les résultats que ses armes n'avaient pu opérer. Ce démagogue était Lacharès. Cassandre l'engagea à se faire tyran et à bâtir un fort dans lequel ses gardes pussent se défendre d'une surprise. Malgré la cruauté qui rendait ce Lacharès odieux^, il sut se maintenir encore après la mort de son protecteur^ il résista à la première attaque de Démétrius, qui ne put en entreprendre une seconde de sitôt, car il venait de perdra sa flotte qu'une tem* péte avait détruite sur les côtes de l'Attique, en second lieu il venait de recevoir une blessure dangereuse à Messène. Quand il eut réuni une nou-* velle. flotte, quand, de retour du PélopQnèse, il occupa Eleusis et Rhamnus , les Athéniens et leur tjran résistèrent avec énergie, malgré la famine qui les pressait. Us comptaient sur la, flotte de Ptolémée, qui se montra^ enfin près d'Égine; mais die n'avait que cent cinquante- vaisseaux., Démétiius en av^t trois cents : on ne crut donc pas devoir livrer la bataille. Lacharès s'enfuit en Béotie,

1 Pausanias, Attic, chap. ^6. lies Macédoniens faisant des incnrsions contre Eleusis , Olympiodpre réunit les habitans de <i<tte yille et chassa ces Macédoniens. Avant rinvasion de Cas- Hadre, Olynipiodore s^enlbarqua pour l^tolie, où il obtint ^es secours qui contraignirent ce prince à cesser les hostilités.

3 Pausanias, j4ttic. , chap. a 5.

après avoir spolié les plus saints des trésors et mutilé les plus beaux des monumens, et Démétriùs fut reçu dans la ville ^ Les Athéniens lui remirent Munychie et le Pirée, il plaça des troupes dans le Musée 9 qui était -fortifié dépuis peu, et considéra désormais cette conquête :comme assurée.

Si Démétriùs avait pu réussir dans la tentative qu'immédiatement après il fit fiiur Sparte , on l'aurait vu maître de toute la Grhte , de la mer, <le la. Cilicie , de Cypre et des principales villes de Phénicie. Il était impossible que Ptolémée et Lysimaque vis* sent de sang froid s'élever une pareille puissance. Déjà Démétriùs avait vaincu les Spartiates , déjà même il donnait l'assaut à leurs murs 3, lorsqu'il apprit que Lysimaque s'était emparé des villes ma* ritimes ^ et qu'à l'exception de Salamine , Ptolémée avait pris toute l'île de Cypre. Il leva donc le siége^ mais, dans le moment où il se préparait à s'embarquer, il céda à rinvitation.de venir en Macédoine, où Cassandre, à sa mort^, avait laissé trois fils. Philippe y qui était l'âdné, n'avait réghé que quelques

1 Pausanias , Attic. — •— Les habitans de Coronée tnèrent Jiàcliarè$ à oanse des grandes richesses qa^ils croyaient trouver en sa possession.

a Première année de la iai.* olympiade^ agG avant J. C. Voyes, sur les murs de Sparte, ToilYrage deMaaso, tom^ III » paç. 3 53. ' ,

3 Olympiade 120, 1/* année»'

mois * ; les deux autres , Antipater et Alexandre , se disputaient l'^npire : le .premier ne crut pas Tacheter^ trop cher au prix du meurtre de sa mère Thessalonice , dernière princesse du sang de Ma« cédoine. Ce crime ayant aliéné tous les esprits , il se sauTa chee Bysimaque, son bedu^père, dan$ Tes* poir que celui-ci le raimènerait avec une armée. D'un autre côté) Alexandre s'adressa à Démétrius et à Pyrrhus, quittait déjà roi d'Épîre. Cependant Lysimaqu'e , après avoir démoli Cardie et fondé à sa place uneXysimachie , se trouvait impliqué dans une guerre contre les Gètes du Danube, peuples redoutables , qui plus tard le firent prisonnier luimême , ou prirent, tout au moins, son .fils Agathocle, comme le dit Bausanias. Le lâche Antipater méditait un attentat sur la vie de son beau-père, mais il fiit découvert eft mis à mort. Débarrassé de son rival f Alexandre se serait passé volontiers de tout secours étranger^ mais il était trop tard : Démétrius s'était avancé jusqu'à Dium,«^où îï eut une entrevue avec lui. Chacun de son- côté désindt la mort de son aUié : il né s'agissait que de savoir lequel des deux préviendrmt l'autre. U ne parut pas à Démétrius que

I M. Niebalir dit au sujet de la traduction arménienne de la Chronique d'Eusébe : « On ne nomme , dans le Canon , qu^An- « tigone et Alexandre. Pans le $9.* chapitre on accorde quatre n mois à Philippe , deux ans el six mois k ses deux frère»* *

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ï)iam fôt un lieu convenable pour cette scène sanglante , il se retira à Larisse, en Thessalie, où il fut suivi par Alexandre, qui déjà avait tout disposé pour se défaire de lui Cepeyndant il fiit devancé d'un seul jour dans l'exécuûon du crime. Démétâus né rougit point de l'avouer; il exposa les moti6«de son action en présence des deux armées;

