‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 104 sur 122 · BAL · texte numérisé non relu

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philosophes qui prennent la nature pour guide. Ici encore se ræ contre une erreur de Luther, qui condamne tous les schoiastiqu principalement saint Thomas, comme ayant introduit le r'èg d’Aristote, le dévastateur de la sainte doctrine; car c’est ainsi ql parle contre Latomus. Melchior Canus expose ce que la foi catholidé

et le bôn sens tiennent à cet égard. Voici ses conclusions.

Le consentement unanime de tous les philosophes donne la ce tude d’un dogme philosophique. Il le prouve entre autres par les cd sidérations suivantes. S'il y a quelque chose de tout à fait proba rien ne l’est assurément plus, si ce n’est que le maître de la nat ait envoyé des docteurs au genre humain pour lui enseigner les co paissances naturelles, car qui serait assez insensé pour établir l université sans professeurs? Parce que Dieu était connu dans Ja Jud il y érigea une école de la science divine, et y procura les rabhi Et parce qu'il a voulu que chez les Chrétiens il y eût des acadé pour la doctrine évangélique, il a donné aussi des apôtres, des pi phètes, des évangélistes, des docteurs pour professer cette doctr dans la république du Christ. C’est pourquoi, comme, pour lé

instruction, il a manifesté à toutes les nations les lois et les conn

sances de la nature, il n’est pas vraisemblable qu’il n'ait institué à cuns maîtres pour enseigner ces lois et ces sciences. De plus, s’il à

permis d'argumenter de cette similitude, Clément d'Alexandrie Bi +

que la philosophie a été donnée de Dieu aux Grecs comme leur p pre testament. Comme donc il n’a pas laissé sans interprète le tes

ment des Juifs et celui des Chrétiens, il n’en a pas frustré non plu testainent des Grecs. Il était donc aussi de la Providence divine di s

tous les »hilosophes n’errassent noint ensembie ou dans la connd sance de Dieu, ou dans la morale, ou même dans l'intelligence (

choses naturelles, nécessaires aux deux premières: d’où il suit qi

selon saint Paul, les Grecs sont inexcusables. Ils seraient excusabg cependant, si leurs précepteurs, sous la direction de l’auteur s@

verainement bon de la nature, n'étaient pas assez instruits dei vérité.

Boëce, ce grand et savant hotnme, n’estime pas moins les concis

tions communes des sages que si c’étaient les conceptions com nes de tous les hoinmes. Nous-mêmes avons montré plus haut q les communs jugements des docteurs ecclésiastiques doivent regardés comme les sentences communes de tous les fidèies. C’R pourquoi il n’y a point de doute que cela ne soit vrai et incont table, de quoi la raison de tous les philosophes est d'accord.

Mais quand il s’agit de la secte de tel ou tel philosophe, la qui F : tion est bien différente. Et plus quelqu’un est docte et grave, pli

rer le

en, pri

Œes hist:

bis de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 477

D autorité est probable et son témoignage digne de foi. Cependant héologien ne doit s'attacher à aucun, de manière à n’oser s'en

it introduit le rèch ; Car c’est ainsi q

mas Aristote. Melchior fait voir qu’il ne faut pas donner à ce derphilosophe une confiance entière et sans restriction, attendu sieurs erreurs qui se trouvent dans ses œuvres 1. M dixième et dernier lieu théologique, c’est l'autorité de l’histoire maine. Melchior Canus fait voir que la connaissance de l’histoire non-seulement utile, mais nécessaire au théologien. Pour faire sir quelle est l'autorité de l’histoire en général, il pose en principe Îl est nécessaire que les hommes en croient les hommes, à moins is ne veuillent vivre comme les bêtes. Il le prouve au long par But Augustin et Théodoret. D'où i! tire ensuite, pour le détail, les procura les rabbifSS sions suivantes : 1° À l'exception des auteurs sacrés, nul hisy eùt des acadé Wu, pris isolément, ne peut donner la certitude en théologie, des apôtres, des PM}. historiens graves et dignes de foi, comme il y en a certaineofesser cette doctr itplusieurs et pour l'Église et pour le siècle, fournissent au théo- » comme, pour (sn argument probable, tant pour confirmer ce qui est de son es lois et les con, que pour réfuter les fausses opinions des adversaires. 3 Si qu'il n'ait institué Æ, Le historiens approuvés et graves s’accordent sur un même fait, nces. De plus, SD, autorité offre un argument certain nour confirmer les rent d'Alexandrie D. théologiques mêmes par une raison incontestable. Melchior recs comme leur ph; plusieurs exemples, comme le voyage de saint Pierre à Rome, is Interprète le terne du concile de Nicée. Il y a bien des faits de ce genre qui as frustré non plug sont transmis par le commun consentement des historiens. seulement de les nier, mais même de les révoquer en doute, où dans la cond comble de la folie 2, Ases onze livres sur les lieux théologiques, Melchior Canus comp- Len ajouter trois : un sur l’usage de ces lieux, l’autre sur la ma- We de convaincre les Juifs, le troisième sur la manière de maincre les Mahométans. La mort ne lui permit d'achever que emier.

M; fait entre autres cette observation : C’est à la théologie à donfie Dieu toutes les espèces de connaissances, qu’elles viennent de imière naturelle ou de la révélation divine 3, Nous croyons que Rléologiens de nos jours, et même ies premiers pasteurs, ne font it assez d'attention à ceci, et qu'on permet trop facilement à la Miosophie séculière, dans les écoles publiques, d’usurper la théo- MR sous le nom de métaphysique ou de théodicée, sans aucune Aion ni contrôle de l'Église de Dieu.

le maître de la nat lui enseigner les cç nsé pour établir à L connu dans la Jud

tion de l’auteur s@ assez instruits de

as moins les conc conceptions comi aontré plus haut q stiques doivent ous les fidéres, Ce soit vrai et incont est d'accord.

hilosophe, la ques locte et grave, pli

DL: 19, — 2 L, 11, — SL, 13, c. 2.

wier le moins du monde. Saint Augustin préférait Platon, saint |

Voici comme l’auteur distingue la théologie naturelle et Ja théd logie surnaturelle. J'appelle théologie naturelle cette partie de la m taphysique qui étudie la nature de Dieu par les raisons de la natur

et qui nous est commune avec les philosophes de la gentilité ; thé@

logie surnaturelle, celle qui‘étudie la nature et les attributs de Die par les principes que Dieu lui-même a révélés aux hommes. J'eg tends ici par révélation, suivant la coutume des théologiens, cel

qui surpasse la portée et le génie de l'homme ; car saint Paul att

bue à la révélation et manifestation de Dieu même les choses q l’on connaît par la raison et la lumière naturelles 1.

Get ouvrage de Melchior Canus fait honneur et à l’auteur, et à l'o dre de Saint-Dominique, et à l'Espagne. Le style en est d’une élé gante latinité, mais sans cette affectation pédantesque de locutio païennes qu'on remarque dans Érasme. L’excellence du fond l'e porte encore sur la beauté de la forme. C’est le bon sens mêm mais élevé à sa plus haute puissance par la science chrétienne, concilie dans un harmonieux ensemble la nature et la grâce, l’hum nité et l’Église, la raison et la foi, la philosophie et la théologie, assigne à chaque chose les limites que Dieu lui a données; $ chaque chose:il dissipe les erreurs et les ténèbres que les hérétique notamment Luther, y ont accumulées. Désormais, avec lui et p lui, les défenseurs de la vérité s'entendront sans peine entre eux po combattre efficacement l'hérésie luthérienne et toutes les erreurs q s’ensuivent. Et si jamais Dieu suscite une congrégation religie

qui, partant des principes de Melchior Canus, cultive toutes les sc'el

ces divines et humaines pour la plus grande gloire de Dieu et de sd Église, elle surpassera peut-être toutes les autres en vertus et succès,

En attendant , l'Allemagne et l'Espagne présentaient un singuli contraste. L'Allemagne était déchirée, scandalisée, pervertie par 1 moine augustin , l’apostat Luther ; l'Espagne était édifiée , sanctifi par un moine augustin, saint Thomas de Villeneuve.

Thomas naquit l'an 1488, à Fuenlana, diocèse de Tolède. S& père était Alphonse-Thomas Garcias de Villeneuve, et sa mère Lui

Martinèz, d’une ancienne noblesse, mais dont quelques membres

voyaient réduits à exercer l'agriculture. Villeneuve , dont ils étaie@ di

tous deux originaires, est une petite ville à deux milles de Fuenlan où ils s'étaient retirés à l’occasion d’une maladie contagieuse. Leg charité pour les pauvres était si grande, qu'on leur donnait le su nom d’aumôniers. Alphonse leur distribuait tout le revenu d’

Mucoss., :

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naturelle et la thé, Bbuin, et prétait du blé aux pauvres paysans pour la semence, cette partie de la mg il leur faisait presque toujours la remise. Lucie était extrêmeraisons de la natur@é#t Pieuse; elle avait un oratoire où elle se retirait à certaines de la gentilité; thedhres, avec ses servantes et ses nièces » Pour vaquer à l’oraison, et les attributs de pidhlon célébrait la messe quand elle ne pouvait aller à l'église. Elle S aux hommes. J'eméconfessait et communiait toutes les semaines. Sous des habits moles théologiens, MR elle portait un cilice, jeñrait tous les vendredis , travaillait car saint Paul at esse pour les pauvres; souvent elle demandait leur ouvrage Ême les choses q De pauvres ouvrières, le faisait elle-même, et le leur rendait pour 51, Deles en eussent le salaire. C'était principalement aux fêtes de : à l’auteur, et à j'Res, durant la semaine saintes qu'elle distribuait ce qu’elle avait le en est d’une @aillé en fait de linge; plus d’une fois elle donna ses propres véitesque de locutioptnts: Elle avait une tendresse de mère pour les pauvres honteux, llence du fond l'edt les prisonniers et pour les malades, à qui elle portait elle-même t le bon sens mémtiui pouvait leur convenir. Dieu fit connaître par un miracle comence chrétienne, die cette charité lui était agréable. Un jour, comme elle faisait set la grâce, l’humique Semaine , elle avait distribué toute la farine qu'on lui avait ie et la théologie, née du moulin; un mendiant survient , demandant l’aumône ; lui a données; SW ‘nvoya ses servantes examiner s’il n’y avait plus de farine au s que les hérétiquaMii; elles protestèrent qu’elles avaient tout distribué Je matin, et ais, avec lui et Pl n’y restait pas même de la poussière. Elle insista, disant : Allez peine entre eux poWiurs, pour l'amour de Dieu ; balayez bien le grenier, car Dieu ne outes les erreurs giineltra pas que ce pauvre s’en aille de chez nous sans rien avoir. grégation religieuWi® allèrent, et s’écrièrent à l'entrée : Ah! madame, qu'est-ce tive toutes les scie? nous avons laissé le grenier entièrement vide, et le voilà tout re de Dieu et de «qi! Et elles se mirent à louer Dieu de sa libéraiité 1. res en vertus et @iliomas, qui était l'aîné de ses enfants, se montra digne d’une si ie mère. Il était né avec la miséricorde. A l’école, il donnait son. ntaient un singuli@iiner aux enfants pauvres. En voyait-il un de nu » il lui donnait e, pervertie par Mp'opres vêtements pour le garantir du froid. Il revint ainsi plus it édifiée , sanctifii@qe lois à la maison sans habit, sans gilet, sans chapeau et sans souve. Do on ayant revêtu Jésus-Christ dans la personne des malheureux. èse de Tolède. S@u'à la maison on avait distribué tout ce qu'on y réservait chae, et sa mère Ludiour de pain pour l’aumône, s’il se présentait encore un pauvre, telques membres Mhhnt priait sa mère de lui donner sa part du dîner, s’offrant à ne ve, dont ils étaie@k liner ce jour-là. Bien des fois sa mère y consentit, pour mettre milles de Fuenlan@ærrtu à l'épreuve. D’autres fois elle s’y refusait ; alors il demane contagieuse. LeŒÆlu portion du diner, comme pour la manger avec ses camarades, ur donnait le suffi, en effet, pour la donner aux pauvres; et il passait la journée ut le revenu d'A gaiement que s’il avait fait le meilleur repas du monde. Un

dta SS., 18 sept. Vita Prolivior, auctore Salonio, 1, 1, c. 1,

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jour, la mère était sortie de la maison sans laisser de pain pour l'as pénétr. mône : les mendiants vinrent à la porte comme à l'ordinaire: l'elhblic, m fant, ne trouvant pas de pain, leur donne à chacun un poulet, [Mause d mère en ayant demandé des nouvelles, il lui dit en souriant : AMBNI I fut ei maman, lorsque vous sortez, ayez soin de laisser du pain pour 1h prédi pauvres. si vous voulez retrouver vos poulets ; car les pauvres so@bpénite: venus, et comme il n’y avait pas de pain, et que je ne voulais pas 188 Burgo: renvoyer vides, je leur ai donné un poulet à chacun. Quandil rec: de Ce vait de ses parents quelque monnaie, il en achetait des œufs et Ilus ces « portait aux malades des hôpitaux. À la moisson , où il présidait, Mdu, le donnait aux pauvres qui glanaient une partie de son diner et de cel des moissonneurs, sans qu’il manquât rien à personne. Si jeune emeurs core, non-seulement il observait les abstinences et les jeûnes l'Église, mais y en ajoutait d’autres, et se mortifiait par des flagel ee tions secrètes. D'une pudeur et d’une modestie angéliques, il insnBmière r rait dès lors le respect à tout le monde. Quand on préchait dans u eur de église, il écoutait avec une attention merveilleuse, puis, après diné rassemblait autour de lui les enfants de son âge, et répétait le se mon avec tant de ferveur, que les grandes personnes mêmes ya couraient et en étaient souvent touchées jusqu'aux larmes. À l’âge de quinze ans, ses parents l'envoyèrent à l’université d’ a foi au cala ou de Complut, fondée depuis peu par le cardinal Ximenès. ière, d y fit ses étuues avec tant de succès, qu'il fut jugé digne d’être gr, au collége de Saint-Hildefonse, et d'y professer la philosophie etÆreau-X théologie. On l’attira depuis à Salamanque, pour y remplir les méml'archev fonctions. Les vertus qu’il avait pratiquées dans l'enfance croissaidM. Tolè avec l'âge. Plusieurs de ses compagnons d'étude, gagnés par ses bol ordre € exemples, entrèrent dans les voies de la perfection. La mort des eur, et f père le rappela un moment à Villeneuve. A la réserve de ce qu'il il den lait pour l'entretien de sa mère, il distribua tout son héritage a e pauvres, et fit de sa maison un hôpital, hà l'évêc Il achevait sa vingt-huitième année, lorsqu’il entra dans l'ordi secrétai des ermites de Saint-Augustin à Salamanque, y prit l’habit le vingt-@k, en fav novembre 1516, jour de la Présentation de la sainte Vierge, poiée de ] laquelle il eut toute sa vie la dévotion la plus filiale, et y fit professi@imance le vingt-cinq novembre 1517, comme pour réparer l’apostasie d'A exécut. moine du même ordre, l'hérésiarque Luther, qui eut lieu la métlason : k année. Œuint Tho Ordonné prêtre en 1520, saint Thomas de Villeneuve célébra Aniprise ç première messe dans la sainte nuit de Noël. Sa ferveur fut celle d’ provide: séraphin, les assistants en étaient émerveillés : en disant le cantiqéeina donc des anges et la préface, il parut en extase. Le mystère de cette M ouvent

sst5 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

pénétrait si vivement, que vers la fin de sa vie il ne disait plus en

ilic, mais dans une chapelle particulière, les trois messes de Noël, lause des ravissements qu'il y éprouvait toujours.

lit en souriant : A} AI fut employé par ses supérieurs à l’enseignement de la théologie,

1h prédication de la parole sainte et à l'administration du sacrement

je ne voulais pas 1 Burgos et de Valladolid, deux fois

k de Castille. On ne saurait dire les fruits immenses qu’il opéra

etait des œufs et 1Mlus ces diverses fonctions. L'empereur Charles-Quint, l’ayant en

1, Où il présidait, M son dîner et de cell

rsonne. Si jeune e es et les jeûnes fiait par des flagell

angéliques, il insnBnière ressource, députèrent saint Thomas de

on prêchait dans u

e, puis, après din

e , et répétait le se sonnes mêmes y à ux larmes.

t à l’université d’, cardinal Ximenès, 6 digne d’être agré

serve de ce qu'il fi ui son héritage a

| entra dans l’ord it l’habit le vingt-

sainte Vierge, poli

le, et y fit professi arer l’apostasie d'à i eut lieu la mé

Ileneuve célébra rveur fut celle d’ a disant le cantiq@ ystère de cette f8

sdu, le choisit pour son prédicateur et sou conseiller. Il était aimé énéré de toute l'Espagne, notamment de l'empereur. Quelques Mneurs de la cour avaient été condamnés à mort. Charles-Quint uit refusé leur grâce à son propre fils Philippe, ainsi qu’à l’archeque de Tolède et d’autres grands personnages, Ceux-ci, comme Villeneuve, alors eur de Valladolid, qui l’obtint sans peine. L'empereur dit à sa Qu : Ne vous étonnez pas si j'ai accordé la grâce des coupables au eur des Augustins ; ce religieux ne prie pas, il commande, et fléiles cœurs. Comme directeur des âmes, le saint amena un grand qubre, même du grand monde, à la plus haute perfection. La vivacité a foi augmentait avec les années. Il avait de fréquentes extases dans mère, dans la sainte messe, dans ses prédications même. Il forma Bus son ordre plusieurs hommes apostoliques, qu'il envoya dans le Bueau-Monde, annoncer la foi chrétienne aux peuples du Mexique. Drchevèché de Grenade étant devenu vacant, Cherles-Quint, qui it à Tolède, y nomma Thomas de Villeneuve, alors provincial de Brordre et en cours de visite. C'était en 1334. Il alla trouver l'emur, et fit de si vives instances pour ne pas accepter, qu'il obtint quil demandait. Dix ans plus tard, en 1544, Georges d'Autriche, le de l’empereur, se démit de l'aréhevêché de Valence pour pasri l'évêché de Liége. Charles-Quint était alors en Flandre. Il dit à secrétaire d’expédier le brevet de nomination à l'archevêché vai, en faveur d’un religieux hiéronymite. Il ne lui vint pas dans la me de l'offrir à Thomas de Villeneuve, parce qu'il connaissait sa manance pour les dignités ecclésiastiques. Le brevet fut cepen- Biexécuté sous le nom du saint. L'empereur, surpris, en demanda Qnison : le secrétaire répondit qu'il croyait avoir entendu le nom Bpuint Thomas de Villeneuve, mais qu'il lui serait facile de réparer Auiprise qu'il avait faite. « Non, non, dit le prince; je reconnais là g'providence particulière, ; ‘: faut nous conformer à sa volonté. »

Ban donc le brevet de nomination 2t l'envoya au saint, alors pr'eur

œouvent de Valladolid.

