I I I I I ■ I É II
ramus mansione venimus Nicomediam ,* velus et Jama clarurti oppidum , in ijuo nih{l vidimus spectatu dignum , prcéter parie'tin€ts et rudera , hoc est epistyliorum et columnarum fragmenta toia ex veieri splendore relifjua. Arx est integrior in colle sita. Paulo antequam eo veniremus , longus ex candido marmore mUrus sub terra fodientibus detectus fueraf, pars (ut opinor) antiquœ regum Bithjrniœ domus,
1 Pergame, dans la période suivante, n^eut pas une moindre inflaence sur la civilisation qu^Alezandrie ou Athènes. Elle coininnnfqua la civilisation grecque à ces peuplades mêlées de Mysiens , de Phrygiens, de Doliones , de Mygdones , etc.
les dynastes , contre le souverain du pays , et d'nn autre côté ils servaient les rois de Syrie contre leurs vassaux. Au temps de S. Jérôme^ les Gaulois d'Asie parlaient encore leur langue, suivaient encore leurs usages nationaux. Nous avons rapporté comment ils s'emparèrent du pays que » de leur nom, on nomma Galatie; comment ils rendirent tributaires les rois de Bithynie et de Pergame, enfin, comment Attale, père du second Eumène, remporta une victoire sur eux, et affranchit son royaume du tribut. Depuis cette époque» les barbares subirent aussi l'influence du caractère grec. Leur gouvernement ressemblait assez à celui des anciens Germains, qui se divisaient par cantons i. On continua, dans la suite, à distinguer les Gaulois par leurs noms de peuples : il y avait des Trogines, des Tectosages, des Tolistoboïens. Ancyre, ville grecque, florissait chez les Tectosages; Pessinunte, chez les Tolistoboïens : les seuls Trogines avaient pour place de commerce, pour forteresse et pour capitale, une ville gauloise.
1 Strabon , liy. XII. Cet auteur nous apprend qu^îl j aTail dans chacune de ces trois nations quatre subdivisions appelées tétrarchies; chacune avait son chef ou tétrarcpie; plus un juge, un commandant militaire et deux sous-commandans. Il y ayait aussi un sénat composé de trois cents personnes; il s^assemblait en un lien appelé Drjdenetum et prononçait sur )es affaires criminelles , tandis, que les autres affaires étaient soumises aux dicastes (juges) et aux tétrarques*
On ne peut nier qu'Ancyre , où Alexandre avait reçu les ambassadeurs des Pa^hlagoniens , ne fut d'abord tombée en décadence sous les Gaulois. Il serait même assez difficile d'admettre que le roi Déjotaire, que nous* connaissons par Cicéron, y résidât,- c^r ce fut Auguste qui la releva au rang des capitales *. Pessinunte ne cessa de prospérer, même sous les Gaulois. La réputation du temple, la vénération dont il était l'objet pour les rois voisins, ou plutôt la vanité de ces rois , rapportaient beaucoup trop d'argent aux conquérans pour qu'ils n'accordassent pas toute leur protection à cet établissement : d'ailleurs leur noblesse avait, depuis le règne du second Eumèné, adopté la langue, les mœurs et les usages des Grecs., Les Gaulois soumire^t aussi la Paphlagonie, qui jusqu'alors était demeurée libre. L'intérieur du pays obéissait à divers princes indigènes,, et les grandes villes conservèrent leur droit municipal 50us la protection des rois de Syrie. On pourrait écrire une histoire spéciale des villes maritimes et des pays de la côte. Milet, Éphèse, Magnésie, Smyrne, Apamée,Cnide^ étaient tantôtlibres,
1 Strabon cite , dans Je pajs 4es Tolistoboïens , deux for* teresses , Blucium et Peiam ^ il .dit que Déjotaire choisit la première pour sa résidence , et la seconde pour y déposer son trésor. Il ajoute que U ville de commerce la plus importante est Pessinunte) célèbre surtout à cause^du temple de la mère des dieoz , qu^on appelle ici Agdistif.
