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précieux pour rhîstorien : partout Arîstote iiid&qtt| les institutions des cités grecques , et même à quelques-unes sur lesquelles on ne sait d'ailleon' absolument rien ou fort peu de choses : souvent 1explique les causes de ces institutions. Quand] en vient à exposer les rapports de la politiques de la morale, il fait cette remarque judicieuse, ({ol ne faut ni s attacher à un but idéal, ni chercher i' atteindre pour la généralité les vertus de qudqoB personnes ou un degré d'instruction qu'elles do^L vent à des dispositions particulières. Il veut m Ton n'exige que ce qui est possible pour beaùGOU de monde , que ce qui peut faire la règle de be»f coup d'états. \
Dans les premiers chapitres du cinquième lifR' on indique les causes générales des mouvemens(!f des séditions. Aristote passe aux diverses constations en particulier; il examine les moyens depR' venir la décadence des démocraties, qui est canséti ordinairement par la coriiiption des démago§oft; Selon lui, Toligarchie est en proie à deux vices qâ; la font dégénérer : c'est d'abord quand les hommfil investis du pouvoir maltraitent le peuple , alors î devient facile à chacun de se mettre à la tête A la multitude; c'est, en second lieu, quand la division ou l'inégalité s'introduit parmi les oligarques, et que l'un d'eux se met à la tête du peuple pour renverser les autres. Les troubles vienneqt affliger!
es aristocraties, quand ceux qui exercent le pouroîr sont trop peu nombreux , quand des hommes missans sont offensés par le gouvernement, ou piand on exclut des konneurs un citoyen d'un caractère énergique et vigoureux. Mais ce qui amène le plus la désorganisation des états libres et des uristocraties , ce sont les déviations qui éloignent le moins du monde du droit et des lois. La motuurchie , selon Aristote, est voisine de l'aristocratie, mais le despotisme est un composé d'oligarchie et de démocratie; d'où il résulte que le despotisme est k plus mauvais des gouvememens pour ceux qui d>éissent, car il réunit les maux de l'un et de l'autre. La dignité royale fut instituée , dit Aristote , pour offrir un secours aux bons contre les méchans ^ ; aussi choisit- on le roi parmi les bons, soit qu'il se distingue par les qualités de l'ame , soit qu'il ait prouvé l'élévation de son caractère par des faits édatans , soit enfin qu'il appartienne à une famille où l'illustration s'est souvent répétée. Le despote, m contraire , est im homme que la multitude op- K>se aux plus nobles et aux plus généreux citoyens H>ur n'en être pas gênée. L'histoire en fait foi,
I PoUtica y liy. V, chap. 8, pag. 177. To/ç iTTtftiUCt* r^ MAiffretTOLt ficKTtXfvç tK Tciv tTrêunùiv Koff VTrtfo^nv àptrSç n 'fFfi^HùV rSv Àtto tÎîç iptriç , n Koff VTnpo^tiv rosotirov
puisque tous les despotes de la Grèce ont c», mencé pr être des démagogues ; on leur codai le gouvernement , parce qu'ils savaient jeter de l^ suspicion sur les citoyens aristocrates. Aristofe. il est vrai, ne connaît point la monarchie davl sens que nous attachons à ce mot ; il ignore non répartition des pouvoirs législatif, administratif i' judiciaire. Aussi n'y a - 1 - il parmi les cansci i| décadetice qti'il indique qu'une seule chose puisse s'appliquer de nos jours. Les mt périssent de deux manières, dit-il : c'est d'ak* quand ceux qui ont part à la puissance royaki divisent; puis c'est quand leur adminislratioai rapproche du despotisme, et quand, mialgré leski ils s'attribuent trop de pouvoir. Plus les monanw sont modérées, poursuit -il, plus elles durent k souverain qui sera moins arbitraire , moins hauM excitera moins Tenvie. Cest sans amertume et Jsi manière digne de son but entièrement phili que , qu'Aristote indique l'essence du gouvemi despotique; enfin il enseigne aussi comment le pourra se maintenir : mais en comparant ce dit avec le Prince de Machiavel, on se coni que ces deux auteurs ont eu des vues toutes rentes. Machiavel est un républicain ; tous les priiio(i[ à ses yeux, sont des usurpateurs; son temps w une époque de ruse , de déception , de violentfi et d'envalûssement; il instruit donc sérieusement î|
