‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 103 sur 122 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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464 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXNIV. — De 1517

moines sur des indulgences, dont il s'amuse à être spectateur pour rire. Il rit ou raille, en effet, le plus souvent aux dépens de ceux qui défendent la vérité, parce que leurs coups lui semblent trop rudes, 6 plus propres à exaspérer l'ennemi qu'à l’adoucir. Pour cet ennemi même, il n'a que des ménagements, des lettres équivoques qui peuvent paraître de louange ou de blâme, tout au plus quelques coups d’épingle, quelques épigrammes : aussi, de part et d’autre, le soup çonnait-on d’être un luthérien.occulte. Les papes Léon X, Adrien VI Clément VIT, Paul IE, le duc Georges de Saxe, d’autres personnages illustres le pressèrent de prendre la plume pour défendre la foi contre l'hérésie, lui remontrant qu'il ne s'agissait pas simplement de quel-à ques abus touchant les indulgences, comme il avait coutume de dire} mais de la base même de la religion et de la morale, le libre arbitrd de l'homme, la bonté et la justice de Dieu. Érasme s’excuse, promet diffère, avance, recule : ce n’est, pour ainsi dire, qu’à son corps dé fendant et pour éviter la note d’apostat, qu’il publie, en 1524, sd diatribe ou dissertation sur le libre arbitre, œuvre traînante, sand nerf et sans précision, qui néglige les meilleures armes de la vérité et qi reste bién au-dessous de l’œuvre analogue du roi d'Angleterre Henri VIIL. Luther répondit, en 1526, par son livre Du serf arbitre où, avec beaucoup d'injures pour Érasme, il maintient ce qu’il y a dé irèrs plus horrible dans sa doctrine : que Dieu fait en nous le mal conne. le bien ; que la grande perfection de la foi , C'est de croire que Died th f est juste, quoiqu'il nous rende nécessairement damnables par sa voi

ous 1 one

u être La v

, se . . f, lonté ; en sorte qu’il semble se plaire aux supplices des malheureux Le Et encore : « Dieu vous plaît quand il couronne des indignes, et il né ho

doit pas vous déplaire quand il damne des innocents. » Pour con clusion, il ajoute: « Qu'il disait ces choses, non en examinant, mai en déterminant ; qu'il n’entendait pas les soumettre au jugement d personne, mais conseillait à tout le monde de s’y assujettir, » Érasme répliqua par deux livres, sous le titre de Hyperaspistes dans le premier desquels il répond aux injures, et dans le second au objections de Luther. Dans ces deux livres, mais surtout dans lettre contre les faux évangélistes , Érasme montre sur une foule d choses des idées plus nettes et plus complètes que précédemment et'rétracte ainsi implicitement tant de propositions louches , témé raires, mal sonnantes, erronées même » Qui se rencontrent dans se lettres antérieures, dans ses Colloques , son Manuel du soldat chré tien et son Eloge de la folie. Il y fait d’ailleurs une profession franch et nette de catholicisme. On sent que s’il avait commencé plus tôt ou pu continuer plus longtemps sa lutte avec Luther, la force de choses l’eût amené à une étade plus approfondie de la doctrine chré

À [Liv. LXXXIV. — De 1517 1545 de l’ère chr.]

lenne, qui lui a toujours manqué, et qu'il aurait trouvée toute faite hns saint Thomas.

Ainsi, dans la polémi ment l’éclaircissement

: à être spectateur pour aux dépens de ceux qui semblent trop rudes, et oucir. Pour cet ennemi "es équivoques qui peuau plus quelques Coups art et d’autre, le soup pes Léon X, Adrien V

Kthéologies, la grâce lomme pour mériter ] el, ou qui est au-de int docteur,

ssus de la nature. D'après l'explication du

s simplement de quel qui est l'explication catholique

l'avait coutume de dire morale, le libre arbitrd asme s'excuse, promet lire, qu’à son corps dé il publie, en 1394, œuvre trainante, sans res armes de la vérité ue du roi d'Angleterre n livre Du serf arbitre naintient ce qu'il y a dé en nous le mal comm est de croire que Die t damnables par sa vo plices des malheureux e des indignes, et il né

e créature ; non -Seulement à toute créa- Mais encore à toute créature possible.

» Mais, comme AS l'avons vu au livre soi histoire, il en ne une raison si claire et si simple, qu’il suffit de l'entendre pour

a être convaincu.

