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cause de l’endurcissement ; qu’on ne peut nier que Dieu n'ait voyd mal, n ET DÉCRÉTÉ LA DÉSERTION d'Adam, puisqu'il fait tout ce qu'il veulirdimen que ce décret fait horreur, mais qu’enfin on ne peut nier que Die vous n'ait prévu la chute de l'homme, puisqu'il l'avait ordonnée par dus ne ce décret ; qu'il ne faut point se servir du terme de permission, puisquus loin . c’est un ordre exprès; que la volonté de Dieu fait la nécessité déiht éter: choses, et que tout ce qu'il ordonne arrive nécessairement ; gdbalgré toi c'est pour cela qu'Adam est tombé par un ordre de la providenM@eu, dar de Dieu, et parce que Dieu l'avait ainsi trouvé à propos ; que les perdre ; prouvés sont inexcusables, quoiqu’ils ne puissent éviter la nécessiiis descer de pécher, et que cette nécessité leur vient par ordre de Dieu; qi Certain Dieu leur parle, mais que c’est pour les rendre plus sourds; qui luthér leur envoie des remèdes, mais afin qu’ils ne soient point guéris; et q{inmes n si les hommes veulent répliquer qu'ils n’ont pu résister à la volodte sécur de Dieu, il les faut laisser plaider contre celui qui saura bien défendhde ses j sa cause, » sans qu'il soit permis, comme on voit, de la défend en disant qu'il laisse l'homme à sa liberté et qu'il ne veut point set pas LL péché f, Quant à
Ainsi donc, le dieu de Luther et de Mélanchton, de Calvin et Bufuit de Bèze, est l’auteur et l’approbateur de tous les crimes; c’est lui da chape opère en nous le mal, sans que nous puissions l’éviter, et puis M \érac, r nous en punit dans le temps et dans l'éternité ; en un mot, le dieu@ures; de Luther et de Calvin, comme celui de Wiclef, est un dieu que lesath@icta Du auraient raison de nier , de sorte que la religion de ces grands réféBanmoins mateurs est pire que l’athéisme ?. kléans, il
Tel est ce puits de l’abîme, toujours béant, d’où sont sorties, du des à sortent incessamment l'impiété et la corruption modernes, péMilicita ur faire renier Dieu aux hommes, et les plonger sans remords dans (Mie. À B4 les crimes. Car comment croire, comment aimer, comment ne Sikrver dar haïr, au contraire, un être qui nous punit du mal que nous n'av@in chréi pu éviter, du mal qu'il fait lui-même en nous ? Si nous n'avons péRtuit un p de franc arbitre, si nous faisons le mal nécess: ement, si c’est DS Cet ouvr: même qui l’opère en nous, sans que nous soyons libres de ne paulité de c consentir, livrons-nous-y sans remords, nos actions les plus dééSuisance d nables sont des actions divines. Tel est le fond satanique de last; 3o d forme de Luther et de Calvin, quant à Dieu et à l’homme, quaduits qui nc la foi et à la morale. loyens ext
Ils ne s’en sont pas tenus là. Pour nous engager plus efficacentus-Christ
1 Calvin, Instit., 1, 3, c. 23, n. 1,7, 8, 9; ©. 24, n. 13. — Lib. de œæt. Deif dest. — Exposition de la foi, etc. — Bossuet, Hist. des Variat., |. 14,n seqq. Addit. au 1. 14, n. 3. — Deuxième avertissement sur les lettres de M. vieu, n. 6 — ? Bossuet, Furiat.,]. 11, n. 153. on ossuet, 7
(Liv. LXXXIV, — De 155 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 437
que Dieu n’ait voydi mal, nous avons entendu Luther dire à Mélanchton : Commettez ait tout ce qu'il veurdiment tous les crimes, fornications, adultères, croyez seulement e peut nier que Die vous êtes dans la grâce de Dieu, et vous ne cessez pas d'y être, ait ordonnée par Quis ne cessez pas d'être juste, d’être digne du ciel. Calvin va même > permission, puisq@iis loin : Croyez seulement, et vous êtes aussi certain de votre fait la nécessité dsht éternel que de la rédemption du Christ ; croyez seulement, et, nécessairement ; q@palgré tous les crimes, non-seulement vous restez dans la grâce de dre de la providen@ti, dans la justice, mais vous y resterez toujours, vous ne pourrez à propos ; que les perdre ; la grâce, la justice est inamissible, elle passera même à nt éviter la nécessiiis descendants, sans qu'ils aient besoin du baptême 1,
r ordre de Dieu: Certainement, avec ces principes de Luther et de Calvin, si tous re plus sourds; qi luthériens et les calvinistes, si tous les hommes et toutes les at point guéris ; et q@nmes ne s’abandonnent pas à toutes leurs passions avec une enu résister à la volodire sécurité ; s’il est encore sur la terre quelque crainte de Dieu ii saura bien défend de ses jugements, quelque remords de conscience, quelque revoit, de la défend@utir d'avoir mal fait, quelque retour à la vertu, certainement ce u’il ne veut point st pas la faute de Luther et de Calvin.
Quant à la biographie de ce dernier, ainsi que nous avons vu, il hton, de Calvin et Bufuit de Paris en 4534, après avoir vendu sa cure de Pont-l’Évêque crimes; c’est lui Mu chapellenie de Noyon; il se réfugia près de la reine de Navarre, s l’éviter, et puis @ Nérac, rendez-vous de tous les mauvais catholiques, laïques et en un mot, le dieu@res; de là, il allait répandant sa doctrine dans la Saintonge, en un dieu que lesath@icta Du Tillet, greffier du parlement de Paris, à qui Dieu fit n de ces grands réffinmoins bientôt la grâce de se reconnaître. Venu de Nérac à
kiéans, il y publia contre les anabaptistes un pamphlet Du Soml'où sont sorties, (fui! des âmes, question que Luther traitait de noisettes creuses : il tion modernes, péMlicita un prieuré, et, n'ayant pu l'obtenir, commença de faire ins remords dans (te. À Bâle, il vit Évasme, qui dit de lui : Je vois une grande peste mer, comment ne Mikver dans l'Église contre l'Église. En 1536, parut à Bâle son /nsti- Min chrétienne, dont un contemporain dit à Calvin lui-même que Si nous n'avons pétuit un poison enveloppé d'un beau sucre 2, -“ement, si c'est DES Let ouvrage est en quatre livres : 40 de connaître Dieu, en titre et ns libres de ne pulité de créateur et souverain gouverneur du monde ; 2 de la conictions les plus déisance de Dieu, en tant qu'il s’est montré rédempteur en Jésusid satanique de a ris; 30 de la manière de participer à la grâce de Jésus-Christ, des à l’homme, quais qui nous en reviennent, et des effets qui s’en ensuivent ; 4° des “yens extérieurs ou aides dont Dieu se sert pour nous convier à iger plus eflicacenus-Christ, son Fils, et nous en retenir en lui. Dans cet ouvrage, in ne dit rien de neuf, il ne fait que fondre dans un ensemble 3. — Lib. de at. Dé Jos impiétés communes de Luther et de Zwingle, en les des Variat., 1. 14,n.
à sur les lettres de M. :
M Dossuet, Variat., 1.9,n 1 et seqq. — ? Audin, Hist, de Calvin, t.1, Ps 77
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modifiant quelque peu. Nous avons vu comme il est d’accord avelle torche Luther pour faire Dieu auteur du péché, nier le libre arbitre dangers, ( l'homme, et sauver l’homme par la foi seule, sans les bonnes œuvre monta < et malgré toutes les mauvaises. Sur l'eucharistie, il s'éloigne de Lu ia nobles ther, pour nier avec Zwingle et Carlostadt la présence réelle, E mnçaise es quoi il surpasse peut-être les autres, c'est dans sa fureur contre | Mit attaqu saint sacrifice de la messe et contre l'autorité du Pontife romain. guence, i publia cet ouvrage d’abord en latin, puis en français, le remani leurs pè sans cesse d’une édition à l’autre ; car il ne pouvait se content: épa lui-même, lui qui voulait régenter l’Église de Dieu. L'ouvrage ed La just précédé d’une préface au roi de France, pour l’engager à cesser suive les poursuites contre les nouveaux hérétiques, dont voici l'occasio uit Calvi L'hérésie, protégée par la reine de Navarre, sœur du roi, et par yen facil duchesse d’Étampes, concubine du roi, comptait bientôt gagner lutiennes roi lui-même. Deux curés et prédicateurs de Paris secondaient die. Il n” vues de ces deux femmes. Pour avancer leur œuvre, elles frere pour écrire par le roi une lettre à Mélanchton, pour l’inviter à venir ef): Bâle France, afin de travailler en des colloques à la conciliation des prouis XII testants et des catholiques. Mélanchton répondit par une longuli équivo épitre du vingt-huit août 4535, mais il ne vint pas. L’épitre étain corre accompagnée d'un traité latin, où il reconnaissait franchement la sy prenai prématie du Pape et la nécessité d’une autorité spirituelle toujouféié, pour le vivante pour le gouvernement et la discipline de l’Église. Avec diftenève v principe, sincèrement suivi, les conférences pouvaient être utile ville « elles n'étaient plus même nécessaires. Mais l'expérience de l'Allendumune. gne, où depuis vingt ans elles n'avaient porté remède à rien, mo L'église c trait assez ce qu’on pouvait en espérer en France. Le cardinal dé: d'un p Tournon en fit la remarque au roi. En 1000 Cependant les sectaires, plus insolents d’un jour à l’autre, afiiuève, en chaient partout des libelles diffamatoires contre les catholiques @k la ville leur croyance aux portes des couvents et des églises, du Louvre @u, est : de la Sorbonne. En 1535, le nombre en fut si grand, que l’année ru de lé: çut le nom d'année des pl:cards. C'était Guillaume Farel qui expnme ont diait ces pamphlets de Suisse. Le roi en trouvait jusque sur sa tabl Genève « de travail, par la connivence d’un de ses valets de chambre. Où l jsse, 415 sectaires osaient, ils insultaient les prêtres, dépouillaient les église donnèr. brisaient les reliquaires et les statues des saints : on eût dit une nonève que velle invasion de Vandales. Le gouvernement, averti par les murmiice éma res du peuple et par la voix de Budé, s’émut enfin. Le peuple vouihit de fai lait vivre et mourir catholique. On crut qu’une procession solennelunt laïq devait d’abord expier de nombreuses profanations. L'évéque ds Paris y portait le Saint-Sacrement ; le roi venait ensuite, la tête nu soon, #.
