‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 105 sur 122 · HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De · texte numérisé non relu

HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De

si solennelle fit revenir les esprits, et rendit le nom d’Ignace fameux Les personnes les plus considérables de l’université voulurent | connaitre, et des docteurs habiles vinrent le consulter sur des ma tières de piété. Pégna lui-même devint son admirateur et son ami! et il le fit exercer en particulier par un écolier très-avancé dans sel études, et qui réunissait une rare vertu à une grande capacité. Cd écolier était Pierre Lefèvre, Savoyard de naissance, et du diocèse Genève. Ignace passa maître ès arts après sa philosophie, et com mença ensuite sa théologie chez les Dominicains. Pierre Leferre, dont nous venons de parler, avait fait vœu d chasteté dès son enfance, et il l'avait toujours fidèlement gardé mais il éprouvait de violentes tentations d’impuretés dont il ne] était pas possible de se délivrer, quoiqu'il affaiblit son corps par de jeûnes rigoureux et continuels. Il fut aussi tenté de vaine gloire: d là beaucoup d’inquiétudes et de perplexités, ce qui le conduisit e

fin à de grands scrupules. Accablé sous le poids de ses peines, il Id

découvrit à Ignace, qui par ses avis le tranquillisa parfaitemen

Le saint, habile dans cette guerre par sa propre expérience, lui pres ki

crivit ensuite un cours d'exercices spirituels ; il lui enseigna la mé thode de faire la méditation et la pratique de l'examen particulie après quoi il le conduisit par degrés dans les différentes routes q mènent à la perfection. Au retour d’un voyage en Savoie, Lefèv

fit les exercices spirituels dans une retraite. Il y connnt que le ciel IR

destinait à être le compagnon d'Ignace. Aussi dès lors mena-tune vie si sainte et si édifiante, qu’Ignace ne fit plus de difficulté d s'ouvrir à lui entièrement. Il lui déclara le grand dessein qu'il ava d’assembler des ouvriers évangéliques, pour travailler avec eux à salut des âmes; et dès lors il le regarda comme son fils bien-ai en Jésus-Christ.

Unefautre conquête d’Ignace fut un gentilhomme navarrais, q enseignait la philosophie, et que Dieu. destinait à être l’apôtre de

Indes et du Japon, et le thaumaturge de son siècle. François-Xavidii

naquit le 7 avril 1506, au château de Xavier dans la Navarre, à hu lieues de Pampelune. Don Jean de Jassa, son père, était un des prin

cipaux conseillers d’état de Jean d’Albret, troisième du nom, roi dé

Navarre. Sa mère était héritière des illustres maisons d’Azpileuet et de Xavier. Ils eurent plusieurs enfants, dont les aînés portère

le surnom d’Azpilcueta. On donna à François, le plus jeune de tou

celui de Xavier.

IL apprit les premiers éléments de la langue latine dans la maisol paternelle, et puisa au sein d’une famille vertueuse de grands senti ments de piété ; il était, dès son enfance, d’un caractère doux, gai

145 de l’ inplais:

sappliq profess

mi,on tou

hitait de ler peu :

Liv, LXXXIV. — De 15145 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

versité voulurent [lui un génie rare et une pénétration singulière. Avide d'apprendre, sulter sur des maMisappliquait à l'étude avec ardeur, et il ne voulut point embrasser nirateur et son amihprofession des armes comme ses frères. Lorsqu'il eut atteint sa rès-avancé dans se@-huitième année, ses parents l’envoyèrent à l’université de Paris, rande capacité. Chi était regardée comme la première école du monde. ce, et du diocèse 4@M Il entra au collége de Sainte-Barbe, et commença son cours de hilosophie, et comBilosophie. Son amour pour l'étude lui fit dévorer les difficultés S. D hoffraient les questions les plus subtiles et les plus rebutantes. Ses , avait fait vœu dents naturels se développèrent de plus £n plus; son jugement se fidèlement gardéfma, et sa pénétration acquit plus ä’étendue et de vivacité. Les uretés dont il ne léplaudissements qu’il recevait ds toutes parts flattaient agréablelît son corps par dent sa vanité ; car il ne trouva. rien de criminel dans cette passion, de vaine gloire: dBMh regardait même com’ue une émulation louable et nécessaire qui le conduisit enbqur faire fortune dans :e monde. Son cours de philosophie achevé, Alt reçu maître ès arts, et il enseigna lui-même cette science au 1llisa parfaitemerg@llége de Beauvais; mais il continua de demeurer dans celui de expérience, lui preshinte-Barbe.

lui enseigna la mél Ignace comprit qu'un génie de ce caractère, étant tourné au bien, ‘examen particulie@qurrait faire de grandes choses pour Dieu, mais qu'il n’était pas fférentes routes que de le réduire. En effet, ce fonds de vanité et d’orgueil renditinu- > en Savoie, Lefèvräits les premiers discours d’un homme qui ne parlait que du mépris connnt que le ciel I grandeurs humaines, et qui répétait souvent : Que sert-il à | dès lors mena-t-llomme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme? plus de difficulté déine l’écouta presque pas; au lieu de le croire, on se moquait de d dessein qu'il ava@i, on tournait en ridicule la pauvreté dans laquelle il vivait, et qu’on ivailler avec eux a@itait de bassesse d’âme. Ignace ne se rebuta de rien. Pour s’insie son fils bien-aimBker peu à peu dans l'esprit du jeune professeur, il le louait de ses lents naturels, se réjouissait avec lui de sa réputation, lui applaumme navarrais, qiéésait en public sur la subtilité de ses réponses, et s'empressait it à être l’apôtre défiime à lui chercher des auditeurs et des écoliers. Ayant appris cle. François-Xavi@'il se trouvait dans le besoin, il lui offrit de l'argent, qui fut 1s la Navarre, à hulBBrepté.

"e, était un des prinff Kavier avait l’âme généreuse, il fut très-touché de ce procédé. ème du nom, roi dk changement de Lefèvre lui fit faire des réflexions qu’il n’avait pas naisons d’Azpilcuet@ikore faites, et l’ébranla fort. Il apprit en même temps qui était les aînés portèreniänace, et ses discours lui parurent depuis bien plus raisonnables. plus jeune de tune douta plus qu'il n’y eût quelque motif supérieur dans son genre Quvie, et le regarda dès lors avec d’autres yeux. Les luthériens avaient atine dans la maisoBSs émissaires à Paris pour répandre secrètement leurs erreu:s use de grands sentir les étudiants de l’université. Ces émissaires présentaient leurs caractère doux, games d’une manière si plausible, que Xavier, naturellement cu-

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rieux, prenait plaisir à les écouter. Ignace vint à son secours, et eiprler d pêcha l'effet de la séduction. :

Trouvant un jour Xavier plus attentif qu’à l'ordinaire, il lui MA La P pète avec plus de force que jamais ces paroles du Sauveur : sert à l’homme de gagner tout l'univers, s’il perd son âme? Il lui Mipraissa présente qu’une âme aussi noble ne devait ps se borner aux vailinais vu honneurs du monde; qu'il faut que la gloire céleste soit l'unig@lautre, objet de son ambition, et qu’il est contraire à la raison de préfénqui sen à ce qui est éternel ce qui passe comme un songe. Xavier compreuges et alors le néant des grandeurs humaines, et sent naître en lui l’amol disciple: des choses célestes. Ce n'est cependant qu'après de violents co Mortiren bats qu’il se rend aux impressions de la grâce et qu’il prend la réipiraient solution de conformer sa vie aux maximes austères de l'Évangile MM Un a se mit sous la conduite d’Ignace, qui le fit avancer à grands pas dalihadilla, les voies de la perfection ; il apprend d’abord à vaincre sa passi@hns le dominante et à se défaire de la vaine gloire, son plus dangereinanière ennemi. Il ne cherche plus que les occasions de s’humilier, afin Mui avait délivrer entièrement son cœur de l’enflure de l'orgueil, et comniifrance. il n’est pas possible de remporter une victoire complète sur ses palqui avait sions sans réprimer ses sens et mortifier sa chair, il couvre son core toute d'un cilice et l’affaiblit par le jeûne et par d’autres austérités. BMonnut €

Lorsque les vacances furent arrivées, il fit les exercices spirituelnes ava suivant la méthode de saint Ignace. Sa ferveur fut si grande, quilrut que passa quatre jours sans prendre aucune nourriture. La contemplii peu p tion des choses célestes l’occupe le jour et la nuit ; il paraît chanMionner en un autre homme. Ce ne sont plus les mêmes désirs, les mé tres, i vues, les mêmes affections ; il ne se reconnaît plus lui-même ; l'h@ Le six: milité de la croix lui paraît préférable à toute la gloire du mon Muèz d’/ Pénétré des plus vifs sentiments de componction, il veut faire lis son confession de toute sa vie : il forme le dessein de glorifier le Seigne@u lit de par tous les moyens possibles et de consacrer le reste de sa vie it-il, re salut des âmes. Après avoir enseigné la philosophie trois ans et denfiudiait comme il se pratiquait dans ce temps-là, il se mit à l'étude de Biudes pa théologie par le conseil de son directeur. PAlilmeror