La vie éternelle consiste à connaître Dieu, à voir Dieu, vers le voile des créatures, ce que fait la théologie nat ; en énigme et en des sinilitudes, ce que qu'il est, à le connaître tel qu’il se conil est, dit le disciple bien-aimé 1, Et

; 18 ce sera face à face, Maint IL }

He actuellement existante, Dunt Thomas n° se borne

non plus à urelle ; non

P n enant je le connais en Partie ; mais alors noceDiee» ee connaëtrai comme j’en suis connu 2, Or on en examinant, mai

monde convient que, de

nettre au jugement d@ ini de distance. Il est donc

s’y assujettir. »

tre de Æyperaspistes , et dans le second au mais surtout dans ntre sur une foule d > que précédemment itions louches , témé rencontrent dans se Ft nt Île n'a poi ntendu, ce qui n'est Poihé monté dans le cœur de De PEARMAION PRES me, voilà ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment Le

ur donc que l’homme puisse mériter la vie éternelle et même

c Luther, la force de e de la doctrine chré

Dioan,, 5.2, — os Cor., 13,12, 5 Ïbid., 2, 9. Is., G4, 4. XxXIH, 3

466 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXNXIV. — De {51

en concevoir la pensée. il lui faut, en tout état de nature, un secour surnaturel, une certaine participation à ia nature divine. L'homme n

ouvant s'élever en ce sers jusqu’à Dieu, il faut que Dieu descend& J n

jusqu’à l'homme, pour le déifier en quelque sorte. Or, cette ineffab] condescendance de la part de Dieu, cette participation à la natur divine, cette déification de l’homme, c’est la grâce.

C’est donc une idée fausse, c’est donc une erreur de penser, ave Luther et Calvin, que, dans le premier homme, la nature et la grack étaient la même chose; que la grâce divine n’est devenue nécessai à l'homme que depuis sa chute; que la grâce n’est que la restaura tion de la nature ; que la foi n’est que la restauration de le raison, 4 que la révélation divine n’est devenue nécessaire à l'homme que ps

suite de l’obscurcissement de son intelligence. Aussi l'Église a-t-ell condamné, et avec beaucoup de justice, cette proposition du jansé niste Quesnel : « La grâce du premier homme est une suit des création, et elle était due à la nature saine et entière ; » et cette autx de Baïus : « L’élévation de la nature humaine à la nature divi était due à l’intégrité de la première création; et, par conséquent, 0 doit l'appeler naturelle, et non pas surnaturelle. »

Nous avons vu en quoi consiste précisément la différence de bé soin que l’homme a de la grâce avant et après le péché. Saint Th mas dit à ce sujet: « L'homme, après le péché, n’a pas plus beso de la grâce de Dieu qu'auparavant, mais pour plus de choses : pol guérir et pour mériter; auparavant, il n’en avait besoin que poi l’une des deux, la dernière. Avant, il pouvait, sans le secours sul naturel de la grâce, connaître les vérités naturelles, faire tout bien surnaturel, aimer Dieu naturellement par-dessus toutes chose éviter tous les péchés ; mais il ne pouvait, sans elle mériter la éternelle, qui est chose au-dessus de la force naturelle de l'hom Depuis, il ne peut plus, sans la grâce ou sans une grâce, connait que quelques vérités naturelles, faire que quelques biens particulié du même ordre, éviter que quelques péchés. Pour qu'il puisse te cela dans son entier, comme auparavant, il faut que la grâce guéris l'infirmité ou la corruption de la nature. Enfin, après comme avai il a besoin de la grâce pour mériter la vie éternelle, pour croire Dieu, espérer en Dieu, aimer Dieu aurnaturellement, comme ob de la vision intuitive 1, » :

C’est, entre autres, pour avoir confondu, sciemment ou non, nature et la grâce, l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, que Luthk Calvin et Jansénius sont tombés dans des erreurs si énormes.

1 Summa, pars 1, q. 95, art, 4, ad 1, — ia 2æ, q. 109. aré. 2, 3 et4.

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bici Ja g rel : do

lmitat n 1.

