‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 71 sur 122 · LXXXIV. — De j · texte numérisé non relu

LXXXIV. — De j

me un oracle, 4 cet esprit, en lui tous les hommes affrir les oppres.

; et que le temp pour mettre en

à 1615 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 245

et sur les oiseaux du ciel ; 5o qu'ils pussent quérir dans les forêts du bois pour se chauffer, préparer leur nourriture et S'abriter ; Go qu’on adoucit les corvées ; 7e qu'il leur fût permis de posséder des fonds deterre ; 8° que les impôts ne dépassassent pas le revenu du fonds ; qe qu'on ne fit plus continuellement de nouvelles ordonnances, pour juger par caprice et non suivant le droit ; 400 qu’on rendit aux comÿ munes les champs et les prés qu'on leur avait enlevés; 11° qu'on abolit le tribut qu'ils étaient obligés de payer aux seigneurs après la mort d'un père de famille, afin que la veuve

et l'orphelin ne fussent plus réduits à mendier leur pain; 12 que, s’ils se trompaient dans

leurs griefs, on les reprit à l’aide de la parole de Dieu.

Les paysans envoyèrent ce manifeste avec un autre écrit à Luther, pour avoir son avis, Il répondit par une exhortation aux princes et aux paysans. Il commence par dire aux premiers : « À vous d'abord h responsabilité de ces tumultes et séditions, princes et seigneurs ; à vous surtout, évêques aveugles, prêtres insensés et moines, vous qui vous obstinez à faire les fous et à vous ruer contre l'Évangile, tout 0 | en sachant bien qu'il restera debout et que vous ne prévaudrez pas. Comment gouvernez-vous ? vous ne savez que pressurer, déchirer et | dépouiller, pour soutenir votre Pompe et votre pétulance. Le peuple |: Fe et le pauvre sont soûls de vous. Le glaive est levé sur vos têtes, et al |

bien autrement rétiens sont pri.

ligieuse et pol.

s de Nurember, | s'opposaient a ne. Les paysan 1e heure, on voi tout ce sont dx ès de. Constane, er un prédicateur pour délivrer mn Kempten essay ux de ses serk. RE sur ses ruines |& té. Quelques che.

Fous croyez être assis si fortement sur votre siége que vous ne puisouvements pop siez étre renversés. Aveugle sécurité qui vous rompra le Cou, “ous

a chef de la ligue le verrez. Je vous l’ai annoncé d'avance bien des fois, gardez-vous in de fer écrase d'encourir la sentence du psaume 104,

il, et, qui finit pole pris sur les princes! Vous y aspirez, dernier des ph plétement, rien n’y fait, ni avertissement ni exhortation, — Car, | ée et de sa plu sachez, mes bons seigneurs, Dieu fait en sorte qu'on ne peut, ni ne

veut, ni ne doit supporter plus longtemps votre tyrannie. Il faut que | vous deveniez autres, et que vous cédiez à la parole de Dieu. Si vous ny mettez de la bonne volonté, vous serez contraints à le faire par |: pi une force brutale, Si les Paysans ne s’étaient pas levés, d’autres se- à aient venus ; et quand vous battriez tous les révoltés, ils ne seraient +] pas encore battus ; Dieu en suscitera d’autres, car il veut vous frapper, et il vous frappera. Ce ne sont pas les paysans qui s’insurger. contre vous : c'est Dieu lui-même qui s'élève contre vous, pour visiler votre tyrannie. » :

Dans la suite de son exhortation, Luther déclare aux seigneurs que les griefs des paysans étaient fondés en raison, et qu'il fallait y | >oissons de landpoïter remède. S’adressant ensuite aux paysans eux-mêmes, il lés | engage à bien considérer s'ils entreprenaient leur affaire avec une Ebonne Conscience ; dans ce cas, Dieu serait pour eux; dans le cas

verset 40 : Il répandra le mévous voulez être battus com-

les richesses di t à leurs vassan soin en style p

Josaient leurs d permit de choï gile dans toute roment ; 3° qu

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Sn en à +

246 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 151

contraire, ils perdraient leurs corps et leurs âmes. On ne devait pay croire toute sorte d’esprits, attendu que Satan avait rempli le monde d’esprits de mensunge et de meurtre sous le nom d'évangile. D'apris le droit naturel et divin, nul ne peut être son propre juge : autre. ment, le monde entier serait un coupe-gorge. Ces réflexions de Luther sont en soi fort justes ; mais, dans sa bouche, c’est une Con: tradiction. En révolte ouverte contre l'autorité la plus haute qui soi sur la terre, l'Église catholique et son chef; en révolte ouverte contre le souverain et les lois de son pays, contre l'empereur et les loi de l'empire, son exemple seul était une excitation continuelle à la ré. vole ; sa doctrine était conforme à son exemple : si, comme il disait tout Chrétien est roi, juge suprême dela conscience et de l'Écritun sainte, si, de plus, il agit nécessairement et sans libre arbitre, il n* a rien à lui dire; quoi qu'il fasse, il est dans son droit : lui en fair des reproches, est se moquer du bon sens. Luther ne s’en moque par peu, lorsqu’à la fin de son exhortation il prétend n’avoir jamais lui. même opposé aux rigueurs du Pape et de l’empereur que la pa tience et la mansuétude , Singulière mansuétude, qui lui avait fai dire dans son pamphlet contre le prétendu ordre ecclésiastique : « Attendez, messeigneurs les évêques, larves du diable, le docter Martin veut vous faire lire une bulle qui sonnera mal à vos oreilles: bulle luthérienne. Quiconque aidera de son bras, de sa fortune, des biens, à dévaste: les évêques et la hiérarchie épiscopale, est bon fik de Dieu, un vrai chrétien, qui observe les commandements du Seigneur ?, » Et dans son libelle contre Priérias : « Si contre les Voleurs nous employous la potence, contre les meurtriers le glaive

contre les hérétiques le feu, nous ne laverions pas nos mains dans k È

sang de ces naîtres de perdition, de ces cardinaux, de ces Papes de ces serpeats de Rome et de Sodome, qui souillent l'Église de Dieu 2? »