maintenir et à pratiquer le système devenu domir nanu Aristote, au contraire, penche vers la monarchie ; il peint de couleurs assez laides l'origine , la durée et les moyens de consetvation du despotisme» pour inspirer à se& lecteurs l'horreur de ce gouvernement. Quelques propositions prises au hasard feront voir qu'Aristote» ^'il est moins poétique dans l'expression que Platon, n!a pas ce-» pendant moins d'éner^e pour flétrir l'arbitraire. Toutes les pensées du despote , selon lui , se réduisent à trois choses : semer la méfiance parmi les citoyens, les mettre hors d'état d'agir,. leur inspirer des pensées basses ou serviles; ce sont là des moyens de conservation pour le despotisme ; la Ëiusseté et la dissimulation sont plus nécessaires au despote que toutes les vertus. Si ce ne sont là les propres paroles d'Aristote , du moin^ c'est la pensée qui. ré-^ $ulte clairement de ses préceptes. L'ame du tyran ne s'y peint pas moins horrible que dans le célèbre passage où Platon , l'ouvrant à nos yeux comme le ferait un anatomiste, nous montre son intérieur déchiré et sanglant. L'ironie qui règne dans le neu^vièmei chapitre est tout aussi mordante que celle de Platon. Tel qu'il est , le sixième livre n'offre plus que des supplémens aux deux précédens. Les savans qui ont publié ou interprété cet ouvrage, ne s'accordent pas sur le point de savoir si les chapitres de ce livre sont tels que les écrivit Aristote y ou si nous n'en avons
plus que des fragmens. Ce n'est que dans le septième et dans le huitième livre qu'Aristote arrive enfin au point qui a seul occupé Platon : ce n'est que là qu'il imagine un état. Il se demande d'abord quel est le but de la vie humaine et par quel moyen il feut l'atteindre, c'est le sujet de son Traité de morale : aussi ne fait -il ici qu'indiquer sommairement des résultats. Au premier chapitre du septième livre il pose pour base du bonheur la dignité de l'homme et sa valeur intrinsèque , et sans aucune divagation platonicienne ou pythagoricienne, il nous rappelle notre haute destinée. Il nous fait voir, dans le second chapitre, qu'il en est des états comme des hommes, et que le but de toutes les institutions ne peut être que de procurer à tous les citoyens, c'est-à-dire à Tétat , aux familles , une existence 1er gale et la plus grande somme de bonheur possible. De même , dit-il , qu'on voit l'avarice et l'ambition égarer l'homme , de même on voit les états s'égarer en obéissant à ces passions. Les constitutions les plus vantées , par exemple celles de Sparte , de la Crète , de Carthage , ont été , comme celles des Thraces , des Perses et des Celtes , calculées de manière à ranger sous leur domination autant de pays qu'on pourrait en conquérir. Cette erreur , commune aux ftidividus qui ne croient pouvoir fonder leur bonheur que sur la manie d'acquérir et de posséder , est aisée à concevoir 5 mais il est plus difficile d'enseigjier à
fonder un état sur un principe tel que la vertu en devienne le but général aussi bien que celui des individus. Aristote s'occupe d'abord de letendue et de la disposition du territoire convenable à son état U ne veut point , comme Platon , créer une cité parfaite , mais il veut en créer une qui soit la meilleure parmi toutes celles que Ton connaît» autant seulement que le permet la nature humaine ; ses prétentions sont modérées. Il a imaginé la vertu de l'état comme celle du citoyen j il veut, pour tout ce qui s'y rapporte, un juste milieu» Dans le sixième chapitre Aristote