IV. = De 1511M celte inter
1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 17
ira, en dépit des scholastiques et d'Aristote, en dépit de la justice ; il y donneMit du bon sens :
nouïe : Tout « L'homme, hors de la grâce de Dieu, pèche toujours et sans viction iné.Miresse, lorsqu'il ne commet point de meurtre, d’adultère, ni de vol. le vous êtes Et il pèche en cela, parce qu’il n’accomplit pas la loi spirituelle vos jeûnes Mlment. — Ne commettre point de fait et à l'extérieur que Luther"g'adultère, de vol, c’est une justice d'hypocrites 1, »
"] Certainement, voilà qui est prodigieux, voilà qui est énorme. les scholas-MLuther ne s'en tient pas là, il va toujours plus loin, et dit: « La
Moi, encore qu'elle soit bonne, devient néanmoins nécessairement « Nous neimauvaise par la volonté naturelle. — Toute œuvre de la loi paraît le commen-ilbonne au dehors, mais au dedans c’est un péché. Contre les scholas-
iques. — Maudits sont tous ceux qui font les œuvres de la loi, — avec tout leMMNon-seulement la loi de l'Église n'est pas bonne, mais encore les dix | de ses ac-Miommandements, quoi qu'on puisse enseigner et dire. — Il est donc mpenser nÆlair que toute volonté naturelle est injuste et mauvaise 2, » Luther rai. Demanderez-vous à Luther si du moins l'ignorance invincible exétablir quehipuse de péché ? Il vous répondra par les deux propositions suivantes : Iques-une#k Il n’est pas vrai que l’ignorance invincible excuse de péché.
ontre tous les scholastiques. — Car l'ignorance, par laquelle on ne
de meurtre,
ger d’apr onnaît ni Dieu, ni soi-même, ni ce que c’est que les bonnes œuvres, ns la grâcelest toujours invincible 8. »
- De là ne%@ Révolté de ces propositions monstrueuses, vous écrierez-vous : dire qu’ Mais c'est absurde, mais c’est contraire à la raison, au bon sens et
DS. — Ce-M la logique ? — Luther a une douzaine de thèses contre la raison et a logique, sous le nom d’Aristote 4.
Voyez-vous maintenant le plan astucieusement combiné de l’enest sa na-Mhemi? Parmi ses ruses sans nombre, il crie contre les armuriers, ontre les maîtres d’armes, contre les officiers instructeurs, afin d'endormir le soldat, afin de lui faire négliger l'exercice et le maniement les armes les plus nécessaires. Cette ruse ne lui a que trop bien éussi, Aujourd’hui même, combien de catholiques fidèles ne se aissent pas encore prendre à ces vieilles criailleries contre Aristote olastiques Mt les scholastiques ? Ouvrons au moins les yeux après trois siècles pas libre-"M'expérience.
ir. LutherlM Ce n’est päs tout : dans ses quatre-vingt-dix-neuf thèses contre la Mhéologie des scholastiques et contre les rêves d'Aristote, Luther en à trois en-faveur de saint Augustin, et ce sont les trois premières. C'est encore une ruse, et des plus malicieuses. Voici comment : (4 Nous avons vu que, dans ses discussions avec les Pélagiens, sur-
on pure ni.
