III. 2i
recevait , outre les rations accoutumées , une solde d'une mine par jour (environ cent francs); et qae Scopas , qui fut nommé commandant en chef de toute l'armée , touchait un traitement dix fois plus considérable.
A Sparte la trop grande inégalité des fortunes avait eu les résultats qu'elle a partout : c'étaient, d'une part, bassesse et humilité; de l'autre, fierté, débauche, prodigaUté. déonyme joua, dans ce temps, un rôle bien méprisable : appelé par ^es Tareutins pour les secourir contre les Lucaniens, il enrôle quinze mille mercenaires au Ténare. Débarqué en ItaUe, il porte son armée à vingt mUle hommes j et quand les Lucaniens, épouvantés, concluent la paix avec Ta* rente, il abuse de la confiance de Métaponte, s'unit à ces Lucaniens contre .elle,. et s'y Uvre à des désordres et à des débauches qui surpassent pour ainsi dire celles de Démétrius à Athènes ^ La conquête
1 Diod. de SieUe^ liy. XX, cfa. 104) vol. Il, pag. 48a. Il lui extorqua plus de six cents talens et prit pour otages deux cents Tieiges des familles les plus considérées, plus encore pour satisfaire ses yoluptés que pour s'assurer de la foi des habitans. A Métaponte, Cléonyme quitta Fbabit lacédémonien, se l|Tra à toutes sortes de débauches , et opprima toujours ceux qui se confiaient à lut. Quoiqu'il' eAt une armée considérable et des contributions fort producthres, il ne fit liea pour la gloire de son pajrs. Il répandit le bruit ^k la yérité, qu'il aUait passer en Sicile pour mettre fin au règne d'Agatfaocle , et pour rendre la liberté aux Siciliens ^ mais il remit
qu^il fit de Ck)rcyre ressemble à un coup de main tel que les font les chefs de bandes et des gens sans aveu ^ ; enfin , il fut battu par les Romains , et quand il voulut porter ses brigandages sur les bords du Pô, il le fiit encore par les Gaulois. Un autre roi, ce même Léonidas qui renversa Agis, erra longtemps en Syrie, d'où il rapporta à Sparte le luxe et la corruption de ce pays. La mère d'Agis exerçait beaucoup d'influence dans Félat; elle était sans cesse entourée de gens endettés, de protégés et d'amis, qui lui composaient mie cour. Les filles des meilleures maisons étaient suivies de beaucoup d'amans, et les femmes des rois en trouvaient dans leurs propres familles. L'influence d'un petit nombre de riches héritières ( il n'y avait dans tout le pays que cent maisons opulentes) L'emportait de beaucoup
sur celle des rois. Les- pauvres , absolument privés de commerce et d'industrie , n'en étaient pas moins tenus à une contribution payable chaque mois , et qu'un éphore rendit encore plus dure et plus productive par l'intercalation d un treizième mois. Il n'est pas besoin de dire ici que les éphores savaient
cette expëditipn à d^autres temps, passa k Gorcyre, prit la yiUe , fit rentrer beaucoup d^argent et mit une garmison dauf l*tle , Toulant s^en servir comme d^uue place d^armes , d^oà il pourrait, selon les circonstances, se mêler des afiaireift de la Grèce.