Av. LXAXIV. = De 15
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on eût dit une no erti par les murm fin. Le peuple vo rocession solennel
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torche à la main, et suivi de toute sa cour, des ambassadeurs mngers, des cours supérieures et du peuple. Arrivé à l'évêché, le monta dans une des salles, et y harangua le parlement, le clergé h noblesse, leur rappelant que la force et la gloire de la monarchie nçaise est la foi catholique, qu'attaquer cette foi de tous lestemps,
15 de l’ère chr.]
Mitattaquer la monarchie même et en préparer la ruine. En con-
guence, il conjurait tous les assistants à s’affermir dans la religion
Meurs pères, à signaler à la justice tous les novateurs, protestant
ji n'épargnerait pas sa propre chair, s’il la savait infectée d’héréy, La justice commença donc à poursuivre les coupables et à les gir suivant les lois. C’est à faire discontinuer ces poursuites que
uit Calvin dans sa préface au roi de France. Il y avait à ” la un
yen facile. Nous avons vu que, du moment qu'il y eut des aations étiennes, la première de leurs lois constitutives était la foi cathone. Il n’y avait qu’à respecter cette loi fondamentale de la chré-
Buté pour n’avoir point à craindre la poursuite des tribunaux.
De Bâle Calvin se rendit à Ferrare, dont la duchesse, fille de is XIE, penchait pour les nouvelles erreurs, et mourut dans un
Bi équivoque entre la foi de ses pères et l’hérésie des novateurs.
vin correspondait avec elle sous le faux nom de Charles Despeville ; n prenait encore beaucoup d’autres pour se déguiser. Calvin arn pour la première fois à Genève au mois d'août 1536.
Genève venait de consommer son apostasie. Le gouvernement de te ville était partagé entre l’évêque, le duc de Savoie et la mmune.
L'église de Genève est une de celles qui furent investies au moyen
me: d'un pouvoir temporel. Cet événement remonte au moins à ln 1000. Une déclaration de l'assemblée générale du peuple de
nève, en 4420, contient ce qui suit : « Depuis plus de quatre cents i, la ville de Genève, avec ses faubourgs, son territoire et sa banue, est sous le haut domaine et sous la pleine et entière juridic-
in de l'évêque : et le peuple se plaît à reconnaître aujourd’hui, imme ont fait ses ancêtres, la domination et la puissance de l’église
Genève et de son évêque !. » Deux diplômes de Frédéric Barbeuse, 1153 et 1162, confirmèrent solennellement cette autorité, et
hi donnèrent une telle extension , que l’empereur ne conservait à mève que le droit d’y demander des prières à son passage. Toute
ice émanait de l'évêque, comme souverain, et il avait à ce titre le hit de faire grâce. Les causes civiles étaient portées devant un lieumnt laïque , le vidame, qui recevait sa mission de lui. Le tribunal
ISpon, H.st, de Genève.
430 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 15 81515 à
supérieur à celui du vidame était le conseil épiscopal, auquel il ét 8 La ch toujours permis d’en appeler. A cette cour étaient en outre dévolueMuais si de droit toutes les causes ecclésiastiques, et celles qui étaient Pouds regal une somme excédant la valeur de soixante sous. Du conseil épiscoMhtaché pal, on appelait au métropolitain, l'archevêque de Vienne, et en deu tou nière instance au Pape. La justice criminelle était rendue dans uau c ville par les syndics, juges-nés de l’Église dans ce genre de cause, Loire jo syndics étaient des officiers municipaux qui administraient les intééique. / rêts de la commune. Celle de Genève paraît remonter jusqu’à ia di fin, s mination romaine, Elle était administrée pas les syndics, et reprééhndon sentée par le conseil général, qui se composait des chanoines au noniielité. du clergé, et de tous les chefs de famille, sans distinction de condiéreu de tion ni de fortune. Il était convoqué au son de la grande cloche de Ie montr cathédrale , et s’assemblait de droit deux fois l’année , au cloître bé don Saint-Pierre, le dimanche après la Saint-Martin, pour fixer le prix ddl pecter denrées, et le dimanche après la Purification , pour l'élection par lionmag peuple de ses quatre Syndics. La commune avait sa milice armée ë ses corps de métiers , ses franchises » et elle s’imposait elle-même 4 répaitissait ses taxes. La police, pendant le jour, se faisait au nom dé Mais a l'évêque, et les arrestations avaient lieu de la part du vidame. Depulhoie se le coucher du soleil jusqu’au matin, c’est aux syndics qu’apparten le droit de police 1.
Cet ordre de choses offrait des avantages précieux à la commund ë et protégeait d’une manière remarquable ses intérêts, eu égard à cdi de ve temps reculés. En même temps, il élevait le représentant de la rel gion, dans l'exercice de son saint ministère, au-dessus des atteint@ièses dre violentes de ses passions ; il lui assurait une indépendance qui 1upitre, : permettait d'accomplir avec plus de succès son œuvre de sainteté @k curés « de civilisation, et ik garantissait, autant que les institutions humain@tles invi le comportent, la paix et la tranquillité. La cour de l’évêque étdiiinbreus beaucoup moins onéreuse que toute autre, ou plutôt elle ne l'éta quatre siè pas, car elle était en grande partie composée d'ecclésiastiques poudiiinces on vus de bénéfices dont ils n'auraient pas moins joui loin de la préfiutorité di sence du prince. Il n'y avait point à payer, à chaque événement jam: principal de la vie, de ces dons gratuits dont le nom déguisait m ce qu'ils coûtaient. L'évêque , postulé par le peuple et nommé p les chanoines, qui, à leur tour, étaient élus par l’évêque ou s'élisaie@t ne veul entre eux, n’était ainsi appelé à commander que parce qu'il aval déjà la confiance du peuple. Aussi le régime doux et paternel dt évêques était proverbial au moyen âge. Mistice,
1 Magnin, Hist. de l’Établissement de la réforme à Genève, Paris, 1844, p.20et b: as
Liv. LXXXIV, — pe 5 ts de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. #11
Génevois ; ambition ; un fleuron s employèguerre, la ruse, la violence ; jus- & était rendue dans] pau comte Guillaume, qui se fit mettre au ban de l'empire pour ce genre de cause, Lire joué de la foi des traités et de ses propres serments envers l’é- Aministraient les inté que. Assez longtemps il lutta contre la mauvaise fortune; mais à nonter jusqu’à la doi in, sous le double anathème de l'Église et de l'empire, il se vit es syndics, et repréandonné de ses vassaux, que l'empereur avait déliés du serment de des chanoines au no ilélité. Le malheur, qui est la dernière leçon des princes, lui arracha distinction de condiBMueu de ses torts. Il s’était montré grand dans l’adversité ; l'évêque a grande cloche de By montra plus grand encore : il donna au comte l'investiture des l'année , au cloître dé dont il était déchu. Le comte promit, la main sur l'Évangile, de
pour fixer le prix ddiiwpecter et faire respecter les droits de l’église de Genève, et fit pour l'élection par Miimmage à l'évêque même du comté de Génevois, qui, auparavant, ait sa milice arméelie relevait pas de la principauté. L'orgueil des comtes une fois nposait elle-même diimpté, ils se montrèrent vassaux dévoués et fidèles. , Se faisait au nom défi Mais avec le temps, et après rt du vidame. Depuiroie se substituèrent pour | yndics qu’appartendnevois, dont la race s'éteig
is. Du conseil épiscok de Vienne, et en de
une lutte assez longue, les ducs de a rharge de vidame aux comtes de nit à la fin du quatorzième siècle.
