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tutions primitives de la société, partie dans des ordonnances subs@ienc quentes. En voici le fond et l’ensemble. ; La fin de l’homme est de connaître Dieu, de l'aimer, de le servi et par ce moyen obtenir la vie éternelle. La fin de la compagnie @t le Jésus, comme de l’Église catholique, est de faire connaître Dieu, ur à le faire aimer et servir. Donc la science qui s'occupe directement @tate: connaître et de fair: connaître Dieu, c'est-à-dire la théologie, tie boint € nécessairement le premier rang, et toutes les autres doivent y aide, doct La théologie est la science de Dieu et des choses divines ; elle peut Bi: rép diviser en Théologie naturelle, science de Dieu et des choses divi Les at par les lumières de la nature , et Théologie surnaturelle, science Wiseur Dieu et des choses divines par les lumières de la foi ou de la révél ke Latr tion?. Elle se subdivise en théologie positive ou oratoire, explicati@on ch des choses divines sans argumentation en forme ; théologie schola Dauco tique ou propre à l’enseignement dans les écoles, science des chos leur. divines par voie d'argumentations démonstratives et formelles. dép Le professeur de théologie scholastique saura qu'il est de son dinais voir d’unir tellement une solide subtilité dans la dispute avec la M volc et la piété, que celle-là serve à celle-ci. Les professeurs de la cot 4 t, lo pagnie suivront absolument la doctrine de saint Thomas, ils le : Dphie garderont comme leur docteur propre, et mettront tout en œux des : pour que leurs auditeurs s’y affectionnent. Cependant ils ne À Mysiqu croiront pas astreints à saint Thomas de telle sorte qu'il ne leur s 1 passe jamais permis de s’en écarter en rien, puisque ceux mêmes difièrem s'appellent thomistes ne s’y croient pas obligés. Ainsi, sur la cdi(ette : ception de la sainte Vierge, on suivra l'opinion la plus commune uit, no ce temps et la plus reçue parmi les théologiens. De plus, dans Br l'en questions purement philosophiques, ou même qui tiennent aux É@4 mêm tures et aux canons, on pourra suivre ceux qui ont traité ces nf rs, Sal tières plus ex professo. Lorsque le sentiment de saint Thomas mples | ambigu, ou qu’il s’agit de questions qu'il n’a peut-être pas trait@une 1 et sur quoi les docteurs catholiques ne sont pas d'accord, on poufuverain suivre l'un ou l’autre parti. Dans l’enseignement, on aura surt@ : on soin d’affermir la foi et de nourrir la piété. C’est pourquoi, dans Étien de questions que saint Thomas ne traite point ex professo, nul n’en opat : gnera rien qui ne s’accorde avec les sentiments de l’Église et a Boits. Il les traditions reçues, ou qui ébranle de quelque manière une sol Mon, er
jen à Mique
piété. Le cours de théologie s’achèvera dans quatre ans 3, nomina Quant à la philosophie, voici les principales règles. Comme Mbnitz a firme e
1 Constit. cum declarat., pars 4, c. 12,t. 1, p. 249. — ? Voir Breviarum ! ko ogicum de Polman. Paris, 1682. — 3 Ratio Studiorum = d'Ratio St
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es ordonnances subs@hiences naturelles disposent l'esprit à la théologie, qu’elles servent den acquérir une parfaite connaissance et à en faire un bon usage, “que de soi elles aident à la même fin, le professeur, cherchant en ut la gloire de Dieu, les traitera de manière à préparer ses audiurs à la théologie, et surtout à les exciter à la connaissance de leur Brateur, Dans les choses de quelque importance, il ne s'éloignera bint d’Aristote, à moins qu’il ne s'agisse d’un article qui s’écarte de \ doctrine approuvée par toutes les académies, à plus forte raison Ki répugne à la foi orthodoxe, contre laquelle, s'il se trouve quel- Les arguments, soit dans ce philosophe, soit dans tout autre, le probseur le réfutera vigoureusement, suivant que l’ordonne le concile :Latran. Les interprètes d’Aristote qui ont mal mérité de la reliko chrétienne, comme Averroès, on ne les lira ni ne les citera sans Baucoup de choix et de précaution; on ne se déclarera pour aucune leurs sectes, on ne dissimulera aucune de leurs erreurs, mais on : déprimera d'autant plus vivement leur autorité. Au contraire, Pmais on ne parlera qu'honorablement de saint Thomas, on le sui- Pn volontiers quand il faudra, et on ne l’abandonnera qu'avec res- Lt, lorsque son sentiment ne paraîtra pas juste. Le cours de philobphie durera trois années. La première, on s’occupera de la logique Mdes autres livres d’Aristote qui s’y rapportent; la seconde, des Miysiques ; la troisième, des métaphysiques. Dans la métaphysique, passera les questions de Dieu et des intelligences, qui dépendent Biièrement ou en grande partie des vérités transmises par la foi divinei, Lette règle dernière mérite attention. La compagnie de Jésus craiuit, non sans raison, que la philosophie sécularisée n'usurpât un " l'enseignement de la théologie, sous le nom de métaphysique, à même quelque nom plus nouveau. Effectivement, on voit de nos Bus, sans y prendre garde, en Allemagne, en France et ailleurs, de Mmples laïques enseigner la théologie à la jeunesse chrétienne sans kune mission de l'Église de Dieu, mais par la seule autorité des Lverains temporels, empereurs, rois, reines, princes ou bourgmes- S: on leur voit enseigner séculièrement la théologie sous le nom Wien de philosophie ou le nom moderne de théodicée, sans que l’évopat ait. réclamé jusqu’à présent contre cette usurpation de ses Mits. [l y a même des auteurs catholiques qui aident à cette usurlion, en débaptisant la théologie sécularisée et en lui appliquant la Momination nouvelle’ et protestante de théodicée. Le protestant Minitz ayant fait un traité de la bonté de Dieu, de la liberté de firme et de l'origine du mal, lui donna le nom assez impropre de
le l’aimer, de le servi in de la compagnie ire connaître Dieu, "occupe directement dire la théologie, tie autres doivent y aider es divines ; elle peut u et des choses divi urnaturelle, science la foi ou de la révél Ju oratoire, explicati( me ; théologie schols les, science des chos ives et formelles.
ra qu’il est de son « la dispute avec la rofesseurs de la cot int Thomas, ils le ttront tout en œuy Cependant ils ne À sorte qu'il ne leurs que ceux mêmes q gés. Ainsi, sur la cc n la plus commune ens. De plus, dans qui tiennent aux É qui ont traité ces de saint Thomas peut-être pas trait s d'accord, on pou 1ent, on aura surt( est pourquoi, dans professo, nul n’ens its de l’Église et a ue manière une sol uatre ans #, es règles. Comme
—?2 Voir Breviarum t À
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théodicée, qui veut dire Justice de Dieu, et ne se trouve dans aucun saint Père ni docteur. Des catholiques estimablés, mais trop peu avi. sés, donnent ce nom plus improprement encore à la théologie tout
entière, du moins à la théologie naturelle, Ce qui donne lieu aux 8ouvernements séculiers de raisonner de la s
HE : de Lien brec ment
orte : Les évêques nous Br « reconnaissent, du moins par leur silence, le droit d'enseigner et de À Los faire enseigner la théologie, même la théologie fondamentale, sous M} Dar le nom de philosophie et de théodicée, dans nos universités et nos BL op
colléges : Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de l'enseigner et de Dent la faire enseigner sous son nom propre dans les séminaires? | Lipp Mais les gouvernements ne se contentent pas de raisonner de la TT sorte, ils agissent ainsi réellement. Les modernes facultés de théolo- 18 gie, et dans les universités d'Allemagne; et dans 1 France, au nom de qui sont-elles instituées ? est-ce bien au nom de Bimnie l'Église catholique? Au nom de qui enseignent-elles ? est-ce bien au Bomm nom de ce docteur suprême des Chrétiens, à qui a été dit : Pais mes D
M cec es académies de Biune
Mit, C agneaux, pais mes brebis? est-ce du moins au nom de l'évêque, qui Bnns k seul a reçu de l’Église le pouvoir d’enseigner cette portion du trou- Bndis
peau? N'est-ce pas au nom des princes et des magistrats de ce siècle,
Douver soient-ils protestants, hérétiques, schismatiques : indifférents ou D Les athées? N'est-ce pas au nom d’un prince de ce siècle, et non d’un Buicom prince de l'Église, que, dans les facultés gouvernementales de France, BMmarc
les professeurs de théologie reçoivent leur mission officiel gnet ? N'est-ce pas un magistrat de ce siècle, et non un représentant de l’Église, qui autorise le programme de leurs leçons, qui préside aux examens des candidats? N'est-ce pas d’un magistrat de ce siècle, et non d'un député de l’Église, que les candidats reçoivent leurs di. | plômes de bachelier, de licencié, de docteur en théologie? N'est-ce pas Ôter l'enseignement aux apôtres à qui le Christ a dit : Allez et enseiguez, et le reconnaître à ceux qui se sont ligués contre l'Éternel et son Christ, à Pilate et à Hérode? N'est-ce pas justifier Néron et Domitien d’avoir persécuté et tué les apôtres, puisqu'ils enseignaient sans diplôme impérial? N'est-ce pas justifier les empereurs ariens, iconoclastes et autres, d’avoir persécuté les évêques et les prêtres catholiques, puisqu'ils enseignaient contrairement aux rescrits ime périaux? N'est-ce pas justifier tout le mahométisme, puisque ce:n'est que l'enseignement d’un prince de ce siècle? N ‘est-ce pas préparer les voies à l'antechrist, dont le caractère sera de s’asseoir dans le temple de Dieu, dans l’Église de Dieu, comme étant Dieu même, le Dieu de ce siècle, et d'usurper la place du Seigneur, qui a dit : Je suis la voie, la vérité et la vie ; vous n'avez qu’un maître ou docteur, c’est ! le Christ? Comment des catholiques, prêtres ou séculiers, peuvent-
le d’ensei.
