III
(9») du talent oratoire de Car^iéade, une doctrine aussi ambiguë ne pouvait se soutenir; elle ne pouvait pas convenir aux Romains , pour, lesquels désormais tout était calculé dans les éta);)lissemens de la Grèce ; enfin elle ne pouvait s'introduire à Rome, où se rendaient à l'envi les maîtres lies plus '^célèbres. Philon rentra donc dans l'ancienne voie ; il se rapprocha de. la vieille académie; enfin Antiochus Wmit dans son système jusqu'aux principes, des stoïciens. Nous ne parlerons de dette quatrième et cinquième académie que transitoirement , leur influence ne s'étant fait sentir que beaucoup plus tard. Nous ferons de même quant à celles des stoïciens et des épicuriens. Mais les péripatéticiens, qui agirent immédiatement sur l'époque dont nous allons nous occuper, les péripatéticiens , dont le chef nous a laissé tant de mémorables écrits, occuperont une plus grande place dans ce chapitre.
Si l'on en. excepte les fondateurs de religions , nul homme n'a exercé une plus grande influence sur l'humanité toute entière qu'Aristote. Non -seulement il a donné des lois à l'Occident et à la religion chrétienne, mais il a gouverné l'Orient et l'islamisme, enfin il a réagi sur toutes les branches des connaissances humaines. Son esprit était dé-
tort qu^on a est d'en chercher une solution générale ^ qu^enfin aucun homme instruit né sera embarrassé dans la pratique.
gagé des égaremens de l'imagination, ses acuités exquises s'appliquaient seulement aux choses réelles et possibles : aussi, l'universalité de son génie spé' culatif n'avait-elle pas échappé au créateur de la nouvelle puissance macédonienne; il le donna pour gouverneur à son fils. Quand Alexandre cessa d'être docile aux conseils d'Aristote, Antipater n'en de^ meura pas moins lié avec ce philosophe, et la ja<* lousie du monarque se porta sur les deux amis de son père à la fois.
Aristote et Alexandre embrassaient tous deux Tuniyers dans leurs conceptions, tous deux vou« laient et le soumettre et en changer la face. Le destin se déclara pour Aristote : quant à Alexandre » il ne put accomplir son plan. Avant d'atteindre le Gange, le roi tout -puissant fut arrêté par l'opiniâtreté de ses soldats, et l'Occident fut préservé de ses conquêtes par sa mort Aristote, par ses recherches historiques et philosophiques, voulut coordonner et diriger toutes les connaissances humaines. Il transmit à ses successeurs tout ce que la Grèce florissante avait conquis dans le domaine des sciences et de la civilisation^ mai^ il appartenait aux temps modernes, et, pour cenaines choses, aux derniers temps seulement, d'accroître et de rectifier les résultats de ses méditations et de ses observations^ ou même de les bien comprendre et de lei bien expliquer. U faudrait, pour bien
(loo)
juger de ractivité d'Aristote, pour connaître ses rapports avec la civilisation du genre humain, enfin pour apprécier la portée de son influence, refaire l'histoire entière des sciences , des arts , de la politique et de ^'administration des anciens; et quand cette tâche serait possible à l'homme qui ne serait pas doué du génie d'Aristote, il faudrait encore qu'il composât un livre spécial pour y traiter cet objet Nous nous bornerons donc à de simples indications sur le sujet des ouvrages de ce philosophe et sur le parti qu'en a tiré la postérité. Aristote fut le premier qui posa les fondations sur lesquelles on put élever, comme un édifice réguHer, les mathématiques et la mécanique. Si le destin ne nous avait enlevé la plus belle partie des écrits de ce grand homme , s'il n'avait mis à la place de ses Uvres des fragmens mal réunis , mal coordonnés ^ , il nous eût été facile
1 Aristote, dit -on, laissa à Théophraste Théritage de ses écrits; celui-ci les donna à Nelée de Scepsis, dont les héritiers conseryèrent ce trésor précieux. Ils craignirent ensuite ^e les rois de Pèrgame, qui, à Pezemple des Ptolémées, einploj' aient tous les moyens d'augmenter leur bibliothèque , ne TOidussent s'en emparer. Ils renfermârent donc ce recueil dans uu coffre et le cachèrent dans une voûte un peu humide. Au temps de Mithridate , Appellicon et Athénien négociaient à Athènes dans les intérêts de ce roi. Ces hommes étaient instruits de toutes les sciences de leur temps, et Tamour det
(lOl)
de prouver qu*Aristote avait, dans une double série d ouvrages, embrassé toutes les parties de la science; que dans Tune, il rassembla la somme des expériences de son temps et l'augmenta de ses propres travaux; que dans lautre, il réunit en corps la philosophie devenue le résultat de ses connaissances, et les choses purement intellectuelles. Nous verrons dans les détails que nous aurons à donner, qu'Aristote prit toujours l'expérience pour base de ses théories , et cela par opposition à ce qui s'était Ëdt avant lui chez les Grecs , qui cherchaient toujours à faire rentrer dans leurs théories les faits isolés fournis par l'expérience. Il ne faut pas s'étonner si l'Arabie et le moyen âge se sont servi des écrits de ce philosophe pour leurs étroites spéculations et pour leurs vaines subtilités; ils ne le comprenaient pas. Plus on pénétra son esprit.