têque de Genève en donna l'investiture au duc Amédée VIII. cieux à la commun@i} duc avait bonne envie d’être prince souverain à Genève , au lérêts, eu égard à cdi de vassal. Pour cet effet , il s’adressa au Pape et à l'évêque , et présentant de la relumit à l'église de Genève une indemnité avantageuse en retour -dessus des atteintéiieses droits. L'évêque, après en avoir mürement délibéré avec son dépendance qui lupitre, fit réunir au son de la grosse cloche les syndics, le conseil, œuvre de sainteté Æscurés des sept paroisses et tous les représentants de la commune, nstitutions humain@his invita à délibérer sur cette demande, L'assemblée, qui fut trèsour de l’évêque étalnbreuse, n'eut qu'un sentiment et qu’une voix. « Depuis plus de mire siècles, lui répondit-elle à l'unanimité, Genève et ses dépen-
ecclésiastiques poudiiinces ont toujours été, avec tous leurs habitants, sous l'entière joui loin de la préfiurité de l'église et de l'évêque, qui en est le chef. Les habitants \ Chaque événement jamais été traités par lui, ainsi que leurs ancêtres, qu'avec e nom déguisait mhuceur, bienveillance et bonté, et ils ont toujours été gouvernés euple et nommé pins un esprit de paix et de tranquillité. Ils ne peuvent, ne doivent élisaie@t ne veulent reconnaître d'autre seigneur, sans l'ordre exprès de
il avaêque. Rien ne commande un tel échange, à une époque où les loux et paternel déioyens n’ont plus pour voisin que ie duc de Savoie, prince ami de ijustice, de l’ordre et de la paix, des prélais surtout et des minis-
D de l'Église, prudent, zélé catholique, et prétant à la ville aussi e, Paris, 1844, p. 20 tien qu’à son église l'appui bienveillant et amical qu'elles ont tou-
442 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1547}
jours trouvé auprès de ses ancêtres. Pour eux, loin de consentir 18 Abri. \
aucun échange, ils sont décidés à vivre et à mourir, comme leurs pères, sous l'autorité de l’église de Genève ; et si l’évêque promet de ne jamais consentir à une aliénation quelconque, ils promettent, de leur côté, de l'aider envers et contre tous, de leur somission, de leurs conseils, de leurs biens et de leurs personnes 1. »
L'évèque répondit à cet acte touchant de dévouement en prop
sant à la commune un pacte d'union mutuelle envers et contre tous, que les évêques à leur avénement, et les syndics à leur entrée en charge, jureraienx d'observer inviolablement. Le 19 mai suivant, le conseil général de la commune, qui se composait de tous les chef
de famille, se réunit ; sept cent vingt-sept signatures furent produites en faveur du pacte, et l'assemblée en promit l’inviolable observation R
que les syndics avaient déjà jurée sur les saints évangiles, et l'évêque la main sur la poitrine. Un prince qui appelle ses sujets à décide de sa domination est un phénomène unique pert-être dans les fasteg
de l’histoire. Cet acte suffirait seul pour prouver combien son auto
rité est douce et paternelle. Les citoyens de Genève avaient depuid longtemps déposé tout esprit de parti, pour vivre, sous la crosse
dans la concorde et l’union. « Libres sous la souveraineté plutôt noÂ
minale qu’effective d’un prince essentiellentent et presque nécessai rement pacifique, ils en profitaient pour faire un commerce iinmensé et très-lucratif, qui les conduisait ordinairement, en peu d’années à toutes les prérogatives et à toutes les jouissances de la noblesse
féodale, car ils acquéraient des terres seigneuriales et formaient de
alliances illustres. La ville était d’ailleurs remplie de gentilshomme
et de chevaliers des plus grandes maisons, qui tenaient à honneuë
ou à avantage de s’intituler citoyens de Genève ?. »
Ses libertés communaies avaient reçu des concessions des évêque et des mœurs la plus grande extension. « Pendant plus de huit cent ans, l’accord entre la cause du peuple et celle de la religion fit dé Genève une ville très-avancée : les lois y étaient douces ; les violence qui déshonoraient d’autres pays y étaient moins répétées ; à peiné
si la torture y était appliquée. La confiscation des biens n'y existail
pas, et il ne reste aucune trace dans cette période de ces procès mon strueux faits aux opinions, ou de ces supplices affreux infligés à de malheureux soupçonnés d’être en rapport avec les démons ?. » Aucu peuple peut-être ne jouissait alors de droits aussi étendus que ceu que garantissait à tous les habitants le code des Zibertés et franchise
1 Magnin, p. 25 et 26, et 238, — ? Galilfe, Matériaux pour l'histoire de Genèvd t1,p. 9. — 3 Fazy, Précis de l'hist. de Genève, 1. 1, p. 185,
11545 dé k Genè
fteuret knpore
D Genève
k! consée
Liv. LXXXIV, — De 1617645 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 443
, loin de consentir 38 Genève, qu'avait fait recueillir, en 1387, un évêque, Adhémar sourir, comme leursBmibri. Voilà ce que des historiens
protestants nous apprennent sur t si l’évêque promet
ue, sous l'autorité spirituelle et
nes 1. » kenu l'antipape Félix V et évêque vouement en propo-Miun tour par ses proprés enfants, nvers et contre tous MRU4, le code des franchises, au
ics à leur entrée ent octroyé depuis Adhémar Fa
e 19 mai suivant iguère sur le siége épiscopal d sait de tous les chef ison de Savoie ou de ses créatur ures furent produites
violable observation & ; » Jean, fils naturel de évangiles, et l'évêque évêque de cette ville, fut nommé au siége épises sujets à décidewpal. C’est cette politique déplorable qui perdit les mœurs et la ret-être dans les fastedion à Genève. Sous de pareils évêques, la jeunesse tomba dans r combien son auto corruption extrême : les plus insolents s’associèrent, par des serenève avaient depuidints secrets, Pour commettre impunément toutes sortes de crimes ivre, sous la crosse Mise soutenir les uns les autres contre la répression des magistrats : uveraineté plutôt no isappelaient d’un mot allemand, eidgnois, confédérés, d’où le nom et presque nécessaiduçais de Auguenots : ils prenuient pour prétexte de leur société la | commerce immensduservation des franchises de la commune, contre l’évêque et le nt, en peu d'années de Savoie : au fond, c’étaient la licence et l'anarchie, où ils alnces de la nobless@iit jusqu’au meurtre. Pour se fortifier contre la partie saine de la iles et formaient de@ilk, qui voulait le maintien de l’ordre, ils firent alliance avec des ie de gentilshomme@utons suisses, notamment Fribourg et Berne. Cependant ils eurent tenaient à honneu@tessous en 1520, et l’ordre se rétablit ; les partis se rapprochèrent, à ) Mparurent déposer les haines anciennes.
cessions des évêquel L'an 4521, l’évêque Jean nomma Pour son coadjuteur Pierre de int plus de huit cent fils du comte Montrevel en Bresse, et mourut l’ de la religion fit d@SRrnte à Pignerol. Pierre de la Baume jura 1 douces ; les violenc@nmune, comme ses prédé is répétées ; à pein@ià se rendre lui-même de des biens n'y exist hctions se réveillèrent plus violentes : on implora le secours de > de ces procès moine, non contre l'évêque, mais contre le duc. Berne profita des affreux infigés à deubles de Genève pour y introduire l'hérésie, lui faire perdre son :s démons ?, » Aucutkique foi, son antique constitution, son antique population même, ssi étendus que ceu » peuplée de moines défroqués, de libertés et franchisdRttres apostats, de catholiques renégats. Voici les principales phases ‘cette apostasie.
= , M lénève avait contracté alliance avec Berne et Fribourg en 1526,
jour l'histoire de Genres : x : : k =. A" Oonséquent avant l’apostasie de Berne, qui eut lieu deux années
année es franchises de la cesseurs ; mais le duc de Savoie travailjour en jour plus puissant à Genève :
434 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — be js,
plus tard. Cette alliance avait pour but de défendre Genève contré les empiètements plus ou moins réels du duc de Savoie, En 1594 les conseils de Genève avaient appelé de ces empiètements au papé Clément VII; mais, sur les propositions conciliantes du prince, il se désistèrent de cet appel, excepté le parti qui se donnait le non d'eidgnots et aux autres celui de mameluks. Par suite des dissension intestines, les eidgnots se réfugièrent à Berne et à Fribourg, et y con tractèrent, en 1526, une alliance de combourgeoisie, faisant accroir
qu'ils y étaient secrètement autorisés par leur évêque, qu’ils appel
laient leur bon prince. Ils étaient la minorité, mais les plus hardisa les plus actifs. L'évêque désavoua cette alliance subreplice, qui augl menta la division dans Genève, les uns l’approuvant, les autres s Opposant. L'évêque, voyant son autorité méconnue, sortit de la ville Dès lors il n’y eut plus de sûreté pour les opposants, les principau d’entre eux en cherchèrent sur le sol étranger : par vengeance, le eidgnots pillèrent leurs maisons et leurs boutiques, vendirent leu
biens et les déclarèrent traîtres 1. Ce qui augmentait de jour en joul le nombre des émigrants, et aussi les violences des eidgnots, qui e condamnèrent plusieurs à la confiscation de tous leurs biens et mé
à la mort. En 1527, l'évêque, qui était rentré dans la ville, crut apal
ser les troubles en approuvant l'alliance avec Berne et Fribourg cette concession et d’autres furent loin d'être un remède. L'alliand avec Berne, où l'hérésie prenait le dessus, lui ouvrait les portes dé Genève, où elle se glissa dès 1527. L'année suivante, l’évêque d voir ses tribunaux de prince dépouillés de leur autorité, son ch pitre dispersé, son official exilé : il quitta de nouveau la ville, Son y Caire général y restait; mais on l’accuse de mollesse, de conniveng et d'une conduite peu régulière. La très-grande majorité du clerg génevois était recommandable par ses mœurs et jouissait du respeÿ et de la confiance du peuple; mais on lui eût souhaité, pour dé conjonctures si critiques, plus de zèle et de science. Quelques-ur s'étaient endormis au sein de la prospérité. Les religieux n’étaieg pas tous fidèles à leur vocation : les cordeliers avaient bien dégénét de leur saint patriarche, François d'Assise ; les Bénédictins de Saink Victor avaient bien perdu de leur esprit primitif. Tout cela scandal
sait les fidèles, et donnait occasion aux sectaires de comprendre tot
le clergé dans la même réprobation.
Cependant les gentilshommes et les bourgeois, émigrés et pré
scrits, exclus des trêves qui se concluaient de temps à autre, voyal leurs métairies pillées et incendiées, prirent enfin les armes pour d ;
1 Magnin, p. 69.
ommé V lstants,
IMagnin,
Liv. LXXXIV, — De mn 1515 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 446
Des collisions s’ensuivirent, où
aient pas toujours l’avantage 1, mpiètements au papé in 1532, ils réclamèrent et obtinrent enfin le secours de leurs alliés
iliantes du prince, j@iie Berne. En traversant le pays de Vaud ou de Lausanne, les milices ui se donnait le nongmwmoises mirent les villes à contribution, brûlèrent les châteaux, rasuite des dissension ragèrent les campagnes et n'épargnèrent pas même les environs de à Fribourg, et y con fenève, qu’ils venaient secourir. Arrivés dans cette ville encore toute oisie, faisant accro gttholique, les soldats bernois y commirent toutes sortes de profaévêque, qu'ils appel utions, abattant les croix, brisant les images, insultant les cérémoais les plus hardis its sacrées, et se chauffant avec le bois des statues et des tableaux. » subreplice, qui aus Dans le même temps, Guillaume Farel, accompagné d’un autre uvant, les autres Séuphinois nommé Saunier, se présente à Genève, où il débite ses nue, sortit de la vi trmons dans un Cabaret, etse fait quelques prosélytes parmi la jeusants, les principal" qui trouvait son nouvel évangile fort commode. Ayant été : par vengeance, [ nève et censuré comme perturbateur
ques, vendirent leu repos public, Farel répondit que La patente dont leurs excellences sntait de jour en jou municipales de Berne l'avaient
des eïdgnots, qui e
ans la ville, crut apail ; 1 Berne et Fribourg Mtistatée, attendu n remède. L'alliand{" quitter la ville.
ouvrait les pores dé ivante, l’évêque dif r autorité, son chs veau la ville. Son v
il ne trouvant pas sa mission bien qu'il n’était pas même ecclésiastique, lui ordonna
comme un régent d’école qui out âge et de tout sexe à lire lesse, de connivend espace d'un mois. Ce stratagème lui e majorité du clerg Rocura quelques disciples, dont le nombre s’augmenta peu à peu. | jouissait du respe@lers le nouvel an 1533, il prêcha au marché sur le banc d’une poissouhaité, pour déMivmière, et refusa d'obtempérer aux ordres du conseil, qui lui défenence. Quelques-uWäient ces sortes de prédications. On décréta son arrestation, mais s religieux n'étaie@s amis le sauvèrent en favorisant sa fuite. Depuis cette époque, les vaient bien dégéné@tthaires s’assemblèrent la nuit dans leurs maisons, où de simples énédictins de Saink et où un bonnetier, nommé Guérin, . Tout cela scandal à communion. Ce nouvel apôtre fut à son tour exilé de comprendre toit Genève, et devint, sans aucune ordination préalable, ministre M lontbéliard, puis à Neufchâtel. Bientôt après, on aflicha des plais, émigrés et pris hérétiques aux portes des églises de Genève, Un chanoine
mps à autre, voya@Æummé Werli, qui était de Fribourg, fut assassiné par les proà les armes pour détitants,
IMagnin, p. 70 ct seqq.