est néces-à jui parais-l
IN. 63, Gi et65. — 2 N. 11,77, 80, 83, 84 et 89, — 5 N, 35 et 36, — » N. 41-53, XXI, 2
rm nan {mme 2 ro d 0
18 HISTOIRE UNIVERSELLE ([Liv. LXXXIV. — De 1511 À
tout avec Julien d'Éclane, saint Augustin s’est mépris sur le sens # littéral de ce mot de saint Paul : Omne autem quod non est ex fide, ® peccatum est !, Au lieu d'entendre : Tout ce qui n'est pas selon li conscience est péché, ce qui est évidemment et incontestablement k* sens naturel et littéral, il entendait : Tout ce qui ne procède pas deM la foi est péché. D'où il se voyait forcé de conclure, bon gré mal 4 gré lui, que toutes les actions des infidèles sont des péchés : propo.M sition condamnée depuis par l'Église. Les docteurs catholiques di." saient donc communément, au seizième siècle, que saint Augustin À avait excédé en quelque chose. Luther dresse donc contre eux les M trois propositions suivantes :
« Quiconque dit que saint Augustin a dit quelque chose de trop en écrivant contre les hérétiques, celui-là dit que saint Augustin 48 menti presque partout. Ceci va contre le dire commun. — C’esth donner lieu aux Pélagiens et à tous les hérétiques de triompher, eh même leur attribuer la victoire. — C’est encore exposer au méprisl# l'autorité de tous les anciens Pères 2, » à Voyez-vous la ruse de l'ennemi ? Les Pères de l’Église font auto-h rité décisive lorsqu'ils sont d'accord, non quand ils diffèrent. En ' voilà un à qui, au milieu d'une mêlée terrible avec les hérétiques, il 4 échappe une méprise ; méprise évidente pour quiconque a des yeux ; et de la bonne foi. Vite, l'ennemi s’en empare, et bâtit là-dessus une | tour de blasphèmes contre Dieu. Donc toutes les actions des infi- * dèles sont des péchés ; donc naturellement l’homme ne peut plus faire que le mal ; donc il le fait nécessairement ; et Dieu le punit ; & | Dieu est juste. Et si vous ne confessez pas tout cela, vous outrage ini ani fl saint Augustin, vous outragez tous les Pères, vous donnez la victoire in bass il oat # 1 aux Pélagiens et à tous les hérétiques. M bsurde de re A ce vacarme de Luther et de Jansénius, le catholique répond de le punir : le tranquillement : Saint Augustin dit : Je ne croirais pas même à l'ÉM de oùta: vangile si l'autorité de l’Église catholique ne m’y amenait. Et encore: Nernière de cett ni Rome a parlé, la cause est finie ; puisse également finir l'erreur! ppelée d’abord 4 Eh bien ! comme saint Augustin, je crois l'Église catholique, et non Ces quatre--vir L tel ou tel docteur. Ce n'est pas à Augustin, mais à Pierre et à 5658 atin à Witteml successeurs, qu'il a été dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je biiva héologiques des mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. dur Philippe M Simon, Simon ! j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point: ne re lors donc que tu seras converti, affermis tes frères. Simon, fils de! hi en Hibten : Jean : Pais mes agneaux, pais mes brebis. Mi Avon g
360 3, » D'aprè
1545 de l'ère c
hinsi conçue :
ien dit qui ne e l'Église 1, »
semblable, sai saint Jérôme, :
ion de l'Église est pas quest question de l’1 est pas quest sance à puissar blise universell Telles étaien oncées de Lut ariln'enestf
Aussi l'éditeur darquer que L e commencem de son propre r en deux séries :
léfenseurs du rouve la plus 1 e premier princ st cta été de n bien et le mal, Mommes; car, s
La quatre-vingi-dix-neuvième et dernière thèse de Luther est!
1 Rom, if. : Wiich,t. 18, p. 6et 1, n.1,2et2.
IN, 99, p. 14. —
De 55 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 19 sur le sens # hinsi conçue : « Dans tout cela nous prétendons ne rien dire ni avoir est #; Pde, on dit qui ne s'accorde avec l'Église catholique et avec les docteurs as selon l\®
ie l'Église 1, » Ces paroles méritent attention. Dans une occasion blement lef semblable, saint Thomas d'Aquin,
: l'ange de l’école, et avant lui ède pes de aint Jérôme, soumettaient humblement au jugement et à la correcon gré MAS n de l'Église romaine et du Pape tout ce qu'ils avaient écrit, Ici il és: propo-lÆ pas question du Pape, pas question du Siége apostolique, pas oliques di.M
question de l’Église romaine, mais de l’Église catholique ; surtout il est pas question de soumission, mais d'accord, comme de puis-
sance à puissance. Dès le premier pas, Luther se pose l’égal de l'Élise universelle,
t Augustin 4 tre eux leM
se de trop 4 Telles étaient donc les vues, les idées et les dispositions bien pro-
Augustin noncées de Luthcr, même avant qu'il fût question des indulgences ;
me ar il n’en est pas dit un mot dans les quatre-vingt-dix-neuf thèses.