Hyres les animait. Ce' fat Apellicon qai découTrît le trésor, mais déjà il était en maaTais état : Thumidité et les insectes ayaient rongé une grande partie des manuscrits. L'on ne sait trop comment interpréter Passertion selon laquelle cet Apellicon fit restituer ce qui était gâté. Sa bibliothèque -tomba au pou- Toir de Sjlla : Tjrannion fit alors copier les écrits d^Aristote ; il ea donna un exemplaire à Andronicus de Rhodes, qui en fit aussi faire des copies. Il est bien entendu qu'il ne s'agit ici que de ceux des écrits qu'Aristote ne Tonlait pas publier, soit qu'il les réseryât à des élèves éprouvés auxquels Théophraste les enseignait après loi, soit qu'il n'j eût pas encore mis la dernière main.
plus on se rit de ces tours de dialectique et de ces niaiseries vides de sens.
Avants lui , les limites qui séparent les rtathéinatiques de la philosophie de la ^nature n'étaient point exactement tracées * ; elles sont encore confondues dans Platon : malheureusement nous ayons perdu l'ouvrage qui traitait de l'essence des mathématiques 2. Dans son Traité sur la divisibilité à l'infini, Aristote s'occupe d'un sujet qui a beaucoup exercé les mathématiciens et qui cependant n'a pajs fait un pas de plus. Tous nos savans sont pour la divisibilité à l'infini; mais Aristote,- non content d'en donner aux mathématiciens des raison^ mathématiques , combat encore les sophistes à la manière des sophistes. La méthode suivie par Euclide, repose toute entière sur ses recherdies de logique; le pre-
1 M. Nolik, jeune savant qui enseigne les mathématiques à Heidelberg , a fait sur cette partie des œuvres d^Aristote d^utiles recherches, qull a bien voulu nous communiquer. Il fait remarquer qulA.ristote tenait beaucoup à cette division , et qu^il y revient à plusieurs reprises , notamment dans ses livres De cœ/o, .dans sw Analytiques, dans le livre De animmf enfin dans le 2.* livre phfrsicarum auscuUationum , chap. a.
a Mi Nokk , fondé sur nu passage de Diogène de Laê'rte , croit que dans son traité Trtps riç iv rçk fUcây/AcM'i ovffictçy Aristote avait principalement ce but. Il pes^e que Produs a pris dans cet ouvrage ce qu^il dit de contraire aux idées de Platon, liv. I.*', chap. 6, in JEucliâem, fuwnofn *H mathema^ ticorum generum de formarum essentia.
(io3)
mier il a parlé d'axiomes et de définitions ; le premier il a déterminé quelles devaient être en mathématiques les conditions d'une démonstration rigoureuse. *I1 divisa cette science en mathématiques pures et mixtes; il sépara ainsi les mathématiques proprement dites y l'arithmétique , la géométrie et la stéréométrie, de la mécanique, de Toptique, de lastronomie et de la musique, division qui , contribua beaucoup aux progrès de Tune et de l'autre branche de la science. En prescrivant une démarcation entre l'arithmétique et la géométrie, il ne fit pas une chose moins importante : dans la suite , en effet , ceux qui se qualifiaient de platoiûciens et de py tliagoriciens , ont fait le plus grand mal aux sciences pour avoir, dans le cours de leurs divagations, essayé de ramener les mathématiques à l'ancienne méthode.^ Aristote n'a écrit ni sur la géométrie ni sur
1 Selon M. NoIlIl, Aristote assigna k l'arithmétique Pabstrait, à la géométrie le concret. Il regardait ces deux sciences comme entièrement différentes; c'est pourquoi il voulait bannir de la géométrie tout ce qui était arithmétique { Analjrt. , post* J, 7 : oùx, ip<t irrh eÇ etAAow yivovç fArrctfioivrA «TéiÇAi, oTbùV to yèeûixiTpinov atp/ô/x«TiXiï , k. t. A.)« Cette pensée, poarsuit M. Nokk, est propre à Aristote, sans doute, et dirigée contre les efforts des Pythagoriciens qui avaient introduit leurs nombres dans la géométrie, et qui , en général, traitaient toutes les mathématiques comme une théorie de ces etftBfXOi^
(io4)
rarithmétique , il regardait ces sciences comme formées et connues : ses exemples sont néanmoins plus souvent empruntés à la géométrie qu'à Farithmétique. Pfeut-être voulait -il abandonner l'une et l'autre à l'école platonicienne. Au contraire, les mathématiques appliquées furent tirées par lui de Téuit d'abandon où les avaient laissées les pythagoriciens; il les mit au rang des sciences convenables à l'homme d'état; c'est ce qu'auraient pu faire déjà ces philosophes, et surtout Archytas de Tarente. Les mathématiques appUquées n'étaient étudiées auparavant que par des gens de métier. La chimie, la physique, l'astronomie n'étaient pas alors aussi avancées que l'I^stoire naturelle. Nous n'en devons que plus d'admiration à Aristote et aux grands hommes qui le suivirent à Alexandrie, . à Rhodes , à Pergame et en Syrie ; ils ont porté ces sciences au point où les reprirent les modernes. Les Romains et les Arabes , si Ton en excepte la chimie et la botanique, ne produisirent rien que d'insignifiant : leurs travaux ne peuvent soutenir la comparaison avec ceux d'Aristot? et des Grecs ses successeurs.