446 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 151
À cette épaque le conseil de Genève était encore si peu disposé
pour la nouvelle réforme, que, dans une réponse aux Fribourgeoi qui le menaçaient de rompre l'alliance si l’on se faisait luthérien, ; déclara formellement que son intention était de vivre comme ses pré
déces seurs, et que, malgré les ménagements qu'il devait avoir ea
les Bernois, !l faisait tout son possible pour empêcher les progrès dé la nouvelle doctrine, Il renvoya pareillement de Genève un certair Olivétan, parent de Calvin, qui avait causé du scandale à l’églisd en interrompant un prédicateur catholique par des injures et de vociférations. Enfin un autre étranger, qui avait publiquement appel, idolâtres tous ceux qui allaient à la messe, reçut aussi l’ordre dé quitter Genève. Alors quelques protestants coururent à Berne sol
citer du secou’s contre cette prétendue persécution. Aussitôt Jà Bernois écrivirent une lettre sèche et hautaine au conseil de Genève
leur reprochant le renvoi de Farel et de Guérin, et menaçant de romk pre l'alliance si l’on ne permettait de prêcher librement la nouvel
doctrine, c'est-à-dire d'outrager et de persécuter impunément les ca
tholiques.
Cette lettre, arrivée à Genève le vingt-trois mars 1533, y causé une indignation générale et mit toute la ville en désordre. Les catho@
liques, au nombre de six cents, prirent les armes Pour tirer ven& geance de ceux qui l'avaient mendiée, et qui n'étaient pas plus dé soixante. Ils firent ensuite sonner le tocsir, fermer les portes, dresser de l'artillerie contre la maison d'un certain Baudichon, oi
les protestants s'étaient réfugiés, et où ils menaçaient de se défendre
quoiqu’ils fussent dans l'impossibilité de le faire. C’en était fini pou toujours, comme à Soleure, si l’on eût profité de ce moment d’ar deur et de juste indignation : les protestants auraient cédé sans ré s’stance, et Genève serait encore aujourd’hui catholique; mais de hommes d’entre-deux négocièrent un accommorter t équivoque qui, dans le fond, donnait gain de cause aux novateurs ; car il étai défendu de les combattre ou de les réprimer, tandis que de leur côté ils attaquaient sans cesse les catholiques, et ne respectaient pas plu les ordres des syndics que les commandements de Dieu et de sf Église. 3 Cependant on ne pensait pas encore à se détacher de la religio
catholique; au contraire, le conseil envoya une députation de qua tre de ses membres en Franche-Comté, pour inviter l’évêque à reg venir dans sa ville épiscopale. IL y rentra effectivement comme triomphe le premier juillet 1533, et le conseil général lui déclar qu'il le reconnaissait pour son prince. Néanmoins, on s’opposa à ce qu'il fit juger par ses officiers les meurtriers du chanoine Werli. Les
tant pit “ection «
[Liv. LXXXIV, — De 150 155 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 447
ncore si peu dispos kmnois vinrent encore se mêler de cette querelle de juridiction; en nse aux Fribourgesi@murte que l'évêque, ne trouvant plus aucune sûreté à Genève, quitta se faisait luthérien, ji nouveau la ville le quinze de juillet pour s'établir à Gex; et quand vivre comme ses pré procureur général voulut intervenir dans le procès du meurtre, lil devait avoir pou ks conseils de Genève lui répondirent qu’ils ne reconnaissaient plus pêcher les progrès gun supérieur, faisant un acte formel de défection à l’évêque que le Genève un certaiduinze jours auparavant ils avaient salué comme leur prince légitime. lu scandale à l'églid Alors les Génevois furent obsédés et travaillés en sens contraire ar des injures et g.@ur des députations de Fribourg et de Berne : la première les sollicipubliquement appetit de rester fidèles à la religion catholique, et la seconde les pressait eçut aussi l’ordre dit l'abandonner. L'une et l’autre menaçaient, en cas de refus, de rurent à Berne solifompre l’alliance, et Berne ajoutait, de plus qu'elle insisterait sur écution. Aussitôt 1-0: payement prompt et intégral des sommes qui lui étaient dues u conseil de GenèveBhr les Génevois. Le conseil de Genève, voulant ménager les deux et menaçant de romdutis, chercha son salut dans des réponses dilatoires, et crut tout ibrement la nouvel @tgner en gagnant du temps. La révolution marchait plus vite et ‘impunément les ca2iis décidée. Un docteur de Sorbonne, Furbity, prêchant l’avent iGenève en 1533, Compara iles hérétiques anciens et modernes mars 1533, y aus bourreaux qui se partagèrent la robe du Sauveur. Les munidésordre. Les cathoärux de Berne prirent la chose pour eux, et exigèrent que le prémes pour tirer veniateur fût arrêté et jugé sur-le-champ : le conseil de Genève différa l'étaient pas plus dés semaines, mais enfin, n’osant résister aux municipaux de Berne, ermer les portes, e mdamna le prédicateur à la prison. Pour le carême de 1534, un tain Baudichon, ob"ielier se présenta au conseil, annonçant qu’il prêcherait de marient de se défendre@te à contenter tout le monde. II produisit même les articles qui C’en était fini pou@taient faire l’objet de ses sermons, priant le conseil de lui en dire de ce moment d sentiment. Ce conseil , exerçant déjà l'autorité épiscopale, reraient cédé sans réiucha trois articles qui tenaient encore à la foi catholique, et tholique; mais deéihorta à ne prêcher que ce qu'on appelait alors Ze pur évangile, feingnt équivoquelt-à-dire la doctrine de Luther et de Farel. Ses prédications, quoijateurs ; car il étaleexcessivement modérées, ne parurent cependant pas assez protesdis que de leur côtés aux quatre députés de Berne, qui s’en plaignirent au conseil, Spectaient pas plu@aandèrent avec instance et obtinrent enfin la permission, sinon de Dieu et de somelle, du moins tacite, que l’impétueux Farel, précédemment ex- Dé de Genève, pût prêcher publiquement dans l’église des Corcher de la religioditiers.
députation de qua Le 28 avril 1534, les Fribourgeois, lassés de l’inutilité de leurs efviter l’évêque à rt pour rétablir la paix et maintenir l'ancienne religion, rompirent vement comme et traité d'alliance avec Genève, et se montrèrent inexorables à général lui déclar@ies les sollicitations contraires. Dès ce moment les novateurs, s, on s’opposa à cœRint plus à ménager aucun allié catholique, et enhardis par la hanoine Werli, Les Mection des Bernois, se moquèrent ouvertement de l'accommode-
ment qu'ils avaient eux-mêmes réclamé et solennellement juré; ; en violèrent tous les articles, et loin de laisser les catholiques libres sans les attaquer de faits ni de paroles, ils se livrèrent contre eux tous les excès. Dans la nuit qui précéda la Pentecôte, 24 mai, ne statues de pierre qui décoraient le portail de l’église des Cordelier à Rive, où prêchaient Farelet Viret, furent abattues, mutilées, jetée dans la fontaine, etle conseil ne put ou ne voulut pas faire punir le auteurs de ces profaustions. Vers la fin de juillet, quelques protes tants brisérent dans la même église toutes les images de l'intérie et démolirent les autels; mais ils furent cependant obligés de les r lever avec la permission des messieurs de Berne.
Pour le carême de 1535, le conseil de Genève, tout en se disa encore catholique, chercha un prédicateur qui fét au gré des prote tants, et lui ordonna de précher à Saint-Gervais, quoique l'évêq le lui eût défendu, et que, selon le traité de paix, nul ne dût préch sans la permission des supérieurs spirituels, Ses sermons excitère à leur tour l'indignation des auditeurs catholiques; mais ceux q eurent le courage de l'interrompre furent punis par la prison, p le bannissement et par la perte du droit de cité, tandis que les pr testants avaient été laissés libres de vociférer contre les catholique de les maltraiter, de les faire emprisonner, et même de leur faire ; tenter des procès criminels par des étrangers. IL n’y avait pas crime, pas d'accident malheureux qui ne fût calomnieusement :1f$ puté aux prêtres et aux catholiques paisibles. En même temps, leur Ôta la liberté e se retirer ou de fuir, dernière ressource de li nocence persécutée. On confisqua les biens de ceux qui avaient 6 gré, et on travailla à leur procès; d’autres, qui s'étaient réunis duc de Savoie ou bien à l’évêque, leur prince légitime, et qui avaia été faits prisonniers de guerre dans de légères escarmouches, furdk écartelés ou condamnés à une amende de cent mille écus.