Aussi Luther, qui avait allumé l'incendie par sa doctrine et par son exemple, essaya-t-il vainement, sinon peu sérieusement, à le calme par quelques phrases réfutées d'avance. L'insurrection gagnait de toutes parts. En Franconie, en Souabe, sur le Rhin, en Alsace, jusqu’en Lorraine, toute la population s'était soulevée et marchait « grandes troupes d’un endroit à l’autre ; elle avait également pris le armes en Bavière, en Tyrcl, en Carinthie, en Styrie. Les mouvement de la Thuringe et de la Saxe, occasionnés déjà précédemment parle fanatisme des anabaptistes, éclat. :ent alors en révolte ouverte. Partout les paysans, qui avaient même plusieurs nobles pour chefs, em.

i Menzel, t. +, p, 180, —2T. 2, Witt, fol, 120, — 3 Contra Sylvest. Prier, À

à 1545 de

portaient bien des la noble Crau s sonnice € passer pa jouait de C'était pc avait cout point. Il 3 tage. Des ou périrer aux flamnr de cette in populeuses monceaux LD Etaum par sa doc Scélébrait s aux nobles percez ! Le un prince p Se des prières.

n'est rien de qui vous m d'être patier n'est pas le iyrs devant votre ennen que l'enfer é gneur ; c'est Cependant qui d'Alsace pagne et la | de la France 1525, à Save frère Claude « Où ils sont de à Saverne et as plus de «

14 ! Menzel, tt,

e LXXXIV, — De iÿy On ne devait pas

41545 de l'ère chr.]

portaient et pillaient les châteaux et les abbayes : les habitants de rempli le monde bien des villes leur ouvraient volontairement les portes. De son côté, ‘évangile, D'apry la noblesse confédérée leva une armée formidable : il y eut des pre juge : autre. eaaui-s commises de part et d'autre, Les Paysans ayant fait pri- Ces réflexions de sonnice dans le Wurtemberg le comte Louis de Helfenstein, le firent EE e, c'est une cop. passer par les armes précédé d’un de ses anciens domestiques, qui pe lus haute qui so jouait de la flutte, pour le mener à la mort, Comme à une danse. lie ouverte contre C'était pour venger les paysans prisonniers à qui, en Souabe, on | pereur et les Joj RM svait coupé la tête. Cette représaille exaspéra la noblesse au dernier À ontinuelle à la ré. point. Il y eut des combats meurtriers, où les nobles eurent l’avan- | » comme il disait age. Des prisonniers sans nombre furent pendus je long des routes, 1]

e et de l'Écritur bien des villes furent livrées bre arbitre, il ny

roit : lui en fair e s'en moque pà avoir jamais lui. D nonceaux de cadavres 1, reur que la pa LS Et au milieu de ces sanglantes funérailles de ] , qui lui avait fai par sa doctrine et son exemple, que fa e ecclésiastique: célébrait ses noces sacriléges

iable, le docteu BB aux nobles : « Allons, mes princes, aux armes! Frappez! aux armes! il à vos oreilles: percez ! Les temps sont venus, temps merveilleux, où, avec du sang, sa fortune, desa D :n prince peut gagner plus facilement le ciel que nous autres avec pale, est bon fi RS des prières. Frappez, percez, fuez, en face ou par derrière 3 car il 1dements du Sé- D 'st rien de plus diabolique qu’un séditieux : c’est un chien enragé

Si conire les vo- qui vous mord, si vous ne l'abattez, Il ne s’agit plus de dormir, ririers le glaire Bite patient ou miséricordieux : le temps du glaive et de la colère os mains dansk rest pas le temps de la grâce. Si vous succombez, vous êtes mar- , de ces Pape;

trs devant Dieu, parce que vous marchez dans son Verbe; mais lent l'Église de ennemi, le paysan révolté, s’il suecombe, n'aura en partage que l'enfer éternel, parce qu'il porte le glaive contre l’ordre du Seigeur ; c'est un enfant de Satan ? »

Cependant les paysans révoltés, connus sous le nom de rustauds, qui d'Alsace voulurent pénétrer en Lorraine, pour piller la Champagne et la Bourgogne, et porter leurs dévastations Jusqu'au cœur e et marchait e By, }; France, au nombre de plus de trente mille, furent défaits en alement pris le %2, à Saverne, Par le duc Antoine de Lorraine, soutenu de son Les mouvement BR;;re Claude de Guise, tige des princes de Lorraine, établis en Franc e, demment park So) ils sont devenus si fameux. Plus de vingt mille rustauds périrent te ouverte. Pa- D Saverne et dans les environs. Les princes de Lorraine n'avaient pour chefs, en: us plus de six mille hommes de troupes. Leur victoire sauva la

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‘Allemagne soulevée isait Luther ? Le moine apostat avec une nonne apostate, Il écrivait

ctrine et par son nent, à le calmer ction gagnait de , en Alsace, jus

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à Sylvest, Prier, À !Menzel, t. 1, p.191. — 2T, 9, Wittemberg, fol, 84. B.