La conquête de Xavier, qui coûta si cher à Ignace, fut suivie d'uliction q autre, qui ne lui donna nulle peine. Deux jeunes hommes d’un géniiiur pot extraordinaire s’attachèrent tout d’un coup à lui. L'un, appelé Jaë loyage à ques Laynèz, et né à Almazan, diocèse de Siguença, était âgé @nents co vingt-un ans au plus ; l’autre, nommé Alphonse Salmeron, et dis décou: était des environs de Tolède, n’avait que dix-huit ans : il sav lempêch: néanmoins rfaitement le grec et l'hébreu. Is avaient tous des Îvre, et, fait leur philosophie à Complut ou Alcala, et ils y avaient entend Quoiqu

rte jt

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à son secours, et eaparler d'Ignace comme d’un saint. L'envie de le voir et de se mettre ous sa conduite les fit venir à Paris, autant que l’amour de la science. l'ordinaire, il lui M La Providence voulut que ce fût le premier homme qu’ils rencones du Sauveur : Qéirèrent en entrant dans la ville. L'air de sagesse et de sainteté qui rd son âme? I] lui: mraissait sur son visage frappa tellement Laynèz, qui ne l'avait jas se borner aux vailinais vu, qu’il ne douta pas que ce ne fût lui. Ils l’abordèrent l’un et céleste soit l'unig@fhautre, et ils furent ravis de trouver celui qu’ils cherchaient. Ignace, la raison de préfé@lui semblait être allé au-devant d’eux, les embrassa comme des ige. Xavier comprelfnges envoyés du ciel, et les reçut de bon cœur au nombre de ses ; naître en lui amoMisciples. Ils passèrent par l'épreuve des exercices spirituels, et ils rès de violents cotiwrtirent de leur retraite si animés du zèle des âmes, qu'ils ne reset qu’il prend la réjiraient que les travaux de la vie apostolique. ères de l'Évangile M Un autre Espagnol, nommé Nicolas Alphonse et surnommé Bocer à grands pas daliiadilla, du lieu de sa naissance, qui est un village près de Palencia, à vaincre sa passi@lins le royaume de Léon, fut appelé au même emploi, mais d'une son plus dangere@inanière différente. C'était un pauvre garçon, de très-bon esprit, et de s’humilier, afin Mui avait enseigné la philosophie à Valladolid avant que de venir en l'orgueil, et comniifrance. Sa pauvreté l’obligea plus d’une fois d’avoir recours à Ignace, complète sur ses pui avait de quoi vivre honnêtement par les charités qu’on lui faisait ir, il couvre son core toutes parts, et qui assistait les écoliers nécessiteux. Ignace reitres austérités. Monnut de rares talents en Bobadilla, et, se souvenant que des paus exercices spirituelires avaient été choisis du Fils de Dieu pour publier l'Évangile, il r fut si grande, qulut que celui-là serait un bon ouvrier évangélique. Il l’attira peu ture. La contempllili peu par les discours spirituels qu'il lui tenait, avant que de lui uit ; il paraît chanfionner l’aumône : et l'ayant éprouvé dans la retraite comme les es désirs, les mémiButres, il le fit son cinquième compagnon. lus lui-même ; l'h@f Le sixième fut un gentilhomme portugais, appelé Simon Rodrila gloire du mondinèz d’Avezédo, très-bien fait et très-ingénieux. Dieu le prévint tion, il veut faire u@ilis son enfance par le don d’une pureté angélique, et son père, e glorifier le Seignellu lit de la mort, le voyant entre les bras de sa mère : Cet enfant, le reste de sa vie @iit-il, rendra un jour de grands services à la religion. Rodriguèz hie trois ans et denfiudiait à Paris depuis quelques années, et était entretenu dans ses e mit à l'étude de BMiudes par le roi de Portugal. Il connaissait Ignace avant que Laynèz, Miimeron et Bobadilla le connussent : mais il ne se mit sous sa diace, fut suivie d'uMction qu'après eux. Il avait eu de tout temps je ne sais quelle ars hommes d’un gétur pour la conversion des infidèles, et il souhaitait faire un long ii. L'un, appelé JMliyage à la Terre-Sainte, Ignace, qui remarqua en lui des mouveguença, était àgé Mens conformes à ceux qu’il avait lui-même, voulut le gagner sans se Salmeron, et Si découvrir; mais, voyant que la pensée du voyage de Jérusalem -huit ans : il s@Sempêchait de s'engager, il lui déclara ce qu'il avait déclaré à Les avaient tous dédèrre, et, au même instant, Rodriguèz se livra aveuglément à Ignace. ls ÿ avaient enten%S Quoique le choix de ces six personnes fût fort heureux et pro-

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mit quelque chose d'extraordinaire, Ignace jugea que, s’ils ne se pré posaient tous le même but, ils ne feraient rien. D'ailleurs, rappela en sa mémoire l’inconstance de ses premiers compagnons d'Espagn qui l'avaient quitté, et faisant réflexion sur la légèreté de l'esp humain, il se persuada que, quelque bonnes que fussent les volon de ses nouveaux disciples, il était nécessaire de les fixer par des er gagements irrévocables.

C'est pourquoi, les ayant assemblés un jour, après leur avoir f4 faire à chacun des prières et des jeûnes pour connaître ce que Die demandait d’eux, il leur dit que son dessein était d’imiter Notre-Se

gneur Jésus-Christ le plus parfaitement qu’il pourrait; que ce Die

homme n'avait eu en vue, dans tout le cours de sa vie, que la ré demption des hommes; que, pour le suivre de près, il prétend: travailler à sa propre perfection et au salut du prochain ; qu'il n’ gnorait pas que la solitude avait quelque chose de plus doux, m: que tout devait céder aux intérêts de la gloire de Dieu ; qu'au res en perdant un peu de repos, on gagnait une infinité de grâces et d mérites; el qu'après tout, il n’importait qu’on gagnât ou qu’on pe dit, pourvu qu’on sauvât des âmes; que les apôtres avaient vécu d la sorte, à l'exemple de leur maître, et que ce genre de vie éta sans difficulté le plus noble et le plus parfait.

Il ajouta que, ayant considéré tous les pays où l’on pouvait prd curer la gloire de Dieu et le salut du prochain, il n'en voyait poit qui offrit une plus riche moisson ni qui fût plus abandonné et qi méritât moins de l'être que la Palestine ; qu’étant sur les lieux, n'avait pu voir sans douleur cette terre où Notre-Seigneur a rache le genre humain devenue esclave des infidèles; qu'il brûlait d'env

d'y retourner, et qu’il s’estimerait très-heureux de verser son san

pour la foi dans une contrée qui avait été sanctifiée par celui d'u Dieu. 11 disait cela avec tant d’ardeur, que son visage en était to enflammé. Il finit par dire que, en attendant un temps propre po l'exécution de son dessein, il voulait s’obliger par un vœu exprès € à faire le voyage de Jérusalem, et à renoncer entièrement aux chose du monde. |

À peine eut-il achevé de parler, que tous déclarèrent d’un com mun accord qu'ils avaient les mêmes pensées et les mêmes inte tions. Après quoi, le reconnaissant pour ieur père et s'embrassa tendrement les uns les autres, ils se promirent de ne se quitter jamais

Avant que de sortir du lieu où ils étaient assemblés, il leur vintu doute, si, au cas qu’ils ne pussent passer en la Terre-Sainte, ils po

teraient l'Évangile ailleurs. La chose ayant été examinée, ils convinis rent, selon l'avis qu’ouvrit Ignace, que si, s'étant rendus à Venise, F

{Bouhour

sæ présentait aucune commodité pour leur embarquement, dans kpace d’une année, ils se tiendr&ient quittes de leur vœu à l'égard la Palestine; mais qu’ils iraient offrir leurs services au vicaire de sus-Christ, pour aller en quel pays de la terre il lui plairait de les joyer.

Cependant, parce que la plupart d’entre eux n'avaient pas achevé ur théologie, Ignace fut d’avis qu'ils ne précipitassent rien; car il Mit persuadé que les grandes entreprises devaient être établies sur & fondements solides, et qu'il y aurait de la témérité à s'engager ; d’imiter Notre-SdMiits le ministère évangélique sans une exacte connaissance de la urraït : MUigion.

np ni : Néanmoins, afin que chacun prit bien ses mesures, il jugea à proe près, il prétenda Ms de marquer un temps certain pour le reste de leurs études, etil prochain ; qu'il n'Bf" donna depuis le mois de juillet 1534/qui était le mois courant, de plus doux, me qu'au vingt-cinq janvier 1537. Il jugea aussi qu'il ne devait pas > Dieu ; qu'au res ser refroidir leur ferveur, et qu’il était bon de les obliger au plus ité de grâces et M P2" le vœu qu’il leur avait proposé. Le Rs agnât ou qu’on peli En conséquence, après avoir jeüné et prié en commun, ils se réutres avaient vécu dent le quinze août 1534 dans une chapelle souterraine de l’église e genre de vie ét Montmartre, où la piété croit que saint Denis fut décapité. C’était fête de l'Assomption de la sainte Vierge. Ignace avait choisi ce dur afin que la société de Jésus naquit dans le sein même de Marie omphante. Là, ces sept Chrétiens encore ignorés du monde, que rrre' Lefèvre, déjà prêtre, avait communiés de sa main, font vœu vivre dans la chasteté. Ils s'engagent à une pauvreté perpétuelle ; ‘promettent à Dieu qu'après avoir achevé leur cours théologique, “se rendront à Jérusalem pour sa glorification ; mais que, si, au but d’une année, il ne leur est pas possible d’arriver à la ville sainte d'y demeurer, ils iront se jeter aux pieds du souverain Pontife et Bijurer obéissance, sans exception de temps ni de lieu. ils s’obligèntmême à n’exiger rien pour leurs fonctions, non-seulement pour tre plus libres dans leur ministère, mais encore afin de fermer la uche aux luthériens, qui accusaient les ministres ecclésiastiques es'enrichir par la dispensation des choses saintes1. larèrent d’un combi Cependant le zèle d’Ignace ne se renfermait pas dans le collége de t les mêmes inten@nte-Barbe ni dans l'établissement de sa congrégation : il comdre-df s'embraus Mençait à parler français, et il ne craignait plus tant que les œuvres :piété fissent tort à ses études. On ne saurait dire de combien d'ex- Mients il se servit pour la conversion des pécheurs. Un homme de iconnaissance était éperdument amoureux d’une femme qui de-

que, s'ils ne se pré D'ailleurs, rappela pagnons d'Espagn légèreté de l'esps > fussent les volon les fixer par des er

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>ù l’on pouvait pro il n'en voyait poil s abandonné et q ant sur les lieux, -Seigneur a rache qu'il brûlait d'env de verser son sal tifiée par celui d'u visage en était to temps propre po ir un vœu exprès é èrement aux chose

ne se quitter jamais 1blés, il leur vintu rre-Sainte, ils po

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rendus à Venise, 1 Buuhours, 1, 2. — Crétineau-loly, Hist. de la Compag. de Jésus, ©. 1.