Liv. LXXXIV, — De 1547
se trouve dans aucun es, mais trop peu avi.
re à la théologie tout qui donne lieu aux le : Les évêques nous roit d’enseigner et de 8 fondamentale, sous 108 universités et nos de l’enseigner et de Séminaires ?
s de raisonner de la es facultés de théolo-
ns les académies de |
t-ce bien au nom de elles? est-ce bien au | a été dit : Pais mes 10m de l'évêque, qui tte portion du trougistrats de ce siècle, es , indifférents ou siècle, et non d’un mentales de France, on officielle d’ensei.
non un représentant leçons, qui préside agistrat de ce:siècle, | s reçoivent leurs dithéologie? N'est-ce rist à dit : Allez et ués contre l'Éternel s justifier Néron et squ’ils enseignaient s empereurs ariens, ques et les prêtres t aux rescrits imle, puisque ce:n'est 'st-ce pas préparer le s'asseoir dans le ant Dieu même, le r, qui a dit : Je suis "e ou docteur, c’est séculiers, peuvent-
2515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 567
donner les mains à ces préparatifs de la grande apostasie? Ne rient-ils pas qu’ils sont les manœuvres de l'apostat de Wittemberg ? Dreconnait d'abord que le Pape seal, médiatement ou immédiatept, peut conférer l’autorité de docteur en théologie ; mais il finit r ôter l’enseignement au Pape et au concile général, pour le jrnsférer à l'assemblée des barons allémands, }, Dans les règlements de la Compagnie de Jésus pour les études phi- “sophiques, il est encore dit : Le professeur s’appliquera principale- “ant à bien interpréter le texte d'Aristote, et il n'y mettra pas moins Bpplication qu’aux questions mêmes. 11 persuadera également à ses Biditeurs que leur philosophie sera bien tronquéée s’ils né mettent
June importance extrême. Faute de le mettre en pratique, lés trois Pimiers siècles se sont disputés pour et contre Aristote, à peu près mme des aveugles sur lés Couleurs, sans savoir a juste ce qu’il Di. Ce qui fait d'autant moins honneur à ces siècles, qu’ils avaient uns la main le texte complet et correctement imprimé d’Aristote,
ndis que les siècles du moyen âge n'avaient que dés manuscrits, Duvent fautifs ou indéchiffrables.
2 Les règlements sur les études, aïnsi que toutes les Constitutions de “compagnie de Jésus, étaient très-propres pour arrêter et prévenir Bnarchie religieuse et intellectuelle de Luther, et ramener l'harmonie Pl'intelligence hümaine avec la foi divine. Comme de nos jours les Bioins sont encoreles mêmes, les premiers pasteurs feront bien d’em- Dibyer les mêmes remèdes » avec les modifications convenables. … Les prémiers collëges que les religieux de saint Ignace établirent Dir ces principes furent celui de Coïmbre en Portugal, Cologne sur le Blin, Ingolstadt en Bavière, Vienne en Autriche, Prague en Bohême; ‘ » quatre derniers contribuèrent puissamment à sauver la foi en Almagne, dont le prinéipal apôtre, en ces temps critiques, fut un disci- Mede saint Ignace, Pierre Canisius, né à Nimègue, que nous ne serions Das étonnés de voir un jour rangé par l'Église au nombre des saints. 4 Mais un collége bien autrement considérable, c'était l’univers en- Lir à convertir. La Compagnie de Jésus s’y employa dès son origine Mec zèle et succès. Jean Nugnèz et Louis Gonzalèz passèrent dans L6 royaumes de:Fèz et de Maroc Pour instruire les sclavés chré- Pans. En 1547, quatre missionnaires partirent pour le Congo en “rique ; quelques années après, treize furent envoyés dans l’Abys- Die : du nombre de ces derniers était Jean Nugnèz, que le pape les IIT fit patriarche d'Éthiopie ; deux de ses compagnons furent sa-
‘Ratio Studiorum. Regulæ professoris Philosophe, n, 12.
gal demanda plusieurs membres
ociété pour aller annoncer l'Évangile aux peuples de
l'Amérique méridionale. Mais parmi ces conquérants Spostoliques,
nul n’est comparable à François-Xavier, l'apôtre .; Indes, qui partit de Lisbonne le sept avril 1541,
Sainte Thérèse, dont nous avons déjà vu les commencements, et qui devait fonder une réforme du Carmel, avait alors vingt-six ans : saint Jean de la Croix, qui devait la seconder dans cette œuvre, en avait deux ; saint Charles Borromée, quatre ; saint Philippe de Néri, vingt-six ; Michel Ghisleri, autrement saint Pie V, trente-sept. L'Église de Dieu n'est jamais stérile en saints. E
Saint François-Xavier s'embarqua donc le sept avril 1541, le jour | de sa naissance, dans sa trente-sixième année, Dans son voyage de Rome en Espagne, l'ambassadeur portugais qui le conduisait en Por-Bn tugal lui proposa d'aller au château de Xavier, peu éloigné de Ja route, afin de dire adieu à sa mère, qui vivait encore, et à ses amis, qu'il ne verrait peut- être jamais en ce monde. Le saint répondit qu'il remettait à voir ses parents dans le ciel; que l’entrevue qu'on fn lui proposait ser it accompagnée de tristesse, comme il arrive dans les derniers adieux ; au lieu que dans le ciel il serait réuni pour tou. jours aux personnes qui lui étaient chères, et que sa joie ne serait mêlée d'aucune affliction. L’ambassadeur Mascaregnas fut si touché des exemples et des instructions de Xavier, qu’il résolut de se donner @ à Dieu sans réserve. L
À Lisbonne, il reçut plusieurs lettres de Martin d’Azpilcueta, plus 4 Connu sous le nom de docteur de Navarre, qui le pressait de sep rendre auprès de lui. Le docteur était son oncle maternel, et pro-B fessait la théologie avec éclat à Coïmbre. Xavier refusa constamment d'aller dans cette ville, Le docteur lui ayant témoigné de l'inquiétude sur son genre de vie, il lui répondit qu’il ne devait point s’arréter 18 ce qu'on disait du nouvel institut ; qu'il importait peu d'être jugé par
les hommes, Par ceux surtout qui jugent sans Connaissance de cause, À Quand le temps du départ fut arrivé, le roi de Portugal lui remit quatre Lrefs du pape Paul III. Dans les deux premiers, le souverain Pontife l'établissait nonce apostolique et lui donnait d’amples pou- 4 voirs; dans le troisième, il le recommandait à David, roi d’Éthiopie: Mirtraor et dans le quatrième, aux autres princes d’Orient. Il fut impossible s hisait de lui faire accepter aucunes provisions. Il ne prit que quelques livres Blue d’: de piété, destinés à l’usage des nouveaux convertis. Sur la proposi- Mjpressa ( tion qu'on lui fit d’avoir au moins un domestique, il répondit : Tant oyait | que j'aurai ces deux maius, je n'aurai point d'autre valet. — Mais, pauvre insista-t-on, la bienséance veut que vous en ayez; car enfin vous toi de
E (Liv, LXXXIV, — ps 1517 M1 1515 de l'ère chr.]
DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, nda plusieurs membres @Naivez une dignité que vous ne devez pas avilir, vangile aux peuples devoir un légat apostolique laver son linge au bo nquérants «postoliques, prèter lui-même à manger, — Je pré apôtre .+; Indes, quidærvir el servir les autres sans déshono
[que je ne fasse point de mal, je ne crain les commencements, eBMchain ni de perdre l'autor ait alors vingt-six ans : BA sont ces respects humains x dans cette œuvre, en Be nis l'Église en l'état où nous la voyons présentement, saint Philippe de Néri,@N Il s'embarqua pour les Indes avec le père Paul de C V, trente-sept, L'Église@Mien, et le père F’ançois Mansella,
et il serait honteux de | rd d'un navire et s'aptends bien, dit Xavier, me | rer mon Caractère : Pourvu S point de scandaliser le proité que le Saint-Siége m'a commise, Ce et ces fausses idées de bienséance qui ont |
amerino, Ita- Portugais, Le second n'était pas
sept avril 1541, le jour “lotte. Au milieu !
. Dans son voyage de B Mon frère, voici les dernières paroles que Je Vous dirai jamais. Nous 1 ai le conduisait en Por- Line nous reverrons plus en ce monde, souffrons patiemment notre sé- lil
ier, peu éloigné de Ja …paration ; Car il est certain qu’ encore, et à ses amis, BAunis ensemble, de. Le saint répondit . ; que l'entrevue qu'on@n comme il arrive dans serait réuni pour touque sa joie ne serait aregnas fut si touché
Où endormi ou éveillé, Pour la gloire de Jésus-
tin d'Azpilcueta, plus D rist. Notre-Seigneur me d qui le pressait de se bin, ne pouvant me rassasier cle maternel, et pro-BANrai davantage; et c'est le sens de ces mots que je prononçais avec "refusa constamment BMunt d’ardeur : Encore plus, encore plus ! J'espère que la divine bonté oigné de l'inquiétude n'accordera dans les Indes ce qu'elle m'a montré en Italie, et que vait point s’arréter à Bnlres désirs qu’elle m'a inspirés seront bientôt satisfaits.
tpeu d’être jugé par La flotte mit à la voile sous le commandement d’Alphonse de nnaissance de cause, BMSousa, nommé vice-roi des Indes, lequel voulut avoir le saint sur le Portugal lui remit
“n navire, Il s’y trouvait bien mille personnes: Xavier les regarda emiers, le souverainBtomme un W'oupeau confié à ses soins. nnait d’amples pou-
dréchait tous les dimanche vid, roi d'Éthiopie: ë ätraordinaire des malade t. Il fut impossible Mhisait une espèce d’infi ; que quelques livres PMtue d’aumônes pendan tis. Sur la proposi- PMpressa de Manger à sa t au moins ce qu’il lui en- 8, il répondit : Tant doyait pour sa nourritu $ it toujours qu'il était un utre valet. — Mais, Mpauvre religieux, et qu'ayant fait vœu de pauvreté, il était de son deez; Car enfin vous ÆMoir de l'accomplir, S’ efois de recevoir les plats
570 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517
que lé vice-roi lui envoyait de sa table, il les partageaït avec ceux qu'il savait en avoir le plus de besoin. Attentif à réprimer et même à prévenir touté espèce de désordres, il faisait cesser les murmures, apaisait les querelles ét les disputes, et empêchaît, autant qu'il lui était possible, les jurements, les blasphèmes et la passion du jou. S'il était témoin de quelques mauvaises actions, il réprenait les coupables avec une tellé autorité, que personne ne lui résistait, et son zèle était si bien tempéré par la douceur, qu’on ne pouvait s’en offenser, Les froids insupportables du Cap-Vert, les chaleurs excessives de la Guinée, la putréfaction de l’eau douce et des viandes sous la ligne ayant produit des maladies fâcheuses, il donna les plus grandes preuvesde charité rour les besoins spirituels etcorporels de l'équipage Ce qui'le fit surnommer dès lors le saint père ; et ce nom lui demeura le réste de ses jours, même parmi les Mahométans et les idolâtres.
Après cinq mois de navigation, la flotte doubla lé cap dé Bonne- Espérance et aborda Sur la fin d'août à Mozambique, sur la côte orientale d'Afrique: Elle fut obligée d’y passer Phiver. Les habitants de Mozambique, Mähométans pour la plupart, trañquaient avec les Arabes et les Éthinpiens; mais les Portugais avaiént quelques établissèments chez ce peuple. L'air du pays est malsain, et Xavier, en seïvant lès malades, y tomba malade lui-même. Sa santé étant rétablié, il ‘se remibârqua avec le vice-roi, le 43 mars 1542. Après trois jours dé navigation, on arriva à Mélinde, ville d'Afrique, habitée par les Sarrasins. Xavier pensait à pziler de religion, pout faire sentir les absurdités du mahométisme, lorsqu'un des principaux de la ville le prévint et di demanda s’il n’y avait pas plüs de piété en Europe qu'à Mélinde. Tl ajouta que, de dix-sept mosquées qu'ils avaient, quatorze étaient entièrement abandonnées, et qu’on ne fréquentait presque’ plus les’ troïs autres. Ceite conversation n’eut point d'autre suite, et le saint partit en gémissant sur l’aveuglement de ce peuple. La flotté continua de côtoyer l'Afrique, et alla mouiller au bout de quelques jours à l'île de Socotora, vis-à-vis le détroit dé la Mecque. Xavier”y trouva quelques traces dé christianisme, mais détiguré, et ce né fut pas sans verser des larmes qu’il abandonna un peuple disposé'à recevoir ses’instrüctions. Les Socotorins l’accompagnèrent jusqu’au bord dé‘la mer, en le priant de revenir chez eux. On s'embarqua, et la navigation fut de peu de‘jours. La flotié, après avoir traVérsé la mer d'Arabie et une partie de celle de l'Inde, arriva au port de Goa le 6 mai 4549, le treizième mois depuis sa sortie du port de Lisbonne.
Xavier n'eut pas plus tôt pris terre, qu’il se rendit à l'hôpital, où il choisit:son logement ; mais il ne voulut exercer aucune fonction
. LXXXIV. — De 1517 rtagea't avec ceux éprimer et même ser les murmures, it, autant qu'il lui assion du ju. S'il prenait les coupasistait, et son zèle vait s'en offenser.
rs excessives de la ndes sous la ligne les plus grandes orels de l’équipage > nom lui demeura ns et les idolâtres.
16 cap dé Bonnepique, sur la côte ver. Les habitants afñquaient avec les iént quelques étasain, et Xavier, en a santé étant réta- 1542. Après trois frique, habitée par , pout faire sentir ncipaux de la ville e piété en Europe ses qu'ils avaient, l’on ne fréquentait veut point d'autre nent de ce peuple.
ouiller au bout de roit dé la Mecque.