RAR Da 7 1 or.

248 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXXIV, — De 15

France, consternée de la captivité de son roi, et menacée au dedans comme au dehors 1,

Un autre désastre de ces paysans fanatisés, la plupart anabap. tistes, eut lieu à Frankhouse dans la Thuringe. Ils y avaient pour chef Thomas Muncer, qui faisait le prophète. Ils s'étaient retranché

sur un monticule avec des chariots; mais ils n’avaient point d'artil. R

lerie, presque pas d'armes à feu, ne présentaient que des Massey irrégulières, sans ordre ni discipline ; tandis que les princes qui ve. naient les attaquer avaient toutes les ressources que peut fournir l’art de la guerre. Muncer, craignant de se voir abandonné des siens, leur fit un discours emphatique, et profita d'un arc-en-ciel Qui parut, pour leur annoncer une victoire certaine et miraculeuse, ]| low dit entre autres : Ne craignez ni les boulets ni les balles, car, vousk verrez, je les recevrai tous dans ma manche. Pour leur ôter tout es. poir de pardon, il fit massacrer un jeune chevalier que les prince leur avaient envoyé pour les exhorter à la soumission. Cette viola-

tion du droit des gens exaspéra les princes. C'était le 15 mai 1595, R

Les paysans fanatisés chantèrent à gorge déployée un cantique, atten. dant les anges du ciel que leur prophète Muncer leur avait promis: à la place des anges, ce furent les canons des princes qui se firent entendre, et rompirent le retranchement de chariots : Muncer x reçut pas tous les boulets dans sa manche. Ce fut une boucherr plutôt qu'un combat régulier. Après la canonnade, la cavalerie péné tra dans le camp, pour passer sur le ventre à tous ceux qui respiraierl encore. Près de huit mille paysans périrent, tant sur le champ bataille que dans la fuite. Muncer fut découvert dans une maison Frankhouse, mené aux princes, et mis à la question. Il confessa qu le but de son entreprise était d'établir l'égalité parmi les Chrétiens et d’expulser ou de tuer les princes et les seigneurs qui ne voudrai! point accéder à la confédération. Le point capital en était la come munauté des biens, et le partage de tout entre tous, suivant les ocex sions et les besoins. Si les Luthériens, disait-il, ne + .alaient far autre chose que de vexer les prêtres et les moines, ils auraient mieu fait de rester tranquilles ?,

Muncer abjura ses erreurs eatre les mains d’un prêtre catholique reçut les sacrements de l’Église, et mourut en demandant pardon Dieu, mais en maudissant Luther comme l’auteur de toutes ces cake mités. Il fut décapité, et sa tête plantée au bout d’une pique. D'autra exécutions suivirent la sienne.

« Pauvres paysans, que Luther flatte et caresse tant qu'ils n'athe

1 Petri Gnodal. De rustr, tumuuru, 1. 3,p. 259. — ? Menzel,t. 1, p. 210.

à 1545 de 1

quent que que les rek alors parai comme il !

comme il c Ces réflexi der 1, Éras dans votre soupçon de vulgaire, 0 guerre con!

de tous ces conclut dor ses paysans Luther *!

Telle fut | leur fut don hommes tu mille monas trésors de p | S'ils eussen belles-lettre.

dans la mên Et que dis de cadavres révolte, ai tu | sang retomb, m'a coMmaI ves, Il écriva chardon, un veulent-ils pe pour qu'ils o quebuse, ils :

Maintenant naires ? Luthe lout hérétiqu après avoir el

le meurtre 6.

1 Audin. Hist.

Hyperapistes, — — Ieleb., fol, 976 Francf,, fo!, 290,

LXXXIV, — De 15t:

nacée au dedans

plupart anabap.

ÿ avaient po aient retranché

ent point d'art. R

que des massx s princes qui ve.

ue peut four donné des siens, -en-ciel qui pa.

aculeuse, 1! lew Iles, car, vousk eur ôter toutes.

que les prince ion. Cette vioh-

le 45 mai 159;

| cantique, atten.

ir avait promis:

es qui se firent ts : Muncer w

une boucher.

cavalerie péné X qui respiraicil sur le champ te s une maison de Il confessa qu ii les Chrétiens ui ne voudraieit n était la com suivant les occa + .alaient fair s auraient mieu

être catholique ndant pardon toutes ces cali pique. D'autra

nt qu'ils n'atl

41545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 249

quent que l'épiscopat et le clergé! Mais quand la révolte grandit, et que les rebelles, se riant de sa bulle, ie menacent, lui et ses princes, alors paraît une autre bulle, où il prêche le meurtre des paysans, comme il ferait d'un troupeau. Et quand ils sont morts, savez-vous comme il chante leurs funérailles ? En se mariant avec une nonne ! » Ces réflexions sont du Luthérien ou protestant contemporain Osiander #. Érasme disait, de son côté, à Luther même : C’est en vain que, dans votre cruel manifeste contre les paysans, vous repoussez tout soupçon de révolte; vos libelles sont là, ces libelles écrits en langue vulgaire, où, au nom de la liberté évangélique, vous prêchez la guerre contre les évêques et les moines : c’est là que repose le germe de tous ces tumultes ?, Un autre contemporain, le savant Cochlée, conclut donc avec raison : Au jour du jugement dernier, Muncer et ses paysans crieront devant Dieu et ses anges : Vengeance contre Luther *!

