‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 67 sur 122 · Musculus, en son · texte numérisé non relu

Musculus, en son

236 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 15fr

Les paysans et les jardiniers sont si pieux dans ces temps, qu'ils ou M n'était pas oublié même leur Pater et ne peuvent plus réciter leur Credo, exceph précipités ( les tout vieux, qui ont appris leurs prières dans le papisme et Jes A Voilà ce tiennent encore !, » ÉWartbourg

À ces témoignages de l’apostat Musculus et des autres, Luthy permission vient mettre le sceau en disant: « Par suite de cette doctrine, | MPa de l'en monde devient toujours plus méchant. Aujourd'hui les hommes oi ile. Là il possédés de sept démons, tandis qu'auparavant ils n'étaient possédé ains, mais que d’un seul. Le diable entre maintenant dans les gens par &. pole, disaitcouade ?, » Voilà ce que dit Luther dans un sermon du Premier di. buvais ma manche de l’Avent et dans ses apostilles domestiques. Il dit encore M ent ébranl ailleurs : « Par suite de l’évangile (luthérien), les paysans sont a tent: Si j jourd’hui sans frein. Comme ils pensent pouvoir faire ce qui le pute l’Allen plaît, ils n’ont peur ni d’enfer ni de purgatoire, mais disent : Je croi aurais pu r donc je serai sauvé 3. » On ne voit pas que Luther ait répondu à M ©? Sûreté raisonnement, ni même qu’il pût y répondre. pi ces com:

Ainsi donc, de l’aveu même de Luther et de ses principaux coop M 1° j'ai é rateurs, une démoralisation profonde et universelle, voilà quel ft Li isserai Jà. fruit prompt et naturel du luthéranisme pour les populations al. ‘à mal vou lemandes. uaod on lit

L’anarchie intellectuelle et religieuse n'était pas moins x. emberg ; on trême. bien lu, et

En 1521, durant que Luther était caché au château de Wartbours pi iommne a: Carlostadt avait renversé les images, Ôté l'élévation du saint io pmais ? Est-i ment et même les messes basses, et rétabli la communion sows ls Carlostadt, deux espèces dans l’église de Wittemberg, où avait commencé! nt d'ardeur luthéranisme. Luther n’improuvait pas tant ces changements qu'il MR nt pour à trouvait faits à contre-temps et d’ailleurs peu nécessaires. Mai « laqué la trar qui le piqua au vif, comme il le témoigne assez dans une lettre qu iaristie. Carl écrivit sur ce sujet, c’est que Carlostadt avait méprisé son autorit A" vénérable avait voulu s'ériger en nouveau docteur #. Les sermons qu'il fit à ae" n'avait Ps occasion sont remarquables ; car, sans y nommer Carlostadt, ilr Carlostadt, prochait aux auteurs de ces entreprises, qu’ils avaient agi sans ni ntal, ignora sion : comme si la sienne eût été mieux établie. « Je les défend nié; et} disait-il, aisément devant le Pape, mais ie ne sais comment les ju une modé tifier devant le diable, lorsque ce mauvais esprit, à l'heure del lier les Lutt

re était l’

mort, leur opposera ces paroles de l'Écriture : Zoute plante que "© ‘tait Ph Père n'aura pas plantée sera déracinée, et encore : Ils couraient, et 1 pertment. I!

? Musculus. — ? Deuxième sermon de Luther pour le premier dimanche del, . vent. — Weisi., préf., p. 151. — 8 Tisch. Isleb., fol, 209, A. — Francf., fol. 148.4 M PUR b — Dresde, fol. 323. B. — * Ad Gasp. Gustol., 1522, diurne

+ LXXXIV. — De ièf à1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

s temps, qu'ils Qu Min ai pas moË qui les envoyais. Que répondront-ils alors ? Is seront eur trob did précipités dans les enfers 1, »

É Voilà ce que dit Luther pendant qu'il était encore caché FA SU EWartbourg. Mais étant sorti de là ne mois de mars les autres, Luihe permission de l'électeur de Saxe, et revenu à Wittemberg malgré le cétté doctrine ; ban de l'empire, il fit bien un autre sermon dans l'église de cette ii les hommes ; à ille. Là il entreprit de prouver qu'il ne fallait pas employer les n'étaient posséju A ains, mais la parole toute seule, à réformer les abus. «C’est la pales gens par à Lole, disait-il, qui, pendant que je dormais tranquillement et que je on du premier ë. buvais ma bière avec mon cher Mélanchton et avec Amsdorf, à telleues. Il dit e “nent ébranlé la papauté, que jamais prince ni empereur n’en a fait Lo me tant. Si j'avais voulu, poursuit-il, faire les choses avec tumulte, ER QE is oute l'Allemagne nagerait dans le sang ; et, lorsque j'étais à Worms, is disent : Je ul aurais pu mettre les affaires en tel état, que l’empereur n'y eût pas r ait rép dé 4 ité en sûreté. Au reste, si vous prétendez continuer à faire les choses par ces communes délibérations, je me dédirai sans hésiter de tout rincipaux con. Mt que j'ai écrit ou enseigné ; j’en ferai ma rétractation, et je vous É ras ere Mussrai là. Tenez-le-vous pour dit une bonne fois ; et après tout, ; ; ; :

