‹ Histoire universelle de l'antiquité, trChapitre 3 sur 17 · III. Q · texte numérisé non relu

III. Q

el qu'il traduisit presque mot à mot, sont complètement en harmonie avec le but de cette école. Polémon, dit -on, consacra un traité spécial au précepte qui ordonne de vivre selon la nature. Nous connaissons un peu mieux celui de Crantor sur le deuil. Ainsi que le rapporte Cicéron , Polémon déclarait que tout hoiùme d'élat devait savoir par cœur le livré de Crantor , et Cicéron nous apprend que Xénocrate déjà avait travaillé dans les mêmes vues. Théophraste, dit -il, et les péripatéticiens, qui ne veulent, à l'exemple des académiciens, que former des hommes d'état, mettent une grande importance à prémunir leurs disciples contre les vicissitudes de la foitune auxquelles ils sont plus exposés que. d'autres^. Dans l'antiquité, le pubHciste ne pouvait se passer de la philosophie., elle était pour lui une agréable occupation quand il était forcé de quittei* momentanément le gouvernail , et dans le malheur elle devenait son refuge.

Avant de suivre la marche de l'école platoni-

1 Dans le traite JDe consolatione , dont il ne nous est resté que des fragmens, Cicéron, d^accord ïivec Panaetius, recommande le traité de Crantor aux hommes d^tat, qui , selon ht! y doivent le savoir par cœur. Il répète le même conseil dans les cjucstions académiques. Hio locus a Theophrasto egr-egie trae^ talus et pei'politus est y itemque a Xénocrate, quorum uterque cas, qui communes casus récusant, impudentiœ non dubitant appellurc , quod etiam grat^ius crimen est ac vix in homine tolcrabilc , qui cum omnia dits immortalibus accepta referre

cienne, avant de parler de racadémie ancienne ^ moyenne et nouvelle , il convient de nous occuper de deux homknes qui furent aussi les disciples de Socrate : ce soiit, d'un c6té, Aristippe de Técole de Cjrèné , de l'autre , Antisthène et son école cynique. -Sans même pénétrer à fond dans leurs systèmes, on voit à travers leurs théories les plus opposées que le principal but de tous leurs efToru, que la félicité suprême qu'ils veulent atteindre, doit être rhéroïsme des privations, la haine du luxe et de la civilisation de leur.temps , ou le retour à l'état de nature. Cest ainsi que nous apparaissent, au milieu des voluptés de l'Orient , les gymnosophistes , les Germanes et les Brachmanes, qui figurent dans l'histoire d'Alexandre. Le même contraste se manifesta encore dans la philosophie enseignée par lès auteurs lyriques , . quand les Grecs de l'Asie nûnieure , les Lydiens et les insulaires passèrent subitement à une vie dissolue. Nous avons déjà dit que la poésie ly^»

rique renfermait en elle-même la philosophie du

âebeétt f quorum ope vivit^ inulligitf agitp si eorum voluntati repugnetf cum diis gigantum more bellare videbitur. Hac au" Um perite^ ut àixi'f a mukis tractata tunt , sed ego Ctantorem se^uoTf etgms legi brevem iiluhi quidam et, ut Panœtio visum en, md 'uerbmm edUeendum Ubitim de luctu, tfuo aeut» omnem ioioriê medieinam cfimplexue est, sed humanœ iiaturm incom" noda ità diligenter et aceurate expressit , ut qucui luendorum teelerum Muoi Homines et in hano lucem ingredi, ppstû agnosecre.

(84) temps , et que d'une part elle exhortait à jouir pieib^ nement de la vie, tandis que de l'autre elle enseignait le néant de toutes les jouissances de la terre et le bonheur de la contemplation. L'histoire romaine offre le même spectacle , lorsque , ,dans les derniers temps de la république et sous de coupables em* pereurs , on vit à côté du ciime et de la volupté s'élever une sorte de philosophie directement op» posée aux principes stoïques, à l'aide desquels les âmes les plus élevées cherchaient alors à se fortifier contre les malheurs pubhcs. Sous les premiers empereurs chrétiens, durant les persécy^tions suscitées à la religion naissante , au milieu des mœurs dépravées du paganisme dominant', la vie monacale d- Antoine et de Pachome apparut en quelque sorte cpmme l'alliance du principe des stoïciens et de celui des cyniques, contre une doctrine qui plaçait le but de l'humanité dans le développenxetit des jouissances de la vier On pourrait poursuivre ces rapprochemens a travers le moyen âge et jusqu'à nos jours, ^ Wieland a fait remarqu€;r avec raison que ce qu'on nonune philos^ophie d'Aristippe , est plutôt un genre de vie, un sentiment intérieur, un tact poussé à la perfection , mais qu'on ne saurait l'appeler un système ou une école ^. Les anciens sont d'accord pour dire qu'Aiistippe possédait au suprême degré