Il y eut un semblant de conférence publique sur la religion en des apostats déclarés, tels que Farel, Viret et un moine défrog nommé Bernard, d’un côté, et d’autres apostats, mais encore secre qui firent mine de défendre la foi catholique, et finirent pas se clarer vaincus. Pendant et après cette comédie, les hérétiques de naient toujours plus audacieux. Le 5 août, de simples particuli commencèrent à abattre les images dans la cathédrale; le 9 août, hérétiques armés se rendirent tumultuairement dans diverses églis y renversèrent les autels, brisèrent les images, et commirent toute sortes de sacriléges. Alors le conseil de Genève, intimidé, div dans son propre sein, et perdant l’autorité parce qu’il en aband@
huit fes rênes, crut devoir céder à une cinquantaine de factieux. ie
515 te l' jusèquer sublée d religion yix des c:
pal, qui (re, et à ntattend icile or'de l'y au ancêtre 27 août ls de Ge il général règles d etoutes L es, Sera e MeVOIS, « ka puren ès être « ux église:
nquaient Bientôt © kr liberté e destin:
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k églises, r l'apostas Mrs après ji dépouil htes les sé ed à Anr
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iprivés de tenève 5 À hanciens h Mie par l’ à, qui y mnt, turb XXL,
Av. LXXXIV, — De 15
nnellement juré; i s catholiques libres rèrent contre eux ecôle, 24 mai, ne
1515 te l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
nséquence, il convoqua pour le lendemain, 10 août 4 kublée du conseil des deux-cents, pour décider sur les dogmes de religion et sur la discipline de l'Église, comme il décidait sur le x des carottes et de la piquette. Farel harangua le conseil muniéglise des Cordelie@nl, qui se borna toutefois à suspendre la messe jusqu’à nouvel ues, mutilées, jetédirire, ‘ à donner avis de cette résolution aux messieurs de Berne. Il it pas faire punir dut altendre la volonté de messieurs de Berne. disait-on ; et le conseil t, quelques proteduile ordonna d'attendre des nouvelles de Berne, afin de voir tout ce mages de l'intérie@i y aurait à faire ; si l’on continuerait à être catholique comme int obligés de les ré ancètres, ou si par une honteuse lâcheté, on deviendrait apostat. 27 août, ayant reçu les ordres des municipaux de Berne, les syne, tout en se disais de Genève, sans assembler ni le conseil des deux-cents, ni le con- &t au gré des protdiil général, publièrent un édit qui portait que chacun devait vivre selon s, quoique l'évéyhrèyles de l'évangile, ce qui signifiait selon | évangile de Farel, et , nul ne dût prêch toutes les cérémonies catholiques, que le décret appelait papistis sermons excitève@hs, seraient abolies, Malgré leurs vives sollicitations, les catholiques ues; mais ceux qitivois, qui naguère avaient accordé des églises aux protestants, is par la prison, plu purent pas même obtenir une seule, Les hérétiques, même , tandis que les pris être devenus les maitres, ne prêchaient cependant que dans ntre les catholiquaux églises, parce que, comme l'avoue le protestant Ruchat, ils ème de leur faire iéuquaient de ministres et surt ut d’auditeurs. IL n'y avait pas M Bientôt on ne respecta pas plus les pr lomnieusement id liberté. Plusieurs couvents furent En même temps, @e destination arbitraire et tout à fait opposée à l'intention de re ressource de l'iu: fondateurs. On s'enipara des neubles, vases, linges et joyaux UX qui avaient énih églises, et leur produit fut principalement employé à récompens'étaient réunis @ l'apostasie des prêtres et des moines défroqués. Le 30 août, trois itime, et qui avaidiiqus après l’apostasie de la ville, les religieuses de Sainte-Claire, scarmouches, furdhi dépouillées de tout et ayant résisté avec un courage héroïque à nille écus. us les séductions, promesses, menaces et violences, se retirèr sur la religion enfykd à Annecy, emportant les regrets de tout Genève. L'une de ces in moine défrogieuses, la sœur de Jussie, raconte les causes et les cireoi tances mais encore secre c départ, dans un petit livre très-remarquable, intitulé : t finirent pas se nement de l'hérésie de (renève, et dont les protestants eux-mêmes es hérétiques deShirent la touchante naïveté. À la même époque, un grand nombre simples particuli@Rctoyens de distinction littèrent Genève, et furent pour ce seul drale; le 9 août, rrivés de leur droit d bourgeoisie. ans diverses églis@{enève , dépeuplée par l'émigration de plus de la moi et commirent {ou anciens habitants, observe Charles de Haller, se 1 ve, intimidé, divérie par l'affluence des religionnaires fugitifs français et au- > qu’il en aband@ qui y apportèrent celle fatuité spirituelle > Cet esprit reaine de factieux. uni, turbulent et présomptueux qui, durant trois siècles, XX, £9
535, une as-
opriétés des catholiques que démolis, d’autres reçurent
ent
com-
tié de upla en
en-
450 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De
fanta tant de troubles et de désordres dans cette république
D'après certains témoignages contemporains, on pourrait cone! qu'une bonne partie de la population protestante de Genève s0 des enfants bâtards de moines défroqués et de prêtres apostats, Vo en effet ce que dit Froment, l’un des apôtres de l’apostasie gé
voise : «Tu trouveras des gens de bien dans Genève, qui ont été pr
tres ou moines, autant et plus qu’il n'y en avait au temps des messe qui sont mariés, vivant honnêtement en travaillant de leurs main mais il ÿ est venu et il y vient encore journellement un tas de moi cafards, séduisant de pauvres filles et servantes, en les prenant les plantant là, elles et leurs pauvres enfants. D’autres, ajoute-t. le premier et principal évangile qu'ils demandent, c’est une fem et pendant que durent les calices et reliquaires qu'ils ont dérobl ils font grande chère avec la femme, se donnent pour des gens bonne maison, des gentilshommes, dissimulant soigneusement le qualité de moine et de prêtre, et après s'être livrés à tous les désc dres, s’en retournent, laissant femmes et enfants au grand détrimé et charge de l'hôpital. D'autres amènent des concubines qu'ils de nent pour leurs femmes légitimes, et après avoir tout consumé, laissent là comme les premiers, et s’enfuient secrètement. [ye aussi d’autres qui, sortis des mêmes ordres religieux, achètent Je silence entre eux par des ménagements mutuels, et ceux-là ont 4 cause, dans la réforme, de grands scandales et de violentes divisio Enfin d’autres encore plus rusés, après avoir ruiné par la banq route beaucoup d’honnêtes ménages et de bons marchands, sep mettent de tout pouvoir faire sous la couleur de l’évangile ; deq xenève a été blâmée sans raison, comme si c'était le retrait de to méchanceté, larrons, faux monnayeurs, meurtriers, héreiges, sorcie pensant être ici assurés; mais quand la seigneurie est sûrement formée, justice y est administrée à chacun 2. » Voilà ce que dit des premiers réformateurs de Genève. Mais, ajoute un historien, faits néanmoins démentent cette dernière assertion de Froment, attestent qu’en se réfugiant à Genève, les prévenus échappaient : poursuites de leurs créanciers et à la vindicte des lois de leur pa On se croirait, à ce tableau, transporté dans ces villes réform d'Allemagne où se réfugiaient aussi des prêtres mariés et les tra fages des couvents. « Là aussi, dit Érasme, on ne fait que dans manger, boire et se vautrer dans la débauche. Adieu l'étude, l'instr
1 Haller, Hist. de la Révolution religieuse dans la Suisse occidentale, c. 16 Magain, {list, de l’Établ. de lu réforme à Genève, 1. 1. — ? Froment, Des à eUgestes merveilleux de la cité de Genève, nouvellement convertie à l'Évangi manusc., ©. 16. Ë
ditique €
hngères, stats fra nmer l’a jre à deve me sa d' lan Cau
lcroire 3.
1, ÿ gagr
lErasme, 1.
Mgnin, p, ?
[Live LXXXIV. — pe; Lis de l'ère chr.] Dé L'EGLISE CATHOLIQUE. 451 s cette république
in, la pureté de la conduite, la retenue ; partout où ils se montrent, , ON pourrait conclu tôt disparaît l'esprit de discipline et de piété 1, » lante de Genève 40 Genève, ayant ainsi consommé son apostasie par la peur de Berne, ia Berne à l'introduire par les armes, la violence, le Parjure, le lement de tous les droits et traités, la spoliation des églises, la msécution ouverte, dans le canton de Vaud ou le diocèse de Laune, dont l'évêque était prince temporel, et qui se réfugia dès lors Fribourg, où il demeurait encore en ces derniers temps, et d'où lérésie, devenue la Révolution, vient de le chasser 2, Pour récomnser Genève, Berne s’arrogea sur elle plus de droits que n’en aient eu ni l'évêque ni le duc de Savoie, Dans ses efforts pour uvertir Genève et ses alentours, malgré son évêque Pierre de la ume et le duc de Savoie, l’hérésie se vit singulièrement secondée kr le propre neveu du duc de Savoie, le roi de France, le roi trèskilien, le fils aîné de l'Église, François ler : non-seulement il enya des troupes au secours de Genève apostasiant, mais pour emkher son oncle de la ramener à la foi catholique, il envahit lui-même Savoie et le Piémont, et appela au même temps les Turcs pour livrer l’Italie et Rome ; car telle était, nous l'avons déjà vu, la ditique de François Ier, Aussi Genève , pervertie par des apostats français, Farel » Viret, ment, aidée à son apostasie par le roi de France, deviendra pour france et ses rois une source non encore tarie de calamités spiriiles et temporelles, de révolutions sanglantes, de guerres civiles et mngères, de crimes et d'impiétés inouïes dans son histoire. Deux stats français, Calvin et Bèze, iront à Genève, non pour en connmer l'apostasie, c’était chose faite, mais pour l’organiser de mare à devenir un foyer de pestilence, qui infectera la France entière, me sa dynastie royale, la postérité de saint Louis. kan Gauvin, ou Calvin, arriva pour la première fois à Genève au is d'août 1536, II comptait seulement y passer : Farel l'y retint, hi céda, dit-on, la première place. Au mois d'octobre, eux deux liret eurent une conférence publique avec quelques prêtres cathotes de Lausanne, par les ordres et Sous la présidence des municix de Berne, qui, voyant le peuple attaché à Ja foi de ses pères, rie dans les campagnes raser les chapelles, renverser les autels et Hire les croix, et publier les articles de foi municipale qu’on decroire 3, Dans l'intervalle, deux anabaptistes étant arrivés à Gesse occidentale, c. 16" } Sagnèrent un assez grand nombre de prosélytes à leur doc=
— ? Froment, Des a L convertie à l'Évang
es, en les prenant D’autres, ajoute-t.
nt, c’est une fem s qu'ils ont dérobé ent pour des gens
t soigneusement Je
ts au grand détrime oncubines qu'ils do oir tout consumé, ecrètement,. Il y e ligieux, achètent Je s, et ceux-là ont ( le violentes divisio ruiné par la banq s marchands, sep e l'évangile; de q ait le retrait de to rs, héreiges, sorcie irie est sûrement » Voilà ce que dit pute un historien, tion de Froment, nus échappaient 4 les lois de leur pa ces villes réform s mariés et les tra n ne fait que dans ieu l'étude, l'instr
k Birsme, 1, 2, epist, 17, — Magnin, 1, 1,0 9, — ? Hailer, ce, 18, 20, 22, — Menin, p, 245, -
452 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De js.