XXI

482 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 185 de l'è

Thomas fut consterné de cet événement. [l employa, pour Miité pour point accepter, les moyens qui lui avaient déjà réussi; mais le pride. Le p Philippe d'Espagne, qui gouvernait en l'absence de son père, + il lieu de se rendre à ses instances, lui en faisait en sens contraififhit pas pe L'archevêque de Tolède, d’autres grands du royaume, joignir@us faites | leurs instances à celles du prince. Thomas résistait toujours. BR provinci moyen restait de le soumettre. En 1534, comme il était provindiindez. A de son ordre, il n'avait pas de supérieur en Espagne qui pût Mrs ici « commander : en 4544, il était simplement prieur de Valladolid, y deme prince, l'archevêque et les seigneurs déterminèrent donc le prove, et qu cial actuel à lui ordonner d’accepter l’archevêché de Valence, Mk: les mt vertu de l’obéissance religieuse et sous peine d’excommunicati@i pçonna Le saint se soumit alors et quitta en pleurant sa cellule. Les bulrouva c du pape Paul III étant arrivées, il fut sacré à Valladolid, par le sut plus dinal Jean de Tavera, archevêque de Tolède. Dès le lendemain nnodestes tin, il se mit en route pour Valence. Il fit le chemin à pied avec @ikmeure: habit monastique, qui était fort usé, puisqu'il le portait depuis he chose profession. Il n’était accompagné que d’un religieux de son ordréii pauvre de deux domestiques. ait dign

Cependant sa mère, qui vivait encore, l’avait prié de passer ue religi Villeneuve, pour qu’elle eût la consolation de le voir. Il consul, tant son compagnon de voyage, qui dit : Seigneur, passons par Vilkons nou neuve ; car cinq ou six jours de plus que cela nous demandera Mué des ( peuvent guère se refuser à une mère. Le saint répondit : Cela Mkivement paraît bien à moi-même ; toutefois recommandons la chose à Diuilité et , quelques instants. C'était sa coutume. Après un demi-quart d'helkhevéque de prière et de réflexion, il reprit : Allons tout droit à Valence; BS ne voya il nous importe dans le moment beaucoup plus de secourir l’épouiihi dit à 1 qui a peut-être besoin de notre présence : nous ne manquerons +. ôtez-m d'occasions de consoler la mère, si ce n’est en personne, du ma pouvant par lettres. Notre premier père a dit de l'épouse que le Seigneurhien sois : avait donnée : C’est pourquoi l'homme quittera son père et sa poux et di et s’attachera à sa femme, faisant entendre avec quel amour et uit proce sollicitude le mari doit s’empresser au secours de son épouse, 0 m, à l’és même raison n’oblige pas moins les évêques à aimer et à secouilh chapelle leurs églises.

Depuis longtemps le royaume de Valence était afiligé de sécher saint : et de stérilité. Tout à coup, quatre jours avant Noël, 1544, la pli \oël : le commença de tomber en abondance, comme pour annoncer à 41545. Il € le pays des jours de grâce et de salut. Pendant que la pluie tome ippé de à verse, le portier du couvent des Augustins, hors des murs dtés jusq ville, vit arriver deux moines de soa ordre, qui demandèrent l'ho@äi présen

L employa, pour éussi; mais le pril nce de son père,

ésistait toujours, ne il était provine Espagne qui pût ur de Valladolid.

rent donc le prov rêché de Valence, d’excommunicati( a cellule. Les bu alladolid, par le ès le lendemain min à pied avec le portait depuis ieux de son ordrd

t prié de passer le le voir. Il cons , passons par Vi nous demandera t répondit : Cela dons la chose à D | demi-quart d’he droit à Valence:

de secourir l’épou ne manquerons personne, du mo e que le Seigneu \ son père et sa

| afiligé de sécherd Noël, 1544, la pli Jur annoncer à que la pluie tom hors des murs dE demandèrent l'ho

45 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 483

jté pour deux jours : ils étaient accompagnes de deux domestiss. Le portier leur demanda s’ils avaient des lettres de leur supéur, qu’il pût montrer au prieur de la maison : sans cela, il ne lui it pas permis de les admettre. Un des religieux lui dit : Mon frère, us faites très-bien votre devoir; mais ce père a été lui-même prieur D rrovincial de Castille, et n’a pas besoin des lettres que vous de- Budez. Allez trouver le père prieur, et dites-lui que nous sommes iés ici deux anciens religieux de Castille, que nous ne voulons y demeurer plus de deux jours, jusqu’à ce que les pluies aient sé, et que, quant aux domestiques, ils savent où loger en ville “les mules. Le bon prieur, qui attendait la venue de l'archevêque, gpconna que ce pourrait bien être lui. S’étant rendu à la porte, il rouva que deux religieux, les domestiques étant déjà partis : il sut plus que penser. Cependant, voyant deux religieux graves Anodestes, il les reçut avec beaucoup d'humanité, et leur offrit lmeurer dans le couvent aussi longtemps qu'il leur plairait. Une de chose lui faisait de la peine : c’est que la maison était si étroite s pauvre, qu'il ne pourrait leur rendre tous les services dont il les yait dignes. — Ne vous en inquiétez pas, père prieur, répondit le ne religieux ; ce père et moi serons contents chacun d’une petite ile, tant que dureront les pluies : pour les vivres, NOUS y pourrons nous-mêmes : tout à l’heure viendra le domestique qui est mgé des dépenses du voyage. Cependant le prieur considérait ativement le religieux qui gardait le silence ; il était frappé de son nilité et de sa modestie. Il se persuada de plus en plus que c'était rhevêque, Thomas de Villeneuve. Il hésitait toutefois à le demanne voyant aucune apparence de cortége. A la fin, il s’enhardit, hi dit à lui-même : Je vous en prie, pour l'amour de Dieu, mon re, Ôlez-moi un doute; êtes-vous le seigneur archevêque? L'autre, pouvant plus cacher la vérité, répondit : Oui, c’est moi, quoique ren sois ni digne ni capable. Et le bon prieur de se jeter à ses woux et de lui baiser la main. Toute la communauté réunie con- St processionnellement le nouvel archevêque, en chantant le 72 m, à l’église du couvent, et puis, en chantant l’Ave Maris stella, i chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, dont le couvent portait tom.

LL saint archevêque comptait faire son entrée à Valence la veille Noël : les pluies incessantes la retardèrent jusqu’au nouvel DH. Il entra avec ses pauvres habits de moine; tout le monde kppé de son recueillement et de sa ferveur : plusieurs en furent miés jusqu'aux larmes. Le chapitre, qui connaissait sa pauvreté, ll présent de quatre mille ducats pour son ameublement, Il les re-

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çut avec de grandes marques de reconnaissance, mais pour les dondihtun : à l'hôpital, qui était surchargé de pauvreset avait de grandes répadnns êtes tions à faire. “sé tous

L'église de Valence, clergé et peuple, avait besoin d’un tel paste dite que Beaucoup d'ecclésiastiques, vêtus en mondains, menaient une Mebénéfic mondaine, fréquentaient les théâtres et les tournois. Le saint arcti@tde cor vêque entreprit de rétablir la discipline parmi le clergé, afin den cha rétablir plus facilement parmi le peuple. Il s'y prépara par la priedigrgner le jeûne et des macérations extraordinaires. Il annonça la visite MM les se son diocèse par une lettre pastorale où il exhortait tout le mond@maissar une sincère conversion. Il visita jusqu’au moindre hameau, fit due faud tendre partout sa voix paternelle. Ayant ainsi bien connu l'état dis. Il s”: ouailles. et des pasteurs, il tint un concile provincial pour rappele buines c ceux-ci les règles de l’Église. Quelques-uns s’y soumirent tout dikeuses. 1 bord, d’autres regimbèrent : la douce fermeté, la patience, le brhevéqn exemple du saint archevêque en gagnaient toujours quelques-u@r le soi Ayant visité la prison où l’on mettait les ecclésiastiques scandaledni à tot il la trouva trop dure, et la rendit plus tolérable. Le chapitre defie dit a métropole, relevant immédiatement du Saint-Siége, se prétend et couc exempt de la réforme : ce qui n’était pas une petite preuve qu'il, l'arc avait besoin. Le saint ne contesta pas le privilége de ses chanoinmeur cl mais attendit le moment de la Providence, qui ne tarda guère. Un @k mis ot chanoines fut impliqué dans un procès civil, et emprisonné part, com vice-roi de Valence, le duc de Calabre. C'était contre les privilégeshje vois, chapitre, qui recouruüt à l’autorité de l'archevêque pour les faire dire con pecter. Thomas leur dit en souriant : Si vous étiez de mes ouaille@munion que je fusse votre pasteur, je donnerais certainement ma vie péi : mor vous ; mais comme vous m’êtes étrangers, je ne puis rien faire. Bt, que <hanoïnes, se voyant entre le marteau et l’enclume, renoncère u dit adi leur exemption, et se soumirent en tout à l'autorité de l’archevéqinntrer € qui aussitôt prit fait et cause : le vice-roi eut beau résister et faire Mt spirit menaces, il fut obligé de relâcher le chanoïne et de venir lui-méqne grâce à la porte de la cathédrale, le dimanche des Rameaux, recevoir l'éuer luisolution des censures qu'il avait encourues. But, afin

On conçoit quelle puissante influence cette conduite dut concillavait cc au saint pour ramener les ecclésiastiques à leur devoir. Il y joign it mois, | au reste, des industries de plus d’un genre. Certains bénéficiers 1, que | naient une vie peu édifiante, Thomas de Villeneuve les sollicita lohlles, et temps par des paroles amicales à se corriger : ils promettaient tisi secr. jours, mais ne faisaient pas mieux. A la fin, l'archevêque, les cé ses duisit l’un après l’autre dans son cabinet; puis, fermaut la porte l'intery découvrant les épaules et prosterné devant son crucifix, il disaiiinoine,

(Liv. LXXXIV, — De @Nisis de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 485

mais pour les dondiéheun : Mon frère, ce sont mes péchés qui sont cause que vous ne it de grandes répaduus tes pas retiré de votre mauvaise voie, et que vous avez méétous mes avertissements. C’est pourquoi, si c'est ma faute, il est soin d’un tel paste dite que j'en subisse la peine ; il se mit à se flageller cruellement. is, menaient une Mébénéficier, ému jusqu'aux larmes, le supplia de s’épargner, prornois. Le saint arctt de corriger sa vie, et tint parole. | le clergé, afin den chanoine distingué ne vivait pas trop canoniquement. Pour prépara par la priè@isgner tout à fait à Dieu, le saint archevêque lui rendit longtemps 1 annonça la visite Ms les services possibles. S'étant ainsi concilié son amitié et sa rertait tout le mond@maissance, il lui dit un jour : J'aïf une affaire importante à Rome, ndre hameau, fit @ i bien connu l’état ( e bulle, avec ncial pour rappele@fuines clauses, pour opérer la réforme dans un monastère de rey soumirent tout dieuses. Le chanoine se montra très-disposé à faire le voyage, et » la patience, le bthevêque lui dit : Préparez bien toutes vos affaires, et venez tel sjours quelques-u@r, le soir, dans mon cabinet, sans aucun domestique, car je pouriastiques scandaledgni à tout ce qu’il vous faudra pour partir la nuit même. Le cha- : le. Le chapitre deiiie dit adieu à ses parents et amis, et vint à l’heure indiquée sou— -Siége, se prétend tt coucher chez l'archevêque, pour partir le lendemain. De grand petite preuve qu'il, l'archevêque vint le trouver qui dormait encore, et lui dit : ége de ses chanoïinaeur chanoine, ce qu’il y a de mieux reste encore à faire : vous e tarda guère. Un @k mis ordre à tous vos biens, vous avez même fait votre testa- + emprisonné pal, comme il est juste, à propos d’un si long voyage. Mais, à ce ontre les privilégesR je vois, vous n’avez pas encore fait le principal, de mettre ordre que pour les faire mire conscience , de faire une bonne confession et une bonne iez de mes ouaille@munion, afin que Dieu bénisse votre voyage. J'ai pensé à une nement ma vie pit: mon affaire, quoique j'y tienne beaucoup, n'est pas si ure puis rien faire, Et, que votre départ ne puisse se différer d'un mois. Comme vous clume, renoncère@ik dit adieu à tout le monde, et qu’il ne conviendrait pas de vous orité de l'archevég@itrer en public, employez ce temps à faire ici une bonne reau vésister et faire MR spirituelle, dont personne ne saura mot. Le chanoine le fitde et de venir lui-méqihne grâce ; à la fin du mois, son confesseur lui conseilla de demeaux, recevoir l'éiier lui-même à l'archevêque de différer encore d’un mois son Bt afin qu'il pût s’affermir de plus en plus dans la vie meilleure onduite dut conciMlavait commencée, et faire une sincère pénitence. Au bout des r devoir. Il y joign Wii mois, l'archevêque lui dit qu'il avait de bonnes nouvelles de rtains bénéficiers @t, que l'affaire s’arrangeait, que dans quelque temps il recevrait euve les sollicita loBhulles, et qu’ainsi le voyage n'était plus nécessaire. Le chanoine ils promettaient insi secrètement une retraite de six mois chez le saint pontife, ‘archevêque, les cERtint ses fautes et s’affermissant dans ses bonnes résolutions. , fermant la porte l'intervalle arrivèrent les bulles dans la forme demandée. Alors n crucifix, il disaiiilanoine, qu'on supposa dans le public être arrivé la nuit, repa-

486 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1518

rut dans la ville, mais tout changé, et aussi édifiant qu'il l'avait ét peu f, Voilà par quelles voies saintement industrieuses l'Augusti espagnol, saint Thomas de Villeneuve, opérait la réforme de sonclerg et de son peuple, de mal en bien et de bien en mieux ; tandis qué sous le nom menteur de réforme, l'Augustin allemand, l'aposts Martin Luther, plongeait l'Allemagne pour des siècles dans l’anarchi religieuse, intellectuelle et sociale.