15 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 525

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meurait dans un village proche de Paris, et il avait avec elle un mau vais commerce. Ignace employa toutes les raisons divines et humaines pour le guérir d’une passion si honteuse ; mais ses remontrances ne firent rien sur un esprit que les plaisirs de la chair avaient aveuglé et, sans le remède étrange qu'il imagina, le mal était incurable, Ayant appris quel était le chemin que prenait cet homme pour aller voir la femme qui était la cause de sa perte, il va l’attendre au près d’un étang que le froid de la saison avait presque tout glacé, I se dépouille dès qu'il l’aperçoit de loin; et s'étant mis dans l’eau jus qu'au cou : « Où allez-vous, malheureux ? lui crie-t-il quand il le voi approcher, où allez-vous? N'entendez-vous pas la foudre qui grondd sur votre tête? Ne voyez-vous pas le glaive de la justice divine pré à vous frapper? Eh bien! poursuit-il d'une voix terrible, allez as souvir votre passion brutale, je souffrirai ici pour vous jusqu’à ce que la colère du ciel soit apaisée. » L’impudique, effrayé de ces pa roles et touché en même temps de la charité d'Ignace, dont il re connut la voix, commença à ouvrir les yeux, eut honte de songe péché, et retourna sur ses pas, dans le dessein de changer tout 1 fait de vie,

Ignace usa d’une autre industrie à l'égard d’un religieux qui étai prêtre, mais qui déshonorait sa profession et son caractère par une conduite scandaleuse. Il alla le trouver un dimanche matin, se cond

fessa à lui, et, sous prétexte de se mettre l'esprit en repos, lui fit une confession générale. Tandis que le pénitent s’accusait de tous ses anciens désordres avec une douleur très-sensible, le confesseur sd reprochait intérieurement sa vie déréglée et d’autant plus criminelle que les péchés d’un religieux sont plus énormes que ceux d'u homme du monde. Il se reprochait aussi sa dureté, voyant Ignacé fondre en larmes; mais son cœur s’amollit enfin, et avant que |: confession fût achevée, il se sentit lui-même touché d'une véritable pénitence. Il communiqua sa disposition à Ignace, et lui demand: du secours pour sortir de l’abime où le libertinage l’avait jeté. Ignacd fit faire à ce religieux les exercices spirituels, et le remit peu à pe dans le chemin de la perfection.

Étant un jour allé voir un honnête homme pour une affaire de charité, il le trouva qui jouait au billard. C'était un docteur en théo logie, illustre par sa naissance et par son savoir, assez réglé dans ses mœurs, mais peu dévot et plus occupé des affaires du siècle que dé son avancement spirituel, Le docteur invita Ignace à jouer : il s'ex cusa sur ce qu'il ne savait pas le jeu; mais étant pressé, comme s vertu n'avait rien de dur ni de farouche : « Que jouerons-nous? dit-il agréabiement au docteur. Ii n'appartient pas à un pauvre commel

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ait avec elle un may de jouer de l'argent, et il n’y a pas de piaisir à ne jouer rien. divines et humaine@ti, 2jouta-t-il, le tempérament qui me vient en l'esprit : si je perds, ses remontrances ndMiious Servirai un mois entier, et ferai exactement tout ce que vous air avaient aveuglé

était incurable,

la foudre qui gronada"mi ceux qu'Ignace avait engagés dans la piété, il y en eut un a justice divine pré si relâcha, et qui fut même sur le point d'oublier Dieu tout à fait. x terrible, allez as Bsint n'épargna ni avertissements ni exhortations pour ranimer la our vous jusqu'à cf de son disciple; mais, n'ayant pu rien obtenir, il passa trois

>, effrayé de ces pad sans boire ni manger, pleurant au pied des autels et priant sans d'Ignace, dont il re-Wike. Son jeûne, ses larmes, ses prières attirèrent la bénédiction du , eut honte de son et rendirent l'esprit de ferveur à celui pour qui il fit pénitence.

de changer tout Mlmace s’occupait encore aux œuvres de miséricorde dans les hô-

x. Îl aida un jour à panser un malade tout couvert d’ulcères, et n religieux qui était avait une espèce de maladie contagieuse. Comme il le toucha à n caractère par undises reprises, il craignit que sa main n’eût pris le mal; et cette iche matin, se con White le refroidit un peu pour ces sortes de bonnes œuvres. Mais en repos, lui fit unit reconnu sa faiblesse, il s'en voulut beaucoup ; et il se fit des iccusait de tous sediproches fort aigres là-dessus, jusqu’à se dire, en se mettant la main le, le confesseur «dis la bouche : Puisque tu es si en peine pour une partie, que ne tant plus criminelle Mtu point pour tout le corps? Il surmonta ainsi sa peur, et remes que ceux d'u la aux actions de charité avec une ardeur toute nouvelle. ireté, voyant Ignacdlre contagion plus funeste encore commençait à infecter la France : in, et avant que It l'hérésie de Luther et de Calvin. L'emploi principal de saint ché d’une véritable fut alors de confirmer les catholiques dans leur ancienne ace, et lui demanddhrance, et de faire connaître la vérité aux hérétiques déclarés. Il e l’avait jeté. Ignac@renie bien des gens qui avaient abjuré la foi, et il les mena à le remit peu à pauisiteur, pour être réconciliés avec l'Église 1,

ant à ses compagnons, Ignece mit tous ses soins à entretenir Jour une affaire dé ferveur et à les lier ensemble étroitement. Il leur prescrivit à un docteur en théo@les mêmes pratiques de piété : de faire certaines méditations et assez réglé dans se@füines pénitences chaque jour: de tenir entre eux des discours res du siècle que défiituels ; de lire le livre de l’Zmitation de Jésus-Christ ; d'examiner ce à jouer : il s'ex conscience plusieurs fois dans la journée; de se confesser et de pressé, comme s&nunier tous les dimanches et toutes les fêtes. Mais, de peur que uerons-nous ? dit-1ls un pauvre commMOAynald, 1534.

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leurs dévotions ne nuisissent à leurs études, ou leurs études à 1e }tteu"s dévotions, il régla lui-même le temps des unes et des autres, piur Une crainte aussi qu'ils ne se relâchassent insensiblement de leur premis iquisite ferveur, nonobstant toutes ces précautions, il s’avisa d'un expédieliit P'on0 tout nouveau, et qui fut de leur faire renouveler lenrs vœux les a@# je ! nées suivantes, le même jour de l'Assomption et aves la même "015; rémonie. dois av

Il les exhortait continuellement à s’aimer et à vivre en frères : M L'inqui parce qu'ils ne demeuraient pas tous dans le même logis, il les ob! ClOiE rigulie

geait de se voir souvent, d'aller se promener ensemble, et de fa même quelquefois de petits repas qui liassent leurs cœurs de pl pusatior en plus, conformément aux agapes des premiers chrétiens ; et il manquait pas d’en être, quand ses occupations de dehors le lui pa mettaient.

Il avait coutume de se retirer à Notre-Dame-des-Champs, et dituel < vaquer des journées entières à la contemplation des choses divindie® Con! Il se retirait aussi quelquefois dans une carrière de Montmartre, p js, et fonde et obscure, qui lui représentait sa carrière de Manrèse; et c'( lit un en ce lieu qu’il traitait son corps plus cruellement. Dueurs c

Ces nouvelles austérités ruinèrent ses forces et augmentèrent 1e atteste douleurs d'estomac qui l'avaient repris ; de sorte qu’il tomba en p que le Ii de temps dans une grande langueur, qui ne lui permettait de s'a liquisite pliquer à aucun exercice, ni de piété ni d'étude. Comme sa sara SOI avait été assez mauvaise depuis qu'il était en France, et que lesr puis ?. mèdes ne le soulageaient nullement, les médecins jugèrent que l’& lien ne de Paris ne lui valait rien, et qu'il n’y avait que son air natal qui pie, aP! le remettre. Ses compagnons se joignirent tous ensemble pour" "eco! conjurer de suivre l'avis des médecins. D’autres raisons encore | ni eux, déterminèrent : il pouvait du même coup régler les affaires dome L, avant tiques de Xavier, Salmeron et Laynèz, et les dispenser ainsi to puVrÉ SE trois du voyage d’Espagne. DUEUXT

Lorsqu'il se disposait à partir, quelques gens malintentionnés p Hesse ne blièrent dans la ville qu'Ignace et ses compagnons avaient bien l que mine de tenir un peu des nouveautés d'Allemagne; qu'un genre @spiré l vie si austère marquait dans des jeunes hommes l’entêtement de l' ne fois résie, et qu’une liaison si étroite entre des personnes d’un caractè i par le si différent ne pouvait venir que d’un esprit de cabale. Ignace M peu, i averti du bruit qui courait, et sut même qu’on l'avait accusé tout revinr nouveau Aevant l’inquisiteur. L’accusation principale tombait sur mmée, livre Des Txercices, où ses ennemis prétendaient que tout le ven le, il tr de sa doctrine était renfermé, et qu’ils appelaient le livre mystérieull

Comme ii jugea que ia bonne réputation était nécessaire aux pr

ji le tr.

