IV. DU POUVOIR TEMPOREL DES PAPES
Ses origines, sa nécessité, I, xxxv-xxxvij ; III, 506. — Les Papes, sous saint Grégoire le Grand, possédaient déjà vingt-trois domaines, dont l'un comprenait les Alpes Cottiennes, c'est-à-dire Ja ville de Gênes et la côte maritime jusqu'à la
frontière des Gaules, V, 241. — Villes d'Italie qui appartenaient en propre à l'Église romaine du temps de saint Grégoire le Grand, 258, 259. — Ainsi, sous ce grand Pape, l'Église romaine possédait déjà en propriété les ville? de Gallipoli, d'Otrante et de Naples, 588, 589. — Cependant Dieu allait travailler plus visiblement à faire remplir à l'Italie la première mission qu'elle ait à remplir dans le plan divin et qui consiste à donner une portion de son territoire à l'Église, dont l'indépendance sera par là dignement assurée. Le pouvoir temporel va prendre de rapides et légitimes accroissements. Aribert, roi des Lombards, rend à l'Église romaine, sous Jean VII (de 705 à 707), le patrimoine des Alpes Cottiennes, comprenant les villes d'Aix, de Dertone, de Bobio, de Gênes et de Savone, 588, 589. — « Le patrimoine de saint Pierre, c'est-àdire la plus grande partie de la Toscane romaine, fut ensuite acquis de la manière suivante. Les Lombards s'en étant emparés dans une guerre régulière, le roi Luifprand, à qui les Romains ne pouvaient ni disputer, ni reprendre cette possession, en fit don à l'Église de Pierre, et le Pape accepta le don pour le saint apôtre. C'était, du reste, le seul moyen de soustraire le pays à la domination des Barbares et d'y maintenir les formes d'un État romain » (le professeur Léo, réponse à Hengstenberg). — La Providence prépare ainsi, dès le sixième siècle, la souveraineté ou l'indépendance temporelle de l'Église romaine ; le huitième siècle y mettra la dernière main, 589. — « Pour ce qui est de I'Émilie, de la Flaminie et de la Pentapole, Pépin les enlève dans une juste guerre aux Lombards, qui les avaient eux-mêmes enlevées aux Romains; puis le roi franc les donne à l'Église de saint Pierre comme Luitprand avait donné autrefois la Toscane méridionale, et le Pape les accepta dans le même sens » (le professeur Léo), VI, 68-74. — Une des origines du pouvoir temporel des Papes, d'après Thomassin, 69, 70. — Donation solennelle de Pépin au Saint-Siège. Il donne vingt-deux villes à l'Église romaine et aux Papes à perpétuité ; par là se trouve complétée l'indépendance temporelle du Saint-Siège, 74. — « Quant à Rome et à ses dépendances, la Campagna et la Maritima, voici comment les Papes en devinrent souverains. Complètement abandonnées pendant près d'un siècle par les empereurs de Constantinople, ces contrées ne durent leur indépendance qu'aux Papes, qui consacraient à leur défense les revenus des biens que l'Église de Pierre possédait en Sicile et en Provence. Par une conséquence toute naturelle les Papes se virent obligés, dans l^d-
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ttiinistration des territoires romains, de prendre de plus «n plus en main l'autorité suprême. Après que les Lombards se furent rendus maîtres de la Pentapole la cour de Byzance ne pouvait plus secourir Rome quand môme elle l'aurait voulu, et tout ce qui restait, à la fin, de sa souveraineté, c'est que l'on datait encore les actes et les inscriptions des années du rogne des empereurs et que l'on frappait des monnaies à leur effigie. Mais alors même le Pape ne se sépara point formellement de Constantinople ; il nomma le roi des Francs patricien de Rome pour s'en faire un protecteur; c'est de cet ensemble de demi-mesures que sortit nécessairement, et sans empêchement de la part de Byzance, le rétablissement de l'empire d'Occident » (le professeur Léo). Ce qui a fait dire à l'abbé Rohrbachcr que « Rome et les villes de sa dépendance appartenaient à l'Église romaine par la donation du temps, premier ministre de la Providence pour les affaires de ce monde, » 74. — Charlemagne, en 774, confirme la donation que Pépin avait faite dans l'assemblée de Quiercy au Pape Etienne. Il la fait plus ample encore et donne à l'Église romaine l'île de Corse, Parme et Mantoue, tout l'exarchat de Ravenne, les provinces de Venise et d'istrie, avec les duchés de Spolète et de Bénévent, 115. — Dans le testament de Charlemagne, où il partage en détail ses États à ses trois fils, il n'est nullement question ni du duché de Rome, ni del'exarchat de Ravenne ; c'est qu'ils appartenaient à l'Église romaine, 227-229. — Louis le Pieux, par un acte célèbre, de 817, confirme aux Papes les donations faites à l'Église romaine : le duché de Rome, l'exarchat de Ravenne et leurs dépendances. Authenticité et valeur de cet acte, 254-236. — Que faut-il penser de la donation de Constantin à l'Église romaine? 256-258. — Les Grecs tenaient pour authentique au neuvième siècle cette donation de Constantin au Saint-Siège, 513, 514. — Othon confirme en 962 tous les droits temporels de l'Église romaine, le duché de Rome, etc., VII, 71, 72. — Pourquoi les habitants de Rome prêtent-ils serment aux empereurs ? 73, 74.— Autre confirmation de ces biens, en 1014, par l'empereur saint Henri, 261. — Au onzième siècle les princes et les peuples se soumettaient temporellement au Vicaire de Jésus-Christ. Avantages de cet ordre de choses, 498, 499. — Comment Charlemague avait offert la Saxe à l'Église romaine, 527. — Tout le monde, au douzième siècle, reconnaissait au Pape un droit spécial sur les îles, VI 1 1 , 376 . — C'est l'Italie qui est chargée, dans le plan divin, de maintenir dans le monde l'unité spirituelle, l'unité des
fîmes, en donnant au chef de l'Église une portion de son territoire pour y exercer librement sa toute-puissante autorité, XIV, 719, 720. — « Depuis rOuBRiEjusqu'a la Flaminik se trouvent une série de domaines donnés au Saint-Siège par la comtesse Mathilde, et dont la possession longtemps contestée lui fut enfin reconnue par Frédéric II. Ainsi, depuis Frédéric II, le Saint-Siège devint encore, par un traité, possesseur du duché de Spolète» (le professeur Léo).!... Il nous paraît inutile de mentionner ici les attaques dont le pouvoir temporel des Papes a été l'objet, mais il était nécessaire de signaler avec soin tout ce qui concerne ce pouvoir en lui-môme.