Cependant l'industrie la plus puissante du saint archevêque Valence fut l'exemple de sa vie. Tel il avait été dans la maison pe ternelle et dans l’humilité du cloître, tel il fut sur le trône épiscopal aimant la pauvreté et les pauvres. Il garda son habit monastiqu qu’il raccommodait lui-même, comme il avait fait par le passé. U de ses chanoines l'ayant un jour surpris à ce travail, lui dit qu Pourrait employer son temps plus utilement, et laisser cette occ pation minutieuse à ceux qu’elle regardait. Il répondit que, po être évêque, il n’avait pas cessé d’être religieux, et que la minut qu'on lui reprochait donnerait du pain à quelque pauvre. Ses autré vêtements étaient d'ordinaire si grossiers, que ses domestique mêmes en étaient confus pour lui, parce qu'ils ignoraient quel mot le faisait agir. Quand on le pressait de s'habiller d’une manière cor forme à sa dignité, il répondait qu'il avait fait vœu de pauvreté; q son autorité ne dépendait pas de son extérieur, et qu'on ne deva exiger de lui que du zèle et de la vigilance. Ce ne ne fut qu'avec bea coup de peine qu’on obtint de lui qu’il portât un chapeau de soie, Il sait depuis agréablement, en montrant ce chapeau : Voilà ma dignif épiscopale ; les chanoines, mes maîtres, ont jugé que je ne pouva être archevêque sans cela. La frugalité de sa table n’était pas moil extraordinaire. Il observait toujours l’abstinence et les jeûnes pre crits par la règle qu’il avait embrassée. Jamais il ne permettait qu'o lui servit des mets rechérchés. Ce que ces sortes de mets coûteraien disait-il, appartient aux pauvres ; je ne suis point le maître de mé revenus, je n’en suis que le dispensateur. En avent et en carême, lé mercredis et les vendredis, ainsi que les veilles de fêtes, il jeûna jusqu’au soir, et se contentait d’un peu de pain et d’eau. Enfin, sc palais étail une vraie maison de pauvreté ; on n’y voyait aucu tapisserie. Le saint archevêque ne portait de linge que quand il ét malade ; souvent il couchait sur un paquet de branches d'arbres, ( n'avait qu’une pierre pour oreiller.

L'archevêché de Valence rapportait annuellement dix-huit mil ducats. Le saint en donnait deux mille au prince Georges d'Autr

1 Acta SS, Vita proliæ., c, 13,

[Liv LXXXIV, — pe 15 ES de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 487

ifiant qu'il l'avait 4 be, qui s'était démis sous réserve de pension; il en consacrait treize lustrieuses l Augusti@slle au soulagement des pauvres, et il se servait du reste pour l'enréforme de sonclerdhtien de sa maison et les réparations de son palais. On voyait tous n mieux ; tandis que jours à sa porte cinq cents pauvres, et chacun d'eux recevait une \ allemand, l'apostdhtion, avec du pain, du vin et une pièce d'argent. 11 se déclara le iècles dans l'anarchie des orphelins. Il contribuait à la dot des filles qui n'étaient pas lat de se marier. Il avait une tendresse particulière pour les ensaint archevêque dé trouvés ; il récompensait ceux qui les lui apportaient, ainsi que é dans la maison pd nourrices qui en prenaient bien soin, Une ville de son diocèse, ar le trône épiscopalMuée sur le bord de la mer, ayant été pillée par les pirates, il fit on habit monastiqu®@iter des provisions et de l'argent pour racheter ceux des habitants fait par le passé, US étaient captifs. Aux nobles tombés dans l'indigence, aux pau- > travail, lui dit qu'Miis honteux, il faisait d’honnêtes pensions, ainsi qu'aux ouvriers et laisser cette occdiirmes ou sans travail.

&s charités étaient accompagnées de la bonté la plus gracieuse. x, et que la minut@iecclésiastique à qui, après bien des délais, un ouvrier n'avait pu 1e pauvre. Ses autr@rt une dette de sept ducats, se disposait à prendre hypothèque que ses domestiqu@ises biens, parce qu'il était lui-même dans le besoin. L'ouvrier, ignoraient quel motiiiompagné de son voisin qui l'y avait excité, alla trouver l’arched’une manière code, pour qu’il recommandât à l'ecclésiastique de ne point exiger de œu de pauvreté ; que. Le saint pontife les écouta tous deux avec une grande familiar, et qu'on ne devais, mais prit le parti de l’ecclésiastique, disant: Il ne vous a fait ne fut qu'avec beadun tort, puisqu'il vous a attendu si longtemps, et qu’il est peuthapeau de soie, Il dans un plus grand besoin que vous. Ce n’est pas lui qui est en au : Voilà ma digni@e, mais vous-même, de ce que vous n'êtes pas venu me trouver ; é que je ne pouvalk je serais venu aussitôt à votre secours. Et il lui fit donner dix le n’était pas moidButs au lieu de sept.

e et les jeûnes pre@lutant il était libéral pour les pauvres, autant il était percimo- ne permettait qu'oihux pour lui-même. Un jour, il envoya son gil:t à une pieuse de mets coûteraienne, pour en raccommoder les manches. Elle répondit que le nt le maître de mt était en si mauvais état, que ce ne valait pas la peine de le racent et en carème, (Whnoder, surtout pour un archevêque. Le saint dit, au contraire : de fêtes, il jenaŒuvu qu'on y mette des manches, il me servira encore; et avec et d’eau. Enfin, souent qu'il faudrait pour un neuf, nous aiderons quelqu'un qui n'y voyait aucun a ni de neuf ni de vieux. Il fit venir un tailleur, lui demanda e que quand il étanbien il lui faudrait pour remettre les manches, trouva le prix trop ranches d'arbres, et en rabattit quelque chose. Le tailleur y consentit, mais s’en ! fort mécontent, et traitant l'archevêque d’avare. Cependant il ment dix-huit mil trois filles nubiles, sans rien pour leur faire une dot. Un prêtre, ce Georges d'Autriionnaissait sa position, lui conseilla d’aller trouver l'archevêque. ‘y refusa, et raconta l’histoire du gilet. Toutefois, sur de nou-

ns instances du prêtre, il y alla. Le saint, qui le reconnut, l’é-

188 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXXIV, — De j8,

couta avec beaucoup de bienveillance, prit le nom des trois filles, venir le prêtre, qui lui assura qu'elles étaient vertueuses et Pauvres Le lendemain, il manda le père, et lui dit : Hier j'ai promis à vo confesseur trente pièces d'argent .pour chacune de vos filles ; mai j'ai pensé la nuit que ce n'était point assez pour se mettre en mé nage, et j'en donne à chacune cinquante. Le tailleur se jeta à se pieds pour lui rendre grâce. Le serviteur de Dieu lui demanda : Mo frère, n'êtes-vous pas le même qui m'avez resarci mon gilet ? L'autr ayant dit que oui, il ajouta : Je sais que vous avez été méconte lorsque vous m'avez vu disputer sur le salaire ; mais vous n'avez pa bien jugé; car, sans refuser à personne ce que je crois juste, j cherche toujours à ménager, afin de pouvoir faire ces aumônes,

Les charités du saint évêque étaient souvent accompagnées & miracles. Un jour, comme il considérait de sa fénêtre les pauvrellh à qui on distribuait l'aumône dans la cour, ilen vit un qui le r'ega dait fixement. C'était un homme perclus des pieds et des mains, ç qui se soutenait péniblement avec des crosses. Le saint envoya se domestiques, qui le lui amenèrent sous le bras ; il lui dit: Mo frère, je me suis aperçu de la fenêtre que vous me regardiez atten tivement; pourquoi cela ? est-ce que l’aumône qu'on vous accord ne suffit pas ? — Seigneur, répondit le pauvre, elle me suffit bie à moi; mais j'ai une femme et deux enfants, et cela est partag entre nous tous : nous éprouvons tous la misère. — Est-ce que vo ne savez aucun métier, pour entretenir votre famille avec ce que) vous donne? — Seigneur, je sais un métier, car je suis tailleur; j gagnerais encore ma vie, comme auparavant, si une fluxion malign ne m'avait rendu impotent des pieds et des mains. — Le saint arche vêque ajouta : Lequel aimeriez-vous le mieux, de la santé ou d'un aumône plus considérable? — Ah! seigneur, répliqua le pauvre, seulement je jouissais de la santé ! — Aussitôt l’archevêque, sans] laisser dire davantage, se lève, fait sup lui le signe de la croix, et dit Au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, qui a été crucifié, laisse te crosses, et va-t'en guéri chez toi, à ton ouvrage. Et le pauvre se lev guéri1,

Quant à ceux de ses parents qui se trouvaient eux-mêmes dans | besoin, saint Thomas de Villeneuve les secourait comme les autre pauvres, ni plus ni moins.

Toutes ces œuvres étaient animées de la foi la plus vive, de la piét la plus tendre, de la charité la plus ardente. Plus souvent encore qu nous avons déjà vu, dans ses oraisons, dans la récitation de l'office

1 Cap. 22.

(Liv, LXXXIV, — pe 15 sis de l'ère chr.| DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 4189 om des trois filles, is ses prédications même il éprouvait des extases. Bien des fois rtueuses et pauvres; extases lui survenaient pendant qu'il se préparait à dire la messe,

f j'ai promis à votr@ l'heure se passait de la dire. Un jour de l'Ascension, à six heures e de vos filles ; mail matin, il récitait les heures canoniales avec son chapelain, Arrivé ur se mettre en méfuone, il dit l’antienne : Videntibus illis elevatus est, E

ux le voyant, tailleur se jeta à se fut élevé, mais ne commença pas le psaume, car il fut ravi en ex-

se, demeura droit et immobile jusqu’à cinq heures du soir. Revenu ci mon gilet? L'autr@Bui-même, il demanda au chapelain où ils en étaient. — Nous avons avez été mécontenBmmencé none et votre grâce a intimé l’antienne. — Disons donc mais vous n'avez pale, afin que j'aille célébrer la sainte messe, puis au chœur, — ue je crois juste, jinseigneur, c'est impossible, — Pourquoi ? — Parce que cinq heures re ces aumônes, soir viennent de sonner, et dans ce moment même votre grâce t accompagnées défend les cloches des monastères pour les complies. — Bien é‘onné, à fénêtre les pauvriuint archevêque dit : Récitons ainsi none et les autres heures ; vit un qui le regar@u ai du regret, non à cause de moi, mais à cause de vous, qui eds et des mains, durez point offert le divin sacrifice. Mais ainsi a-t-il plu au Seigneur, Le saint envoya secela sans aucune faute de ma part ni de la vôtre. Soyez bien ceras; il lui dit: Mod que nous ne l'avons nullement offensé; car vous ne pouviez me regardiez atten@Bibandonner, ni moi la grâce que le Seigneur m'offrait. Le chapequ'on vous accord Win le supplia, pour l'amour de Dieu et le bien de son âme, de lui , elle me suffit bien le mystère de cette extase de onze heures. Le saint, après lui et cela est partag@orr fait promettre le secret pendant sa vie, répondit : Sachez, mon — Est-ce que voue, qu'au moment où je commençais l’antienne Videntibus illis, mille avec ce que je troupe d’anges la recevaient de ma bouche, et se mirent à la unter par les airs avec une si douce harmonie, qu'elle me ravit à même et occupa tous mes sens. Mais je m'étonne qu'il se soit 1S.— Le saint arch tant d'heures que vous dites, je croyais qu’il n'y avait pas de la santé ou d'uniime une demi-heure ; car c’est le propre de la consolation céleste, épliqua le pauvre, run jour entier Ini paraît une demi-heure 1, archevêque, sans li Ces extases’ étaient si fréquentes et si notoires, que le saint luie de la croix, et ditéime y fait allusion dans un sermon sur la transfiguration de Notreé crucifié, laisse teneur. Après avoir commenté ces paroles de saint Pierre : Sei- Et le pauvre se lev@ur, i/ nous est bon d'être ici, il ajoute : « Mais laissons Pierre un oment, et venons à nous-mêmes ; car i/ nous est bon d'étre ici. le le monde ait ses consolations, que les hommes jouissent des voit comme les autrelptés qu'ils convoitent ; pour nous, 'i/ nous est bon de nous attacher à lu et mettre au Seigneur notre espérance. Qu'y a-t-il entre nous et plus vive, de la piété joie, nous qui cherchons les joies futures ? Persévérons constams souvent encore qu sur cette montagne avec le Christ; tenons-en fidèlement la récitation de l'office, car tout ce qui est en bas est triste, est amer, est pestilentiel,

DL. 1, cap, 9.

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490 HISTOIRE UNIVERSELLE |Liv. LXXXIV, — De 518545 de

est infecté de venin mortifère ; c’est ici la paix, ici la sécurité, ici était € salut, ici le repos, et s’il y a du bien ou de la joie véritable en la vie wdecins c'est sur cette montagne seule qu’on le possède plus pleinement hices à | Mais que ferons-nous sur la montagne ? Ÿ resterons-nous oisifs ave@äni éfé r le Christ? Non pas; mais faisons-y au dedans de nous trois taber@h Seign nacles au Seigneur, un au Père, un au Fils, un au Saint-Esprit : {a enco: bernacle du corps, tabernacle de l’âme, tabernacle de l'esprit : taber@kment, nacle éternel, demeure perpétuelle où Dieu vienne habiter; car il es@d 1 recu écrit : Nous uiendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure. Bienÿ anda vi heureux qui consacre toute sa vie à construire ce tabernacle, qui ne vie C emploie tous ses soins. Quant à moi, mes frères, pour dire en pas riolable sant quelque chose de moi-même : Si quelquefois, et cela très-rare teur e ment, tout indigne que j’en suis, il m'a été accordé, non pour aucui rendait mérite de ma part, mais par le bienfait gratuit de l’infiniment bogféh infini Jésus, de monter avec lui sur cette haute montagne, et d’ ÿ contem sa foi pler la gloire de sa face, ne füt-ce qu’un peu et de loin, oh! ave@i lui re: quelle ardeur, avec quelles larmes je m'’écrie : Seigneur, il nous esffaus dir bon d'être ici ! ne permettez pas que je descende plus de cette mon@restait e tagne; il me suflit de cette joie, il me suffit de votre présence; d@ieretene grâce, ne vous en allez pas de moi; qu’en ceci se passe toute ma vie : la prépi tous mes jours ! que chercher davantage? Voilà tout ce que je veux préser tout ce que je désire, tout ce que je demande. Mais, hélas! hélas Bison. / subitement s'évanouir cette gloirc, cette paix, cette douceur, et jé longt

suis laissé à moi-même plein de tristesse. Cette splendeur pass} Dans li comme un éclair, et abandonne l’âme afiligée. Oh! si elle avaient qu’ duré! » kes du :

C'est ce désir du ciel qui lui faisait souhaiter vivement de pouvoidéntemple abdiquer l’épiscopat, pour se retirer de nouveau dans sa chère celle rapp lule et s’y entretenir seul avec Dieu seul. Depuis qu'il était arche@kil il n’a vêque, jamais il n'avait eu un vrai contentement ; toujours il craii venir, gnait pour le salut de son âme. Il s’adressa au Pape, et plusieur coucl fois à l'empereur, pour obtenir la permission de se démettre. N'ayan@'on le n pu rien obtenir des hommes, il s’adressa à Dieu. C'était en 1555. IS lui ap) passa plusieurs nuits prosterné devant l’image du Sauveur crucifiéBuint se pleurant et priant pour que Dieu lui accordât sa retraite. Il venal@rit, de d'achever le Miserere , en versant un torrent de larmes, lorsque IS Enfin ce Sauveur crucifié lui adressa distinctement ces paroles : Aie bon count reve rage, au jour de la Nativité de ma mère tu viendras à moi et tu térrendit reposeras ?, Le vingt-neuf août, il fut attaqué d’une fièvre qui aug#Ryant ph

1 Premier sermon sur la Transfiguration de Notre-Seigneur, n, 8, t. 1, p. 320} int Les I édit, in-fol, Milan, 1:60, — © Vita proiiæ., 1. ?, c. 24. Muicce tot

Aus de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 491 Pintait de jour en jour. L'évêque de Ségovie vint lui dire que les e véritable en la vieMwdecins conservaient peu d'espoir : aussitôt, rempli de joie, il rendit de plus pleinement hices à l'évêque, se mit à genoux, et dit en levant les yeux au ciel : ons-nous oisifs ave( élé réjoui de ce qu'on vient de me dire : Nous irons à La maison le nous trois taber@hh Seigneur. Puis, modérant cette joie , il ajouta : Seigneur, si je encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail; aule de l'esprit : taber@ment, je désire ma dissolution pour être avec vous. Ilreçut le saint viatique en présence du clergé, auquel il recomda vivement de garder les commandements de Dieu, de mener vie conforme à la sainteté de leur ministère, de professer une Mrolable obéissance au Siége apostolique, et de demander à Dieu un Quteur exemplaire pour l’église de Valence; il ajouta que, si Dieu dé, non pour aucug@rendait digne de son royaume , comme il l’espérait fermement de de l’infiniment bomfqu infinie bonté, il prierait assidûment pour cette chère église, afin gne, et d'y contemdgu sa foi ne vint pas à défaillir. Il envoya ensuite distribuer tout ce et de loin, oh! ave@hi lui restait d'argent, même ses meubles. Ses serviteurs étant re- Seigneur, il nous esfius dire qu'après avoir donné abondamment à tous les pauvres, > plus de cette mon@rstait encore quinze cents écus, il en fut troublé, et dit : Pourquoi > votre présence; d@retenez-vous ici encore, pour que je n’aille jouir du bonheur que > passe toute ma vie préparé le Seigneur ? Je suis persuadé qu'il me prolongera la tout ce que je veux présente jusqu’à ce que je sache qu’il ne me reste plus rien à la Mais, hélas! hélas Bison. Allez donc achever la besogne, afin que je ne demeure pas cette douceur, et jé longtemps, mais que je me repose dans la paix de Jésus-Christ. te splendeur pass®@ Dans l'intervalle, il ordonna de célébrer la messe dans sa chambre, + Oh! si elle avant qu’il désirait encore, avant son départ, entrevoir, sous les es- «es du sacrement, son Créateur et son Rédempteur, qu’il espérait ntempler bientôt face à face. Pendant qu’on faisait les préparatifs, x rappela un pauvre père de famille, concierge d’une prison, augl il n'avait rien assigné dans la distribution de ses meubles. Il le Svenir, lui demanda pardon de son oubli, et lui donna le lit où il lit couché, n'ayant plus autre chose. En même temps, il fit signe mon le mît à terre, sur un tapis, afin que le geôlier pût emporter ce lui appartenait. Aucun des assistants n’ayant voulu y consentir, Buint se tourna vers le geôlier, et le pria, par les entrailles de Jésus-' st, de lui accorder l'usage du lit jusqu’à la mort. Enfin ceux qui avaient distribué aux pauvres le reste de l'argent nt revenus et ayant annoncé qu'il ne restait plus rien, Thomas urrendit grâces et dit : Maintenant, je marcherai joyeux au combat, ijant plus rien par où l’ennemi puisse me tenir. Il demanda ausfi l'extrême-onction, et la reçut avec la plus tendre piété, en ré- But les psaumes avec le prêtre. Pendant la messe, qui fut com- Muicie tout de suite, il se fit lire la passion de Notre-Seigneur, selon