Telle fut la fin de la guerre des paysans. Dans le peu de temps qu'il leur fut donné de châtier l'Allemagne, on compte plus de cent mille hommes tués sur les champs de bataille, sept villes démantelées, mille monastères rasés, trois cents églises incendiées, et d'immenses trésors de peinture, de sculpture, de vitrerie, de gravure anéantis.

| S'ils eussent triomphé, l'Allemagne serait tombée dans le chaos :

belles-lettres, arts, poésie, morale, dogmes, pouvoir auraient péri dans la même tempête.

Et que disait l’apostat de Wittemberg à la vue de ces monceaux

de cadavres et de ruines? « C’est moi, Martin Luther, qui, dans la

révolte, ai tué tous les paysans, car j'ai ordonné de les tuer : tout leur

| sang retombe sur moi, mais je le renvoie à notre Seigneur Dieu, qui

ma commandé de parler ainsi #, » Voilà ce qu'il disait à ses convives. Îl écrivait dans le temps même : « Le sage le dit: A l'âne, du chardon, un bât et le fouet ; aux paysans, de la paille d'avoine. Ne eulent-ils pas céder ? le bâton et la carabine ; c’est de droit. Prions pour qu'ils obéissent, sinon point de pitié; si on ne fait siffler l’arquebuse, ils seront cent fois plus méchants 5, »

Maintenant, que penser de cet esprit et de ces prédications sanguiaires ? Luther lui-même fait la réponse: « Il est certain, dit-il, que lout hérétique et tout sectaire est en même temps un séditieux ; car, après avoir enseigné et répandu le mensonge, il y met le sceau par

à le meurtre 6, » Le prédicant Aurifaber, éditeur de ces propos, ajoute

1 Audin. Hist. de Luther, ?, p. 165. — Centur., 6, p.103 et 104. — ? Erasm., Hyperapistes, — 3 Cochl., Defens. ducis Georgii. — + l'ischred. Francf., fol. 196, A.

= — Isle. fol, 976, B. — Weisi., préf., p. 112, — 5 Menzel, t, Î, p.175. — 6 Tischred.

Francf., fo!, 290, A.

250 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De {sy

à la marge: « Il fart bien qu'ils (les hérétiques et les sectaires chent sur les traces de leur père, » c'est-à-dire du diable, le père du mensonge, qui a été homicide dès le commencement, ainsi que di le Sauveur dans l'Évangile 1,

Les anabaptistes, battus dans la Thuringe et chassés de Mulhouse se réfugièrent de divers côtés, notamment en Suisse. Luther disai d'eux en particulier : Les anabaptistes sont de mauvais COquins; ne sont pas des hommes, mais des démons en chair et en OS. C'est Pourquoi nous devons tenir pour certain qu'ils sont dans l'erreur « damnés 2,

C'est un axiome parmi les Pères de l'Église : La ruine des peuples, ce sont les mauvais prêtres. Témoin les peuples pervertis par le prêtre Arius, par le prêtre Nestorius, par le prêtre Eutychès, pa le prêtre Photius ; témoin l'Allemagne divisée, déchirée, pervertie, peut-être jusqu’à la fin du monde, par de mauvais prêtres et de may. vais moines, ayant à leur tête un prêtre-moine, Luther. A la même époque, un mauvais prêtre jeta la Suisse dans les voies d’une any. chie sanglante, dont elle n’est pas encore sortie de nos jours, no plus que l’Allemagne. C'était Ulric Zwingle, ancien curé de Glaris et d'Einsidlen, d’où il avait été chassé pour inconduite 3, et s'était réf. gié à Zurich,

Voici ce que Luther dit de Zwingle et de sa doctrine : Jamais il ne s’est élevé une hérésie plus infime que celle de Zwingle ; les zwingliens sont les sectateurs du diable 4, Il faut que moi ou Zwingle soi au diable, il n’y a pas de milieu 5, Mais, demande le spirituel théol. gien de Putelange, que serait-ce si vous alliez au diable tous le deux ? Luther dit encore : Je veux avoir les mains nettes de tout ke sang des âmes que les zwWingliens, par leur venin, dérobent au Christ séduisent et égorgent 6. Je veux porter ce témoignage et cette gloire au tribunal du Christ, que j'ai condamné et évité de tout mon cœur

les sectaires et sacramentaires Carlostadt, Zwingle et leurs disciples selon le précepte de Dieu : Évitez l'hérétique 7.

Cependant l'hérésiarque de Zurich partait du même principe que l'hérésiarque de Wittemberg : « La claire parole de Dieu, la Bibk expliquée par elle-même et par l'esprit particulier de chacun, voi

1 Joan., 8, 44. — 2 Tischred. i'rancf., fol. 290. B. Fol. — 991. B. —3 Haller, Hist. de la Révolution religieuse dans la Suisse occidentale, p. 15. Paris, 1841, — *T.3, Iéna germ., fol. 376. B. Fol. 378. À. — T. 2, Wittemb, germ., fol, 121.1. Fol. 193. B. — Weisl., préf., p. 114, —5T, 3, Iéna germ., fol. 379, B. — T.2 Wit. germ., fol. 424. B. — Weisl » D. 12. — 6 Ibid., fol. 378. A. — T, 2, Wit Ë

temb, germ., fol. 123, À. — Weisi., p. 13, préf. — 7 T, 8, léna germ., fol, 193, R, ”

Fol. 198. À, — T,2, Witt. germ., fol, 216. B. Fol. 353, A.