I Sur r«'pitre 17 d'Horare.

k talent de se livrer lour a tour, arec mesure et décence , aux jouissances plus ou moins délicates , plus ou moins grossières , sans cependant que la santé ou la dignité de l'ilonime en pussent aucunement souffrir. Peu nous importe donc la doctrine que plus tard des philosophes, qui se qualifiaient deeynénaïques, ont fait passer pour celle d'Aristippe. Nous pouvons nous en tenir à ce qu'Horace regardait comme sa philosophie. Cet auteur et Cassius appellent de ce nom la doctrine qui admet une sage proportion dans les plsdsirs, et qui réunit les jouissances du corps et celles de Tame sans nous faire esclave des passions. Cest ainsi qu'on la considérait dans plusieurs cours des princes grecs et chez les plus illustres romains, quand ceux-x!i commencèrent à s'occuper de philosophie. Quelle doctrine était mieux accommodée aux rafiinemens de la civilisation , quelle doctrine convenait mieux à un prince qui voulait protéger les arts et favoriser, par amour pour les plaisirs , l'industrie qui repose sur le luxe ? Telle fut évidemment la philosophie des premiers Ptolémées, celle des rois de Syrie, des rois de Pergame, celle de l'aristocratie romaine au temps de Sylla et des meilleurs empereurs. On Ht, dans Horace un dialogue entre Diogène le cynique et Aristippe le cyrénaïque : la théorie des cyniques sur la simplicité de la vie, sur la fragilité des jouissances artificielles , y est opposée à la doctrine d'A-

risiippe. Outre que la secte des cyniques était alors oomplétement dégénérée, on pardonnera facilement à un courtisan tel qu'Horace, au protégé de Mécène , d'avoir fait triompher Aristippe de son ad7 versaire^ Ailleurs, Horace semble reprocher à Aristippe de ne pas donner assez de prix à la simple possession de l'argent. Il rapporte que ce philosophe ne fît nulle difficulté de jeter dans le désert celui que lui avait donné le roi de Mauritanie et qui embarrassait sa marche. D'autres auteurs rap-; portent le fait et prétendent qu'Aristippe nien agit ainsi que pour alléger le fardeau de ses gens.

U paraît certain que ses -disciples n'étaient pas moins redoutables par leur dialectique que par leur rhétorique. Nous avo^$ déjà dit ailleurs qua la cour des Denys. ce philosophe fut i'efiroi des platoniciens et des pythagoriciens ; nous avons ajouté . que depuis que Phili^tus^ Teut opposé k Platon, il ne cessa de jouer un rôle important dans l'histoire de Syracuse. L'exemple du jeune Denys, il est vrai, nous a prouvé combien cette doctrine peut offrir de danger pour qui -n'a poiut le talent rare et inné de la mettre en pratique, ou pour celui dont les passions seraient plus impérieuses. Cette théorie fît fortune en Mauritanie et chez les négo-

1 Lisez le Commentaire de Wieland sur les épitres d^Horacc ; et notamment sur la 17/

cvms d'Égine, comme à Cyrène; Aristippe ne la soutenait pas-^vec moins! d'avantage que Platon ne défendait la sienne. La courtisane Laîs , qui depuis long- temps, à Corinthe, enseignait par la pratiqué ime philosophie de ce genre , apprit d'Âristippe les règles de son art Cette courtisane est particulière^ ment célèbre à raison de son amour pour la phi-^ losophie; elle alla jusqu'à accorder à Diogène les Viveurs qu'elle se faisait payer si cher, et cela uniquement, pour qu'il lui ensâgnât sa théorie. Dans un voyage lucratif qu'elle fit à Égine, elle devint dis^ dple d'Aiîstippe et, à son tour, elle lui donna ses leçons^ U n'est pas difficile de croire qu'à Cyrène cette philosophie fit plus de prosélytes dans la bouche de la belle Aréta, fille d'Aristippe , que lui-même ne lui eii aequit à Athènes , où elle n'étetit pas eti-^ tièrement nouvdle* Aréta enseignait publiquement ; elle fonda une espèce de secte. Après elle les Cyr^ naïques tombèrent bientôt dans une sorte de dis^ crédit, quoique son fils la remplaçât à Cyrène et qu'Anniceris cherchât à soutenir c^^ système pal" toute sorte d'améhorationB. Le surnom d'athée, qui avait flétri Théodore, en second tieu la dégénération de la doctrine, feussement attribuée à Aristippe mêmes étaient des causes qui empêchaient souvent qu'on ne se déclarât ouvertement cyi*énaïque. Cette

