‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 122 · MR EE · texte numérisé non relu

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Hsamesmenenserenan] sn ie ve 2e

84 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De EN, ;

Le Pape expose ensuite tout ce qu’il a fait pour ramener Luthah

et lui faire quitter ses erreurs; il l’a cité à Rome, voulant le traiteh

avec beaucoup de douceur; il l’a exhorté par ses légats et par a. lettres à rentrer en lui-même; il lui a offert un sauf-conduit ets l'argent pour les frais du voyage, en lui promettant toute sûre

persuadé que, s’il eût fait cette démarche, il aurait reconnu sin

rement ses erreurs, et ne se serait pas si furieusement emporté con la cour de Rome, qu’il a déchirée par les plus insignes calomni Mais, au mépris de tout cela, il a dédaigné de venir, est demeu contumace plus d’une année sous les censures, et, ajoutant le mal mal, a témérairement appelé au futur concile, contrairement à

constitutions de Pie II et de Jules II, qui ont déclaré ces appels 1 4 nissables des peines imposées aux hérétiques : appellation d’aillew

illusoire, puisqu'il professe publiquement de ne pas croire au oi cile. Le Pape pourrait donc dès à présent le condainner comme n#.

toirement suspect sur la foi, ou plutôt vraiment hérétique. Toutefois, de l’avis de nos frères, imitant la clémence du Seigney qui ne veut point la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse qu’il vive; oubliant tous les outrages faits à nous et au Siége an stolique, nous avons résolu d’user de toute la bonté possible, et faire tout ce qui esten nous, pour que, par la voie de miséricorde nous lui proposons, il revienne à lui-même, et qu’il s’éloigne des

erreurs, afin que nous le recevions avec bienveillance, comme l'abi

fant prodigue revenant au sein de l'Église. C’est pourquoi, et Mai ‘ onstantinople

lui-même, et tous ses adhérents, protecteurs et fauteurs, nous ln conjurons par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu et pari sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en qui et par qui a été faite) rédemption du genre humain et l’ édification de la sainte Église no mère; nous les exhortons et les conjurons de tout notre cœur& cesser de troubler la paix, l’unité et la vérité de l’Église, pour taqul È le Sauveur lui-même a prié si instamment son Père, et de s 'abstal entièrement desdites erreurs si pernicicuses ; assurés de trouver . près de nous, s'ils obéissent réellement et nous donnent des pren légitimes de leur obéissance, les sentiments de la charité paterniM et la fontaine ouverte de la mansuétude et de la clémence.

Après ces voies miséricordienses de père, Léon X passe aux sévères de juge. Il interdit provisoirement la prédication à Luth Et si les précédents moyens de douceur ne le ramènent pas à palll tence, il lui fixe, à lui et à ses adhérents, trois termes de vingt jouf soixante en tout, pour révoquer ses erreurs et brûler les livres 4 les contiennent. Que si, ce qu’à Dieu ne plaise ! Luther et ses pi tisans s’obstinent, le Pape, suivant le précepte de l'Apôtre d'évil

1545 de l’èr

‘homme hé:

es déclare h le Luther, uther et ses jèles de les f etireront, of eurs persôn ette constit:

mettraient Ainsi donc articulière c piété ou i, ivine avec le ondamne l’h pagne, Luthe core, confo onciles, les c

Août, le bon s

jon, de la so:

e Dieu, pou homme des iter, et mêr uel, c’est-à-«

jarche d’Ale:

M brigandage,

s peuples e ront l’hérési alé par Léor tour des pet glaive des .

e moine héré inces, des ha jarées, qui re i s'emporter énésie que Di Léon, la c glise de Die tendra quelqu u-elles profil

}! Labbe, t, 14, |

EXXIV. — De 15110

amener Luthab ulant le traitons gats et par slt f-conduit et

1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

‘homme hérétique après une première et une

es déclare hérétiques notoires et opiniâtres; cond le Luther, avec défense de les imprimer, ven uther et ses adhérents à toutes les peines de d èles de les fréquenter ni de les recevoir, etireront, ordonne aux autorités de leur

seconde correction, amne tous les écrits dre ou lire; soumet roit, défend aux fiinterdit les lieux où ils se

courir sus, de se saisir de emporté con eurs persénnes, de les dénoncer hérétiques, et de publier partout nes calomnia #4 constitution, sous peine d’excommunication contre ceux qui r, est deme mettraient obstacle 1,