1 Diodore , loc. cit., chap. io5.
admirablement profiter des superstitions populaires, et que les nombreuses intercalations auxquelles Tannée grecque était sujette, se rattachaient à la reli^on et aux prestiges du culte. En Macédoine , la monarchie, depuis Lysimaque et Pyrrhus, reposa plus sur la force militaire que sur Tafiection du peuple. Le pouvoir ne connut plus de limites : Antigène Gonatas et ses successeurs , quoiqu'ils entretinssent des troupes illyriennes et gauloises, introduisirent dans le gouvernement des formes plus- douces; mais aucun auteur ne nous a conservé de détails à ce sujet Beaucoup de villes de Thessalie, nous en avons la certitude, avaient leurs magistrats; et quoique ces ma^strats fussent placés dans la dépendance du roi de Macédoine, ces villes étaient libres et les élisaient elles-mêmes. Héraclée, qui était voisine des défilés, était encore entièrement libre. Soumise pour quelque temps à la ligue étolienné, elle redevint libre encore après les guerres des Gaulois, pour retomber de nouveau sous la puissance des Étoliens. . Les variations de la constitution d'Athènes ne sont pas difficiles à saisir. Cette cité fut toujours en proie, soit à des tyrans ou à des démagogues, soit gux Macédoniens , jusqu'à ce qu'elle entrât, mais pour peu de temps seulement, dans la ligue achéenne. Antipater y mit d'abord une garnison , et Phocion gouverna. On conserva les anciennes formes. Il y eut des archontes , un conseil , des assemblées et
( 54i ) des tribunal^: du peuple ; mais leurs attributions furent limitées. On soumit au conseil ce qu'il devait décréter^ au peuple ce qu'il devait confirmer. Les juges furent choisis parmi les riches. A peine on avait goûlé la joie causée par le rétablissement du pouvoir de la multitude^ que Cassandre installa Démétrius de Phalère. Nous avons déjà parlé de son administration. Il rendit plus nombreuse, il est vrai, l'assemblée du peuple qu'Antipater ne l'avait voulu. U y admit tous ceux qui avaient mille drachmes de fortune, et la composition des tribunaux en souffrit quelque mélange. Néanmoins Diodore et Plutarque disent avec raison, qu'en apparence son gouvernement fut oligarchique , mais que dans la réalité il fut monarchique. En rendant aux Athéniens leiir ancienne constitution , Démétrius le poliorcète leur fit un bien mauvais présent On peut en attester la conduite de Stratoclès, qui ne trouvait pas encore l'ancien conseil assez démocratique, et qui L'augmenta de cent membres tirés des deux nouvelles tribus du nom d'Antigone et de Déqiétrius. La joie cpi'on ressentit de cette restauration de la liberté et de l'évacuation de l'île de Scyros par Antiochus ne fut pas de longue durée : le gouvernement de la multitude produisit, comme à l'ordinaire, la tyrannie. Le démagogue Lacharis se fit despote ; Alexandre le soutint, comme Démétrius avait protégé Stratoclès. Démétrius chassa le tyran , et mit une garnison dans
la ville. Depuis lors la constitution ne fut plus qu'une ombre , et la liberté ne se montra plus que par intervalles. Dans kt réalité , la volonté des rois de Macédoine faisait tout : c'était à peu près la seule loi
Tandis qu'Athènes jQnissâit , cette époque vit naître , en Étolie et dans le Péloponèse , deux nouvelles puissances, dont les germes existaient di^uis fort long -temps : il s'agit de la ligue achéenne et de la ligue étoUenne. Le but de chacune était de se garantir de l'ennemi, en composant une répubUque fëdérative de petits étais, qui, soumis à des ch^ communs, garderaient néanmoins leur organisation intérieure, sans dépendre aucunement les uns des autres. Ce chef était élu chaque année. 0)>éir aux décisions de l'assemblée générale était un devoir pour tous, et les lois particulières ne pouvaient subsister qu'autant qu'elles n'avaient rien de contraire à ces décrets généraux. C'est un problème difficile à résoudre, un problème dont la solution a. presque toujours résisté à tous les essaie, que de former xme puissance considérable de petites cités, en évitant les inconvéniens des grands états et de la centrali- «ation. Nou^ devons d'autant plus désirer de bien connaître ces deux fédérations , que malheureuse^ znent ce que nous en savons est tellement incom** plet , que l'érudition et la critique peuvent écrire de savapte^ dissertations beaucoup plus facilement
*( 545 ) ifûLon n^ ferait une exposition claire el nette du sujet. ^
La ligue étoliennc est la plus ancienne ; c'est par die que nous commencerons. Elle parait avoir reposé sur les mêmes bases que celles de la Béotie , de la Lociride, de la Phocîde, de TArcadie, de la ThessaUe; c'était une union produite par une communauté d'usages et de dialectes entre des villes et des cantons dont les habitans avaient une m^me origine. .L'histoire entière montre combien les noeuds de xette union étaient peu serrés j quoiqu'il y eût des •assemblées générales, des sacrifices communs et des .«élections a certaines fonctions. Pendant long-temps i.JsL ligue étolienne ne fut que ce qu'étaient toutes Jes autres fédérations ; mais Antipater gouvernant la ;Macédoine , elle puisa une nouvelle vigueur dans Ja craintÈ de voir la nation expulsée de ses retraites, et peut-être transférée en Asie. Quant aux institutions qui ont du raj^ort avec les formes de la ligue
^acbéenne, elles sont probablement plus récentes.