Liv. LXNXIV, — De 1518;15 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

e nature, un secour@ici la génération : L'homme déchu ne divine. L'homme n@rel : donc il ne peut plus même aucu t que Dieu descend@ik actions sont des péchés ;

e. Or, cette ineffabl@Biu opère en lui le mal comme le bien.-Pour bien réfuter ces monlicipation à la natur@@uosités, Érasme aurait dû y porter d’abord la lumière avec l4 doc- 6. ne si claire et si nette. de saint Thomas; Érasme ne s'en est pas reur de penser, ave@ime douté. Autant en est arrivé à plus d’un écrivain moderne; et la nature et la grâc@iat là, croy ons-NOUS, une des causes principales de tant de fausses

t devenue nécessair@iles répandues depuis trois siècles dans les esprits et dans les n'est que la restauralires.

ation de le raison, @ite qu'Érasme n’a Pas su faire, rét 'e à l'homme que palologie et les preuves dont elle Aussi l'Église a-t-elnins le fera : le Dominicain esp roposition du jansé@ék diocèse de Tolède dans les c est une suit: de SSré dans l’ordre de Saint-Do

peut plus aucun bien surnan bien naturel: donc toutes donc il n’a point de libre arbitre, et

ablir les vraies notions sur la se sert, un de ses jeunes contemagnol, Melchior Canus-ou Cano, né ommencements du seizième siècle,

eptière ; » et cette aut@hubre 1560, après avoir éoe à la nature dividée dans les université d de Valladolid et d’Alcala ou t, par conséquent, dk Trente, et occupé nées. Son ouvrage Ja différence de bi: L: oloai : ie monde, ou du moins dele péché. Saint Th@hi

, n’a pas plus besoila théologie est la science de ce que Jésus-Christ nous enseigne, plus de choses : pod son Église, sur Dieu et les choses divines : Vous n'avez, dit-il, vait besoin que poliin seul maître ou docteur, le Christ. Dieu et homme, il était hier, sans le secours suit aujourd’hui, C’est par lui et avec lui que Dieu le Père a fait

iturelles, faire tout Es choses, et le commencement de toutes choses est la sainte dessus toutes chosdl;

, gesse qui procède éternellement de ns elle mériter la -Haut, qui était avec lui dès l'origine, créant l’uniaturelle de l’homme ot s’y jouant ; cette sagesse qui atteint d’une extrémité à l’autre une grâce, connais force et dispose tout avec douceur,

M Les enfants des hommes, qui établit Pour qu'il puisse toB)ieu parmi les nations,

que la grâce guéri patriarches : il est cette

éclaire tout homme , après comme aval

à que de qui tout reçoit nelle, pour croire et ce principe qui nous lement, comme ob ne comprend ni ne juge

i ! » st ainsi la source preciemment où non, à rité

ju nce certaine, tant dans:

rnaturel, que Luthé

me naturel que dans l’ordre surnaturel.

reurs si énormes.

len est de même, à proportion, de son Église, l'Église catholique.

9, art. 2, 3 et4. Mit. L 1, 0.2,

168 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXXIV. — De 151

— En tant que société naturelle, en tant qu’elle représente le genre humain, comme sa portion capitale et intelligente, cette Église es l'organe naturel, nécessaire, irrécusable de la raison humaine, — En tant que société surnaturelle, en tant qu’elle représente Dieu sur la8 terre, en tant que Dieu lui-même s'est incorporé en ellef, cette Églisd est l'organe surnaturellement naturel, nécessaire et infaillible de la foi et raison divines.

Jésus-Christ unit dans sa personne la nature humaine à la nature divine : ainsi l'Église unit dans sa personne la nature humaine à |: nature divine, la raison humaine à la foi divine. — Jésus-Christ nes qu’une personne, une personne divine. L'Église n’est qu’une société} société surhumaine. — L'union des deux natures en Jésus-Chris n’est ni confusion, ni séparation, ni opposition ; chaque nature a se opérations distinctes : dans Jésus-Christ, la nature divine ne détrui point la nature humaine, mais la perfectionne. Ainsi en est-il dan@ l'Église.

Pour bien connaître Jésus-Christ, il faut le connaître non-seule ment en tant que Dieu, mais encore en tant qu’homme. — Pour bie connaître l'Église, il faut la connaître non-seulement en tant que so ciété surnaturelle et divine, mais encore en tant que société natu relle et humaine. — Pour bien connaître la théologie, il faut la con! naître non-seulement en tant que science surnaturelle et divine, mai encore en tant que science naturelle et humaine?. — L'Église, | théologie embrassent donc nécessairement non-seulement la révéla tion proprement dite, les vérités révélées surnaturellement aux pro phètes et aux apôtres, et qui forment le fidèle, mais encore la raiso humaine, les vérités communiquées de Dieu à l’homme nécessaire ment pour qu'il fût 4omme.

Ainsi l’Église, comme société naturelle et comme société surnd turelle, renferme tous les lieux ‘ ‘ologiques ; c’est d’elle qu'il fa apprendre l'autorité qu’elle accorde et que nous devons accorder chacun d’eux. Ce que Melchior Cano a fait là-dessus est un che d'œuvre.