Sa physique générale a huit livres h U dit luimême dans le premier livre (traité de météorolope)i qat cet ouvrage a pour objet les causes
(io5)
jprenuères de la -nature et le moaTement en général ^ £ji partant de cette définition , qui est toute à lui , nous comprendrons pourquoi les quatre premiers livres parlent des principes y et les quatre derniers du mouvement D'abord ses recherches le conduisent- à parler du destin et du hasard , que l'on est habitué à considérer comme des causes premières, puis il s'occupe de la nécessité. Dans le troisième livre il donne du mouvement une définition obscure pour ceux qui ne sont pas initiés, mais qui, bien comprise, peut devenir la def de sa philosophie^ : ce livre s'occupe encore de l'infini. L'espace, le temps, leurs rapports avec le mouvement, ou plutôt avec les mouvemens de l'unim's, remplissent le quatrième. Dans le cinquième, Aristote parle de la nature et de l'essence du mouvement; dans le sixième, de ce qu'il y a de foftuit dans le mouvement. Ce livre commence par l'importante discussion sur la continuité du mouvement , du temps et de l'espace. On y réfiite TÉléatique Zenon qui voulait, à la manière des sophistes, prouver qu'il n'y a pas de mouvement, parce que le mouvement est infini
1 Hfft rZv TrfSùTtùV (firicàV rHç fvffmç Kj Trips Tretfftiç xi-
2 H* xiyntriç icrrsf imXf^uA tov J'vveiiMt ovroç , n
TÇiOVTOY*
(io6)
Arîstote montre quel abus< Zenon fait du mot infinL Il prouve mathématiquémi^i qù'une^feroe finie ne peut pas donner le mouvement pour un temps infini , et qu'à son tour une force infinie ne peut pas mouvoir les objets dans un temps fini; que par conséquent il faut qu'il y ait continuité ; ou, en d'autres termes, il prouve qu'il y a nécessité d'admettre que l'espace et le temps sont unis d'une manière inséparable. Ces résultats renversent plusieurs sophismes relatifs à l'explication des phénomènes de ce monde, et d'abord ils confondent Zenon qui, contrairement au témoignage des sens, niait l'existence du mouvement, et, en second lieu, Dëmocrite qui disait que P£nr détruire la continuité, il n'admettait pour pirocipes des choses que des élémens isolés, indivisibles. Ejifin ces résultats anéantissent aussi le mouvement perpétuel d'Heraclite, qui, à la vérité, laissait subsister le temps, mais qui détruisait l'espace. Le septième et surtout le huitième Uvre ont été pour les platoniciens et les pythagoriciens qui voulaient réunir Aristote à Platon, la matière de théories dont nous parlerons plus tard. On y examine si le mouvement a commencé, s'il finira, si quelque chose peut se mouvoir de soi-même, ou s'il existe un moteur qui ne soit pas mu par un autre moteur. Bonaventura, les scholastiques qui le suivirent et le Dante, puisèrent dans ce traité ce genre d'astronomie qui peut
se concilier avec la poésie et la métaphysique, et le grand Kepler lui-même prit dans cette source plusieurs de ses rêves enchanteurs.
Les quatre livres qu'Aristote nous a laissés sur le système du monde, se lient naturellement à ceux* là. Dans les deux premiers il traite du mouvement circulaire des astres et de leur cours ; dans les deux derniers il est question des élémens et de la pesanteur. Aristote n'avait point sous les yeux des obserrations recueillies depuis des siècles, la statique, la mécanique des fluides et l'optique surtout étaient encore dans l'enfance. Les vues profondes que renferment ces quatre livres n'en sont que plus admirables. S'il en Ëiut croire Diogène de Laërte,, Aristote aurait fait de l'optique le sujet d'un traité particulier, et par conséquent il. lui aurait donné rang parmi les sciences. Il parait aussi qu'il s'occupa, dans un ouvrage spécial, de l'obsfîrvaiion astronomique. Quant à ce qui concerne l'ouvrage sur le système du monde, nous nous arrêterons surtout au second livre, qui a beaucoup occupé Delamhre, quoiqu'en général il ait accordé plus d'attention au Commentaire de Simplicius qu'à Aristote lui-même. Ce philosophe, dans le ti*oisième chapitre, attribue le mouvement de rotation à deux forces qui, à en juger par les indications de sa mécanique, pourraient bien n'être pas différentes des forces centrales des modernes. Plu;^ loin, à
roccasiôn de la forme sphérîque cîu monde, Ari^ tote regarde la pesanteur comme une tendance des corps vers le point central, il dit : de tous côtés les parties ^ tendent avec une iforce égale vers le centre, l'équilibre ne peut donc exister cju'alors que de tous les côtés il y a pression égale vers ce centre, c'est-à-dire dans les corps de forme sphérique. Dans le quatorzième chapitre ce théorème est appliqué à la terre. L'observation des éclipses de lune et cette circonstance qu'à Cypre et en Egypte on aperçoit des étoiles invisibles en Grèce, le conduisent à la découverte de la rotondité de la terre. Quant à la statique et à la mécanique des corps fluides, le quatrième livre tout entier traite de la pesanteur absolue et spécifique. Aristote dit formellement que, le premier, il s'est occupé de la pesanteur absolue^. On n'a pas assez profité, dans la suite, de ses idées sur la pesanteur spécifique.^
1 Dans sa mécanique il ajoute formenement à des distança égales.
3 De cœlo , Irv. IV, chap. i , au comm. TZv yctp i^ivTùdV
fidpOÇ, ^dfJitVy TC fjÀv iiVeti KOV^OTtpOV, TO JV fiûtpVTîpOVj
oîov ^tiy^ùv ^oLXkcu^ Trtpi fxiv oùv rSv ttTrXSç T^tyofjuivtèf
OvJf¥ ÙpnTÛU TTOLpet tZv TTpOTtpOVj TTtp) H TtùV TTpOÇ tTtpOP^
cv yâp Xtyoufft ri im to ^eipù i^ ri to koo^oV, dXKci ri TO ^punpov i^ Kov^ortpov iv to7ç t^ot/ct fieipoç.