'mpher, # Aussi l'éditeur protestant de ses œuvres complètes a-t-il soin de reés mépris arquer que Luther a composé et publié.ces premiers écrits avant Étui Me commencement de la réformation prétendue, et Presque toujours on CN
7° ‘00 propre mouvement. Il partage ces premiers écrits de Luther fèrent. Enf
ER en deux séries : 40 contre les successeurs d'Aristote ; 2 contre les rétiques, ill$ léfenseurs du libre arbitre ?, Ce titre de la s
econde série, qui se a des yeux 4 rouve la plus longue, est d’une naïveté remarquable, On y voit que LA a fe premier principe, la première essence de la soi-disant réformation, s des inf-#
- Best ct a été de nier le libre arbitre de l'homme, peut plus le mal, la vertu et le vice, la loi et ommes; car, si l'homme n’a point de libre ar écessairement, comme la pierre qui tombe né en bas, il est absurde de lui prescr absurde de le Jouer ou de le blâmer,
c'est-à-dire de nier le la société parmi les bitre, s’il veut et agit cessairement de haut ire des ordres et des défenses,
: absurde de le récompenser ou PO Je punir : les lois, les gouvernements, les tribunaux sont une ème à l'E. hbsurde et odieuse tyrannie. Telle est donc la nature première et oo lernière de cette révolntion religieuse et intellectuelle, qui s’est l'erreur}
ppelée d’abord réformation, ensuite protestantisme.
16; 6 DOS Ces quatre-vingt-dix-neuf thèses de Luther ont été imprimées en et à SR in à Wittemberg, dès l'an 1360, sous ce titre: « Propositions | Je DATA)
Mhéologiques des vénérables hommes docteur Martin Luther et doc- Ne QEs: eur Philippe Melanthon, contenant la somme de la doctrine chrélle point; ne écrites ot disputées à Wittemberg, dès l'an 1316. Année 1516, on; fils d$, Jean Hibten a prédit que Commencerait la réformation de l’É-
lise. Avec une préface du docteur Philippe Melanthon. Wittemberg, uther else 5, D'après ce document, l’année 1516 est donc le vrai
An?
1N, 99, p. 14, — 3 Walch, t, 18, p. 1-81, — 3 Propositiones theologiæ reve-
Gr eq ms mo cr LR
- —— sers em 28 D SRE PRET 9 NE mme pmannste. cs - perenerrrees ET ÉD EE = : :
20 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 151 à 1545 de l’ère
commencement de la réforme de Luther, comme les quatre-vingt- #8 l’indulgence dix-neuf thèses en sont l'essence. 4 Marchant c Ceci est un fait capital, ignoré de bien des protestants et de bien M-Jules IL, le pa des catholiques : ignoré ou méconnu de Bossuet lui-même. Car dans Où re-signée Sa son A'istoire des Variations protestantes, qui est à rectifier sous ce 4 plénière aux f rapport, il suppose que les égarements de Luther commencèrent par M contrits et co: la querelle des indulgences, et qu'il n’arriva que peu à peu à nier le MW aent de la b: libre arbitre et à faire Dieu auteur du péché; en un mot, comme M 22 ard cæli, C parle Bossuet, à vomir des impiétés et des blasphèmes qu’on n’enten- MM servance, y es dra peut-être pas dans l'enfer même 1. Non, non; le fait est que ce F Hpouvoirs pou fut précisément par ces impiétés plus qu'infernales que Luther inau- M} commissaires gura sa prétendue réforme. «2 confesseur un Quant à l’histoire des indulgences, qui donna lieu à Luther de ré. "même des ord pandre tout le venin qu’il avait amassé dans le cœur, en voici les #8 Censures et de principaux faits : œ excepté cinq o Les enfants mêmes du catéchisme savent que l’indulgence est une # la Personne du remise, des peines temporelles dues au péché, dont on a recu l’abso- pan y est chargé lution au sacrement de pénitence , et que, pour gagner l’indulgence, MR laissé au comm il faut être en état de grâce et accomplir ce qui est ordonné par l'É-M Au commencer glise. L’indulgence plénière est la remise de toutes les peines dues M ociroie ces grâc au péché. Nous avons vu les Papes l’accorder pour la croisade et Pierre a été in pour le jubilé. Ils en accordèrent encore, soit de plénières, soit de à Christ, et qu'à partielles, pour d’autres œuvres de piété et de miséricorde, comme mi lier et de délier à ceux qui contribuaient povr la construction des églises ou des hô- k pierre je bâtira pitaux. Ainsi, l'an 1381, l'archevêque de Magdebourg ayant fait k Mdescieux ; ettou: dédicace du nouvel hôpital de Halle, avec son église et son cimetière, Me! tout ce quetu accorda quatre-vingts jours d'indulgence à tous les fidèles qui, sin- Le commissai cèrement contrits et confessés, visiteraient cette église et ce cime-Mfet du Voisinag tière, et donneraient, selon leurs moyens, une aumône pour lesPMePOstolique, qui pauvres de l'hospice 2. Dans le même but, les Papes accordaient Pour l'indulgenc quelquefois certaines dispenses pour le carême. Ainsi l’église cathé.