Ainsi donc, le 13 juin 449, le pape Léon Ier condamne l’hérésie articulière d’un moine de Constantinople, Eutychès, qui, par une

piété ou ignorance grossière, confond en Jésus-Christ la nature ivine avec la nature humaine. Le 45 juin 1520, le pape Léon X ondamne l'hérésie générale, l'hérésie-monstre d’un moine d’Alieagne, Luther, qui, par une ignorance ou impiété plus grossière ncore, confond tout, nie tout, blasphème tout, l'Église, le Pape, les onciles, les docteurs, les Pères, la tradition, la foi ancienne, le bon oût, le bon sens, les premiers fondements de Ja morale, de la reli-

ces appels ation d’aille

au Siége jon, de la société, le libre arbitre de l'homme, la bonté et la justice

possible, tif Dieu, pour nous présenter un Dieu nouveau, qui commande à miséricorde} omme des choses impossibles, qui le puit du mal qu'il ne peut s'éloigne de

Writer, et même du bien qu'il fai 2e, comme l'Æel, c’est-

rquoi, et Marge

t de son mieux, un Dieu injuste et à-dire Satan à la place de Dieu. Le moine hérésiarque de onstantinople a pour lui des grands, des princes : pour lui, un paarche d'Alexandrie, Dioscore, transforme un concile œcuménique hbrigandage, et portela fureur jusqu’à excommunier le pape Léon Ier; ès peuples entiers, ceux de l'Égypte, d’autres de l'Orient, embrasront l’hérésie d'Eutychès ; mais le grand Coup est porté, Pierre a

notre CŒuÉué par Léon, la cause est finie, Dieu attendra quelques siècles le e, pour laque ur des peuples séduits ; après ces siècles d'attente, il les livrera et de s’abste

à glaive des Arabes et des Turcs pour servir de leçon à d’autres. ee moine hérésiarque de Wittemberg aura pour lui des grands, des inces, des hommes de lettres, des moines apostats, des populations

arité pate e récs. qui renouvelleront les profanations sacriléges des Vandales,

nence. i s'emporteront contre le vicaire de Jésus-Christ avec bien plus de passe "+ ". énésie que Dioscore ; mais le grand coup est porté, Pierre a parlé ation à Lut

mr Léon, la cause est finie, le nom de Luther est à jamais dans elise de Dieu un nom plus infamant que celui d'Eutychès. Dieu

tendra quelques siècles le retour des populations égarées. Puis-

nt-elles profiter de la leçon que Dieu leur donne par d’autres !

ïent pas à pi !

s de vingt joug er les livres (54 ither et ses pli

"Apôtre d'IBM: Labbe, t 14. Le Plat, t. 2.

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86 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 15rh

Attila, le fléau de Dieu, ayant ravagé les Gaules et l’Allemag entrait en Italie, menaçait Rome, lorsque le moine hérésiarque (M y ne croirais Constantinople divisa les Chrétiens entre eux, comme pour facilite! ligue n'était int les dévastations des Huns. Les Turcs, maîtres de Constantinopl = ÆAujourd'hui sa meuaçaient l'Allemagne, menaçaient la France, menaçaient l’Itale, Mj'abuser des sa menaçaient Rome, menaçaient toute l'Europe, lorsque le moine h Autre exemple résiarque de Wittemberg jeta la division parmi les Chrétiens d'Eyernée par l'Es rope, surtout parmi les Chrétiens d'Allemagne, comme pour prépatbrappelle la prot les voies et ouvrir la porte à l'empire antichrétien de Mahomet, (14 jours jusqu'à dis-je ? il fait aux Chrétiens un péché de résister aux envahissemenM@{en, aussi le Sc de cetempire antichrétien. Et il faudra, dans un temps comme dax ccrtains, nous : un autre, que les Papes sauvent l’Europe et la chrétienté, et connPMlquels argument l'invasion des Huns ou des Turcs, et contre la contagion plus dus fort, c’est à gereuse d’un moine hérésiarque. il reste intinime