Liv. LXXXIV, — De 151

ici la sécurité, ici ]

notre demeure, Bien& ce tabernacle, qui

is, et cela très-rare

ivement de pouvoif u dans sa chère cel is qu’il était arche it; toujours il crai Pape, et plusieurs e démettre. N'ayant . C'était en 1555, Il lu Sauveur crucifié a retraite. Il venai larmes , lorsque le roles : Aie bon cou dras à moi et tu t4 une fièvre qui aug

meur, n. 8, t 1, p. 320

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492 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — Des,

Saint Jean, en faisant faire une petite pause à chaque période, pouf la méditer quelque peu. A l'élévation, il adora le Saint-Sacremenkit avec une profonde humilité, et, pleurant de joie, commença {e can tique Nunc dimittis, à la fin duquel il ajouta : Seigneur, je rem . mon âme entre vos mains ; et en disant cela, il rendit son âme à so Créateur, le huit septembre 155: jour de la Nativité de la saint@ Vierge, pour laquelle il avait eu toute sa vie la plus affectueuse déli votion. Il était dans la soixante-septième année de son âge, et la on@e zième de son épiscopat. On l’enterra, comme il l'avait désiré, dan@ le même couvent d’Augustins où il avait demandé l’hospitalité avan d'entrer à Valence. 11 fut béatifié en 1618 par Paul V, et canonis@l. : en 1658 par Alexandre VII. Sa fête a été fixée au dix-huit de sep tembre 1,

Saint Thomas de Villeneuve a laissé un grand nombre de sermons dont la meilleure édition est celle de Milan 4760. Ils sont en latin On y respire la même foi, la même piété, la même science, la mêm charité que dans les lettres du martyr saint Ignace d'Antioche, dis ciple des apôtres. L'Esprit de Dieu, qui demeure éternellement ave® l'Église et qui parle dans les saints, est toujours le même.

Dans ce temps-là, comme une terre de bénédiction, l'Espagn produisait plusieurs de ces divins personnages que nous appelon des saints : c'était le Franciscain saint Pierre d’Alcantara, né ei | 1499; c'était la Carmélite sainte Thérèse, née en 1515 ; C'était 18 Dominicain saint Louis Bertrand, apôtre de l'Amérique, né en 152684 c'était le Carme saint Jean de la Croix, né en 1342. Nous prion@ humblement ces bien-aimés saints de vouloir bien nous aider à pari ler convenablement d'eux, mais plus tard; car depuis longtempg nous voyons un de leurs contemporains et de leurs compatriotes dont il nous tarde de dire quelque chose. fi nletro

Les voies de Dieu sont bien diverses, mais son esprit est toujour Lenfon le même. Au huitième siècle, lorsqu'il fallut repousser de l'Occiden@n hespag les invasions mahométanes, et y achever la constitution chrétiennd, 4 bit dur de l’humanité par l'indépendance même temporelle de l'Eglise ro@4e sin maine, Dieu y suscite une famille de héros dont le plus grand es . Charlemagne, qui écrit à la tête de ses lois : Charles, par la grâcdn de Dieu, roi et recteur du royaume des Francs, dévot défenseur h citadeli la sainte Église et auxiliaire du Siége apostolique en toutes choses ?

À la fin du onzième siècle, lorsque, oubliant ces grandes vues dé Charlemagne, Dieu et son Église, les empereurs de Germanie voient qu’eux-mêmes et leur famille, les Grecs de Constantinople

nle, de

L'Acta SS., 18 seplemb, — ? Baluz.,t, 1, p. 189,

si de l'êre chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 493 haque période, pou Mint que les Grecs et Constantinople, et tendent ainsi à rompre à le Saint-Sacremenÿi} iité et l'union de l'humanité chrétienne, pour la livrer en proie à e; commença le cank Mi barbarie mahométane, un pèlerin, un pauvre moine, Pierre l’Erk site, arrive de Jérusalem à Rome et en Occident; à sa voix et à celle ps SO pape Urbain II, peuples et princes se rassemblent comme un seul Nativité de la saint ë mme, sous l'étendard de la croix, au cri Dieu Le veut ! et commenui cette bataille de plusieurs siècles, entre la chrétienté et l'infidé-

de son âge, et la on@*

L l'avait désiré Mi, qui aboutit de nos jours par donner aux Chrétiens l'empire du | V r4 .

var Cesiré, da de, ancien et nouveau.

? Là 42 RE dé l'hospitalité avan LA Au commencement du seizième siècle, des moines apostats, des Paul V, et canonis®

; , d'érateurs d'une science indigeste, des princes voleurs et luxurieux, au dix-huit de sep euglés les uns et les autres par l'esprit de ténèbres, travaillent, mme ses manœuvres, à la ruine de toute religion, de toute mo- £ k, de toute société, pour plonger l'humanité entière dans une 0. Ils sont en lt his universelle et irremédiable. 11 faudrait à l'Église une noune science, la mêm@ dle croisade, mais plus intellectuelle et apostolique qu'autre chose.

se d'Antioche, dis " Ilui faudrait pour cela une compagnie d'élite, qui pût servir de e éteruellement ave hoitle aux autres et réveiller leur zèle endormi; une compagnie Ê Rene Ayant d'autre esprit que celui de Jésus, d'autre but que la gloire rédiction, l'Espagr®, pin et de son Église, et qui, unissant la science à la foi, les bonnes

que nous appelons aux bonnes mœurs, la politesse aux vertus des apôtres, füt

d'Alcantare, né ed bijours prête, à la voix de l'Église et de son chef, à prêcher et à en 1516; 0 était 1 fier la foi parmi les ignorants et les savants, parmi les pauvres et erique, néen 1268 riches, parmi les hérétiques et les schismatiques, parmi les fidèles 1 1542. Nous priongg infidèles, parmi les barbares et les sauvages, et à la sceller de n nous aider à pari, sang toutes les fois que l’occasion s’en présente.

* depuis longtempg M9 Donc, en 1524, il vint un pauvre pèlerin de Jérusalem à Barceleurs compatriotes ne pour lever cette compagnie, sans trop le savoir. Il était âgé de Mute-trois ans, vivait d’aumônes, et fréquentait l’école avec les pe- Misenfants pour apprendre les premiers éléments de la langue latine.

espagnol, sa langue maternelle, il s'appelait et signait Ignido. H stitution chrétiennd, 4 as 8 8 €, 11 S appelai gnait Ignido

relle de l'Église ro nt le plus grand es.

harles, par la grâcdi

nombre de sermons

L'an 1521, en qualité de commandant ou capitaine, il défendait Maictadelle de Pampelune contre les Français qui montaient à l'as dut. Il avait empêghé la garnison de capituler. Un boulet de canon ii cassa la jambe droite, et un éclat de pierre lui blessa la jambe aiche. Le voyant tombé, ses compatriotes perdirent courage et se Mndirent à discrétion. Les Français usèrent bien de la victoire : a: emportèrent ignido ou Ignace au quartier de leur général, le "qritrent très-civilement, et en prirent tous les soins qu'ils crurent

es grandes vues dé rs de Germanie e Constantinople nd

494 HISTOIRE UNIVERSELLE Liv. LXXXIV. — pe 15 1545 de 1

devoir à sa qualité et à sa valeur. Quand sa jambe eut été remis@# Piscaye et que l'état de sa plaie lui permit de changer de lieu, ils le firedèds de pe porter en litière au château de Loyola, qui n’est pas éloigné dantenta, Pampelune. Disea pas Il était né l'an 4491, sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle, di Wilheuret cette partie de la Biscaye espagnole qui s'étend vers les Pyrénée@ène qu’il et qui porte aujourd’hui le nom de Guypuscoa. Don Bertram, sd ihissait père, seigneur d’Ognéz et de Loyola, tenait un des premiers rand@ are des le parmi la noblesse du pays, comme étant l'aîné et le chef d’une ad aelquescienne maison, où il y avait toujours eu de grandes charges, et qi ait por avait produit de grands hommes. Sa mère, Marine Saèz de Bald@n1 Sa con n’était pas d’une naissance moins illustre. Il fut le dernier de cg ère. Il n° filles et de huit garçons. D ns toute Son père, qui le jugea propre pour la cour, l'y envoya de bond fut de le heure, et le fit page du roi Ferdinand. Mais le jeune Ignace n’était pe de P: d'humeur à mener une vie oisive. L'amour de la gloire, et l’exempli Transpo de ses frères qui se signalaient dans l’armée de Naples, le dégoûtèrekt #indes dc bientôt de la cour, et le firent penser à la guerre à un âge où les autré ne pensent qu’à des jeux d'enfants. Il s’en déclara au duc de Najarr@rait pan grand d'Espagne, son parent et ami particulier de sa maison. Igna@@thés de : passa par tous Îles degrés de la milice, fit paraître en toute occasidé #os en beaucoup de valeur, et fut toujours très-attaché au service, soit qu qureau. I obéît ou qu’il commandät. 4e ni dor Il n’était pas si exact dans les devoirs du christianisme que da poings. la discipline de la guerre. Les mauvaises habitudes qu'il avait cof#ndre ar tractées à la cour se fortifièrent parmi la licence des armes, et 1@Mnt proct travaux militaires ne le firent pas renoncer à l'amour et aux plaisirs ne Cependant, quelque mondain que fût Ignace, il avait des principes ddnfesser. ] religion et de probité qui lui faisaient garder la bienséance jusqqul : vers dans ses déréglements : on ne lui entendit jamais dire un mot g@geux, on blessât la piété ni la pudeur ; il respectait les lieux saints et les pelquit toujor sonnes sacrées ; enfin, le jour même qu'il fut blessé à Pampelune, Ms minuit s'était confessé à un de ses camarades, faute de prêtre. Quoiqu'il f#iugea ho très-délicat sur le point d'honneur, et que sa fierté naturelle le port lais con à tirer vengeance de la moindre injure, il pardonnait tout et se récoaus du ge: ciliait de bonne foi dès qu’on pensait à le satisfaire. Il avait un tale@#hmbe, y particulier pour accommoder les soldats qui prenaient querelle, @# porter I: pour apaiser les émotions populaires; de sorte qu’on l'a vu plé# dans le d'une fois désarmer d’une parole deux partis animés l’un contif@uper cet l'autre et tout prêts à s'égorger. Daueurs pl Il avait un souverain mépris pour les richesses, et son désintére ong ten sement parut à la prise de Najarre. Ceite ville, qui est sur la frontièience or

Lv. LXXXIV, — De 15 D s15 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 495

nbe eut été remis@#Biscaye, ayant été abandonnée au pillage, Ignace, qui avait eu le de lieu, ils le firedaus de part à la victoire, et qui en devait avoir le plus au butin, se ‘est pas éloigné dantenta, pour toute récompense, d’avoir fait une belle action, et ne Mgea pas qu'un honnête homme dût s'enrichir de la dépouille des and et d'Isabelle, @ 1 nlheureux. Il ne manquait pas d'habileté dans les affaires; et tout L'vers les Pyrénéhune qu'il était, il savait manier les esprits et ménager les occasions. . Don Bertram, sd ahissait le jeu, mais il aimait la poésie, et, sans avoir aucune teindes premiers randhre des lettres, il faisait très-bien des vers espagnols : ii en fit même et le chef d’une af \ elques-uns sur des matières de piété, et l’on dit qu’il composa un des charges, et q y poème en l'honneur de saint Pierre. rine Saèz de Bald@ui Sa conduite n’en était pas néanmoins plus chrétienne ni plus régut le dernier de cintre. Il n'avait en tête que la galanterie et la vanité, et il ne suivait ns toutes ses actions que les fausses maximes du monde. Ignace "y envoya de bond fruit de la sorte jusqu’à l'âge de vingt-neuf ans, où il fut blessé au le Ignace n’était p@#se de Pampelune, ainsi que nous avons vu. gloire, et l’exempli Transporté au château paternel de Loyola, il y ressentit bientôt de ples, le dégottèreftgundes douleurs. Les chirurgiens ayant regardé la jambe, jugèrent un âge où les autré qu'il y avait des os hors de leur place, soit que le chirurgien qui : au duc de Najarr@ dirait pansé les eût mal rejoints, ou que le mouvement les eût eme sa maison. Igna@gthés de se bien reprendre; etils ajoutèrent que, pour remettre e en toute occasic os en leur situation naturelle, il fallait casser la jambe tout de au service, soit qu pureau. Ignace subit cette cruelle opération sans proférer une pege ni donner un signe de douleur ; seulement il serrait fortement istianisme que dam poings. Cependant il allait toujours plus mal, il ne pouvait plus des qu’il avait cof È kndre aucune nourriture, et présentait tous les symptômes d’une e des armes, et 1@@ut prochaine. Le jour de la Saint-Jean-Baptiste, comme les méiour et aux plaisir@#tns ne conservaient plus guère d'espoir, on lui conseilla de se ait des principes dénfesser. Il reçut les sacrements la veille de Saint-Pierre et de Saint- | bienséance jusqqhil : vers le soir, les médecins dirent que, si à minuit il n’était pas is dire un mot g@#tix, on pouvait le regarder comme mort. Saint Pierre, auquel il ux saints et les pel Brit toujours eu de la dévotion, lui apparut : il se trouva mieux ssé à Pampelune, minuit, et sa convalescence fut telle, que peu de jours après, on être. Quoiqu'il fige hors de tout danger, é naturelle le port lais comme les os commencçaient à se consolider, il y eut au-desait tout et se récoffts du genou un os qui avançait sur l’autre : ce qui raccourcissait re. Il avait un tale hambe, y causait une di,rormité notable, et eût empêché le cavalier naient querelle, D porter la botte bien tirée. Or, Ignace se proposait encore de resqu'on l'a vu ph# dans le monde. Il demanda donc aux chirurgiens si l’on pouvait animés l’un cont@@uper cet os. On lui répondit que cela se pouvait, mais avec des Œueurs plus grandes que celles qu’il avait déjà souffertes, et avec et son désintéreæ long temps. Pour satisfaire sa volonté, ii subit ce martyre avec sa est sur la frontièd@lence ordinaire. L'opération faite, on employa des onguents et

496 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 151

même des machines pour tirer la jambe, de peur qu’elle ne demeudi rât plus courte que l'autre. Ce qui l’obligea de garder le lit beaucoudil plus longtemps. à

Ne sachant que faire, et s'ennuyant d'autant plus qu'il se portails bien, à son genou près, qui se guérissait de jour en jour, il demand@ des romans à lire. Le hasard voulut, ou plutôt la Providence, qu 4 pour le moment il ne s’en trouvât pas un seul dans le château dé Loyola. On lui donna en place une vie de Jésus-Christ et la Flo 4 des saints, écrites en espagnol. A force de les lire, il prit un certs d | goût aux choses qui y étaient écrites. Mais d’autres pensées venaienfi au travers : entre autres le souvenir d'une dame de haut rang l'ai sorbait quelquefois des heures entières ; il méditait par quels exploi@i il pourrait se rendre digne de ses bonnes grâces. Cependant, au m ment de ses lectures, la miséricorde divine ramenait des pensédi différentes. En considérant la vie de Notre-Seigneur et des saints, se disait en lui-même : Quoi! si je faisais ce qu'a fait saint François Quoi! si je faisais ce qu’a fait saint Dominique? car il aspirait to jours à des choses difficiles et grandes, et il lui semblait en avoïr force par ce seul motif : saint Dominique l’a fait, donc je le fer aussi; saint François l’a fait, donc je le ferai aussi, moi. Puis, à c@ pensées de Dieu succédaient des pensées du siècle.

