‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 122 · IV. LXXXIV.— De … Bientôt après · texte numérisé non relu

IV. LXXXIV.— De … Bientôt après

x Ans de sa providence, lui donne un autre nom : Tu t'es appelé Si la physique et | D tu t’appelleras désormais Céphas, c’est-à-dire Pierre. D'ailleurs, à l'étude du droi 4 Fes d’Augustin ne pouvait être plus favorable pour un religieux

lice saint docteur. Seul, ce nom suffisait pour le préserver de toute ions terribles qu & feur opiniâtre en fait de doctrine ; seul, il lui rappelait continueluventé, qu'il éà 9 ent cette fameuse sentence : Je ne croirais pas même à l'Évanle lorsqu'en 15: 2 si l'autorité de l’Église catholique ne m'y amenait; et cette nnerre. Craignx 4 * non moins fameuse : Rome a parlé, la cause est finie ; puisse le sainte Anne, 4 lement finir l'erreur !

Îlet, il réunit w Son noviciat fut d’abord pénible : les moines, qui peut-être s’énsemble. La mn 4 ent aperçus de son penchant à l’orgueil, le soumirent à diverses a les ermites Lee. Luthor était obligé de nettoyer les immondices de la maiêtre reçu com à D, de balayer les dortoirs, d'ouvrir et de fermer les portes de l’é- Virgile. Le lent à e, de monter l'horloge, et d’aller, un sac sur le dos, mendier l venait de fin Miquement, il trouvait cela dur, mais il le faisait par obéissance. l'en tirer; ma ca provincial des Augustins, Jean de Staupitz, étant survenu, Son nè-: surig Méommanda de le traiter plus doucement, et de lui laisser äu temps arition effrayai @S, étude. Voici donc quelle fut la vie de frère Augustin au moeuille que cer ns d'Erfarth : Je jeûnais, dit-il, je veillais, je me mortifiais, et je ‘le fils lui-mên Patiquais les rigueurs cénobitiques jusqu’à compromettre ma santé ;

Mine sont pas nos ennemis qui croiront à mon récit, eux qui ne parn êge d'homn AMBt que des douceurs de la vie monacale, et qui n’ont jamais aucune lus, il avaitu Gin spirituelle 4, Mais surtout il étudiait ; il étudiait l’Écriture née 1506, à l'ù à Mnte, les ouvrages de saint Augustin et les théologiens scholassteté et d'obi fées, 11 savait presque par cœur Gabriel Biel et Pierre d’Aiïlly ; il puisqu'il nek Sh;t beaucoup lu Guillaume Occam, et en préférait la pénétration 1e liberté. L'E: AThomas d'Aquin et à Scot. Il avait aussi lu assidôment Gerson. plissez les vor 4 is, pour les ouvrages de saint Augustin, il les avait tous lus pluème dit au lin r Burs fois, et se les était imprimés dans la mémoire. Voilà ce que ur, il ne rend 45, apprend un de ses amis ?, lil a promis Cependant cette inquiétude de conscience, cette terreur d'esprit, > après Pâque l'avait poussé dans le monastère, ne le quittait pas ; partout il ère messe ait @hérchait à se rassurer contre : c’était même le but de ses études. Un Le fils profita à Veux moine du couvent d'Erfurth, auquel il raconta souvent son e en religion ft et ses craintes, le consola beaucoup, en lui recommsndant la foi, le frère Augi Æ@fen le ramenant à cet article du symbole : Je crois la rémission des ernel, au m échés, D'anrès cet article, disait-il, ce n’est point assez de croire fait, lui chan @g général oue les péchés sont remis à quelques-uns, comme à David core que Jésu: 4 Là Pierre ; mais Dieu veut que chacun de nous croie que ses péchés pôtres les dt hi sont pardonnés. Cette explication, disait Luther à Mélanchthon,

ae

45 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 7

8 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV,

qui le rapporte, non-seulement me consola, toute la pensée de saint Paul

signifient rien. Je vis de plus et la théologie 1.

Hélas ! cette clarté était un faux

est une grande erreur et une illusion. Saint Paul dit bien que nou ;

sommes justifiés par la foi en Jésus-Christ, sans la loi de Moïse, ma il ne parle pas du tout de la foi à

pour cela, mais c’est le

avec son consolateur, esh

Souvenons pas de l'avoir vu remarqué nulle part. Ce qui épouvanti* surtout pour ce pauvre frère, c’est le mépris qu’il conçut dès ] pour l'interprétation commune des Pères et des docteurs.