Il compte dix lieux théologiques ou sources, d’où le théologié peut tirer des arguments convenables, soit pour prouver ses propr conclusions, soit pour réfuter les conclusions contraires. Ce sont autorités suivantes : 4e l'Écriture sainte; 2° les traditions divines apostoliques ; 3° l'Église universelle; 4e les conciles et principal

{Pro corpore ejus, id est Ecclesia, &it saint Paul. — 2 Theologia omnem Deo cognitionem tradit, sive ea per naturæ lumen, seu divino soldm munere illustratione hateatur. Melchior Canus, p. 554.

Liv. LXXXIV. — De 151700 1515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

e représente le genrdnent les conciles généraux ; Bo l'Église romaine; 6° les saints Pères ; nte, cette Église " L les théologiens scholastiques et les canonistes ; 80 la raison natuison humaine, — pnlitlle ; 9° les philosophes et les juristes; 10o l’histoire humaine. Les présente Dieu sur 14BMtPt premières autorités appartiennent à la théologie en propre; les en elle, cette Église k rois autres lui sont communes avec d’autres sciences. re et infaillible de a La première de ces autorités sont les Écritures que Dieu a inspires et que l'Église toujours vivante de Dieu reçoit, approuve et inhumaine à la naturdtrprète. Dans ce qui regarde la foi et les mœurs, la version latine nature humaine à dulit; mais il est utile d'étudier les textes hébreu et grec, pour pé- — Jésus-Christ n étrer mieux le sens et réfuter avec plus d'avantage les hérétiques. n’est qu’une sociétéili confrère de Melchior Cano » le Dominicain Sanctes Pagninus, ures en Jésus-Chriitèbre prédicateur et savant orientaliste, né à Luques vers 1470, ; chaque nature a se #mort en 1541, avait rendu cette étude plus facile » par sa version jure divine ne détruifiitérale de l’Ancien Testament sur l’hébreu, son dictionnaire ou Ainsi en est-il dan@ts0" de la langue sainte, et d'autres ouvrages élémentaires. Sa ksion latine se trouve dans la Bible polyglotte d'Anvers, imprimée connaître non-seule Wa! Christophe Plantin, sous la direction d'Arias Montanus, moine 1omme. — Pour b'elliite er de Saint-Jacques, né l’an 1327 dans la province d’Estranadure.

En Le second lieu théologique est la tradition. Melchior Canus en ologie, il faut la con inde Il AuOrIte Eur quatre raisons : 40 L'Église est plus ancienne que urelle et divine, ma fÉcriture ; 20 l'Écriture ne renferme point d’une manière expresse sine, — L'Église, | but ce qui appartient à la doctrine chrétienne ; 30 bien des choses seulement la révéliepartiennent à cette doctrine, qui ne sont contenues dans l'Écriture iturellement aux pr expressément ni obscurément ; 4e les apôtres, pour des raisons mais encore la raison "es, ont transmis des choses par écrit, d’autres de vive voix. l’homme nécessairdliant à la première raison, voici comme le savant théologien la dé- Moppe : « C'est que l'Église est plus ancienne que l’Écriture, et que min aoclété nil ai et la religion subsistent complètes sans l'Écriture; car les anc'est d’elle qu'il es patriarches, qui vécurent avant Moïse, conservèrent le vrai us devons accorder Mille de Dieu sans lois écrites, mais par la coutume de leurs ancêtres. à-dessus est un chelraham reçut d’abord de Dieu la circoncision, et la transmit à sa inille, Ces anciens Hébreux conservèrent la religion véritable et s, d'où le théologidiits le pays de Chanaan et en Égypte, sans aucune loi écrite, par la r prouver ses propr wile tradition. Jésus-Christ n’a pas dit à ses apôtres : Allez et écrivez, contraires. Ce sont IMUis : Allez et prêchez l'Évangile à toute créature. » s traditions divines L'auteur assigne ensuite quatre règles pour reconnaître les tre onciles et principal@iions de Jésus-Christ et des apôtres. La première se trouve dans “paroles de saint Augustin : Ce que tient l’Église universelle, et ina point été institué par des conciles, mais retenu toujours, on ml ie He rit avec beaucoup de raison qu'il n’a été transmis que par l’aulé des apôtres : tel est le jeûne des Quatre-Temps. La second