Au milieu de ces temps d'horreurs et de désordres, Phila^ fille d'Antipater, que Démétrius avait épousée par l'ordre. de son père, et qu'il avait ensuite tant négligée, donna seule des preuves d'une ame noble et généreuse. Après avoir long-temps défendu Salamine contre Ptolémée, elle fut prise et conduite à Gorinthe. Oubliant, en Ëiveur de son fils Antigone Gonatas ^ , les outrages de Démétrius , qui lui avait préféré trois fenuues et une innombrable quantité de maîtresses , cette princesse , chère aux Macédoniens par le souvenir qu'ils gardaient de son 'père, négocia désormais dans les intérêts de Démétrius, qui monta sûr le trône deux ans et onze mois après la mort de Gassandre^. S'il avait su mettre un terme à son ambition et se contenter du bel empire de la Grècç,^ ni PyrAus, devenu son mortel ennemi, ni les Étoliens qui marchèrent aussi contre lui , n'auraient pu lui

1 Ce fut le chef de la nouyelle lignée rojalt. a 4'* Aon^o de la i3i.^ oljqmpîade.

nuire, mais il devint lui-même Tinstrumehl de sa perte* Pyrrhus, souveraiti de TÉpire, avait encore, depuis les derniers événemens de Macédoine, iur corporé à sçs possessions Ambracie et l'Acamanie; mais ni lui, m le»; Spartiates,. «ni le« Étoliens, ne purent sauver là Béotie ^ , ni même empêcher Demétrius d'occuper Thèbes, comme il avait précédemment occupé Athènes.

Égafé par ses succès^ Démétrius s'engagea envers Pyrrhus dans des querelles fâcheuses ,• dépensa dels somïnes immenses pour la splendeur de sa cour, et fit sur terre et sur mer des préparatifs pour reconquérir en Asie les possessions de son père. Mais il devait peu compter sur les Macédoniens, et pendant une maladie qui le retint à Pella, Pyrrhus put occuper prescpie toute la Macédoine sans éprouver de résistance. Néanmoins ce péril ne Vavertit pas d'être prtid^nt; dès. qu'il fut rétabli, dès que- Pyrrhus , avec lequel il se réconcilia ensuite pour quelque temps, eut évacué ce pays, il -- — , — . — r . ■ ' ' ' "' ■ '

1 Les Béotiens étaient jusque -U soumis entièreiqent aux rois de Macédoine, parce que ceux-ci étaient en querelle avec Athènes; maii Démétrius étant "aussi le maître de cette ville, ils Toulnreat se*soustraire k robélésancfe*; cependant il les bontiaignit k la soumission et leur donna pour gouverneur Hiéronyme de Cardie. Mais quand il marcha contre la Thracc , il y eut une nouvelle "déf eedon de leur part , ' et Pjrrhu» vint ^nv la' Tbessaliè : ce dêmier'en fut promptement chassé, et les Béotiens ii« 'tardèrent pas à être subjugués de nouveau.

rassembla son armée et sa flotte, composée d'énor* mes et incommodes, vaisseau! , qu'il ayait ramassés où il avait pu les trouver. Cinq cents navires , parmi lesquels il y en avait de quinze et de seize rangs de remes, étaient repartis dans les pofts de Pella, de Chalcis, de Gorinthe et d'Athènes; cent mille hommes de pied et douze mille cavdiers composaient l'armée. Mais tout à coup cette ombre imposante de puissance s'évano\iit et se dissipa eomfne un brouillard : Séleucas, Lysimaque, Ptolémée renpuvelèrent leur alliance et y^ firent, entrer Pyrrhus, qui ne s'arrêta point à l'armistice qu'il v^tiait de conclure. U entra en Macédoine du côté de l'ouest, tandis que Lysimaque Fenvahissait au nord, et. que la flotte de Ptolémée croisait sur les côtes de la Grèce. DéiXiétrîus se vit abandonné de son armée , dans, laquelle on s'était sans doute ménagé des^ intelligences. Il s'enfuit en Grèce chez son fils , et après un^règne de six ans ; il laissa le trône de Macédome à Pyrrhus ». Tout était désespéré ; la vertueuse Phila , plutôt que de voir encore son infidèle époux 'plongé dans un abyme dé malheurs, terniina ses JQurs par le poison , et Dém.étrius, laissant à son fils Antigone tout ce qui lui restait en

i 133.* olympiade, a.* ann^e, a88 avant J. €• Plntai^e dit : HauuJ^ovsctç '— iTrttttrUtv wri j^fjutrficu lif/iàUtoç dpi^iiiffnç , mais ntHU préférons rautoric^ d^Eosèbe.

^Ml )

Grèce ^, aUa chercher des aventures en Asie, tandis qu'Qljmpiodore profita de ce moment pour la dé- Hvrance d'Athène»^. Il ne fkut pas s'étonner de le voir essa^r, avec onze mUlé hommes, une entre* prise pour laqudle il avait cru néc^saire de faire d'immenses préparatifs ; car il n'était d'abord question que d'attaquer Lysimaque , qui était en Macédoine , où . il songeait au^c moyens d arracher à Pynchus la moitié dû territoire qui lui était échue en partage. Lysimaque^ en trouva l'occasion après sept mois , mais il oie put se maintenir que cinq ans. Quant à Démétrius , il rencontra en Asie une résistance inattendue; Agathocle, le fils de Lysimaque, marcha contre ce prince dans le moment où il menaçait la Phrygie, après être venu de Carie occuper la Lydie. Toutefois il ne présenta pas la bataille à cet adversaire désespéré, et se borna à intercepter ses communications avec la mer en empêchant les arrivages. IL occupa ensuite les passages du Lycus, et fit perdre huit mille hommes à Démétrius; enfin, content de l'avoir chassé de ses proyinces, il l'abandonna à sa destinée.