3 M. NoU remarque que Fon s^est ensuite éloigné des yudi saines et justes d^Aristote sur les lois de la nature et sur les
( 109) Il parait avoir connu Tiniportance de Tobservation qui conduisit Archimède à poser les bases de rhjdrostatîque ; du moins cela semble résulter du passage où il indique la raison pour laquelle im morceau de bois est plus lourd dans Tair qu'un morceau de plomb K Sans doute Aristote n'a point appuyé de preuves suffisantes l'assertion que le feu est le seul corps que l'on ne puisse peser, et que Tair est susceptible de l'être ^ ; mais il n'est pas arrivé à ces résultats sans les fonder sur des expériences. Il est évident qu'il a fait des observations sur la pression de l'atmosphère et sur le parti qu'on en peut tirer pour les machines hydrauliques; peut-être même V horreur du vide^ adoptée par les physiciens avant l'invention de la machine pneumatique, repose- 1- elle sur ses travaux et sur l'emploi qu'on fit dans le moyen âge de ses Uvres
mathématicptes. Au lieu d^aTancer on recula. Schneider, dam ses Ecloga phjrsica, tom. !.*% pag. 371 , et tom. II, pag. iSi, & rassemblé les passages d^Hipparque et de Ptolémée qui sont propres à le prouver.
1 De cœlo. Ut. IY, chap. 4* 'S.vfJifiùuvii JV fUf Treivrat^ou rairrà. /Uiftet fùxiîv aveu a^ xovfet ftÀ riv rSif TrpeireiV ftojpopaiv* Xiytê h oiov iv /mv itps t^ctpvTipof tffreti rct^ XarraiùV ^tiXev fÂoXv/U'ov fÀVauetiov , iv Si vS'oLri Kov^onpov»
a Ibidem, "Év rî yàg cujtSv X^?^ Treirret 0eipoç t^u TrXnv mjpoç j^ dnç* ffnfAiîov Si on iXnu ^Xi7op ni^yffriifMivQç Mxiç rou Kivov.
Il .Tuûao^
f» 'loi j^ iniuniu m Jtmt!T . ie: cefls aorte m le tWB^tl<^f^*42^>i>un^ ^v*^ dur-» -ïoiiiBt fe imraïf
mtsttt itt rofonna . ^ tob ïa. iianiK db Ib iaàm
li!5i «irre» iOis tu 3uiuv/;9ifsit. tLs
iftit •icnc la» 3iniiis loe le
la ftnmocunon ie» iicce» tu
^ ^axL dppu de j>iue» le» Tsiies fliin iipuruiiii ii
■ou» v'ixtukrrajerrin» an. le am
te » b raoe, ao rouet cie mociin. aa nMmfle, t^
Anvy/9^ éf^At le pnezmer qai mh en rampoftk Yii^y/iî^ et la pratique , beaocoi^ de choses dm
I II «pptIU U forc« centrifs^e scm fiMr , la Jbm «i
t Ck«f;« I. Tdt /Mr «e^r 7(pi Tsr (l'>4r ^-nr/igm «çisi
f^ i'iX}Kt Trirr* ^ficf^ ri Tnft riç MJwmwntç r-Ji/ç ugjf
demeurer incomplètes. Le moyen âge ne le vit pas , les modernes en ont fait au grand homme de trop amers reproches. La statique ou la théorie de Téqui* libre des corps demeura réservée à Archimède.
Avant de passer à la seconde division des écrits cpi'Aristote nous a laissés sur les lois de la nature , nous dirons quelque chose de son Traité de 1 ame. Ce livre, dans le moyen âge, ainsi que chez les Arabes, a toujours été expliqué avec ceux qui ont pour objet la philosophie de la nature. D'abord on y examine ce que c'est que Famé, et particuHèrement ce que c'est que lame des animaux et celle des plantes; enfin on se demande en quoi consiste l'ame humaine. Dans le second chapitre Aristote aborde les diverses opinions des philosophes et les ramène toutes à trois principales, dont l'une fait consister l'essence de Famé dans sa grande mobilité^ la seconde, dans son immatérialité et dans sa subtilité, tandis que la troisième la considère comme le résultat de la composition de l'homme par les divers élémens de toutes choses, en ce sens que le contact de ce qui est homogène , produirait le sentiment et la connaissance. Aristote réfute ces trois systèmes. Ici , comme dans sa physique , comme dans sa théorie du ciel , il enseigne que le mouvement se lie nécessairement à l'espace, que par conséquent toute chose mobile existant dans l'espace est divisible comme lui; mais Famé n'est III. 8
Oi4)
point divisible, ce n'est point une grandeur ni une quantité matliématique ; c'est une forme, une suite de phénomènes : il ne faut donc point chercher son essence dans la mobilité ^ Quant au second système, qui réduit l'ame à une substance très-déliée, imperceptible aux sens , Aristote fait comprendre que , de quelque manière qu'on veuille l'entendre , elle ne serait de la sorte qu'un corps , d'où il résulterait cette absurdité , qu'il y aurait dans Thomme deux corps enchâssés l'un dans l'autre, c'est-à-dire deux hommes en un seul. Aristote, accorde fort peu de temps à la réfutation du troisième système : il confond cette erreur, selon laquelle l'ame est un nombre qui se meut de lui-même, et cette opinion èuT la monade et sur ses propriétés que Leibnitz reproduisit depuis sous un autre aspect. Il suffira ici d'une seule des raisons par lesquelles il détruit la proposition , que le simple renferme le composé. a Si les élémens de toutes choses sont dans l'ame ,
1 ITÉpi '^v^ç, liv. 1, chap. ii, UpSTov /xeV ovv ov KatXSç ro hiyuv rnv -^v^tiv /xtytSoç uvetf riiv yâp rou Tretirrèç fnXovort roiauirfiv îÎvoj fiovXtrctt , oTbv irW irriv c xoAat/- /xeyoç vovç , ot? yiç oTov y% asoénrêKti ovS"* oîov i irri^u^ fjLnrutn , rçiireûv yàg i Kivtiffsç ou KUKXo^opU • o JV vovç uç ^ ffvvt^j^nç , Cùff^îg )^ If votio-tç , » JV vonctç rct voifjutrei , raSrcL fi ro i^t^iç «y, dç i elpt6/ji^ç ov^ dç ro fMy^oç* Aristote poursuit et démontre qu^on ne peut attribuer retendue \ Pâme, ni pour la partie ni pour le tout.