) mar.

à 1515 de I

l'unique textuellen réforme c et autres €

De plus déclamait prêtres, de pées du n des moine:

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pour n'avoi fait paraître que nous C4 ne parlons « pelle le cler.

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1 Hist, du Seiz

+ LXXXIV. — De 11?

les sectaires) my.

diable, le père du ent, ainsi que di

à 1645 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

l'unique et suprême règle de foi. »

textuellement Zwingle dans tous ses écrits, les chefs de la prétendue réforme dans leurs disputes, et même et autres de ce temps-là.

De plus, l’hérésiarque de Zurich, comme celui de Wittemberg, déclamait contre les induigences et contre le célibat religieux des prêtres, des moines et des nonnes. Déjà quelques religieuses échappées du monastère de Kænigsfelden avaient épousé des prêtres et des moines apostats. Vers 1519, Zwingle lui-même, avec quelques mauvais prêtres, adressa une pétition aux municipaux de Zurich pour obtenir la permission de se marier, Voici quelle idée ils nous D donnent eux-mêmes de leurs mœurs sacerdotaies : « Nous ne croyons pas qu'il y ait personne dans ce Pays qui ait d'assez mauvais yeux pour n'avoir pas été choqué de la Passion que nous n’avons que trop hit paraître du côté de l'incontinence. C’est avec une vive douleur que nous confessons ici nos faiblesses et nos égarements; car nous ie parlons que de nous seuls et de cet ordre de personnes qu'on appelle le clergé, et nullement des autres 1, » | L'hérésiarque de Zurich, comme celui de blié un livre de la liberté chrétienne, qui contenait pareillement les principes d’une anarchie universelle, tant religieuse que civile ; car si la liberté chrétienne était, pour Zwingle, non pas l’affranchissement du péché et des passions, mais celui de toute autorité ecclésiastique; pour les religieuses de Kœnigsfelden, le droit de rompre leurs “ux et de se marier, pourquoi ne serait-il pas pour d’autres le droit de se soustraire à l'autorité de tout supérieur temporel et de s’affran- (chir de toute dette et de toute redevance, comme firent alors les paysans que Zwingle finit par blâmer comme Luther? Dès qu'on ne proclame que la liberté, sans reconnaître aucun frein, chacun use de celle qui lui est la plus agréable, de celle qu’il peut ou qu’il veut exercer. D'ailleurs le Pape et les évêques, successeurs de saint Pierre t des apôtres, étaient aussi une puissance établie de Dieu, même l'une manière plus Spéciale que celle des souverains temporels ; pourquoi donc maître Zwingle ne leur obéissait-il pas ? Enfin on pouvait lui faire observer encore, que lui-même ne respectait pas plus les puissances temporelles que la puissance spirituelle ; car, en 1523, il censura publiquement en chaire la conduite du sénat de Auich, qui avait condamné un prêtre hérétique et novateur ; il était textuellement la souveraineté du peuple, en soutenant que le euple, composé de ses disciples, formait la véritable Église ; et qu'il

ssés de Mulhouse sse. Luther dis uvais coquins; œ ir et en os. C'est t dans l'erreur

à ruine des pen.

ples pervertis px re Eutychès, px chirée, pervertie rêtres et de may.

ther. A la même joies d’une ans.

> nos jours, non :

curé de Glaris Wittemberg, avait pu- 3, et s'était réfi.

ine : Jamais il ne ingle ; les zwin- 1 Où Zwingle soit spirituel théob-

diable tous le 1iettes de tout ke robent au Christ ge et cette gloire tout mon cœur leurs disciples,

ne principe que Dieu, la Bibk le chacun, voili

91. B. —3 Halker, p. 15. Paris, 183, germ., fol, 121.D, |, 879. B. — T.?

+ À. — TT, 2, Wit germ., fol, 193, B, UHist, du Seizième Siècle, par Durand, ministre réformé, t, 2, p. 27.

252 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXXIV. — De jy

était le juge compétent dans toutes les matières de foi ; il rejeta l'ay. torité des douze cantons et ne réclama celle du conseil de Zurich que lorsque ce conseil, devenu docile à ses leçons, était pour lui, non pas un obstacle, mais un instrument, et exécutait ses ordres au lieu de lui en donner 1.

L’hérésiarque de Zurich, comme celui de Wittemberg, se permet. tait de forcer en tout l'Écriture sainte et de mépriser l'interprétation de l'antiquité chrétienne. Zwingle trouva donc dans l'Écriture, qu’ n’y avait point de péché originel, par conséquent point de rédemp. tion ; que le baptême n’était point nécessaire, qu’il ne conférait a. cune grâce, mais signifiait simplement la grâce déjà reçue. Poussant à bout les conséquences de cette étrange doctrine, il admettait dan son paradis les païens pêle-mêle avec les apôtres et les patriarches,

On le voit par la confession de foi qu’il adressa peu devants mort à François Ier, Là, expliquant l’article de la vie éternelle, il dj à ce prince : « Qu'il doit espérer de voir l'assemblée de tout ce qu'l y a eu d'hommes saints, courageux, fidèles et vertueux dès le commencement du monde. Là, vous verrez, poursuit-il, les deux Adam, le racheté et le rédempteur. Vous y verrez un Abel, un Énoc, un Noë,

un Abraham, un Isaac, un Jacob, un Juda, un Moïse, un Josué, mi

Gédéon, un Samuel, un Phinéès, un Élie, un Élisée, un Isaïe avec : la Vierge Mère de Dieu qu’il a annoncée, un David, un Ezéchias, Josias, un Jean-Baptiste, un saint Pierre, un saint Paul. Vous

verrez Hercule, Thésée, Socrate, Aristide, Antigonus, Numa, (2.