1 Ubbo Emmius en a donné les principaux traits dans le TV.' volume ^u Thésaurus d^anti<{uités grecques de GronOYC. On trouTe rassemblés dans Tittmann ( Darstellung der griechif^h^n S^fiatst^er/assuagcn) , Ei^pos» du 6ys{ém^ de» constitutions gftcques, pa^. Q73-668, ot pag. 731-728, tous les passages (d'hauteurs qui y ont rapport. Nous oe nous livrerons (ci h au- Cune recherche, à aucaïaie interprétation philologique, et quand nous ne pourrons obtenir de lumière que par ce moyen , nous nons en rapporterons aux travaux d^f autres.
in. *
^ ^44 > Nous avons trop peu de renseignemens sur la légtô' lation produite par le temps, pour quil nous sok possible de distinguer ce qui est de l'origine, ou du moins ce qui est ^cien , de ce qui ne serait qu'innovation ou imitation. La principale affaire de la ligue étolienne, c'était une guerre de rapines et d'attaque , et de plus une guerre de défense pour se garantir de la vengeance de ceux qu'on avait spoliés : aussi le titre de stratège , que portait le chef
annuel, était -il bien mieux appliqué ici que chez les Achéens, dont l'union n'avait été cimentée que pour la défense. Uassemblée annuelle des Étoliens se tenait en automne, à Thermum ou Therma, près du temple d'ÂpoUon ^ On délibérait sur les propositions du stratège et des députés nDnunés à cet effet * on ratifiait ou on annulait les traités ; on y recevait les ambassadeurs^ on y élisait les fonc* tionnaires de la ligue. Quant aux députés composant le conseil où se préparaient les affaires qui devaient être discutées à cette espèce de champ de Mars, ce sont sans doute les sunèdres^ les apoclètes, les principes , dont il est fait mention quelquefois dans
1 C^était comme le repaire où ils déposaient le produit de lears brigandages en fait de statues, de tableaux ou d^objets précieux. Les bâtimens ^i environnaient le temple étaient superbes ; placé sur un rocher', ce temple était entouré de hauteurs aussi escarpées , et Papproche en eût été fort difficile poqr une armée eiinemic.
li» auteurs. Maïs comment les choisissait -on, et à quelles époques? C'est ce qu'on ne pourrait que deviner. A l'assemblée le stratège proposait; mais il ne prenait point part aux délibérations. En revanche,' il était seul chargé de l'exécution. Le second fonctionnaire dans l'ordre du commandement, était à la tête de la cavalerie ; il prenait aussi rang après le stratège dans l'assemblée de la nation; le troisième, appelé secrétaire ou écrivain public, était chargé du soin des affaires intérieures et extérieures. Outre ces trois premiers fonctionnaires , on en élisait encore beaucoup d'autres à l'assemblée ; néanmoins chaque cité de la fédération nommait les siens séparément Dans les cas extraordinaires , ou quand il y avait quelques changemens importans à Ëdre à la législation , on nommait aussi des no^ mographes chargés de proposer des lois. C'est ce que nous apprend un fragment de Polybe , où sans doute il était question de TaboUtion des dettes, mesure révolutionnaire si fréquente dans les états grecs. A en juger par quelques inscriptions, on s'occupait encore dans ces lois de beaucoup de choses qui n'avaient point trait aux relations extérieures; mais on ne sait pas bien jusqu'à quel point cette assemblée exerçait une espèce de tutelle sur chaque cité en particulier. Dans diverses circonstances on reçut dans la ligue la Phocide , la Locride et une partie de l'Arcadie; les villes
du sud de la Thessalie, et surtout Héradée, ont éié souvent réunies à ces fédérations, tant avant l'arrivée des Gaulois que depuis. Elles échappaient de la sorte au pillage, et trouvaient en même temps une protection contre la Macédoine Nous accorderons difficilement que les assemblées, tenues régulièrement tous les ans , Faient jamais été ailleurs qu'auprès da temple que nous avons indiqué, et cela lors même que Tite-Live s'exprimerait en termes plus formels . sur les réunions de Naupacte , de Lanûa et d'Héradée ; car on sait fort bien que sur ces sortes de choses il ne faut pas prendre ce qu'il dit au pied de la lettre. ^
Quoique nous n'ayons sur la Hgue achéenne aur cunes notions suivies, nous^ en savons beaucoup plus à son égard que sur la ligue étoUenne. Les villes d'Achaïe avaient chacune leur conseil , leurs juges, leur juridiction; mais U y avait un Code et des lois générales pour toutes. Ces villes faisaient usage des mêmes mesurea, des mêmes poids, des mêmes monnaies : néanmoins chaque état faisait frapper des espèces particuUères. Il ne faut cepen-
I Tittmann a indiqué ces passages, p. 726. Ni lui ni Ubb« Emmius n^ont fait de difficulté d^admettre la diversité de lien pour la tenue des assemblées générales. Ubbo Emmius dit : Sed prœter Thermum alibi etiam pro temporis conditione con^ cilium idem cont^eniebat , ut Naupacti, Hjrpatœ, Lamiœ y ^fuem^ admodum ex historia cognoscimus.