montre autant de sagacité , en opposant le caractère européen à celui des peuples d'Asie, que d'injustice dans le système qu'il voudrait étabUr sur cette opposition. On s'en servirait facilement pour justifier le commerce des esclaves, quoique, fidèle à son principe de modération, il en rejette expressément les conséquences. Il divise ensuite en six classes les citoyens de sa république : ce seront les laboureurs , les ouvriers , les commerçans, les soldats, les prêtres, les juges. Dans le septième chapitre on détermine la part de chaque classe à l'administration, dont on exclut les laboureurs et les ouvriers. Plus loin, Aristote va jusqu'à dire qu'il serait fort bon que toute la classe ouvrière fût composée d'esclaves, ou indigènes ou étrangers. Il fait remonter ses divisions jusqu'à^ésostris, ce qui nous ferait croire qu'il ne
connaissait pas aussi bien que Platon les inconvéniens des castes égyptiennes. Dans les chapitres suivans il est question de la situation de la ville principale, de ses forlifîcations et de ses marchés. L'examen qu'Aristote fait de la constitution de Sparte, tend à prouver qu'elle ne peut procurer aux citoyens ni la vertu, ni par conséquent le bonheur. A partir du quatorzième chapitre, il s'occupe d'éducation, parle des mariages et des premiers soins à donner aux enfans, et s'abandonne aux détails les plus minutieux. C'est du plus grand sang-froid qu'il permet la destruction de Fenfant qui n'est pas né, le meurtre, selon lui, ne pouvant se commettre sur la créature qui n'a pas encore respiré.
Quand il en vient à l'instruction à donner à la jeunesse , Aristote , comme Platon , comme Lycurgue , veut que les enfans soient ceux de la république entière. En examinant la question de savoir s'ils doivent être instruits pour le service de l'état seulement, ou s'ils doivent l'être aussi pour les affaires particulières, il nous a conservé des détails importans sur les rapports de l'éducation de Sparte avec les mœurs publiques, et sur le but général de l'éducation des Grecs. De là jusqu'à la fin du livre, il est parlé de la musique considérée comme moyen de former l'homme.
Le temps a fait quelques lacunes dans cette di-
gression , il en a détruit la fin et plusieurs autres morceaux.
Les traités de morale sont liés à ceux-là par leur sujet; ils devraient même leur servir d'introduction, ainsi que le philosophe lannonce, nonseulement dans cet ouvrage, mais encore en deux endroits de sa Politique *. Les sept livres adressés à Eudème et celui des vertus et des vices, sont de nature • à ne pouvoir nous occuper dans ce rapide coup d'œll. Nous ne parlerons donc que du traité adressé à Nicomaque , et nous adopterons l'opinion générale sur son authenticité. ^ On y apprend que la science du gouvernement renferme dans sa première partie la théorie du bonheur, de la vertu et des mœfirs qu'il faut que chacun adopte pour y parvenir. C'est la base et le commencement de la poHtique , et nous l'appelons éthique (morale). Telles sont mot à mot les expressions d'Aristote dès l'introduction du traité adressé à Eudème; après cette science vient celle que dans un sens plus restreint on nomme politique; il faut y joindre celle des finances qui n'est autre que l'économie domestique des familles appli(^uée
1 Aristote, Politica ^ liv. VII j ch. 12 : ^et/jav A Xj iv
Toîç rfô/Jtoîç, ÉiTi tZv Xoyoïv iativcùV') oÇtXoç^ inJpyuetv uvcLt K^ ;tP*'^'^ elptriiç TtXuetv^ )tj TetVTfir ovK i^ VTroii" VHdÇ, elXXût abrXSç»
a Liy. IV^ chap. 9, pag. i33.
( 4o ) tote indique ensuite les moyens d'atteindre au bonheur qu'il a défini; puis, à la fin du livre, il déclare ,que toute sa théorie sera infructueuse, si on n'en fait l'application à la vie civile : or, il faut pour cela que l'état soit organisé de façon à ce que nul n'empêche l'autre de marcher vers le but commun.
