‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 78 sur 122 · RE MT · texte numérisé non relu

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272 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — Dei

qu'il serait tenu une conférence dans Ja ville de Berne, pour y dis. puter sur les affaires de religion et savoir à quoi l'on devait so

tenir. En conséquence, les municipaux ordonnèrent à tous les pas. À

teurs et curés de leur pays de se rendre à cette dispute le premier dimanche du mois de janvier 1528, et ils invitèrent les évêques de Lausanne, de Bâle, de Constance et de Sion, ainsi que tous les Cantons et États de la Suisse, d'y envoyer des théologiens de tous les partis. Les circonstances favorisaient singulièrement l'exécution d'une mesuré aussi extraordinaire. Les puissances limitrophes, particulis. rement la France et l'Autriche, se trouvaient engagées dans une guerre sanglante. Rome était pillée et saccagée par le connétable de Bourbon; le Pape, assiégé dans le château Saint-Ange, ne pouva faire entendre sa-voix ; enfin les Turcs marchaient sur Vienne, Néon. moins les quatre évêques refusèrent d'assister à la conférence: j, représentèrent aux municipaux de Berne que l'£criture seule n'était pas l'unique règle, puisque chacun L ‘inter prétait à sa manière; que le conseil municipal de Berne était incompétent pour décider en cw matières ; qu’en pareil cas on devait s'adresser au chef de l'Église, et que toutes les hérésies n’avaient eu leur source que dans l'interpré. tation particulière de la Bible. Huit cantons catholiques s’assem. blèrent à Lucerne, et écrivirent aux Bernois une lettre pressante pour les détourner de cette mesure ; ils leur rappelaient la promesse qu'il avaient faite par écrit et sous serment de s’en tenir à la décision de Baden, et de maintenir l’ancienne religion. Mais Berne leur fit ue réponse vague et évasive, disant que le serment était révoqué et nv. bligeait le gouvernement qu’envers ses sujets.

D’après cette réponse, les cantons catholiques décrétèrent qu'il n’enverraient personne à Berne; ils refusèrent r*ême le passage sur leurs terres à ceux qui voulaient s’y rendre. Cochlée, doyen à Franc. fort, animé d'un zèle pur et véritable pour la religion, écrivit an Bernois pour les conjurer de ne pas s’écarter de l'autorité de l'Église, « L'Écriture, leur disait-il, est une chose inanimée qui ne peut ri parler ni s'expliquer elle-même, ni s'élever contre ceux qui lui fout violence et donnent à ses paroles un sens pervers et COFlOMpU » Enfin l'empereur Charles-Quint lui-même adressa, le 28 septembre, une lettre aux Bernois, pour les exhorter à s'abstenir de cette mesure, Comme n'étant pas de la compétence d'une seule commune ni d'un seul pays; il les engageait à la différer jusqu’à la convocation d'un concile, ou du moins jusqu’à la prochaine diète de Ratisbonne.

Tout fut inutile : dès le moment que les municipaux de Bern eurent abandonné l'ancienne foi, ils ne respectèrent plus ni l'auto-

rité des évêques ni celle de l'empereur, qui alors était encore lei

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[Liv. LXXXIV. — De 1517

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srent en rond autour de Ja sall ke sens de l'Écriture, quoique cette Écrit ln règlement composé d'avance par uit, entre autres, qu’on n’admettait wrait tirée de l’Écriture sainte, ni jye du sens de cette Écritu comme l'observe fort bien le Géne Suisses ?, rendait la dispute int question principale, en écartant évêques, qui fait le point fondamental de la foi catholi ls thèses proposées pour faire la posées par le parti protestant, étai «! les catholiques n'osèrent rie es thèses.

mirent les nouveaux réformateurs dans l’emb ir Un grand nombre des plus clairs mis Bertold Haller, Oecolampade,

but seuls à leur façon, en même te Buute l'Église et à tous les Por pouvoir de l’excommunication train de chaque paroisse. Le

à1515 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

suverain légitime, ni celle du concile, et n’eurent pas même le plus pelit égard pour les représentations de leurs plus anciens alliés 1,

Le colloque s'ouvrit le 1er janvier 1528, mais on n'y vit figurer que des protestants et des députés de villes ou de cantons prêts à le devenir. Zurich y envoya son bourgmestre, trois municipaux et vingt-cinq autres personnes. Zwingle avait tellement peur, qu'il ällut lui donner une escorte de trois cents hommes pour l’engager ise rendre de Zurich à Berne. Tous ses partisans y accoururent de Chris, de Bâle, de Schaffhouse. de Saint-Gall, de Bienne let de Mulhouse ; mais personne n'y assista de la part des cantons de Lucerne, ii, de Schwitz, d'Unterwald et de Zug. Il n'y eut pour Fribourg que le provincial des Augustins, nommé Trayer, qui s’y présenta de on propre Mouvement et sans aucun ordre de ses supérieurs. Ainsi

is zwingliens, disputant à peu près entre eux seuls, étaient bien sûrs d'avoir la majorité.