470 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 5

règle approche de la première et présente même plus de facilité Si, depuis l’origine, les Pères ont tenu unanimement un dogme

foi, et qu'ils ont rejeté le contraire comme hérétique, sans que cali

pendant ce dogme se trouve dans l'Écriture, l'Église l'a certain

ment reçu par la tradition apostolique : tels sont la perpétuelle vid

ginité de Marie, la descente de Jésus-Christ aux enfers, le nombx certain des évangiles. En troisième lieu : Quand une chose est mai tenant approuvée dans l'Église par le commun consentement de fidèles, et qu'elle est au-dessus de la puissance humaine, elle vie nécessairement de la tradition des apôtres, comme de dissoudre dé vœux. La quatrième règle est la plus usitée : Si les auteurs ecclésia tiques attestent d’une voix unanime qu’un dogme ou un usage vie des apôtres, c'en est une preuve certaine. C’est ainsi que les Pèvé du septième concile témoignent que les images viennent des apôtres il en est de même du symbole.

Le troisième lieu théologique est l’autorité de l'Église. Sur qu Melchior Canus présente quatre conclusions : 4° La foi de l'Égliser peut défaillir ; 2 l'Église ne peut errer dans sa croyance ; 3° no seulement l’Église ancienne n’a pu errer dans la foi, mais ni l'Égl présente ni l’Église à venir, jusqu’à la consommation des siècles, 4 peut ni ne pourra y errer; 4 non-seulement l’Église universell c’est-à-dire la collection de tous les fidèles, a pour toujours cet esp de vérité, mais les princes et pasteurs de l'Église l'ont aussi.

L'autorité des conciles forme le quatrième lieu théologique, ql l’auteur résume en huit conclusions : 4° Un concile général quin été ni assemblé ni confirmé par l’autorité du Pontife romain, pe errer dans la foi : tel le concile de Rimini. 2 Un concile génér: même assemblé par l'autorité du Pontife romain, mais non co firmé par elle, peut errer dans la foi : tel le concile ou briganda d'Éphèse. 3° Un concile général, confirmé par l'autorité du Pont romain, fait foi certaine des dogmes catholiques. Cette conclusi

est tellement indubitable pour l’auteur, que le contraire lui par@

hérétique. 4° Un concile provincial, non confirmé par le souvera Pontife, peut errer dans la foi. 5° Un concile provincial, confirnk par l'autorité du souverain Pontife, ne peut errer dans la foi. 61 conciles provinciaux, quoiqu'il leur manque l'autorité du Pont romain, on peut tirer un argument probable pour persuader dogmes de la foi. 7e Les conciles épiscopaux, s’ils sont confirmésp le Pontife romain dans les décrets de la foi, présentent un argume certain de la vérité. 8° Un synode épiscopal peut, par lui-mê faire foi probable, mais non certaine, dans un jugement d’hérés