trine : Calvin et Farel soutinrent contre eux une dispute dont on: connaît que ce résultat : les municipaux de Genève, n'ayant pu far rétracier les deux anabaptistes, les bannirent de la ville, avec défend d'y remettre les pieds sur peine de la vie. Berne avait son credo m
n'cipal ; Genève n’avait pas encore le sien : Calvin et Farel lui improvisèrent un en vingt et un articles : il ne fut pas du goût d tout le monde. Les eidgnots ou indépendants , qui, pour être pl libres, avaient fait la révolution, secoué l'autorité du duc de Savoie et même l'autorité si douce de leur prince évêque, n’entendaient p se soumettre au caprice de deux vagabonds de France , qui prételi daient réglementer souverainement et ce que les hommes devaie croire et de quelle manière les femmes devaient se coiffer, Car à Je symbole ils avaient ajouté un règlement de discipline, avec d peines sévères. Les deux prédicants ou ministres déclamaient 4 chaire contre les eidgnots , qu’ils nommaient Libertins : ceux-ci moqusient des ministres dans les cabarets. Les ministres eurent to tefois :3sez de crédit pour faire exiler les eidgnots; mais il n’y eut moyen d'exécuter la sentence. Les têtes s’échauffèrent, on en vinta mains : les municipaux de Berne se mêlèrent de la querelle, appro@f”" vant le credo des deux ministres, mais non leur rituel. Les deux n s'il refu nistres, Calvin et Farel, n’ayant voulu céder sur rien, sont exilés ME Civile Genève , et ne peuvent y rentrer, malgré l'intervention des muni@ P paux de Berne, auxquels ile s'étaient soumis sans réserve. C'était MR sgne de 4538. Farel devint ministre de Neufchâtel, où, à l’âge de soixante-d ans, il se maria avec sa servante, qui l'avait suivi de Normandie: : qui fit jaser les mauvaises langues. Calvin, devenu professeur WF doctrir théologie à Strasbourg, y épousa la veuve d’un anabaptiste, ( lui apporta en dot plusieurs enfants, et dont il eut un fils qui naqi mort.
Calvin et Farel furent remplacés à Genève par des ministres d@stoire « ils font le portrait que voici : « C’est d'abord le gardien des FrancitPagnie c cains, qui, à l'aurore de l’évangile, rejetait obstinément la véri@ipe" des fo jusqu'à ce qu’il eût découvert le Christ sous la forme d’une je lilvin cré fille, qu’ii souilla e! corrompit; moine fétide, qui ne prend pas mê wupable. soin de voiler ses infamies.. C’est ensuite cet autre prêtre confit{nit, dont hypocrisie, et qui se pavane dans sa lèpre de péché ; tous deux pi contre D dicants ignares, brailleurs et marchands de sottises. Voici le tri Le tarif sième, débauché connu, qui n’a dû son absolution qu’à la faveurkeé le LUEX quelques mauvais garnements. Oh! bel office qu'ils ont volé, et quil" txpose a administrent comme ils l'ont usurpé! Il ne se passe pas de j® de. Qui :
n lui assi
miens ; il kurs, Si
pécheur
1 Magnin et Audin. Lire de Ca
Liv. LXXXIV, — be il 515 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 453
e dispute dont on: yils ne soient convaincus de quelque félonie par des hommes, des ève, n'ayant pu fai" et jusque par des enfants 1. » Quant au caractère de Calvin la ville, avec déni "20€ Bucer lui disait à Strasbourg : « Vous jugez d'après votre ‘avait son credo mie 0 votre amour, et vous haïssez ou vous aimez sans raison 2. » alvin et Farel Ini d Calvin fut rappelé à Genève en 1540, et y revint l’année suivante : fut pas du goût d lui assigna cinq cents florins par an, douze coupes de blé et deux qui, pour être pif eaux de vin, paye assez considérable pour le temps, surtout si é du duc de Savoik la compare à celle des syndics, qui n’était que de cent vingt-cinq 1e, n'entendaient p@" . a os France , qui prétel On avait détruit 1 ancien gouvernement ecclésiastique, il fallut les hommes dev ibriquer un autre : Calvin fut chargé de la besogne : il ne trouva se coiffer, Car à 1° de mieux que l'inquisition d'Espagne, mais plus mesquine et discipline , avec 4° tracassière. De par la municipalité génevoise, il établit donc un tes dédamanisl junai d’inquisition et de police, sous le nom de consistoire. Le Libértine s'eoutsol muistoire 8e compose de six pasteurs ou prédicants, et de douze ministres eurent + M5; il s assemble tous les jeudis, et mande à sa barre les pés; mais il n'y eut keurs. Si la faute est restée cachée, le coupable est admonesté; s’il èrent, on en vinta umbe, il est banni de la table sainte. Si le scandale a été public, la querelle, appro pécheur est réprimandé, excommunié s’il ne se repent, puis interrituel. Les deux ni; ilrefuse de reconnaître le droit de malédiction, dénoncé à l’au- : rien, sont exilés ME civile et banni pour un an du territoire. Le nom du coupable vention des muni@P'oclamé et affiché : il faut que le pécheur soit marqué au front ns réserve. C'était M signe de la révolte, afin que toute relation cesse avec l'âme qui a l'âge de soixante-d vi de Normandie: Mes six prédicants ou ministres étaient les théologues ou censeurs venu professeur là doctrine ; les douze anciens étaient à la fois juges spirituels dans ‘un anabaptiste, wnsistoire et juges séculiers dans le conseil au tribunal criminel, ut un fils qui naqMi!* plus : comme membres du consistoire, ils sont à la fois inquisirs et délateurs. En entrant en charge, ils jurent de rapporter au r des ministres d@éstoire « toute chose digne d'être récitée. » Chaque année, en gardien des FrancMtPagnie d'un ministre, ils s’introduisent dans les familles pour stinément la vérifier des formulaires de foi. | forme d'une jeil hlvin créa des délateurs subalternes, payés ou par l'État, ou par i ne prend pas mê wupable. Il y avait des gardiens de ville et des gardiens de camutre prêtre confit, dont tout l'emploi consistait à prendre note des péchés comché ; tous deux pi contre Dieu ou contre la république, pour les dénoncer à l’autottises. Voici le tri. Le tarif avait été dressé d'avance : — Qui blasphémait en jurant on qu'à la faveur ke corps et le sang de Christ, était condamné à baiser la terre, à ils ont volé, et qui txposé au poteau pendant une heure, et à payer cinq sous d'ae passe pas de jé. Qui s’enivrait, était réprimandé par le consistoire, et obligé
5 (Lattre de Calvin à Bullinger, — 2 Audin, t. 1, p.463. — 3 Audin, t. 2, p. 28,
454 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 154
de donner trois sous. Qui excitait son camarade ou son ami à ven au cabaret, était condamné à la même peine. Dans les campagne® qui n'assistait pas à l'office payait trois sous. Qui arrivait après commencement du prêche, admonesté d’abord, puis mis à l’'amendé Mais il restait de l'argent en caisse, car les délateurs faisaient lei métier en conscience. Alors un membre du conseil demanda : Que
lo de l’
lé, et si sà l'am s peine prêche Bnent.
Alvin e
gages les seigneurs assistant au consistoire auront-ils pour leenux de peine? On avisa, et il fut décidé qu’on mettrait toutes les amen@i ens; leu dans une boîte où l’on prendrait de quoi leur donner à chacun des r sou vel sous par jour, il,» Tan Derrière ce tribunal d’inquisition, dont il faisait partie, manœuvrdlil ps de ge Calvin, pour gouverner tout en despote. Il impose à Genève uxns de confession de foi; il lui impose un code légisiatif écrit avec du sai contre et du feu. L’idolätrie et le blasphème sont des crimes Capitaux punkitôt tra de la peine capitale ; on n’entend, on ne lit qu’un mot : Mort, ière un Mort à tout criminel de lèse-majesté divine. Mort à tout criminel Mer au c lèse-majesté humaine. Mort au fils qui frappe ou maudit son pèutins qu Mort à l’adultère. Mort aux hérétiques. ide, s’éci Quelquefois on se croit à Constantinople. On jette à Genève ] mnsistoir femmes adultères au Rhône ; seulement à Constantinople le bourre iphèmes les coud dans un sac, afin de leur dérober la lumière. A Genève, A voulait les précipite dans le fleuve les yeux ouverts. Il y a des enfants qu: de car! fouette en public et qu’on pend pour avoir appelé leur ml tan le jo: diablesse ou larronne. Quand l'enfant n’a pas l’âge de raison, on MBuements hisse à un poteau sous les aisselles, pour montrer qu'il a mérité sgens qui mort ?, D désig Avant la prétendue réforme, à Genève, la sorcellerie n’était ne des sc punie de mort ; on poursuivait le sorcier devant les tribunaux, et @iit dans le bannissait de la ville. En 1503, le conseil déclara à un magici@ns tanne que, s’il ne quittait le canton, on l'en chasserait à coups de bâton ieé à dé)
Calvin établit contre la sorcellerie le supplice du feu ; il la qualifi@ontion. de lèse-majesté divine au premier degré. Dans l'espace de soixatils délate ans, d'après les registres de la ville, cent cinquante individus furdir les éco brûlés pour crime de magie #. Per étudie L'inquisition calvinienne s’étendait à tout. Une ordonnance du cout : 11 n: sisioire porte « que nul ne demeurera trois jours entiers gisant Mille soit | lit, qu’il ne le fasse savoir au ministre de son quartier, afin d'obte@ué et bar les consolations ou admonitions, lesquelles sont alors des plus nt plusieur cessaires que jamais. » Le malade récalcitrant qui recouvrait
1 Registres de l'État, 12 décembre 1545.— Audin, p. 32. — ? Audin, 125-1284 Picot, Hist, de Genève,t, 2, p. 264. —9 Ibid., p. 210, — # Audin, t, 2,p. 182.
WTA he, 6, — 5.