mais défiguré, et
ma un peuple dis- JBË
l'accompagnèrént hez eux. On s'emflotié, après avoir > l’Inde, arriva au is sa sortie du port
adit à l’hôpital, où
r aucune fonction
11545 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 511
Lans avoir rendu ses dévoirs à l'évêque de Goa. C'était Jean d’Albu:
Luerque, religiéux de Saint-François, que ses vertus rendaïent singu-
lèrement recommandable. Le saint missionnaire lui présenta les brefs | | | | | | | | | |
2 de Paul III, et lui déclara
fois les brefs du Pape Budit : Un légat apostolique, envoyé immédiatement du vicaire de Misus-Christ, n’a pas besoin de prendre sa mission d’ailleurs ; ‘usez Librement des pouvoirs que le Saint:Siége vous a donnés, et soyez Air que, si l'autorité épiscopale est nécessaire Pour les maintenir, Lilene vous manquera pas. 1
D Dès ce moment-là ils se lièrent d'amitié, et leur union devint si 1 Putime dans la suite, qu'ils semblaient tous deux n'avoir qu’un cœur fl Li qu'une ârne. Aussi ‘le père Xavier n’entreprenäit rien sans ‘avoir | à: nsulté l’évêque. L'évêque, de son côté, communiquait tous ses Wsseins au père Xavier, et on ne peut croire combien une telle cor- |
»#pondarice servit au salut des âmes et à l’exaltation de la foi, | 1 L'état où le saint vit la religion dans le pays où il était envoyé fit | L. | |
bruler ses iarmes et l’enflamma de zèle. Les Portugais, livrés aux
Mhssions les plus injustes et les plus honteuses, ne se faisaient aucun
Piripule de l'ambition, de la vengeance, de l'usure, du libertinage. |
Lisemblait que tout sentiment de religion fût éteint dans lu plupart |
fintre eux. Les sacrements étaient universellement négligés. Il n’y |
Prat que quatre prédicateurs dans toutes les Indes, ni guèreplus de
tres hors dé Goa. En vain l’évêque tâchait de faire rentrer les coubles en eux-mêmes ;
es ; si quelques-uns avaient cruautrefois à l'Évangile, ils étaient | tombés dans leu
1 Li vie scandaleuse des Chrétiens était un grand obstacle à la conif Gentils. Xaviér commença sa mission pur les premiers: FA dut rappela les princiges du christianisme, et il s’appliqua sur- | Qt à former la jeunesse à la vertu. Sa couture était de passer la Minée à servir les malades des hôpitaux et à visiter les prisonniers. Parcourait ensuite les rues de Goa, une clochette à la main, ot priait haute voix les pères de famille d'envoyer pour l'amour de Dieu iS enfants et leurs esclaves au catéchisme. Les petits enfants s’as-
572 HISTOIRE UNIVERSELLE ({Liv. LXXXIV. — De 1517 ON à 15
semblaient autour de lui : il les conduisait à l’église, et là leur ex- BN Elle pliquait le symbole des apôtres, les commandements de Dieu et toutes 88 pret les pratiques de piété qui sont en usege parmi les fidèles. Il vint à BN con bout de leur inspirer de vifs sentiments de religion. La modestie et 1 pau la dévotion de ces enfants étonnèrent toute la ville et la firent bien- BW chri tôt changer de face. Les pécheurs les plus abandonnés commencèrent MN E à rougir de leurs désordres. Quelque temps après, il précha en pu- BN 11 s’: blic et se mit à faire des visites dans les maisons particulières. Sa 4 seigl douceur et sa charité furent des armes auxquelles personne ne ré- plus sista. Les pécheurs, pénétrés d'horreur pour leurs crimes, vinrent se BE des jeter à ses pieds pour se confesser, et les fruits de pénitence qui ac- B# cette compagnaient leurs larmes fournirent des preuves certaines de la sin- 4 les c cérité de leur conversion. On renonça aux contrats usuraires, on BA lique restitua les gains illicites, on mit en liberté les esclaves qu’on avait e par c acquis injustement ; ceux qui avaient des concubines les renvoyèrent BN J'e lorsqu'ils ne voulurent point les épouser; enfin l’ordre et la décence BA rope. furent rétablis dans les familles. Les gentilshommes et les marchands D je le donnaient au saint de grosses sommes d'argent, qu'il distribuait de- Dh aisén vant eux dans les hôpitaux et dans les prisons. Le vice-roi y allait ES recor lui-même toutes les semaines avec le saint, pour écouter les prison- B# leurs niers et consoler les pauvres. à dans Cependant l’homme apostolique apprit qu’à lorient de la pres- ‘ Tous qu'ile il y avait, sur la côte de la Péêcherie, qui s'étend depuis le cap Æ# d’ouï Comorin jusqu’à l’île de Manar, un peuple connu sous le nom de à un en Paravas ou de pêcheurs; que ces peuples, par reconnaissance pour Be distin les Portugais, qui les avaient secourus contre les Maures, s'étaient B° symb fait baptiser; mais que, faute d'instruction, ils conservaient tou- 5 peut : jours leurs superstitions et leurs vices. Xavier se chargea d'autant Æ symb plus volontiers de cette mission, qu'il avait quelque connaissance de 1 croyai la langue malabare, qui était en usage à la côte de la Pêcherie. Il se BP ayant fit accompagner par deux jeunes ecclésiastiques de Goa, qui enten- Be bole p daient passablement la même langue, et s’embarqua au mois d'oc- À temps tobre 4542. Il prit terre au cap Comorin, qui est en face de l'ile de Du Ceylan et environ à six cents milles de Goa. Il commença l'exercice BP chréti de son ministère dans un village rempli d'idolâtres : il leur prêcha à garde Jésus-Christ ; mais ils lui dirent qu'ils ne pouvaient changer de reli- { lui est gion sans la permission du seigneur du pays. Leur opiniâtreté cepen- Lestun dant ne put tenir contre la force des miracles que Dieu opéra par À repent son serviteur. Une femme était en travail d'enfant depuis trois jours, 1 loi est et souffrait des peines horribles sans recevoir aucun soulagement, n! ‘1 Aya des prières des brachmanes ni des remèdes naturels. Xavier l’instruisit et la baptisa lorsqu'elle eut déclaré qu’elle croyait en Jésus-Christ. 8 11, ;
iv. LXXXIV. — De 1617
lise, et là leur exnts de Dieu et toutes es fidèles. Il vint à on. La modestie et le et la firent biennnés commencèrent S, il prêcha en puas particulières. Sa les personne ne rés crimes, vinrent se e pénitence qui accertaines de la sintrats usuraires, on sclaves qu’on avait ines les renvoyèrent ordre et la décence Les et les marchands qu'il distribuait de-
Le vice-roi y allait &
écouter les prison-
orient de la presétend depuis le cap nu sous le nom de econnaissance pour s Maures, s'étaient
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e chargea d’autant ue connaissance de le la Pécherie. Il se de Goa, qui entenrqua au mois d'oc-
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ait en Jésus-Christ.
D à 1545 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 573
À Elle fut aussitôt délivrée et parfaitement guérie, comme nous l'apà prenons d’une lettre de Xavier lui-même à saint Ignace 1, Ce miracle | convertit non-seulement la famille de cette femme, mais les princi- K paux habitants du village, et le prince ayant permis l'exercice du À christianisme, tous se firent instruire et baptiser. | Encouragé par ce premier succès, il gagna la côte de la Pécherie. À Il s'attacha d’abord à ceux qui avaient reçu le baptême, et leur en- 2 scigna la doctrine chrétienne. Mais, pour se mettre en état de faire 2! plus de fruit, il voulut bien savoir la langue malabare, et il se donna À des peines infinies Pour y réussir. À force de travail, il traduisit en À cette langue les paroles du signe de la croix, le symbole des apôtres, À lescommandements de Dieu, l'oraison dominicale, la salutation angé- D lique, le Confiteor, le Saive, regina, enfin tout lecatéchisme. Il apprit . par cœur cequ'il put de sa traduction , êtse mit à parcourir les villages. À J’allais la clochette à la main, écrit-il lui-même à ses frères d'Eu- À rope, et, rassemblant tout ce que je pouvais d'enfants et d'hommes, D je leur enseignais la doctrine chrétienne. Les enfants l’apprenaient } aisément par cœur en un mois, et quand ils la savaient bien, je leur | recommandais de l’enseigner eux-mêmes à leurs pères et mères, à | leurs domestiques et à leurs voisins. Les dimanches, j'assemblais
: dans la chapelle les hommes et les femmes, les garçons et les filles.
> Tous y venaient avec une joie incroyable et avec un désir ardent h d'ouir la parole de Dieu. Je commençais par confesser que Dieu est 1 un en nature et trine en personnes ; je récitais ensuite tont haut et L. distinctement l’oraison dominicale, la salutation angélique et le À symbole des apôtres. Tous ensemble: disaient après moi, et on ne À peut s’imaginer le plaisir qu’ils y prenaient. Puis je répétais seul le » symbole, et, insistant sur Chaque article, je leur demandais s’ils À croyaient sans aucnn doute : ils me le protestaient tous à haute voix et { ayant les mains en croix sur l'estomac. Aussi je leur fais réciter le sym- D bole plus souvent que les autres prières, et je leur déclare en même lemps que ceux qui croient ce qui y estcontenu s'appellent Chrétiens. | Du symbole je passe au décalogue, et je leur annonce que la loi L chrétienne est comprise dans ces dix préceptes ; que celui qui les D garde tous comme il faut est un bon Chrétien, et que la vie éternelle À lui est destinée ; qu’au contraire, celui qui viole un de ces préceptes L est un mauvais Chrétien, et qu'il sera damné éternellement, s’il ne se À repent de sa faute, Les néophytes et les païens admirent combien notre D loi est sainte et raisonnable, combien elle s'accorde avec elle-même. î Ayant fait ce que je viens de dire, j'ai coutume de réciter avec eux
F' 1L. 1, epist, 4.