Au cinquième siècle, lorsque le moine hérésiarque de Constant à La bulle de | nople égarait bien des Chrétiens en Orient, Dieu fit enfanter à s@Æravité, son cain Église, en Occident, la première des nations chrétiennes, la natiékolide rétutation française. Au seizième siècle, lorsque le moine hérésiarque de WiBMernelle avec la

temberg égare les populations d’origine allemande, Dieu amène à sv Nr, voici comm tandis que les moines apostats d'Allemagne, parjures de leurs vœu À

à 1545 de l'ère € A cette sentence:

Église les populations de l'Amérique, de l'Inde et du Japon. OiBon libelle contr « On m'appre et de leurs serments, se vautrent dans la fange, nous verrons dféontre moi : le moines d’autres pays s'élever au plus haut degré de la perf eut-être que, fi chrétienne, renouveler les vertus et les prodiges des Apôtre, et cw Î e regarder en quérir à Dieu des peuples nouveaux. chouette, et dan: La bulle ou constitution du pape Léon X ayant été publiée Be moquent de r Rome, le docteur Eckius fut chargé, en qualité de nonce, de la et homme de m pandre et de la publier en Allemagne. Celui qui avait soutenu atfjoute à mes sou tant de gloire dans la dispute de Leipsick la cause de l’Église rien digne d’un maine, méritait l'honneur que lui faisait aujourd’hui le Saint-Siépp entendu dire qu’ D'ailleurs, qui, mieux que lui, connaissait l'état des esprits en Sabæ l'instigation de les ressources de Luther et de son parti, les dispositions des princBälave... Qui a éc des cours, des universités, des préiats et du clergé ? Qui alliait à pl@maudis, comme : de fermeté des formes plus conciliantes ? Eckius partit donc de RomMmen. Je reconne traversa rapidement une partie de l’Allemagne, fit parvenir les bul@érités, les article aux évêques de Misnie, de Mersbourg et de Brandebourg ; s’arréi@la recevrait, cette Louvain, à Cologne, et dans chaque ville universitaire, où les écrf ï pour un païen, p: de l’hérésiarque furent brûlés publiquement, en même temps quefge me rétracte, m bulle était affichée aux portes des églises. Mionc, ignorantissi Le parti de l’hérésiarque jeta feu et flammes. L’ordurier Ulric que l'humanité va Hutten répandit une édition de la bulle avec des remarques den façon. Quant à la doctrine, ces remarques sont nulles ou pitoyabl@é : Walch, t, 15, p. 1

FA

AV, — De 1500 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLIS ATHOLI'OUE g7

’Allemag A cette sentence si péremptoire de :aint Augustir citée dans la bulle : résiarque (M Je ne croirais pas même à l'Évangile si l'autorité de l'Église caihoour facilite! ique n'était intervenue, voici tout ce que Hutten trouve à répondre : stantinopl ?" Aujourd'hui saint Augustin ne parlerait pas de même, Cessez donc ient l’Italk, Md'abuser des saints Pères et de pervertir à votre profit ce qu’ils disent. e moine hiMAutre exemple. Pou- montrer que l'Église cçatl lique, étant gouétiens d'Erhllvernée par l'Esprit-Saint, ne peut point tomber dans l'erreur, Léon X ur préparErappelle la promesse d. Fils de Dieu : Voici que je. sr © vous tous homet. QuEMes jours jusqu'à !a consommation des siècles réplique Hutahissemenp@ten, aussi le Seigneur sera-t-il avec nous : si nous n'en étions pas omme (an À ertains, nous n’aurions pas ce courage de te résister 1, Voilà par é, et con quels arguments Hutten réfute la stitution pontificale. Où il est n plus dmbMplus fort, c'est à dire des grossièreles ; mais, dans cette partie même, il reste infiniment au-dessous de Luther.