dant rapporter tout ceci qu'à l'époque du renoiivellement de la ligue; car avant cette époque les liais n'étaient pas fort serrés entre ces états, qui ne composaient qu'une sorte d'amphictionie , comme beaucoup d'autres , et qui pouvaient faire séparément la guerre et la paix. Tout citoyen avait droit à siéger aux assemblées générales, tenues à £gium, d'y prendre la parole, d'y faire des motions. Cendant on n'y voyait arriver que les riches et ceux qui jouissaient de quelque considération. Le gouvernement était démocratique, mais non pas abandonné à la multitude. L'absence des pauvres et la prépondérance des riches ne se fai- •aient sentir que dans les cas ordinaires, pour les assemblées sans intérêt majeur à discuter,' où le peuple ne voulait pas se rendre à grands frais. Dans certaines occasions, ces assemblées ont été beaucoup plus nombreuses ; elles présentaient alors tous les caractères des démocraties illimitées. Les assemblées ordinaires avaient heu deux fois par an. Les sujets de discussion s'y présentaient tout préparés ; il n'y était question que d'adoption ou de rejet, et l'on éhsait les stratèges et les autres fonctionnaires. Si l'on se fut occupé d'autre chose, la restriction de la durée des séances à deux ou à trois jours eût été toui-à-fait absurde. Il est certain que le président, le stratège, avait, pour se diriger, un conseil j mais le composait-on des dix hommes élus
démiurges ^ ou bien était-ce un corps semblable à tous les sénats des constitutions grecques? était-ce la Gérusia, le conseil des vieillards, ou bien étaientce des synarques ? Cest ce que nous ne déciderons pas. Ce qui n'est nullement douteux, c'est qu'il y avait un conseil d'état chargé de mûrir les affaires politiques, et de les examiner en attendant l'instant où l'ambassadeur pourrait paraître à l'assemblée qui décidait en dernier ressort de tous les traités.
Le pouvoir exécutif appartenait au stratège; il dirigeait les opérations de l'assemblée; seul il avait le droit de prononcer de longs discours pour ou contre les propositions, tandis que les autres étaient obligés de serrer leurs opinions dans un court espace de temps , et de les reproduire ensuite par écrit Dans les premiers temps du renouvellement
1 On trouve, dans Tittmann, pag. 687, les passages propres à éclaircir la. question. Leur examen ne nous permet pas de rien décider. Ubbo Emmius est plus hardi *, il dit , vol. IV, pag. 553 : Regebant conciliun prœtor prcecipue , si prœsens esset , et magistratus alii, quos A^hœi J)iiLUOVùyovç nuncupa' hant, Hi numéro decem erant , suffragiis legitimi concilii , quùd verno tempore habebatur, electi ex universa societate, prudentia prœcipui , quorum consilio potissimum prœtor ex lege utehatur, Horum potestas et dignitas maxima erat post ipsum prœtorem , quos idcirco Liuius , Poljrbium sequens , summum jichœorum magistratum appellat, Polybius alicubi trvvoLùyoVTetç eorum collegium congregatum, aut consessum ffuvaùyietv videtur indigitare.