Comme cinquième lieu théologique vient l'autorité de l'Égiiké

ks ouaill li suce L'auteur En six snclusic sombre, klle, ne

Liv. LXXXIV. — De :5 0 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

me plus de facilité@iomaine; au sujet de quoi Melchior Canus établit les trois propoement un dogme ditions suivantes : Pierre a été institué par le Christ pasteur de V'Étique, sans que <diigise universelle. Pierre, lorsqu'il enseignait l’Église ou affermissait Église l'a certaindits ouailles dans la foi, ne pouvait errer. Pierre défunt, quelqu’un t la perpétuelle vdiui succédait de droit divin dans la même autorité et puissance. enfers, le nombälauteur prouve que ce successeur est l'évêque de Rome. une chose est maï@ Fn sixième lieu est l'autorité des saints Pères ; sur quoi il y a six n consentement ddionclusions : 1° L'autorité des saints, soit en petit ou en plus grand humaine, elle vigombre, lorsqu'il s’agit de facultés contenues dans la lumière natume de dissoudre dde, ne fournit point d'arguments certains : elle ne vaut qu’autant les auteurs ecclésia@ue le persuade la raison conforme à la nature. 2 L'autorité d’un 1e ou un usage vieu de deux saints, même dans ce qui appartient à la sainte Écriture t ainsi que les Pèr@it à la doctrine de la foi, peut présenter bien un argument probable, iennent des apôtrednis ne saurait en présenter de ferme. Ainsi, le mépriser et le compkr pour rien, c’est de l’impudence ; mais le recevoir et le tenir pour le l'Église. Sur quertain, c’est de l'imprudence. 3° L'autorité de plusieurs saints, lors- La foi de l'Église due les autres, quoique en plus petit nombre, réclament, ne saurait | croyance ; hurnir au théologien des arguments solides. 4° L'autorité même de foi, mais ni l'Écli@ous les saints, dans les questions qui n’appartiennent nullement à ation des siècles, du foi, fait foi probable, mais non pas certaine. 5° Dans l'exposition | l'Église universels saintes lettres, la commune interprétation de tous les anciens ir toujours cet espih Kints Pères fournit au théologien un argument très-certain pour e l’ont aussi. wrroborer les assertions théologiques ; car le sens de tous les saints eu théologique, giiet le sens même du Saint-Esprit. G° Tous les saints ensemble ne ncile général qui n auraient errer dans un dogme de foi. Pontife romain, pefli Le cinquième lieu est des plus importants et des plus nécessaires : Un concile génératest l'autorité de l’école théologique. Les hérétiques modernes nonnain, mais non codwulement la comptent pour peu, mais la rejettent avec dédain. oncile ou briganda@luither, disciple de Wiclef en ceci comme dans le reste, prétend que l’autorité du Pontiii théologie scholastique n’est autre que l'ignorance de la vérité et 1es. Cette conclusi@ue vaine tromperie; il appelle même les académies les lupanars de > contraire lui pardlatechrist. Mélanchton dit que c'est à Paris qu'est née la scholasrmé par le souveralique profane, qui a obscurci l'Évangile et éteint la foi. En un mot, provincial, confiruus les luthériens sans exception méprisent souverainement et malx dans la foi. 6° Dtitent hostilement l'autorité de notre école. De là peut-être, comme l'autorité du Ponte la première source, viennent leurs autres hérésies. Qui méprise pour persuader Is auteurs scholastiques, méprisera facilement et comme nécessails sont confirmés piärment les jugements de l’école, puis les anciens Pères dont les sentent un argumeMléologiens modernes résument la doctrine, puis les conciles comeut, par lui-mémi@nsés de ces Pères, puis l'autorité de l'Église, enfin certains livres jugement d’hérésitnoniques : c’est en effet ce qui est arrivé aux luthériens. Tant il est autorité de l'Égliirai que celui qui méprise les petites choses tombe peu à peu. Ce

472 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 15

n'est pas que l'autorité de l'école soit petite, elle que personne saurait mépriser sans péril pour la foi ; car depuis la naissance d l’école, le mépris de l’école et la peste des hérésies sont et furent {6

jours inséparables. Ces observations de Melchior Canus méritent a tention.

Mais dans tout ceci, continue-t-il, le lecteur doit se souvenir qui je défends la doctrine de l'école, qui est établie sur les fondement

des saintes lettres. Aussi avec l’assentiment de tout le monde, appel lerai-je misérable cette doctrine de l’école qui se défend par les titré

des maîtres, qui, négligeant l'autorité de l'Écriture sainte, disserte del

choses divines par des syllogismes entortillés, ou plutôt qui disser ainsi, non pas des choses divines ou humaines, mais d’autres qui

nous intéressent en rien. Je sais que dans l’école il y à eu quelque

théologiens d'inscription qui ont décidé toutes les questions par de arguments frivoles, et qui, faisant perdre leur poids aux choses Je plus graves par leurs vaines raisonnettes, ont publié des comme taires à peine dignes de vieilles femmes. Ils citent rarement l'Écri ture, ne font nulle mention des conciles, n’ont rien qui sente les an ciens Pères, ni même une philosophie sérieuse, mais quelques con naissances puériles : cependant on les appelle théologiens scholast ques, quoiqu'ils ne soient ni scholastiques ni théologiens surtou eux qui, introduisant dans l’école la lie des sophismes, excitent

rire des doctes et le mépris des hommes de goût. Qui donc enter dons-nous par théologien scholastique ? Celui qui raisonne de Die et des choses divines convenablement, prudemment, doctement, d'a près les lettres et les institutions sacrées. Sans cela, nul n’est u théologien de l’école. Melchior signale encore, avec un blâme sévère certains théologiens qui semblent nés pour la discorde, et qui s’oc cupent, non à découvrir la vérité, mais à contredire les autres. Mai ces torts de quelques-uns ne doivent pas être imputés à tous, enco

moins à la science, dont ils abusent.

Le premier office de la théologie scholastique est de mettre e lumière ce qui est caché dans les saintes lettres et les traditio apostoliques; car des principes révélés de la foi, le théologien tir les conséquences qui y sont renfermées et les développe par l'arg mentation. Érasme est absurde quand il blâme les théologiens d tirer les conséquences des principes : sans cela il n’y aurait jamais d science.