à Constant La bulle de Léon X est digne de la majesté apostolique par sa anter à sf @ravité, son calme, l'élévation de la pensée et du style, sa brève mais , la natiéäkolide réfutation de l'hérésie, l’heureux mélange la tendr 5se paque de WiBMernelle avec la sévérité de juge, le tout rehaussé d’une belle latinité. imène à sBMOr, voici comme en parle le moine hérésiarque de Wittemberg dans Japon. (ion libelle contre l'exécrable bulle de l'antechrist : Jeurs va « On m’apprend, mon cher lecteur, qu’une bulle a été lancée verrons (Ærontre moi : le monde la connaît ; elle n’est pas venue jusqu'ici. perfectEPeut-être que, fille de la nuit et des ténèbres, elle aura eu peur de tre, et come regarder en face. Enfin, il m’a été donné de la voir, cette houette, et dans toute sa beauté. En vérité, je ne sais si les papistes $ publiée Bike moquent de moi. Non, ce ne peut être que l’œuvre de Jean Eck, e, de la cet homme de mensonges, d'iniquités, ce damné d’héréti putenu ar@Mjoute à mes soupçons, c’est que cet Eck vient de Rome, bel apôtre, l'Église nhbien digne d’un tel apostolat !.… I] y a quelques jours que j'avais aint-SiéPniendu dire qu'on préparait dans la ville une bulle bien méchante its en Su l'instigation de ce bourreau d'Eck. qui y a répandu son style et sa des princbMave... Qui a écrit cette bulle, je le tiens pour l’antechrist; je la alliait à pl Mmaudis, comme une insulte et un blasphème contre le Fils de Dieu. LC de Rom men. Je reconnais, je proclame en mon âme et conscience, comme ir les bulérités, les articles qui y sont condamnés ; je voue tout Chrétien qui ;; S'arrét@Ma recevrait, cette bulle infâm , aux tortures de l'enfer, Je le tiens ù les écrifpour un païen, pour l’antechrist en Personne. Amen. Voilà comme emps queffe me rétracte, moi, Bulle, fille d’une bulle de savon. Mais dis-moi Æonc, ignorantissime antechrist, tu es donc bien bête, pour croire er Ulrie que l'humanité va se laisser effrayer ! S’il suffisait, pour condamner, rques de @ pitoyablgs !Walch, t. 15, p, 1711.

que. Ce qui

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88 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. — De 151; 1545 de l'ère

