‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 60 sur 122 · Sismondi, Hist. des Françailé · texte numérisé non relu

Sismondi, Hist. des Françailé

1 Paolo Paruta, Hist. Veneta, 1. . 6 1. 22, p. 686, — Paul Jove, 1. 36, p. 328.

t.16, p. 541-543, — Fr, Belcarii,

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lorsqu'il n’en était plus temps, la promesse qu'il avait faite à Soliman, et d'entrer en Italie avec cinquante mille hommes, comme celui-ci en retirait ses troupes 1... Il y avait dans François un sentiment secret de mesquine jalousie contre ses généraux et contre son fils lui-même, qui lui faisait dési. rer qu'ils ne remportassent aucune victoire sans qu'il y fût présent ; mais il Y avait aussi dans les hésitations, les contradictions de sa conduite un peu du trouble d’une conscience que tous les sophismes des hommes d’État ne Suflisaient pas à calmer. Des traîtres avaient été gagnés par ses agents dans les forteresses de Gradisca et de Goritza, qui avaient promis de les livrer aux Turcs lorsqu'ils se présenteraient, Let d'introduire ainsi Soliman, qui aurait tourné l’Adriatique par le nord, avec sa formidable armée, jusqu'au cœur de la Lombardie. François sentait que son nom deviendrait à jamais odieux s’il livrait ainsi l'Italie aux mécréants. Il Préférait que des négociations missent fin à la guerre 2, « En attendant, il avait envahi les États de son oncle Charles IT, duc de Savoie.

« On savait (en 1538) que Soliman rassemblait une armée plus brmidable encore que celles qu'il avait précédemment conduites contre les Chrétiens ; que sa flotte était toute prête pour la transporkren Italie, et qu'il croyait que la campagne suivante lui suffirait pour conquérir cette péninsule. François ne cachait plus son alliance avec le sultan ; et l’évêque de Valence, Montluc, de retour à Rome après avoir été en mission à Constantinople, avait répondu par des lnfaronnades, sur le crédit dont la France jouissait dans le Levant, aux reproches qu’on s’était cru en devoir de lui faire. Il ne semblait possible de sauver d’une aussi imminente calamité la civilisation, la religion, la liberté de l'Europe que par la paix, car François procla- Mäit toujours qu’une fois la paix faite, il s'empresserait de tourner ses armes contre les Turcs.

«Le pape Paul IIL, successeur de Clément VIF, vivement frappé du danger qui menacait et sa patrie, et la religion dont il était Je chef, et l'humanité tout entière, résolut, malgré son grand âge, de se trans-

lus lôin : « Il ay Picardie, puis ca} t aux engageme 1 devait tenir, ui r, traversant av e qu’on supposi Chrétiens portai alona, au pied dk a plus rapprochk ndre sous ses ya ousse et à toutes Pouille et la Cak o de Toledo, et oles, étaient pré t sur les vaissea sion et leurs pr avec soixante-l étit port de mer Ouvertes par cui ince, qu'on die lade à la Valon ’assura que.ler ae Où il avait pr

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porter partout où les deux monarques voudraient se réunir, ct 4 s'offrir à remplir entre eux le rôle de médiateur. Il PrOposai ; l'empereur et au roi de France, Nice, comme étant le lieu Propre ; une conférence. Nice était le seul asile qui fût demeuré à Charles 1 duc de Savoie 1... Obligé de céder aux sollicitations de l'empereur il fit agir les bourgeois de Nice, qui fermèrent leurs portes. Le Pa