574 HISTOIRE UNIVERSELLE |Liv. LXXXIV. — De 15!
l'oraison dominicale et la salutation angélique. Nous reprenons tout de nouveau le symbole, et, à chaque article, outre le Pater, et l'A nous entremélons une courte prière ; car, ayant prononcé tout hau@® aff le premier article de la foi, je commence ainsi » et ils suivent : « Jésus Là Fils du Dieu vivant, faites-nous la grâce de croire sans hésiter ce pre 4 de mier article de votre foi. Nous vous offrons à cette intention l’oraisorié à dont vous êtes vous-même l’auteur. » Nous ajoutons : « O Marie fai
sainte Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, obtenez-nous de votré Fils bien-aimé la grâce de croire cet article sans nul doute, » Om Sie tient la même méthode dans les’ autres articles. On parcourt à pe, AU près de la même sorte les préceptes du décalogue. Dès que nou QUE avons récité ensemble le premier précepte, qui est d'aimer Dieu, nou € prions en cette manière ; « Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, accorde/Le les nous la grâce de vous aimer sur toutes choses 3 et nous disons immé cou diatement après l'oraison dominicale. On ajoute aussitôt : « 0 MarieË qu sainte Mère de Jésus, obtenez-nous de votre Fils la grâce d’observe Chr fidèlement ce précepte ; » et on dit la salutation. angélique. Nou@ ten gardons la même formule dans les autres neuf commandements, e tem la changeant, néanmoins un peu, selon que la matière l'exige. P Ce sont là les choses que je les accoutume à demander à Dieu dan. 40 E les prières Communes : je ne laisse pas de leur déclarer quelquefoi plus que, s'ils obtiennent ce, qu’ils demandent, ils auront le reste plu) 0Ù i amplement qu’ils ne pourraient le demander. + chap Je: fais dire à tous le Confiteor, et principalement à ceux qui doidi, loi v vent recevoir le baptême, auxquels je fais dire encore le Credo. ! auto chaque article, je les interroge s'ils croient,sans douter aucunemen D ‘eu et quand ils m’en assurent, je leur fais d'ordinaire une exhortatiog. Ce que j'ai composée en leur langue : c’est un abrégé des dogmes di Man christianisme et des devoirs du Chrétien nécessaires au salut, Enf. voulk je les baptise, et on finit tout en chantant Save, regina, pour imploregn avec l'assistance de la sainte Vierge. . Xa Le saint homme forma des catéchistes qui lui furent d’un grand, titudi secours pour achever les conversions que ses discours avaient com! | plus mencées. La ferveur de cette chrétienté naissante était admirablebs de Ve Xavier, écrivant aux Pères de Rome, confesse lui-même n'avoir poinb| l'instr de paroles pour l’exprimer. Il ajoute que la multitude de ceux qui, leur recevaient le baptême était si grande, qu’à force de baptiser contië} Mana nuellement, il ne pouvait plus lever le bras, et que la voix lui man b plust quait souvent en redisant tant de fois le symbole des apôtres et lei fit des commandements de Dieu, avec une petite instruction qu'e faisaib{ Comm toujours sur les devoirs d’un véritable Chrétien, avant que &e “aptifs l'Églis
LA ]n mA ser les adultes. Les enfants seuls qu moururent après leur baptémg j ‘© M
LLiv. LXXXIV. — De 1519 . Nous reprenons tou
à 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
montaient, selon son calcul, au nombre de plus de mille. Ceux qui
itre le Pater, et l'An véeurent et qui commençaient à avoir l'usage de raison étaient si nt prononcé tout hau@ affectionnés aux choses de Dieu etsi avides de savoir tous les myst ils suiveñt : « Jésus tères de la foj,qu’ils ne donnaient presque pas le temps au père Xavier re sans hésiter ce pre de prendre un, peu de nourriture où de repos. {ls le cherchaient à tte intention l’oraiso 5 toute heure, et il était quelquefois obligé de se cacher d'eux pour joutons : « © Marie faire oraison et pour dire son bréviaire, t, btenez-nous de votr@ C’est avec le secours de ces néophytes si fervents qu'il faisait pluans nul doute, » 04 Sieurs bonnes œuvres et même une partie des guérisons miraçuleuses . Onparcourt à pa. que le ciel opéra par son ministère. Il n’y eut jamais tant de malades logue. Dès que nou&, en Ja côte de la, Pécherie que lorsque le saint y fut. Il semblait, st d'aimer Dieu, nou@® écrit-il lui-même, que Dieu envoyât des:maladies à ces peuples pour Dieu vivant, eccordezB 16s attirer à sa Connaissance presque malgré eux; car, venant à reet nous disons immé@ Couvrer la santé tout à coup et contre toutes les apparences, . dès e aussitôt : « O Marie qu'ils recevaient le baptême.ou qu'ils invoquaient le nom de Jésus- Is la grâce d'observeli Christ, ils voyaient clairement la différence entre le Dieu des Chrétion angélique. Nou À tiens. et les pagodes ; c'est, le nom qu'on donne. dans l'Orient et aux commandements, e temples et aux simulacres des faux dieux. bou ini ratière l'exige. Personne ne tombait malade parmi les Gentils qu'on. n’eût recours lemander à Dieu dan@! 24 père Xavier. Comme ikne pouvait pas suflire à tout ni être en déclarer quelquetoif. plusieurs endroits a même temps, il envoyait les enfants chrétiens auront le reste pluf, Où il ne, pouvait. aller lui-même. En partant, l'un. lui prenait son chapelet, L'autre son crucifix ou son reliquaire, et tous, animés d’une nent à ceux qui doilé fi vive, se dispersaient par les bourgs et les villages. Là, ramassant re encore le Credo. À autour des malades le plus degens qu'ils pouv douter aucunementk 4 n. , aire une exhortatio} € qu’ils savaient par cœur de la d régé des dogmes di Mandaïient au malade s’il croyait aires au salut. Enfi, Voulait être baptisé. Dès qu'il avai egina, pour imploreÿs, avec le chapelet ou le crucifix du
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ui furent d’un gran( L IScours avaient comê nte était admirablek -même n'avoir poinb ultitude de ceux quin ce de baptiser contigl que la voix lui manÿi plus tôt arrivés, que le démoni le des apôtres et le& fit des contorsions et jeta des cris effroyables. Bien loin d’avoir peur, truction qi! faisaifs comme ont les enfants, ils chantèrent autour de lui les Prières de avant que «0 “aptif l'Église ; après quoi ils le contraignirent de baiser la croix, et, dans après leur bapténÿ | le même moment, le démon se retira, Plusieurs païens qui étaient
appela seulement de jeunes Chrétiens, portait sur sa poitrine, et les envoya à
le malin esprit. Ils n’y furent pas aque, plus furieux qu’à l'ordinaire,
576 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV., — De 1547 MN à 1
présents, et qui reconnurent visiblement le pouvoir de la croix, se M I | convertirent sur-le-champ et devinrent ensuite d'excellents Chrétiens, M par Ces petits néophytes, que Xavier employait ainsi dans les ren- BN 1 contres, disputaient sans cesse contre les Gentils et brisaient autant ÆN tou d’idoles qu'ils en pouvaient attraper ; ils les brûlaient même et ne MP fss manquaient pas de jeter les cendres au vent. Que s’ils découvraient 8 loi qu’un Chrétien eût des pagodes cachées qu’il adorât en secret, ils le W reprenaient hardiment ; et quand leurs réprimandes ne servaient de à rien, ils en avertissaient le saint homme, afin qu’il y remédiat par We lui-même. Xavier visitait souvent avec eux les maisons suspectes, et, ge le sa s’il s’y trouvait quelque idole, elle était aussitôt mise en pièces1, fn plus Les miracles qu'opéra Xavier par le moyen des enfants le firent 8N chan admirer des Chrétiens et des idolâtres ; il n’y avait pas jusqu'aux D brachmanes, ces fameux philosophes de l’Inde, qui ne l’honorassent, Bù Le saint, voyant combien l'Évangile faisait de progrès parmi lef\ peuple, et que, s’il n’y avait point de brachmanes aux Indes, ill n'y aurait peut-être pas un idolâtre dans tous ces vastes royaumes | de l'Asie, n’épargna rien pour ramener à la connaissance du vrai Dieu une nation si perverse. Il traita souvent avec eux de la vraie religion, et il eut un jour une occasion favorable de le faire. Passant assez près d’un monastère où plus de deux cents brachmanes vivaient ensemble, il fut visité des principaux, qui eurent la curiosité de voir un homme dont la réputation était si grande partout. Il lesh reçut avec un visage agréable, selon sa coutume, et, les ayant mis peuB à peu sur un discours du salut de l'âme, il les pria de lui dire ce quel leurs dieux commandaient qu'on fit pour être bienheureux après laBe mort. Îls se regardèrent les uns les autres et furent quelque temps sans répondre. Enfin un vieux brachmane âgé de quatre-vingts ans prit la parole, etidit d’un ton grave que deux choses conduisaien une âme à la gloire et la rendaient compagne des dieux : l’une, de ne point tuer de vaches, et l’autre de faire l’aumône aux brach manes. Chacun confirma la réponse du vicillard et y applaud comme à un oracle sorti de la bouche des dieux mêmes. Eftective ment, nous avons vu que, suivant ces illustres philosophes, le plu grand bonheur de l’homme en ce monde est de mourir en tenantun vache par la queue !. Un aveuglement si étrange donna de la com passion au père Xavier, et les larmes lui en vinrent aux yeux. Il se leva tout à coup, car ils étaient tous assis, et il récita doucement À mais à voix haute, le symhole de la foi et les préceptes du décaloguek s’arrêtant à chaquefarticle et l’expliquant brièvement en leur langue Lblaisir de