s populations 4. guel mal vous fera la messe papale 2? » On croit songer, dit Bossuet,

und on lit ces choses dans les écrits de Luther imprimés à Wit-

aë bit emberg ; on revient au commencement du volume, pour voir si on P 4 bien lu, et on se dit à soi-même : Quel est ce nouvel évangile ? Un au dé Wii Del homme a-t-il pu passer pour réformateur? N’en reviendra-t-on OR mais ? Est-il donc si difficile à l’homme de confesser son erreur 3 ? on du saint sac. ; À nmunion sou! Carlostadt, de son côté, ne se tint pas en repos, et, poussé avec it Mn ft ant d'ardeur, il se mit à combattre la doctrine de la présence réelle, sd after L utant pour attaquer Luther que par aucun autre motif. Luther avait AU qe Mitaqué la transsubstantiation ou changement de substance dans l’eu- " tt fe. : haristie. Carlostadt, que Luther avait tant loué et qu'il avait appelé Fe Léon ds ! Mon vénérable précepteur en Jésus-Christ, attaqua la réalité que Luhi PR RU her n'avait pas cru pouvoir entreprendre. ns qu'il fit à cetb : ñ 1e Carlostadt. in Carlostadt, si nous en croyons les Luthériens, était un homme : SO ignorant, artificieux pourtant, st brouillon, sans piété, sans lent agi sans mi Hd 4 ; ; REA end manité, et plutôt Juif que chrétien. C’est ce qu'en dit Mélanchton, Je les défendri h f É : hf nt les € modéré et naturellement sincère. Mais, sans citer en parüi— ed ns Pier les Luthériens, ses amis et ses ennemis demeuraient d'accord Le PUS 0 le c'était l’homme du monde le plus inquiet aussi bien que le plus te plante que mi él ils Fe P ! Get LE pertinent. Il ne faut point d'autre preuve de son Ignorance que di ; explication qu'il donna aux paroles de l'institution de la cène, sou-

à la 1522, sans la

Er me tre a

Te No eee

ter dimanche de l'A

Op. L . . 27: 6 . /i ,—? id. . 15 —53B gt ist, - Franef., fol. Hu Rs But » À. 7, fol. 273, édit, Wittemb Jbid., p, 275 ossnet, Hist ls Varict., 1, 2,

238 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV, — be 11}

tenant que par ces paroles : Ceci est mon corps, Jésus-Christ, san, Mdonné le ©

aucun égard à ce qu'il donnait, voulait seulement se montrer lui. même assis à table comme il était avec ses disciples 1 : imagination si ridicue, qu’on a peine à croire qu'elle ait pu entrer dans l'espri d’un homme.

Luther donc, quoiqu'il eût pensé à ôter l'élévation de l'hostie, l retint en dépit de Carlostadt, comme il le déclare lui-même, el de peur, poursuit-il, qu'il ne semblät que le diahle nous eût Qppris quel. que chose 2,

Il ne parla pas plus modérément de la communion sous les dey espèces, que le même Carlostadt avait rétablie de son autorité pri. vée. Luther la tenait älors pour assez indifférente. Dans la lettre qu'l écrivit sur la réformation de Carlostadt, il lui reproche « d’avoir mi le christianisme dans ces choses de néant, à communier sous les deux espèces, à prendre lé sacrement dans la main, à ôter la confes. sion, à brûler les images 3, » Encore en 1532, il dit dans la formuk de la messe : « Si un concile ordonnait ou permettait les deux &. pèces, én dépit du concile nous n’en prendrions qu’une, ou ne pren. drions ni l’une ni l’autre, ét maudirions ceux qui prendraient | deux en vertu de cétte ordonnance 4. » Voilà ce qu’on appelait la]. berté chrétienne dans la nouvelle réforme : telles étaient la modests et l'humilité de cés nouveaux chrétiens.