Bientôt il remarqua une différence notable entre les unes et l& autres : les pensées du siècle le réjouissaient dans le moment, mal ensuite le laissaient triste et aride; au lieu que, quand il songe au pèlerinage de Jérusalem, à ne manger que des herbes, à pratiqu les autres austérités qu’il avait lues dans les saints, non-seuleme ces pensées le réjouissaient dans le moment, mais le laissaient encol joyeux après. D'abord il n’y prenait pas garde ; mais un jour, o vrant les yeux de l'âme, il vit avec admiration cette différence, Et ( fut sa première expérience raisonnée dans les choses divines: exp OR rience capitale, car, faute de ce discernement des esprits, nous avof vu le moine augustin Luther, séduit par l'esprit des ténèbres, d séduire une infinité d’autres.

Ayant ainsi reconnu peu à peu la diversité des esprits qui l'ag taient, l’un de Dieu, l’autre du démon, et acquis une certaine] mière spirituelle par cette lecture des pieux livres , il commença ( penser plus sérieusement à sa vie passée et comment il en expié rait les désordres. Une nuit, se sentant pleinement résolu, il se lè selon sa coutume pour prier, se prosterne devant une image de sainte Vierge, et, par la Mère, s’offre au Fils, comme un soldat fidèf à son chef, Aussitôt toute la maison tremble, un grand bruit s'en tend, la chambre où est Ignace est ébranlée jusque dans les fond@ik

[Liv. LXXXIV. — De 158545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. Buts, comme autrefois le lieu où

priaient les apôtres 1, En attendant, : garder le lit beaucouion seul désir d’imiter les saints reposait sur ce seul raisonnement :

que les saints ont fait, je promets, avec la grâce de Dieu, de le nt plus qu'il se portafihire aussi. La seule chose qu'il se proposât encore, après sa guériur en jour, il demand@ Mn, était d’aller à Jérusalem et de pratiquer toutes sortes d’austétôt la Providence, qu@ités pour faire pénitence. ul dans le château dé Par suite de ces pieux désirs, les vaine® pensées diminuaient peu

sus-Christ et la Foi ipeu et finissaient par l'oubli, Ce qui ne confirma pas médiocrelire, il prit un certai@ent ces bons désirs, fut la vision suivant autres pensées venaien]

me de haut rang l'ali ditait par quels exploité es. Cependant, au md

ramenait des pensé igneur et des saints, Ï ; u'a fait saint Francois cri ictée , il ne donna jamais le ue? car il aspirait toi

ui semblait en avoir BA Cependant il continuait ses pieuses lectures, l’a fait, donc je le fer@ihent dans son esprit les résolutions qu'il avait

aussi, moi. Puis, à c@iaétrer de ce qu'il lisait,

iècle. qu'il trouverait de plus

: entre les unes et I des saints. Il se fit un livre

dans le moment, mi:

que, quand il songes des herbes, à pratiqu saints, non-seuleme nais le laissaient enco de ; mais un jour, o cette différence, Et ( choses divines ; explihusi des esprits, nous avoi prit des ténèbres, d

et gravait profondé-

» et en bleu les paroles de à bien peindre les lettres.

sans se faire connaître, amäis que des herbes ; oposait de faire, il craicer la haine qu'il avait ant à Burgos, il lui rela vie de ces religieux.

à, préoccupé de son pro-

ur étre moins estimé , et de n'y manger j des esprits qui l'aglluis, se rappelant les pénitences qu’il se pr cquis une certaine lRit de ne pouvoir chez les Chartreux exer ivres , il commença dutre lui-même. Un de ses domestiques all comment il en expiéimmanda de prendre des informations sur ment résolu, il se RSrapport lui fit plaisir; mais il en resta ] levant une image de ui départ, 5omme un soldat fidèk , un grand bruit s’erss

m'a SS., 31 jui. Ribadeneira, Vita Ignatii, 1.1,c. 2, — 9 4cta SS., 31 jusque dans les fond; 4 antiquissima, ex ore sanc'i eæcepla, C. 1, n, 1-10,

XXII, 32

198 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV, — De 15@5i5 de 1

Ayant donc récupéré assez de forces, il dit à son frère aîné, do vierge Martin Garcias : Vous savez que le duc de Najarre, qui a demand apr de mes nouvelles, sait que je suis rétabli ; il convient que j'aille ira inc voir. Le duc était à Navarret, petite ville voisine. Son frère, qi. Igr soupçonnait quelque chose, le prit en particulier, le loua des bell e; il Lu qualités que la nature lui avait données, surtout de cette inclindik de lais tion guerrière qui, dès son bas âge, lui avait fait embrasser la pro'il fal fession des armes, et de cette sagesse qui avait paru de si bond, senta heure dans sa conduite. Après quoi il le conjura de ne pas en croit pde po son chagrin et de ne rien entreprendre légèrement. Vous avez acquis un 1 bien de la gloire au siége de Pampelune, et vous passez aujourd'h@é sur ce pour un des plus illustres guerriers de l'Espagne. Ne détruisez pk mule votre réputation; ne déshonorez pas votre famille par une folie 8; du be digne de vous. Du moins ne me cachez pas les pensées qui vodirderait roulent dans la tête, et prenez confiance dans un frère qui vous ain@lhi, Que tendrement. Ignace, sans se découvrir, répondit en deux mots qu'i le, la P était bien éloigné de faire une folie, et qu’il tâcherait toujours ide rou vivre en homme d'honneur. lrivé à

Il se mit donc en route, monté sur une mule. Un autre de s@ha, por frères voulut l’accompagner jusqu’à Onate. Ils firent une veille, c'e œintu à-dire passèrent la nuit en prières dans la chapelle de Notre-Dandie, II mi d’Arancuz, afin d'obtenir de nouvelles forces pour son voyage. Ayalence M laissé son frère à Onate, chez sa sœur, il partit pour Navarret, On kotectio devait chez le duc quelques pièces d’argent : il les réclama, en don perpétu une partie à des personnes auxquelles il croyait avoir obligation, pour l consacra le reste à l’ornement d’une image délabrée de la sain ava Vierge. Congédiant ensuite deux domestiques qui l’accompagnaienolut d il s’en alla seul de Navarret à Mont-Serrat. C’est un monastère dvoir ni Saint-Benoît, à une journée de Barcelone, bâti sur une montagtie-Dame toute couverte de rochers, et fameux par la dévotion des pèlerinmes de qui, de tous les endroits du monde, viennent implorer du secours BŒuis de honorer l’image miraculeuse de la Vierge. k premi

Ses idées sur la vie chrétienne étaient encore bien imparfaites. Se nseil était bien résolu à servir Dieu, à faire pour lui de grandes choses, ipauvre expier ses désordres par de grandes austérités, parce que les sain, poign l'avaient fait : il ne considérait pas encore ce que chaque chose à @ il pas plus intime, ne savait ce que c’était que l'humilité, la charité, Be sainte patience, ni la discrétion, qui assigne à ces vertus leurs bornes. I et se m voyait encore qu'une chose, faire quelque œuvre extérieureme@} eut re grande, parce que les saints en avaient fait pour la gloire de Dieu. le sous

En route, il fut rejoint par un Maure ou Sarrasin. Dans laconve pe de sation, le Mahométan vint à dire qu’il croyait bien que Marie av pu q

Liv. LXXXIV, — De 15

son frère aîné, do rre , qui à deman nvient que j'aille sine, Son frère,

icherait toujours

ile. Un autre de s@

rent une veille, c'es elle de Notre-Da ir son voyage. Aya our Navarret, On!

es réclama, en dont t avoir obligation, lélabrée de la sain ui l’accompagnaie st un monastère ( i sur une montag votion des pèleri plorer du secours

> bien imparfaites, le grandes choses, parce que les sai e chaque chose à 4 milité, la charité, | s leurs bornes. Il 1 uvre extérieureme * la gloire de Dieu.

sin. Dans la conve ien que Marie avi

Mi. Quoique le bourg fût à trente ou qu

145 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 499

vierge avant l’enfantement, mais qu'il ne pouvait croire qu'elle ît après. Ignace s’efforçait de l'en convaincre. Le Mahométan dera incrédule, quitta brusquement Ignace, et se rendit en un lieu sin. Ignace en ressentit dans l’Ame une certaine tristesse et inquié-

oir, il pensait avoir mal

et de lui donner un

de poignard, à cause de ce qu’il avait dit contre la sainte Vierge.

rès un long combat de pensées avec lui-même, il demeura incer-

qusur ce qu'il devait faire. Dans cette perplexité, il lâcha la bride

y mule : si, à l’embranchement de deux chemins, elle suivait ii du bourg où était allé le Sarrasin, il le chercherait et le poimderait; si elle prenait la grande route, il ne s’inquiéterait plus

arante pas et le chemin

le, la Providence voulut que la mule s’en détournât et prit la

de route, lrivé à une bourgade qui est au pied de la montagne, Ignace “la, pour son voyage de Jérusalem, un habit long de grosse toile, œinture et des sandales de corde, avec un bâton et une calese. Il mit à l’arçon de la selle cet équipage de pèlerin, et gagna en ence Mont-Serrat. Se défiant de lui-même, mais se confiant en rtection de la sainte Vierge, il avait fait à Dieu le vœu de chasperpétuelle. Toujours il roulait dans sa tête de grandes choses à pour l'amour de Dieu. Comme il avait l'imagination pleine de il avait lu dans l'Amadis des Gaules et dans d’autres romans, Wolut de faire la veille des armes, de passer toute la nuit sans woir ni se coucher, mais debout ou à genoux, devant l’autel de -Dame de Mont-Serrat, d’y déposer ses vêtements, pour revêtir mes de Jésus-Christ, Y étant arrivé, il fit à un père bénédictin,

Rrais de naticn, sa confession générale, qui dura trois jours. Ce

k premier confesseur auquel il s’ouvrit de son plan de vie. De konseil, il donna sa mule au monastère, ses vêtements précieux Ipauvre mendiant, revêtit ses habits de pèlerin, pendit son épée

in poignard à un pilier près de l’autel de Notre-Dame, devant kel il passa en prières toute la nuit qui précéda l’Annonciation

hsainte Vierge, 1522, Au point du jour, il reçut la sainte euchatet se mit en route.

npeut remarquer ici une attention particulière de Ja Providence. le souvenir et l'exemple de saint François, c’est le souvenir et

snple de saint Dominique qui inspirent à Ignace le désir de faire M Dieu quelque chose de grand. C’est le souvenir et l'exemple

590 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De ; R 15 de l'è

des Chartreux qui l'y encouragent. C’est un père bénédictin qui Mr passé son premier confident, et qui l'y confirme et dirige. Dieu voulait nDieu dar sinuer par là aux enfants de saint Ignace d’avoir toujours une aftéiés pur et tion cordiale et fraternelle envers les enfants de saint François, Mint les yet saint Dominique, de saint Bruno, de saint Benoît, et réciproquemelnpres ne Qu'il y ait entre les uns et les autres, non une jalousie profane, drçait sur uue sainte émulation, à qui fera plus et mieux pour la plus gragaion à sat gloire de Dieu, leur père, qui est au ciel, et de leur mère, l'Ég iprincip catholique, qui est sur la terre. Di divine Ignace marchait le bâton à la main, la calebasse au côté, la (il entend nue et un pied nu; car, pour l’autre, qui se sentait encore de sa by heures sure et qui s’enflait toutes les nuits, il jugea à propos de le chauds encore Mais il marchait avec une vigueur qui ne pouvait venir que d'en hdMuilli en fort consolé de ne porter plus les livrées du monde, et tout glori@}. Il visit d'être revêtu de celles de Jésus-Christ. A peine eut-il fait une liefst qu'à u qu'il entendit derrière lui un cavalier qui courait à bride abatt djoutait d C'était un officier de la justice de Mont-Serrat. Est-il vrai, lui difihiture de cavalier, que vous ayez donné vos habits à un pauvre? Quelques silln faisar ments que cet homme fasse là-dessus, on ne le croit pas; on M chair soupçonné de larcin, et on l’a mis en prison. À ces paroles, Ignhoutier e fut pénétré de douleur, et ne put retenir ses larmes. Il confess kr cela, i vérité, pour délivrer l’innocent; mais il ne voulut jamais dire nftrrai gue qualité ni son nom. Il se dit seulement à lui-même qu’il était Hhomie ot malheureux de ne pouvoir assister son prochain sans lui faire d d'u peine ; et, dans ces pensées, il poursuivit son chemin vers Manr@kks app: où il avait résolu de se cacher, en attendant que la peste cess@iitudiait Barcelone et que le port füt ouvert pour le voyage de la Tedhi eu soi Sainte. Dh de cras Manrèse est une petite ville, à trois lieues de Mont-Serrat, famaik qu'il la aujourd'hui par la pénitence du saint et par la piété des peuples ti ressen y viennent de tous côtés en pèlerinage, mais obscure alors, eth Aussi, dè n’avait rien de considérable qu’un monastère de Saint-Dominiquiüoist, lu un hôpital pour ies pèlerins et les malades. Mudes hu Ignace alla droit à cet hôpital. Il eut une extrême joie de se Mquaient au nombre des pauvres, et en état de faire pénitence sans être co desan Il commença par jeûner toute la semaine au pain et à l'eau, ex dire des le dimanche, qu’il mangeait un peu d’herbes cuites; encore y &# à l’hôt Jait-il de la cendre. Il ceignit ses reins d’une chaîne de fer, et prilKnoqueri cilice sous l'habillement de toile dont il était revêtu. Il châtiait réisant er ment son corps trois fois le jour, dormait peu et couchait à terrées Pendant En se maltraitant ainsi, il n’eut point d'autre vue, au commet ment, que d'imiter les saints pénitents et d'expier les désordres

buhours,

Se. LXXXIV, — pe 15 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 501

re bénédictin qui Nr passée. Il conçut ensuite un désir ardent de chercher la gloire rige. Dieu voulait MMDieu dans ses actions ; et ce désir rendit le motif de sa pénitence : toujours une aft@ias pur et plus noble. A la vérité, il avait toujours ses péchés dee saint François, Mat les yeux, et il en avait toujours de l'horreur ; mais ses intérêts , et réciproquemelapres ne le touchaient plus si vivement ; et dans les rigueurs qu'il lousie profane, grçait sur lui-même, au lieu de songer avec une très-grande applipour la plus gradion à satisfaire pour les peines que ses péchés méritaient, il pen- > leur mère, l'Ég principalement à venger l'injure et à réparer l'honneur de la ma- Di divine.

basse au côté, la (il entendait tous les jours tout le service divin. Il faisait de plus ait encore de sa bit heures de prières à genoux régulièrement; et quoiqu'il n’eût ropos de le chausdié encore beaucoup d'ouverture pour l’oraison mentale, il était si t venir que d'en hduilli en priant Dieu, qu’il demeurait des heures entières immo nde, et tout glori@i#. Il visitait souvent l’église de Notre-Dame de Villa-Dordis, qui “eut-il fait une lie@iit qu'à une demi-lieue de Manrèse; et dans ces petits pèlerinages, rait à bride abat joutait d’ordinaire au cilice et à la chaîne de fer qu’il portait une Est-il vrai, lui difiture de certaines herbes très-piquantes. uvre? Quelques dll faisant réflexion sur sa conduite, il crut que les macérations le croit pas; onfèh chair l’avanceraient peu dans les voies du ciel s’il ne tâchait A ces paroles, Igntoufier en lui les mouvements de l’orgueil et de l'amour-propre. armes. [1 confess@hr cela, il mendiait son pain de porte en porte, comme s’il eût été ilut jamais dire nfrrai gueux ; et de peur qu'on ne devinât sa qualité ou à sa phymême qu'il était Hhomie ou à ses manières, il affectait des airs grossiers et tout le in sans lui faire déridé d'un homme de la lie du peuple. Même, afin de mieux sauchemin vers Manr@k es apparences, il négligeait entièrement sa personne, ou plutôt que la peste cess@lüudiait à être malpropre, lui qui aimait tant la propreté, et qui voyage de la Tdi eu soin toute sa vie d’être si bien ajusté. Son visage tout cou- M de crasse, ses cheveux sales et en désordre, sa barbe et ses on- Mont-Serrat, famak qu'il laissait croître jusqu'à faire peur, le déguisaient tellement, piété des peuples il ressemblait à une espèce de sauvage. obscure alors, etMiussi, dès qu'il paraissait dans Manrèse, les enfants le montraienit le Saint-Dominiqu@igt, lui jetaient des pierres, et le suivaient par les rues avec de Mudes huées. La plupart des gens à qui il demandait l’aumône se xtrême joie de se Bmuaient de lui ; et un certain homme fort brutal, qui fut plus choence sans être con de sa modestie que de sa malpropreté, ne se contentant pas de ain et à l'eau, ex dire des injures toutes les fois qu’il le rencontrait, allait le chercuites ; encore y Mr à l'hôpital pour lui faire insulte. Ignace souffrait les outrages et haîne de fer, et pri noqueries sans dire un seul mot, contrefaisant le stupide et se révêtu. Il châtiait réMiant en son cœur d’avoir déjà part aux opprobres de la croix. et couchait à terr@lendant qu'il logeait dans cet hôpital, il lui arriva souvent, en *e vue, au commen xpier les désordre# Muhours, Vie de saint 7gnace, 1. 1.