ds douce ‘ # Bouhours, Vie de saint François-Xavier, |. 2. 2 Voir livre 20 de cette Histoires Croix
Liv. LXXXIV, — De 1517 uvoir de la croix, se
à 11 leur déclara ensuite ce que c'étaient excellents Chrétiens. 8h par quelles actions on méritait l’un et l’a tainsi dans les ren. D} Les brames qui écout ls et brisaient autant BA tous dès qu’il eut achevé rûlaient même et ne MN fessant que le Dieu des ue s'ils découvraient BN loi était si conforme aux lorât en secret, ils le @N lui tit diverses questions, auxquelles’ il répondit d’une indes ne servaient de PM les contenta beaucoup. Les Voyant instruits et disposés qu'il y remédiât par We
Lil leur parla d'embrasser la foi de Jésus-Christ. Ils répondirent , dit haisons suspectes, et, Ù le saint dans une de ses le
mise en pièces 1, 2 plusieurs Chrétiens :
des enfants le firent … changer ? Et puis avait pas jusqu'aux qe des offrande qui ne l’honorassent. BN tt l'intérêt firent
; ité ne servit qu’à les [ll le progrès parmi Je 3 nanes aux Indes, il;
s et prêtres d'idoles, 1 “iln”y en eut jamais qu’u anisme de bonne foi, | | es vastes royaumes e des miracles bien capables | onnaissance du vrai de sa canonisation, qu'il resvec eux de la vraie Le premier était un catéchiste de le faire. Passant pents dont toutes les piqüres nts brachmanes vi- tait un enfant qui s'était noyé dans un i eurent la curiosité alrième étaient ande partout. Il les
un jeune garçon et une | ‘eune fille qu’une maladie contagieuse avait enlevés. | et, les ayant mis peu i
ia de lui dire ce que
ienheureux après la rent quelque temps le quatre-vingts ans choses conduisaien | es dieux : l'une, delPhrec le prochain. I] fatigues étaient sans re- | aumône aux brach-Biche, et qu'il aura ux, si Dieu ne l’eût sou- | ard et y applaudi@inu. Car, Pour n de la prédication et des | « mêmes. Effective-Butres fonctions évangéliques qui l'occupaient jour et nuit, il ne naisphilosophes, le plu PaS une querelle ni un différend qu'on ne le prit pour arbitre : ourir en tenant une parce que ces barbares, naturellement colères, étaient souvent mal e donna de la com sehble, il destina Certaines heures aux éclaircissements et aux réent aux yeux. Il se Lonciliations. II n’y avait Pas un malade qui ne Le fit appeler, Comme récita doucement Si y en avait plusieurs et qu'ils étaient la plupart dans des villages eptes du décalogue Eébignés les uns des autres, il n'est pas croyable quel était son dérent en leur langue Æhkisir de ne Pouvoir les secourir tous. A cela près, il goûtait toutes
D douceurs que Dieu CoMnunique aux âmes qui ne cherchent que re 20 de cette histoires “oix ; et l'abondance des délices spirituelles l'obligeait souvent XXII,
que le paradis et l'enfer, et utre.
aient le Père avec admiration de parler, et coururent l'embra Chrétiens était le Dieu véritabl Principes de la lumière natu
Term pc À
» Se levèrent sser, en cone, puisque sa relle. Chacun
pin me
e les convertir, uscita quatre morts dans ce temps-là,
ui avait été piqué par un de ces ser ont mortelles ; Je second é
ÿ SON Sommeil de trois | et à, terre ; caril se défit |
se passait avec Dieu ou
578 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. — De 1517 de prier la bonté divine'qu’elle les ménageñt. C'est aussi ce qu'il écrivit à son père Ignace en des termes généraux et sans se nommer lui-même.
Après avoir raconté ce qu'il faisait dans la côte de la Pécherie : Je n'ai rien autre chose à vous écrire de ce pays-ci, dit-il, sinon que ceux qui y viennent pour travailler au salut des idolâtres reçoivent tant de consolations d’en haut, que, s’il y a une véritable joie en ce monde, c’est celle qu'ils sentent. Il m'arrive plusieurs fois, poursuit. B il, d'entendre un homme dire à Dieu : Seigneur, ne me donnez pas # tant de consolations en cette vie; ou si vous voulez m'en combler # par un excès de miséricorde, tirez-moi à vous et faites-moi jouir de Be votre gloire, car c’est un trop grand supplice que de vivre sans vous 8 voir. 4 ï Il y avait plus d’un an que Xavier travaillait à la conversion des Bi di Paravas. La moisson était si abondante, qu’il crut devoir partir ‘2 à pour Goa, sur la fin de 1543, afin de se procurer des coopérateurs. W On lui contia le soin du séminaire, dit de Sainte-Foi, lequel avait été En fondé pour l’éducation des jeunes Indiens. Son zèle l'appelant ailleurs, il remit le gouvernement de cette maison entre les mains de la compagnie de Jésus qu’on avait envoyée aux Indes. Il agrandit le séminaire, et dressa les règlements qu’on devait y suivre pour formerh les jeunes gens aux lettres et à la piété. Ce séminaire prit alors lea nom de saint Paul, de son église qui était dédiée sous le nom de cet apôtre. Par la même raison, les disciples d’Ignace furent appelés Pères de saint Paul, ou Paulistes. L'année suivante, Xavier retourna chez les Paravas avec quelques ouvriers évangéliques, tant Indiens qu'Européens, qu'il distribua dans différents villages. Il en mena quelques-uns avec lui dans le royaume de Travancor, où, comme il le dit dans une de ses lettres, il baptisa de ses propres mains jusqu’ dix mille idolâtres dans l’espace d’un mois. On vit quelquefois un vil lage entier recevoir le baptême en un jour. Le saint s’avança dans les terres; mais comme il ne savait pas la langue du pays, il se con tentait de baptiser les enfants et de servir les malades qui faisaien suffisamment connaître leur état par signes.
Pendant qu’il exerçait son zèle dans le royaume de Travancor Dieu lui communiqua le don des langues, suivant la relation d'ur jeune Portugais de Coïmbre, nommé Vaz, qui l'accompagna dan$ voulu Fri plusieurs de ses courses apostoliques. Il parlait la langue des barbaÿ” prédice
med ie
res sans l'avoir jamais apprise, et il se faisait entendre sans avoir be# de parc soin de truchement. Il prêchait souvent dans la plaine à cinq ou si tis, et mille personnes assemblées. Ses succès animèrent les brames contr@ de char lui ; ils lui tendirent des piéges et employèrent divers moyens pou par vot
Liv. LXXXIV, — De 1517 C'est aussi ce qu'il et sans se nommer
e de la Pêcherie : Je ci, dit-il, sinon que s idolâtres reçoivent véritable joie en ce ieurs fois, poursuit- , ne me donnez pas Julez m'en combler faites-moi jouir de e de vivre sans vous
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Foi, lequel avait été
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N 41545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 579 À lui ôter la vie; mais Dieu rendit leurs efforts inutiles, et conserva celui » dont il faisait l'instrument de ses miséricordes. Il était dans le À royaume de Travancor, lorsque les Badages, peuple sauvage qui vi- À vait de rapines, y firent une incursion, Il se mit à la tête d’une petite troupe de Chrétiens fervents, et, tenant en main un crucifix, il s’avança vers ces barbares, auxquels il ordonna de la part du Dieu vi- D vant de ne point passer outre et de s’en retourner. Le ton d'autorité D avec lequel il leur parla remplit les chefs de terreur : ils restèrent D. confondus et sans mouvement, ainsi que les autres brigands qu'ils D. commandaient. Ils se retirèrent en désordre et abandonnèrent le pays. À Cet événement procura au saint la protection du roi de Travancor, et ce prince lui donna le surnom de grand-père.
& Xavier, préchant à Coulan, village de Travancor, morin, s’aperçut que la plupart des idolâtres étaient ses discours. Il pria Dieu d’ ne pas permettre que le san > pandu pour eux.
près le cap Copeu touchés de amollir la dureté de leurs cœurs, et de 8 de Jésus-Christ eût été inutilement ré- Il fit ensuite ouvrir un tombeau où l'on avait en- “ terré un mort le jour précédent, Les assistants avouèrent que non-seulement le corps était privé de vie, mais encore qu'il com- » mençait à sentir mauvais. Le saint se mit alors à genoux, et, après une courte prière, il commanda au mort, par le nom du Dieu vivant, » de revenir à la vie. Aussitôt le mort ressuscite, et se lève plein de À force et de santé. Tous les assistants furent si frappés de ce prodige, ‘4 qu'ils se jetèrent aux pieds du saint et lui demandèrent le baptême. D. avier ressuscita sur la même côte un jeune Chrétien qu’on portait à en terre. Les parents de ce jeune homme, pour conserver la mémoire ” du miracle, firent planter une grande croix à l'endroit où il avait été | opéré. Ces prodiges touchèrent tellement le peuple, que le royaume D de Travancor fut chrétien en peu de mois. 1l n’y eut que le roi et les D personnes de la cour qui restèrent dans les ténèbres ct les supersti- À lions du paganisme.