tantôt soumises à des gouverneurs syriens , tantôt enfin elles servaient de résidence aux rois de Syrie. Peu avant sa mort, Ântiochus le dieu habita les villes d'Asie mineure que plus tard nous retrouvons dans la dépendance du roi d'Egypte. Les villes dlohie, d'Éolie et de Carie durent au voisinage de la mer et aux continuels différends qui divisaient les rois d'Egypte et ceux de Syrie, la conservation ^e leur ancienne splendeur, et ipéme celle de leurs constitutions, qui résistèrent aux plus fougueuses tempêtes. La Carie, la Lycie, la Pamphilie, la Cilicie, toujours .placées soùa l'égide dies rois d'Egypte, rivaient sous leurs princes indigènes et suivant leurs lois. Quelques-unes de leurs villes , Soli par exemple, se gouvernaient démocratiquement L'Isaurie, redevint, après le règne d'Antigone, ce qu'elle avait été avant les ravages exercés par Perdiccas, c'est-àdire un état de brigands, comme le sont encore aujourd'hui les pays des Âmaute^, des Ibères et des Circassiens : les PamphiUens ne valaient pas beaucoup mieux.
Si nous portons nos regards sur la dynastie de Syrie , nous verrons s'effacer le caractère monotone de l'Orient, et les sciences^ et les arts des Grecs relèveront à nos yeux les avantages de la richesse et de la magnificence. Des républrque^ grecques animent le commerce au milieu des états despotiques qui les entourent. De tous les généraux d'Alexandre^
le plus propre à être roi était Séleucus, qui possédait toutes les contrées qui s'étendent de l'Indus a la Thrace'. Plutarque nous apprend, dans un de ses traités de morale, qu'il dit un jour que Ton accorderait volontiers à un roi qui voudrait gouverner lui-même, tous. les avantages de la dignité suprême , si Ton réfléchissait que le plus tourmenté de .ses serviteurs n'a pas autant à travailler que lui Séleucus préférait sa patrie et les mœurs de la Grèce à la possession de toute l'Asie, à toutes les voluptés de l'Orient, et ce fut la cause de sa mort. Nous avons déjà parlé de ses expéditions,, qui J)ortèrent; aux extrémités de l'Orient la civilisation des Grecs; nous avons fait connaître la division de son empire en deux grandes parties, dont l'une comprenait toutes les provinces de l'Orient; l'autre, toutes celles de l'Occident Ce roi les avait subdivisées en soixante^douzegouvememens, et partout il avait organisé une milice composée des Grecs qui s'y trouvaient, chose qui, dans la suite, favorisa les développemens de la puissance des nouveaux souverains de la Bactriane.. On porté ordinairement à trente-cinq le nombrç des villes fondées par Séleucus; m^is la plupart avaient été commencées par Alexandre : il les étendit, les fortifia', les embellit,
1 Appien , De rébus Syriacis , ch. 5 5,^ compta les proTÎnces sur lesquelles régnait Séleacus.
OU y fit venir de nouveaux habilans. Nous citerons Alexandropolis, danis l'Inde, puis en Scythie Alexandreschata^ ; chez les Parthes, Sotira, Calliope, Charis, Hécaiompyle et Achaïa^. Lk plupart de celles que nomme Appien, n'ont pas été, non plus, fondées par Séleucus, si toutefois l'on en excepte Nicéphorium en Mésopotamie, et Nîcopolis en Arménie, sur les frontières de Cappadoce. Parnji les plus importantes, nous nommerons deux Séleucies, deux Apamées, deux Laodicées et une Antioche. L'une des Séleucies, située à huit lieues environ de Babyloné, à l'endroit où était d'abord Coché, conserva fort long-temps sa splendeur. Les habitans de la petite Coché et les Babyloniens se fondirent avec lësiirecs que Séleucus y transporta, et l'usage s'établit de • les appeler du nom de Babyloiiiens. Telles étaient