Démétrius résolut d'aller en Arménie , mais ses

1 C^est^à-dire dans le Péloponè§e.

3 Pausaniaa , cbap. a6~y donne les détails de cet éTénement, M cite un beau uait de I^eocrite qni, le premier^ escalada ia iQuraillc du Musée.

soldats s'y refusèrent, et quand il voulut venir chez son gendre Séleucus, celui-ci fit garder les défilés de Syrie et lui permit seulement de passer' l'hiver en Cataonie. Démétrius abusa jle cette concession \ il surprit les ifoupes de Séleucus et remporta quelques avantages ; mais bientôt il fiit cerné et coatraint de se rendre ^. On le traita mieux qu'on ne devait s'y attendre dans la circonstance , et il resta en Syrie, où il mourut trois ans après, k l'â^de cinquante-quatre ans. 3 , ,

' Le sort de Lysimaque fut aussi confié aux mains de Séleucus. Dans un âge fort avancé il se livrait encore aux crimes les plus horribles,- et s'abandonnait à l'influence des femmes. Nous avons, dit

1 II y a dans Plutarque un récit fort intéressant de ces circonstances et des différens projets que Démétrius faisait pour échapper à Séleucus avant de se rendre à lui. Seul 'avec quelques amis, il' se retira au plus épaiîs d^une fprét. Ses troupes Savaient abandbnné pour joindre .Séleucus, qui, la lance au poing, s^était avancé pour le& haranguer.

3 Ol^rmpiade 133, 4** année.

3 Le lieu t>ù se retira Dcmctrius avait trois noms , s^il en faut croire Wesseling sur Diodore , liv. II , pag. 56 1 : Ifte pugnat Plutarchus conirariusue Diodoro est, eadem tnim urbs Chersonesus Sjrriœ , Pella et Apamea. Lysimaque offrit deux mille talens à Séleucus pour qu^il fit tuer son prisonnier. Antigone, fils de Démétrius, offrit ses possessions d^Asie pour qn^il lui rendit la liberté \ mais Séleucus demeura sourd Jb Tune et k Fautre proposition.

comment il épousa Amastris qui régnait à et qui ne pouvait être jeune, puisque déjà elle avait été mariée deux fois , et qu'elle avait de son second mariage dei|x fils presque adultes. Avant son expédition ,de Macédoine , Lysimaque l'avait &it venir à Sardes, où il vivait en bonne intelligence avec die; mais bientôt il jugea convenable de sceUer son sBiance avec Ptolémée par une double union; il épousa Arsii^oë , la fiUe de ce roi , et à son tour Ini donna Tune des siennes. Amastris ne voulut pas rester à Sardes , elle retourna dans sa principauté dAéraclée, qu'elle fit prospérer^ et fonda deux nouvelles colonies , Amastris et Tium. Cléarque et Oxathrès, les fils qu'elle avait eus de son mariage avec Denys d'Héraclée , demeurèrent encore quelque temps à la cour de Lysimaque. Mais pendant qu'il était en Macédoine ils tentèrent de s'emparer de la principauté de leur père; en conséquence ils atti- Kèrent leur mère sur un vaisseau, avec lequel ils la firent couler bas. Lysimaque résolut de venger une épouse pour laquelle il avait toujours conservé de l'attachement; il marcha sur Héraclée et tua les meurtriers , puis il déclara villes libres , Héraclée , Tium et Amastris ^. Jusque-là sa vie n'était encore

I Mamnon, dans la Bibliothèque de Photiot, Cod. CCXXIV, 719-. Il fdgnit de a^ëtre point irrité , et ce ne fut qu^aprés aroir été reçu dans la ville quHl fit mettre à mort ces parricides.

ni souillée par le .vice ni • distinguée par la vertu ; mais tout le mal vint d'Ârsinoë , qui se trouvait à sa cour dans une étrange position : sa sœur consanguine étant la femme de l'héritier di^ône; d'un autre c6të, Ptolémée Céraunus , frère de .cette princesse ;, ne voyait en elle que la fille d'une bellem^ ôdieu^. C^tte femme d'ailleurs ne pouvait souffrir la pebsée que les enÊ(ps d'AgatJhocle et de Lysandra régneraient .un jouf , et que les siens n'arriveraient jan^ais au trône; enfin on y ajoute qu'elle avait en vain tenté de séduire Agathocle par ses charmes. EHle.se voyait donc poussée à la vengeance par l'ambition et par l'^mour-propre blessé; d'abord die engagea Lpimaque à assigner à -ses fils la principauté d'Héraclée, de.Tium et d'Amastris , et par conséquent de retirer à - leurs habitons lé bienfait de la libertés Elle sut ensuite le brouiller avec Agathocle^ en lui faisant croire que ce fils avait :^oulu attenter à ses jours. Lyâimaque entreprit ^ à son tour, de l'empoisonner, et quand il eut manqué l'exécution de ce projet» il le jeta dans un cachot, où il le fit étrangler.' Agathocle aj^aû gagné tous les cœurs» et tous

1 Memnony 1. cit.

a Je ne dis rien ici de Ptolémée Céraunus : comme le remarque Mannert, pag. 3o9 , il est Traisemblable qu^il ait participé à ce crime.

s'éloignèrent de son père. Lysandra et ses en&ns s'eofidrent auprès de Séleucus, et Philétère, auquel Lysimaque avait confié la garde du trésor qui était àPergame, fit aussi sa soumission dès qu'il sut que ce prince s'avançait Ainsi Lysimaque se trouva au pouvoir de son ennemi même avant la bataille qui décida du sort dé son empire.'