Carlostadt, chassé de Wittemberg, fut contraint de se retirer à (1. lemonde, ville de Thuringe, dépendante de l'électeur de Saxe, Îy grondait sans cesse avec les anabaptistes autant contre l'électeur que contre Luther, qu’il appelait un flatteur du Pape, à causé principalement de quelque reste qu’il conservait de la messe et de la présence réelle; car c'était à qui blâmerait le plus l’Église romaine, et à qu s’éloignerait le plus de ses dogmes. Ces disputes avaient excité de grands mouvements à Orlemonde. Luther y fut envoyé par le prine pour apaiser le peuple ému. Dans le chemin, il prêcha à léna, en présence de Carlostadt, et ne manqua pas de le traiter de séditieux, à cause de ses liaisons avec les anabaptistes. C’est par là que commenx la rupture. En voici la mémorable histoire, comme elle se troure parmi les œuvres de Luther, comme elle est avouée par les Luthé. riens, et comme les historiens protestants l'ont rapportée 5. Au sorti du sermon de Luther, Carlostadt le vint trouver à l'auberge de l'Ourse: Noire, où il logeait ; lieu remarquable dans cette histoire pour avoir

‘Zuing., Epist. ad Matt. Alber. Id, Lib, de ver. et fals, relig. Hospin., part. ? fol, 132, — 2 Ibid,, fol, 188. — 5 Epist. ad Gaspar. Gustol, — k Formmiss., t }

fol. 384, 386.— 5 Luth,, t, 9, léna, 447. Catix. judic., n, 49, Hospin., ? part, ai

an. 1524, fol, 32,

qu'il put st kouffrir SOI

t professeur

Maints, se fit

oulanger, et ktte manie $.

De leur côte

rlemonde, ur oici l’histoire

!Epist, Luth.,

D 05. À, — Vois

18, 19, et alii a

. LXXXIV, — be 15f1

Jésus-Christ, Sans it se montrer lu.

es 1 : imagination ntrer dans l'esp

ion de l'hostie, 1 > lui-même, # 48 eûE appris quel.

ion sous les deux son autorité pri.

Dans la lettre qu'il che « d’avoir mÿ nmunier sous Je » à Ôter la confx.

t dans la formuk tait les deux eç.

une, OU ne pren.

i prendraient l ’on appelait la li.

aient la modesti

le se retirer à (k.

eur de Saxe. Il} tre l'électeur que | cause principaet de la présence omaine, et à qu ivaient excité de Oyé par Le prince rêcha à Iéna, en +r de séditieux, à à que commence ne elle se troure e par les Luthé.

rtée 5. Au sortir verge de l'Ourse.

toire pour avoir

. Hospin., part. ?

# Formmiss., t, 1 3 Lospin., 2 part, di BR

à 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 23y

Bionné le commencement à la guerre sacramentaire parmi les réformés. Là, parmi d’autres discours, et après s’être excusé le mieux qu'il put sur la sédition, Carlostadt déclare à Luther qu'il ne pouvait souffrir son opinion de la présence réelle. Luther Je défia d’un air dédaigneux d'écrire contre lui, et lui promit un florin d’or s’il l'enikeprenait. Il tire le florin de sa poche. Carlostadt lé met dans la bienne. Ils touchent en la main l’un de l'autre, eh se pProméttant mu: element de se faire bonne guerre. Luther but à la santé de Car: ostadt et du bel ouvrage qu’il allait mettre au jour, Carlostadt fit Bison, et avala le verre plein ; ainsi la guerre fut déclarée à la mode ju pays, le 22 d’août, en 1524. L'adiéu des combattants fut mémo: ble. Puissé-7e te voir sur la roue ! dit Carlostadt à Luther, Puisses-tu erompre le cou avant que de sortir de la ville 11 A cette époque, toutes les têtes semblaient vouloir se mettre à 'evers : des laïques sans études, de grossiers paysans, même des kmmes babillardes, avec un texte ou deux de la Bible, qu'ils savaient À peine lire, se croyaient des maîtres en-Israël. Les savants, au con- Brare, abandonnaïent les études, ne voulaient plus être ni maîtres ni locteurs, mais exercer un métier ou l’agricuiture ; quelques-uns ommencèrent à garder les bestiaux, parce qu'il est écrit dans la jible : Ne vous laissez pas nommer maitres. Vous vous nourrirez oute votre vie. sur la terre avec beaucoup de travail, et vous mangerez otre pain à la sueur de votre front. Ainsi André Carlostadt, docteur

t professeur de Wittemberg, archidiacre de l’église de Tons-lesints, se fit laboureur, conduisait du bois

s, des cochons au marché, Rendait de l'eau-de-vie, de la bière et des cartes, et ne voulait souf:

ir qu'on l'appelât monsieur le docteur, mais frère ou voisin André ?, e fol exemple fut suivi par Mélanchton, qui se loua comme apprenti oulanger, et fit effectivement du pain ; mais Luther le détourna dé ktte manie 5,