Liv, LXXXIV. — De (54 5 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 456
e Où SON ami à ven@is, et ses gardes, en cas de désobéissance, étaient réprimandés et Dans les campagne à l'amende. Les sermons étaient fréquents, et il fallait y assister Jui arrivait après s peine de punition corporelle. Trois enfants qui avaient quitté puis mis à l’amendé pêche pour aller manger des gâteaux furent fustigés publilateurs faisaient lement.
seil demanda : Quelvin et ses Coopérateurs, dit le protestant Galiffe, traitaient les uront-ils pour leMByaux de l'époque « de pendards, de bélitres, de balaufres et de toutes les amend@@ans: leurs femmes et leurs sœurs, de prostituées ; l’empereur, onner à chacun den, souverain, de vermine ; leurs père et mère, de suppôts de Sa il,» Tandis que Calvin insultait à ses ennemis dans la langue des ps de garde, il n'était pas permis, ajoute le même écrivain, aux pans de parler impoliment à leurs bœufs. Un fermier qui avait K contre les siens à la charrue, parce qu'ils n’avançaient pas, fut tôt traîné en ville par deux réfugiés qui l'avaient entendu, cachés ïière une haie?, La ville était peuplée d’espions qui allaient raprer au consistoire les blasphèmes, les paroles impies, les propos ktins qu'ils avaient ouïs. Un jour, un maçon, qui tombait de lasnie, s'écria : Au diable l'ouvrage et le maître! Il fut appelé devant wnsistoire, et condamné à trois jours de cachot 3, Au nombre des Byhèmes, Calvin avait mis les railleries contre les réfugiés français, ilvoulait faire regarder comme des martyrs de l'Évangile. Les hi de cartes, de dés, de quilles étaient prohibés; on mettait au an le joueur de profession. Le consistoire faisait un crime des mements les plus innocents, et interdisait la cène à quelques jeusgens qui, le jour de l'Épiphanie, avaient tiré les rois 4. ln désignait à l'habitant de Genève le nombre de ses plats, la ne des souliers dont il devait se chausser, la coiffure de sa femme. ilt dans les registres de l'État, 13 février 1558 : « Trois compalara à un magici@us tanneurs mis trois jours en prison et à l'eau, pour avoir : à coups de bâtonBué à déjeuner trois douzaines de pâtés : ce qui est une grande à feu ; il la qualifi@wouition. »
l'espace de soixanf pte individus furd
t partie, manœuvr:
pose à Genève unis f écrit avec du san ‘imes capitaux pu d’un mot : Mort.
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n jette à Genève | ntinople le bourre nière. À Genève, ( a des enfants qu'( appelé leur moi âge de raison, on er qu'il a mérité
rcellerie n’était pi les tribunaux, et
Ds délateurs tendaient des piéges aux pauvres âmes assez sottes
ur les écouter. Ils demandaient à un Normand, qui se proposait Der étudier à Montpellier, s’il quitterait l’église. Le Normand rékit : 11 ne faut pas croire que l’église soit si étroitement bornée, ile soit pendue à la ceinture de monsieur Calvin. — Il fut dé- A ct banni5, Un jour la ville, à son réveil, fut tout étonnée de
alors des plus 1 plusieurs potences élevées sur les places publiques, et surt qui recouvrait fi
ordonnance du co rs entiers gisant artier, afin d'obte
AT, Notices généal., ete. préface, t. 1, p. 19, — ® Galiffe, Notices gé- — *Audin, 15-P8 SR, ete, préface, t. 1, P- 25 et 26. — 5 Registres, 13 mars 1559. — * Audin, Audin, t, ?,p.1ès. PORC 6. — 5 Registres, août 1558.
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montées d'un écriteau où on lisait : POUR QUI DIRA DU MAL DE MON pis à le SIEUR CALVIN! Jolsec, 1 La législation calvinienne admettait le divorce pour adultère du territ absence prolongée de l’un des époux. Cette législation causa des dés gaitre d ordres dans les populations savoisienne et lyonnaise. On vit de x décap femmes gagner Genève pour épouser leurs séducteurs. Des mari @i!s PEU qui ne pouvaient briser des liens indissolubles, se réfugiaient e nthentic Suisse pour embrasser ce qu’on nommait alors la liberté de Ja chaï@ailibert Genève était comme l'égout de l'Europe chrétienne. Aussi un pro ; à testant génevois n'a-t-il pas craint de dire : « Je montrerai à couts réfu qui s’imaginent que le réformateur n’a produit que du pie: n95 96 Chass: gistres couverts d'enfants illégitimes (on en exposait dans tous (@0rmat coins de la ville et de la campagne) ; des procès hideux d'obscénidtion po des testaments où les pères et les mères accusent leurs enfants, no] dtriotes pas d'erreurs seulement, mais de crimes ; des transactions par-de sssemen vant notaires entre des demoiselles et leurs amants, qui leur dont leurs naient, en présence de leurs parents, de quoi élever leurs bâtarq@t la peir des multitudes de mariages forcés, où les délinquants étaient cou duits de la prison au temple ; des mères qui abandonnaient left Mais ri enfants à l’hôpital, pendant qu’elles vivaient dans l'abondance agit Calvi leur second mari ; des liasses de procès entre frères ; des tas de dut à F nonciations secrètes : tout cela parmi la génération nourrie de Mn gros | manne mystique de Calvin?. » rrrais de Cependant Calvin avait des ennemis qui épiaient toute sa vieMie venir i c'étaient les libéraux, qu’il appelait libertins. C’est par eux que Bolt S'il : a connu comment le prétendu réform :teur prenait des imprimeu@"it qu'i de Genève deux sous pour feuillet ou feuille entière ; les sommes q Hire, écr lui envoyaient, pour être distribuées aux pauvres, la reine de N& à bibliotk varre, la duchesse de Ferrare et d’autres riches étrangers ; l’héritat tuellen de deux mille écus que David de Haynaut lui laissa en mourant, ii Michel : qu’il distribua à ses amis et à ses parents ; le mariage d'argent quil" hell fit contracter à son frère Antoine avec la fille d’un banqueroutif gemélant d'Anvers, réfugié à Genève pour mettre ses vols à couvert; la lettii lsputant qu'il écrivit à Farel au sujet de Servet, et son petit billet au margin à Bt de Pouet : « Ne faites faute de défaire le pays de ces zélés faqui lin de qui exhortent le peuple par leurs discours à se roidir contre nouiiurs ouv noircissent notre con‘luite, et veulent faire passer pour rêverie notiii En 1 o4 croyance ; pareils monstres doivent être étouffés3. » Mal: Vienne
Et ces paroles n'étaient pas une vaine menace. Le poëte Gruet bia une il'archeve
Picot, t. 1,p. 266 et 267. -— ? Guliffe, Notices généalog., t, 8, p. 1ù
3 Bolsec, Vie de Calvin, p. 29 et seqq. 'Audin, à
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DIRA DU MAL DE Mon US à la torture et décapité pour avoir dit du mal de Calvin. sec, médecin apostat et réfugié lyonnais, fut banni à perpétuité rce pour adultère dau territoire de Genève pour la même raison? Daniel Berthelier, lation causa des degatitre de la monnaie à Genève, fut mis à des tortures effroyables onnaise. On vit adm! décapité par la main du bourreau : il avait appris à Noyon des lucteurs. Des maris PEU honorables de la vie de Calvin, et en gardait des prouves s, se réfugiaient « ithentiques. Plusieurs autres périrent également sur l’échafaud. a liberté de la chailibert Berthelier, frère de Daniel et capitaine général, fut conenne. Aussi un pra hmné à murt, ainsi que d’autres patriotes; mais ils échappèrent, Je montrerai à cts réfugièrent à Berne, où Calvin les poursuivit. Il voulait qu’on que du pie: nos 14 chassât de Suisse. Berne refusa de s’associer aux vengeances du «posait dans tous jm t'mateur, et ne craignit pas de témoigner hautement son admihideux d'obscénidtion pour le courage malheureux. La haine de Calvin contre les nt leurs enfants, ng iriotes s’accrut de cette protection. Il obtint des conseils le bantransactions par-gésement des femmes des libertins, le séquestre et la confiscation nants, qui leur dot Eu'S biens, la suppression de la place de capitaine général, lever leurs bâtard@" Peine de mort contre tout citoyen qui parlerait de rappeler les iquants étaient codes” abandonnaient leu@ Mais rien n’est fameux comme le supplice de Servet, prémédité ins l'abondance av@ft" Calvin pendant sept années entières. Le 13 février 1546, Calvin ères ; des tas de délit à Farel : « Servet m'a écrit dernièrement, et a joint à sa lettre ration nourrie de Mi" 810$ livre de ses rêveries, avec des vanteries arrogantes que j'y wrais des choses jusqu’à présent inouies et ravissantes. II promet aient toute sa vie evenir ici, si je l’agrée ; mais je ne veux point engager ma parole ; st par eux que Bols@t'" S'il vient, et si mon autorité est considérée, je ne permettrai nait des imprimeu@i"it qu'il en échappe sans qu’il perde la vie. » L’original de cette ère ; les sommes q fire, écrite en latin tout entière de Calvin, se trouve encore dans rres, la reine de N& bibliothèque royale de Paris, d’où Audin l’a transcrite et publiée étrangers ; l’héritituellement #.