IL Ath^ée, liy. ^II,'pag. 544* ' ^

école cessa donc d'eicister , et t^e serait une erreur manifeste que de prétendre que la doctrine dont nous parlons fut sans restriction la règle des jetions des Romains, et en particulier de celles de Cassius. Mais le fond des idées d'Aristippe fut accueilli; et épuré par les disciples d'Épicure. On vit naître alors cette philosophie qui» selon Cassius, doit être le seul guide de Thomme du monde et de rhonmtie d'état II n'avait pas moins raison^ sans doute , que son ami Brutus , qui regardait là doctrine des stoïciens toute contraire à celle-là, comme étant la seule capable de diriger l'homme au milieu des orages de la vie et d'en Êire le défenseur inébranlable de la liberté et de la justice.

On a vu conunent la doctrine d'Aristippe était «& hannonie avec les mœurs de l'Afrique , avec les richesses de Cyrëne ^ et comiiient elle portait l'empreinte de son séjour dans l'opulente Égine. Celle d'Antbthène se ressentait aussi de sa naissance et de sa fortune ; appartenant à la cla3se inférieure jdu peuple , ne jouissant pas même de la plénitude des droits de citoyen, enfin, vivant au Pyrée, résidence habituelle des marins et des pauvres , Anti^thènes désespéra des classes élevées : il s^adressa à la partie hi plus grosâère, la moins corrompue de la nation , il celle qui n'était pas encore entièrement énervée. U répandait sur les hautes classes de la société et iur les femmes l'ironie la plus am^e » et choisissant

(89) pour ses leçons le lieu où se rassemblaient les jeunes gens qoi, ne pouvaient prendre part aux exercices des fils de citoyens ^ il s'abstenait de recevoir aucun salaire 9 à la différence .des autres philosophes , qui f Socrate excepté, se j&isaient tous payer. Ceci n'était pas propre à mettre son système en faveur, mais tel n'était pas son but H voulait seulement, comme l'ont Êdt beaucoup de fondateurs d'ordres monastkpaesy ccKBime fa fait ensuite Rousseau, montrer par ses leçons et par son exemple combien l'homme a peu de besoins jréels, il voulait former un petit nombre de disciples endurcis contre la volupté; il ne songeait poçit à créer une école , et moins encore k Ëôre adopter généralement sa doctrine.

En reportant donc notre, vue sur les disciple$ de Socrajbe qui mirent sa théorie en rapport avec k vie humaine, nous remarquerons que Xénophon essaya ,. dans ses dialogues , de substituer aux anciennes méthodes de gouvernement quelque chose de semblable à nèire manière de gérer les affaires publiques. U voulait introduire en Grèce des moeurs empreintes de notre politesse , enfin il désirait une morale fondée sur la prudence. Ari^tippe, au contraire, voulait réduire en système la vie sensuelle et délicate des classes élevées, et ces moeurs qur supposent toujours un esprit cultivé. Il apprit à' la noblesse romaine et aux courtisans grecs des voies nouvdles de joinssance ; il mit de nouvelles bar-

rières entre les grands et les petits ; enfin il enseigna aux riches à regai^der ceux auxquels le sort a refusé les plaisir^ 9 ou cwx qui ne les relèvent point pap des jouissances de l'ame, avec ce même mépris qui n'appartenait autrefois qu'à la vertu de manifester envers le vice. Antisthène arrivait au poiême but par des moyens dififérens. U enseignait aux classes pauvre^ combien il y avait de vide et de superficiel dans l'éducation des riches ; jl lemr faisait . sentir que celui-là est vraiment libre qui ne se laisse pas éblouir par ime &asse splendçur ou gagner par une feinte politesse. • • ,

La pensée dominante des cyniques c'est que celui qui jsatt se vaincre lui-même est le seul sage au milieu de ce monde^ de fous , le s^ul libre |iu milieu de cette 'foule d'esclaves; qu'il n'a pas besoin de livrés ni de systèmes ; «afin , que la nature et la connaissapce de lui-mi^me lui 3u£Bsent. Les plus grands rois, depuis Alexandre jusqu'à Julien, les plus grands philosophes ^ depuis Gratès ' jusqu'à Épictète, ont considéré cette pensée comme la plus sublime que pût concevoir l'esprit humain.