De leur côté, les paysans néoévangéliques se mirent à faire magisalement le métier de docteur et de prédicant. Ainsi, à Werdt, près uemberg, on vit un paysan bien botté, ayant à la cein puteau de table, et tenant à la main un bon fléau à battre en grange, ire une prédication sur le libre arbitre, où il voulut prouver que Jeu opérait tout en nous, même Je péché. La prédication fut imrimée dans le temps, avec le portrait agreste du prédicateur 4, A rlemonde, un garcon cordonnier disputa avec Luther sur la Bible, oici l'histoire de cette dispute,

ture un grand

lEpist, Luth., ad Argent.,t. 7, fol. 302. — 2? Mathes e

* Conc, 6, de Luih., ô, À, — Weislinger, D. 69. — 3 Ulenb. in Vité Ye

lanchton., c, 8, n, 2, 3,

: 18, 19, et alii apud Weislinger, p, 60, — * Weislinger, p. GO,

RS m E

240 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De Ijit

Les néoévangéliques d’Orlemonde avaient choisi Carlostadt po | leur pasteur, et renversé les images à son instigation. Luther Ju

à 1545 de l’

baptême e

écrit là-de blâma de l’une et l'autre entreprise. Les municipaux d'Orlemonde si ils s’en plaignirent à lui-même, et l'invitèrent à venir conférer aveceux, R conclut Lu Îl'y vint, après sa dispute avec Carlostadt à l'Ourse-Noire de Jém, seu fallut On se mit à table, on fit venir de la bière. Luther et les municipaux M diable! à t échangèrent, suivant la coutume allemande, de nombreuses Santés, D Dieu te cas La discussion eyant commencé dans ce nouveau concile, Luther dj par quelles entre autres : Vous voulez que je vous dise en quoi vous avez péché: lique d'Or c'est d'abord en donnant le nom de pasteur à Carlostadt, à qui nik Les fem

duc de Saxe ni l’académie de Wittemberg n’ont jamais reconnu ce titre. — Mais, dit un des municipaux, si Carlostadt n’est pas notre È pasteur légitime, la doctrine de saint Paul est un mensonge , et vo livres une déception; car nous l'avons choisi et élu, comme le té. moignent nos missives à l'académie de Wiitemberg. — Payé aing de sa propre monnaie, Luther ne répondit rien.

Mais, passant à une autre question, il dit: Vous avez péché, en second lieu , en renversant les images et les statues. Où avez-von lu dans l’Écriture qu'il fallait abolir les images? — Je vais vous ré. pondre, dit un municipal. Tenez-vous Moïse pour le promulgater du décalogue? — Sans doute. — Eh bien ! n’est-il pas écrit dans le décalogue : Vous n’aurez aucun autre Dieu devant moi; et Moi n'ajoute-t-il pas à ce précepte divin, pour l'expliquer : Vous ôter du milieu de vous toutes les images, et vous n’en garderez aucune! — Mais, répondit Luther, cela s'entend des idoles ou des imags qu'on adore; ce n’est pas l'image de Jésus crucifié que j'adore, no plus que celle des saints.

Ce fut alors que le cordonnier se mit de la partie. Luther lui ré. pliqua entre autres : Si pour cause d’abus il faut proscrire les images chassez donc vos femmes et défoncez vos tonneaux. Mais le cor: donnier, s’animant de plus en plus, lui frappa dans la main et dit: Je parie tout ce que vous voudrez que non-seulement la loi de Moïse, mais encore l'Évangile que vous avez. traduit, proscrit toute espèce d'images. — Luther lui tapa dans la main et dit : Eh bien! voyons, qu'est-ce que dit l'Évangile? — Eh bien! s’écria le cordonnier, Jésus dit dans l'Évangile, je ne sais pas l'endroit, mais mes frères le savent pour moi, que la mariée doit quitter sa tunique quand elle veut coucher avec le marié, — Oui! oui! cria un autre,

c'est cela! Voilà comme Dieu veut que notre âme se dépouille de toutes les créatures, — Après cet ar : iment de poisson d'avril, Lu ther dit à son conducteur d'atteler la voiture. Mais les municipun à

précher le :

devaient se

(baptême, h etrois.

L'Esprit-:

berg !, Luther autre de ses Allemagne é ême pour se (on pas celle ions, se fit-il

orme !scand es Luthériens

le prièrent de différer, parce qu'ils avaient encore à lui parler du

!Ulenberg, in }

XXH1,

Page 1