502 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. — Des

plein jour, de voir auprès de soi, dans l'air, quelque chose de fo beau, qui lui occasionnait beaucoup de plaisir et de consolation,

n'en pouvait assez distinguer la forme pour savoir ce que c'étai mais il lui semblait que ça tenait jusqu’à un certain point de

forme du serpent, et que ça rayonnait des yeux, quoique ce n'e fussent pas. Plus cette chose lui apparaissait, plus il y prens plaisir; et quand elle disparaissait, il en ressentait de la peine Dans ce temps, il n’avait encore aucune connaissance des choses sp rituelles. Or, tant que durait cette vision, et elle dura plusieu jours, ou peu avant qu’elle commençât, une pensée violente s'emp, rait d'Ignace et le tourmentait; c'était comme si on lui disait int4 rieurement : « Que fais-tu à l'hôpital? Le ciel, qui t'a donné, avec

sang noble, des inclinations généreuses, veut que tu sois un 18

cavalier et non pas un gueux. Si tu étais à la cour ou à l’armée, te seul exemple réformerait tous les courtisans et tous les soldats, » sentit en même temps un dégoût étrange des ordures de l'hôpital, eut honte de se trouver en la compagnie des gueux. Mais il reconn aussitôt la suggestion du malin esprit, qui, sous prétexte d’un h spécieux et plausible, le retirait de la voie où Dieu l'avait m Pour confondre le démon et pour se vaincre lui-même, il se famili risa plus que jamais avec les pauvres et s’attacha au service des m lades les plus dégoûtants.

Cependant le bruit courut dans Manrèse que le pèlerin mendi que l’on ne connaissait pas, et dont tout le monde se moquait, ét un homme de qualité qui faisait pénitence, et ce fut l'aventure pauvre du Mont-Serrat qui donna lic: à ce bruit. Elle éclata dans pays; et, sur les circonstances du fait, sur les indices de la person on jugea que ce pèlerin inconnu pourrait bien être le cavalier qui tait dépouillé jusqu’à la chemise. La modestie, la patience et la d votion d'Ignace rendirent la conjecture très-probable; si bien que habitants de Manrèse commencèrent à le regarder avec d'aut yeux. On le venait voir par curiosité, et on l’admirait d'autant pl qu'on l'avait traité plus indignement. Il s’en aperçut ; et, pour fuir nouveau piége, qu’il s’imagina que le démon lui tendait, il cherc une retraite où il fût plus caché que dans l'hôpital.

Il trouva, à six cents pas de la ville et au pied d'une petite mo tagne, le lieu qu’il cherchait. C'était une caverne obscure et profond creusée dans le roc, et ouverte du côté d’une vallée solitaire, qu appelle la Vallée-du-Paradis. Peu de gens connaissaient cette caver

et personne n’avait jamais osé y entrer, tant elle paraissait aflreu

1 Vita antiquissima, c. 2.

lregag tal de Le ma

ant pre

Liv. LXXXIV, — De 150 1546 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 503

quelque chose de fnace perça les broussailles qui en fermaient les avenues et qui en r et de consolation, Eouchaient l'ouverture, assez étroite d'elle-même. S'y étant coulé savoir ce que c'étai@ec peine à travers les ronces, il établit sa demeure dans le creux n certain point de ie l’antre, où il venait un peu de jour d’en haut par une fente du jeux, quoique ce n'éucher. #8

it, plus il y prend L'horreur d'un lieu si sauvage lui inspira un nouvel esprit de péssentait de la peine@iience, et la liberté de la solitude fit que sa ferveur l'emporta bien issance des choses spin. Il maltraitait tous les jours son c t elle dura plusieu ensée violente s’emps sion lui disait int4 qui t'a donné, avec | que tu sois un sai our où à l’armée, t( et tous les soldats,»

ordures de l'hôpital, ueux. Mais il reconn

ou à un peu entait pas de

orrent rapide qui il considérait avec plaisir que toutes les

ères et périssables, indignes des soins et ai-même, il se famili telle.

ha au service des m8 Quoique Ignace fût d’une très-forte constitution, ces excès ruinè-

vait de grandes douleurs d'estomac, accome le pèlerin mendidiiiunées de faiblesses continuelles ; et des gens qui découvrirent sa

onde se moquait, ét@iraite, à force de le chercher, le trouvèrent un jour évanoui à l’enet ce fut l'aventure @e de la caverne. Dès qu'il fut revenu de sa défaillance, et qu’il eut uit. Elle éclata dans Bris un peu de force par la nourriture qu'on lui fit prendre, il vouindices de la person regagner le fond de sa grotte; mais on le mena malgré lui à l’hôêtre le cavalier qui sul de Manrèse, e, la patience et la dé Le malin esprit, sous l'espèce de vision dont il a été parlé obable; si bien que cette occasion pour le tenter de découragement. Comme egarder avec d'aut@h-tu soutenir une vie si austère pendant les soixante-dix admirait d'autant pl às à vivre ? lui disait intérieurement le tentateur. Ignace vit bien perçut ; et, pour fuir &t qui venait cette pensée, et répondit : Misérable, peux-tu seu 1 lui tendait, il chernent m'assurer une heure de vie? N est-ce pas Dieu qui est pital. maire de nos jours? Et que sont soixante-dix ans au prix de pied d'une petite miternité ?

1e obscure et profondéS Cependant la fièvre lui prit; et comme la nature était épuisée, le > vallée solitaire, qu'il devint si violent en peu de jours, qu'on désespéra de sa vie. laissaient cette caverint presque à l'extrémité, il entendit une voix intérieure qui ne elle paraissait affreu@sait de lui dire qu’il devait mourir content, parce qu'il mourait int; qu’au reste, dans le haut point de sainteté où il était parvenu ! si peu de temps, il n'avait à craindre ni les tentations du diable ni

, profita nt pourans que

504 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV.— pe je 1515 de

les jugements de Dieu. Il lui sembla ensuite qu’on exposait 1 @n

yeux son sac, sa chaîne, son cilice et les autres instruments de @Mutes € pénitence. Il lui sembla même voir, d’un côté, sa caverne arrosée us il F ses larmes et toute teinte de son sang, de l’autre le ciel ouvert, ç Dichaqu les anges l'invitaient avec des palmes et des couronnes dans 1nant q mains. Quoique ces pensées lui fissent horreur, il eut bien de la pesgisputar à s’en défaire, tant elles étaient fortement imprimées dans son dans pot prit. Pour y résister, il rappela en sa mémoire les péchés de sa us. Da les plus énormes et les plus honteux. Il envisagea l'enfer, qu'il ay mérité tant de fois, et se demanda à lui-même s’il y avait de la pr@him homi portion entre un mois de pénitence et une éternité de supplices, (linome « vues l’humilièrent devant Dieu, et lui firent connaître clairement quaupide. avait bien plus à craindre qu’à espérer. Il surmonta enfin la tentatiofi

mais il en demeura si effrayé, que, venant à se porter mieux, il pif

des personnes dévotes qui le servaient dans sa maladie de lui did

sans cesse : Souvenez-vous de vos péchés, et ne pensez pas quel paradis soit dû à un pécheur comme vous. É.

Ce ne fut pas là pourtant le plus rude assaut que soutint Ignabien des dans sa retraite de Manrèse. Depuis qu'il s’était donné à Dieu, il ay@lobéissa joui d’une parfaite tranquillité : il avait même goûté les douceurs qqun cont le Saint-Esprit répand d'ordinaire dans l’âme des pécheurs nouvel eut scr -ment convertis, et pour les degoûter des plaisirs du monde, et ponenté | leur adoucir les travaux de la pénitence. Il perdit ce calme intérie@iils ; mai et toutes ces joies spirituelles ; en sorte que, durant ses prières Mt d'avoi dans ses mortifications, il n'avait que du trouble et des sécheressdtudes. Il La sérénité revenait quelquefois tout à coup, et avec une telle abolitence, dance de consolations, qu'il en était transporté hors de lui-mé Mais ces doux moments passaient vite; et lorsqu'il croyait voit que clarté céleste, il se trouvait replongé en de plus épaisses ténèbré Comme il n’avait nulle expérience de ces états différents, et qu’il es savait pas que les âmes qui commencent une vie chrétienne sont tr tées ainsi quelquefois de peur qu’elles n’attribuent leur ferveuiié Les r leurs propres forces, et qu’elles ne s’attachent plus aux faveurs Myouvern Dieu qu'à Dieu même, il s’écriait dans ce changement si subi Quelle nouvelle guerre est ceci? En quelle carrière inconnue entroffiflourmen nous ? Baétant un

Dieu le mit encore à d’autres épreuves. Quoique Ignace eût fESpour fin

une confession très-exacte, et qu’il ne füt pas de ces esprits fab désespo que troublent de vaines apparences, il lui vint des scrupules quidhr, il y « tourmentèrent étrangement. Tantôt il doutait s’il avait bien explidiéé Secoure: toutes les circonstances de certains péchés; tantôt il craignait diirez-moi. avoir célé quelques-uns, ou du moins d’avoir déguisé la vérité Be chercl

(Liv. LXXXIV.— pee 1515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 505

qu’on exposait à @nelque chose afin de s’épargner de la honte. Pour s’éclaircir de ses es instruments de @Moutes et se rassurer de ses craintes, il avait recours à la prière; mais sa caverne arrosée M us il priait, plus ses doutes et ses craintes augmentaient. De plus, tre le ciel ouvert, « Dichaque pas qu'il faisait, il croyait broncher et of2nser Dieu, s’imacouronnes dans jnant qu'il y eût du péché où il n’y en avait pas même l'ombre, et leut bien de la peil Misputant sans cesse avec lui-même sur l’état de sa conscience, rimées dans son dans pouvoir jamais décider ce qui était péché ou ce qui ne l'était les péchés de sa 4 ms. Dans ces raisonnements et ces combats éternels, il en était ea l'enfer, qu'il ay Muelquefois réduit à gémir, à crier et à se jeter par terre, comme s’il y avait de la pré homme que la douleur rzcsse. Mais le plus souvent, il gardait un ité de supplices, nome silence, comme si la tristesse qui l’accablait l’eût rendu aître clairement qui nta enfin la tentatioWi Parmi ces infirmités spirituelles, il ne tirait de la force que du saint porter mieux, il p L uerement de l'autel, qu’il recevait tous les dimanches : encore arriva- | maladie de lui diél4l plus d’une fois qu’étant sur le point de communier, ses peines ne pensez pas que ? rdoublèrent à un tel point, que, craignant de commettre un sacrihilge, il se retira de la sainte table tout confus et tout désolé. Après ut que soutint Ignaldiien des réflexions inutiles, où son esprit se perdait, il s’imagina que donné à Dieu, il ay@lobéissance seule pouvait le guérir, et que ses peines cesseraient si oûté les douceurs gun confesseur lui commandait d'oublier entièrement le passé. Mais es pécheurs nouvel eut scrupule de proposer à son-confesseur un expédient qu’il avait s du monde, et polghenté lui-même. A la vérité, on lui défendait d'écouter ces scrupudit ce calme intérie@iils ; mais il ne savait pas précisément en quoi consistait un scrupule; durant ses prières Mt d'avoir à en juger, c'était pour lui une matière de nouvelles inquiéle et des sécheressdludes. Il ne laissait pas de continuer ses pratiques de piété et de pé- L avec une telle abolliitence, dans la pensée que, plus il était troublé, plus il devait être $ hors de lui-mémgnact et fidèle. Ne recevant nul secours, ni de la terre, ni du ciel, il rsqu'il croyait voirMauut que Dieu l’avait délaissé et que sa damnation était certaine. On lus épaisses ténèbr@he peut dire le tourment qu’il souffrit alors: et il n’y a que les perdifférents, et qu'il fifonnés afiligées de ces sortes de croix qui le puissent bien con- » chrétienne sont tr#Mfuvoir.

ibuent leur ferveu@f Les religieux de saint Dominique du monastère de Manrèse, qui plus aux faveurs Myouvernaient sa conscience, eurent pitié de lui, et le retirèrent chez hangement si subiiifux par charité. Au lieu d’y avoir du soulagement, il y fut plus ère inconnue entro@fourmenté qu’à l'hôpital. Il tomba dans une noire mélancolie; et M éant un jour dans sa cellule, il eut la pensée de se jeter par la fenêtre oïque Ignace eût fMpour finir ses maux. Il ne suivit pas néanmoins ce mouvement de de ces esprits fabdésespoir, parce qu’il y vit un péché. Quoique le ciel lui parût de des scrupules qui, il y éleva les yeux avec une foi ardente, et, fondant en larmes : il avait bien explidié Secourez-moi, Seigneur, s'écria-t-il, mon appui et ma force, secountôt il craignait dfxz-moi. C'est en vous seul que j'espère, et ce n'est qu’en vous que déguisé la vérité Be cherche du repos : ne me cachez pas votre face; et puisque vous

506 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — pe 1511

êtes mon Dieu, montrez-moi la voie par laquelle vous voulez qu j'aille à vous.

Cependant il se souvint d’avoir lu qu’un ancien ermite, ne pou vant obtenir de Dieu une grâce, jeüna constamment et ne mange rien jusqu’à ce que Dieu l’eût exaucé. À l'exemple de l'ermite, résolut de ne prendre aucune nourriture qu'il n’eût recouvré 14 paix de son âme. Il résolut de jeüner ainsi, à moins que d'être e péril de mort. Il jeûna effectivement sept jours entiers sans boire manger, el sans se relâcher de ses exercices accoutumés. Comm ses peines duraient toujours, et que, par une espèce de miracle, se forces ne s’abattaient pas tout à fait, il aurait poussé ce jeûne plu loin, si son confesseur ne lui eût ordonné absolument de le rompre Le ciel agréa et la ferveur qui lui fit entreprendre une chose

extraordinaire, et l'obéissance qui lui fit quitte: ce qu’il avait entre x

pris. Sa première tranquillité lui fut rendue, et ses croix intéi rieures se changèrent en des délices extraordinaires qu'il n'avai point encore goûtées. Mais une nouvelle tempête s’éleva dans so cœur trois jours après. Ses scrupules , ses tristesses et ses désespoir lereprirentavec tant de violence, qu'il aurait succombé infailliblemen si la main qui lefrappait ne l'eût soutenu. Dieu voulut le faire passe par toutes ces épreuves pour lui apprendre à conduire les autres,

Enfin ses troubles se calmèrent » et Ignace ne fut pas seuleme délivré de tous ses scrupules, il obtint le don de guérir les conscience scrupuleuses. Mais parce que Dien console ordinairement les âmes proportion de leurs peines et de leur fidélité, en retirant son serviteuff de l’état où il l'avait mis, il le combla de plusieurs grâces signalées

Ignace récitait un jour l'office de la Vierge sur les degrés de l’é glise des Dominicains, lorsqu'il fut élevé en esprit, et vit commeu figure qui lui représentait clairement la très-sainte Trinité. Cette vu le toucha si fort et lui donna tant de consolation intérieure, qu’étan allé ensuite à une procession solennelle, il ne put retenir ses larmes devant le peuple. Il ne pensait qu'à la Trinité ; il ne parlait que dei Trinité ; mais il en parlait avec des termes si sublimes et si propres que les plus savants l'admiraient, et que les plus simples ne laissaien de l'entendre. Il écrivit les pensées qu'il eut sur ce mystère incom préhensible; et son écrit, qui s’est perdu, était de quatre-vingts feuillets, A force de contempler la Trinité, il conçut pour elle un dévotion très-tendre, et il s'accoutuma dès lors à prier plusieurs fois le jour les trois adorables personnes, tantôt toutes trois ensemble tantôt chacune en particulier, selon les différentes dispositions où i se trouvait.

Peu de temps après, une autre lumière lui découvrit l'ordre qu

Liv. LXXXIV, — De 1511545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 507

elle vous voulez qu Dieu a tenu dans la création du monde , et les fins que a sagesse ernelle s’est proposées en se communiquant au dehors. Il vit une

cien ermite, ne poud bis durant la messe, au moment que le prêtre levait l'hostie, que ment et ne Mange@} corps et le sang du Fils de Dieu était véritablement sous les espèemple de l'ermite, set de quelle manière ils y étaient, Un jour qu’il alla visiter l'église il n’eût recouvré 18 le Saint-Paul, à un quart de lieue de la ville, s'étant assis au bord moins que d’être el. Cardenero, qui coulait dans la plaine de Manrèse, il eut une proystères ensemble ; et un autre jour

entiers sans boire bnde connaissance de tous les m accoutumés. Comm il priait à une croix sur le chemin de Barcelone, tout ce qu'on pèce de miracle, se avait fait connaître auparavant lui fut remis devant les yeux dans poussé ce jeûne plume si grande clarté, que les vérités de la foi lui semblaient n’avoir ument de le rompr n d'obscur. Aussi en demeura-t-il si éclairé et si convaincu , qu’il ‘endre une chose lsait que , quand elles ne seraient pas écrites dans l'Évangile, il sece qu’il avait entre hit prêt à les défendre jusqu’à la dernière goutte de son sang, et et ses croix inté& ue, si les saintes Écritures étaient perdues, il n’y aurait rien de inaires qu’il n’avai krdu pour lui.

