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Au milieu de cette anarchie religieuse et intellectuelle qui agitait Europe, était mort en 1536 le fameux Erasme, dont nous avons vu cesseurs le brûlèrenmmileurs les commencements. Ses principaux travaux sont ses éditions Asaint Jérôme, de saint Hilaire et de saint Augustin ; son édition 1 tout ou en partidi Nouveau Testament grec, avec sa version latine et ses paraphraville ou de tel pay: divers opuscules sur la manière d'étudier et d'enseigner la théoe toute la chrétient@tie; Recueil d'adages ou de proverbes ; Manuel du soldat chrétien ; , que c’est à chacuMoge de la folie par elle-même; des Colloques ; Dissertation du libre litre contre Luther ; Défense de cette dissertation ; Lettre contre er la leur, mais ga@is aux évangéliques.
D Littérateur bel esprit, érudit comme un dictionnaire de synonyks, rasme peut être consulté avec fruit pour l'intelligence païenne smots et des phrases latines : son autorité ne va guère plus loin. lant à la doctrine chrétienne, il doit être lu avec précaution ; génédement, il n'en a point saisi le fond, l'esprit, l'ensemble, et par là lime il en donne des idées superficielles, incomplètes et fausses, bus un langage très-souvent louche et équivoque. En 1526 et l’année 1] Kirante, la faculté de théologie de Paris censura un grand nombre k propositions tirées de ses colloques et de ses autres ouvrages 1. index d'Espagne, de Rome, du pape Alexandre VII et du concile #Trente pour l’expurgation des œuvres d'Erasme, ordonne d’ajoukrau titre : Aufeur condamné, œuvres prohibées jusqu'à présent, mais encore du bien qui mises désormais avec expurgation, avec celte note : Toutes Les œuvres erait-ce pas ressemélrasne doivent être lues avec précaution, car il s'y trouve tant de vin ? DRuss dignes d'être corrigées, qu'elles sauraient à peine l'être toutes ? PA jugement, que suit l’index des endroits à retrancher dans chaque iime, n’est que juste.
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D'Argentré, Collectio jud. t. ?, p. 48-50. Ibid, p. 53 et seqq.— ? Opera Erasmi. hgduni Batavurum, t. 10, p. 1781 et seqq.
462 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. = pe 150 515 de |
Le tort et le malheur d'Erasme fut de plaisanter à tort et à travel réfor de la théologie scholastique, au lieu de l’étudier à: lond, Bossuet gBlrasme er sait d'un critique semblable : « Et pour ce qui est de la scholastique preligier de saint Thomas, que M. Simon voudrait décrier à Cause du sème justesse barbare où il a vécu, je lui dirai en deux mots que ce qu'il y a à cofione pas sidérer dans les scholastiques et dans saint Thomas, est ou le fonde collo: ou la méthode. Le fond, qui sont les décrets, les dogmes et dis maximes constantes de l’école, n’est autre chose que le pur esprit de Avec u: tradition et des Pères; la méthode, qui consiste dans cette maniable. L'o contentieuse et dialectique de traiter les questions, aura son utilit te p pourvu qu'on la donne non comme le but de la science, mais commune séc un moyen pour y avancer ceux qui commencent ; ce qui est audmulifiérent le dessein de saint Thomas dès le commencement de sa Somme, et @ioses lou qui doit être celui de ceux qui suivent sa méthode, On voit aussi péreciter le expérience que ceux qui n’ont pas commencé par là, et qui ont mn moins leur fort dans la critique, sont sujets à s’égarer beaucoup lorsqu'il tel saint se jettent sur les matières théologiques. Erasme dans le siècle pass@u'ils font Grotius et M. Simon dans le nôtre en sont un grand exemple... iguerre 1, le critique se taise donc, et qu'il ne se jette plus sur les matiir@iférasme. théologiques, où jamais il n’entendra que l'écorce 1, » Ces dernie@@ 1 n’y eu mots de Bossuet s'appliquent de tout point à Erasme. wstat de