Le second office de la théologie est de défendre la vraie foi cont les hérétiques. Qui ne sait pas le faire, ne mérite pas le nom de théo logien. Aussi les hérétiques haïssent-ils les doctenrs de l'école, comm

les loups haïssent les chiens qui gardent le troupeau. Un troisièmé

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[Liv. LXXXIV, — pe 15081545 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. elle que personne depuis la naissance & sies sont et furent lo ior Canus méritent a

it de la théologie scholastique, c’est d'éclaircir ou même de coner, autant que possible, la doctrine du Christ et de l'Église par sciences humaines : comme les dépouilles de l'Égypte servirent trefois à orner le tabernacle de l'Éternel.

Quant à l'autorité de l'école, l’auteur établit les conclusions suiites : 1° Le témoignage des théologiens scholastiques, même en and nombre, s’il est contredit par d’autres hommes doctes, ne ut que suivant leurs raisons ou leur autorité. On en juge, non par sombre, mais par le poids. 20 Du sentiment commun de tous les , disserte ddeurs scholastiques, dans une matière grave, on tire des arguou plutôt qui dissertunts probables, en sorte qu'il est téméraire d'y résister, La raison , Mais d’autres qui nl en effet que, dans un art quelconque, il faut en croire les habiles. ole il y a eu quelqu Contredire la sentence unanime de tous les théologiens de l’école les questions par ddychant la foi ou les mœurs, si ce n’est pas une hérésie, certaine-

par tous les scholastiques, que l’Émue par leur autorité. Ajoutez-y qu’il ision si propre à l’école, qu'il ne soit ou sur la tradition des apôtres, ou sur soit des souver

tent rarement l'Écri rien qui sente les ani , Mais quelques con héologiens scholast théologiens surtou phismes, excitent oût. Qui donc enter qui raisonne de Die ent, doctement, d':

s cela, nul n’est u sister, ec un blâme sévèrdi, ;: ité comme dit le pape Inliscorde, et qui s'odié, chrétien dans les choses dire les autres. Mai

ke erreur de tous les théologiens. Après putés à ous, encor@ cela, la théologie de l’école est-elle encore à mépriser ? Je le tirais, si ce n’était par son autorité que l'Église a défini bien des wes; car depuis trois cents ans, si l'Église a condamné des hérées et les tradition si elle a porté des décrets su

m'écoute ; qui n'y aurait jamais d aux premiers mais encore aux docteurs à venir

e la vraie foi cont brebis à paître dans la science et

pas le nom de théo 's de l’école, comm

1e; ainsi en est-il nécessairement peau. Un troisièmé

qui méprise les théologiens modernes succédant aux anciens.

474 HISTOIRE UNIVERSELLE Liv. LXXXIV, — pe Miss à

Aussi l'auteur du commentaire imparfait sur saint Matthieu dit-ioso Quand vous entendez quelqu'un prôner les anciens docteurs, vodinéce quel il est envers les docteurs de son temps. S'il honore ceux a cont lesquels il vit, sans doute qu'il eût honoré les autres s'il eût vélhire l'a avec eux. S'il méprise les siens, il eût méprisé les autres, — Enii Parm comme dit l'Apôtre, le Christ a placé dans l'Église, les uns apôtr@ues, « les autres prophètes, ceux-ci évangélistes, ceux-là pasteurs et ddMlectic teurs, pour la consommation des saints, l’œuvre du ministère, l'édiirs et fication du corps du Christ, jusqu’à ce que nous nous rencontridute. S tous dans l'unité de la foi, dans l’homme parfait, afin que nous miettes soyons plus des enfants flottant et ballottés à tout vent de doctrin@irès a Donc, aussi longtemps que durera le corps du Christ ou l'ÉgliseMutre es sera de la Providence divine de faire en sorte que ceux qui endntatio gnent dans l'Église la doctrine sacrée tiennent, comme étant dondiirmes, de Dieu, la vérité de la foi, afin que le peuple ne soit pas porté cal questi là comme des enfants. ntimpi Le huitième lieu théologique est la raison naturelle ; sur quoi ik que le a deux erreurs à éviter : la première, de ne ecnsulter en théoloMDieu, 1 que la raison, négligeant l’Écriture sainte et les Pères : tels étai@Buifeste plusieurs théologiens qui , bornés à quelques arguties syllogistiqui proph se trouvèrent sans armes quand il fallut combattre l'hérésie lut Dieu s rienne. La seconde erreur est de ceux qui décident tout par les sel choses textes de l'Écriture ou quelquefois des Pères, évitant tous les art évid ments naturels, comme s'ils étaient contraires à la théologie : tnt d’ Luther, qui non-seulement soutient que la philosophie est inueurs et et nuisible au théologien, mais que toutes les sciences spécuiBrent en tives sont autant d'erreurs : ce qui est à nos yeux une erreur Mhépond plus grandes. Moent Celui qui enseigne la doctrine chrétienne remplit à la fois d@ine pas personnages : il est homme et théologien. Comme homme raisdhi sur 1 nable , le raisonnement lui est inné, qu’il discute tout seul ou a dence, n autrui les choses humaines ou les choses divines. Il ne peut pas pcorpor s'en défaire que de cesser d’être homme. On se sert à la fois de les qu pied et de sa tête, sans rejeter l’un pour l’autre ; ainsi en est-ilrnt du théologien : il se sert à la fois de la raison naturelle et de la révé h, mais tion surnaturelle, sans rejeter aucune des deux. D'ailleurs, la grelle, L n’ôte pas la nature, mais la perfectionne; ni la nature ne repouRER: de la la grâce, mais la reçoit. La théologie ne rejettera donc pas la ra@ume no: de la nature humaine. me 2, La philosophie est nécessaire au théologien pour instruire MS Le neuvi