de dire : Ceci me déplaît, non, je ne veux pas ; mais il n’y a pas de D dessus et con mulet, d’âne, de taupe, de souche qui ne pût faire le métier de juge M à Dieu'que de Quoi ! ton front de prostituée n’a pas rougi d’oser ainsi, avec de proposition si paroles de fumée, se prendre aux foudres de la parole divine 1?.., À Let, prenant u « On dit souvent, continue Luther, que l’âne ne chante mal une met le Pa] parce qu'il entonne trop haut. Cette bulle eût bien mieux chanté M ans les mon d’abord elle n’eût posé sa bouche de blasphème contre ie ciel. A Jésus-Christ l bullistes, vous ne tremblez pas que la pierre et ls bois ne suent à #non pas un au! sang à l'ouïe des blasphèmes que vous vomissez ? Où êtes-vous don bMs'écriait ce no empereurs ? où êtes-vous, rois et princes de la terre? Vous ave Sen donnant at donné votre nom à Jésus dans le baptême, et vous souffrez cette voïk idu ciel : «Ces: tartaréenne de l'antechrist ? Où êtes-vous, docteurs ? où êtes-vou Pape soit Ôté ( évêques? Vous tous, qui prêchez le christianisme, garderez-vous Le 17 nove silence devant un tel prodige d’impiété ? Malheureuse Église ! dEMuge inique, H venue le jouet et la proie de Satan ! Misérables, qui vivez dans ture sainte, bl: siècle ! voici venir la colère de Dieu sur tout ce qui à nom papis iles ; il en ap) Léon X et vous, nos seigneurs les cardinaux romains, écoutez : } et qui, ainsi qi vous le dis à la face, si c'est vous qui avez enfanté cette bulle, si vo emands. l’avouez comme votre œuvre, j'use, moi, de la puissance que Di Luther ne s’ m'a faite au baptême en m'instituant son fils et son héritier. Appula place de W sur ce roc, qui ne craint ni les portes de l’enfer, ni le ciel, ni la ter! : brûla dans un je vous répète : Revenez à Dieu, renoncez à vos sataniques bk collections des phèmes contre Jésus-Christ, et tout de suite. Autrement, sache6mme de sain bien, le Christ vit et règne encore. Voici venir le Seigneur, qui, dures catholique: souffle de sa bouche, dissipera cet homme d'’iniquité, ce fils de pal] s'écria du ha: dition. Si le Pape a écrit cette bulle, je le proclame l’antechrist, ven blique, les œux pour bouleverser le monde ?. » ût lui-même q Ce même emportement lui faisait dire, au sujet de la citation! ous ne rompe laquelle il n’avait pas comparu : « J'attends, pour y comparait out Chrétien ré que je sois suivi de vingt mille hommes de pied et de cinq mi] renonce à la chevaux, et alors je me ferai croire. » On le reprenait dans la bilBSaurai un souff d'avoir soutenu quelques-unes des propositions de Jean Hus. 48% Parut bientôt lieu de s’en excuser, comme il avait fait autrefois : « Oui, disait Muté de Babyion en parlant au Pape, tout ce que vous condamnez dans Jean Hus, ours de nouvel l’approuve; tout ce que vous approuvez, je le condamne : voilà rendre. Ils’ape rétractation que vous m'avez ordonnée ; en voulez-vous davantage}à eil, et eût voult Luther publia un autre écrit pour la défense des articles coue la moitié de damnés par la bulle. Là, bien loin de se rétracter d'aucune de sue la primauté erreurs, ou d'adoucir du moins un peu ses excès, il enchérit pa Aiu'elle fût de dr

1 Advers, execr, antichr. bullam, opera Luth., t. 2, p. 89, — ? Ib ES ! 4ssert, art. per p.91. bull, damn, Walch

XXIV. — De 1510 à 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 89

Ï n’y a pas dE dessus et confirme tout, jusqu’à cette proposition, que c'était résister

étier de juge) Dieu'que de combattre contre le Turc. Au lieu de se corriger sur une

insi, avec d | proposition si absurde et si scandaleuse > il l’appuyait de nouveau,

divine 1?.., Le let, prenant un ton de prophète, il parlait en cette sorte : « Si l’on ne met le Pape à la raison, c'est fait de la chrétienté. Fuie qui peut dans les montagnes, ou qu'on ôte la vie à cet homicide Romain’! Jésus-Christ le détruira par son glorieux avénement : ce sera lui, et non pas un autre.» Puis, empruntantles

Le 17 novembre 1520, il appela du pape Léon X, comme d’un e Église ! de Que inique, hérétique opiniâtre et apostat, ennemi de toute l'Écrivivez dans d Qure sainte, blasphémateur de la sainte Église catholique et des connom papiskEäciles ; il en appela au concile universel, comme au-dessus du Pape,

, écoutez tqui, ainsi que nous avons vu, devait être dominé par les barons bulle, si voul allemands.