Il a un dialogue intitulé : Le Cicéronien, où il raille certains latencé par nistes de son temps, qui se faisaient scrupule d’employer un mot q Piitre de | ne fût pas dans Cicéron, et n’osaient dire Jésus-Christ, Verbe dilue de tou Dieu, Esprit-Saint, Trinité, grâce divine, etc. Il observe avec rafisieuse : son que Cicéron même, dans ses ouvrages de rhétorique et de phirprès. À losophie, emploie bien des mots nouveaux ou dans une acceptiqiuos la fo nouvelle, et que, Chrétien, il eût parlé chrétiennement : c'était dont faire 1 fort mal imiter Cicéron, que de vouloir, étant Chrétien, parler à l'esp} Chrétien des choses chrétiennes avec le langage du paganisme, OBadmirat cette superstition pédantesque de mots et de phrases qu’il reprociuns quan à d’autres, Erasme y tombe sans cesse lui-même. Il ne dira pas satiliteur de Pierre, mais le divix Pierre. Au lieu de traduire : Dans Le princiftait-il pas était le Verbe, il mettra . Dans le principe était le discours. L'efi son Égli semble de la création, de la rédemption et de la consommation étedilles, les nelle, il l'appellera une fable, parce que, chez les auteurs dramatéiher, les À ques, ce mot se prend pour drame, action. Ces expressions louche@his march ces aifectations de tournures païennes lui attirèrent bien des critiquéihe ? C'est et des reproches, à quoi il fut très-sensible. Un religieux franciscai@itre vailla: ayant signalé en chaire, sans pourtant le nommer, sa manie de votée la gr:
1 Bossue’, Défense de la tradition et des saints Pères, 1, 8, c. 20. Mir entre :
Liv. LXXXIV. — De 1588 515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 463
ler à tort et à tray@ibir réformer jusqu'au Magnifiat, par sa version de saint L C, à fond, Bossuet gsme en fut tellement qué, qu’il conposa un colloque où il traite de la scholastique @Mrreligieux de porc et d'âne, plus äne que tous les ânes, et lui prouve er à cause du sim justesse de sa traduction par les comédies de Térence, Ce qui n'é- 1e ce Qu'il y a à codienne pas moins, c’est le titre de Sermon ou Merdardus qu’il donne mas, est ou le fon@e colloque, et dont il a soin de faire sentir la puante étymo- , les dogmes et 1e.
ue le pur esprit de Avec un bel esprit, Erasme n'avait pas toujours le cœur trèsdans cette manis@ible. L'objet habituel de ses visée: le auvais bons mots, ce ns, aura son util{éint (° pauvres moines : ce qu ait suèré généreux pour un cience, mais comn@uine sécularisé, Encore les raille-t-il non-seulement sur des choses nt; ce qui est audiifiérentes, comme leur vêtement, leurs noms, Mais encore sur des | de sa Somme, et @toses louables et mérito s, comme leur fidélité à garder leur règle, le, On voit aussi pérciter leur office, à observer les jeûnes. Il se permet des railleries ar là, et qui ont mBn moins déplacées sur les simples fidèles , sur leur dévotion à tel beaucoup lorsqu'il tel saint, sur leurs pèlerinages, et même sur les prières où aumônes dans le siècle pass@u'ils font pour être préservés de tont malheur dans un voyage ou à and exemple. iguerre !, Tout cela ne fait pas plus d' oneur à l'esprit qu’au cœur us sur les matir@lrasme.
ce *. » Ces dernie@i n’y eut qu’un moine pour qui il eut des ménagements : Le moine sme,. stat de Wittemberg. Comme nous avons vu , Luther avait com- |raille certains latBihencé par quelque chose de pire que l’athéisme , par nier le libre mployer un mot qitre de l’homme, et faire Dieu auteur du péché, ruinant ainsi la -Christ, Verbe die de toute religion, de toute morale, de toute société politique ou [L observe avec ral lgieuse : la querelle des indulgences , nous l’avons vu, ne vint étorique et de phiiprès. À ce furieux effort de l’enfer pour ensevelir dans le même lans une acceptiduos la foi chrétienne et la raison humaine, que devait naturellement : c'était dou faire un prêtre catholique, un savant religieux, à qui Dieu avait rétien, parler à diiuné l'esprit, l’érudition, avee la faveur des princes et des pontifes, du paganisme, O8 l'admiration de ses contemporains ? que devait faire Erasme , au ases qu’il reprocons quand l'Église eut prononcé par son chef? que devait faire Ïl ne dira pas satiliteur de saint Jérôme, de saint Hilaire, de saint Augustin? Ne : Dons le princifitit-il pas, comme ces trois héros, se mettre au service de Dieu et le discours. L'enéi son Église, réunir et combiner les efforts de leurs serviteurs onsommation ételllls, les Tetzel, les Eckius, les Priérias, les Cochlée, les Emser, les s auteurs dramat@æiher, les Morus, les universités de Paris, de Louvain, de Cologne ; pressions louche@his marcher droit à l'ennemi, l’attaquer corps à corps et sans re-
t bien des critiquéb@the ? C’est précisément ce qu'Érasme ne fit pas. Au lieu de comligieux franciscail@ite vaillamment les combats du Seigneur, il en méconnaît ou dis-
sa manie de voue la gravité, n’y voit ou feint de n'y voir qu’une querelle de
3, C. 20. BA \oirentre autres son Manuel du soldat chrétien et son Éloge de la folie.
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