1 Ephes., 4. IL, 9, e. 8.

Liv. LXXXIV, = De 18516 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

r saint Matthieu dit.Miiosophes ; car, comme l’Apôtre, il doit se anciens docteurs, vonécessaire pour réfuter les sophistes, et enfin parce que la variété * S'il honore ceux ai connaissances dar le précepteur fait plaisir à l'auditeur, lui inles autres s’il eût vé jre l'admiration, et enfin le gagne. di Parmi les argumentations de la raison paturelle, Église, les uns apôtr@ues, ct d'autres qui ne le sont pas. Sont certain eux-là pasteurs et ddecticiens appellent démonstrations, c'est-à-dire qui, de principes vre du ministère, l'édiirs et incontestables, déduisent une Conséquence certaine et évious nous rencontridute. Sont incertaines celles qui, étant probables, sont néanmoins irfait, afin que nous Misttes à conjecture et n’emportent aucune nécessité d’assentiment. tout vent de doctrind@irès avoir cité de l'Écriture même des exemples de l’une et de lu Christ ou l'ÉgliseMutre espèce, Melchior Canus ajoute : Il est donc clair que les argute que ceux qui endntations naturelles dont peut user la théologie sont quelquefois t, comme étant dondiiimes, et souvent fermes ; car ceux qui prétendent que tout reste ne soit pas porté clik question et que la vérité ne persiste constante nulle part, ceux-là ntimpies et envers la nature et enver

naturelle ; sur quoi que les raisons n ccnsulter en théolo

faire tout à tous, Elle lui

il y en a de ceres celles que les

les rappelle sagement

e Dieu, dit-il, leur est les Pères : tels étai ce par les anges? par arguties syllogistiquiik Mais ce qui est invisible battre l’hérésie lut création du monde dans ident tout par les se

, évitant tous les ar

à la théologie : tel nt d’argumentations de cette espèce ne sont donc pas des philosophie est inuBurs et de vaines tromperies, comme Luther a prétendu non-seules sciences spécuinent en insensé, mais en impie 1,

s yeux une erreur SRépondant aux objections, Melchior Canus dit, entre autres, avec Minent d'Alexandrie : Dans l’épitre aux Colossiens, l'Apôtre ne

remplit à la fois d@line pas la philosophie véritable, c'est-à-dire qui a des sentiments mme homme rais@his sur la nature, mais la philosophie épicurienne, qui Ôte la proute tout seul ou afkince, met la volupté au nombre des dieux, et ne croit à rien es. Îl ne peut pas pRicorporel. Ce sont ces doctrines philosophiques et autres sem-

e sert à la fois de @ikes que condamne saint Paul, doctrines que leurs auteurs déitre ; ainsi en est-ilrnt du nom de philosophie, tandis qu’elles ne sont rien moins que urelle et de la rév@h, mais des traditions d'hommes ignorants, ainsi que l'Apôtre les IX. D'ailleurs, la grelle, La philosophie véritable et naturelle, au contraire, ne vient la nature ne repo sde la tradition des hommes, mais de la révélation de Dieu, ra donc pas la ral@ume nous l'avons montr

é plus haut par le témoignage de l’Apôtre me 2,

en pour instruire Æ L neuvième lieu théologique, suite du huitième,

est l’autorité des

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