( 349 ) de la fédération, on avait créé deux stratèges; mais plus tard il n'y en eut qu'un seul, qui fut assisté d'un grammateus ou secrétaire d'état. Les Âchéens firent encore un pas de plus vers la monarchie, en laissant en place des hommes de mérite, ou du moins en les réélisant souvent II est fâcheux que nous n'ayons pas de catalogues des stratèges, comme nous avons ceux des vainqueurs aux jeux olympiques, ou ceux que Porphyre nous a transmis pour les stratèges de Thessalie , qui avaient beaucoup moins d'importance. Le premier qui gouverna sans collègues demeura en charge quatre ans de suite. Aratus, une fois qu'il fût arrivé à cette dignité, l'occupa souvent de deux années l'une, ou même pluâeurs années de suite, si bien qu'en trente -deux ans il fut dix-sept fois stratège '. Philopèmen, qui le remplaça , fut nonuné huit fois en vingt-quatre ans. ^ Nous ferons remarquer que l'on pourrait élever beaucoup de diâScultés sur notre assertion, quant à la composition démocratique des asseiàblées générales, que dans les cas d'urgence on convoquait aussi à des époques extraordinaires , et que , dans la suite , on réunit souvent près de Corinthe. Il n'est pas bien démontré qu'au lieu du peuple entier, ce ne fussent pas des citoyens choisis qui venaient
I 34^ à ai3 ayant J. C.
a ao8 k 184.
y représenter les états. Il y a même un passage de Polybe qui pourrait ébranler beaucoup notre opi^ nion. ^
La constitution de Sparte était débordée à la fois par l'oligarchie et par la démocratie : j[>ar Foligar-' chie , en ce que toutes les fortunes s'étaient concoir trées en peu de mains; par la démocratie, parce que les épliores opprimaient le sénat et les rois, en s'ap* puyant de la multitude, qu'ils avaient le droit de convoquer. Il ne faut donc pas s'étonner de yoir les Spartiates de ce temps se livrer à des expéditions semblables aux brigandages des Maniotes, leurs descendans. Unis avec quelques villes d'Arcadie, les Étoliens leur rendirent souvent le mal qu'ils faisaient, et Plutarque rapporte, dans sa Vie de Géomène , qu'un jour ils emmeùèrent de Laco-
1 Dans les Excerpt, UgatioHum î nJ* XLI , Eumène eiiToie des députés à rassemblée des Achéens , qui se tenait pour lois à Mégalopolis; il promet cent Vingt tâlens, ajoutant qt^om •n appliquera les revenus k .indemniser ceux qui -viennent ans assemblées ordinaires (e'^* a f'AVU^ùfMvmv^ rovrcêf mk tSp TOKûiV fi/ff4oJWeîjdfle# Ttir fiovxiiy rSy K^euSf iTri reuç Kùt- Vûuç ffVVoShtç)» On rejeta la proposition^ parce que Ton dé* montra qu^umène , qnî avait fait occuper Égine ,. voulait de la sorte corrompre toute la ligue achéenne II faut néanmoins qu^il ait été question*'des frais de voyage des députés; car si on voulait appliquer ces ei^pressions au conseil » il n'était pas besoin d^en payer les membres pour le peu de jours que durait rassemblée.