Séîeucides ou dynastes de Syrie.

Pendant les dix années qui s'écoulèrent de la ktaille de Gaza jusqu'à celle d'Ipsus, Séleucus, ainsi que nous lavons vu , s'occupa principale ment d assurer aux Grecs les conquêtes d'Alexandre oi Orient ; mais on sait bien peu de chose sur les détails de ses expéditions. Toutes les provinces lui obéirent jusqu'au fond de la Tartarie ; il reprit les villes de TAmu et du Dschihun, se fît reconnaître au bord de la mer Caspienne, et épousa Apamé, princesse persane, dont il eut Antiochus. Il fit aussi rentrer dans le devoii" la Bactriane et la Sogdiane, qui s'étaient révoltées; enfin Taxile et Porus se reconnurent ses vassaux. Il s'était formé au-delà du Pandschab un nouvel empire , contre lequel il eut à combattre jusque vers le temps de la bataille ^psus. Un homme de la caste des guerriers , qui III* 1 5

avait appartenu à rarmée d'Alexandre, et qui avait approché de la personne de ce monarque, réunit les Indiens qui avaient fait la guerre contre lui, et forma de la sorte une de ces puissances qu'on voit naître de temps à autre dans l'histoire d'Orient. Les Grecs l'appelaient Sandracottus, et ses compatriotes le qualifiaient Ae fils de la lune ou fort de la lune ^ Dans la guerre que Séleucus fit à ce nouvel empire , créé sur les bords de la Dschumnah , il passa le Béhar et pénétra jusqu'au Bengale. Bientôt cependant on conclut un traité pareil à celui qu'autrefois Porus avait obtenu d'Alexandre. Séleucus engagea les Grecs venus avec ce conquérant et ceux qu'il avait établis lui-même dans ce pays, à suivre le roi indien dans ses expéditions 2. Sandracottus put donc fonder un empire immense sur le Gange. ^ Il fit de riches présens au roi de Syrie, et lui

1 Le missionnaire Waltber, dans FHistoire de la Bactriane, par Bayer, traduit ce mot par fils de la lune, et Bayer lui-même rend tsckandracoot par castellum lunœ.

a Pline, Ht. VI, chap. 17, dit : THyphase fut le terme des conquêtes d^ Alexandre j le reste du pays fut parcouru par •9éleucus Nicator.

3 Justin dit quHl était de basse extraction , ce qui signifie sans doute qu^il n^ctait ni de la caste des rajahs ni de celle des bramines. Après qu'ail eût conclu la paix avec Séleucus, il traversa le Bengale à la tête d^une armée de 600,000 hommes.

donna les cinq cents éléphans qui furent d'un si grand secours à la bataille dlpsos. Mégasthène, qui était le chargé d'affaires de Sêleucus auprès de Sibyrtius, gouverneur d'Arrachosie, et qui souvent faisait des voyages dans l'Inde, ne sait lequel de Ponis ou de Sandracottus fut le plus grand des monarques de ces contrées. Mais les récits de ce Mégasthène, quoique Pline, Strabon et Clément d'Alexandrie y aient souvent puisé, n'ont pas plus de valeur aux yeux des bons critiques que ceus du menteur Onésiciîte. Après la bataille d'ipsus et la fondation d'une nouvelle capitale de Syrie , Sêleucus se mit à bâtir des villes dans diverses parties de son empire : les plus remarquables sont les deux Séleucies, l'une située en. Piérie,'à l'embouchure de rOronte , l'autre sur le Tigre ; cette dernière devînt la principale de toutes celles qui sont muées entre le Tigre, l'Euphrate et les montagnes de l'Inde; car on dépeupla en sa &veur l'anrique Babylone, qui disparaît de l'histoire depuis ce moment. Avant mënle de marcher contre Lysimaque, Sêleucus avait transféré le siège de son empire à Antioche. De l'Euphrate aux frontières de l'Inde toutes les provinces furent confiées à l'administration de son fils Antiochus.