! La réputation du saint missionnaire se répandit dans toutes les 2 Indes ; les idolâtres le faisaient prier de toutes parts de venir les 1 instruire et les baptiser. Il écrivit à saint Ignace en Italie, et au père L Simon Rodriguèz en Portugal, pour leur demander des ouvriers D évangéliques. Dans les transports du zèle qui l'enflammait, il aurait D voulu changer les docteurs des universités de l'Europe en autant de L'prédicateurs de l'Évangile. Il me vient souvent en pensée, disait-il, > de parcourir les académies de l'Europe, principalement celle de Pa.. 4 tis, et de crier de toutes mes forces à ceux qui ont plus de savoir que = de charité : Ah! combien d’âmes perdent le ciel et tombent en enfer > par votre faute! Il serait à souhaiter que ces gens s’appliquassent à
580 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 1517
la conversion des âmes, comme ils font à l'étude des sciences, atin de pouvoir rendre compte à Dien de leur doctrine et des taients qu'il
La15
ral
lcur a donnés. Plusieurs, sans doute, touchés de cette pensée, feraient en, une retraite spirituelle, et vaqueraient à la méditation des choses cé- qui lestes pour entendre la voix du Seigneur. Ils renonceraient à leurs il le passions, et, foulant aux pieds les vanités de la terre, ils se mettraient puis
en état de suivre tous les mouvements de la volonté divine. Ils di- L prof raient même de toute leur âme : Me voici, Seigneur, envoyez-moi où É.
il vous plaira, et aux Indes si vous le voulez. Mon Dieu, que ces sa- # ét ha vants vivraient beaucoup plus contents qu'ils ne vivent! que leur sa- Libé: lut serait plus en assurance ! et qu’à la mort, tout prêts à subir le re terrible jugement que personne ne peut éviter, ils auraient sujet d’es- L édale pérer en la miséricorde de Dieu, parce qu'ils pourraient dire : Sei- L réné: gneur, vous m'aviez donné cinq talents, et en voici cinq autres (UCE PR J'ai gagnés par-dessus ! Je prends Dieu à témoin, que, ne pouvant du retourner en Europe, j'ai presque résolu d'écrire à l’université de D thor Paris, nommément à nos maîtres Cornet et Picard, pour leur décla- 3 était | rer que des millions d'idolâtres se convertiraient sans peine s’il y Eu avait beaucoup de personnes qui cherchassent les intérêts de Jésus- Bin dé Christ, et non pas les leurs 1, EE dd Il vint au saint homme des députés des Manarais, qui demandaient Eh vis le baptême avec de vives instances. Comme il ne pouvait encore à bant quitter le royaume de Travancor, parce qu'il fallait affermir la chré- "
tienté qu'il y avait établie, il leur envoya un missionnaire dont il connaissait le zèle. Il y en eut un très-grand nombre qui se convertirent et reçurent le baptême. L'île de Manar, située vers la pointe la je nè& plus septentrionale de Ceylan, était alors sous la domination du roi p quit de Jafanapatan : c’est le nom qu'on donne à la partie septentrionale En surpri de Ceylan. Ce prince, qui haïssait la religion chrétienne, n'eut pas
plus tôt été instruit du progrès qu’elle faisait parmi les Manarais,
qu'il les attaqua les armes à la main. Il massacra six à sept cents LL. Chrétiens qui confessèrent généreusement Jésus-Christ, et qui ai- 4 sitio mèrent mieux faire le sacritice de leur vie que de la conserver en Den ve retournant à leurs anciennes superstitions. Le roi de Jafanapatan, qui D boint à
avait usurpé la couronne sur son frère aîné, fut tué depuis par les
Portugais, lorsqu’ils s’emparèrent de Ceylan. Des princes et prin- É mn cesses de sa famille embrassèrent aussi le christianisme, et eurent leB uithé: courage de quitter le pays et les espérances qu'ils pouvaient y avoir, ? qui ref pour ne pas perdre le précieux dépôt de la foi. Ebrde t . Xavier fit un voyage à Cochin, pour conférer avec le vicaire géné- M péct D rie hon
1L.1,epist, 6,
1 Le 5:
> des sciences, atin et des taients qu'il tte pensée, feraient tion des choses cé.
1onceraient à leurs re, ils se mettraient onté divine. Ils diar, envOyez-moi où 1 Dieu, que ces savivent! que leur sait prêts à subir le auraient sujet d’esurraient dire : Seiici cinq autres que l, que, ne pouvant e à l’université de d, pour leur décla- , sans peine s’il y intérêts de Jésus-
s, qui demandaient ne pouvait encore it affermir la chréissionnaire dont il 1bre qui se converée. vers la pointe la domination du roi artie septentrionale rétienne, n'eut pas rmi les Manarais, ra six à sept cents s-Christ, et qui aide la conserver en
de Jafanapatan, qui tué depuis par less
s princes et prin
nisme, et eurent leB pouvaient y avoir,
vec le vicaire géné-B
=. Le saint résolut alors d'exécuter le projet qu'il méditait d'aller
1 à 1515 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 584
L ral des Indes sur les Moyens de remédier aux désordres des Portu- | gais, qui étaient un grand obstacle à la Conversion des idolâtres. I D l'engagea même à repasser en Portugal pour ins qui se passait; et il lui remit une lettre pour ce il le conjurait, par les, motifs les plus pressa à puissance à procurer la gloire de Dieu ) propres à réprimer les scandales.
M IL voulüt visiter l'île de Manar, qui, comme nous l'avons dit, avait D été arrosée du sang des Chrétiens. Par ses prières, il délivra le pays D des ravages d’une peste cruelle : ce qui contribua beaucoup à aug- D] menter le nombre des fidèles, et à confirmer dans la foi ceux qui h avaient déjà reçu le baptême. Ayant fait un voyage à Méliapor, pour | vénérer les reliques de saint Thomas et pour implorer les lumières b du Saint-Esprit par l'intercession de cet apôtre, il y convertit pluà sieurs pécheurs qui vivaient dans des habitudes invétérées. Un gen- » tihomme portugais y menait une vie très-scandaleuse, Sa maison » était un petit sérail, et rien ne l'occupait davantage que le soin d’a- D voir de belles esclaves. Xavier l'alla voir un jour environ l'heure du 2. diner, Voulez-vous bien, lui dit-il, que, pour faire connaissance, D nous dinions ensemble aujourd’hui? Le Portugais fut embarrassé de a visite et du compliment; il se contraignit néanmoins, et fit sem- 4 blant d'être fort aise de l'honneur que le Père lui faisait, Durant le diner, Xavier ne lui dit pas un mot de ses débauches, et ne l’entrejint que de choses indifférentes, bien qu'ils fussent servis par de L jeunes filles qui étaient habillées peu modestement et qui avaient un Dir assez effronté. Il continua de la même sorte au sortir de table, et L le quitta enfin sans lui faire le moindre reproche, Le gentilhomme, É surpris de la conduite du père François, crut que ce silence était de mauvais augure, et qu'il n'y avait plus rien à attendre pour lui “qu'une mort désastreuse et un malheur éternel. D ilalla en diligence trouver le saint, Mon père, slence m'a parlé fortement au cœur! Je n’ repos depuis que vous êtes sorti de chez moi. Ah! si ma perte n’est point encore tout à fait conclue, me voici entre vos mains, faites de noi ce que vous jugerez à propos pour le salut de mon âme! je vous béirai aveuglément., Xavier l'embrassa, et, après lui avoir fait en- - kndre que les miséricordes du Seigneur sont infinies, et que celui qui refuse quelquefois le temps de la pénitence aux pécheurs acorde toujours le pardon aux pénitents, il lui fit quitter les occasions
» lu péché, et le disposa à une confession générale dont le fruit fut une brie honnête et chrétienne.