nie quinze mille esclaves à la fois , tandis que le roi Aréus, lors de son invasion en Étolie, eut peine à regagner ses vaisseaux avec les débris de sa troupe. ^ Les modifications imaginées par Ag^s devaient, sans le secours de la violence, rétablir les anciennes mœurs, remédier à l'inégalité des fortunes et prévenir les abus du pouvoir oligarchique; mais son plan était mal combiné. Dans les siècles corrompus , les hommes avec lesquels on entreprend une régénération , ne deviennent jamais les citoyens d'une république, et plus il y a, dans le caractère de celui qui se met à leur tète, d'enthousiasme et de générosité, plus ces hommes qui, sous le prétexte de la liberté, ne consultent que leur intérêt, savent le tromper et 1 ega-* rer. Agis fut donc victime de son amour du bien, déomène eut recours à d'autres moyens : sans la vanité, sans la jalousie d'Aratus, il serait parvenu à un résultat, quoique peut-être ce résultat serait
1 n 7 a sans douU de Texagération dans le récit de Justin j il dit, lir* XXIV, chap. i : — — — JEtolos aggrediuntur , causai btUi prœtendentes , quod consensu Grœciœ sacratum ApolUni Cirrhœum çampum per vim occupassent, Huic bello ducem deligunt Arean , qui eXercitu aduhato urbes sataque in his eampis posita depopulatur, quœ auferri non poterant in-cendit. Qùqd cùm e montibus conspicati AStolorum pastores e«sent, eongregati admodum quingenti, sparsos hostes , ignorant ttaque quanta manus esset, quoniam conspectum illis metus et incendiorum 'fumus abstulerat , conaectantur , trucidatisqug ad" modum novem millibus , pradones in fugam verterunL
demeuré en -deçà du but qu'il se proposait j mais il sentit qu'il fallait une main vigoureuse pour opérer sa réforme, et qu'un état militaire demandait que les mœurs du pays fussent restaurées à peu près comme on rétablit la discipline, dans un camp. On ne pourrait prendre la défense de toutes ses actions , ni de la violence de sa conduite. On sait qu'il fit la guerre et qu'il paya se» soldats avec des subsides étrangers ;« enfin , qu'il renversa et fit exécuter les éphores et chassa les oligarques. A-til , comme le dit Pausanias , dissous clans cette occasion le conseil tout oligarchique des anciens , pour lui substituer un autres collège ? Cela est difficile à croire , surtout s'il avait Ti^teiition de rétablir la constitution' de Lycurgue. Cléomène sut rendre aux Spartiates la confiance qu'ils avaient en eux-mêmes, et les gagna tous par ses manières affables et par la simplicité de son genre de vie. Malheureusement le temps ne comportait plus ses réformes. De six mille hommes qui combattirent à Sellasie , et * que Plutarque nomme Lacédémoniens, il n'en resta que deux cents. On vit périr le noyau de la nouvelle nation créée par déomène. Il nous paraît donc inutile de nous étendre davantage sur les changemens qu'il fit dans le gouvernement Les faibles débris de cette nation devinrent bientôt la proie de brigands audacieux appelés tyrans.
Asie mineure. Syrie.
Le nouvel empire grec offre à l'observateur un aspect satisfaisant. De l'Âçie mineure et de la Syrie jusqu'aux frontières de l'Inde, on voit se répandre parmi des hommes courbés sous le despotisme un peuple énergique, qui connaît les droits de l'humanité, et qui veut participer à la formation des lois qui le doivent gouverner. Les arts des Grecs couvrirent toute l'Asie^ leur industrie pénétra en Bactriane et dans tout l'Orient. On avait fondé des villes grecques jusque sur les bords de l'Indus, et toutes jouissaient de franchises municipales. Les invasions des Scythes et des Tartares, les conquêtes des Parthes, anéantirent ces petites répubUques dans les contrées lointaines; elles les absorbèrent dans les éuts constitués selon l'esprit monarchique de l'Asie j maâSi on les vit se soutenir dans le royaume de Séleucie, jusqu'au Tigre, et jusqu'en Egypte, et de l'autre côté jusqu'à Byzance. Alexandre avait corn* mencé la fondation des villes; Séleucus en étabUt, dans les contrées occidentales de la Perse, quelques-unes qui' devinrent très -florissantes. Mais jetons d'abord un coup d'œil sur l'Asie mineure. En Cappadoce et en Bithynie la face des affaires avait changé, au point que, si l'on n'y avait pas précisent, tii
ment fondé des états nouveaux, les anciens, du moins^, avaient reçu, au milieu de leurs élémens barbares, les institutions de la Grèce. Cela n'empêcha pas, il est vrai, les hiérarchies sacerdotales et héréditaires de se perpétuer, et l'esclavage de ceux qui habitaient les domaines voisins des temples continua d'exister ^ ; si bien que sous les preniiers empereurs, Strabon trouva eqcoreces choises dans leur éta^t primitifs. Pour son organisation y la Cappadoce ressemblait assez, aux états du moyen âge : on y reconnsdt, sous d'autres titres, de puissans abbés, des barons guerriers, un peuple. obéissant et rapace. Le roi campait en quelque sorte dans le voisinage de Mazaca, et ses barons avaient bâti des châteaux sur les sommités qui l'entouraient ^. Mais ici même l'in-
al
^ Le temple de Gomana avait eocore six mille esclaves des deux sexes, et des domaines dont le prêtre percevait le re- Tenu. Ce pontift occupe le second rang dans Tétat : le. plus scHveUrt il est du sang royal. Ailleun Strabon parle du temple de Morimène j nous ne rechercherons pas «ce ^ue c^était que le Jupiter iv Outivettrotç auquel ce temple était dédié. Il avait trois mille esclaves, beaucoup de terres et un revenu de cinquante talens. Il est ensuite parlé d^autre's temples semblables. . a En Asie , lés B-omains ne traitent qu^aveo des rois , excepté en Cappadçce , où ils traitent avec le roi et le peuple. Cependant il ne faut pas ici r^er Pexistence d^ude démocratie; il convient donc d^appliquer ce mot k ces petits seigneurs féodaox dont les forts entouraient Maiaca. r