Ün autre trait saillant dans la vie de Luther, c’est que cette vit entière n’est qu’une suite de combats avec le diable, dont il nou conservé le récit, et où le moine reste toujours vainqueur. Le diable ne se rebute pas, il revient à la charge : le combat recommence, et ih finit toujours de même. Le démon ne lui laisse pas un moment del repos ; il apparaît et vient le tourmenter le jour, la nuit, à table, dan son sommeil, à l’église, au mitieu de ses livres, dans son ménage «lé jusque dans sa cave. Luther a noté toutes ces visions et tenu registre 4 de ces assauts, afin, dit-il ; d'apprendre comment on peut déjouer ce grand pipeur. ‘

Au couvent de Wittemberg, mençait à lire ia Bible, ou psaumes, le diable venait à toutes sortes

où il alla d’Erfurth, quand il comM qu'il était à son pupitre traduisant le 4 petit bruit et en traître, et lui soufflaiM de mauvaises pensées. S'il avait l'air de ne pas come

— Dei5rl

mais non pas une cer onorais mêm

A 1515 de l'a mais me fit comprendre nait et déc!

» qui ne cesse de dire : Nous sommes A justifiés par la foi. Je reconnus que les interprétations ordinaires ne D

en plus clair dans l’Écriture, les Pèresh

se mettait a C'était au Jui dit-il un

à me dire ?

hé; mais D ‘appartien Apour ne pas

‘rien à me d mon drôle, «

Un jour q

Plirieusement :

piens : Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement 5. Salo-Mf

enchanteurs.

ftemps. Il m’:

qu'il me laiss diable ; il m’:

ou vivant. Qi

“de notre che

Maintenant irrécusable, ( Luther y cro caractère pus jou plutôt la s une espèce d’ èbres, le pri bord nos prer

qui séduit l'O

tres peuples f ther dans quel sur le fond, m enflé d’orgueil et à l’apostasie

lui et bien des

En 1509, l' son frère Erne versité à Witte vincial des Au

prendre, alors Satan entrait en fureur, bouleversait les papiers, fer. 4 hommes savan

1 Walch, t. 14, p. 508, — 21 Cor., 4, 4, — 5 Philipp, 2, 12, — à Proveri, Li 20, 19, — 5 Ecc!., 9, 1,

04 © 22. — Luther,

1 Michelet, Me

XXIV, — De 15110

ft comprendre Nous sommes!

ordinaires nel ure, les Pères#

de Moïse, ma ersonnelle,

1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

mait et déchirait les livres, puis éteignait la chandelle. Quand Luther se mettait au lit, le diable y était déjà.

C'était au réveil de Luther qu'il apparaissait surtout. — Pécheur, Jui dit-il un jour, pécheur entêté ! .— Tu n’as rien de plus nouveau à me dire ? répondit Luther : je le sais aussi bien que toi que j’ai pé-

hé; mais Dieu m’a pardonné. Son Fils a pris mes iniquités, elles ne

‘appartiennent plus, elles sont au Christ, et je ne suis pas assez fou pour ne pas reconnaître cette grâce de mon Sauveur. N'as-tu plus

Hrien à me demander ? Tiens, et il prenait son vase de nuit, voici,

mon drôle, de quoi te savonner la figure, Un jour que l’on parlait à souper du sorcier Faust, Luther dit sé-

Mrieusement : « Le diable n’emploie pas contre moi le secours des jenchanteurs. S'il pouvait me nuire par là, il l'aurait fait depuis longftemps. Il m'a déjà souvent tenu par la tête; mais il a pourtant fallu

Nous ne nous ui épouvantis nçut dès lors rs.

que cette vies ont il nous i!

ur. Le diable nmence, et il

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à table, dan n ménage e\# tenu registre it déjouer cM and il com aduisant lab

lui soufllaii 1e pas con.

papiers, fer. 4

— * Proverh,

qu'il me laissât aller. J'ai bien éprouvé quel compagnon c’est que le diable ; il m’a souvent serré de si près, que je ne savais si j'étais mort ou vivant. Quelquefois il m'a jeté dans le désespoir au point que j'ignorais même s’il y avait un Dieu, et que je doutais complétement de notre cher Seigneur 1. »

Maintenant, comment expliquer d’une manière satisfaisante ce fait irrécusable, qui remplit toute la vie de Luther ? Il est évident que Luther y croyait. Cependant ce n’était Pas un esprit médiocre ni un caractère pusillanime. La manière la plus rationnelle de l'expliquer, jou plutôt la seule, n’est-ce pas d’y reconnaître une action incessante, une espèce d’obsession de celui que l'Évangile appelle l'esprit de té-

inèbres, le prince de ce monde, le dieu de ce siècle ; qui séduit d’a-

bord nos premiers parents, qui séduit le monde entier par les idoles, qui séduit l'Orient par le mahométisme, qui séduit les Grecs et d’autres peuples par le schisme et l’hérésie ? II se laissera vaincre à Luther dans quelques détails ridicules, mais c’est pour le mieux tromper sur le fond, mais c’est pour fausser plus irremédiablement son esprit enflé d’orgueil, mais c’est pour le pousser plus sûrement à la révolte et à l’apostasie, mais c’est pour le précipiter finalement dans l’abime,

d lui et bien des millions d’âmes.