Aristote s'est occupé aussi d'une troisième science nécessaire à l'homme d'état , je veux parler de l'économie ou théorie des finances. Nous avons dans ses écrits deux livres qui pointent ce titre, mais il est impossible qu'ils soient de lui. L'on pense assez communément que le second livre est apocryphe et que le premier est réellement de lui , et l'on appuie cette opinion sur le témoignage de Diogène de Laërte , qui ne connaît qu'un seul livre de VÉ^ conomique. Ce n'est point ici le Ueu de discuter la question.
Les savans prétendent de même qu'il ne nous reste de l'Art poétique que des fragmens; cependant il nous parait que ce traité a exercé plus d'influence sur la littérature moderne que sur celle de l'antiquité, quoiqu'Horace se soit conformé déjà aux préceptes d'Aristote.'
Théophraste était l'élève d'Aristose, il est à son maître ce que sont à Platon les anciens académiciens. Cette opinion , émise par Cicéron , est justifiée par ce qui nous reste de fragmens de ses ouvrages. Aristote n'avait rien laissé sur l'arithmétique ni sur
la géométrie; maïs Théophraste a écrit un livre spécialement consacré aux nombres , c'est-à-dire à l'arithmétique. Aristote avait émis sur l'histoire des mathématiques, comme sur celle de la philosophie, des pensées qui , pour le savant , ont plus d'intérêt souvent que les preuves et les développemens eux* mêmes. Théophraste voulut accomplir ce que son maître avait indiqué; il voulut, comme Eudème, traiter l'histoire des mathématiques dans un ouvrage spécial. Aristote s'était occupé des plantes sous les. rapports spéculatifs , sans les décrire ni les classer ; Théophraste voulut y suppléer et faire, dans ses ^Ix hvres, ce que son maître avait fait déjà pour la zoologie. Cependant il avait pour s'éclairer moins de travaux antérieurs; il eut donc un mérite éminent, celui de vaincre de plus grandes difficultés. Toutefois cet ouvrage a moins d'importance aujourd liui pour la botanique que n'en a celui d'Aristote pour l'histoire des animaux. Le livre sur les pierres est encore une sorte de supplément de ce genres Théophraste a écrit ses Caractères pour les classes éclairées de la société , pour les hommes qui craignent plus encore le ridicule que le vice. Alors on ne connaissait plus l'ancienne éloquence ; on a comparé le débit de Théo-
1 Si Ton veut une notice complète sur les écrits d^Aristote, il faudra recourir à Fabricius , BihL grœc» , tom. III , pag. 4^3- 453. On j trouye jusqu^aux titres des ouvrages perdus.
^ÎÉME SECTION.
'••id' Alexandre jusqu'aux •^tes des Romains.
k-PITEE PREMIER.
•^•ecs d'Asie et à^ Europe justp^à
t mort dAntigone.
^Alexandre à celle de Perdiccas. »
lait mort sans avoir rien ordcxiiié listration de l'empire. Ses généraux I de suite en possesùon des proes par leur secours, s'ils n'avaient idoniens , qui demeurèrent fidèles à I rois. Ils se boruèrent donc à préla régence , leur grandeur future.
idérables étaient Léonnatus, Lyn- Dus, Perdiccas, Ptolémée, Python, Tnier n'était pas à Babylone on s'oor débat ; Antipater , le seul homme
1 imnfdfati d^Alciandn, rillÎM, Hiitoij oflhe yforUftrom the raig»
Jiat af Augunut. Le premiff d* eu liviM 4 4c la jeKiiMM dt MaBDtrt.
pliraste à celui des acteurs ^ : les Caractères ne que des scènes isolées de la vie humaine. Les i et les défauts y sont présentés sous leur aspect^ quant et risible , et Ton y apprend bien plus se point laisser prendre du coté faible qu'à si fendre de ces défauts et de ces vices. Sous beaq de rapports le siècle de Louis XJV ressemlJ celui dans lequel écrivait Tliéophraste , et Ïœ que ce siècle a produit un travail semblable d moins célèbre.
1 Athénée, Deipnos,, lir. I, pag. ai.