1 Ce qui signifie la dernière Alexandrie.
3 Appien, De ^ebus Sjrriacis , chap. 67. Il construisit seize Antioches, du nom de sT)n père; cinq autres villes furent appelées Laodicée , de celui de sa mère j il en nomma neuf de
son propre nom , quatre du nom de ses femmes ; ce sont les
trois Apamée et Stratonicée : enfin, il donna à d^autrés villes
les noms de villes de Macédoine , ou leur en assigna un qui
pAt rappeler un de ses exploits, ou même les appela du nom
d^Alexandre : aussi Ton trouve en Sjrie , et plus *loin chez
les barbares, beaucoup de noms de viUes macédoniennes ou
grecques , tels que B'errhôa , Édesse i^ Périntlie , Maronéa ,
Callipolis, Achaïa , Pella , Orope, Aipphipolis , Arethuse,
Astacus, Tégée, Ghalcis, La risse , Héraïa , ApoUonie, etc.
les -lois que ces colonies devaient à la sagesse de leurs fondateurs, que des populations entières de barbares se façonnaient à la liberté et à la civilisation. Séleucie s'accrut au point que, -sous le rapport de l'étendue et du nombre de ses habitans^ Strabon la met au-dessus d'Ântioche , que cependant il estimait l'égale de Rome et d'Alexandrie. Dans la suite, on .vit se rassembler à Séleucie tous les restes des établissemens grecs des rives de l'Euphrate et du Tigre, si bien qu'elle grandit en raison inverse de la décadence où tombait la puissance de la dynastie de Syrie. Non-seulement les Parthes respectaient sa constitution, mais au temps.de Strabon ^ encore on n'y introduisait point de troupes pour y loger, quoiqu'alors elle ne fut plus ville libre. Depuis le règne de Trajan jusqu'à celui de Julien, elle le redevint entièrement} mais le voisinage de Ctésiphon, nouvelle capitale des Parthes, lui fil; perdre tous ses avantages. La Séleucie de Piérieitait le port d'Antioche; elle était située sur rOronte, à environ deux lieues dé la mer, tandis qu'Antioche en était éloignée d'au moins vingt lieues : il fallait un jour entier pour y faire remonter
1 Strabon, liv. XVI, pag. >o55, édit. de Falcon. , parle de Clésiphon comme d'huit bourg établi pour les quartiers d^hiyer des rois de Syrie , dans 1« voisinage de Séleucie , afin de ne point placer dans cette ville une garnison de Scythes , qni eût été incommode pour les habitans.
les bateaux. La contrée qui s'étend depuis Apamée sur rOronte supérieur jusqu'à Séleucie, était si peuplée que les rois de Syrie en firent quatre gouvememens. On l'appelait Tétrapole (à cause de ses quatre villes^), ou Séleucide. La Mésopotamie toute entière n'en composait cependant quHin seul. La Oélé-Syrie était répartie en quatre goùvememens, à cause de sa population et de ses grandes villes. La Séleucie de ce pays était rivale d'Antioche, et quand le roi d'Egypte rendit toutes ses possessions de Syrie, celle-ci fut la seule ville qu'il conserva. Il y a trois époques bien distinctes dans l'histoire d'Antioche : la première s'arrête à Séleucus Callinicus, au temps où s'éleva Séleucie en Piériej la seconde est celle où cette ville jouit de la Uberté sous les Romains; la troisième est celle de la domination des empereurs. Antioohe reprit alors toute sa splendeur, ainsi que noas l'apprennent Libanrus et d'autres auteurs contemporains moins ampoulés que lui, par exemple Amiuien Marcellin. Antioche était Composée de quatre villes : les deux premières setJes avaient été fondées par Séleucus et par son fils; les deux autres , qui ne le cédaient en rien aux deux premières pour la population et. pour l'éteiidue, ne furent construites que plus -tard. La population
1 Séleucie , Antioche , Apamée , Laodicée j il y en avait beaucoup d^autres moins importantes.
primitive était entièranent grecque; elle se composait principalement des habitans qu'Antigone avait établis dans son Ântigonie, et parmi lesquels il y avait un grand nombre d'Athéniens. Des indigènes et d'autres Grecs bâtirent une seconde ville à côté de celle-ci; la troisième y fut ajoutée par Séleucus Callinicus; enfin la qus^trième fut construite un peu plus tard, sous Antiochus Épiphane. Il y avait, à peu de distance, un lieu consacré aux plaisirs et aux ffetes les plus voluptueuses. Les rois et leurs .sujets y rivalisaient de folles dépenses et de débauches de toute espèce; et ce lieu ne fut pas moins célèbre par le culte mystique et symbolique que l'on célébrait dans les bois sacrés. Dans la suite on vit «e couviir d'édifices tout l'espace qui séparait Daphné d!Antioche.