(ii5)
ff dit-il, OU si tout est rempli de dieux , comme c le croit Thaïes ; enfin , si Famé nage comme K une goutte dans l'immensité, il ne peut se mait nifester en elle aucune sensation, aucune pen- « sée, à moins que toutes les choses composées c des élémens, à moins que toutes les notions ff complexes, ne se trouvent dans Famé; car d'après c cette théorie l'homogène ne peut être reconnu « que par l'homogène. Cependant on avouera qu'il ce serait absurde de dire que dans l'ame il y ait « des choses telles qu'une pierre ou le type de flt l'homme* '*
Dans le second livre, Âristote expose ses pro« près idées; il part des notions fondamentales sur la matière et le mouvement, ce qui le conduit à définir l'ame en tant qu'on l'oppose à la nature des corps ; puis il passe à une autre explication, qui bit de l'ame la cause de diSerens phénomènes du monde sensible , ou en d'autres termes , qui lui at* tribue divers effets ^ Aristote dit: l'ame, il est vrai, n'est point un corps, mais elle ne saurait exister sans corps , parce qu'elle n'est que l'activité , que la perfection de l'essence d'un corps , c'est-à-dire du
1 Voici la première définition : w 4^/t^ imv imXtp^tsot n ^peim ffci/jutroç ^v^skov ^eeiiv t^ovroç S\j9ci/jLttf rosovrof df , €tv iji cpyatviKoVm Voici rautrc : n '^vp^ti tmv otpx** ^
corps humain. Toutes les âmes ne pourraient entrer indifféremment dans tous les corps , chacune appartient détenninément à chacun. Il est impossible que l'ame de l'homme habite le corps de l'âne ou du porc ; la théorie des pythagoriciens sur la . migration des âmes est donc en opposition directe avec la définition de l'ame humaine. L'essentiel dans cette première définition donnée par Aristote, c'est que l'ame n'est qu'une acdvité et même une activité^ quelconque j que, conformément à l'idée fondamentale que nous en avons , cette activité ne peut agir que sur l'être auquel elle appartient , d'après une possibilité donnée 2, et seulement dans la matière et sur la matière appropriée à sa substance. De peur de nous enfoncer dans la métaphysique et de faire naître des mésentendus , nous ne pénétrerons pas plus avant dans l'explication de cette proposition , qui ^ chez les Arabes et chez les chrétiens du moyen âge ^ a enfanté la contemplation re- ^gieuse ^ Dans la suite du second livre , Aristote parle de la vie en général, des sensations et des sens. Le troisième est consacré au sentiment intérieur , à l'imagination ^ à la mémoire , au sommeil , k la veille, à la faculté de concevoir et aux divers
1 £*rrfAf;^fiâC« 3 Sxe^/Ç»
degrés de la conception. Dans tout le cours de cet ouvrage on réunit toujours Tempirisme, c'est-à-dire la doctrine expérimentale de Tame, avec la théorie purement spéculative.
En passant aux écrits d'Aristote sur Thistoire naturelle proprement dite, il nous faudra nécessai-^ rement commencer par sa zoologie. Ici du moins il ne fut obligé ni de tout créer, ni de faire lui-* même toutes les expériences. Il avait sous les yeux les observations de plusieurs siècles : elles étaient consignées dans les poètes , dans les historiens , dans les préceptes sur la chasse et sur l'agriculture , et Ton y trouvait les recherches les plus exactes sur la structure et sur les mœurs des animaux. Les sau*» vages eux-mêmes ont la connaissance des animaux qui les entourent; les Grecs, dont le coup dœil était si sûr et si pénétrant, eurent bientôt combiné avec leurs autres sciences les observations qui u'é«' chappent point à Thomme le plus grossier. Qn en peut attester les comparaisons des poètes et les indications consignées dans les histoires d'Hérodote. Répandus sous tant de climats divers, depuis le Dnieper et le Don jusqu'à Cyrène, plus près de la nature que les modernes, les Grecs durent réunir plus de faits que des observateurs isolés ne pourraient en recueilUr; mais aussi il devait de la sorte entrer dans l'histoire naturelle plus de fables et plus de traditions populaires.