} détaillée aux sou drale de Freyberg en Saxe ayant été brûlée en 1484, le pape Inno- M ndulgence de | cent VIIL accorda pour vingt ans la permission de manger du beurreb dition allemande et du laitage pendant le carême, à condition de contribuer d'un Y avons rien t vingtième de florin chaque année à la réédification de cette église ?, Bi Dans tous ces indults, une condition indispensable pour gagne
Dlde Dieu et du Se rendorumn virorum D, Marth. Luth. et D. Philippi Melanth., continentes sum- Pepeuple à profiter mam doctrinæ christianæ, scriptæ et disputatæ Vuitembergæ, inde usque ab annobi 1516. De quo tempore vaticinatus est Johannes Hibten, initium fore reforma- ësr tionis Ecclesiæ, anno 1516. Cum præfatione D. Philippi Melanth. Vuitembergæ, 1560, Bi S l'egardent,
1 Deuxième Arertissement sur tes lettres de M, Jurieu, — 2 Walch, t. 15, p. 26. RM — Ibid, p. 81, à * Walch, t, 15, p.;
IV. — De 1517 L à 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
2 l'indulgence est toujours qu’on soit vraiment contrit et confessé. 4 Marchant donc sur les pas de ses prédécesseurs, en particulier de et de bien "Jules IL, le pape Léon X, par une bulle du 13 septembre 1517, cone. Car dans M tre-signée Sadolet, et à valoir Pour un an, accorda une indulgence ier sous ce plénière aux fidèles de vingt-cinq provinces, qui, vraiment pénitents, ncèrent par M contrits et confessés, contribueraient de leurs aumônes à l’achève- 0 ment de la basilique de Saint-Pierre. Le cardinal de Sainte-Marie in ard cœli, Christophe de Forli » Sénéral des frères Mineurs de l’obni Sel Vance, y est nommé commissaire général, avec les plus amples est que ce F pouvoirs pour accorder diverses dispenses et subdéléguer d’autres ither inau- M commissaires ou nonces. Les fidèles sont autorisés à se choisir pour "A confesseur un prêtre quelconque, séculier ou régulier de tout ordre, 1 même des ordres mendiants, qui pourra les absoudre de toutes les censures et de tous les péchés, même de ceux réservés au Pape ; excepté cinq ou six des plus énormes, comme la Conjuration contre M la personne du Pape ou le meurtre d’un évêque. Nul ordre religieux n'y est chargé exclusivement de prêcher l’indulgence : ce détail est laissé au commissaire général, qui était de l'ordre de Saint-François. Au commencement de la bulle, Léon X rappelle par quel pouvoir il Joctroie ces grâces. « Tous les Chrétiens savent assez, dit-il, que saint Pierre a été institué prince des apôtres par notre Sauveur Jésus-
atre-vingt- *
es, suit del Christ, et qu’à lui a été donnée, par la grâce divine, la puissance de le, comme lier et de délier les âmes, en ces paroles : Tu es Pierre, et sur cette ju des hô-MMpierre je bâtirai mon Église, et je te donnerai les clefs du royaume
ant fait la cimetière,
idescieux ; ettout ce quetulieras s [et tout ce que tu délieras sur Le commissaire ou nonce
ur la terre sera aussi lié dans les cieux, la tèrre sera aussi délié dans les cieux 1,
qui, sin- a particulier pour les provinces du Rhin ce cime-Mfét du voisinage fut le docteur Arcimbold, protonotaire du Siége pour leshi apostolique, qui déjà précédemment avait rempli les mêmes fonctions :cordaient MPOur l'indulgence du jubilé. Nous avons de lui une instruction fort lise cathé- PRdétaillée aux SOus-commissaires, prédicateurs et confesseurs, dans ape Inno:} indulgence de la basilique de Saint-Pierre. Elle se trouve dans l’édu beurre dition allemande des œuvres
complètes de Luther ; malgré cela, nous
préhensible, Il veut que les prédicateurs et les confesseurs soient d’une conscience timorée, de bonne vie,
d'une science au moins médiocre, et déterminés à procurer la gloire dde Dieu et du Saint-Siége, le salut des fidèles, et qu'ils excitent le entes sum- Eipeuple à profiter de toutes les grâces de l'indulgence. Ils feront ser-
que ab ann Ement entre les mains du commissaire d'observer les instructions qui re reforma- En
le n ergæ, 1860.84 °° l'egardent, t, 15, p. 2 z
©‘ Walch, t, 15, p. 285 ct tn
buer d’un 2 Y avons rien trouvé de ré e église ?. h
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