nce que Diff Luther ne s’en tint pas aux paroles : le 40 décembre suivant, sur

itier. Appula place de Wittemberg, en présence des écoliers et du peuple, il el, ni la temÆbrûla dans un vaste bûcher les livres du droit canon, les diverses aniques blMcollections des décrétales des Papes, la nouvelle bulle de Léon X, la ent, sache: ESomme de saint Thomas, avec les écrits d'Eckius, d’Emser et d’au- Pres catholiques qui avaient écrit contre son hérésie. Le lendemain, pl s'écria du haut de la chaire : « J’ai fait brûler hier, en place publique, les œuvres sataniques des Papes. Il vaudrait mieux que ce ût lui-même qui eût rôti ainsi, je veux dire le Siége pontifical. Si la citation ous ne rompez avec Rome, point de salut pour vos âmes... Que comparaîttout Chrétien réfléchisse bien qu'en communiquant avec les papistes, de cinq mil renonce à la vie éternelle. Abomination sur Balylone ! Tant que dans la DES aurai un souffle dans la poitrine, je dirai : Abomination 2! » ean Hus. AB Parut bientôt un nouvel ouvrage de Luther, son livre De la Capti- Oui, disait Bit de Babyione. Bon gré, mal gré lui, Luther acquérait tous les Jean Hus, ESours de nouvelles lumières ; lui-même a la modestie de nous l'apnne : VOih Eibrendre. Il s'apercevait donc que précédemment il ne voyait que d’un davantage Bhil, et eût voulu détruire ses premiers livres, comme ne renfermant articles CBkue la moitié de la vérité. Par exemple, il avait bien vu et soutenu ucune de sue la primauté du Pape n’était pas de droit divin, mais il accordait enchérit ptk;r'elle fût de droit humain. Or, maintenant, je sais et je suis certain

D ! Assert, art. per bull. damn. Walch, t. 15, p. 1752-1866. — ? Assert, art. per L ll, damn, Walch, t. 15, p. 320. Ienæ, 1600.

90 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXIV. — De sr D 1545 de l'ère

que la papauté est l'empire de Babylone et la puissance de NerroiE j'ecclésiaste ( le grand chasseur. Je prie donc les libraires et les lecteurs de brthose, sinon ( ce que j'ai écrit là-dessus, et d'adopter en place cette proposition Miant d’anathè: La papauté est une grande chasse du Pontife romain. ui avaient Ôt Un des moyens les plus efficaces par où le nouveau Nemrod tia@actère de la b l'univers captif, ce sont les sept sacrements. En conséquence, Luthe®iet qu'il se do se voit obligé de nier qu'il y en ait sept. Pour le moment il veut biat Mété appelé de en admettre trois. Car, ajoute-t-il, à parler avec l’Écriture, il n'yabhomme, mai a qu'un, et trois signes sacramentels. Les trois sacrements qu'il va hrist. Sur ce bien admettre pour le moment sont le baptême, la pénitence, Pie la lettre, M pain. Il dit /e pain, à bon escient ; car il veut que le pain subsishh@emberg, et dé sans être changé ou transsubstantié au corps du Séigaeur. Seuleme ignorance, € il permet que le corps du Seigneur se trouve avec, sous ou dans ême, avec u pain ; car il n’a pas encore pris de résolution définitive à cet éganh@ait à aussi bo Quant à la messe, c’est différent : il décide sans appel que ce ue, très-certs pas un sacrifice. Il décide de même que ce n’est pas le baptême gbMour ecclésias! justifie, mais la foi seule, et que les sacrements de la nouvelle loi Dans l'éditic produisent pas plus la grâce que ceux de l’ancienne, mais que sab@ues : C'est pc lement ils la signifient. Du nombre des sacrements, il raye d’un prai plus l'hor de plume la confirmation, l'extrême-onction, l’ordre’et le mariag@u d'informer. Quant à l’extrême-onction, le texte si formel de l'apôtre saint Ju se, sans qu' ques l'embarrasse quelque peu. Mais il s’en tire en expliquant ft, comme dit texte à sa manière, et en disant que cette épitre ne paraît pas authaB Monde, sans p: tique !, Plus tard, il décidera hardiment que ce n’est qu’une épttf@ar tous les an de paille. En effet, nén-seulement elle parle de l’extrême-onctinb@tre le juge et mais elle dit expressément que la foi seule ne suffit pas, mais quibtes *; en sort faut encore les bonnes œuvres. Or, le moine Luther a décidé sauvé. Car elle appel que c’est la foi seule qui sauve, que les bonnes œuvres nu@uent, mon jug seulement ne sont pas nécessaires, mais encore nuisibles, atteniflf Ainsi donc, que ce sont autant de péchés, Donc l’épitre de saint Jacques, étuonciles, à la tr contraire à la décision du moine allemand, ne peut être qu'ufibilité doctrina épiître de paille. A tout ceci, la logique trouverait bien à redire: ntie par sa pe le moine a eu la précaution de décider en premier et dernier ressol 2 luiait promis que la logique, surtout la logique d’Aristote, était une invention Pbdividuelle, de diable. ent, il s'érige Mais, demandera-t-on, qui donc a établi ce moine juge suprémnses, il s'égale surtout depuis qu'il a rompu avec l'Église catholique et son cheiiscussions phil La chose est toute simple. C'est le moine lui-même qui s’est ét Les barons al juge. Dans une lettre pleine d’insolences qu’il écrivit aux évéquähission divine, papistes, qu'on appelait, disait-il, faussement évêques, il prit le tit} De ! Ep. ad falso nor 1 Walch, t. 19, p. 4 et seqq. LE 19, p. 838, n. 4.