(ii8)
Quoique l'anatomie du corps humain n'ait été connue que dans la suite, quoiqu'il ne pût être question alors d'anatomie comparée , on n'ignorait pas absolument l'organisation et la structure intérieure des animaux , et même on suppléait , par des recherches sur ces animaux, à ce qu'on ne savait pas encore du corps de l'homme. Pour maintenir dans le peuple la croyance aux prédictions au moyen des entrailles des victimes , il fallait bien créer une espèce de science de foie et d'intestins j mais il n'y avait ni ensemble ni terminologie. Dépourvue de ce secours, sans moyens de diviser par classes , espèces , familles et individus , il n'était pas possible d'arriver à un système de la nature tel qu'on commence à l'imagiher de nos jours. Afsiis, sous ce rapport encore , Aristote est créateur et fondateur; non - seulement il enseigna, dans son Organon, comment il convenait de diviser, de définir, de distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas , comment il faut réunir dans une seule expression tout ce qui est essentiel , écarter tout ce qui s'en éloigne; il fît plus encore, il rassembla les observations éparses et en fit lui-même de nouvelles. Ainsi qu'Hérodote, il fit connaître des particularités que dans les siècles suivans on traita de fables , mais que les travaux des derniers voyageurs ont remises en lumière et ont démontrées vraies , en les rapportant aux animaux auxquels elles conviennent
("9) et en les dégageant des additions fabuleuses qui s'jr étaient jointes. Le caractère libéral d'Alexandre et ses immenses conquêtes tournèrent au profit de rhistoire naturelle. Non-seulement Aristote s'adressa aux observateurs qui accompagnaient le roi, mais ce roi lui-même et tous ceux qui l'entouraient prenaient le plus grand intérêt à l'exécution des plans de ce philosophe; on lui envoyait des remarques, on lui transmettait les animaux euxmêmes, afin qu'il pût d'autant mieux composer un système général. A en juger par les expressions de Pline, Aristote aurait écrit un grand ouvrage, où ses connaissances en histoire naturelle se trouvaient présentées tant sous le rapport descriptif que conune philosophie de la nature. La zoologie, en dix livres, est une partie de ce beau travail j c'est ce que l'antiquité nous a laissé de plus remarquable dans le genre descriptif: nous n'avons plus, sur le reste, que des fragmens dont l'authenticité est sujette à contestation. Les dix livres de l'histoire des animaux ont ^repris dans ces derniers temps la place qui leur appartient : on les a réimprimés et expliqués en Allemagne comme en France.
Pour ce qui est de la partie. philosophique, on peut y rapporter les quatre livres sur les diverses parties des animaux -, mais ces Uvres sont tellement tronqués , qu'on ne peut plus distinguer ce qui est de l'auteur de ce qui est entaché d'interpolation. Il
est impossible , dans l'état où se trouvent les cinq livres sur la reproduction des animaux, de les attribuer à Aristote , et Ton peut encore moins mettre sur son compte les petits ouvrages du même genre- Le traité des plantes est remarquable en ce qu'il nous fait connaître quelle influence Aristote a exercée sûr toutes les sciences de l'Orient et de TOçcident. Il ne paraît pas que le texte grec que nous possédons soit l'original; nous savons positivement qu'il passa par les mains d'un savant Arabe ou Syrien. De l'arabe on le tradmsit en latin, et les versions qu'on en a faites sont loin de s'accorder. Plus tard un Grec, familiarisé avec le langage de l'école d' Aristote, l'a fait passer de nouveau dans sa langue, et dans cet état il en fut fait encore une nouvelle traduction qu'il faut (si Ton veut juger Touvrage) comparer avec celle qui se trouve dans les œuvres d'Albert le grand.
Aristote, sans doute, a beaucoup avancé la philosophie considérée comme science, mais on ne peut nier l'abus qu'on a fait de ses doctrines à Byzance et dans le moyen âge, ni le mal qui en est résulté. Néanmoins le blâme qui doit frapper ces subtilités ne saurait remonter jusqu'à lui, pas plus qu'on ne pourrait accuser le fondateur de la religion chrétienne du fanatisme , de la fraude , de la superstition et de l'hypocrisie, enfin , de l'esprit sacerdotal , qui , d'une doctrine d'amour et de chà-
lité, ont fait une tliéorie de persécution, d'idolâtrie et de vaines pratiques. Tout en gardant le silence sur les subtiles recherches de l'essence des choses , il &ut que nous accordions quelques détails aux travaux d'Aristote sur la logique. On désigna par le mot Organon (dénomination à laqueHts sans doute ^ il n'avait pas songé ^) tous ces écrits auxquels les siècles n'ont rien pu ajouter d'essentiel A l'exemple des académiciens de son temps, Aristote voulait embrasser dans ses livres toute la science du gouvernement. L art oratoire, la connaissance des ins-
1 Buhle, Aristot, Opp., tom. I.*% pag. l^^\ , in Argument, categoriarum init,, dit : Quapropter est Organi seu înstrumenti nomen, quo et vetustiores interprètes Grœci et recentiores eos omnes complexi sunt , licet Stagirita ipse neque ilio nomineusus sit , neque omnino generali appellatione eos unquam citU" verit. Certe prohahile est , libros Organo vulgo accenseri solitos, ut Categorias , libram de interpretatione , Analytica priora et posteriora , Topica et elenchos sophisticos singulare et abso-» lututn quoddam opus componere ^ nom eorum argumentum et regularum séries , quœ se ordine excipiunt , et uniuersœ logiees ambitum utique emetiuntur^ etiamsi hoc non probarent , initia Elenchorum S,ophisticorum artis logicœ conspectum ita dut phi-^ losophus , ut simul libros laudet , in quibus singula explicuerit , ad altos tamen pmtter Organi nostri libros plane non respiclat» Non igilur existimandum est, libro^ oommemoratos immerito Organi , ut perfecti operis , nomine insigniri , utpote quibus artis logieœ, qualem quantam Aristoteles docuit , non nisi pars contineatur, deperditis quippe multis logioi argumenti libris , a Diogene Laertio , anonjrmo Aristotelis vitœ auctore , aliisquc cnumeratis.