Apamée, ville toute militaire, était sur une presqu'île, dans un lac formé des eaux de l'Oronte. Elle comprenait dans son enceinte fortifiée une si grande quantité de terres labourables qu'une armée nombreuse pouvait y subsister, ainsi que tous ses habitans. Avant Séleucus ce poste avait été concédé aux vétérans de l'armée macédonienne, qui l'avaient nommé Pella : ce fut Séleucus qui l'appela Apamée. Les haras de la couronne étaient dans le voisinage : on y comptait trente mille jumens et trois cents étalons. Là se trouvaient aussi toutes les écoles de cavalerie, et l'on enseignait les exercices miUtaires.
Séleucus y mit beaucoup de troupes en garnison, et Ton y gardait ses cinq cents éléphans. Apamée de TÂsie mineure, que l'on cite aussi parmi les villes fondées par Séleucus, était située à peu près de même. Son territoire était arrosé par les rivières de MarsyaS) d^brimas, d'Orgas, qui, non loin de là, se jetaient dans le Méandre. Célœna était l'ancienne capitale de la Phrygie, Antiochus Soter en transféra les habitans à Apam'ée , ville qui véritablement avait été fondée par son père^ car peu de tçmps auparavant, et sous Alexandre, un tremblement de terre l'avait dévastée. Apamée fut embellie par Les deux premiers souverains de la Syrie, qui lui accordèrent des privilèges importans; mais les tremblemens db terre continuaient toujours; enfin on conçut la gigantesque entreprise de. voûter le soL Le grand Mithridate contribua à l'exécution de ce projet pour des sommes considérables. Cette ville fut, ainsi qu'Éphèse, Tune des principales places de commerce de TAsie; mais Éplièse l'emportait sur elle, à cause des arrivages de l'Italie et de la Grèce.
Laodicée dans TAsie mineure, si importante sous les empereurs romains, était peu remarquable à l'époque qui nous occupe; au contraire Laodicée de Syrie était de. toutes les villes récemment fon-' dées la seule qui fût au bord de la mer. Son port attira bientôt tout le commerce que faisaient avant
elle les Phéniciens. Le luxe d'Alexandrie et de rÉgypte y ajouta un débouché de plus. Cette ville s'élevait par degrés sur un ampliithéàtre de montagnes; elle était couronnée d'arbres fruitiers, et la vigne était -cultivée jusque sur les sommets les plus éloignés. On vantait beaucoup le vin de Laodicée, qui fournissait surtout à la consommation d'Alexandrie et de TÉgypte. Les juifs alors étaient considérés comme des citoyens actifs. Séleucus leur accorda le droit de bourgeoisie dans toutes les villes nouvelles. Ils affluèrent surtout à Antioche, où, dans les jeux publics, les gymnasiarques leur donnaient leur ration d'huile en argent, parce qu'ils se servaient d'une huile particulière. ^
Au temps d'Antiochus Épiphane, cette civilisation des Grecs que nous avons vantée, commençait déjà à décliner en Syrie et en Asie mineure. Le seul empire de Bactnane se maintenait^encore florissant; nous verrons même le troisièjne Antiochus remporter ,des victoires sur les bords de l'Indus ; mais tout ce qui est au nord des frontières de cet empire, depuis Séleucie jusqu'à la mer Caspienne, succombait alors sous les Parthes.
On ne. voit, point sdus les deux premiers rois de Syrie éclater les discordes qui signalèrent les gou-
1 Joseph e , Aniic^uil, Judaic», liy. XII, chap. 3, au commenoementj édit. Oberthûr, vol. II, pa|f. iSg.