aissa en mourant, Michel Servet, né à Tudèle en Aragon, âgé de quarante ans, latiariage d'argent ç iste, helléniste, hébraïsant, juriste, médecin, astrologue, alchimiste, : d’un banqueroutifié Fmélant de théologie ; d’une vieet à ane imagination vagabondes, se s à couvert; la letiputant et se brouillant avec les théologues protestants, Oecolamtit billet au marqi ide à Bâle, Capiton et Bucer à Strasbourg, comme avec les méde ces zélés faqui ins de Paris; enfin correcteur d'imprimerie , avait publié plu- roidir contre nouÿ"urs ouvrages, la plupart anonymes ou pseudonymes. r pour réverie notfii En 1 4, recueilli généreusement par Pierre Palmier, archevêque A 4 Vienne en Dauphiné, qui le logea dans son propre palais, il y +, Le poëte Gruet ff pblia une seconde édition de son à :olémée Jatin, avec une dédicace Ai archevêque, et qui lui fit heuneur parmi les savants. Dans cette
BD Audin, t. 2, c, 8. — 2Ibid., ce. 11. — 3]bid., e, 15, — 4 Ibid., c. 43,
158 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — be 15118
L1545 de position tranquille, où il exerçait la médecine, il aurait pu passent ce q heureusement ses derniers jours. Mais il voulait du bruit ; il avait,96 oct publié des ouvrages pseudonymes contre le dogme de la Trinité ettitre brû de la consubstantialité du Verbe ; entré en correspondance avec CalLMiimière ( vin sur ces matières, ils finirent tous deux par des injures et deshiit par 1 invectives, et se vouèrent une haine implacable. Servet, voulant huh Dieu é milier son antagoniste, lui adressa un manuscrit où il relevait quan-Whice de s:
tité de bévues et d'erreurs qu'il avait remarquées dans ses Ouvrages MSrufchâte surtout dans l'/nstitution chrétienne. Calvin en fut tellement irrité Brit à Cal qu’il écrivit, en 1546, la lettre, à Farel que nous avons vue. Il écri corps le vit encore à Viret, alors prédicant de Lausanne : Si jamais Servetus croir. vient à Genève, il n'en sortira pas vivant ; c’est pour moi un parti prist Bug de ce
En 1553, Servet fait imprimer clar destinement à Vienne un ou-M Les égli
vrange antitrinitaire, sans nom de lieu ni €’auteur, où il réfutait vive ion de ment le fatalisme calviniste. Son argumentation se terminait par cettelionné u phrase méprisante : Oui, dans Caïn même et dans les géants, de colalse ni le souffle qu’inspira la Divinité dans l’origine, il reste une certaine puise la cor sance libre, capable de maîtriser le péché, suivant que l’atteste Diese. ScH. même. Donc elle reste aussi en toi, à moins que tu ne sois une pierreds efforts ou un tronc. jirs du ©
Tous ies exemplaires de l'ouvrage furent expédiés en ballots sut faire Lyon pour Francfort-sur-le-Mein, ce vaste dépôt de livres hérétiquesérir l'an au seizième siècle. À Lyon, un imprimeur-libraire, dont Servet avaité mes s’il
été correcteur, ouvrit un des ballots et envoya quelques exemplaireseu vous à Calvin, qui en sut bientôt l’auteur et l'inprimeur. Calvin le dé-Mknouvea nonce clandestinement au cardinal-archevêque de Lyon, qui faitéeu vous ( agir le gouverneur du Dauphiné, le vicaire général de Vienne et l'iniuissiez dé quisiteur de la foi. Une première perquisition n'amène aucun résul4 Servet b tat. Calvin fournit par des voies occultes de nouvelles preuves : Servettrailles a est arrêté et mis dans la prison ecclésiastique de Vienne. Mais le méMiiue et mo decin Servet avait sauvé la vie à la fille unique du bailli de cettétipectater ville ; elle intercède pour le prisonnier : le geôlier reçoit ordre déMifieur : l’é, fermer les yeux, le prisonnier s'échappe et s'enfuit à Genève pouripostérité
passer en Îtalie, À Genève, il est arrêté par les espions de Calvin Min que les mis en prison et traduit devant le tribunal de l’inquisition génevoise M: droit et | Au dire de Calvin, il soutint opiniâtrément le panthéisme et l'aria-à De tout nisme, niant la personnalité de Dieu et la trinité des personnes. liprès tou Emprisonné le 13 août, il écrivit le 45 septembre à ses juges, lesMite de pu suppliant de lui accorder une chemise et du linge, attendu que les les pu poux le mangeaient tout vivant. Le tribunal voulait qu’on lui donnätà 4 Galiffe, N 1 Audin, c. 19, p. 217 et 218. L Al
IV. LXXXIV. — De 1517 1515 de l’ère chr.] il aurait pu passe t du bruit ; il avait me de la Trinité et pondance avec (al des injures et de Servet, voulant hu où il relevait quan dans ses ouvrages.
fut tellement irrité avons vue. Il écri : Si jamais Servet r moi un parti prisi t à Vienne un ou , Où il réfutait vive terminait par cette Is les géants, de ce e une certaine puis it que l’atteste Dieu 1 ne Sois une pierrg
ut ce qu'il demandait; mais Calvin s’y opposa, et il fut obéi 1, 26 octobre 1533, on vint annoncer à Servet qu'il était condamné tre brûlé vif, et que l'arrêt serait exécuté le lendemain. Il eut une mière entrevue avec Calvin, fut assisté à la mort par Farel, qui uit par le maudire. Son dernier mot sur le bûcher fut : Jésus, Fils uDieu éternel, ayez pitié de moi ! Calvin, qui contemplait son sup- Mie de sa chambre, ferma alors sa fenêtre. Farel s’en retourna à efchâtel, dont il était ministre. Quelques jours auparavant, il avait it à Calvin : « Je ne comprends pas que vous hésitiez à tuer dans wrps le scélérat qui a tué dans leur âme tant de Chrétiens ! Je ne is croire qu’il se trouve des juges assez iniques pour épargner le ng de cet infâme hérétique 2. »
Les églises protestantes avaient été consultées avant la condamuiion de Servet. Zuricn avait répondu : La Providence divine vous ionné une bien belle occasion de prouver au monde que ni votre dise ni la nôtre ne favorisent les hérétiques : vigilance et activité. le la contagion soit arrêtée, et que Christ vous illumine de sa sake, SCHAFFHOUSE : Nous sommes certains que vous emploierez tous “efforts pour que l’hérésie ne ronge pas comme un chancre les airs du corps chrétien. Point de disputes. Disputer avec un insensé, {st faire de la folie avec des fous. BALE : Vous emploierez, pour érir l'âme du malheureux, tout ce que Dieu vous a donné de sawe; s'il est inguérissable, vous aurez recours à ce pouvoir dont leu vous arma, afin que l’Église de Christ cesse de souffrir, et que knouveaux crimes ne soient pas ajoutés aux anciens. BERNE : Que leu vous donne l'esprit de prudence et de force, à l’aide duquel vous uissiez délivrer d’une peste semblable et votre église et la nôtre.
Servet brûlé, Bucer écrit à Calvin : Servet méritait d’avoir les itailles arrachées et déchirées. Et Mélanchton : Révérend person- “ge et mon très-cher frère, je rends grâces au Fils de Dieu qui a été spectateur et le juge de votre combat, et qui en sera le rémunéteur : l'église aussi vous en devra sa gratitude, à maintenant et à
postérité. Je suis entièrement de votre avis, et je tiens pour cer-
in que les choses ayant été dans l’ordre, vos magistrats ont agi selon
kdroit et la justice en faisant mourir ce blasphémateur 3,
De tout cela résultent des conséquences très-graves. D’ahord,
hprès toutes les églises protestantes, principalement Genève, il est
te de punir les hérétiques, et de les punir par le feu. Donc, lors-
le les puissances catholiques-romaines appliquent cette loi aux
diés en ballots su de livres hérétiques >, dont Servet avait elques exemplaires ieur. Calvin le dé de Lyon, qui fait al de Vienne et l'in mène aucun résu les preuves : Servet Vienne. Mais le mé > du bailli de cette ier reçoit ordre de uit à Genève pou espions de Calvin, uisition génevoise, nthéisme et l'aria-à ité des personnes.
re à ses juges, les e, attendu que les it qu’on lui donnâth
A life, Notices, etc., t,3, p. 442.— 2 Farel, Calv., 8 sept.— Audin, t, 2, c. 12, bit. c. 13.
Er
er een
460 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — be Et HE de
hérétiques opiniâtres de leur temps et de leur pays, nul protusta raisonnable, ou qui veut être conséquent avec soi-même, ne peut leu en faire de reproche. Il y a, au reste, une différence remarquable
Les protestants de Suisse brûlent tel individu comme hérétiquel parce qu'il rejette en tout ou en partie le credo cantonal et variablé soit de Genève, de Bâle, de Zurich ou de Berne : d’où il peut arrive que le même homme soit brûlé dans un lieu ou dans un temp) comme hérétique, et récompensé, glorifié dans un autre comm docteur de l’Église, et cela pour la même chose. Et de fait, si Calvi reparaissait à Genève avec son tribunal d’inquisition, il aurait à brûle toute la vénérable compagnie des pasteurs et tous les membres ( consistoire ; car nul ne croit plus ni à la Trinité ni à la divinité d Christ : en 1817, ils ont défendu, sous peine d’excommunication dif Au mil de déposition, de soutenir ces dogmes en chaire : tous en sont au@£urope; jourd'hui où en était Servet, quand leurs prédécesseurs le brûlèrenieurs le: en 1553. Tandis que l'Église catholique, apostolique et romaine nt saint J traite d’hérétique que le Chrétien qui rejette en tout ou en partié k Nouve non pas le credo particulier et variable de telle ville ou de tel payés: diver mais le credo universel, perpétuel et invariable de toute la chrétienté ie; Rec Il'y a plus : les protestants posent en principe, que c’est à chaculige de à se faire soi-même sa croyance et sa religion. Lors donc qu'ils puiitre CO! nissent quelqu'un parce qu’il ne veut pas accepter la leur, mais gadifs Aux év der la sienne, c'est une inconséquence tyrannique, qui les condamnb Littérate et eux et leur principe. Les catholiques sont au moins conséquent Mes, Erasi car ils disent et pensent que ce n'est pas à chacun à se faire sa reliiis mots € gion, mais à la recevoir telle que Dieu nous la transmet par soflant à la Eglise, avec laquelle il a promis d’être tous les jours jusqu’à la coniement, sommation des siècles. One il € Enfin, d’après Luther et Calvin, d’après les luthériens et Les caltis un lar vinistes, l’homme n’a point de libre arbitre, il fait nécessairemedtiante, l: tout ce qu'il fait. Dieu opère en nous le mal comme le bien. Com* propos ment donc peuvent-ils alors, sans la plus cruelle injustice, punir qiiindex d' que soit, de quoi qu'il dise et de quoi qu’il fasse ? Ne serait-ce palk Trente | ressembler à cet être pire que Satan, qui nous punirait, non-seule@i au titre ment du mal que nous n’avons pu éviter, mais encore du bien quirmises de nous aurions fait de notre mieux ; en un mot, ne serait-ce pas ressenérasne « bier au Dieu plus qu’infernal de Luther et de Calvin ? ki es dign D igeme Mine, n’
15 de l'ère chr.]
Liv. LXXXIV, — De 15 DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
pays, nul prot.ta -même, ne peut leu érence remarquable i COmine hérétiquel cantonal et variab]l : d’où il peut arrivelil L ou dans un temp