ne se laissa point rebuter par leur refus ; quoique âgé de soixante.ony ans, il partit de Rome le 23 mars 1538, et, s'avançant d'abord par terre, il passa à Parme, où, dans une cérémonie, une querelle si viole s’éleva entre ceux qui prétendaient avoir droit de mener sa mule la bride, que son premier écuyer y fut tué, et que lui-même s'enfui avec tous ses cardinaux, et vint se cacher dans la cathédrale. IL s'em. barqua ensuite à Savone, et vint aborder à Nice le 47 mai. Les boy. geois, loin de lui ouvrir leurs portes, ne voulurent le recevoir ni dy le château ni dans la ville. L'empereur, qui était parti d’Espagns vint s'établir le 47 mai à Villafranca, petit port de l’État de Monaco où sa galère lui servait de logement ; de son côté, leroi s’établit à Vi leneuve, le 21 mai, à deux milles de distance ; et le Pape se loge dans un couvent de Saint-François, en dehors de Nice. Quelque vo sins que fussent les deux monarques, Paul III ne put les détermine à se voir; mais il se déclara prêt à porter les messages de l’un à l'autr Une grande tente fut dressée en dehors du couvent, et il y reçu

le 18 et le 21 mai, deux visites de l'empereur. A son tour, Frangi se présenta au Pape avec ses fils, le 2 juin, à Saint-Laurent-sur. Var, à un mille de distance de Nice, et ils eurent ensemble unes conde conférence le 43 juin. En même temps, les ministres des den souverains conférèrent entre eux plusieurs fois ; etla reine de Fran la reine de Navarre et la dauphine visitèrent le Pape et l’empereur.

Après plusieurs conférences, au lieu d’une paix, on convint du

trêve de dix ans, qui laisserait chaque souverain en possession de qu'il tenait. Cette trêve fut agréée et signée le 18 juin ?,

Et voilà commeun vieux Pontife, sans armes, sauva la civilisain la religion, la liberté de l'Europe et de l'humanité entière, contrek menées impies d’une politique sans foi ni loi, qui en avait compli la perte avec l'empire antichrétien de Mahomet.

Nous voudrions pouvoir ajouter que, depuis ce moment, le roitrà chrétien de France se montra plus Chrétien que Turc. Le fait estqu continua de conspirer contre la chrétienté avec l'empire antichrétk de Mahomet, dans la personne du sultan de Constantinople, Sol Man Il, et du roi musulman d'Alger, le corsaire Barberousse. Vik

1 Sismondi, p. 587 et 558, — 2 P, 559 et seqq.

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oume le protestant Sismondi en présente le résultat sur l'année 1543:

« Quoique dans cette Campagne (de Flandre) François Ier n'eût emporté aucun avantage sur son ennemi, eteût, au contraire, perdu eseul allié qui lui fût resté en Allemagne, il s'en Consolait en appreant les victoires remportées par les Turcs, en Hongrie, sur Ferdi.. ad, frère de l'empereur. Il est vrai qu'elles augmentaient Ja terreur es armes musulmanes, qui semblaient prêtes à envahir et désoler Europe; mais ces succès accroissaient aussi la haine qu’on avait ontre lui-même, et l'horreur avec laquelle on le repoussait comme ntraître à toute la chrétienté. Les protestants, au lieu de se conuire comme lui, s'étaient réunis aux catholiques pour la défense de ‘Europe. Maurice, duc de Saxe, avait joint Ferdinand en Hongrie, et même temps quatre mille fantassins lui étaient envoyés par le Pape ; toutefois, ils étaient loin de Pouvoir résister à Soliman, qui, à equ'on assurait, les attaquait avec deux cent mille hommes, et qui jouit dans cette campagne Strigonie, Albe-Royale, Cinq-Églises, un grand nombre d’autres forteresses 1,

« Encore que François eût expédié le comte d'Enghien en Pro. ence pour s’y concerter avec l’armée de Barberousse, il semblerait qu'il n'avait pas compté beaucoup sur l'arrivée de celui-ci ; aussi ait-il donné au jeune prince fort peu de troupes, et moins encore

l'argent. Enghien, qui désirait Cependant quelque occasion de se jignaler, accueillit avec empressement la proposition que lui fit le baron de Grignan de s'emparer du château de N ice, que trois traitres romeltaient de lui livrer. C'était un piége qui lui était tendu par

nettino Doria; car, comme on s'exprimait alors, :le traité était louble, et les traîtres, loin de lui livrer Nice, voulaient le livrer luilême : heureusement la Vieilleville, qu’il appelait son bel oncle, et Qu'il avait conduit en Provence Pour le consulter, eut quelque soupfon de cette tromperie, et empécha le prince de monter sur les quatre premières galères qui s’approchèrent de Nice, et qui furent prises. nghien suivait d’un peu loin avec les quinze autres, qui eurent bien le la peine à échapper à Doria, caché dernière le cap Saint-Soupir 2,