On nomma quatre présidents,

tous protestants ou du moins coniser les innovations. Les municipaux ent en savants et en théologiens, s’ase, prêts à juger en dernier ressort sur ure ne d'ût avoir aucun Juge.

:es ministres protestants pord'autre preuve que celle qui d'autre explication ou d'autre re que par l’Étcriture elle-même; ce qui, vois Mallet dans son Histoire des erminable et décidait d'avance la celle sur l'autorité du Pape et des que. Du reste, matière de la dispute, toutes coment vagues, ambiguës, insidieuses, a objecter contre la rédaction de

de Berne, transformés subitem

Cependant le petit nombre de catholiques présents au colloque

arras, en S'appuyant passages de l'Écriture sainte ; etc., prétendirent les expliquer mps qu'ils refusaient ce droit à es de l'antiquité chrétienne. Quant au , ils l'attribuaient déjà au peuple sor - Provincial Trayer leur fit remarquer

‘aller, e.5,—2 T, 3, p. 124,

xx, 18

Eee

274 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 15 que les protestants jugeaient aussi l'Écriture sainte, puisqu'ils en

admettaient quelques livres et en rejetaient d’autres qui ne leur Convenaient pas; il ajouta que si personne ne devait croire sur | ensei. gnement d'un autre, on avait lieu d’être surpris que les à cteurs protestants se donnassent tant de peine pour inculquer au monde leur nouvelle croyance; que si chaque Chrétien était éclairé de l'es. prit de Dieu, il était difficile de comprendre comment les nouveau réformateurs pouvaient être si divisés dans leurs sentiments, et que depuis une dizaine d’années il se fût élevé parmi eux une multitude de sectes, qui toutes prétendaient avoir l'esprit de Dieu, et se persé. cutaient néanmoins avec la plus grande fureur; enfin que, si on

renvoyait chaque Chrétien à son esprit particulier, c'était le ren. M

voyer à l'incertitude et à l'erreur, et qu'ainsi rien n'était plus utile ni plus sûr que de demeurer dans l'unité de l'Église, etc.

Ces arguments étaient difficiles à réfuter; aussi Bucer n'y ré. pondit-il que par des faux-fuyants et des subtilités. Trayer ayant vou répliquer, on étouffa sa voix par des cris de fureur; on prétendi qu'il s'était servi de paroles injurieuses, et on le contraignit à se re. tirer du colloque.

Un simple curé d’Appenzell, un chantre et un maître d'école de Zofing prirent sa place, et, d’après le récit du protestant Ruchat lui. même, ils défendirent noblement la cause de l’ancienne religion. Ik citèrent en faveur de la doctrine catholique sur l’Église et la primauté de saint Pierre, sur le saint sacrifice de la messe, sur l'état intermé. diaire du purgatoire, sur la prière pour les morts, sur l'invocatin des saints, sur l'utilité des images, etc., de nombreux passages de l'Écriture sainte, tels qu’ils ont été entendus partout et toujours de. puis l’origine du christianisme ; mais Zwingle, Oecolampade « d’autres novateurs prétendirent encore les expliquer à leur façon: il en torturaient le sens d’une manière étrange, et dès qu'on ne devait reconnaître aucun juge authentique, cette dispute devint interminable. Les zwingliens, malgré leur respect simulé pour la Bible, re. jetaient encore les livres qui re leur convenaient pas, tels que | Apocalypse, l’épitre de saint Jacques, et même celle aux Hébreux. Aussi un simple maître d'école leur fit-il observer qu'il était indispensblement nécessaire de s’en rapporter à l’Église pour l'usage da livres reconnus par elle, parce que, autrement, chacun se croirat bientôt en droit de rejeter comme apocryphe tout ce qui lui déplairait.

Le colloque se termina au bout de dix-neuf jours; les thèses ne furent souscrites que par les chanoines de Berne, qui apparemmait voulaient consezver leurs prébendes ; par quelques Dominicains t

par cinquante-deux curés du canton : tous les autres les rejetèrent M

11545 de l’ère

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