Étonnés de l'apparition d'un philosophe qui he filisait pas métier de sa science , qui se moquait de leurs arts^'et de leurs inventions, comme des so^ phistes de l'écOle, les Grecs ont exercé leur esprit à débiter sur le compte de cet audacieux une nmlti^ tude d'anecdotes^ à traver» lesquelles il est difficile

(9») ie démêler quelque chose de Trai, et peut-être ce sont précisément les versions les plus connues qui s'éloigaent le plus de la réalité. Diogène vécut à Athènes et à Corinthe : cda est hors.de doute; maïs les divers auteurs racontent diversement^ IIoçlb^ toire de son tonneau 4^t de son entretien avec Âlexwdre. L'admiration que ce roi professa pour loi , quand on la compare aux railleries des cour* tisans , montre toute la pénétration de ce héros et l'honore à l'égal d'une de ses plus éclatantes vie* toires. Vn disciple d'Aristote n'eût point fiiit à un extravagant, tel que le dépeint Horace, l'honneur d'une visite et d'une réponse propre à marquer son estime. Tout^is la doctrine des cyniques dégénéra bientôt : Onésicrite , disciple de Diogène f ^qu'Alexandre emn^ena à. sa suite, peut être compté pannî les plus vils flatteurs , 'parmi les menteurs les plus impudent^ Nul ne se pressait plus d'obtenir des honneurs, nid. ne se vantait avec plus d'effron<terie d'avoir occupé des dignités qui ne lui avaient jamais appartenu S Alexandre l'employa dans ses

relations avec les philosophes contemplatift et les

1 n fut le pilote du yaissean d^Alexandre pendant sa larigation snr Tlndos ,• pnîs •premier pilote de la flotte d^ Néarqae ; mais il se qualifie de commandant de la flotte dant ses écrits. £a gênerai , ses récits knr Tlnde renferment des mensonges ai éyidenSy que Texaci Sirabon rejette eotièmaent son téinoign^ge. ' • - ^

penitenciers.de Tlnde, avec lesquels sa secte parais- ' sait avoir le plus de rapport Un autre disciple de ' Diogène» Monimus, qui s'attachait à démontrer^ le néant 'de toutes W choses humaines, et qm i regardait comme une vaine fumée toute puissance, toute possession 1, ne s'en rapprocha pas moins de la doctrine d'Anaxarqùe , que Ton pouvcSt adapter liabilemcfnt à toutes les circonstances. De tous les cyniques Cratès fut le jdus noble, le meilleur et le plus utile. Il jouit à Athènes d'une grande considé- ' ration , mais il ne put ni ne voulut fonder d'école; car le système des cyniques' ne peut être sépare de leur genre de vie, et les pei^ânnes semblables i Cratès et à' sa fenune Hipparcïiie sont rare» dans le monde. 'Les successeurs de Cratès franchirent bientôt les bornes des convenances, ils réduisirent leur impudence en théorie. La dégénératioh dès cyniques s'opéra plus Vite encore que celle des ordres mendians. Néanmoins le tableau qu'en &it un épicurien dans Athénée convient parfaitement snx moines du quatorzième siècle.

Cicéron , dans son Orateur , indiqué la filiation des diverses écoles issues de la doctrine de Socrate.^

I S'il en faiU oroin les i»oto dp Ménandre :. TovwùXu^if

9 Cieero, De oratore. Ut. III ', chflp.'i7. "^^ primo ah ipno Plaionè ArUtoteU» et Xtnocratts ,* quorur^ aller Peripatetieo" MM», alter Aeademiœ nomen obtinuit : deinde ah Antisthene,

(95) plos K La réputation de racadémie fut , d^uis ArcésUaûs , attachée aux fiicultés dialectiques de son dief; elle s'engagea dans une guerre terrible contre les stoïciens pour lesquels on se déclarait à cette époque, et surtout chez lesHomains , qui prirent leur paoli dès qu'ils clinnurent la philosophie grecque. H ÊUut donc, de temps à autre, pour maintenir l'académie, la i^mettre en harmonie avec l'esprit du temps. Aussi Caméade devint le fondateur d'une troisième

académie ; il s'occupa surtout de former des orateur»

veUrcM , quorum promus AriitQUUê , ^imim exçêpto PiaUme haud scio an recte dixerim ^rincipem philosophorupu Ad eos igitur concerte te , quœto , ex eorum enim scriptis oum omnis doctrinm Uheraliê , omhis historia , omnis sermo elegans sumi potest, tum variêias est tunta artium, ut nemo sine eo imsirumentoOd uttam fon iUustriorem smti* ornalus possit àeeederef aè his ormtmrêSp sb his imperatores ae rens^ pubUearum principes exstiterunt ^ Ht ad minora venimm , mathematici , poëttSy musioi , medici de^ nique ex hao tanquam ex omniuhÊ, artium qffieina profeeti sunt, 1 De oratùre. Ut. III ', chap. iS^ Nam Speusippus , Piatohie ieroris fiUus, et Xenoenues^ qui Platonem audierat, et qui Xenoeratem Poleme et Cranter ^ nihU ah jiristetele, qui una eudiertu Piatonem , ntagnopere dissens it : eopia fbrtasse et varietatedieendi pares non fiurunt. Aroesilas primum , qui Po" hnonem audierat , «bc variis Platonis lihris , sermonibusque SùcrmtiiBis kœ muucime arripuit , nihU esse certi , quod aut sensibus, aut anisÊiO percipi possit^ quemferunt^ eximio quodam