En 1509, l'électeur de Saxe, Frédéric le Sage, à la persuasion de son frère Ernest, archevêque de Magdebourg, avait fondé une université à Wittemberg, et donné commission à Jean de Staupitz, provincial des Augustins en Misnie et en Thuringe, d'y amener des hommes savants et habiles. Entre les autres, Staupitz proposa frère

1 Michelet, Mémoires de Luther, t. 2, p. 186. — Audin, Hist, de Luther, t. 2, "4 © 22. — Luther, Propos de table,

10 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517 Ma 1515 de l’êre

Augustin Luther, qui vint à Wittemberg en 1508, âgé de vingt-six ice la Rote, où ans, y enseigna la dialectique et la physique d'Aristote, fut reçu ba. justice 1. » Ce chelier en théologie et employé à la prédication. Vers l'an 1510, 2 Le consisto comme le vicaire général de l’ordre des Augustins voulait faire une Mpour délibére nouvelle distribution des.provinces d'Allemagne et que sept couvents toute l'Église. s’y opposaient, frère Augustin Luther fut envoyé pour celte affaire à les principale Rome. Il y arriva plein d’enthousiasme ; tombant à genoux, il leva Mculiers qu'on les rnains au ciel et s’écria : Salut, sainte Rome, vraiment sanctifiée trouve à louer par les saints martyrs et par leur sang qui y a été versé ; courut toutes ordre, que la les églises et les catacombes, croyant tout ce qu'on y disait et croyait, K charité pour le ÿ offrit la sainte messe une dizaine de fois, aurait bien voulu la dire Mlemonde, pui le samedi à Saint-Jean de Latran, pour sa mère, mais il n’y eut pas Jamais il n’a ( moyen, tant la presse y était grande; il regrettait presque que ses 7 Que, sila parents ne fussent pas morts, afin de pouvoir les délivrer du purga- à considérer. ] toire par ses messes, ses bonnes œuvres et ses prières. C’est Luther Mvable contre 1 lui-même qui nous apprend ces choses, et cela dans un temps où i Mcontre l’autre. s’en moquait !, 4 De:etcur à Voici, du reste, comme il parle des hôpitaux de ce pays dans son ner et de pré Traité des bonnes œuvres : « En Italie, les hôpitaux sont bien pourvus, (A logie, sous la bien bâtis. On y donne une bonne nourriture; il y a des serviteurs Mi de Tous-les-S; attentifs et de savants médecins. Les lits et les habits sont très-pro. Mi Comme docter pres; l'intérieur des bâtiments orné de belles peintures. Aussitôt "8 foi catholique qu’un malade y est amené, on lui ôte ses habits en présence d’un M jusqu’à effusio notaire, qui en dresse une note et une description exacte, pour qu'il; M} L'Église seu soient bien gardés. On le revêt d’un sarreau blanc, on le met dans 4 Pape et les évé un lit bien fait et dans des draps blancs ; on netarde pas à lui amener M seigner tout ce deux médecins, et les serviteurs viennent lui apporter à manger et à Ë jours jusqu’à 1 boire dans des verres bien propres, qu'ils touchent du bout du doigt, M4 conférer à un 1 Il vient aussi des dames et matrones honorables, qui se voilent pen. Wet le devoir d'e dant quelques jours pour servir les pauvres, de sorte qu’on ne sait 1 enseigne. Jama point qui elles sont, et elles retournent ensuite chez elles. — J'ai vu M sonne le droit ç

ds

aussi à Florence que les hôpitaux étaient servis avec tous ces soins ; (if fouler aux pied de même les maisons des enfants trouvés, où les petits enfants sont Æ Frère August nourris au mieux, élevés, enseignés et instruits. Ils les ornent tous «de docteur, si. d’un costume uniforme, et en prennent le plus grand soin 2, » à commença d'in

« À Rome, disait-il encore, la police est très-sévère. Chaque nuit, A Ces. C’est une « le capitaine parcourt la ville à cheval avec trois cents hommes, et 4 répandre ses la maintient en nombre tous les corps de garde. Quiconque il saisit sur MA il bouillonnait, la rue subit sa peine ; s'il a des armes, il est pendu ou jeté dans le M bases des mont: Tibre. — Enfin, rien n'y est à louer que le consistoire et le tribunal tion et d’une dé

© Walch, t, 5, p. 1646; 4, 29, p. 2374, — * Ibid., t, 22, p. 786. ! Walch, t, 22, ]

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