truire le roi de ce prince, dans laquelle nts, de faire servir sa et d'employer les moyens
ans cette pensée, lui dit-il, que votre ai pas eu un moment de
582 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXXIV, — De 1517 À à 1545 «
prêcher l'Évangile dans l'île de Macassar. Il s’embarqua pour Malaca, DS deux € ville fameuse de la presqu'ile au delà du Gange. Le commerce y at- BA nous é tirait, outre les Indiens, les Arabes, les Perses, les Chinois et les Ja. © porte I ponais. Les Sarrasins l’enlevèrent au roi de Siam,.et y établirent le Apri Mahométisme, Mais d'Albuquerque s'en empara lan 1514, et elle #5 dans l appartenait aux Portugais dans le temps dont nous parlons. Le saint 8" pour l’ y arriva le vingt-cinq septembre 1545, Par ses instructions, auxquel- BN peines les divers miracles donnèrent une nouvelle force, il retira du vice @M souffrir les mauvais Chrétiens, ‘et convertit un grand nombre d'idolâtres et de BA solatior Mahométans. Il attendit inutilement une occasion pour aller à Ma- BP après h cassar; ce qui lui fit juger que le moment marqué par la Providence 4 exposé n'était pas encore arrivé. Ayant pris terre à l'ile d’Amboine, il y F seul, sc exerça son zèle avec beaucoup de succès, et y opéra un grand nom- @h ces îles bre de conversions. Il alla prêcher encore dans d'autres îles, et fit un ! L par l’al séjour assez considérable aux Moluques, L'endurcissement des ha- 88 je ne : bitants ne le rebuta point; sa patience et ses discours en touchèrent B\ rieures enfin plusieurs, et il forma une église assez nombreuse de tous ceux B° continu qu'il baptisa. D saint fu Dans l’une de ces îles, nommée Baranura, il recouvra miraculeu- D siünnai sement son crucifix en la manière qu’on va dire, et qu'a racontée BS pagnie. un Portugais, nommé Fauste Rodriguèz, qui fut témoin de ce fait, Dh ché; il qui l’a déposé avec serment, et dont le témoignage juridique est 8" dans le procès de la canonisation du saint.
Nous étions sur mer, dit Rodriguèz, le père François, Jean Ra- 4 poso et moi, lorsqu'il s’éleva une tempête qui alarma tous les mate-| lots. Alors le Père tira de son sein un petit crucifix qu'il portait toujours, et, s’étant baissé au bord du navire, il voulut le plongeræ dans la mer, mais le crucifix lui échappa de la main et fut emportébe par les flots. Cette perte l'aflligea sensiblement, et il nous témoignalh lui-même sa douleur. Le lendemain nous abordâmes à l'ile de Ba ranura, Depuis que le crucifix fut perdu jusqu'à ce que nous primes terre, il se passa environ vingt-quatre heures, durant lesquelles nous fümes toujours en péril. Ayant mis pied à terre, le père Françoi et moi nous allions ensemble le long du rivage vers le bourg de Ta malo, et nous avions fait environ cinq cents pas, quand nous vimes Jun et l'auire sortir de la mer un cancre, qui portait entre ses serres le même crucifix élevé en haut. Je vis que le cancre vint droit a Père, à côté duquel j'étais, et qu'il s'arrêta devant lui. Le Pè s'étant mis à genoux, prit son crucifix, après quoi le cancre sel retourna à la mer. Mais le Père, sans se lever, embrassant et baisan@n le crucifix, demeura au même lieu une demi-heure en oraison, leg mains en croix sur la poitrine, et moi avec lui, rendant grâces tous
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à1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 583
| deux ensemble à Notre-Seigneur d’un si évident miracle, Ensuite, nous étant levés, nous continuâmes notre chemin. Voilà ce que rap- » porte Rodriguëz !,
Après avoir annoncé l'Évangile aux Moluques et à Ternate, il passa . dans l'île du More, malgré toutes les représentations qu'on lui fit » pour l'en détourner. S'il en convertit les habitants, ce fut avec des | peines incroyables ; et il serait difficile d'exprimer tout ce qu'il eut à À souffrir dans cette mission; mais il en fut dédommagé par les con- » solations intérieures qu'il reçut. Voici ce qu'il mandait à saint Ignace, … après lui avoir fait une peinture du pays: « Les périls auxquels je suis … exposé et les travaux que j'entreprends pour les intérêts de Dieu 4 seul, sont des sources inépuisables de joie spirituelle : en sorte que - ces Îles, où tout manque, sont toutes propres à faire perdre la vue 2. par l'abondance de larmes qui coulent sans cesse des yeux. Pour moi, à je ne me souviens pas d’avoir jamais goûté tant de délices inté- … ricures, et ces consolations de l’âme sont si pures, si exquises et si … continuelles, qu’elles ôtent le sentiment des peines du corps.» Le 4 saint fut obligé de faire un voyage à Goa pour se procurer des mis- } sionnaires et pour régler quelques affaires qui concernaient la com- D pagnie. Il visita sur la route plusieurs des îles où il avait déjà pré- À ché; il arriva à Malaca au mois de juillet de l’année 1547. Au » commencement de l’année suivante, il s’embarqua pour l’île de Ceylan, où il gagna à Jésus-Christ un grand nombre d’infidèles, et
L entre autres deux rois.
À Pendant le séjour que Xavier fit à Malaca, on lui présenta un Ja- L ponais nommé Anger. C'était un homme de trente-cinq ans, marié, riche, noble d'extraction, et qui avait mené une vie assez libortine. Les Portugais, qui deux ans auparavant firent la découverte du » Japon, le reconnurent à Cangoxima, lieu de sa naissance, et surent à de lui-même qu’étant fort troublé du souvenir des péchés de sa jeuà nesse, il s'était retiré parmi les bonzes solitaires; mais que ni la so- “litude ni l'entretien de ces moines du Japon n'avaient pu lui rendre D k tranquillité de son esprit, et qu’il s'était remis dans le commerce “du monde, plus agité que jamais des remords de sa conscience. Les D Portugais lui parlèrent du père Xavier, leur ami, le refuge des pécheurs et le consolateur des afiligés. Anger se sentit une forte envie L l'aller chercher le saint homme ; mais la longueur du chemin était L de huit cents lieues; les périls d’une mer très-orageuse et la considé- P'ation de sa famille le refroidirent un peu. Une méchante affaire : qu'il eut presque au même temps le détermina enfin ; Car, ayant tué
endant grâces tous * Bouhours, Vie de saint François-Xavier, 1. 3.
ae Ca
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un hoñime dans une querelle et étant poursuivi par là justice, il ne {M joi
trouva point de meilleure retraite que les navires des Portugais, ni de voie plus sûre que d’accepter l'offre qu’on lui avait faite. Après quelques autres incidents, il vint donc à Malaca, où saint François- Xavier le reçut avec bonté, et lui promit la tranquillité de l'âme qu'il cherchait ; mais il ajouta qu’on ne pouvait goûter cette tranquillité que dans la véritable religion. Le Japonais fut charmé de ce discours; et comme il savait un peu le portugais, le saint l'instruisit des mystères de la foi, et lui proposa:de s’embarquer avec ses domestiques pour Goa, où il devait aller bientôt lui-même.
Le vaisseau que monta le saint missionnaire allait droit à Cochin. à Il fut assailli dans le détroit de Ceylan de la plus violente tempête; de sorte qu’on fut obligé de jeter toutes les marchandises dans la M mer. Le pilote, ne pouvant plus gouverner, abandonna le vaisseau 4
à la merci des vagues. On eut l’image de la mort devant les yeux
pendant trois jours et trois nuits. Xavier, après avoir entendu les ï confessions de l'équipage, se prosterna aux pieds d’un crucifix, et #
pria avec tant de ferveur, qu’il était comine absorbé en Dieu. Le vaisseau, emporté par un courant, donnait déjà contre les bancs de Ceylan, et les matelots se croyaient perdus sans ressource. Le saint sort alors de sa chambre, où il s’était enfermé. Il demande au pilote l: corde et le plomb qui servaient à sonder la mer : il les laisse aller jusqu’au fond, en prononçant ces paroles : Grand Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, ayez pitié de nous ! Au même moment, le vaisseau s'arrête et le vent s’apaise. Ils continuent ensuite le voyage, et arrivent heureusement à Cochin le 21 janvier 1548.
De Cochin, Xavier écrivit aux Pères de la compagnie qui étaient à | Rome, et leur raconta le danger qu’il avait couru dans le détroit de ? Ceylan. Dans le fort de la tempête, dit-il en sa lettre, je pris pour À
intercesseurs auprès de D.eu, premièrement les personnes vivantes de notre compagnie avec toutes celles qui lui sont affectionnées, en-
suite tous les Chrétiens, pour être assisté par les mérites de l'épouse À
dedésus-Christ, lasainte Église catholique, dont les prières sont exau-
céés dans le ciel, bien qu’elle demeure sur la terre. Je m'’adressai à après aux morts, et particulièrement à Pierre Lefèvre, pour apaiser la colère de Dieu. Je parcourus les ordres des anges et des saints, et je E les invoquai tous. Mais afin d'obtenir plus aisément le pardon de :
mes innombrables péchés, je réclamai pour ma protectrice et pour
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