ex a

XXIV. — De15 D 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 91

e de Nemroi d’ecclésiaste ou de prédicateur de Wittemberg. Aussi ne dit-il autre eurs de brüjb@hose, sinon qu'il se l'était, donné lui-même; que tant de bulles et e proposition ant d’anathèmes, tant de condamnations du Pape et de l'empereur ui avaient Ôté tous ses anciens titres, et avaient effacé en lui le ca- | Nemrod tiuhactère de la bête ; qu’il ne pouvait pourtant pas demeurer sans titre, juence, Lutheilet qu'il se donnait celui-ci pour marque du ministère auquel il avait ont ilveut bib té appelé de Dieu, et qu'il avait. reçu non des hommes, ni par iture, il n’ygbhomme, mais par le don de Dieu et par la révélation de Jésusents qu’il val hrist. Sur ce fondement, il se qualifie, à la tête et dans tout le corps : pénitence, ile la lettre, Martin Luther, par la grâce de Dieu, ecclésiasie de Witpain subsishMlemberg, et déclare aux évêques, afin qu'ils n’en prétendent cause ur. SeulemabN'ignorance, que c'est là sa, nouvelle qualité, qu’il se donne lui- >us Où dansnême, avec un magnifique mépris d’eux et de Satan ; qu’il pour- Je à cet égadb@ait à aussi bon titre s’appeler évangéliste par la grâce de Dieu; et el que ce n ue, très-certainement, Jésus-Christ le nommait ainsi, et le tenait e baptême mf @our ecclésiaste 1, rouvelle loi Dans l'édition allemande qu'il fit de la même lettre, il dit aux évémais que sabQues : C'est pourquoi je vous fais savoir que désormais je ne vous raye d’un tr @rai plus l'honneur, ni à vous ni même à un ange du ciel,, de juger et le mariagl@u d'informer de ma doctrine; car, de cette sotte humilité, j’en ai eu tre saint Ju @ssez, sans qu’il ait servi de rien ; Mais je veux me faire entendre, expliquant dt, comme dit saint Pierre, rendre raison de ma doctrine à tout le it pas authaB Monde, sans permettre qu’elle soit jugée par personne, pas mêr.” qu'une épi . ar tous les anges. Car, puisque j'en suis certain, je veux, par elle, rême-onctinbætre le juge et de vous et des anges, comme dit saint Paul aux Gapas, mais quiftes *; en sorte que celui qui ne reçoit pas ma doctrine ne peut être a décidé smBauvé. Car elle est la doctrine de Dieu, et non la mienne 3 par consés œuvres nof@uent, mon jugement est le jugement de Dieu, et non le mien ?. ibles, atteni@é Ainsi donc, un moine refuse à l'Église et à son chef, refuse aux Jacques, étaonciles, à la tradition, à l'accord des Pères et des docteurs, l’infailt être qu'ufbilité doctrinale que pourtant Jésus-Christ leur a promise et gaà redire; m ntie par sa parole ; et il se la donne à lui-même, sans que personne dernier res lui ait promise ni garantie ; il se la donne en vertu de son évidence » invention ( Hi dividuelle, de sa certitude individuelle ; et sur cet unique fondeqpent, il s'érige en juge suprême de tous les hommes et de tous les juge suprémnges, il s'égale à Dieu même. C’estun exemple à considérer dans les : et son cheBscussions philosophiques sur la certitude. ui s’est éllE® Les barons allemands en crurent le moine de Wittemberg sur sa : aux évéquMission divine, tout comme les Arabes en crurent Mahomet sur ses

DS ! Ep. ad falsù nominat. ordin, episcop., t, 2, fol. 305. — 2 Gal, 1, 8, — 8 Walch, DE 19, p. 838, n. 4.