3 Strabon.
fluence des Grecs triompha; le nom qu'ils donnèrent à Mazaca fut Eusébie. Les habitans adoptèrent les lois de Charondas, et, sans préjudice de l'autorité royale , ils vécurent selon leur droit particulier. Pour mieux retenir ces lois, on rédigea des vers, que Ton chantait dans les festins : et on expliquait à la jeunesse ce qui en était devenu inintelligible. ^ Jusqu'à l'époque qui nous occupe, le Ppnt était demeuré un pays entièrement barbare, et n'obéissait aux Perses que fort incomplètement; les Sanni ou Macrones, les Âpaïtes ou Cerbites, les Chaldéens ou Chalybes, les Mosynœciens et même les Tibaréniens ne se laissaient pas gouverner par les rois du pays, que les Perses protégeaient. Non-seulement les villes grecques répandues sur la côte étaient libres, mais chacune avait encore un territoire considérable et des sujets. Sinope était de toutes ces villes maritimes, sans même en excepter Byzance, celle qui faissdt le mieux la pèche. On exportait des meubles de bois et de noyer ^ et des fruits de toute espèce. L'on faisait aussi le commerce du venAillon avec la Cappadoce, jusqu'à ce que, sous les Romains, Éphèse s'en empara. L'huile n'était pas un article moins important du commerce de Sinope, qui seule cultivait l'olivier; et quand les relations avec la Phénicie étaient interrompues, l'Arménie fournissait
1 II y ayait un homme chargé de les chanter
le kermès aux villes voisines du Pont, qui s'unirent bientôt avec ce royaume, ainsi que leurs colonies, et qui devinrent parfois le siège des rois. Les arts et les sciences y florissaient On en peut attester la sphère de Billarus et les tableaux de Sthénis, queLucuUus fit apporter à Rome; en^, ce grand nombre d'hommes distingués de tout genre que produisirent ces contrées. Depuis lors, les rois de Pont appartiennent à l'histoire grecque de bien plus près que ceux de Syrie : ils passèrent en effet de la barbarie à la civilisation. Les autres, au contraire, se laissèrent gagner par la mollesse et les voluptés de l'Asie. La liberté rendue à Héraclée marqua le point où s'opéra cette transition des rois de Pont vers les mœurs grecques. Cette métropole voulut affranchir aussi ses colonies, Tiume et Âmastris; mais le tyran d'Âmastris vendit celte ville au roi dfe Pont Depuis ce temps, on sut, avec tout le discernement des Grecs , mettre à profit la grossièreté et la vigueur des montagnards qui faisaient partie de cet empire. Ce peuple de l'intérieur garda ses mœurs, sa religion, ses usages; mais à la cour tout fut grec. Vers l'an 1 80 avant notre ère , Pharnace , 'fils du cinquième Mithridate, parvint à s'empî^rer de la riche et puissante Sinope. Il y accomplit avec plus de splendeur ce que ses devanciers avaient conunencé dans Âmastris. La flotte de Sinope, qui tenait l'empire de la mer Noire, et qui souvent avait rendu
aux Grecs des services signalés, devint désormais la flotte du royaume de Pont. Le grand Miihridate, petit-fils de Phamace , fut élevé à Sinope , qu'il embellit et qu'il traita avec une fliveur particulière. Il agrandit aussi Aniisus, oii il bâtit des temples et tout un quartier. Héraclée cependant demeura libre et plus florissante qu'aucune autre ville de la Grèce. Un hasard heureux nous a conservé des fragmens de son histoire : si elle n'a pas l'inténH de celle des villes européennes, c'est que la richesse, la population, le commerce, ne sont pas précisément ce qui rdève l'histoire des états.