L'Asie mineure se soumit sans difficulté j déjà Pergame et son trésor étaient au pouvoir du vain- <}ueur : Sardes ne put tenir que peu de temps, et

Lysiuiaque, âgé de soixante- dix ans, et qui depuis cinq ans était roi de Macédoine, fut obligé de se hâter d'accourir pour sauver du moins une partie de ses possessions asiatique^ ^ U rencontra son ennemi sur la frontière septentrionale de Phrygie. Une bataille , qui dans ces circonstances ne pouvais tourner qu'au désavantage de Lysimaque , fut livrée dans un lieu appelé Kurupédion^ et dont on pe peut aujourd'hui fournir la désignation précise. Dès le commencement de Faction Lysimaque fut atteint d'un javelot. Un historien d'Héraclée ^ rapporte avec joie que ce fut un de seé compatriotes qui lui donna le coup mortel, et qui par là ressaisit la liberté que ce prince avait sacrifiée à sa femme. Toute l'armée fut dispersée , et Séleucus passa THellespont pour preijdre possession des provinces d'Europe. Mais ce roi avait réchauffé un serpent dans son sein : le prince égyptien que son père avait exclu du trône pour son mauvais naturel, et que les Grecs, à cause de sa violence, appelaient Céraunus f l'éclair, Ptolémée, enfin, que Séleucus avait accueilli avec tant de bonté, fut celui qui trancha ses jours. A en juger par un trait relatif à Héra-

1 Olympiade iiÊ^, 3/ année, aSa avant J. C.

a Voyez Memnon, dans la Bibliothèque de Photius. Celui qui lança le javelot s^appelait Mabacon^ il servait sous Séleucus.

clée ^ , Séleucus s^était fait beaucoup d' ennemis ; Ptolémée Céràunus, à ce qu'il paraît, profita de leur mécontentement pour tramer une conspiration ; et le roi fut tué au milieu des siens.

Il se peut que , parmi les Macédoniens , un parti nombreux préférât voir occuper le trône vacant par le petit -fils d'Antipater ^ j une autre faction cependant se déclarait pour leï enfans de Lysimaque, qui vivaient à Cnssandrie avec leur mère

1 MemnoQ rapporte que les citoyens d^Héraclée , dés qu'ails apprirent la mort de Lysimaque , engagèrent le gouverneur d^Arsinoë à se retirer^ que sur son refus ils Fenfernoièrent, nommèrent un ckef dans leur sein et envoyèrent unç députation à Séleucus. Sur ces entrefaites un petit tyran, Zipœtès , qui régnait en Bithynîe , voulut sVmparer d^Héraclée ^ mais les habitans ne le craignaient pas. Cependant Séleucus. avait envoyé Aphrodisius pour recevoir leur soumission : ils n^obéirent pas ; leur première et leur seconde ambassade furent donc mal reçues; les députés restèrent au camp, fort embarrassés de ce qu^ils devaient faire. Leur ville se ligua avec Mithridàte de Pont , Calcédoine et Byzance , pour résister aux futures attaques de Séleucus.

a II y avait sans doute encore . nne autre raison. Arsinoc pouvait, si les enfans de Lysandra notaient pas mis sur le trône , former des prétentions légitimes pour les siens. Elle était restée en Europe quand Lysimaque partit pour son expédition , et probablement elle gouvernait la Thrace et la Macédoine. De là ces horreurs commises contre elle et contre ses enfans, au rapport de Justin, liv. XXIY, ch. a et 3. Nous avons emprunté le surplus de notre récit k Memnon.

Arsinoé. Aussi le meurtrier de Séleucus ne s'arrêta -t- il point là, il célébra, avec sa sœur, un mariage incestueux, et après s'être ainsi procuré l'entrée de la place, il fit égorger les en&ns de Lysimaque dans Içs b^as de leur mère, et l'envoya elle-même captive en Samothrace. On reconnaît bien ici la conduite de cet homme pervers qui, pour se défaire de Séleucus, avait violé la religion elle-même j et qui n'avait pas craint de tuer ce vieillard pendant un sacrifice. Il s'enfuit ensuite à Lysimachie, et, prenant le titre de roi, revint à la tête d'une troupe qui lui était dévouée. Tous les soldats qui avaient servi sous Lysimaque passèrent à lui; l'armée de Séleucus se dispersa ou retourna en Asie , et Ptolémée prit possession de la Macé^ doine et dune partie de la Thrace, Il ne régna qu'un an et cinq mois.

Antiochus était l'héritier de Séleucus, mais il était trop éloigné ; d ailleurs ses troupçs étaient dispersées ou même elles avaient déserté. Philétèi^ de Pergame, qui voulut rendre les derniers devoirs à Séleucus et envoyer sa cendré à son fils , fut obligé de racheter son corps des mains du meurtrier. On lui érigea ensuite un magnifique monument à Séleucie sur le Tigre. Quant à Lysimaque, il avait été abandonné sans sépulture sur le champ de bataille, où son chien fidèle le défendit longtemps contre les bêtes féroces et les oiseaux de

( 23. ) proie; son fils Alexandre le fit transporter dans un magnifique tombeau qu'il lui éleva non loin de son ancienne capitale.