mille, les Catons, les Scipions. Vous y verrez vos prédécesseurs tous vos ancêtres qui sont sortis de ce monde dans la foi. Enfin | n'y aura aucun homme de bien, aucun esprit saint, aucune âme. dèle, que vous ne voyiez là avec Dieu. Que peut-on penser de pl beau, de plus agréable, de plus glorieux que ce spectacle 2?» Qui jamais, demande avec raison Bossuet, s'était avisé de met ainsi Jésus-Christ pêle-mêle avec les saints, et à la suite des pee triarches, des prophètes, des apôtres et du Sauveur même, jusqu} Numa, le père de l’idolâtrie romaine, jusqu'à Caton, qui se tua hi même comme un furieux ; el non-seulement tant d’adorateurs dx fausses divinités, mais encore jusqu'aux dieux et jusqu'aux héros, m Hercule, un Thésée qu'ils ont adoré? Je ne sais pourquoi il ny1 pas mis Apollon ou Bacchus, et Jupiter même ; et s’il en a étédé tourné par les infamies que les poëtes leur attribuent, celles d'He. cule étaient-elles moindres ? Voilà de quoile ciel est composé, selonte chef du second parti de la réformation ; voilà ce qu'il a écrit dansune

1 Haller, p. 27, — 2 Christ. fidei clara Expos., 1536, p. 21.

à 1515 de l” confession

extraordin Luther n désespérail D combattre impies, et j\ démon pou

cements, |

ce n'étaient Echaleur du voulait faire Louvrage d' mûre consi aussi dans 1 d'un homme sapropre m n'était caché ripatéticiens quesaint Pa par les ouvi saint Paui de et sanctifiés Nous l’ava nocturnes av phète de Wit kse disait tout eut un entret [sil était noir homet et Lut là messe : Zv sus-Christ de que le maître

? Præf, Bulli 3Ibid, — + Wei

foi ; il rejeta l'au.

conseil de Zuric) était pour lui, noy ses ordres au liey

nberg, se permet.

er l'interprétation is l'Écriture, qu'| point de rédemp.

ne conférait an.

à reçue. Poussan il admettait dans t les patriarche; ssa peu devant y rie éternelle, il qi e de tout ce qu ueux dès le com.

l, les deux Adam un Énoc, un No ise, un Josué, ée, un Isaïe ave , un Ézéchias, int Paul. Vous ; nus, Numa, (:k | prédécesseurs 4 s la foi. Enfni , aucune âmef.

n penser de plu 2ctacle 2?»

t avisé de met la suite des pa ir même, jusqu} n, qui se tua li d’adorateurs dx qu'aux héros, Jourquoi il nyà s’il en a été dé nt, celles d'Her.

:omposé, selonce Il a écrit dansun

“Ibid, — + Weisl , P. 82 et 83.

à1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

confession de foi, qu’il dédie au plus grand roi dei: chrétienté, et voilà ce que Bullinger, son successeur, nous en a donné comme le chef-d'œuvre et comme le dernier chant de ce Cygne mélodieux 1, Et on nes'étonnera pas que de telles gens aient Pu passer pour des hommes axtraordinairement envoyés de Dieu afin de réformer son Église ? Luther ne l’épargna pas sur cet article, et déclara nettement « qu’il déespérait de son salut, parce que, non content de continuer à

Boombatire le sacrement, il était devenu païen en mettant des païens

impies, et jusqu’à un Scipion Épicurien, jusqu’à un Numa, l'organe du démon pour instituer l’idolâtrie chez les Romains, au rang des âmes bienheureuses ; car à quoi nous servent le baptême, les autres saœements, l’Écriture et Jésus-Christ même, si les impies, les idolâtres Letles Épicuriens sont saints et bienheureux ? Et cela qu'est-ce autre chose que d'enseigner que chacun peut se sauver dans sa religion et dans sa croyance? ? » Il était assez malaisé de lui répondre; car enfin œ n'étaient pas ici de ces traits qui échappent aux hommes dans la chaleur du discours : Zwingle écrivait une confession de foi, et il | voulait faire une explication simple et précise du symbole des apôtres ; ouvrage d’une nature à demander, plus que tous les autres, une

Dire considération, une doctrine exacte et un sens rassis. C'était

aussi dans le même esprit qu’il avais déjà parlé de Sénèque comme d'un homme très-saint, dans le cœur duquel Dieu avait écrit La foi de sapropre main, à cause qu'il a dit dans une lettre à Lucile que rien n'était caché & Dieu. Voilà donc tous les philosophes platoniciens, péripatéticiens et stoïciens au nombre des saints et pleins de foi, puisquesaint Paul avoue qu'ils ont connu ce qu'il ya d'invisible en Dieu, par les ouvrages visibles de sa puissance ; et ce qui a donné lieu à saint Paui de les condamner dans l’épitre aux Romains, les a justifiés etsanctifiés dans l'opinion de Zwingle 3.