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iteurs de l'Évangile, et qu'il craignait que sou dénart ne fût pris ur une fuite s’il partait avant que d'être justifié, il alla trouver iquisite." , et le pri non-seulement d'examiner bien l'affaire, mais prononcer une sentence dans les formes. « Quand j'étais seul, lui j:il, je méprisais ces calomnies ; mais maintenant que j'ai des com- Mons, et que je suis appelé avec eux aux fonctions évangéliques, )dis avoir soin de leur honneur et du mien. »

3 l'inquisiteur, qui savait par sa propre expérience combien Ignace Huit éloigné de l'hérésie, et qui ne trouvait rien en sa conduite que régulier, lui dit qu’il n'avait pas écouté ses accusateurs, tant leurs busations avaient peu de fondement et d'apparence. Il désira néansins voir le livre Des Exercices, moins pour l'examiner que pour Lire. 11 le lut, et en fut si charmé, qu'il pria Ignace de trouver bon hil le transcrivit pour son usage particulier et pour l'avancement Lrituel des personnes qu’il conduisait. Ignace le lui permit; mais kw contentant pas de ces témoignages, qui n'étaient pas authenhes, et voulant laisser à ses disciples une réputation nette, il se lit un jour chez l’inquisiteur, avec un notaire et deux ou trois Dreurs de Sorbonne. Il le supplia, en leur présence, de lui donner Lattestation par écrit qui fit foi qu’on l'avait accusé injustement, Que le livre Des Exercices ne contenait aucune mauvaise äoctrine. hquisiteur n'eut pas de peine à faire ce que désirait Ignace ; mais ma son attestation de tant de louanges, qu'Ignace en demeura hius 1.

Alien ne l'empêchant plus de partir, il prit congé de ses compans, après les avoir exhortés plus d’une fois à la constance, et leur jr recommandé d'obéir à Pierre Lefèvre, qui était seul prêtre mieux, et qu’ils honoraient tout comme leur aîné. Il convint avec avant son départ, qui fut au commencement de 1535, qu'ayant buvré sa santé et terminé ses affaires, il irait les attendre à Venise, Deux partiraient le 25 janvier 1537, pour venir l'y joindre. Sa Miksse ne lui permit pas de faire son voyage à pied. Il le fit sur un Bal que ses compagnons lui achetèrent ; mais à peine eut-il passé Wpiré l'air de Guypuscoa, qu'il sentit revenir ses forces.

he fois; dans son pays, il ne suivait plus la grande route, mais

l par les montagnes, pour être plus seul. S'y étant avancé quelpeu, il vit arriver deux hommes armés, qui le dépassèrent et l'avait accusé tout @F 'evinrent sur leurs pas. Comme l’endroit avait une mauvaise icipale tombait sur mmée, il eut quelque peur. Toutefois, leur ayant adressé la ent que tout le ven@ifl il trouva que c’étaient deux serviteurs de son frère, envoyés it le livre mystérieufs

t nécessaire aux pr

Liv. LXXXIV, = Det

| leurs études à leu es et des autres, # sent de leur premià ’avisa d’un expédiel er lenrs vœux les à et avec la même c

à vivre en frères; Êême logis, il les ob ensemble, et de fa leurs cœurs de pl rs chrétiens ; et il de dehors le lui pe

-des-Champs, et n des choses divin de Montmartre, p > de Manrèse; et c'( nt.

et augmentèrent te qu’il tomba en p 1i permettait de s’a de. Comme sa sa rance, et que lesr ins jugèrent que l'4 son air natal qui us ensemble pour es raisons encore | r les affaires dome dispenser ainsi to

, malintentionnés p gnons avaient bien gne; qu’un genre s l’entêtement de l onnes d’un caractè de cabale. Ignace f

bhnsira à

XXHI,

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530 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1515 de

à sa rencontre ; car il avait appris sa prochaine arrivée par des genie et « qui l’avaient reconnu à Bayonne. Les deux domestiques prirent fur cor devant. Pour Ignace, en approchant d'Azpetia, où était le châteannèter de son frère, il rencontra les prêtres qui venaient au-devant de luèla Nan et qui le pressèrent beaucoup d’accepter un logement au châtea Pam sans pouvoir l'obtenir. Il alla se loger à l'hôpital, et à l'heure conv@ts-Xavi nable mendia son pain de porte en porte. net de A peine arrivé, il résolut d'enseigner chaque jour la doctrine chr@ A Sége tienne aux enfants. Son frère l’en détourna, disant qu'il n'y viendrau'il avai personne. Un seul enfant me suflit, répondit Ignace. A peine eutfpace de commencé, on venait en foule, son frère même était du nombre, M, le p prêchait en outre chaque dimanche et fête avec grand fruit, on acco@is, aya rait de plusieurs milles. Les églises ne pouvant contenir la multitu@esa cell: du peuple, il fut obligé de faire ses sermons en pleine campagne, Ben hâ La première fois qu’il prêcha, il dit à ses auditeurs qu’une des réelle ré: sons qui l'avaient obligé de revenir après une absence de plusieuitihrétier années, c'était pour mettre sa conscience en repos sur un péché @ks mon sa jeunesse, et pour faire satisfaction à une personne du pays, inpagno personne dont il parlait était présente, et il l'avait remarquée. Il rMencore conta donc qu’un jour, étant entré dans un jardin avec des jeuninme ur gens aussifous que lui, ils volèrent quantité de fruit et firent bea@ solitaire coup de dégât ; qu'un pauvre homme fut accusé du larcin, mis polisister d cela en prison, et condamné à réparer le dommage. Il ajouta ensuif@ihire que élevant la voix : Que toute l’assemblée sache qu'afin que l'innoce@ignace à qui a souffert l'injustice, ait de quoi se dédommager, je lui don essu deux métairies qui m’appartiennent. Il l’appela tout haut par sen tra nom, et lui demanda pardon publiquement. nmence Un prédicateur qui agit de la sorte persuade aisément. Igna@ktés de t en peu de temps, réforma plusieurs abus et établit plusieurs pieu@diocèse pratiques, comme de dire l’Angelus trois fois le jour, de prier le s@lks parti pour les morts, et aussi une confrérie du Saint-Sacrement poutéon à la soulagement des pauvres her :ux. Ses prédications étaient soutendfit. Ils p non-seulement par ses bonnes œuvres et sa sainte vie, mais enc@itavec | par des miracles. On lit dans ses biographes la guérison de tréBon, tar malades. ‘des psa Mais Dieu, qui donne à ses serviteurs le pouvoir de guérir les nBrouet, ladies, pour la gloire de son nom, permet qu’ils y soient eux-méntres comn sujets, pour leur humiliation particulière et pour l'épreuve de lie, cont patience. Ignace eut alors une grande maladie. Il ne voulut pas &cheus transporté à Loyola; mais il ne put empêcher ses parents d'adilu au « soin de lui et de le servir en personne. me: Les lieu Dès qu'il fut guéri, il partit d’Azpetia malgré les larmes de sant arr

Liv. LXXXIV, — De 15 i5 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, arrivée par des genMäille et de tout le peuple. Il prit un cheval, de l’ mestiques prirent Mur contenter son frère en quelque chose, ou pour se défaire de lui , OÙ était le châteamétement ; mais à peine eut-il gagné les confins de la Biscaye et nt au-devant de lufèla Navarre, qu'il se déroba des gens qui l'accompagnaient. II alla, pgement au châtea Pampelune, au château de Xavier, pour les affaires de Fran-

1, et à l'heure conv@s-Xavier ; ensuite à Almazan et à Tolède, pour celles de Salmenet de Laynèz. :

our la doctrine chr@M A Ségorbe, il visita don Jean de Castro

argent et des valets,

» &entilhomme espagnol

ant Qu'il n’y viendraWhil avait converti à Paris, et qui venait d’entrer chez les Chartreux. gnace. À peine eutÆmace désirait le consulter sur sa compagnie, dont il lui exposa le e était du nombre, MM, le plan et l'état présent. Castro ne

s’expliqua point d'abord ;

grand fruit, on acco@his, ayant passé toute la nuit en oraison, il sortit au point du joue

contenir la multitu( \ pleine campagne, iteurs qu’une des r4 et que toute absence de plusie dit-il, pour >pos sur un péché

ersonne du pays, npagnon et votre disciple ; aussi bien ait remarquée. Il r@Mancore nul engagement. Ignace reç rdin avec des jeu me un oracle du Saint-Esprit ; mais, 8 fruit et firent bea@Mlitaire quittât la retraite où Dieu l'avait appelé, il l'exhorta à

é du larcin, mis poister dans une vocation aussi sainte que la sienne, et lui fit en-

age. Îl ajouta ensui@ire que la solitude était son partage.