«Bientôt cependant la terreur universelle de l'Italie annonça l’approche de la flotte turque. Barberousse était parti de Constantinople 228 avril (1543) avec cent douze galères, quarante navires de guerre l'une grandeur inférieure, beaucoup de vaisseaux de transport, et Quatorze mille hommes de débarquement, Au mois de mai , il arriva

! Paul Jove, 1, 42, — Belcarii, 1, 23, — Muratori, Annali d'Italia, t. 14, — Alf. di Ulloa, Vita di Férdinando, — 2? Mém, de Vieilleville, t, 28, c. 27. — Mart, du

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en vue de l'Italie méridionale, et, débarquant sur les côtes de Ca. labre, il abattit les oliviers, les vignes, les palmiers, et il enleva grand nombre de paysans qu’il fit esclaves: Au milieu de juin, il dé. barqua à Reggio, et réduisit cette ville en cendres : elle avait été aban. donnée par ses habitants, qui s'étaient enfuis dans les montagnes. Le 29 juin, il parut à l'embouchure du Tibre, et répandit dans Rome une extrême terreur; mais Antoine Paulin (le négociateur français de cette alliance et guerre impie), qui accompagnait Barberousse, a. sura le cardinal de Carpi, gouverneur de Rome, que les Turcs allié du roi de France auraient des égards pour la neutralité du Pape. (a promesses n'empéchèrent point la fuite d’une grande partie des habi. tants ; elles furent cependant respectées ; et Barberousse, sans commettre d’autres ravages, arriva au mois de juillet à Marseille: ily mit publiquement en vente les esclaves chrétiens qu'il avait enlevésà Reggio de Calabre, et qui trouvèrent en France des acheteurs 1,»

« François de Bourbon d’Enghien était arrivé à Marseille dès le commencement de juin, dit Belcarius, et la flotte française était composée de vingt-deux galères, avec dix-huit vaisseaux de transport; mais il n’y avait que peu de soldats pour la monter, et ni l'artillerie niles munitions nécessaires pour le siége des villes n'étaient préparées. Le capitaine Paulin partit en poste pour aller auprès du roi, cr le Barbare maudissait la procrastination de François, qui avait fait venir une si grande flotte d’un pays si éloigné, et qui n’avait rien de prêt: qui n’indiquait pas même quels ennemis il fallait attaquer. Il men. çait du ressentiment de Soliman si on laissait écouler l’été sans avoïr rien fait d'éclatant. Paulin, de retour d’auprès de François, ramem quelques soldats français pour monter sur la flotte ; il déclara que k roi ordonnait d'attaquer Nice, et que le comte d’Enghien allait sui. vre : les deux flottes se réunirent en effet à Villefranche, port de Monaco ?. A l'approche des Tures, tous les habitants avaient évacué Villefranche. Le 10 août, sept mille Français unis à quinze mille Tures commencèrent l'attaque de Nice. On fit jouer contre cette ville une formidable artillerie : Barberousse se fâchait fort, dit Montluc, e tenait des propos aigres et piquants, mêmement lorsqu'on fut con. traint de lui emprunter des poudres et des balles. Après avoir fa une grande batterie, l'assaut fut donné par les Trucs et les Provençan ensemble; mais ils furent repoussés. Enfin la ville se rendit le 22 août, non pas le château 3.

« La conquête de Nice pouvait passer pour un acte impie et cruel

? Ferron., 1.9, — Belcarii, 1. 23, — Paul Jove, 1. 43. — Muratori, t. 14 — * Beicarii, 1, 23, — 5 Mdm. de Montluc, 1.1,

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