Quoiqu'ils n'eussent élevé leur royaume au rang des grands états que par les services des Gaulois, les souverains de Bithynie adoptèrent aussi les mœurs" grecques : ce fut surtout après b fondation de Nicomédie. Tant qu ils étaient demeurés restreints aux montagnes dans lesquelles les Thynes oa Bithynes défendaient leur indépendance contre les rois de Perse , ces sr>uverains n'étaient pas supérieurs en puissance et en dignité à une foule d*aotres petits despotes qu'on remarque en Asie, soit aTant soit après la chute de l'empire p^rrsan. ^
I T«il<&t U PaphUgonie araît des princet particaliert , Uni&t cDc était ftonie aa Pont oa à la Ktbyaie^ maU alon «et piiacBS fc ictiraieiit dans les aontaçnes. Fias urd cHe de^ liai mmt pmdpaaté puloisc. Mîtliridaie, s«rooaiai« le fosdalcar f Cdstei* , s'c'ublit a CiniaU . f?é«! de mm* 0!*«fsts,
Les plus connus de ces dynastes de Bithynie sont Dydalsus, Botirus et Bias ou Bas, qui vécurent peu avant l'expédition d'Alexandre; mais ils n'acquièrent d'importance, à nos yeux, que du moment qu'on les voit en relations avec les Grecs. Dydalsus releva la prospérité d'Astacus, ville habitée par des Athéniens et des Mégariens. Il y rétabUt la concorde, et la consifdéra comme sa capitale : aussi.les habitans demeurèrent -ils fidèles à la maison de Dydalsus. fls payèrent ce dévouement bien cher au temps de Lysimaque, car ils furent dispersés et leur ville fut détruite. Bias s'était vaillamment défendu contre les généraux d'Alexandre; son fils Zipœtès sortit de ses n^ontagnes après la mort de Lysimaque, et rassembla les habitans dispersés d'Astacus ; puis il fonda, dans le voisinage et dans un lieu que Dydalsus avait déjà habité, une ville presque entièrement grecque. Nicomède, fils de Zipœtès, et dont le nom devint celui de la ville-, y appela tous les Grecs qu'il put réunir, en leur offrant de grands avantages. Telle est l'origine de la brillante ville de Nicomédie , qui fut dans la ^suite la capitale des rois de Bithynie. Jusqu'au temps de l'empereur Julien,
et même jusqu'à l'époque où vinrent les Turcs*,
pour s^assurer des dëfilés. Il fit d^un château qui se trouTait là sa principale forteresse.
1 Busbeck la trouva en ruines. Il dit, pag. 65 de Fédidon de Bâle , lettre I : Quarta postquam Constant inopoli discessC'
( 559 ) Nîcomédie fut Tune des villes grecques les plus florissantes. Le rhéteui; Libanius n'est pas moins abondant dans les louanges qu'il lui donne que dans celles qu'il prodigue à la capitale de la Syrie. Nous ne chercherons point, à travers ce bruit de paroles, ce qu'il peut y avoir de positif, et nous en avons assçz dit ponr faire voir que déjà le génie des Grecs dirigeait les armes des Thynes et des Gaulois , lorsque les rois étendirent leur territoire jusqu'en Paphlagonie et jusqu'aux limites du nouvel empire- de Pergame. ^
L'invasion des Gaulois opéra de grands changemens dans le nord et dans les contrées centrales de l'Asie mineure. Nous les avons vus secourir les rois de Bithynie ; ils vendirent aussi leurs services aux rois de Pergame, qui portaient le nom d'Attales, comme d'autres dynastes s'appelaient Nicomèdes, Mithridates, Séleucides, Ptolémées. En général, les Gaulois secouraient les villes libres, les princes et