u’afin que l’innocenace arriva d'Espagne à Venise, sur la fin de l’année 14538, après

nmager, je lui don essuyé une furieuse tempête sur mer, et couru un grand dan-

la tout haut par Shen traversant les Apennins. Ses Compagnons l'y rejoignirent au re de dix, s'étant re-

nmencement de 1537; ils étaient au nomb d'Annecy ;

gnage de Castro bien loin de consentir que

de aisément. Igna@tis de trois nouveaux : Claude Lejay, ablit plusieurs pieu@diocèse d'Embrun; Pasquier Brouet, du diocèse d’ jour, de prier le sk partirent le 1

1t- Sacrement pou ons étaient souten ainte vie, mais enc la guérison de t

. Toute la troupe marnt et de modestie, tantôt faisant

oses de Dieu, chantant quelque-

‘des psaumes de David ou des hymnes de l'Église, Lefèvre Leyat voir de guérir les nrouet, qui étaient prêtres, disaient tous les jours la messe; les Is y soient eux-mérRrs communiaient aussi tous les jours, pour se fortifier, par le pain Jour l’épreuve de le, contre toutes les incommodités du voyage dans une saison agne ayant tous leur chapelet

. Il ne voulut pas icheuse. Ils traversèrent l'Allem er ses parents d'afli au cou, comme pour faire une profession publique de foi K les lieux où l’hérésie commençait à dominer.

ré les larmes de sa@Snt arrivés le soir à un bourg tout hérétique, auprès de Con-

532 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 15

stance, le ministre luthérien, prêtre apostat, et curé du bourg at paravant, les suivit dans l'hôtellerie où ils entrèrent. Comme

avaient un air simple, il crut qu’il lui serait aisé de les confond dans une dispute réglée, et qu’une victoire remportée tout à la fo sur neuf papistes, ainsi qu'il les appelait, lui ferait bien de l’honne

fl-commença par les railler de leurs chapelets, et il les défia ensuit Tout fatigués qu'ils étaient, ils acceptèrent le défi, et Laynèz fut premier qui disputa. Il le fit d'une manière si vive et si forte, que

ministre ne sachant que dire : Soupons, leur dit-il, et soupons ef 4

semble, nous en disputerons mieux après. Ils consentirent à renou la dispute; mais ils ne voulurent point manger avec l'hérétique, firent en leur particulier un repas fort sobre, selon leur coutu tandis que l'Allemand, de son côté, but et mangea avec excès.

On recommença la dispute après le souper, devant un graë Loi

monde qui y était accouru; mais le ministre, à qui le vin avait peu troublé la raison, ne pouvant répondre aux arguments de « adversaires, se mit à jurer en sa langue, et sortit tout furieux l'hôtellerie.

Le jour suivant, ils poursuivirent leur chemin vers Constance, Phérésie de Luther avait été reçue des magistrats et du peuple. approchant de la ville et passant devant l'hôpital des pestiférés, virent venir à eux une vieille femme qui paraissait ravie de les vo et. qui, levant les mains au ciel, faisait le signe de la croix. La vue teurs chapelets l'avait attirée. Elle était bonne catholique, et les | thériens, n'ayant pu, ni par promesses, ni par menaces, lui fa quitter sa religion, l'avaient chassée de la ville comme une folle. pauvre femme baisa plusieurs fois les chapelets de ces étrangers; né sachant pas d’autre langue que la sienne, elle les pria par sig de l’attendre un moment. Elle courut à l'hôpital, où elle demeuré et leur apporta les pièces de plusieurs crucifix rompus. Elle leur connaître, le mieux qu’elle put, que c'était ce qu’elle avait de p précieux et de plus cher. Pour faire une réparation d'honneur Jésus-Christ, si maltraité en ses images par les luthériens, s'ét tous prosternés sur la neige qui couvrait la terre, ils adorèrent pièces de ces crucifix et les baisèrent dévotement.

Après quoi, la femme, s'en retournant à l'hôpital, suivie de troupe catholique, dit aux gens qu’elle rencontra : Voyez, malhé reux, que ce que vous dites n'est pas vrai, que toute la terre croith votre Luther, et qu'il n’y a nulle part aucun vestige de ia relig

somaine ! D'où viennent ces hommes avec leurs chapelets ? dis®

elle. Ne sont-ils pas de ce monde ?

Les neuf voyageurs sortirent d'Allemagne malgré toute la rigué

| C'était

iv. LXXXIV. — De 161515 de l’ére chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 533

curé du bourg ad l'hiver, et, après de grandes fatigues, que l'impatience de reveir trèrent. Comme iinace et la charité qu'ils avaient les uns pour les autres leur firent sé de les confond@spporter gaiement, ils arrivèrent enfin à Venise le 8 janvier 1537. portée tout à la fognace les embrassa tous, et, de tendresse, pleura sur eux. Il avait t bien de l’honneuMenec lui Jacques Hozèz, qui fut le onzième de ia troupe, et qui n'était til les défia ensuitfss moins docte ni moins fervent que les autres.

sfi, et Laynèz fut Mi C'était un Espagnol de Malaga, et issu d’une ancienne maison, ve et si forte, que Mriginaire de Cordoue. Il était bachelier en théologie, fort homme de it-il, et soupons eder, et ennemi déclaré des nouveautés d'Allemagne. L'amour’de nsentirent à renoue profit spirituel lui fit rechercher Ignace, dont il entendit païler avec l'hérétique, MiVenise comme d’un excellent maître dans la science des saints ; selon leur coutumBuis, ayant appris qu'on l'avait soupçon’ # d’hérésie en Espagne et gea avec excès. in France, il n’osa.se fier tout à fait à se conduite. Il résolut néanr, devant un gralfwins un jour de commencer les exercices spirituels, en prenant des à qui le vin avai: Myéservatifs contre ce qu'il pourrait y trouver de venin. Il prit üne ux arguments de

mme des conciles, quelques saints Pères et plusieurs livres -de ortit tout furieux ‘ éologie, pour examiner la doctrine des exercices selon des règles

bertaines.

1 vers Constance, M À peine eut-il fait les premières méditations, qu'il reconnutun ts et du peuple. Myrictère de vérité où il craignait de rencontrer des erreurs. Er al des pestiférés, Mhançant, il vit clairement que rien n’était plus orthodoxe que la sait ravie de les volli d'Ignace ; mais ce qui l’en convainquit davantage, c’est qu'Ignèce e la croix. La vue i-même lui exposa ses sentiments sur la religion : que les vrais catholique, et les Bélrétiens devaient se soumettre aux décisions de l'Église avec une r menaces, lui fa@implicité d'enfant ; qu’il fallait se bien persuader pour cela que comme une folle. Bat l'esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui anime l’Église, son de ces étrangers; house ; et que le même Dieu qui donna autrefois les préceptes du le les pria par sidKkalogue aux Isréalites, gouverne aujourd’hui la société des fiaèles ; il, où elle demeur@he, bien loin d’improuver ce qui est en usage parmi les catherompus. Elle leurBäues, on devait avoir toujours des raisons prêtes pour le défendre qu’elle avait de plntre les impies et les libertins; qu'on devait recevoir avec une aratior d’honneu@fonde soumission les ordonnances des supérieurs ecclésiastiques ; es luthériens, s'ét@fi quand leur vie ne serait pas aussi pure qu’elle devrait être, s’abserre, ils adorèrent Ehir de parler contre eux, parce que ces sortes d’invectives caunt. aient toujours du scandale et révoltaient les ouailles contre les pashôpital, suivie des; qu'on ne pouvait trop estimer la science de la théologie, tra : Voyez, malh@hi la scholastique que la positive ; que les anciens Pères avaient eu toute la terre croitéikincipalement pour but d’exciter les cœurs à l'amour de Dieu ; mais vestige de la religike saint Thomas et les autres docteurs des derniers siècles s'étaient urs chapelets ? disSloposé de réduire les dogmes de la foi en une méthode exacte,

Baur réfuter plus sûrement les hérésies ; qu'au reste, on ne pouvait algré toute la ris0@kz garder de mesures en parlant de la prédestination et de la

634 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 19(@ 1515 de l'è

grâce, et que les prédicateurs devaient si bien se ménager quand i traitaient ces mystères, qu’ils ne semblassent pas détruire les for du libre arbitre et le mérite des bonnes œuvres en exaltant la pré destination et la grâce , ni aussi faire tort à la prédestination et à grâce en faisant valoir le libre arbitre et les bonnes œuvres; q souvent, à force de relever l'excellence de la foi, sans nulle distin tion et sans nul éclaircissement, on donnait sujet au peuple de n4 gliger la pratique des vertus ; enfin, que, quoiqu'il fût d'un parf Chrétien de servir la majesté divine par le principe du pur amour, ne fallait pas laisser de recommander la crainte de Dieu, non-seulê instrui ment celle que nous appelons filiale et qui est très-sainte, mais e@hnds, en core celle qu’on appelle servile, parce qu’elle peut aider le péchet urables. à promptement sortir de son péché, et qu’elle dispose à cette aut crainte qui unit l'âme à Dieu.

Tous ces articles ou toutes ces règles d’une créance orthodox comme les appelle le saint dans le livre Des Exercices, où il le insérées, firent que Hozèz eut honte de ses défiances sur la doctrir d’Ignace. Il les lui découvrit à lui-même, en lui montrant les liv dont il s'était muni dans sa retraite ; et, sans rien craindre, il s’a tacha tellement à son directeur, qu'il prit dès lors la forme de qu'Ignace ét $es compagnons s'étaient proposée. Le monde, qui empoisonne d'ordinaire les choses qu'il ne con prend pas, ne put voir tout le bien que faisait Ignace à Veni comme ailleurs, sans en juger mal. On s’imagina que c'était unh rétique déguisée , qui, après avoir infecté l'Espagne et la Franc venait gâter l'Italie. Il y en eut qui dirent qu’il avait un démon fambBlièrent ] lier qui l’avertissait de tout, et que, quand il était découvert da mntres et un lieu , il se sauvait dans un autre, avant que la justice se sais ù À l'hôp de lui. Mi rendre & Dès qu’Ignace sut ce que l'on disait publiquement, il alla trouv | Jérôme Veralli, nonce de Paul IE, à Venise, pour le prier de lui fai son procès, s’il était coupable. Le nonce, ayant bien examiné l'ai faire, avec Gaspar de Doctis, son assesseur, et ne trouvant rien q pôût donner lieu aux bruits qui couraient, porta, en faveur d’Ignac une sentence juridique.