ête s’éleva dans soi

Mais de toutes les faveurs qu'il reçut alors, ses et ses désespoir

ht un ravissement qui dura huit jours, et qu’o mbé infailliblementi ss, si plusieurs personnes dignes de foi n’en avaient été témoins. oulut le faire pass dette grande extase commença un samedi sur le soir dans l'hôpital nduire les autres, M4 Sainte-Lucie, où Ignace avait repris son logement, et elle finit le e fut pas seulemenkmedi suivant à la même heure. Il n'eut aucun usage de ses sens aérir les conscience int ce temps-là. On le crut mort ; et on l’aurait enterré, si des gens airement les âmes i visitèrent son corps ne se fussent aperçus que le cœur lui battait tirant son serviteulf® in peu. Il revint à lui, comme s’il füt sorti d’un doux sommeil ; et,

rs grâces signaléesäuvrant les yeux, il dit, d’une voix tendre et dévote : Ah! Jésus! r les degrés de l'é

it, et vit comme unç e Trinité. Cette vue i, c'est queles grâces dont Dieu le favorisait intérieure, qu'étan@ Ces illustuations divines ne l'empêchai retenir ses larme@dtiigieux de saint Dominique et de saint ne parlait que de ii de suivre ponctuellement leur avis. limes et si propreslnps son confesseur de Mont-Serr imples ne laissaien passait en son âme, et lui demandait des instructions pour son ce mystère incom ancement spirituel. Quoique ce saint vieillard fit envers Ignace t de quatre-vingt@äifice de maître, il ne laissait pas de l’honorer infiniment, et il nçut pour elle undMlit quelquefois aux religieux du monastère que son disciple de prier plusieurs fois < lnrèse serait un jour le soutien et l'ornement de l'Église ; que le tes trois ensembleÆMnonde trouverait en lui un réformateur, un successeur de saint 8 dispositions où il, un apôtre qui porterait la lumière de la foi aux nations idolâtres1,

la plus remarquable n ne croirait presque

nese pouvaient exprimer, ent pas de consulter les Benoît sur son intérieur, Il allait voir de temps en at, lui rendait compte de ce qui

couvrit l’ordre queë {Bouhours, 1, 1.

508 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 151 F 1515 de

Mais Ignace ne s'ouvrait qu’à ses directeurs, et autant qu'il éta nécessaire pour sa conduite; hors de là il gardait un profond silen et se renfermait tout en lui-même. Cependant, quelque soin qu’ prit de cacher les dons du ciel et de se dérober aux yeux des hom mes, il ne put y parvenir, soit que Dieu voulût récompenser l'hn milité de son serviteur, soit que la vertu ait des marques qui | découvrent malgré elle. Ses austérités, ses extases éclatèrent da tout le pays ; et ce qui les fit valoir davantage, c'est qu’on ne dout plus qu'il ne fût un homme de qualité, que la pénitence avait tra vesti. Une fille qui passait pour sainte parlait de lui comme d'u saint, et n’en parlait qu'avec admiration : c’est celle qui, en ce temp là, fut si renommée par toute l'Espagne, que le roi catholique co sulta souvent sur des affaires de conscience, et qu'on appelait ] béate de Manrèse.

On eut enfin une si grande opinion d’Ignace, qu'étant retom malade et ayant été transporté au logis d’un riche bourgeois, qu était homme de bien , et qui ne put souffrir que le serviteur de Di fût à l'hôpital, on appela communément ce bourgeois Simon, et femme Marthe, comme si, en recevant Ignace chez eux, ils Y avaie reçu Jésus-Christ. Sa réputation le faisait rechercher de tout monde; chacun s’empressait de l’entretenir, et plusieurs le suivaie quand il allait prier Dieu devant les croix qui sont plantées autou | de Manrèse, ou qu'il allait faire des pèlerinages à Notre-Dame dd" de l Villa-Dordis, et à d’autres lieux de dévotion. Il ne s’était propos amp jusqu'alors, dans toutes ses pratiques de piété, que sa perfectio@squ’il particulière ; mais la Providence, qui le destinait au ministère éva gélique, et qui l'y avait déjà préparé, sans qu'il le sût, par le mépr du monde, par la retraite et par la mortification, lui donna d’autré vues et d’autres desseins. Il considéra que les âmes ayant coûté cher au Sauveur, on ne pourrait rien faire qui lui fût plus agréable que d’en empêcher ia perte. Il comprit que c'était dans le salut dé âmes, rachetées par le sang d’un Dieu, que la gloire de la majest divine éclatait davantage : et ce furent ces connaissances qui all mèrent son zèle. Ce n’est pas assez, disait-il, que je serve le Se gneur, il faut que tous les cœurs l’aiment et que toutes les langud le bénissent.

les max .juelques “rent en Les rél ues, et D kportère hrmatior

Dès qu’il eut tourné ses pensées vers le prochain, quelque chèt ” Les frui que lui fût sa solitude, il en sortit; et de peur d’éloigner de lui ceuBaiques lui qu'il voulait attirer à Dieu, il corrigea ce que son extérieur avait d'abh lu peuple

freux et de rebutant. D'ailleurs, ayant reconnu que l'emploi où l'était vel était appelé demandait de la santé et des forces, il modéra ses aug le quitter térités et prit un habillement de gros drap, parce que l'hiver étalls le à cela

Lit rude et que ses douleurs d'estomac ne diminuaient point. Il pari publiquement des choses du ciel, et, pour se faire mieux enndre du peuple qui l’entourait, il montait sur une pierre que l'on ontre encore aujourd’hui devant l’ancien hôpital de Sainte-Luce.

Lln visage exténué, son air modeste, ses paroles animées de l'esprit

i le possédait inspiraient l'horreur du vice et l'amour de la vertu ; is ces entretiens particuliers faisaient des effets prodigieux : il con- “wrlissait les pécheurs les plus opiniâtres, en leur exposant les gran- …s maximes du salut et les leur faisant méditer dans la retraite. elques-uns fürent si touchés, qu'ils renoncèrent au siècle et chan-

trent en même temps de mœurs et d’état.

Les réflexions que fit Ignace sur la force de ces maximes évangéues, et les expériences qu'il en eut par les autres, et par lui-même, portèrent à composer le livre Des Exercices spirituels, pour la ré- D mation des mœurs dans les âmes mondaines. C'est une suite et un che bourgeois, qi emble sagement combiné de méditations, de réflexions, d’exae serviteur de Dig Mes, par où I homme, avec le secours de la grâce, sort de son pégeois Simon, et sf lé et monte Jusqu'au plus haut point de la perfection. Ainsi, penz eux, ils y avaie ht qu’en Allemagne, sous le nom menteur de réforme, le moine ercher de tout 1 tp5tat de Wittemberg ruinait les mœurs et la religion, en insultant asieurs le suivaienl (6 princes et les Pontifes, en brisant la règle même des mœurs, la nt plantées autoulf divine, qu’il déclarait impossible à garder ; en niant le libre ar- Fa Noire Dame e de l'homme, dont il ne faisait plus qu’une machine à péché et ne s'était propo Mamnation ; en calomniant Dieu même de la manière la plus atroce, que sa perfect tisqu il nous le représente comme un être cruel, qui nous punit au ministère évan#l"-Seulement du mal que nous n’avons pu éviter, mais du bien > sût, par le méprif me que nous avons fait de notre mieux : dans ce même temps, “Jui donna d'autr t Ignace, sans attaquer personne, sans nier quoi que ce fût, mais nes ayant coûté Wcroyant tout ce que l'Église catholique croit et enseigne, mais en i fût plus agréabli néditant avec ordre les vérités connues de tout le monde; saint t dans le salut d@tgnace commence pacifiquement la véritable réformation des mœurs, loire de la majes labord en lui-même, puis dans les autres, et l’étend enfin à toute aissances qui all tumanité chrétienne. Comme il ne mit que plus tard la dernière que je serve le Sehfnin à ce livre Des Exercices spirituels, nous verrons plus tard quels toutes les langu nsont l'esprit et le caractère, et quelle place il tient dans l’ensemble

e ses œuvres de restauration.

ain, quelque chèd Les fruits que fit Ignace dans Manrèse par ses discours apostoloigner de lui ce eau les louanges et l’idmiration sxtérieur avait d'e u peuple. Il ne put souffrir qu'on l’estimât tant dans un lieu où il que l'emploi où était venu que pour fuir l'estime des hommes: et ainsi il résolut il modéra ses audit quitter Manrèse, après v avoir demeuré pius de dix mois. Ajoue que l'hiver étallife à cela que, la peste n'étant plus si forte à Barcelone, et le com-

on

510 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 15:

merce de la mer commençant à se rétablir, il avait une extrême im patience de passer en la Terre-Sainte. Au commencement de sq conversion, il ne voulait faire ce pèlerinage que pour rendre hon neur aux lieux consacrés par la présence et par le sang de Jésus Christ; mais il l'entreprenait alors avec un désir ardent de travailler selon son pouvoir, au salut des schismatiques et des infidèles.

Il ne se déroba pas de Manrèse comme il avait fait de Mont Serrat. Il déclara son voyage à ses amis, sans leur rien dire néan moins de ce qu'il prétendait faire en Palestine. On ne peut s’imagi ner combien cette nouvelle les toucha. Ils le conjurèrent, les larmes aux yeux, de ne point les abandonner ; ils lui représentèrent les fa tigues et les périls d’un si long voyage ; mais ni leurs prières ni leurs raisons ne l’&: : . {pas un moment. Plusieurs s’offrirent pou l'accompagner us lui présentèrent leur bourse. Il ne voulu prendre ni compagnon ni argent, pour n’avoir de consolation qu'a vec Dieu seul ni de ressource qu’en sa providence ; et il dit à ceux

qui le pressaient de se précautionner contre les besoins de la viek

qu'une parfaite confiance tenait lieu de tout, qu’on n’était pas seu lement chrétien par la foi et par la charité, mais qu’on l’était encor par l'espérance, et qu’on n'avait occasion de bien exercer cette vert que dans le manquement de toutes choses 1.

Ignace, étant arrivé à Barcelone, trouva au port un brigantin et u grand navire qui se préparaient à partir pour l'Italie. Il fut sur Je point de s’'embarquer dans le brigantin, qui devait faire voile avan le navire. Il en fut empêché de la manière que voici.

Une dame très-vertueuse, Isabelle Rosel, entendant un jour id sermon, jeta par hasard les yeux sur Ignace, qui était assis au pied de l’autel parmi les enfants. Elle crut lui voir le visage lumineux, e ouir une voix secrète qui disait : Appelle-le, appelle-le. Elle se re tint pourtant, dans la crainte que ce ne fût une illusion ; mais étant retournée chez elle, elle en parla à son mari. Tous deux furent d'avis d'examiner ce que ce pouvait être, et ils envoyèrent quérir le pèlerin qui était encore à l’église. Sous prétexte d’honorer Notre-Seigneu en la personne du pauvre, ils l'obligèrent de manger à leur table, et pour le sonder, ils le mirent sur un discours de piété. Ignace, qui n savait pas leur dessein et qui agissait simplement, parla des cho ses du ciel d’une manière si touchante et si élevée, qu'ils virent bien que c'était un homme de Dieu. Ils eussent été ravis de le retenir chez eux pour toujours: mais.il leur déclara que Dieu l'ap pelait ailleurs et qu’il n’attendait que le départ des vaisseaux pou

1 Bouhours, 1, 1,

quce vit Mnour d Phdant, « sine qu PApauvr Dh fainéa Pément, | Bis retir.

ut app:

Woir si n que pro er l'ar, igré Ini, Midéré ç “inner, :

Murcrait, Pl navig Baia le na retira la

Liv. LXXXIV, — De 15:

ayant su de lui-même qu’on lui avait tin qui allait partir, le conjura de n'y

vait une extrême imiter l'Espagne. La dame, Pmmencement de sdromis piace dans le brigan le pour rendre hon ar le sang de Jésus ardent de travailler t des infidèles.

1s qu’au-

mariniers pôt se sauver du naufrage. | avait fait de Mont gnace ne voulut néanmoins s'engager dans le grand navire qu’ | leur rien dire néan dition que le pilote lui a

On ne peut S'imagi njurèrent, les larmes eprésentèrent les fa leurs prières ni leurs urs S'offrirent pou ourse. Il ne voulu

leu. Le pilote le lui accor

, et comme il n’avait besoin endier dans le navire, il craigni de consolation qu'a y apportant quelque chose. nce ; et il dit à ceux uvait, il eut recours à son s besoins de la vie

‘on n’était pas seu qu'on l'était encor 1 exercer cette vert

* un brigantin et u l'Italie. IL fut sur 14 ait faire voile avan oici.

itendant un jour 1d ‘était assis au pied isage lumineux, eff elle-le. Elle se re Ilusion ; mais étant deux furent d'avis 1t quérir le pèlerin rer Notre-Seigneu ser à leur table, et été. Ignace, qui ne it, parla des cho

é depuis peu Parmi une

avec lesquels il courait le monde,

t de son logis, et il la pria, pour er un morceau de pain. En le re-

et jugeant par l'air de la per-

mône n’était rien moins au’

et lui envoya une | qu'il partit. Il ne voulut point em- | dévotes l'obligèrent de prendre iniers, qui l’en eussent peut-être levée, qu'ils viren@uidéré davantage. Ne rencontrant point de pauvres À qui il pût nt été ravis de le e la mer, pour le Premier qui le ara que Dieu l’apurcrait.

les vaisseaux pouls navigation fut périlleuse, Br le navire dans cinq jours

Atira la nuit dans l’

mais pas longue. Un vent ora au port de Gaëte, l'an 143 étable d’une hôtellerie, Lor

geux 23. Ignace Squ'il commençait

512 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 15:

à s'endormir, il entendit de grands cris, comme d’une personne qu b:

demandait du secours et qui était réduite au désespoir. Il Courut l'endroit d’où venait le bruit, et, ayant trouvé une jeune fille ent les mains des soldats qui voulaient lui faire violence, il leur parla fortement, qu’ils la laissèrent aller ; car son zèle réveilla en cette oc casion toute sa fierté, et lui fit prendre un ton impérieux, dont le officiers usent d'ordinaire pour arrêter l’insolence de leurs gens.

Il prit de là le chemin de Rome, seul, à pied, jeünant tous Je jours et mendiant selon sa coutume. Il y arriva le dimanche des R:

meaux, et en partit pour Venise huit jours après Pâques, ayant rec

la bénédiction du Pape, qui était Adrien VI, et obtenu de sa Sainte la permission de faire le pèlerinage de Jérusalem. Quelques Esp

gnols lui donnèrent sept ou huit écus, et lui dirent qu'il serait foi

d'aller sans argent par un pays dont il ne savait pas la langue et q était infecté de peste. Il eut scrupule d’avoir accepté ce qu'on lui a frit, et s’en accusant devant Dieu, il se dit à lui-même plusieurs fo qu'il valait bien mieux passer pour imprudent dans l'esprit d hommes que de paraître se défier tant soit peu des soins de la Pre vidence.

Pour réparer donc sa faute, il donna aux premiers pauvres quBf

trouva tout ce qu'il avait d'argent. Il se réduisit par là à une extràr nécessité, ne trouvant presque pas de quoi vivre dans les villages, ne pouvant entrer dans les villes, à cause de la maladie contagieus tant son visage pâle et abattu le rendait suspect aux gardes di portes. Il était même contraint souvent de coucher les nuits à l'ai mais ces fatigues du corps furent récompensées avec abondance d consolations de l'esprit. Étant un jour épuisé de forces et n'ayant suivre les voyageurs à qui il s’était joint sur le chemin, il demeu seul dans une campagne déserte. La solitude l'invita à faire oraisc Jésus-Christ lui apparut durant sa prière, le fortifia intérieureme et lui promit de le faire entrer dans Padoue et dans Venise.

L'événement vérifia l'apparition. Quoique ceux qui l'avaient abs donné et qui avaient pris le devant eussent été refusés aux por avec des billets de santé, il ne trouva nul obstacle et entra ss peine, comme si les gardes ne l’eussent point aperçu. Il arriva f tard à Venise, et, ne sachant où se retirer, il alla se mettre sc un portique de la place Saint-Marc, pour y prendre un peu repos.