A la première nouvelle de la mort de son père , Antioclius courut vers l'Asie mineyre, dans l'intention de le venger; .mais 1^ nouveau foi de Macçdoine' avait trop bien pris ses mesures; il s'était déjà créé des intelligences dans tous les petits états auxquels la Syrie paraissait redoutable. Nous avons parlé de 'la ligue des liabitans d'Héraclée', de Cal^ cédoine et de Byzance avec les rois de Pont Ils envoyèrent à Ptolémée de redoytables vaisseaux, qui le firent triompher d'Antigone Gonatas, fils de Démétrius^; on a lieu de croire que plus tard Zipœthès , prince de Bydiynie , et même Philétère de Pergame, firent cause commune avec eux. Dans les premiers momens Antiochus ne crut pas devoir se mettre à la tète d'une armée; il se borna à envoyer Patrocle pour soumettre les petits états d'Asie qui avaient fait défection. Ce Patrocle traita à Tamiable avec les habitans d'Héraclée ; Hermogène d'Aspendus, qui commandait sous lui fit de même; mais quand ils voulurent réduire la Bithynife par la force des armes , ils tombèrent dans une em-

1 II faut renoncer à expliquer le surnom de Gonni, après cequ^en a dit Niebuhr au sujet de la traduction. arméniennç de la Ch]:onic[ue d^Eusèbe.

buscade et y perdirent leur armée. Alors Ântiochus , qui avait transféré le- siège de son empire à Antioche, apparut lui-même pour rétablir ses afiaires; son expédition ne fut pas brillante, il ne put vaincre ni Zipœthès, roi de Bithynie^ ni les dominateurs du Pont et de la Gappadoce. Zipcethès était alors en guerre ouverte avec son frère Nicomède, et Héraclée s'agrandissait aux dépens de ses voisins. Le roi de Pont prit Amas* tris , Tune des villes de commerce les plus flo^ rissantes de cette côte*. Cette conquête le rendit , invincible pour tous ceux qui ne pouvaient pas entretenir de flotte dans la mer Noire. Ses successeurs y établirent souvent leur gouvernement , jusqu'à ce que, cent ans plus tard, Phamace conquit - Sinope et y fixa le siège de ce royaume.

Pendant qu'Antiochus faisait en Asie la guerre à ceux qui avaient secoué le joug , une immense quantité de hordes celtiques se répandit sur la Thrace,

1 Mçmnon, dans Photius, pag. 718. Vers ce temps-là les Héraclébtes emplotjèreiit leurs trésors à se procurer les places de Cienis, Thynnus, llum. Quant à Amastris (qui leur arait d^abord appartenu comme les autres), ils Toulurent la re<r prendre ) mais ils ne purent- en Tenir k bout. Eumène, qui gouyemait cette ville , aima mieux la livrer entre les mains d^Ariobarzane , fils de Mithridate , que 'de recevoir Pargent que lui en efitaievt les Héracléotes, tant il était irrité cotftrei eux.

sur la Macédoine et sur la Thessalie. Ptoléijiée Céraunus périt * ; pendant quatre ans la Macédoine fut plongée dans la plus profonde anairchie , Antigone Gonatas et Antiochus cherchaient chacun à Ëdre valoir leufs droits sur ce malheureux pays. Antigone, qui était le plus voisin , s'en mit en possession , et tandis qu'Antiochus rassemblait des vaisseaux pour passer en Ebrope , il se ligua avjec Nicomède de Bithynie, qul^ de concert avec Hé raclée, erfipécha ce passage 2, de telle sorte qu'Antiochus finit par abandonner ses droits sur la* Macédoine à sa soeur et à sa fille. La première , qui était fille de Séleucus Wicator , avait épousé Antigone , et la seconde, nommée Stratonice, était mariée à Démétrius , fils de cet Antigone \ Il paraît que le prince de Bithynie craignit de deVetiir victime de cette transaction, et que ce fiit, poio* cette raison, qu'il prêta ses vaisseaux aux Gaulois qui allaient en Asie.

Ces Gaulois étaient alors fort à charge aux Byzantins, aUiés de Nicomède, qui voulait suscister

1 135.* olympiade, i/* année, a8o ayant J. C.

3 Memnon, dans Photius, pag. 719. Nicomède vint avee sa flotte au-devant de eeUe d^AntiochuA ,' mais, aucun parti ne Toiilant commencer le combat, elles se séparèrent.

3 M*. Niebahr : De la traduction arménienne d*£usèbe ^

des aiTaires à Antiochus dans son propre pays, et surtout en Phrygie. Il conclut donc un traité avec ces étrangers^, qui s'engagèrent à ne. point ravager ses terres ni celles de ses alliés, puis il transporta en Phrygie dix -sept chefs et leurs troupes. Antiochus fut si occupé à combattre ces barbares , que le roi de Pergame eut tout le temps de s'aSermir dans les places fortes de la côte. Ce fondateur d'une nouvelle dynastie p'avait pas, il est vrai, une seule ville importante sur son tef'ritoire, mais il entretenait de grandes armées de mercenaire ^, et cuvent il se servait de Gaulois ^lémes pour faire la guerre avx Gaulois. Ce fut surtout par leur secours qu'il parvint à ériger la Bithynie en royaume. En général, tous les états qui voulaient ou conquérir ou . conserver leur indépendance , les prenaient pour auxiliaires^ ils occupèrent enfin toute la. contrée qui s'étend de Pessinunte , sur la frontière de Bithynie, jusqu'aux limites de la Cappadpce^. Iieur audace était telle que, quatre

1 Memnon , d^ns Photius. Les Gaulois , en vertu de ce traité, deyaient, en cas de besoin., secourir Ifes Byzantins, les citoyens de Tium , ceux d^Héraclée , les Calcédoniens , ceux de Ciéms et de quelcpies autres états.

a Strabon, liy. XIII, pag: 89? et 894» édit. de Falcon.