L'estime que Jean-Pierre Caraffe avait pour Ignace ne servit p peu à confondre la calomnie. C'est ce même Caraffe que nous avo déjà appris à connaître, qui depuis fut élevé au souverain pontifi sous le nom de Paul IV, et qui, d’archevêque de Théate, s'étant fn compagnon de saint Gaëtan de Thienne, avait fondé avec lui l'ordi ré des clercs réguliers, nommés Théatins, du nom de l'archevêché qu Isnace quitta par un esprit d’humilité et de pénitence. Il était en ce tempMhni-carêm

536 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 5

Arrivés dans la capitale du monde chrétien , ils furent présentés 1° synèz | Pape par Pierre Ortiz, docteur espagnol, qui avait eu en France ds intent mauvaises impressions d’Ignace, mais qui depuis en avait conçu unheraien grande estime. Il dit au Saint-Père que c’étaient des hommes fo savants, détachés du monde, amateurs de la pauvreté, très-z61@ù ‘surtout pour la conversion des âmes, et que le seul motif de préché l'Évangile aux infidèles leur faisait demander permission de passer la Terre-Sainte.

Paul IT, qui aimait les gens de lettres, et qui, durant ses repa avait coutume de faire traiter les matières les plus curieuses dé sciences divines et humaines, voulut voir ceux dont Ortiz lui ava dit tant de bien, et ordonna au docteur de les lui amener le jour su vant. Il leur proposa lui-même un point de théologie, sur quoi i parlèrent si savamment et d'un air si sage, que, charmé de leure tretien, il se leva de sa chaise et dit tout haut : Nous avons une edf mnière | trême joie de voir tant d’érudition et tant de modestie joints en ments semble, Il leur demanda ce qu'ils désiraient de lui, et ayant su d’eu ne chr qu'ils ne voulaient que ce qu’Ortiz lui avait dit, il leur donna M wrendraic bénédiction avec toutes les marques d’une tendresse paternelle, M érchain leur disant néanmoins qu'il ne croyait pas qu’ils pussent faire ls con voyage de Jérusalem, à cause de la ligue qui se négociait entre l'en it souv pereur, la république de Venise et le Saint-Siége contre le Turc, @éthra en ! qui devait éclater au premier jour. it donc

Il leur donna soixante écus d’or, et permit à ceux qui n'étaie point prêtres de recevoir les ordres sacrés, de quelque évêque qu ce fût. Ignace fut compris dans la permission. Ils furent tous o donnés prêtres à Venise, le jour de la Saint-Jean-Baptiste 4537, tous tirent vœu de chasteté, de pauvreté et d’obéissance entre | mains du nonce. Ils se retirèrent ensuite dans un lieu solitaire pr de Vicence, afin de se préparer à la célébration de leur premi messe par le recueillement, le jeûne et la prière. Néanmoins, aprè quarante jours de retraite et de pénitence, Ignace n'osa encore di QiUr CUNV la sienne, et attendit jusqu’au jour de Noël. Saint François-Xavidf ke la mai dit la sienne au bout de quarante jours, mais avec une telle abo dance de larmes, qu'il fit pleurer tous ceux qui y assistèrent Il livra aux exercices de la charité et aux fonctions du saint ministè à Bologne, et il serait difficile d’exprimer toutes les bonnes œuvre lhit offri qu'il fit dans cette ville. La maison où il demeurait fut depuis donné aux Jésuites et convertie en un oratoire qu’on fréquentait avec beauBf son Fil coup de dévotion. près l'avi

L'année étant écoulée et n’y ayant nulle apparence que la navigalhrai prop tion füt de longtemps libre, il fut résolu qu’Ignace, Lefèvre ellk Notre.

1515 de

DE L'ÉSLISE CATHOLIQUE. 537

Av. LXXXIV.— Des

furent présentés »

ait eu en France d > en avait conçu u nt des hommes fo pauvreté, très-z6]1@ ul motif de préch rmission de passer

41545 de l’ère chr.]

laynèz iraient les premiers à Rome, pour exposer au Saint-Père 5 intentions de toute la troupe ; que les autres cependant se distriueraient dans les plus fameuses universités d’ Italie, pour inspirer li piété aux jeunes gens qui y étudiaient et pour s’en associer quel- Ques-uns. Avant que de se séparer, ils s’établirent une manière de Pre uniforme et s’engagèrent à observer les règles suivantes : 4 1° Qu'ils logeraient aux hôpitaux et ne vivraient que d’aumônes ; D; que ceux qui seraient ensemble seraient supérieurs tour à tour, hacun sa semaine, de crainte que leur ferveur ne les emportât trop bin, s'ils ne se prescrivaient des bornes les uns aux autres pour les nitences et le travail ; 3° qu'ils précheraient aux places publiques en d’autres lieux où on leur permettrait de le faire ; que dans leurs Brédications, ils représenteraient la beauté et les récompenses de la tu, la laideur et le châtiment du vice; mais qu'ils le feraient d’une anière conforme à la simplicité de l’ Évangile et sans les vains orments de l’éloquence ; 4° qu’ils enseigneraient aux enfants la docne chrétienne et les principes des bonnes mœurs; 5° qu'ils ne rendraient point d’argent pour leurs fonctions, et qu'en servant le rchain ils ne chercheraient purement que Dieu. Ils convinrent de tous ces articles ; mais parce qu’on leur demanit souven, qui ils étaient et quel était leur institut, Ignace leur déra en termes précis ce qu'ils avaient à répondre là-dessus. Il leur t donc que, s'étant tous joints pour combattre les hérésies et les Prices, sous la bannière de Jésus-Christ, leur société n’aveit point autre nom à prendre que celui de la compagnie de Jésus. Il avait nom en l'esprit depuis sa retraite de Manrèse, et on croit que Dieu lui révéla dans la méditation des deux étendards, où on lui fit ir les premiers traits et le plan général de son ordre sous des ages guerrières.

, durant ses repa plus curieuses d dont Ortiz lui ava amener le jour su ologie, sur quoi charmé de leure Nous avons une ex modestie joints e li, et ayant su d’eu lit, il leur donna lresse paternelle, el ils pussent faire \égociait entre l'e e contre le Turc,

| ceux qui n’étaie quelque évêque q Ils furent tous or n-Baptiste 1537, béissance entre le n lieu solitaire prè 1 de leur premièri Mais ce qui lui arriva en allant à Rome le confirma fort dans la Néanmoins, apré qensée que ce nom venait du ciel, et qu'ils n’en pouvaient avoir qui e n'osa encore difééqur cunvint mieux. IL communiait tous les jours, dans son voyage, int François-Xavidi 0 la main de Laynèz ou de Lefèvre, et il méditait toute la journée vec une telle abon@hr les mystères de Notre-Seigneur avec une dévotion sensible. y assistèrent Il Alyant rencontré une chapelle ruinée sur le chemin de Sienne à Rome, s du saint ministèr@é entra seul, pour recommander à Dieu cette petite compagnie qu’il les bonnes œuvreÆAlhit offrir au vicaire de Jésus-Christ. A peine eut-il commencé sa it fut depuis donné brière, qu'il fut ravi en esprit. Il vit le Père éternel qui le présentait quentait avec beau son Fils, et il vit Jésus-Christ chargé d’une pesante croix, qui, : ts l'avoir reçu des mains de son Père, lui dit ces paroies : je vous ence que la navigakni propice à Rome. La vue de la croix l’étonna ; mais la promesse gnace, Lefèvre el Notre-Seigneur le remplit de confiance et de force. Étant revenu

538 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. — Des

à lui, il sortit de la chapelle le visage tout en feu, et, rejoignant s@ deux compagnons : Je ne sais, mes frères, leur dit-il avec un trans port de joie, ce qu’on nous prépare à Rome et si nous y serons ma traités; mais je sais bien que, quelque traitement qu’on nous fassé Jésus-Christ nous sera propice. Ensuite, pour les fortifier contr tout ce qui pourrait leur arriver de fâcheux, il leur raconta ce qu' avait vu.

Arrivés à Rome sur la fin de l’année 1537, ils eurent, dès les pre miers jours , audience du pape Paul III, par l'entremise d’Ortiz, S Sainteté reçut avec joie les offres que lui fit Ignace, et témoigna mé être très-aise de le voir. Pour commencer à se servir de ces no veaux ouvriers, elle désira que Laynèz et Lefèvre enseignassent théologie dans le collége de la Sapience : le premier, la scholastiqué et l'autre, l'Écriture sainte. Ignace entreprit, sous son autorité apa stolique, la réformation des mœurs, par la voie des exercices spir tuels et des instructions chrétiennes. Il rendit auparavant tout l’a gent que lui et ses compagnons avaient reçu pour le voyage «

Jérusalem, et il renvoya même quatre écus d’or jusqu’à Valence @

Espagne, que Martin Perèz lui avait donnés.