Nous l'avons vu, le faux prophète de la Mecque avait des entretiens nocturnes avec un esprit qui se disait l'ange Gabriel : le faux prophète de Wittemberg eut des entretiens nocturnes avec un esprit qui

«disait tout crûment le diable : en 1525, le faux prophète de Zurich

eut un entretien nocturne avec un esprit tel, qu’il ne se souvint pas

[silétait noir ou blanc ; les Luthériens tiennent qu'il était noir #, Ma-

homet et Luther apprirent du leur à rejeter le sacrifice adorable de k messe : Zwingle apprit du sien à rejeter la présence réelle de Jésus-Christ dans la sainte eucharistie ; ce qui donne lieu de conclure que le maître des trois imposteurs était ie même.

! Pr@f. Bulling. Ibid, — ? Bossuet, Hist, des Variat., |, 2, n. 19 et seqq. —

eee à 1545 de l’è 254 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — pe

Luther lui-même eût bien voulu donner atteinte à la Présence men réelle. Il écrit dans sa lettre à ceux de Strasbourg, « qu'on lui eût . moment! fait grand plaisir de lui donner quelque bon moyen de la nier, parcs . gum que rien ne lui eût été meilleur dans le dessein qu'il avait de nuire; ghtion, O la papauté 1, » Mais il n’y eut pas moyen. Luther demeura frappé À es oppositi invinciblement de la force et de la simplicité de ces paroles : Ceci est ie dé mon corps, ceci est mon sang; ce corps livré pour vous, qe sang de h he Bvis nouvelle alliance; ce sang répandu pour vous el pour la rémission 4 É . ] vos péchés ; car c’est ainsi qu’il faudrait traduire ces paroles de Not. toi a ; Seigneur pour les rendre dans toute leur force. A des paroles si sin. | FA ne: pe ples et si claires, Carlostadt donna, COBMmenous l'avons vu al h péque, po

terprétation monstrueuse et ridicule ; il soutint qu’en disant ceci est pété dans mon corps, Jésus-Christ, sans aucun égard à ce qu’il donnait, vou. nt lait seulement se montrer lui-même assis à table comme il était avec nee ses disciples. Zwirgle et Oecolampade prirent la défense de Carlo. lo ppel Stadt, qui, poussé par Luther et chassé de Saxe, s était retiré en Suisse Maïs cet et Oecolampade, autrement Lampe-de-Ménage, était un vieux moine de Er apastitt Sainte-Brigitte, qui venait de jeter le froc et d'épouser une jeune la ne fille. Le vieux Cariostadt avait été un des premiers à Ini en dome | . (lag Li l'exemple. Zwingle et Oecolampade prétendaient donc que ces pa RSS roles : Ceci est mon corps, étaient figurées : est veut dire signifier es disait Zwingle ; corps c'est le signe du corps, disait Oecolampade, . l'hébr, Ceux de Strasbourg entraient dans les mêmes interprétations. Bucer D rer et Capiton, qui les conduisaient, devinrent zélés défenseurs ‘lu sens un re figuré, Bucer, autrement Corne-de-Vache, était un Dominicain Emon où apostat qui s’était marié avecune nonne apostate. Capiton, autrement ARTE Kœpflein ou Petite-Tête, était également un prêtre marié, qui se ED sooifié faisait remplacer dans sa chaire de théologie par sa seconde femme FR ae lorsqu'il était malade. La prétendue réforme se divisa sur l'eucharistie, et ceux qui embrassèrent ce nauveau parti furent appelé len assuréme sacramentaires. On les nomma aussi zwingliens, parce que Zwvingl En avait le premier appuyé Carlostadt, ou que son autorité prévalut

1 es . Qu, il alla p dans l'esprit des peuples entraînés par sa véhémence. Ode

Tous ces prêtres apostats cherchaient donc à faire mentir le Fik ere de Dieu dans le testament de son amour ; mais ils avaient beau tour-

po à Lot Sénmoins il n monter l'Écriture, les exemples qu'ils alléguaient n'étaient pas sem- nel blables. Cen’était ni en proposant une parabole, ni en expliquant une Lbaristes = allégorie, que Jésus-Christ avait dit : € eci est mon corps, ceci est mon )

: : ferai au con : , sin : "aient tou

) sang. Ces paroles, détachées de-tout autre discours, .Portaien tout ia. leur sens en elles-mêmes. 1] s’agissait d’une nouvelle institution qui

À Epist, ad Argent. t. 7, fol, 501.

Be: Luce, 12, 11.

LXNXIV. — Je tô1

te à la présence , € qu'on lui et | de la nier, Parce l avait de nuire } demeura frappé | paroles : Ceci oy Jus, Ce Sang de h r la rémission de aroles de Notre.

s paroles si sim.

avons vu une in. À n disant ceci ay il donnait, vou.

nme il était avec sfense de Carlo.

retiré en Suisse, 1 vieux moine de Juser une jeune à Ini en donner nc que ces pa.

t dire signifier Oecolampade, rétations. Bucer enseurs du sens un Dominican iton, autrement e marié, quise seconde femme sa sur l’eucha-

furent appels ce que Zwingle itorité prévalut

mentir le Fik ent beau touraient pas sem expliquant une ps, Ceci est mon

portaient tout institution qui

à 1545 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

devait être faite en termes simples,

et on n’avait encore trouvé aucun leu de l'Écriture où un signe d’i

nstitution reçut le nom de la chose au moment qu'on l’instituait et sans aucune préparation précédente.