Mais un pieux sénateur de la république, Marc-Antoine Tréviss dont le palais n’était pas loin, entendit durant son sommeil une v( qui semblait lui dire que, tandis qu’il dormait à son aise dans lit, un serviteur de Dieu était sous un portique de la place. Il s'évei

ls rencoi voile, €

rante-hu

driva ent

11545 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

Dlussitôt, alla lui-même cherch

Muisit à son logis avec honneur, et lui rendit tous les devoirs de cha- Mié que méritait un pèlerin envoyé de Dieu.

| | nACE, qui se cro

(Liv. LXXXIV, — De j5,

e d’une personne ésespoir. Il cournt une jeune fille ent lence, il leur parla e réveilla en cette oc 1 impérieux, dont | ce de leurs gens.

ied, jeûnant tous | le dimanche des Ra s Pâques, ayant re obtenu de sa Sainte nues lem. Quelques Esp pnée précédente, les Turcs cox dirent qu'il serait fo t pas la langue et q cepté ce qu'on lui o “ire Aou fl sider pour le retenir nt dans l'esprit d des soins de la Pr

i. ut beau dire à Ignace

dont Soliman s'était rendu maître raient les mers de Syrie, et que la | avait obligé la plupart des pèlerins de s’en re- 1 }

nla pas, et la con- | fit dire à ceux qui tâchaient de l'inti- N.

» Que, si les navires lui manquaient, il passerait | avec le secours du ciel. Il eut une fièvre | -ardente avant son départ; et quoiqu'il eût été purgé le jour L il ne laissa pas de partir, contre l’avis des mé- DUUS, qui croyaient sa mort certaine s'il s’embarquait ce jour-là ; l is, bien loin d’en mourir, il s'en porta mieux, et le mal de la mer Msuérit parfaitement. AI y avait dans le vaisseau jumettaient des péchés énor

remiers pauvres qu par là à une extrêr > dans les villages, maladie contagieus pect aux gardes d|

des gens d’une vie fort débordée, qui

mes presque à la vue de tout le monde.

her les nuits à l'ai matelots ne faisaient nul exercice de religion, et on n entendait

avec abondance dif" eux que des paroles sales ou impies. Ces désordres afiligèrent > forces et n'ayant gifiritèrent tout ensemble fgnace. Il tâcha d’y remédier par des inchemin, il demeuWfttions chrétiennes et par des avertissements Charitables; mais nvita à faire oraisoMiant que toutes les voies de la douceur étaient inutiles, il fit de sértifia intérieuremdiif"s réprimandes et menaça les coupables des vengeances de la jusdans Venise. k divine. La liberté du pélerin espagnol ne plut pas aux Italiens. x qui l’avaient abdifir se défaire d’un censeur si incommode, ils résolurent tous ené refusés aux por@ifrlle de gagner une ile déserte et de l'y laisser. L'avis qu’il en eut stacle et entra sa in passager qui avait plus de probité que les autres ne refroidit aperçu. Il arriva f int son zèle. Mais le dessein des Italiens ne réussit pas ; car, lorsalla se mettre sois approchaient de la côte où ils voulaient le débarquer, il se leva prendre un peu Bent impétueux qui repoussa le Yaisseau, et les porta en peu leures à l’île de Chypre.

‘c-Antoine Trévisails rencontrèrent dans le port le navi on sommeil une v@ voile, et qui semblait n’attendre qu à son aise dans rinte-huit jours de navigation, e la place. Ils’'éveiliriva enfin au port de Jaffa, 3 XXII

re des pèlerins tout prêt à

‘Ignace. Il y entra, et après À

depuis son départ de Venise, L

l'ancien Joppé, le dernier jour

514 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517

1515 de

d'août 1523. Il prit de là le chemin de Jérusalem, et s’y rendit le 8 Juelq

4me de septembre avec les autres pèlerins.

La vue des lieux saints le remplit d’une si grande joie, qu'il eûtk

bien voulu ne les quitter jamais, et s’y occuper à travailler à la conversion des Mahométans ; mais le provincial des Franciscains, à qui le Saint-Siége avait donné une pleine autorité sur tous les pèlerins, lui ordonna de renoncer à son dessein. Il obéit, après avoir toutefois

Érasme

visité de nouveau quelques-uns des saints lieux, et revu au mont des

Olives les vestiges que Notre-Seigneur laissa sur la pierre en montant

au ciel. S’étant rembarqué pour l'Europe, il arriva à Venise sur la

fin de janvier 4524; il en partit pour Gênes, d'où il se rendit à Barcelone.

Durant ce voyage, Ignace avait eu le temps de faire des réflexions, Il pensa que, pour travailler à la convercion des âmes, il fallait avoi

des connaissances qui lui manquaient, et qu'il ne pourrait jamais

rien faire de solide sans le fondement des lettres humaines. Il revint donc à Barcelone pour les étudier. Il alla voir d'abord Jérôme Arde bale, qui enseignait publiquement la grammaire, et lui communiqu: son nouveau dessein ; il s’en ouvrit aussi à Isabelle Rosel, qui fu ravie de le revoir, et qui lui promit toutes sortes de secours. Comme nous avons déjà vu, il avait trente-trois ans lorsqu'il se mit ainsi à étudier les premiers principes de la langue latine et à fréquentes tous les jours la classe avec de petits enfants. Comme il le faisait poux la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes, aucune difficulté

ne l’arrêtait. Il lui en vint cependant une d’assez singulière. Quand

il se mettait à étudier sa leçon, à vouloir apprendre les déclinaison et les conjugaisons, et écouter les explications du maître, il lui arri vait aussitôt sur Dieu, sur les principaux mystères de la foi, sur 14 sens de l'Écriture, plus de lumières, de consolations, de sentiment de piété, que quand il était en prière, qu'il prenait la discipline o recevait la sainte eucharistie. Au lieu de conjuguer le verbe amo, i était comme entraîné à faire des actes d'amour : Je vous aime, mo Dieu, disait-il, vous m'aimez ; aimer, être aimé, et rien davantage. Et réfléchissant bien à cette singularité, il reconnut bien vite que c’étai une illusion dù malin esprit, qui s’efforçait à le détouriier d’une chos utile et même nécessaire pour la plus grande gloire de Dieu. Il dé couvrit la tentation à Ardebale, et, l’ayant mené dans une église, |

demanda pardon à genoux de sa paresse, fit vœu au pied des autel de continuer ses études et de s’y attacher davantage. Il supplia auss son maître de le traiter sévèrement quand il ne ferait pas son devoi

et de ne l’épargner pas plus que ies petits écoliers. Dès lors les illug

jours le i-Christ

Le fils d'Agnès, nommé Jean Pascal, encore jeune , mais sage @ dévot, se levait quelquefois ia nuit pour observer ce que faisait Ignac dans sa chambre : il le voyait tantôt à genoux, tantôt prosterné, | visage toujours en feu et souvent baigné de larmes ; il lui sembla même le voir élevé de terre et tout environné de clarté. Il l’entenda soupirer profondément, et il ouït plusieurs fois ces paroles qui | échappaient dans la chaleur de sa prière : O Dieu, mon amour et le délices de mon âme, si les hommes vous connaissaient , ils ne vo offenseraient jamais ! Mon Dieu, que vous êtes bon de supporter u pécheur comme moi !

Ignace ne négligeait pas la perfection du prochain en travailla à la sienne. Aux heures que l'étude ne l’occupait pas, il tâchait « retirer les âmes du vice par des exemples ou par des discours éd fiants ; et son zèle éclata surtout dans une occasion importante, y avait hors de la ville un couvent de filles fort fameux, appelé monastère des Anges. Ce nom ne convenait guère aux religieuse elles vivaient dans un grand libertinage, et, à l’habit près, c'étaie de vraies courtisanes. Ignace ne put voir sans horreur l’abominatic dans le lieu saint. 11 jugea pourtant que, quelque extrême que le mal, les remèdes violents feraient un mauvais effet, et qu comme les personnes religieuses qui ont abandonné Dieu sont pl difficiles à convertir que les gens du monde, il fallait les ménag davantage.

Dans cette vue, il prit l’église du monastère des Anges pour le li

de ses dévotions. Il y faisait tous les jours quatre ou cinq heu d'oraison à genoux ; il y communiait de la main d’un prêtre nom Puygalte, à qui il déclara son dessein, et qui était un homme bonnes œuvres. Les prières d’Ignace si réglées, son recueillement sa modestie attirèrent la curiosité des religieuses. Elles voulurent parler, et savoir de lui-même qui il était. Il les écouta ; et, apr % avoir éludé plusieurs questions qu'elles lui firent sur son pays et le son état, il tourna adroitement le discours sur l'excellence et les d voirs de la profession religieuse. Il les entretint particulièrement la pureté que Jésus-Christ exige de ses épouses, et il leur représel le déshonneur que luil faisaient des épouses infidèles ; mais il pa avec tant de force et tant de douceur ensemble, qu’il entra dès première fois dans leurs esprits. Il les revit les jours suivants, et, voyant disposées à le croire, il les engagea insensiblement à médi les premières vérités de ses exercices spirituels. Elles en furen touchées, que, changeant d’abord de conduite, elles fermèrent le portes aux hommes de la ville avec qui elles avaient un comme scandaleux.

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D1515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 517

2 Ce changement mit au désespoir ceux qui avaient le plus d’habimude dans le monastère, et ils ne manquèrent pas de s’en venger sur Lelui qu'ils surent en être l’auteur ; mais leur vengeance ne se borna vint à des emportements de paroles ou à de simples insultes. Un Dour qu'Ignace revenait du monastère des Anges avec le père Puylle, deux esclaves maures les attaquèrent et les assommèrent de Loups de bâton. Puygalte en mourut quelques jours après. Ignace, Missé pour mort sur la place, récupéra néanmoins la santé, après rnquante-trois jours de maladie et de souffrance. Dès qu'il put marher, il retourna au monastère pour achever son ouvrage ; et quand =u lui disait qu’il devait craindre un second assassinat : Quel bon- Dur me serait-ce, répondait:il, de mourir pour une si belle cause ! L his ses ennemis, bien loin de rien entreprendre sur sa personne, se Mrpentirent de leur crime; et le plus emporté de tous vint un jour se Mer à ses pieds et lui demander pardon.

« Après deux ans d'étude à Barcelone, Ignace fut jugé capable d’aller re sa philosophie à l’université d'Alcala ou de Complut. L'envie “ipprendre lui fit embrasser plusieurs matières à la fois; mais cette multiplicité mit de la confusion dans ses idées, et il ne retenait rien, Moiqu'il étudiât avec la plus grande ardeur. Il se logea dans un #ipital, où il ne vivait que d'aumônes. Il était vêtu pauvrement, ainsi M les quatre compagnons qu'il s'était associés dans ses bonnes Aures. Il catéchisait les enfants, et avait beaucoup de talent pour Dr inspirer l'amour de la vertu. Il tenait dans l'hôpital des assemdes de charité, et convertissait par ses discours des pécheurs enris dans le crime depuis longtemps. Une des plus célèbres conprions qu'il opéra, fut celle d'un homme fort libertin qui possédait ge des premières dignités de l'église d'Espagne. {Siles choses extraordinaires qu'il faisait lui attirèrent des adini- Beurs, elles lui suscitèrent aussi des ennemis. Quelques personnes usèrent de magie ; d’autres le représentèrent comme un héréue et comme un homme attaché au parti de certains visionnaires i s'appelaient {{Zuminés, et qui venaient d'être condamnés en agne. Les choses en vinrent au point, qu'il fut déféré à l'inquibn; mais son affaire ayant été mürement examinée , les inquirs le trouvèrent innocent et le renvoyèrent absous. Peu de Bus après, il fut cité devant le grand vicaire de l'évêque, comme M lomme qui s’arrogeait le droit de catéchiser, quoiqu'il n’eût ni knce ni mission. On le mit en prison, où il resta quarante-deux . Il en sortit enfin pleinement justifié par une sentence du pr iuiu 1527 ; on lui défendit cependant, ainsi qu’à ses compagnons, +porter d’habit particulier, et de se mêler désormais de donner

n en travailla 8 , il tâchait d es discours éd à importante, ieux, appelé ux religieuses] L près, c'étaie r l'abominatic extrême que effet, et qu > Dieu sont pl lait les ménag

iges pour le li ou cinq heu n prêtre nom t un homme recueillement les voulurent couta ; et, api son pays et sil Jlence et les d ticulièrement 1 leur représel es; mais il pa u’il entra dès s suivants, et, lement à méd Elles en furen s fermèrent le ent un comme

518 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXIV. — De 1504 1545 aucunes instructions religieuses, comme étant des hommes san Cep:

lettres. Il n'eut pas plus tôt été élargi, qu’il alla mendier de qu : Ignace s'acheter un habillement d’écolier, afin de se conformer à tous IdLes va articles de la sentence. D quelqu 11 alla trouver ensuite Alphonse Fonséca, archevêque de Tolèddi premiè Ce prélat fut charmé de le voir; il lui conseilla de quitter Alcala dlaumô d'aller à Salamanque, l’assurant qu’il lui accorderait sa protectionfque la Lorsque Ignace fut arrivé dans cette ville, il commença par travail @ Ignace au salut des âmes. La sainteté de sa vie el la solidité de ses instrudil l’eut tions firent qu’en peu de temps il fut suivi d’une ‘grande multitudfntérier de peuple. Il n’en fallut pas davantage pour l’exposer à de nouvea Pliscour soupçons. Sur la crainte qu’il n'introduisit des pratiques dangdMuint, € reuses, le grand vicaire de Salamanque le retint vingt-deux joudfreligieu en prison ; mais ayant connu son innocence, il le déclara publiqug{ Ignac ment, et ajouta même qu’Ignace était un homme d’une vraie vertrois an Ce qui redoublait la vigilance de l'autorité ecclésiastique, c'étaiegtavaille les erreurs et les émissaires de l’hérésie luthérienne. Le servitedlk mên de Dieu souffrit avec joie toutes les épreuves que le Seigneur lt les fé envoyait pour purifier son âme et le faire parvenir à une haute pepratique fection. , unes :

Après son élargissement, il prit la résolution de quitter Salamat@que ses que, et même de sortir d'Espagne ; il forma aussi le projet de pass@u docte en France, et d'aller continuer, su plutôt de recommencer ses étiésolut des à Paris.

Ce fut alors qu’il se mit à faire usage de certaines choses qu s'était d'abord interdites ; il reçut aussi l’argent que lui envoyaie@iébauct ses amis pour son voyage. Il savait d’ailleurs qu'il lui fallait de que la cl subsister dans un royaume étranger, surtout ayant dessein d'y fifShappaie ses études. Il partit au milieu de l'hiver, et arriva à Paris au condlh salle. mencement de février 1528. Il employa deux ans à se perfectionn@tans l'es dans la langue latine, après quoi il fit son cours de philosophie. BSpourraie demeura d’abord au collége de Montaigu ; mais un compagnon déépratique chambre, à qui il avait confié son argent, le lui déroba et s’enfui@f£u cham ce qui le contraignit de se retirer à Saint-Jacques de l'Hôpital. Iuil éta voleur, tombé malade à Rouen et se voyant sans ressource, implotiie consi la compassion d'fgnace, qui fait aussitôt la route pieds nus, endirait tâcl brasse son compairiote, le console, et lui procure de quoi retoun@tertu. G en Espagne. Dans l'intervalle, il avait été lui-même déféré à l'inquilut le siteur de Paris, qui était le prieur des Dominicains. Il revient à Btommen hâte, se présente au prieur, qui le renvoie sans lui rien dire de f= d'avoir ç cheux : c'est qu'après avoir fait des perquisitions très-exactes, out haul n'avait rien découvert ni contre sa doctrine ni contre ses mœurs, Mu souff

Liv. LXXXIV. — De 15/84 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. Bto

t des hommes sa R Cependant, comme il n'avait à Saint-Jacques que le couvert alla mendier de qui Ignace fut obligé pour vivre de mendier son pain de porte en porte conformer à tous IdLes vacances venues, il fit le voyage de Flandre, afin de Écesvoir M quelques secours des marchands espagnols qui y étaient établis. La hevêque de Tolèdgpremière fois qu'il fit ce voyage, en passant par Bruges, il demanda de quitter Alcala @Mlaumône à Louis Vivès. Ce savant homme, qui n’était pas de ceux derait sa protectionfque la science enfle, et qui avait une charité édifiante, fit manger imença par travaillé lgnace à sa table, sans autre motif que de régaler un nantes Quand lidité de ses insrugil l'eut entendu parler des vérités de la foi et des secrets de la vie ne ‘grande multitud@äntérieure, il admira la sagesse surnaturelle qui paraissait en ses poser à de nouveauBäiiscours, et dit par une espèce d'inspiration : Cet homme est un es pratiques dangd ai je suis bi si nt vingt-deux jou le déclara publiqués ne d’une vraie vertibi clésiastique, c'étaienf

ertaines choses qu nt que lui envoyaiet u’il lui fallait de qu yant dessein d'y faits iva à Paris au con ns à se perfectionn s de philosophie.

is un compagnon dé ai déroba et s'enfuit ques de l'Hôpital.

ns ressource, implo ute pieds nus, € re de quoi retourné ême déféré à l'inq icains. Il revient à 15 lui rien dire de fe tions très-exactes, out haut : C’est un saint, qui n'a en vue que le bien des âmes, et ontre ses mœurs, Mu souffrirait avec plaisir les plus infâmes supplices. Une satisfaction

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