Au retour du Mont-Cassin, où il avait fait un voyage, Ignace ag quit un nouveau compagnon dans la personne de François Strad Espagnol. Il crut alors qu'il était temps d'établir son institut et « former un ordre religieux de ceux qui avec lui s'étaient consacrés la gloire du Seigneur. Il manda donc à Rome tous ceux de ses con pagnons qui se trouvaient dispersés dans l'Italie. Ils s’y rendiret tous sur la fin du carême 1538. Ignace leur ayant communiqué s0 projet, ils l’approuvèrent tous d’une voix unanime, après avoir cor

1545 de

Ds erreu jgémiss hsinuait ps d'ap Muiers sis

sulté Dieu par des jeûnes et des prières ; mais il fallait l’approbatiolrédi

du Pape, et, dans l'intervalle, Paul III s’était rendu à Nice pour as sister à l’entrevue de François ler et de Charles-Quint. Le cardin Vincent Caraffe, son légat, ne put que leur continuer les pouvoi de prêcher. L'onction de leurs discours produisit partout des ef fets si surprenants, que bientôt la ville changea complétemet d'aspect.

Ils s'employèrent de la sorte en attendant le retour du Pape; et bénédiction que Dieu donnait à leurs travaux leur faisait espérer heureux succès de leur grand dessein, lorsqu'il s’éleva tout à cou une tempête qui renversa presque leurs espérances.

Il y avait à Rome un prédicateur célèbre, Piémontais de nation religieux des ermites de Saint-Augustin, homme réformé en app:

rence, mais indigne du saint habit qu’il portait, et luthérien dans li avait

cœur. L’éloignement du Pape lui donna lieu d’oser débiter en chai

it avec

1v. LXXXIV. — De 151 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 539 1, et, rejoignant des erreurs du nouvel hérésiarque. Pour surprendre mieux le peuple, dit-il avec un tran@ägémissait sur le relâchement de la discipline et de la morale, et il nous y serons mawsinuait ensuite quelque proposition ambiguë, qu'il ne manquait t qu’on nous fasses d'appuyer de l'autorité des saints Pères et de l'exemple des preles fortifier conmniers siècles. Ignace ne pouvait croire qu'un religieux fût capable eur raconta ce qu’ L prêcher des hérésies au milieu de Rome, et il crut d’abord qu'on Monnait un mauvais sens aux paroles du prédicateur, ou que les proeurent, dès les pre sitions qui faisaient du bruit lui étaient échappées sans aucun desntremise d'Urtiz, . Néanmoins, pour s’éclaircir de la vérité, il voulut que Salme- , et témoigna méme et Laynèz, qui avaient disputé contre les ministres luthériens en servir de ces nou assant par l'Allemagne, et qui savaient le secret du luthéranisme, vre enseignassent iassent entendre l'Augustin, et qu’ils l'entendissent plus d’une fois. ier, la scholastiqués Ayant su d’eux que c'était un vrai hérétique, qui enseignait la as son autorité apda ire doctrine de Luther, sous prétexte d'enseigner celle de: la prides exercices spiriuitive Église, il le fit avertir en secret que ses sermons causaient uparavant tout l'a scaudale; et l'avis lui fut donné avec toutes les précautions pour le voyage « la prudence et la charité demandent. Mais c’est le propre de * jusqu’à Valence ed /hérésie d’affecter la modération quand on la laisse en repos, et oir de l'emportement quand on se déclare contre elle. L'Auvoyage, Ignace adutin, que tout Rome écoutait comme un oracle, fier de sa réputade François Strad@ in, et d'autant plus irrité des remontrances qu’on lui avait faites lir son institut et d'elles étaient bien fondées, se déchaina contre ceux à qui sa docs'étaient consacrés était suspecte, et soutint hardiment toutes les propositions qu'il us ceux de ses conf rit avancées. Alors Ignace et ses compagnons montèrent en chaire, lie. Ils s’y rendire@t! combattirent l’Augustin de toutes leurs forces, en défendant la nént communiqué soBwsité des bonnes œuvres, les vœux de religion, l'autorité de l'Église ne, après avoir com #iles autres articles catholiques que les luthériens attaquent. Les dix fallait l’approbatio rédicateurs ne prêchèrent pas inutilement. L'Augustin devint suspect ndu à Nice pour a@lhérésie; mais comme il était habile et homme de cabale, il ñe -Quint. Le cardin qua ni d'artifice pour se justifier , ni de crédit pour se mainntinuer les pouvoi .

isit partout des efi Sa première adresse fut de rejeter sur Ignace le soupçon d’héréngea complétemer et puis de gagner trois ou quatre Espagnols pour rendre faux moignage. L'un était Michel Navarre, qui, étant à Paris et ne pouetour du Pape; et Want souffrir la conversion de Xavier, avait voulu attenter à la vie ur faisait espérer ul fllgnace. Il était venu à Rome après avoir couru une partie de l'Eus’éleva tout à coupe, et il haïssait d'autant plus Ignace, qu'ayant voulu être de ses ces. iples, il n’en avait pas été jugé digne. montais de nation @ Ce malheureux déclara donc devant le gouverneur de Rome que ne réformé en appaèit chef de certains prêtres étrangers était un hérétique et un sorcier et luthérien dans fill avait été brûlé en effigie à Alcala, à Paris et à Venise. Il protesser débiter en chaiffuil avec serment que sa conscience seule le forçait d’accuser un

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homme de sa nation : il n’avançait rien, disait-il, qu'il n'eût vu dei avai ses propres yeux et dont il ne pût produire des preuves incontestaMhwutenait bles. Par suite de ces calomnies et de ces faux témoignages, Ignace temps «4 les siens se virent abandonnés de tout le monde ; mais le saint, edvrent to pérant d'autant plus en Dieu que tout semblait désespéré, encoura@uur fut «

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geait ses compagnons et s’excitait lui-même à ne rien craindre lus sév Seigneur, disait-il, voici l’accomplissement de ce que pronostiqua@utres E: la croix dont je vous vis chargé en venant à Rome. Accomplissez itome et qui reste, et ne nous refusez pas l'assistance que vous nous av … Ignace

promise.

De tous les amis d’Ignace, un seul ne l’abandonna pas, Quirin Garzonio, gentilhomme romain qui avait logé d’abord sa compagni I lui procura un entretien avec le cardinal doyen du sacré collége son ami et son parent, qui croyait à la calomnie. L'entretien du près de deux heures : le cardinal, tout à fait désabusé, se jeta au pieds a ignace pour lui demander pardon, le reconduisit avec dà grandes marques d’estime et de bienveillance, et, depuis ce jour-là il lui envoya toutes les semaines une grosse aumône.

Quoique Ignace vit bien que le ciel commençait à lui être favorabl il ne laissa pas d'agir, de son côté, selon sa grande maxime : qué dans les rencontres difficiles, il fallait s’abandonner à Dieu avec uni entière confiance, comme si le bon succès de l'affaire devait ven d'en haut par une espèce de miracle, et qu’il fallait néanmoins mettm ie sa con tout en œuvre pour la faire réussir, comme si nous ne devions rec4 voir aucun secours du côté de Dieu.

Sa première démarche fut donc de se présenter devant le gouve : neur, qui était un évêque, et de solliciter lui-même que son proc |* déclare se jugeât. Le gouverneur ayant assigné un jour aux parties, Ignace Navarre, qui l’avait accusé, comparurent. L’accusateur soutint to 3 ce qu’il avait déposé, et il en jura tout de nouveau par ce qu’il yinit sa vie de plus sacré. Ignace, pour toute réponse, produisit une lettre, @N Les dix demanda à Navarre s’il n'en connaissait point l'écriture : C'est Aérent à p mienne, répliqua-t-il sans se douter de rien. Il disait vrai, et il avalircasion d écrit cettre lettre à un homme de sa connaissance quelques mois adilutre que paravant : eue portait qu'Ignace et ses compagnons menaient une vil ome, qui irréprochable ; qu’il les avait connus à Paris et à Venise, et que c'éfouchés di taient de vrais hommes apostoliques.

La lettre fut lue et fit tout l'effet qu’Ignace s’en était promis. L'ad cusateur, qui parlait avec tant d’audace, se voyant convaincu déént de sot fausseté par lui-même, demeura muet ou ne prononça que des pi Mince. Ils roles confuses, qui achevèrent de prouver sa mauvaise foi. Ë.