titudons, des lois et des moears en basaient essen- g tiellement partie : Aiistote résolut de traiter tous ^ ces objets séparément L'éloquence était pour le jj publiciste ce qu'était la politique pour le philo- , sophe. La logique doit être comprise dans la même | catégorie , la dialectique étant nécessaire à l'orateur j s'il ne yeut rester un déclamateur ou se perdre dam ^ un vain bruit de paroles ampoulées. Aussi les stoïciens qui ouvrirent, comme Xénocrate et Aristote, des écoles d'orateurs, s'appliquèrent-ils uniquement à former de solides dialecticiens. Aristote ne con^ sidéra la logique que comme étude préparatoire, il y joignit des exercices de rhétorique. Nous prenons cette remarque à Cicéron ^ , témoiri digne de foi , qui non-seulement fut, après Démosihènes, le plus grand et le plus philosophe des orateurs, mais qui compte encore dans le petit nombre ^ de ceux
1 Gicero, Topica, chap. i. Cum omnû ratio diligent disse* rendi duos habeat partes^ unam inveniendi, alteram judioandi : utriusque pr inceps y ut mihi quidem videtur, jéristoteUs fuit, Stoici autem in altéra laborat^erunt, Judicandi enint vias dili* genter persecuti sunt , ex scientia , tfuam Dialecticen appeUant, Inveniendi vero artem, quœ Topice ûicitur, ^juteque ad usum poiior eratf et ordine naturœ certe prior, totam reliquerunt,
3 Cicero , Topica , chap. i , au comm. — Sed a libris te ohscuritas rejecit, Ehetor autem ille magnus hœe , ut opinor , jiristotelica te ignorare respondit, Quod quidem minime sam •dmiratas, cum philosophum rhetori non esse cognitnm, qui ab ipsis philosophis; prster admodam paucos^^/torator.
1 qui avaient fait une étude approfondie des livres J iTAmtot
JAristote. Les Catégories enseignent à l'orateur comment les choses deviennent pour la raison des idées, comment les idées deviennent pour les sens des choses. Le livre sur l'interprétation * lui montre comment il unira entre elle les notions simples, et par leur moyen les choses, afin d'en porter un jugement simple et juste : on y apprend la nature du substantif, de l'adjectif et du verbe , l'essence de l'affirmation et de la négation, quant aux propositions générales ou particulières , enfin , la manière de retourner les propositions. A cela se rattache la théorie de l'analyse, en tant qu'elle traite de la liaison de deux jugemens, de la suite et de la concision des propositions. Nous ne nous engagerons point dans les détours de ce labyrinthe , nous passerons de suite aux Topiques. Huit livres nous sont restés sous ce titre : Cicéron en a fait quelques extraits pour l'usage de l'orateur, et dans la suite les Topiques ont fait partie nécessaire de tout enseignement d'éloquence. Le philosophe grec ne s'occupait pas, il est vrai, du seul orateur, son objet principal était de créer un bon dialecticien. Cicéron n'a donc pu Êdre usage que de quelques morceaux pour indiquer où l'orateur doit chercher ses démonstra-
1 ITep/ iffjLtvfiaç , de interpretathne.
-.'rns -. Co4ron s'âppli^u^ prmrxpalein?nt à k :rfr pour;^.i Any.'A't i donné ce titre a sons vr.1^- ; :>'-:*. >.a* tr-.'P entrer dans les délA jvisse r.:.! ::. n' a dj^tr^ irâiié*^, dont le îi e>t i-Hi^ • ^-^ i ''■^^ iii»;tht:»dr5 de dêmonstrâjoi >'.'cc.:r»r «î • Héiirii JMn>. de di\î>îon$ , de disâ il"n>. d- « «j:iip;.r.i^ons. etc.. et s'en tient touk à ce qui p^ut sf-nir a 1 orateur romain dan?
lnbunju\. Qu'ind on a lu ûcéron, on peut set une id-e d^ la manière d Ari>lote , qui étenài sujet bien plu» loin et qui l'enseignait pourtx espèce d'orateurs, et surtout pour les pliilosoj!^ et le pré^entait sous toutes les faces sous lesqos il pouvait être observé.
I Chap. 3. Ducuntur etiam argumenta ex lis rebui-i quodamnunlo tiffectœ sunt ad iJ, de quo quœritur. Su* fivnus in plures partes distrihutum est. IVam alia conju^tii* ftclliimus , alia ex génère, alia ex formula , alia ex simild^ alia ex antcccJentibus , alia ex consequentibus ^ alia ez'» finantibus ^ alia ex causis , alia ex ejffectis , alia ex coms:ii-fnr majorum , aiit pariurn , aut minorum. Cicëron puM* Miiif .tii\ exemples particuliers, et montre k Foratenr Fi?f^ii II f|ti*Mn ju'iit faire des rr^Ics philosophiques dcTi::iiiliiiii.iiix riiiiains. Il prend SCS exemples dans le droit' #1 il..ii*- |.- (criim.
■/ i Ji^j. j. a la fin. lits isitur locis , qui sunt erfo.'.:. • '„•* ..'■„ ,,t ii.nt fifti.c'uiu'u, t.inquam elementis quiii-i^ •i..ii#-. tt il. imnitraito Jjtur. Utrum igiZur hacZtiml ** léi ■' i'Oi quttitm tan^ acuto ^ tt tant occuputo , puto
Nous n'avons de ses livres sur Tart oratoire proprement dit et sur la science de Thomme d'état, que des débris pareils à ceux des ouvrages d'histoire naturelle. Le catalogue de Diogène de Laërte atteste combien le nombre de ces écrits était grand. Nous dterons les trois livres sur l'éloquence*, où l'on trouve en abrégé tout ce que l'antiquité exigeait de l'orateur. L'état de l'art oratoire nous apparaît avec d'autant plus de clarté, qu'Âristote conserve ici, comme partout ailleurs, son ton calme et didactique j et ne se laisse point emporter loin du but par la forme du débit, comme le font Cicéroû et Quintilien, qui se montrent rhéteurs lu où nous ne leur demandons qu'un guide. Le petit traité de rkétorique, adressé à Alexandre, ne contient presque que des définitions , des explications d'expressions techniques. En général, il est trop maigre de choses pour qu'il soit permis de l'attribuer à Ârisiote; le sujet ni l'expression de la lettre qui l'accompagne ne peuvent se rapporter à lui : sans doute c'est un élève de son école qui aura de la sorte réuni en corps quelques propositions et quelques fragmens du maître.