Msum iepore dieendi, aspernatum esse omne animi sensusque judicium y primumque. instituisse ( quamquam idJuH Soeraticum maxime) mm, quid ipse sentirety ostendere» sed centra id, quod quisque se sentiré dixisset , disputerez

et des avocats. Philon, qui en créa une quatrième , ' s'attacha davantage à la philosophie en général. En* fin Antiochus , qui fonda la cinquième ou la nou-f' veile , donna j comme l'ancienne académie , tout à ' rimagmation : les âmes alors avaient besoin d'être fortifiées dans cet état de choses ; il ne repoussa pas même les principes de l'école des stoïciens , ennemie de la sienne.

Caméade joignait à une voix sonore la pérfçotipn du discours : sa dialectique était exercée par ses continuelles disputes avec Crysippe^ le plus grand des stoïdens. Selon Cicéron, le principal but de Caméade était de former l'orateur au moyen de la philosophie ^ Son système le rapprochait du pyrrhonisme, mais le doute pouvant nuire à I4 réputation de son étabUssement , il se borna à contester la théologie des stoïciens. Carnéadè regardait la morale comme la pierre de touche de l'hpmme

i La-premiàre fois, aa comoienc^ineiit du Y.* livre, de. J^inibus : Expcsitis jam igitur sex de- summo boao sententutp trium proximarum principes , voluptatis jéristippus , non ' dO" lendi Hieronjrmu»^ fruendis rébus iis ^ quas primas secundwm naturam esse diximus / Carnéades ; non iUe quidem auùtor^ sed defensor disserendi causa fuit. Le second passage est dans le ti^aité de Oratore, liy. III , chap. 18 : Hino hœc recentiar Aeademia emanavit , in qua exstitit di^ina quadam celeritate ingenii dieendique copia Carnéades .: cujus ego etsi vtuUos au' ditores eognovi Athenis ff tamen auctores certissimos faudare possum et socerum meunt Seœvolatn^ etc.

(97) qa'il voulait former pour le monde. La prudence el l'usage, selon lui» enseignent ce qui convient k chacun. Un but général, un principe suprême de morale , ne peut être qu'une chimère , comme tant d'autres. Les séductions sont en dehors de nous; on ne voit s y abandonner aveuglément que l'être grossier y privé d'éducation : Thomme moral, au contraire, est celui qui s'observe, qui oublie ks choses basses pour choisir ce qui convient à son organisation particulière ^ Dépourvue de l'appui

I II noas semble qoe le passage de Cîcéron, qu^on lit au eommencement du liyre Y, de Finibus , conduit à cette explication. Cependant cet auteur parât t saisir la chose autrement, et tTon-^e, par suite de cette erreur, qu^il y a dans Tassertion de Gaméade , une pétition de principe. Carneadea nobis atU hibeniiti diyisià est, qua notter jéntiochus libenter uti soUt. ille igitur vidit , non modo , quot fuissent adhue philosophorum de tummo bono, sed quot omnino esse possent sententiœ, Negabat igitur, uUam esse artem, quœ ipsa a se projiscisceretur , etenins illud eemper extra est, quod arte comprehenditur, JVihil opus est êxfmplis hoefacere longius , est enim perspicuum, nullam artem im se versarif sed esse aliud artem ipsam, aliud , quod propO" situm sit arti, Quoniam , ut medicina valetudinis , navii^ationis guhematio , sic vivendi ars est prudentia , necesse est eam quo^ que ab alia re esse- eonstitutam et profeetam, Constitit autem ùster onsnes j id in quo prudentia versaretur et quod assequi '^eUet , aptum et accommodatum naiurœ esse oportere, et taie,, ut ipsum per se inuitaret , et aUiceret appétit um animi, quem oùfMV Grœci vocant, Cicéron prétend que le quid sit quod ita wko%^at est précisément le nœud'qu^il fallait résoudre ;• mais Gaméade dit.qne ce nceud n^est que dans la théorie, et que le

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