Mais ce qui détruisit tout à fait la calomnie, c’est que les trois jug@i * Pouhour

temps que, N'y

divaient qn

ve LXXXIV, — De 15180 1515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

L, qu'il n’eût vu g@unri avaient déclaré Ignace innocent dans les trois villes où Navarre preuves incontestaWwutenait qu'on l’avait condamné au feu, se trouvèrent à Rome en moignages, Ignace temps-là. De juges qu'ils avaient été, devenus témoins, ils dépo- > ; mais le saint, edtrent tous trois la vérité contre les impostures de Navarre. L’imposésespéré, encoura@ieur fut condamné à un bannissement perpétuel, et il aurait été puni ne rien craindrqus sévèrement si Ignace n’avait demandé sa grâce. Pour les trois que pronostiqualuutres Espagnols, ils se dédirent en présence du gouverneur de e. Accomplissez tome et du cardinal-légat.

le vous nous aval Ignace voulut avoir une sentence qui fit foi de tout. Il disait qu’avec Ditemps on perdrait le souvenir du bannissement de l’accusateur, et lonna pas, Quirin@èue, n’y ayant nul acte public en faveur des accusés, on pourrait bord sa compagnidroire que, par leurs intrigues et par leur crédit, ils auraient arrêté du sacré collégduk cours de la cause, dans la crainte d’un mauvais succès. Le gouver- >, L'entretien du ur, homme équitable, mais faible, traîna la chose en longueur, abusé, se jeta au nace s’adressa immédiatement au Pape, revenu sur les entrefaites, econduisit avec dé lui ordonna au gouverneur de le contenter. Le gouverneur obéit, et , depuis ce jour-luprès avoir examiné le livre Des Exercices spirituels, il dressa une ne. ntence dans les formes, qui contenait l'éloge des accusés et qui les à lui être favorabl@ustifiait entièrement.

nde maxime : qu Ignace envoya partout des copies de la sentence, et même jusqu’en er à Dieu avec u pagne; mais la malheureuse destinée de ses ennemis le disculpa faire devait ven score dans la suite! Navarre vécut misérable et agité des remords : néanmoins mett sa conscience. Des trois autres faux témoins, l’un mourut peu de is ne devions recdurs après, d’un mal très-violent ; les deux autres furent accusés érésie : on condamna l’un à une prison perpétuelle, l’autre à être devant le gouved"ilé. Pour l’Augustin piémontais, il s’enfuit de Rome à Genève, et me que son pro déclara ouvertement hérétique : il fit même un libelle sanglant x parties, Ignace tre l'Église romaine. Enfin les impiétés de cet apostat montèrent sateur soutint tof iun tel excès, qu’étant tombé entre les mains de l'inquisition, il au par ce qu'il yinit sa vie par le feu 1.

luisit une lettre, @N Les dix prêtres étrangers ayant recouvré leur honneur, commenl'écriture : C'est Mérent à paraître tout de nouveau en public, et il se présenta une sait vrai, et il avalltcasion de secourir le prochain, qu'ils ne laissèrent pas échapper. quelques mois a@lutre que l'hiver était fort rude, il y avait une si grande cherté à s menaient une v@liome, que plusieurs de la populace, presque morts de faim, étaient Venise, et que c'Ælvuchés de tous côtés dans les rues, sans avoir seulement la force Lil demander du secours. Quoique Ignace et ses compagnons, qui ne était promis. L'al | ivaient que d'aumônes, se ressentissent de la famine, ils entrepriant convaincu dent de soulager ces misérables, se reposant pour cela sur la Provinonça que des pallnce. Ils se mettent donc tous ensemble à les ramasser par les

vaise foi. . FR que les trois jugd{ ‘Uours, 1. 8.

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rues, et ils les portent eux-mêmes jusque dans la maison où ils Jo Bneture « geaient depuis peu. Ils donnent leurs lits aux plus faibles, accommoBMire. L': dent les autres le mieux qu'ils peuvent, avec de la paille étendue Manoniste terre. La Providence, sur laquelle ils avaient compté, ne leur man@ Dans | qua pas : ils reçurent tant de vivres et tant d’argent tout à la fois anda à qu'ils eurent non-seulement de quoi nourrir plus de quatre cent@i l'Égli personnes, mais aussi de quoi couvrir la nudité des plus nécessi Mes évêqi ‘enx, qui mouraient de froid et de faim en même temps. iples et La charité d’Ignace et de ses compagnons leur attira bien des speclh er Un 1 tateurs. Quelques-uns, qui étaient venus voir par curiosité ce qui s@mtaude L passait chez eux, se dépouillèrent d’une partie de leurs habits pou revêtir les pauvres gens demi-nus, qu’on n'avait pas encore habillé Ba Ischia, et plusieurs personnes de qualité tirent un fonds pour la subsistanc@nuys qui de trois ou quatre mille hommes, que la famine réduisait à une ex nèrent 1 trême misère ; mais les soins d'Ignace ne se bornaient pas au soula Dant mer gement du corps, on instruisait les malheureux de tous les devoirs d Lions, ces christianisme, on les faisait prier Dieu tous ensemble et on les engal + mettre geait à se confesser. Lire les « Cependant Ignace, à qui tout Rome donnait des bénédictions el lavier pa que le peuple appelait son père, crut devoir profiter d'une si heu@ Jacque: reuse conjoncture pour l'exécution de son dessein. Ayant donc fai xrbe, q un abrégé de l'institut que lui et ses premiers compagnons avaienfhtitier pr concerté ensemble, il le présenta à Paul I, par l'entremise du cap@aerveilles dinal Gaspar Contarini. Le Pape reçut cet écrit agréablement, et donna aussitôt à examiner au maître du sacré palais, le Dominicair Thomas Badia, qui fut depuis le cardinal de Saint-Sylvestre. Badis le retint deux mois ; après quoi il le rendit à sa Sainteté, en lui prof ire aucu testant qu’il n’y trouvait rien que de très-louable. Le Fape le lu@ Dieu de c lui-même; et l’on dit qu'après l'avoir lu, il s'écria : Le doigt d@h ronde, a] Dieu est ici ! Lndésir à Ignace demanda en même temps à sa Sainteté qu'il lui plût dd lrépondi confirmer authentiquement ce qu’elle avait approuvé de vive voix Da quelqu Quoique Paul HI s’y sentit porté, il ne voulut rien faire sans l'avis de les env trois cardinaux. Le premier qui fut chargé de l'affaire se nommai D rgardait | Barthélemy Guidiccioni, homme d’un grand mérite, et si digne du bon pla souverain pontificat, que, quand il mourut, le Pape dit que son such Govéa ( cesseur était mort; mais d’une vertu austère et si ennemi de toutes pnec une | sortes de nouveautés, que, bien loin d'agréer de nouveaux ordres re Dour la co ligieux, il croyait qu’on devait éteindre quelques-uns des anciens, ef! qui ne les réduire tous à quatre. Il avait même fait un livre à ce sujet. Aved î ns les te cette disposition d'esprit, ii ne regarda pas seulement ie mémoiremdütion des qu’on Ini remit entre les mains, et dit plusieurs fois que, de quelque égnas,

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à maison où ils lmeture que fût l'institut dont il s'agissait, l'Église n’en avait que faibles, accommo@aire. L'autorité de Guidiccioni, qui était grand théologien et grand la paille étendue Manoniste, entraîna les deux autres cardinaux. ipté, ne leur man@t Dans le temps que Paul LI nomma les trois commissaires, il deent tout à la fois@emanda à Ignace quelques-uns de ses Compagnons pour des besoins us de quatre cent@ie l'Église fort pressants ; et il les demanda à la prière des princes, des plus nécessi@Mies évêques et d'autres pesonnes illustres, qui connaissaient les dise temps. iles et le maître. Pasquier Brouet fut envoyé à Sienne, pour réforttira bien des specl er un monasière de religieuses, qui était dans un grand désordre : curiosité ce qui aude Lejay à Bresce, pour extirper l’hérésie que des prédicateurs ? leurs habits pou@ru catholiques y avaient semée, et Nicolas Bobadilla dans l’île as encore habillés BMllschia, sur les côtes de Naples, pour accorder les principaux du our la subsistanc@nys qui se haïssaient mortellement. Laynèz et Lefèvre accomparéduisait à une ex nèrent le cardinal de Saint-Ange dans sa légation de Parme, Parme ient pas au soula@/ant menecée de l'invasion des sectaires. Après quelques instructous les devoirs dé ins, ces deux missionnaires virent les femmes les plus distinguées ble et on les enga@ + mettre à latête des bonnes œuvres, et les principaux du clergé . ire les exercices spirituels, Enfin Simon Rodriguèz et Françoisles bénédictions Be lvier partirent pour les Indes; voici à quelle occasion. liter d'une si heu@n Jacques Govéa, ce Portugais, principal du collége de Saintea. Ayant donc fai@hrbe, qui reconnut l'innocence d'Ignace sur le point de le faire mpagnons avaien@tâtier publiquement, étant encore à Paris et entendant parler des ‘entremise du ca@raerveilles qu’Ignace et ses compagnons faisaient en Italie, jugea que réablement, et 1@uks hommes faits comme eux seraient fort utiles dans les Indes ais, le Dominicai entales qui venaient d’être conquises par les Portugais. Il en écri- -Sylvestre. Bad au père Ignace, dont il voulait avoir le sentiment avant que de inteté, en lui pro@iire aucune démarche du côté de la cour de Portugal. Le père loua e. Le Pape le lu lieu de ce que sa providence lui ouvrait la porte d’un nouveau ria : Le doigt d@nonde, après lui avoir fermé celle de la Terre-Sainte, et il conçut -ndésir ardent de porter lui-même la foi à tant de nations idolâtres & qu'il lui plût d@ lrépondit à Govéa que lui et ses Compagnons étaient prêts à alle: uvé de vive voix @hn quelque lieu du monde où il plairait au vicaire de Jésus-Christ aire sans l'avis défie les envoyer ; qu'ils lui avaient voué leu service pour tout ce qui Faire se nommaif@ "eardait les missions, et qu’ils ne pouvaient disposer d’eux que sous ite, et si digne d 1 le bon plaisir de sa Sainteté. e dit que son suc L Govéa envoya à Jean IIT, roi de Portugal, la réponse d'Ienac: ennemi de toute@ntec une lettre qu’il lui écrivit touchant la pensée qu’il avait eue uveaux ordres red. jour la conversion des infidèles. Ce prince, qui était très-religieux, ns des anciens, et qui ne songeait pas moins à établir le royaume de Jésus-Christ e à ce sujet. Avedluns les terres nouvellement découvertes qu'à y étendre la dominent ie mémoirdütion des Portugais, donna ordre à son ambassadeur, Pierre Mass que, de quelquetégnas, d'obtenir du Pape, pour le moins, six de

ces ouvriers

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