92 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 15 1545 de l’ère cl

entretiens nocturnes avec l’ange Gabriel. Plusieurs lui offrirent BR On lit donc d: secours de leurs épées ; entre autres, le vénérien Ulric de Hutten, plecueillies et pr attendant qu’il pût égorger le Pape et les moines, Hutten les rendiPprsque les espt ridicules et odieux par des chansons et d’ignobles caricatures. LutheÆju bon sens : et Mélanchton travaillaient eux-mêmes à cette dernière bonne œuv « Explication L'Allemagne protestante conserve encore religieusement plusienmédigée par Mé de ces images, inventées par son patriarche , entre autres les dufiieau, rédigée p suivantes. « Le Pape-â Dans la première, le Pape, en habits pontificaux, siége sur uther {. trône, les mains jointes, avec deux énormes oreilles d’£ne qui se « En tout ten sent comme celles de l'animal en colère. Autour du Pontife, nage Mertains signes 1 volent une myriade de démons de toutes formes ; les uns sont gomme nous ve cupés à poser solennellement sur la tête sacrée la triple courombiie l'antechrist r que surmonte un amas d’excréments humains ; d’autres le tirent Pile sa malice, la force de cordes dans les enfers ; d’autres apportent du bois et d re séduits, con pour le faire brûler ; d’autres enfin lui soulèvent les pieds, afin qubmers le milieu d descende doucement dans la gehenne. ut récemment La seconde, qui est connue en Allemagne sous le rom de la Trort à Rome d papale, représente le Pontife assis sur une truie aux larges faroÿ} essence de l’er aux mamelles gonflées, que le cavalier pique, comme le cheval l'inventer, el Job, à grands coups d’éperon. D'une main, il bénit ses adoratebépeint. de l’autre, il présente le même emblème stercoral, mais dans un nu « Etd'abord, odorant. La truie alléchée lève le groin et hume avec délices le netpirituel, un en fécal. Le Pape, la bouche ouverte, laisse tomber ces mots : Mauvig eur visible, ma bête, veux-tu bien aller? tu m’as donné assez d’ennui avec ton co le Pape s’e cile... Va donc, voici ce concile que tu désirais ardemment. Donc le Pape es D’autres caricatures antipapales sont encore dues au mofne er comme une Wittemberg : dans toutes, la truie, le Pape et les excréments humadpef à l'Église. occupent les plans divers de l’image. elque chose d Mais rien n’est au-dessus d’une caricature aujourd’hvi encore L«2 La main commune dans l'Allemagne protestante : le Pape-ânc, vec une ouvoir spirituel toire et un commentaire biblique, rédigés par Mélanchton et pe antes ; comme tionnés par Luther, qui ajoute son amen. Jamais l'univers n'aung ise vt déchire. pu croire que deux hommes, fussent-ils Luther et Mélanchton, pu molation des sent descendre à des impostures aussi ignobles et aussi impies pau célibat, des « tromper les pauvres peuples. Jamais l’univers n’aurait pu crofifnce, des piperie qu'aucun peuple de la terre, fût-ce le peuple allemand, pût se las ivant ce que di tromper à des impostures aussi ignobles et aussi impies. Et cepaÿiff «3° Main gauc dant cela est. Nous demandons pardon à Dieu et aux hommes ie le Christ lui reproduire ces abominables profanations du nom de Dieu et des dfable, pour se c vines Écritures. Mais il est bon que l’on connaisse enfin ces gr | séducteurs des peuples. *Walch, t, 19, p.

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