Cet argument tourmentait Zwingle ; nuit et jour il y cherchait une solution. On ne laissa Pas, en attendant, d’abolir la messe, malgré les oppositions du secrétaire de la ville, qui disputait Puissamment pour la doctrine catholique et pour la présence réelle. Douze jours après, Zwingle eut un songe, où il dit que, core avec le secrétaire de la v paraître tout d’un coup un fantôme blanc ou noir, qui lui dit ces lâche, que ne réponds-tu ce qui est écrit dans l'Exode : L'agneau est la pâque, pour dire qu'il en est Le Brépété dans les écrits des sacram Je nom de la chose donné au signe dans l'i et voilà comme ce passage vin rvit le premier,

Mais cet esprit, blanc ou noir, visiblement se trompait. D'abord il l'y a pas littéralement dans l'Exode : L'agneau est la pâque et le paswe. La phrase tout entière est telle : « Voici comme vous le man-

Brez (l'agneau immolé). Vous ceindrez vos reins ; vous aurez vos juliers à vos pieds et vos bâtons en vos mains, et vous le mMangerez a hâte; car c'est la pâque ou le passage de l'Éternel (ou bien, Buivant l'hébreu, c’est la pâque, la victime du passage à l'Éternel) 1,» En tout cas, ces paroles : L'agneau est la pâq ifent nullement qu’il soit la figure du passage. C’est un hébraïsme ommun où le mot de sacrifice est Sous-entendu. Ainsi péché seulebent est le sacrifice pour le péché ; et passage simplement, ou pâque, l'est le sacrifice du passage ou de la pâque ; ce que l'Écriture explique elle-même un peu au-dessous, où elle dit tout du long, non pas que

ue et le passage, ne si-

psneau est le passage, mais que c’est Ja victime du passage ?. Voilà

le assurément le sens de l'Exode. Cependant, à la nouvelle expliation de son esprit blanc ou noir, Zwingle s'éveilla, il lut le lieu iniqué, il alla prêcher ce qu'il avait vu en songe, LIL fut sensible à Luther de voir non plus des plises entières de la prétendue réforme, se soulever contre lui ; Béomoins il ne rabattit rien de sa fierté. On en peut juger par ces roles : « J'ai le Pape en tête ; J'ai à dos les Sacramentaires et les babaptistes ; mais je marcherai moi seul contre eux tous; je les tierai au combat ; je les foulerai aux pieds. » Et un peu après : Le dirai sans vanité que depuis mille ans l'Écriture n'a pas été ni

particuliers, mais des

lExode, 12, 11, = 2 Jbid,, 19, 27.

256 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1511

si répurgée, ni si bien expliquée, ni mieux entendue qu’elle l'ex maintenant par moi !. » Il écrivait ces paroles en 1525, un peu après la querelle émue. En la même année, il fit son livre contre Jes pm. phètes célestes, se moquant par là de Carlostadt, qu'il accusait d'ap. prouver les visions des anabaptistes. Ce livre avait deux parties Dans la première, il soutenait qu'on avait eu tort d’abattre les images: qu'il n’y avait que les images de Dieu qu'il fût défendu d’adorer dans la loi de Moïse ; que les images de la croix et des saints n'étaient px comprises dans cette défense ; que personne n’était tenu sous l'E vangile d'abolir par force les imeges, parce que cela était contraire à la liberté évangélique, et que ceux qui détruisaient ainsi les images étaient des docteurs de la loi et non pas de l'Évangile. Par là il nous justifiait de toutes les accusations d'idolâtrie dont on nous charge sans raison sur ce sujet. Dans la seconde partie, il attaque les sacrs. mentaires. Au reste, il traita d’abord Oecolampade avec assez de dou. ceur, mais il s’emporta terriblement contre Zwingle.

Ce docteur avait écrit que, dès l’an 1516, avant que le nom te Luther eût été connu, il avait prêché l'Évangile, c’est-à-dire la pré. tendue réformation, dans la Suisse, et les Suisses lui donnaient h gloire du commencement, que Luther voulait avoir tout entière, Piqué de ce discours, il écrivit à ceux de Strasbourg : « Qu'il osai

se glorifier d’avoir le premier prêché Jésus-Christ ; mais que Zwingk R

lui voulait ôter cette gloire. Le moyen, poursuivait-il, de se taire pendant que ces gens troublent nos églises et attaquent notre a torité? S'ils ne veulent pas laisser affaiblir la leur, il ne faut px non plus affaiblir la nôtre. » Pour conclure, il déclare : « Qu'ilny a point de milieu, et qu'eux ou lui sont des ministres de Satan?» Nous avons déjà vu qu’il y avait un milieu, et qu'eux et lui pouvaient être des ministres du même maître.

Au milieu de ces bizarres transports, Luther confirmait la foi de la présence réelle par de puissantes raisons : l’Écriture et la tradi tion ancienne le soutenaient dans cette cause. Il montrait que & tourner au sens figuré des paroles de Notre-Seigneur si simples ets précises, sous prétexte qu'il y avait des expressions figurées o d’autres endroits de l’Écriture, c'était ouvrir une porte par laguelk toute l’Écriture et tous les mystères de notre salut se tourneraiet en figure; qu'H fallait donc ici apporter la même soumission avech: quelle nous recevions les autres mystères, sans nous soucier dek raison ni de la nature, mais seulement de Jésus-Christ et de sa pie role ; que le Sauveur n’avait parlé dans l'institution ni de la foini

t Ad maied, reg. Angi., t. 2, p. 498. —2 T, 2, léna epist., p. 200.

41545 de |

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