3 Memnon, dans Photins, pag. 732. Ce pays s^est ensuitf appelé Galatie j il fut divisé en trois parties .; l\ine est celle de Trocmé; Fautre, celle des Tolistoboîens 3 la troisième écltut

mille d'entre eux ayant été conduits en Egypte par Ptolémée Philadelphe, ils osèrent tenter de s'emparer du pays. Dans l'Asie mineure ils ne purent être domptés que par le troisième dominateur du petil. empire de Pergame ; car la victoire qu'on dit avoir été remportée par Ântiochus près de Sardas ne fut nullement décisive. Aussitôt que Ptolémée eut excité les Gaulois contre Antiochus ' , celui-ci fut obligé d'abandonner .son expédition d'Egypte^ il en eut pour deux ans à les combattre, À bien que If^ Égyptiens purent occuper toute la cote et mettre à contribution toutes les villes maritimes. ^

Antiochus périt enfin dans un combat qu'il livrait à ces baj^'bares dans le voisinage d'Éphèse^, et son fils, Antiochus II occupa le trône après lut II ne parait pas que le gouvernement de ce nouveau roi ait été d'abord aussi mauvais qti'il le fut depuis. Éphèse était alors entre lès mains d'un bataix] de Ptolémée, qui s'était ligué avec Timar-

anx Tectosages. Les Trocmiens bjâtirent Ancjrre , les Tolisto» lK)iens Tabie , les Tectosages Pessinunte. ,

1 Olympiade 129, 1/* année, 264 a.yant J. C.

2 Pausanias , Altiç, > ch. 7 , à la fin. Je n^oserais ni affirmer ni coQtester ce cpie dit M. Niebuhr , pag. 55 de son Examen ^ la tradaction arménienne de la Chronique d^Ëusèbe , an sujet de la cession de Stratonicée.

3 lag.* olympiade , 4** année , 261- ayant J. Ç.

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ou conque' ^q^ croire Athénée, il laissa pen-

les prenai' temps l'empire à ses indignes &voris, toute h ^ aux instrumens de ses voluptés désorla firOT j^9 ' Cajir/^

IjC savant M. Nicbubr, pag. 48 , nie qu''elle ait été la sœur

rtintiochus , comme le croyait Frœblich , qui n^a pas fait

{teotion que les annales de Sjrrie n^offrent point d^exemples

Je mariage entre frère et sœur. Ces mariages étaient légaux

chec les Egyptiens et non chez les Macédoniens.

3 II y a lieu de croire qn^k la page 55 M. Nîebuhr rapporte k Antiochus II le passage d^Athénée que Ton a coutume d^appliquer à Antiochus 1.", et dans une note il transcrit ce qui est relatif aux favoris Aristus et Thémison. Pour nous , nous

Pendant que le roi s'abandonnait de plus en plus à de honteuses voluptés, deux nouveaux empires se formaient dans les contrées les plus lointaines de rOrient L'un porta jusques dans l'Inde et dans la Bucharie Tinfluence des Grecs, l'autre l'enrichit, dans la suite, des états des Séleucides dégénérés. Le roi d'Egypte faisait encore la guerre au second Antiochus ^ , quand un Grec ignoré , Théodote, créa en Bucharie un royaume indépendant : outre le pays de Balckh et de Samarcande , il soumit tout ce qui est entre l'Amu et les limites de Flnde. Le territoire de ce nouveau roi de Bactriane fut, dès le principe, tellement étendu, tellement populeux, que Justin lui attribue mille villes florissantes. Cet auteur s'étonne qu'à côté de cet état grec et xle son opulence, il ait pu s'élever un autre empire nomade, celui des Parthes ou des Ârsacides. Celui-ci était un mélange de hordes diverses, qui n'étaient unies que par le danger qui les . menaçait de la part des Grecs ; dès que le danger disparaissait, ce lien semblait rompu. Tous ces nomades avaient un chef commxm , que les Grecs appelaient roL ^

tachons d^abréger autant que possible ce qui concerne Phistoire de Sjrie.

1 a 54 ayant J. C.

a Malcolm , Hist, of Persia, toI. I, cfaap. 7 , pag. 246. Le

Le nom des Parthes n'est pas une énigme moins obscure que leur origine ^ les auteurs orientaux ignorent ce nom et nous laissent sans renseignemens à cet égard. L'opinion qui les &u venir du Kurdistan (Carduchia) a presque autant de vraisembbnce que celte qui leur ' asisigne pour patrie le pays des Scythes ou des Turcs ^ Mais ce qui est généralement reconnu , c'est que ces ' hordes, dont la cavalerie^ devint s^ "redoutable, se -