Malheureusement nous avons perdu le plus important des ouvrages d'Aristote , celui où il parlait de presque toutes les constitutions. Cicéron dit
MP
1 Keiz en a donné ua« ]»onne édition.
qu'on y lisait le tableau des mœurs et des h tions de tous les peuples ; il est certain que teur ne s'était point arrêté aux Grecs , mais bi ciens s'accordent peu sur le nombre des tions dont il présentait l'analyse. ABamomoil porte à deux cent cinquante , mais il y ajoutai remarque qui montre combien peu son témoii est digne de foi : il dit qu'Aristote avait réuni i notions en suivant l'expédition d'Alexandre:
dication la plus vraisemblable est celle de Di( de Laërte ^ qui parle de cent cinquante-huit titutions.
Dans sa République, Aristote n'a point, Platon, créé une cité idéale; il n'a point les choses humaines aux principes de la raison i traite; partout, au contraire, il fortifie sa d'exemples empruntés aux états existans. Le pi Uvre est une sorte d'introduction sur le but sociétés , et sur les simples rapports qui en sotfl base ou qui précèdent leur formation et les servent. Tels sont, par exemple, les rapports le maître et l'esclave, le mari et la femme, IcpiJ et ses enfans. Les premiers chapitres du livre sont dirigés surtout contre la republiqne' contre les lois de Platon. Aristote comliat le système idéal de ce philosophe ; puis , aidé
I Voyez Fabric. , Bihlioth. grœc, yol. III, pag, 4oo-4o3
( 1^7) l'expérience, il cherche à déterminer historiquement les divers genres de gouvernement et les causes de dégénération. Après s'être occupé de leur décadence, il indique les moyens de conservation, et ce n'est qu'à la fin du traité qu'il montre comment il faudrait fonder un état pour se conformer aux règles de la raison et de Texpérience. Il ne Êdt pas attention cependant que Platon , pour sa république , voulait des hommes tout autres que ceux pour lesquels est écrite la Politique. Tout l'édifice d'Aristote repose sur des données positives. Sa théorie s'attache à ce qui est ; elle l'explique , elle ramène chaque chose à la loi fondamentale de son essence. Les constitutions qui passaient alors pour les meilleures, étaient, dans le genre aristocratique, celles de Sparte , de Crète et de Carthage ; dans le genre démocratique, celle d* Athènes. L'auteur les examine chacune en particulier, il en signale les causes de dégénération et les vices, afin d apprendre au pubHciste le moyen de s'approcher le plus possible de la perfection. Nous avons présenté ailleurs, les vues d'Aristote sur la Crète et sur Sparte : ce qui lui déplaitle plus à Carthage, c'est l'aristocratie des richesses S l'accumulation des emplois sur les mêmes personnes , et la nécessité de faire de temps en temps émigrer des colonies pour prévenir des
1 Aristote , PoliUea, liTr lY, ch. 8 , p. 64, «d. de GœtUing,
troubles înténeurs'. Aristote met beaucoup plus de reserve dans ce qu'il dit de la consdtaticm d'Ailièncs; il ne blâme Solon qu'indirectement, ou en se servant des expressions d'autruL^
Dans le troisième livre il dtfinit Télat; en partant de lidce qu'on doit se faire du citoyen. Aristote restreint ce tiire à Fhomme capable d'exercer le pouvoir : l'état sera donc partout où les citoyens existent en assez grand nombre pour se procurer mutuellement les besoins de la vie et pour se défendre les uns les autres^. Aristote se demande si Ton doit compter parmi les citoyens les hommes qui exercent des professions illibérales 4. Il pense que Ton ne peut résoudre cette cpiestion d'une manière absolue; car il est impossible cpi'il y ait en ire les hommes égalité complète de considération, ou égalité complète de mérite. Il y aura donc partout une distinction entre les gouvemans, et conune il y a différentes constitutions, il arrivera que dans Tune on comptera parmi les citoyens celui qui exerce un métier, que dans l'autre on ne le comptera pas\ Aristote assigne ensuite à chaque
1 Aristote, Politica, lir. II, iL c, pag. 6S.
a Lit. II , ckap. 9 , pag. 66.
3 Ile Aiç /f To rif roêovTêif ^rXitoç > izmw Tfèç mrrdf"
S Amtote , PoUùcm , lir. III, dwp. 3.
( 129) espèce de constitution le rang qu'elle doit tenir. U y en aura trois espèces diverses, selon que lô gouvernement appartiendra à un seul homme, ou k plusieurs, ou à quelques-uns seulement, pourvu que ces individus agissent dans Fintérêt de tousj si au contraire ils ne se conduisent pas dans la vue du bien général, il en résultera trois autres espèces de gouvernement, qui seront comme les dégénérations des premières '. L'on distingue donc ici entre la monarchie, l'aristocratie et l'égalité des citoyens : ce sont là les seules véritables constitutions; le despotisme, l'oligarchie et la démocratie n'en étant que les aberrations. Le reste du troisième livre est employé à rapporter des exemples, à appliquer ces principes à quelques états en particulier , à ramener enfin ceux-ci vers leur but réel. L'objet du quatrième est de parvenir aux moyens d'obtenir pour chacune de ces constitutions l'état le plus parfait auquel elle puisse arriver, et surtout de l'empêcher de dégénérer. La meilleure parmi les trois que cite Aristote, lui paraît être celle où le mérite donne la prééminence, et non celle qui fait prédominer la naissance, celle où beaucoup de citoyens prennent part aux maniemens des affaires , et non pas celle qui les y admet tous, comme la démocratie. Cet ouvrage est très-
■I I I 11 I I M — fc— —
1 Aristote y Politica, liy. III, chap. 5.