temps où remp,ire' persan fut connu de FËurbpe sous le nom d^empire des Parthes , fut un temps de discordes intestines entre ses princes. Le danger commun a bien pu mettre quelques rois partbes k même de marcher contre leurs ennemis de Pextériear à la tête d^armées considérables , de s^entourer de là magnificence de la souveraineté, et de reyétir les titres les pins pompeax.. Mais ce sont des exceptions qui ne prouvent nullement que les Arsacides aient jamais eu un rang pareil à celui de leurs prédécesseurs ou de leurs successeurs. Ces souverains étaient, si Ton veut, les chefs d'Anne grande ligue féodale. Cette époque est celle de la barbarie; elle ne nous a laissé nulle trace de monumens, nul document capable de- jeter do jour, soit sur Fhistoire du pays, soit sur celle de ses maîtres. 1 Quoique Topinion de Malcolm Aous paraisse peu vraisemblable, nous allons trancrire ici ses proptes paroles; il dit : almost ail authors hâve agreed in descrihing the Parthiaiu ,as bei'ng originally Scjrthians or Tartars, Il cherché k opposer k cela le témoignage de Strabon, qui en fait des Gardnquesi et il ajoute : The geographical position ' of Carduchia , tht modem Kurdistan , the character of its harbarous and unùib* dued inhabitants and their constant hosiility to the Kingt of

réunirent cinq sjis environ après la défection de Théodote, s'établirent pour toujours dans les provinces voisines de la mer Caspienne, et firent souvent des incursions dévastatrices dans d'autres parties de la Perce orientale. Au surplus les circonstances étaient très -favorables à rétablissement de Fempire de Bactriane et de celui des Parthes; k mort d'Antiochus II avait plongé la Syrie dans une suite dé discordes, et les provinces de TEuphrate et du Tigré reconnurent pour quelque temps des maîtres étrangers.

. On n'est pas d'accord sur les causes de la mort ifÂntiochus n. Le sentiment le plus généralement adopté est que sa fenune s'en défit II avait éloigné la princesse égyptienne Bérénice ; il avait rappelé près de lui Laôdice et son^ fils Séleucus II, qui depuis fiit surnommé Callinicus ; enfin , il avait

Pervo. , rendçrs it veiy probable , that , invited bjr the confusion

into whieh that country. wo/S throvvn bjr the divisions among

the successors of jàlexfinder y the Carduchi desce^ided from their

moimtains f to share the spoil of a broken empire. But it would

ht as i^eless to know , as 'it is dijfficult to ascertain , -wheter

the original Parthians , ôr in other words , the first trihes to

whom that name was given y came from the banks of the Oxus

or thqse of the Tigris > for it U obuious , that -when that ap^

ftUation hecame ^gênerai to the Kingdom of Persia , it must

hâve included a hundred races , besides those to whom authors

hupe laboured to trace it»

assuré à celui<-ci la succession au trône. On croit que Laodice fit périr son époux pour ne pas lui laisser le temps de se repentir de l'exclusion donnée à ses enfans du second lit Elle gouverna ensuite au nom de Séleucus n% mais elle. s'en acquitta avec tant de cruauté qu'elle lui fit perdre la plus grande portion de çon empire. Dès les prtsmiers jours de son administration elle répandit le sang innocent

Les villes de l'Asie nûneure, où se trouvait Laodice , étaient favorables à Bérénice et à son fils. Laodice se défiait surtout de Sophron, gouverneur d'Éphèse : elle lui dressa des çmbûches dans la vue d'attenter à sa vie. Heureusement il avait des intelligences avec Danaé, courtisane, qui jouissait de la confiance de la reine. Celle-ci l'avertit assez à propos pour qu'il pût se. sauver en Grèce, mais Danaé, en punition de ce service, fut , de l'ordre de son amie , précipitée du haut d'un rocher. Une chose «remarquable pour l'histoire des mœurs et surtout pour celle des cours de ce siècle, c'est que Danaé est célèbre à la fois comme courtisane, conune philosophe habile à enseigner la doctrine d'Épicure, enfi^i comme l'une des premières dames de la maison royale.

Partant précipitamment d'Éphèse, Laodice viotà #— ^-^— ■— ■ ' ■ '■*— ^— — ^— ^^^^— ^ —^^—^i^—i^— ——■***

1 i33.* olympiade, 3.* année, 94^ aTamt J. G.

Antioche et fit tuer la malheureuse Bérénice et son fils. Déjà les villes de l'Asie antérieure avaient pris les armes pour sauver la princesse , car elles étaient toutes en relation d'ulliance avec Ptolémée. Nonseulement ce forfait opéra leur défection , mais il semblait que l'empire tout entier allât se dissoudre. Ptolémée III saisit ce prétexte pour exciter toutes les provinces à la révolte : il en fut d'autant plus écouté qu'il appuya ses propositions de la marche d'une année. La Phrygie et ta Lydie seules restèrent fidèles à Séleucus.

Mais ce roi avait un ennemi plus dangereux en-^ core dans son frère Antiochus, qui avait été surnommé HUrax ou le vautour, à cause de sa passion immodérée pour la domination ^ Celui-ci- détacha la Lydie de l'empire^ et il fallut non-seule^ ment que Séleucus lui reconnût le titre de roi, mkis encore qu'il lui abandonnât toute l'Asie antérieure. D'un autre côté-, quand Ptolémée fut obUgé de retirer ses troupes de la Syrie , Séleucus la reprit Rentré en possession des pays qui sont entre le Taurus et l'Euphrate, il voulut ressaisir les provinces les plus éloignées; il marcha donc vers la Perse et la Médie ; mais il fut vraisemblablement Ëiit prisonnier par les Parthes durant cette expédition. En cette année ou dans céUe qui suivit, il coi]iclut

I Oljmpiade i35, i.'* aanëej a4<' aimxit J. C. «

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